Extrait de la conférence de presse organisée par le président du mouvement anti-esclavagiste IRA Mauritanie. Le député Biram Dah Abeid fait cette sortie médiatique pour présenter le colloque international sur la lutte contre l’esclavage qui va se tenir à Nouakchott à partir du mercredi 16 mars 2022. Plusieurs ONG et entités associatives sous-régionales qui portent l’engagement abolitionniste dans différents notamment la zone sahélienne G5, vont se retrouver lors de cet événement inédit en Mauritanie. une nette évolution à signaler chez les hautes autorités mauritaniennes sur cette question liée à l’esclavage depuis l’ouverture voulue par le chef de l’État actuel Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani. La culture d’antan du déni et de l’écrasement des militants anti-esclavagistes, a laissé place à une mutuelle compréhension propice au dialogue.
Les problématiques liées à l’esclavage représentent une donnée grave au niveau sécuritaire dans plusieurs pays ouest-africains. Dans sa prise de parole, le président d’IRA Mauritanie, Biram Dah Abeid (Prix Onusien 2013 pour sa lutte pacifique pour les droits humains) a indexé clairement en substance « L’esclavage est ancré dans les sociétés africaines »
Les ministres de l’Intérieur, MohamedSalem Ould Merzoug, et le ministre de la Défense Hanana Ould Sidi et les chefs des services militaires et de sécurité ont entamé une visite dans la wilaya du Hodh Echarghi , les villages et les zones frontalières avec le Mali. La délégation est arrivée dimanche matin dans la ville de Néma, où elle devrait partir directement vers les zones frontalières avec le Mali et visiter les villages et localités sur la bande frontalière. Cette visite intervient après le ciblage répété des Mauritaniens à l’intérieur des territoires maliens, dont le dernier en date est la disparition de citoyens la semaine dernière. Il importe de rappeler que le Mali et la Mauritanie ont constitué hier – à l’issue de la visite d’une délégation gouvernementale malienne vendredi et samedi.- une commission conjointe chargée d’enquêter sur les incidents de ciblage des Mauritaniens au Mali et sont convenus d’organiser des patrouilles conjointes aux frontières entre les deux pays.
La rubrique du GEB (Grand Entretien du BLOG) vous revient avec l’interview qu’un jeune pépite ingénieur visionnaire nous a gentiment accordée. Il s’appelle Sidi Camara, jeune mauritanien du Guidimagha (Tachott) qui est le concepteur d’un support numérique facilement exploitable et accessible dédié aux contenus pédagogiques et d’enseignement en langue maternelle. Son dispositif numérique est appelé Khrankompé (en vocable soninké) qui veut dire « salle des cours », vient d’être promu parmi les 10 finalistes de la sixième édition du Challenge App Afrique sponsorisé par l’influent duo organe médiatique français à l’international RFI et France24 . À nos questions, l’ancien boursier mathématicien diplômé en Algérie et par la suite en France à l’université de la Sorbonne Université Paris 6, explique succinctement les objectifs de son outil innovant porteur d’espoirs en matière d’accès aux contenus d’enseignement. Et il nous distille quelques prompts conseils pour l’intérêt que doit avoir la promotion de l’éducation dans notre communauté.
À Lire ci-après :
✓Question 1 : Bonjour Monsieur Camara Sidi Moussa, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Parcours éducatif et professionnel…
SC :Je suis Sidi CAMARA, je suis de Tachott, Mauritanie. J’ai eu le bac Mathématique en 2013 suite à quoi l’État m’a offert une bourse en Algérie pour une licence en Mathématique Informatique que j’ai obtenue en 2016. De 2016 à 2018 j’ai fait mon master en informatique à l’université Paris 6 (Sorbonne université, ex UPMC)
Depuis 2018 j’ai travaillé pour plusieurs entreprises de la région Lyonnaise et Parisienne en tant que Data engineer (ingénieur de données) et ingénieur machine learning.
✓Question 2 : Selon des sources médiatiques, vous êtes finaliste au Challenge App Afrique avec votre projet Khrankompé, nos vives félicitations à vous. Pouvez-vous présenter la nature de ce dispositif Challenge et votre projet Khrankompé ?
SC : L’objectif de Challenge App Afrique est d’imaginer le service numérique qui contribuera à l’éducation des enfants. L’objectif du concours est de prendre un lauréat parmi les entrepreneurs (en Afrique) dont les projets contribuent à l’éducation des enfants. Le lauréat bénéficiera d’un prix de 15 000 € et un accompagnement personnalisé.
Khrankompé: L’objectif de Khrankompé est de produire tous les cours du primaire expliqués en langue locale et accessibles en offline sur smartphone et support USB tout en conservant la langue d’écriture de l’enseignement.
~L’élément média : Facebook Challenge App Afrique
✓Question 3 : En quoi les contenus pédagogiques sur supports numériques peuvent convenir avec pertinence aux besoins en matière de politique globale d’instruction dans nos pays, en particulier en Mauritanie dans les zones rurales ?
SC : En Mauritanie le système éducatif est en français et arabe ce qui pose beaucoup de problèmes aux enfants dont la langue maternelle est autre que ces deux langues. Les contenus pédagogiques sur support numérique permettent de déployer la solution à large échelle et à moindre coût tout en permettant à chaque enfant des cours de qualité et dans sa langue natale.
✓Question 4 : Quels conseils pouvez-vous donner pour l’émergence d’une grande mobilisation autour de l’école en milieux soninkés ?
SC : Que ceux qui ont eu un parcours scolaire exemplaire soient des exemples pour les plus jeunes en leur parlant :
~ de leurs parcours,
~ des opportunités offertes par l’éducation,
~ la différence entre un ingénieur et un manœuvre.
• Que l’éducation devienne prioritaire sur l’emigration.
• La mise en place des événements mettant en avant le succès scolaire
✓Question 5 : Votre avis sur le régime éducatif hybride (semi privé et madrassas) qui existe en parallèle des écoles publiques dans nos localités villageoises ? Inconvénients et avantages pour l’avenir de nos enfants ?
SC : Pour moi ces madrassas ne devront jamais se substituer à l’école nationale et qu’elles devront plutôt être mises en place sous forme de soutien scolaire. Car ces madrassas n’assurent pas un parcours scolaire pérenne (pas de bac, pas de collège, ..etc). En général, les enfants deviennent déscolarisés après un certain temps et en sortent sans profession et aucun bagage scientifique.
Des responsables gouvernementaux maliens sont arrivés vendredi à Nouakchott, dépêchés par les autorités de la transition au Mali afin de désamorcer la crise qui a affecté les relations entre les deux pays, après le meurtre de citoyens mauritaniens en territoire malien, ont été accueilli froidement à Nouakchott.
Aucun média officiel, ni l’AMI, ni la radio ni la télévision n’a évoqué l’arrivée de cette délégation arrivée par vol spécial à Nouakchott et qui comprend les ministres des affaires étrangères Abdoulaye Diop, de l’intérieur le colonel Abdoulaye Maïga, le chef d’état-major général des armées le général Oumar Diarra et le directeur général des renseignements le colonel Modibo Koné.
On n’a pas su le niveau d’accueil de cette délégation, le ministre mauritanien des affaires étrangères, Ismael O ; CheikhAhmed se trouvant à l’extérieur pour prendre part à la 157ème session du conseil de la ligue arabe.
Des sources ont évoqué une rencontre entre cette délégation et des responsables gouvernementaux et sécuritaires sans en préciser leur niveau ni la nature de cette rencontre, révélant que le président mauritanien MohamedO. Cheikh Ghazouani n’a toujours pas reçu la délégation malienne, 24 heures après son arrivée à Nouakchott.
Pour sa part la télévision malienne, dans son édition principale du vendredi soir, n’a pas évoqué cette visite de la délégation malienne en Mauritanie, un fait inhabituel dans la couverture des activités des missions officielles.
La Mauritanie avait annoncé auparavant son mécontentement du comportement des autorités maliennes à son égard, un communiqué publié mardi par le ministère mauritanien des affaires étrangères avait déclaré que « le niveau de la réaction des responsables maliens à l’endroit de leurs homologues mauritaniens restait en deçà du niveau ».
Des incidents visant des citoyens mauritaniens en terre malienne se sont multipliés et les autorités mauritaniennes ont déclaré détenir des preuves de la responsabilité d’éléments appartenant à l’armée malienne dans ces exactions.
La disparition la semaine dernière de 31 mauritaniens au Mali, découvert par la suite tué et enterré dans une fosse commune, avait provoqué la colère des autorités mauritaniennes qui avaient convoqué l’ambassadeur malien à Nouakchott auprès duquel elles ont vivement protesté.
Bien que le chef de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, ait eu une communication téléphonique avec le président mauritanien Mohamed O. Cheikh Ghazouani, promis d’ouvrir une enquête à propos de l’incident et de dépêcher une délégation de haut niveau à Nouakchott, il n’en demeure pas moins que la Mauritanie exige davantage.
Nouakchott exige de nouvelles étapes pour déterminer les responsabilités de ces incidents, d’identifier les personnes impliquées dans le ciblage des Mauritaniens à l’intérieur du territoire malien, selon une source diplomatique, l’expression d’une source diplomatique qui s’est confiée à Sahara Media.
L’ex ministre, Nebghouha Mint Haba, a informé les autorités de sa démission de la présidence du Conseil national de l’éducation, ont révélé des sources généralement bien informées. Raison invoquée : l’échec de ses efforts déployés pour lancer les travaux du conseil dans des conditions raisonnables, ajoutent les sources précitées.
Mint Haba a reconnu avoir voulu travailler avec les membres du Conseil, afin d’orienter les politiques du gouvernement et de permettre la mise en place d’un système éducatif capable de renforcer les avancées du pays en matière de cohésion sociale, souhaitant que le autorités choisissent l’un des membres du conseil pour se charger de cette mission, indique-t-on.
Nebghouha avait été nommée en juillet dernier à la tête du Conseil national de l’éducation, qui comprend 23 conseillers et relève directement de la Présidence.
Du 5 au 6 Mars 2022 s’est tenu à Rosso, capitale de la Wilaya du Trarza, le premier congrès régional du Parti Rag sous la présidence de Monsieur Oumar Yali Président du Parti et la Présidence d’honneur de l’honorable député le Président Blram Dah Abeid .
Le congrès de Rosso est le premier maillon d’une série de ce genre qui sera organisée dans toutes les capitales régionales du pays pour prendre contact avec les populations, s’enquérir de leurs préoccupations et préparer le futur congrès national du parti Refondation pour une Action Globale (RAG).
A Rosso, et pendant deux jours, les congressistes venus des sept Moughataa de la Wilaya ont suivi des exposés sur l’historique, les principes et objectifs du Parti ainsi que sur les textes qui le régissent, les expropriations des terres agricoles, expropriations liées en majorité à l’esclavage par ascendance mais également à la dépossession pure et simple des agriculteurs propriétaires traditionnels. Les congressistes ont aussi écouté des exposés sur le port de Ndiago, sur l’agriculture dans la vallée, sur les prestations des services sociaux, sur la montée des prix et les rapports des délégués départementaux sur les conditions de vie des populations dans les différentes Moughataa de la Wilaya. C’est dans ce cadre que les délégués ont eu à faire ressortir toutes les difficultés que rencontrent les populations de la wilaya du Trarza en général et la capitale régionale Rosso en particulier.
Les problèmes posés par les citoyens concernent entre autres :
✓L’accaparement des terres dont les victimes sont les populations noires qui, depuis siècles, les cultivent. Souvent ces dépossession sont l’œuvre de chefs tribaux , des notables avec la complicité d’une administrations à leur solde.
✓Le Problème de l’éducation , les infrastructures scolaires et l’absence du corps enseignant dans certaines localités.
✓Le problème de l’état civil qui demeurent un problème récurrent non encore résolu
✓La flambée vertigineuse dss prix sans aucune intervention réelle de l’état pour leur stabilisation
✓Le problème des infrastructures sanitaires, sportives et le manque de personnel médical.
✓Le problème de l’eau potable dans la ville de Rosso et dans certaines localités de la region
✓Le problème de l’agriculture et de l’ élevage en général par un manque d’assistance aux vrais acteurs et par une discrimination dans la distribution des aides et financements accordés par l’état.
✓La situation d’injustice que vivent certaines populations pour avoir accès à leurs droits légitimes tels que l’état civil , les documents pour authentifier la pleine possession de leurs terresancestrales.
A la clôture de ce congrès régional , le Parti Rag tient à rappeler à l’état par ses démembrements de prendre en charge les problèmes des citoyens , les écouter , et apporter des solutions rapides justes et équitables. A l’issue de ce congrès , le parti Rag organisera d’autres congrès régionaux dans toutes les régions du pays et pour finir par un congrès national à Nouakchott.
Le ministère mauritanien des Affaires étrangères a indiqué mardi 8 mars avoir convoqué l’ambassadeur du Mali et lui avoir signifié sa «vive protestation contre les récents actes criminels récurrents» commis selon lui au Mali par l’armée malienne contre des Mauritaniens.
La Mauritanie a émis cette protestation après deux évènements graves impliquant des Mauritaniens en l’espace de quelques semaines au Mali, dont la disparition de plusieurs ressortissants de l’autre côté de la frontière dans des circonstances encore obscures il y a quelques jours. Des enregistrements sonores circulant sur les réseaux sociaux, attribués à des témoins oculaires mais non authentifiés, ont mis en cause l’armée malienne dans la disparition d’une trentaine de Mauritaniens du côté malien dans la zone frontalière au sud d’Adel Bagrou (est de la Mauritanie).
Un député local, Mohamed MahmoudOuld Henenna, cité par l’agence privée Alakhbar, a parlé d’au moins 15 morts. Cette disparition a été précédée en janvier par la mort, elle aussi dans des circonstances non officiellement éclaircies, de sept Mauritaniens dans le même secteur. À l’époque déjà, la question d’une possible implication de soldats maliens avait été posée.
Le ministère mauritanien rappelle dans un communiqué publié par l’agence de presse nationale que le gouvernement avait à cette occasion envoyé une «délégation de haut niveau» au Mali, «pour tenter de contenir ce comportement hostile envers nos concitoyens». «Malgré les assurances données» par les autorités maliennes, leur réponse «est restée en deçà des attentes», déplore le ministère.
Un diplomate mauritanien s’exprimant sous le couvert de l’anonymat suivant la pratique courante dans une telle situation a mis en garde les autorités maliennes. «Nous avons clairement dit aux Maliens que si ça continue, nous allons fermer la frontière», a-t-il dit. «En plus, les autorités à Bamako ne décrochent pas le téléphone quand nous les appelons», a-t-il dit.
• Peuples frères
En janvier, le gouvernement malien avait annoncé l’ouverture d’une enquête et assuré qu’aucun élément ne mettait en cause l’armée malienne. Aucun élément de ces investigations n’a été rendu public depuis. La junte au pouvoir au Mali depuis août 2020 ne s’est toujours pas exprimée sur les récentes disparitions.
Le Mali est pris dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et djihadiste en 2012. En plus des agissements des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, des violences intercommunautaires, et des actes crapuleux, l’armée est régulièrement accusée d’exactions. Ces violences ont fait des milliers de morts, civils et militaires. La Mauritanie, avec laquelle le Mali partage plus de 2000 km de frontière, a été touchée par l’expansion des groupes islamistes d’Algérie au début des années 2000, mais n’a plus connu d’attaque sur son sol depuis 2011.
Des dizaines de Mauritaniens ont manifesté mardi devant la présidence à Nouakchott pour réclamer la fin des exactions commises selon eux par l’armée malienne contre des compatriotes, a constaté un correspondant de l’AFP. «Nos frères sont froidement assassinés par l’armée malienne, nous devons réagir vite contre ces exactions à répétition» a dit l’un des participants, Ahmed Sidi, originaire de la même région que les disparus. Nouakchott élève la voix alors que la junte malienne a entrepris récemment un effort de rapprochement avec la Mauritanie. Il s’agit pour les colonels de contrer l’embargo imposé en janvier par l’organisation des États ouest-africains Cédéao pour sanctionner leur projet de se maintenir encore plusieurs années au pouvoir.
Les États membres de la Cédéao ont fermé leurs frontières avec le Mali, sauf la Guinée, elle-même dirigée par des militaires. La Mauritanie et l’Algérie, qui ne font pas partie de la Cédéao, ont gardé leurs frontières ouvertes. Le ministère mauritanien explique dans son communiqué que les liens historiques et les considérations humanitaires l’ont empêché «d’affamer le peuple malien frère». Mais il prévient «que la vie de nos innocents concitoyens et la sécurité de leurs biens resteront au-dessus de toute autre considération».
Le ministre de l’Intérieur MohamedSalem Ould Merzoug a demandé aux walis des régions par voie d’une lettre confidentielle, de lui fournir des informations sur les forces politiques présentes dans leurs circonscriptions, classées selon leur importance, ainsi que les courants politiques et leurs principaux dirigeants.
Dans la correspondance dont copie est parvenue à Alakhbar info, le ministre a averti les gouverneurs que ces informations «ont un caractère absolument confidentiel ».
Il leur a demandé de transmettre directement les informations sous forme de format « WORD/PDF » au directeur général des affaires politiques et des libertés publiques via son numéro de contact WhatsApp.
Le ministre a déclaré que cette démarche s’inscrit dans le cadre de ce qu’il a qualifié de « cartographie politique nationale ».
Le député et président de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame Dah Abeid, a présidé en compagnie de l’ancien ministre Oumar Ould Yali, le premier Congrès du parti Radical pour une Action Globale (RAG) qui s’est ouvert samedi 5 mars 2022 à Rosso, capitale de la Wilaya du Trarza. Au menu, les prochains combats électoraux, l’opposition contre le poids des chefferies traditionnelles et le problème foncier.
La capitale du Trarza, Rosso, a abrité le 5 mars 2022 le démarrage des travaux du 1er Congrès du parti RAG, en présence des représentants du parti dans les différents villages, villes et localités de la région.
L’ouverture du Congrès a été marquée par quelques versets du Saint Coran et le mot de bienvenue du Coordinateur régional du parti RAG au niveau du Trarza, Mohamed Mahmoud Ould Bilal qui a souhaité la bienvenue au président de IRA, Birame Dah Ould Abeid et au président du parti RAG, Oumar Ould Yali.
Le gros des discours a été prononcé par Birame Dah Abeid qui a abordé plusieurs thèmes, d’abord les objectifs du parti RAG et du présent congrès, l’attaque contre les chefferies traditionnelles qui constituent selon lui, les principales entraves à l’exercice démocratique et enfin, la question du foncier qui hante la paysannerie locale.
RAG, bras politique du mouvement IRA
Sans détour, Birame Dah Abeid a bien avoué que le parti RAG n’est autre que le bras politique du mouvement IRA qu’il dirige et à travers lequel il compte accéder au pouvoir et au sommet de l’Etat. Son horizon se porte déjà sur les élections futures de 2023-2024 et la présidence de la République, mais aussi les postes électifs au niveau communal et législatif.
C’est dans ce cadre qu’il a exhorté les bureaux exécutifs du mouvement IRA et du parti RAG ainsi qu’à leurs militants à conjuguer leurs efforts jusqu’à la victoire finale.
Rosso, une ville délaissée et une chefferie traditionnelle fossoyeuse des choix électifs
Birame a brossé un tableau sombre de la ville de Rosso, ville fantôme au visage balafré et dont la jeunesse et la population, selon lui, sont pris entre l’étau du chômage et l’enclume du bradage de leur économie par une élite gangrénée par la corruption et le mauvais usage du pouvoir politique. Par la suite, il s’est attaqué à la chefferie traditionnelle qu’il accuse d’être le véritable obstacle à l’émergence d’un Etat démocratique et égalitaire.
A ce propos, Birame distingue deux catégories de chefs tribaux et religieux. Ceux qui sont loin de la politique et de ses magouilles, pour lesquels il dit vouer le respect le plus absolu. Et une chefferie traditionnelle qui a trempé, selon lui, dans toutes les magouilles électorales et qui est à l’origine de de toutes les fraudes en faveur du pouvoir en place. C’est contre cette catégorie qu’il faut se dresser, a-t-il invectivé ses partisans en substance. « Le temps des bureaux de tel chef ou de telle tribu, dont certains n’hésitent pas à franchir les frontières de la région pour déporter de faux électeurs, est révolu » a-t-il martelé.
Il en appelé à la vigilance de ses partisans, mais aussi à la fermeté des autorités chargées de superviser les élections, notamment la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), les autorités administratives, militaires et sécuritaires pour que les prochaines élections ne soient entachées d’aucune irrégularité
L’esclave foncier et la dépossession des terres cultivables
Birame Dah Abeid a ensuite dénoncé les exactions subies par la paysannerie locale au niveau de la région du Trarza, notamment les masses laborieuses haratines et négro-mauritaniennes, les véritables exploitants des terres agricoles, a-t-il soutenu en substance. Selon lui, les terres de la Chemama sont bradées au profit d’une oligarchie dont le seul lien à la terre est spéculatif.
Pour déposséder des terres ancestrales dévolues au cours de plusieurs siècles par la voie traditionnelle, l’administration qui est la seule distributrice de documents administratifs qu’elle octroie selon ses désirs, utilise selon lui, ce prétexte pour déloger des habitats entiers au profit d’une classe prédatrice. Puissants commis de l’Etat, hauts gradés de l’armée, puissants commerçants et chefs tribaux et religieux auraient ainsi récupéré la quasi-totalité des terres agricoles de la Chemama, réduisant les anciens propriétaires en ouvriers agricoles, selon ses dires.
C’est à travers ces terres, dira-t-il en substance, que se sont engouffrés les milliards de prêts qui n’ont jamais été remboursés du défunt Union des banques de développement (UBD) et du Crédit Bancaires dont le lourd passif a été soldé par la volonté du Prince.
L’exemple du village de Niawlé a été cité en exemple, soulignant que ces habitants ont été dépossédés de leurs terres agricoles, réduisant plus de 300 famille à cultiver un espace de 20 hectares au lieu des centaines qu’elles possédaient, la même superficie qui a été accordée à un homme d’affaires.
Merci Ghazouani
Contrairement à ceux qui affirment que le Président Mohamed Cheikh Ghazouani n’a rien fait, Birame croit pour sa part qu’il a accompli ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a fait. Bref, pour lui, Ghazouani a beaucoup fait. La preuve, dira-t-il en substance, les rangs du mouvement IRA et du parti RAG se sont beaucoup élargis lorsque l’arme de la terreur a disparu et qu’ils sont désormais autorisés à mener leurs activités sans aucune contrainte ni entrave.
La disparition de la peur et de la répression a aussi permis selon lui, à beaucoup de personnes qui hésitaient à adhérer au parti RAG ou à IRA, à manifester ouvertement leur choix. Mais surtout, souligne Birame, Ghazouani a beaucoup contribué à sa dédiabolisation et fait oublier le monstre longtemps brandi par le régime précédent pour faire peur. « En m’ouvrant les portes du Palais présidentiel et en m’accordant souvent des audiences, le président Ghazouani a incité beaucoup à me reconnaître en tant que personnalité et notable avec qui il est possible de discuter » a-t-il illustré.
« Voter pour moi et vos terres vous seront restituées »
Enfin, après avoir écouté les doléances des congressistes, Birame a conclu ses interventions en demandant à ses partisans de s’armer de sincérité et d’abnégation, en se lançant sans coup férir dans une vaste campagne de sensibilisation pour son élection au poste de président de la République. En hassaniya, en wolof, pulaar et en français, Birame a déclaré que si les populations du Trarza veulent récupérer leurs terres spoliées, elles n’ont qu’à œuvrer pour son élection à la magistrature suprême en s’armant de la carte d’électeur et en s’inscrivant et en inscrivant massivement leurs proches sur les listes électorales.
Le Congrès se poursuit dimanche 6 mars avec des recommandations très attendues.
« La Conquête musulmane de l’Afrique du Nord » d’Agha Ibrahim Akram, traduit en français par ‘Issâ Meyer. L’auteur naquit en septembre 1923 en Inde actuel, un haut gradé de l’armée pakistanaise décéda en 1989. Officier chef instructeur au « Command and Staff College » (académie militaire de Quetta), devenu lieutenant général et ambassadeur, Monsieur Agha IbrahimAkram s’était métamorphosé en intellectuel féru d’Histoire notamment sur les conquêtes musulmanes en dehors de l’Arabie berceau historique de l’islam prêché par le dernier ProphèteMuhammad (psl).
Ici l’ouvrage en question permet un aperçu historique et « archéologique » de l’arrivée très laborieuse et heurtée de l’islam en Afrique du Nord. Il y’a eu beaucoup de Sang, d’affrontements terribles, de destructions massives, de mini génocides et surtout d’esclavage massif de nombreuses années durant.
Un passage tiré de la conclusion du livre peut attirer l’attention du lecteur concentré pour un nécessaire réflexe qui relativise : « …Les musulmans en partance d’Arabie devaient connaître autant de choses sur le Maghreb que nous en savons aujourd’hui sur Mars. Et entre les deux se dressaient des déserts et des montagnes inexplorés et inconnus de l’Homme…. Voilà le temps et l’espace à la lumière desquels les opérations musulmanes en Afrique du Nord doivent être jugées. Elles devraient également être jugées selon la connaissance militaire et l’éthique du septième siècle, non celle du vingtième. s’agit là d’une erreur commune de notre époque que d’imposer nos idées du sens et de l’éthique sur un peuple avec des standards différents, qui vivait à un âge où beaucoup de ces idées n’avaient simplement aucune pertinence. »
De Fustat fondée par le légendaire conquérant ‘Amr Ibn al-‘As en Egypte considéré comme le premier poste avancé de l’impérialisme musulman sur l’Afrique, le gouverneur du pays des Pharaons sous le califat d’Uthman Ibn ‘Affan, Abd Allah Ibn Sa’d poussait l’intérêt d’une grande expédition vers l’Ouest. Ainsi de 648 (l’an 27 Hegire) à vers 707 (l’an 88 Hegire) en grande partie sous le règne califal de la dynastie omeyyade, plusieurs expéditions ont été entreprises en direction du monde berbère et berbèro-romano-chrétien dans l’antique région appelée Ifriqiya (une partie de la Libye moderne, la Tunisie actuelle, et la partie Est de l’Algérie actuelle) et dans l’ensemble géographique appelé Maghreb (L’Algérie actuelle et le Maroc historique) jusqu’à l’océan Atlantique. Parmi les figures marquantes de cette longue et éprouvante entreprise de l’instauration d’un ordre politique, culturel et social arabo-musulman, on peut citer entre autres Abd Allah Ibn Abi Sarh, UqbaIbn Nafi (fondateur de la ville de Kairouan), Zuhayr Ibn Qays, HassanIbn Nu’man ou Musa ibn Nusayr . En face il faut mentionner le grand résistant et conflictuel chef tribal berbère Koceila, la mystique et déroutante dame berbère Kahina surnommée la grande prêtresse et quelques intermittents guerriers romains chrétiens. l’Afrique du Nord conquise avec l’imbrication sociale et politique entre conquérants arabes et autochtones berbères et l’appui d’intelligence avec un comte chrétien Julien, la voie vers l’aventure ibérique était lancée. Et l’Andalousie musulmane devenait ce projet vaillamment porté par un pionnier berbère islamisé Tariqibn Ziyad et ses compagnons.
Ouest-africain et sahélien musulman, je pense avoir appris de ce livre, quelques morceaux historiques du cheminement géographique mouvementé de l’avènement de l’islam dans nos contrées par la suite. Si Koceila et Kahina avaient réussi à repousser irréversiblement l’impérialisme arabo-musulman au 7 ème siècle, peut être l’équipe nationale rimienne de football n’aurait pas été surnommée Les Mourabitounes aujourd’hui.
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