Sénégal ~ Politique | DISCOURS D’INVESTITURE DE OUSMANE SONKO, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

©️ source RS – Facebook



Mesdames et Messieurs les honorables Députés,

Nous voici réunis dans cet hémicycle en un jour trois fois symbolique : lendemain de Pentecôte et retour de Popenguine pour les chrétiens, jour de la station et du jeûne d’Arafat et veille de Tabaski pour les musulmans.
Il y a quelques jours encore, j’étais à la tête du gouvernement. Mon bilan y est précis : transparence sur la dette cachée, renégociations, respect des échéances de dette, refus de sa restructuration, plan de redressement économique et social, moralisation de la vie publique (fonds politiques, lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’État, réformes…), exigence de justice, protection de la société, avancée dans la gestion des inondations, gestion de la production agricole, maîtrise du coût de la vie, apaisement du climat social, redéfinition d’un modèle de développement, sauvetage d’entreprises en difficulté,…
Et maintenant, l’Assemblée nationale !

Qu’il me soit d’abord permis, de rendre un hommage appuyé, fraternel et solennel à mon
prédécesseur, le Président Malick Ndiaye, pour sa loyauté sans faille envers les idéaux patriotiques qui nous rassemblent, et pour son dévouement de chaque instant. De le féliciter ensuite pour son brillant passage à la tête de cette Assemblée, qu’il a profondément transformée.
Sur le plan matériel et symbolique, il a réhabilité ce bâtiment qui commençait à porter les stigmates du temps, de l’usure et de l’abandon, lui rendant un peu de son lustre et de sa superbe. Sur le plan humain, il a porté une attention exemplaire aux hommes et aux femmes de cette institution (techniciens, greffiers, collaborateurs, personnels de service), améliorant leur statut et rappelant avec force que derrière les bancs des députés, il y a des vies, des familles, des dignités à protéger.
Sur le plan financier, il a imposé une régularisation rigoureuse et méthodique des procédures budgétaires, mettant fin aux zones d’ombre et aux pratiques opaques.
Sur le plan technologique, il a engagé la digitalisation du travail parlementaire, nous dotant d’outils modernes alignés aux meilleurs standards. Au plan international, il a su donner un contenu dynamique au concept de diplomatie parlementaire au service du rayonnement du Sénégal et renforcer le positionnement régional et international de notre pays. Président Malick Ndiaye, au nom de tous les députés et de cette institution, je vous dis merci.
Je remercie également, du fond du cœur, les députés qui m’ont accordé leur confiance. Une confiance qui m’oblige et me lie. Aujourd’hui, vous me donnez, plus que jamais, les moyens insoumis et institutionnels de notre rôle de gardien vigilant de notre révolution.

Nous en userons avec fermeté et responsabilité. Je veux aussi adresser un mot affectueux à mon ami et frère, l’Honorable Ismaël Wone. Ismaël, j’ai éprouvé une immense satisfaction de savoir que ça allait être toi, mon suppléant. Depuis plus de dix ans que nous cheminons, tu as toujours fait preuve, en toutes circonstances, d’une loyauté absolue, d’un désintéressement rare, d’une abnégation totale. Ton amitié sincère restera l’un des biens les plus précieux que m’ait offerts l’engagement public.
Pour ma part, comme vous le savez tous, j’ai été député pendant cinq longues années. J’ai connu les bancs étroits de l’opposition parlementaire, les joutes oratoires acharnées. Et parfois, l’épuisement du combat solitaire contre des majorités qui confondaient la force du nombre avec la légitimité du droit.
Puis j’ai été maire, appelé à devenir Premier ministre ensuite. Cette expérience, renforcée par mon parcours technique dans la haute fonction publique, et la parfaite connaissance de tous les dossiers gouvernementaux en cours, seront des atouts précieux pour la montée en puissance de notre Assemblée dans ses rôles constitutionnels.
Mesdames et Messieurs les honorables Députés,
En entrant aujourd’hui dans cette Assemblée nationale avec la responsabilité de la présider, je mesure pleinement la gravité du moment historique que traverse notre pays. Me voici appelé à conduire l’institution chargée de représenter directement la souveraineté populaire. Certains y voient une crise, d’autres un déchirement. Moi, j’y vois d’abord une épreuve de vérité pour notre démocratie.
Les peuples ne jugent pas seulement les hommes politiques sur leurs victoires. Ils les jugent surtout sur leur capacité à demeurer fidèles à leurs principes lorsque le pouvoir devient inconfortable. Car il existe une question plus importante que celle de savoir qui gouverne. Cette question est : au nom de quoi gouverne-t-on ?
Depuis plusieurs mois, notre pays a vu émerger des divergences profondes au sommet de l’État.
Elles ont été décrites comme des rivalités personnelles, des conflits d’ambition ou des luttes d’influence. Je ne souhaite pas nourrir cette lecture réductrice. Ce qui est en jeu dépasse les individus. Ce qui est en jeu, c’est le rapport entre la morale et la politique. Aristote écrivait, dans L’Éthique à Nicomaque, que la politique est l’art suprême parce qu’elle a pour finalité le bien commun. Non pas le bien d’un clan; non pas la conservation d’un pouvoir pour lui-même. Mais le bien de la cité. Il rappelait également qu’aucune cité ne peut durer si la vertu disparaît de ceux qui la dirigent.
Au Sénégal même, cette question de l’éthique du pouvoir ne nous est pas étrangère. Le
Président Mamadou Dia rappelait déjà, au lendemain de l’indépendance, qu’aucun projet de transformation nationale ne peut survivre si les dirigeants confondent l’État avec leurs propres intérêts. Pour lui, la souveraineté ne pouvait être seulement politique; elle devait être morale, économique et sociale. Il savait qu’un pays peut disposer d’un drapeau, d’un hymne et d’institutions, tout en demeurant prisonnier de pratiques qui vident la République de son sens.
Ce que Mamadou Dia avait compris très tôt, beaucoup de nations africaines l’ont découvert parfois trop tard : un pays peut survivre à la pauvreté matérielle, mais rarement à l’effondrement de sa morale publique. Une nation ne meurt pas seulement de pauvreté économique. Elle peut mourir de fatigue morale. Elle peut mourir lorsque les institutions cessent d’être au service du peuple pour devenir des instruments de confort, de peur ou de calcul.
Nous venons d’une longue histoire de désillusions africaines. Combien de peuples ont vu des mouvements de libération devenir des appareils de domination ? Combien de promesses de rupture se sont dissoutes dans les privilèges, les accommodements et les silences ? Combien de révolutions ont fini par craindre la transparence qu’elles réclamaient hier ?
Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, posait une question redoutable : qu’est-ce qu’un État sans justice, sinon une grande association de brigands ? Cette phrase demeure d’une actualité implacable pour toutes les nations du monde. Car lorsque la puissance publique cesse d’être ordonnée à la justice, elle ne produit plus la confiance ; elle produit la résignation ou la colère.
C’est pourquoi je veux le dire ici avec gravité : la morale en politique n’est pas une décoration destinée aux discours de campagne. Elle est la condition de survie des nations. Lorsqu’un peuple perd confiance dans la parole publique, il cesse progressivement de croire aux institutions elles-mêmes.
Notre responsabilité historique est immense parce que notre peuple a beaucoup souffert pour rendre possible la révolution citoyenne par les urnes de 2024. Des jeunes sont tombés. Des familles ont pleuré. Des citoyens ont connu la prison, la peur et parfois l’exil. Le peuple sénégalais n’a pas porté notre projet au pouvoir pour assister à une simple permutation d’élites.
Il l’a porté pour restaurer une certaine idée de la dignité publique.
Cette fidélité intérieure à la dignité d’un peuple traverse toute notre histoire nationale.
Aline Sitoé Diatta avait déjà compris qu’un peuple ne demeure libre que lorsqu’il refuse
intérieurement la résignation. Face à la domination coloniale, elle ne disposait ni d’armée, ni d’État, ni d’institutions. Elle ne possédait qu’une force morale : la conviction qu’aucune puissance n’est durable lorsqu’elle exige d’un peuple qu’il renonce à sa dignité. Cette leçon demeure actuelle. Les nations commencent à se perdre le jour où leurs dirigeants demandent à leur peuple de s’habituer au renoncement.
Cheikh Ahmadou Bamba, lui aussi, nous a transmis une autre leçon essentielle dans les périodes de tension : la véritable force ne réside pas seulement dans la conquête du pouvoir, mais dans la capacité à demeurer maître de soi lorsque survient l’épreuve. Il savait qu’un homme peut perdre une fonction sans perdre son honneur, et qu’un peuple peut traverser les tempêtes sans
abandonner sa dignité. Cette sagesse doit aujourd’hui nous guider collectivement.
C’est précisément pour cette raison que les institutions ne peuvent être neutres face à la question morale. L’Assemblée nationale doit être le cœur battant de cette exigence éthique.
Et je mesure parfaitement le symbole de cet instant. Certains croyaient que le limogeage d’un Premier ministre signifiait sa disparition politique. Mais dans une démocratie véritable, aucune fonction n’épuise la légitimité populaire. Le peuple demeure la source du pouvoir. Et cette Assemblée, forte de la confiance massive accordée au projet porté par PASTEF lors des législatives du 17 novembre 2024, possède aujourd’hui une responsabilité historique particulière.
Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel. Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. Ce serait trahir notre propre combat.
Mais je le dis avec la même clarté : l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action gouvernementale. Elle exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles de vote des lois, de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques. Elle défendra la transparence des finances publiques, la reddition des comptes et la souveraineté populaire. Elle usera de tous les leviers de contre-pouvoirs constitués, selon la gravité des faits et des circonstances.
Cette exigence morale ne relève d’ailleurs pas seulement de la philosophie ou de l’histoire
politique. Elle est profondément enracinée dans notre propre civilisation spirituelle. Le Coran enseigne : « Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit et, lorsque vous jugez entre les gens, de juger avec équité. » (Sourate An-Nisa, 4 : 58). Le pouvoir est donc un dépôt. Une charge. Une responsabilité devant les hommes et devant Dieu.
Le Khalife Omar ibn al-Khattab craignait d’être tenu responsable devant Dieu si une mule trébuchait faute de route entretenue. Voilà le sens véritable de l’éthique politique : considérer que chaque injustice ignorée, chaque privilège toléré, chaque renoncement devant la vérité finit par fragiliser toute la communauté nationale.

Mes chers collègues,
Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de notre histoire politique. Elle sera difficile. Elle sera traversée par des tensions, des tentatives de division et des pressions multiples. Mais elle peut aussi devenir un moment de maturation démocratique.
Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans haine, sans violence et sans effondrement institutionnel. Nous devons prouver qu’un peuple africain peut débattre fermement sans détruire son propre État. Nous devons démontrer que la fidélité aux principes est plus forte que les calculs de circonstance.
Je tends la main à tous les députés de cette Assemblée, majorité comme opposition. Car au-dessus des appartenances partisanes, il existe une exigence supérieure : préserver la République.
L’histoire retiendra moins les postes occupés que les principes défendus dans les moments
décisifs. Et dans ces moments-là, la seule véritable question est toujours la même : lorsque le pouvoir nous met à l’épreuve, choisissons-nous le confort ou la vérité ?

Pour ma part, je continuerai de choisir la vérité.

Vive l’Assemblée nationale, fière, rénovée et debout !
Vive la République du Sénégal, une, indivisible et éternelle !

Je vous remercie.

26 mai 2026

● Sénégal Politique | M. Ousmane SONKO retrouve son poste de député et élu président de l’AN.



Ce mardi 26 mai 2026, la vie politique sénégalaise a connu un réajustement institutionnel avec l’accession de l’ex Premier ministre M. Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée Nationale. Limogé le 24 mai par le président Diomaye Faye, le leader du parti majoritaire au parlement (le Pastef) a retrouvé son siège et a été élu dans la foulée président de la représentation nationale. Une séquence politique qui marque les tiraillements positionnels entre le camp du président sénégalais et celui de ses camarades ou ses anciens camarades politiques du parti Pastef. À noter qu’un nouveau premier ministre a été nommé ces derniers temps et il n’est pas issu du parti Pastef. Dans son premier speech de président de l’assemblée nationale, M. Sonko l’a évidemment relevé en alertant qu’on ne peut pas faire du « Pastef sans le Pastef » . Précisant qu’ils n’ont pas été consultés sur la nomination du nouveau premier et pas encore sur les préparatifs de la composition d’un nouveau gouvernement. Il a salué les compétences techniques du premier ministre nommé et expose sommairement les thématiques sur lesquelles ils diveregent en termes d’approche et de fond notamment (économique, monétaire…).

L’arène politique du pays de la Teranga s’oriente vers un dualisme inédit entre la Présidence de la République et l’Assemblée Nationale. À savoir… jusqu’à quand et pour quelles retombées pour le peuple sénégalais…!?

26-05-2026

KS pour le BLOG

● Débat sur Facebook Féodalisme et racisme : éléments de comparaison. Par le journaliste mauritanien M. Seyre Sidibe



J’ai lancé un débat qui se voulait comparatif entre le féodalisme et le racisme, deux maux, deux abominations, deux tares sociales dont on parle beaucoup en Mauritanie.

Au départ, le débat n’a pas suscité l’enthousiasme escompté. Mais lorsque mon frère Youssouph Kamara a repris sur sa page Facebook la question suivante : « Celui qui pratique et fait l’apologie du féodalisme peut-il se plaindre du racisme ? », les réactions n’ont pas tardé à affluer.

Très suivi sur les réseaux sociaux, Youssouph Kamara a permis au sujet de toucher un large public composé de profils divers. Les contributions recueillies montrent, dans leur grande majorité, que le féodalisme et le racisme sont perçus comme deux réalités tout aussi détestables.

Militant infatigable des droits humains et membre du mouvement abolitionniste IRA, Youssouph Kamara dans un échange avec le sociologue, Boulaye DIAKITE a écrit : « C’est mal connaître la féodalité que de penser que tous les féodaux se considèrent comme des êtres supérieurs, beaucoup d’adepte du féodalisme (féodaux) se considèrent comme étant inférieurs et le prônent ouvertement. L’un des piliers du féodalisme est justement cette majorité de personnes qui soutiennent et revendiquent leur statut et en tirent un bénéfice. Les marxistes les désignent par lumpenprolétariat. »

Au fil des échanges, un consensus semble s’être dégagé autour du caractère abject et répugnant du féodalisme comme du racisme. Tous deux apparaissent comme des sources d’exclusion, de stigmatisation et d’exploitation qui fragilisent l’unité nationale dans un pays comme la Mauritanie.

Fait révélateur : ceux qui font habituellement l’apologie du féodalisme ou du racisme se sont abstenus de participer au débat. Comme s’il devenait difficile, aujourd’hui, d’assumer publiquement un discours fondé sur la hiérarchisation des êtres humains. Soutenir ouvertement de telles pratiques paraît désormais gênant, peu lucide, voire honteux.

Parmi les premiers à réagir, Koundou Soumaré, blogueur et militant du mouvement Ganbanaxu Fedde, a évoqué « un débat d’intérêt intra-communautaire, inter-communautaire et national ». Avant d’ajouter : « On va suivre la température… alors entre nos petits fascismes villageois et les affaires nationales en débat… » À travers cette réflexion, Koundou Soumaré montre que le féodalisme et le racisme renvoient, en Mauritanie, à deux espaces imbriqués : le communautaire et le national.

Le journaliste Seydi Moussa Camara estime que racisme et féodalisme procèdent d’une même logique d’infériorisation de l’autre: « Celui qui adhère à une logique de supériorité sociale ou de hiérarchie entre les groupes peut difficilement accepter, lorsque cette logique se retourne contre lui, une idéologie qui l’infériorise à son tour. »

De son côté, le professeur Wagué Cheikhna ne prend pas de gants : « Le féodalisme, le racisme, le tribalisme, le communautarisme… je les mets dans le même panier. Tous relèvent du négationnisme. »

Même son de cloche chez le professeur de littérature orale à l’UGB, Oumar N’Diaye, qui résume sa pensée en quelques mots : « Logiquement, non, parce que c’est du kif-kif. »

Le journaliste Kissima Diagana, quant à lui, a livré une formule brève mais particulièrement expressive : « Il peut, mais il ne DOIT pas. » À la question de savoir si celui qui pratique le féodalisme peut se plaindre du racisme, le doyen Kissima répond ainsi par une formule presque philosophique, opposant l’être- le réel, les faits- au devoir-être, c’est-à-dire la norme morale et l’idéal.

Le sociologue Boulaye Diakité pousse, lui, la comparaison encore plus loin : « Les féodaux sont pires que les racistes. Les racistes vivent dans des préjugés absurdes et certains peuvent être “sauvés” par la psychiatrie. Les féodaux, eux, se considèrent comme des êtres supérieurs ; ils sont irrécupérables. »

Pour sa part, l’ancien ministre Diarra Idrissa préfère une définition plus conceptuelle : « Le féodalisme est l’expression culturelle de l’esclavagisme. Quant au racisme, c’est une forme de féodalisme en l’absence de rapports directs de domination entre les individus. »

Allant dans le même sens, Cheikh Mohamed Diarra s’interroge : « Quelqu’un qui défend une supériorité fondée sur la naissance au sein d’une même communauté peut-il condamner une prétendue supériorité naturelle entre des races différentes ? Avec quel argument cohérent ? »

Enfin, l’homme de lettres Souleymane Sidibé livre une réaction sans détour : « La féodalité est nauséabonde et me répugne. Je peux discuter avec un raciste, mais le féodalisme, pour moi, c’est radioactif. »

Au final, ce débat aura permis de faire réagir des profils variés autour de deux réalités sociales particulièrement sensibles. Mais malgré la délicatesse du sujet, chacun a pu exprimer son opinion dans le respect de l’autre.

Seyré SIDIBÉ

©️ Lien médias https://ondeinfo.com/debat-sur-facebook-feodalisme-et-racisme-elements-de-comparaison/

● Sénégal Politique | Le Président Diomaye se sépare de son Premier ministre Ousmane Sonko.

Ce vendredi 22 mai 2026, le couperet faussement inattendu est dégainé depuis la présidence à Dakar. Ce duo victorieux « Diomaye Moy Sonko » (Diomaye C’est Sonko) de l’élection présidentielle de 2024 n’a pas pu tenir harmonieusement face aux réalités insondables de l’exercice du pouvoir étatique. Ainsi, cette séparation ouvre une phase spéculative dans la vie politique sénégalaise. Le film à suivre dans l’avenir entre les 2 camps est d’un intérêt en terme de sciences politiques pour les observateurs. Le camp du président OS du Pastef s’affiche et clame sa fidélité aux promesses du Projet électoral exposé au peuple sénégalais. De l’autre côté, le jeune président Diomaye semble opter pour un suspect recentrage séparatiste qui interroge. Il n’ignore pas que son désormais ex PM est actuellement la personnalité politique la plus puissante pas que du Sénégal seulement mais de notre sous-région ouest-africaine.

Maintenant les responsabilités sont prises de part et d’autre ouvertement…et leurs conséquences n’échapperont pas au tribunal de l’Histoire devant l’opinion publique.

À suivre…

23 mai 2026

KS pour le BLOG

● À la mémoire de ma MÈRE | Paix éternelle à son âme.


    

📷 21 avril 2023 | Dafort, une journée de l’Eid El Fitr

  ~~Inna lillah wa inna ilayhi raaji’uun~~

La nuit du 2 au 3 mai 2026, notre chère mère Lalya Mohamed COULIBALY a rencontré l’inéluctable faucheuse, la mort, à Nouakchott à l’âge de 77 ans. Paix éternelle à son âme ainsi qu’à l’ensemble de nos défunts. Avec un profond chagrin nous avons perdu une éducatrice rigoureuse, une gestionnaire familiale, une boussole relationnelle de la parentèle élargie (liens parentaux au sein de plusieurs villages) et un bouclier alerte qui a tant comptée dans ma construction sociale et morale. Je lui dois ÉNORMÉMENT et je prie Le TOUT Puissant Dieu par Son Illustre Miséricorde pour lui Accorder éternellement un Séjour Paradisiaque parmi les âmes vertueuses. Ameen.

Son slogan-conseil à mon endroit lors de ma visite de février 2017 au village (DafortMauritanie 🇲🇷) aux débuts de frictions verbales réactionnaires contre l’engagement abolitionniste et social Ganbanaaxu, fut en substance : « ..qu’aucune conflictualité ne te dévie dans la mauvaise foi et les mensonges. Reste vrai et dans la rectitude comportementale dans tes relations.. » . Elle fut personnellement lésée dans son droit (depuis avril 2018) quand 9 familles avaient été visées par une initiative d’expropriation de terres ourdie par un camp féodalo-esclavagiste local qui comptait en vain nous dissuader du refus résolu d’un mépris trop longtemps socialisé et construit en norme de violences symboliques dans l’écosystème coutumier soninké (Laadalenmaxu). Un dossier judiciaire à propos reste toujours pendant dans un système étatique où le petit peuple peu reseauté dans le clientélisme socio-politique, se convainc amèrement que l’institution judiciaire ne traiterait la matière litigieuse qu’en fonction de certaines données périphériques peu avouables (identités sociologiques, références statutaires et administratives, couloirs politiques et sociaux…) plaquées et attribuées aux protagonistes en face. Souvent, on ne juge pas réellement un fond mais on l’oriente et le formalise avec beaucoup de partialité au profit d’une clientèle identifiée et conseillée en amont dans les coulisses.

Elle me déconseillait toute personnalisation dans l’engagement et croyait fermement à la dynamique du collectif. À rappeler que l’éveil social et politique contre les coutumes féodales en pays soninké, a été un grand boulevard de dévoilement sur une certaine nature humaine : des amitiés et des parentés furent assainies et consolidées ici ou défaites et éclatées là-bas en fonction de la sincérité et de la profondeur empathique des uns et des autres pour une commune dignité pleine ou d’un égoïste utilitarisme fonctionnel et suprémaciste pour la perpétuation d’une insidieuse subordination sociétale.

Je suis tellement fier d’elle pour sa résilience et sa tenue morale face aux épreuves. Comme serment, J’essaierai de m’accrocher dignement à sa legacy, In sha Allah.

Mes fraternelles condoléances à l’ensemble parentèle SOUMARE, COULIBALY et NDIAYE à Dafort et ailleurs. Mes vifs et reconnaissants remerciements à l’endroit de mes frères, sœurs, oncles, cousins, cousines, amis et amies qui n’ont liardé sur rien pour assurer la meilleure des assistances morales, médicales, relationnelles et matérielles autour d’elle dès Dafort jusqu’à Nouakchott. Merci à la communauté fraternelle et amicale mobilisée à Nouakchott lors de son décès ainsi qu’au jour de son enterrement le 4 mai 2026. Encore Merci à vous (la communauté RS) pour vos nombreux messages et appels de condoléances. Vos mots ont été d’un grand réconfort pour notre famille. Que votre récompense soit parfaite par la Grâce d’Allah. Ameen.

Paris, 11 mai 2026

KS

● Mali Politique : les événements du 25 avril 2026 | La junte militaire et ses mystères

©️ via RS

📷-Général Sadio Camara (47 ans) , l’un des 5 colonels auteurs du putsch du 18 août 2020, tragiquement fauché il y a une semaine, lors de l’attaque menée par l’alliance entre le Jnim (jihadistes maliens) et le Fla (rebelles touaregs du nord). Il était le puissant ministre de la défense de la junte militaire et son élimination avec une partie de ses proches à Kati, la ville-garnison clé du système sécuritaire du régime du Général Goïta, pose beaucoup de questions en sourdine. Atteindre un ministre de ce calibre avec une telle facilité, il faut demander voire exiger un inventaire de circonstances à la haute hiérarchie de la junte.
Le temps de la saturation émotionnelle et digitale va s’arrêter et il faudra poser une loupe laser sur les rouages de ce régime qui semble préoccupé par sa propre sécurisation (entre clans) que par une véritable restauration nationale inclusive.

Les événements du 25 avril dernier démontrent à suffisance que les éléments de langage comme écran de légitimation d’un pouvoir anti- démocratique et sectaire, sont constitutifs d’un narratif fallacieux difficilement potable pour une opinion publique ALERTE.

Les parents et proches du ministre décédé doivent  exiger une enquête internationale sur ce qui lui est arrivé ce jour du 25 avril 2026 à Kati. Est-il victime d’une purge « amicale » sous couvert parce qu’il devient encombrant par son esprit rationnel et moins zélé dans la direction du régime ?
Par le passé, certains échos laissaient entendre que des officiers qui lui seraient proches, furent arrêtés pour un supposé complot de déstabilisation. Il y a de la matière à explorer et à expliciter…un jour.

Repos éternel à son âme. Ameen.

2 mai 2026

KS

● TRIBUNE | de la résolution de l’onu aux réalités africaines : le défi de l’esclavage par ascendance

—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.

Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.

Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.

En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.

Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.

C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).

Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.

Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.

Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.

Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.

Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.

De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.

Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.

A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :

1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».

2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.

3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.

En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.

LES SIGNATAIRES :

CAMARA Issa (Mauritanie)

BA Issa (Sénégal)

SOUMARE Koundou (Mauritanie)

SIDIBE Biranté (Sénégal)

DIARRA Cheikh (Mauritanie)

CISSOKHO Souleymane (Mauritanie)

Références :

Lien n°1 : https://press.un.org/fr/2026/ag12755.doc.htm

Lien n°2 : https://bamada.net/lynchage-des-militants-anti-esclavagistes-dans-la-loc...

Lien n°3 : https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidibé-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536

Lien n°4 : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569

● Ganbanaxu : traduction « égalité pour tous ». Pourquoi un tel slogan dérange-t-il tant ? | Par le journaliste M. Seyre Sidibe

C’est pourtant le sens même de la démocratie, de la justice sociale et de la citoyenneté, n’est-ce pas ?

Les peuples africains ne cherchent-ils pas à renégocier avec les institutions onusiennes afin que l’Afrique soit mieux représentée ?

Plusieurs États africains ne cherchent-ils pas à réviser les accords de coopération, notamment militaires, avec la France ?

Est-ce un péché que de chercher à renégocier, à revoir ou à rejeter les termes d’un contrat mal négocié, il y a quelques années voire des décennies, contrat désavantageux pour vous parce que vous n’étiez pas là, ou bien parce que ceux qui vous représentaient étaient en position de faiblesse ?

Telle est, en substance, la problématique que pose le mouvement Ganbanaxu pour promouvoir de nouvelles bases saines pour la société soninké. Mais le mouvement se heurte à un mur : une résistance faite de nostalgie et d’immobilisme social, celle de ceux qui trouvent leur compte dans le déterminisme social. Un ordre dépassé et anachronique, qui ne rassemble plus et qui est désormais source de tensions multiformes.

Une situation qui exsangue la société soninké et divise la jeunesse, en la détournant et en la désorientant des véritables problématiques de son époque.

Seyré SIDIBE

● En Afrique, cet actuel esclavage par ascendance intra-africain toujours invisibilisé chez certains milieux sociaux et politiques.

©️ 📷 média Brut

—Encore en 2026 (21ème siècle) | Ces Africains qui vivent sociologiquement dans des univers communautaires où l’esclavage par ascendance et le féodalisme font référence en terme de codes d’honneur et de validation identitaire, fêtent une proclamation onusienne sur la traite historique des noirs. Ce 25 mars 2026 , l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu l’esclavage africain comme le crime contre l’humanité le plus grave de l’Histoire, voir « L’ONU réclame des réparations pour les « torts historiques » de l’esclavage | ONU Info » https://share.google/o4vqgUq56DYofMIsH. Cette Afrique surtout Noire où dans certaines zones notamment sahéliennes et ouest-africaines majoritairement afro musulmanes, des doctes cléricaux et sociaux s’accrochent à une lecture explicitement esclavagiste du fait religieux à l’encontre de certaines compositions sociales dans leurs propres groupes sociolinguistiques. Et beaucoup des rigidités sévissent au sein de ces communautés hiérarchisées et l’esclavage statutaire est assumé et encouragé dans le puzzle sociétal. Il y a du fascisme social aisément objectivable dans les réalités suprémacistes souvent tues et insidieusement évitées dans les débats publics par certains cercles militants politiques et droit-de-l’hommistes qui opèrent avec une étrange sélectivité en la matière. En gros… beaucoup de culture d’hypocrisie et de gymnastique intellectuelle hors-sol.

26 mars 2026

Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains | https://ecrit-ose.blog/

● Football africain | CAN 2025 : La CAF continue son bazar ridicule.

📷 ©️ Élément visuel du Journal Telquel via RS

—Lui…cest le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Fouzi Lekjaa | Nombre d’indices et de sources fiables alléguent qu’il tiendrait et mènerait véritablement les affaires de la CAF (Confédération africaine de football) comme bon lui semble. L’actuel président de l’instance continentale, le sud-africain Patrice Motsepe est un pâle figurant sans épaisseur de personnalité devant l’aura agissante en coulisses du marocain au sein des rouages dirigeants. Et beaucoup d’autres représentants afro subsahariens craignent et se passent d’un quelconque courroux de Fouzi qui est également Premier Vice-Président de la CAF. Ce dernier est plus qu’un lobbyiste pour les intérêts de son pays… il agirait en toute-puissance comme le parrain d’un cartel au cœur du système CAF avec une suspecte et docile couverture tacite de l’actuel système FIFA dirigé par le très géopolitisé président au crâne dégarni Gianni Infantino. Ainsi, souhaitons beaucoup de chance et de miracles au Sénégal 🇸🇳 Football pour qu’il arrive à sauver au bout du bout judiciaire leur deuxième Coupe d’Afrique des Nations 2025 gagnée (1-0) avec bravoure sur le terrain vif le 18 janvier dernier à Rabat (Maroc). Le complot de fond avorté et dévoilé en mondovision refait surface ces dernières heures avec une décision rendue annulant la victoire sénégalaise et donnant le Maroc sacré champion sur tapis vert par le score de 3 – 0. Une décision mystérieuse d’un dit jury d’appel de la CAF qui sidère l’opinion mondiale. Tellement grosse comme manœuvre de manipulation et de vice pour léser les sénégalais et ridiculiser encore davantage la CAF. C’est surréaliste !

KS