Je viens d’écouter la note vocale de précision du président Biram Dah Abeid concernant la substance et les circonstances de sa prise de parole d’hier soir dans la zone de Boghé (Brakna). Il a parlé en pular, une langue dont il ignore beaucoup de ses subtilités diffuses potentiellement chargées… et sûrement il porterait beaucoup plus d’attention prochainement en cas d’espèce. J’ose croire.
Ce qui est d’évidence de marché public, en Mauritanie, quasiment dans toutes nos communautés sociolinguistiques, les « cadets sociaux » en particulier la composition sociale assignée « esclave » ou anciennement « esclave » fait l’objet d’une fourbe exploitation (parfois dite volontaire) lors de grands rassemblements théâtraux. Généralement, ceux qui sont exposés publiquement dans le folklore dit d’animation culturelle devant les hôtes et invités de renom, n’accèdent que rarement aux rencontres sérieuses à huis clos pour parler et exposer leurs doléances sociales et politiques. Il y seront méthodiquement empêchés par conditionnement en amont et ne servent que d’ambianceurs avec de petits traitements pécuniaires à la fin. Une réalité trans-communautaire très répandue… et qui ne changera que si le personnel politique dans son ensemble OSE ENFIN affronter les mécanismes producteurs : les régimes tradi-politiques foncièrement féodaux et ses marges esclavagistes. Souvent appelés subtilement les « notables » au sens de relais élites qui occupent généralement les positions valorisantes et SURTOUT PAR HÉRITAGE. Ici le langage politique du CITOYEN n’existe pas dans l’enclos communautaire, ce sont les hiérarchies hermétiques avec assignations sociales et droit du sang qui prévalent. Ça peut CRIER le jour, anti-esclavagiste et antiraciste hors-sol notamment concernant d’autres communautés (pour ne pas dire exclusivement dans l’ensemble maure « haratines-arabo-berbères ») et ENTRETENIR la nuit, les suprémacismes sociaux dans sa propre communauté. Une typologie d’animation militante d’apparence progressiste ou à la géographie variable (le village à part, le pays à part), est malheureusement observable dans le pays comme dans les diasporas mauritaniennes politisées en occident.
Petite morale de provoc : celui qui te refuse comme référent traditionnel (par le droit d’aînesse) et qui se dit lutter pour que tu deviennes président de la République, il spécule avec un ticket de tontine (tremplins politiques et autres avantages…) sur toi. Un grand leurre. Et la période de la bagarre est devant vous… lorsque l’idéologie progressiste à l’échelle étatique menace résolument ses références tradi-politiques dans son groupe sociolinguistique.
Les chefs de village soninké du Guidimakha ont été conviés, jeudi 24 septembre 2026, à une rencontre inédite tant dans son style que dans son genre, organisée par un groupe politique Soninké affilié au pouvoir.
La rencontre est organisée à l’initiative du leader de cette tendance politique même, il y avait également d’autres politiques soninké issus d’autres formations politiques.
Cette assemblée Soninké, loin d’être représentive de la configuration du Soninkara actuel du Guidimakha est motivée par une seule préoccupation : celle d’œuvrer au maintien du statu quo social, pour freiner l’élan d’éancipation lancé par le mouvement abolitionniste soninké Ganbanaaxu Fedde. En effet, la question de l’esclavage intra-soninké au Guidimakha est devenue un véritable fonds de commerce économique et politique pour les hommes politiques Soninké.
Opportuniste dans l’âme et stratège aguerri, le chef de file du groupe politique en question a trouvé meilleure idée de se refaire une santé politique pour combler ses déconvenues et la perte de sa mainmise politique sur le Guidimakha.
Ainsi, ce personnage politique sulfureux a choisi un agenda politique : la venue imminente au Guidimakha du coordinateur du parti au pouvoir, l’INSAF, pour convoquer les dignitaires du Guidimakha, une partie du Guidimakha, sous prétexte de leur restituer le contenu d’un entretien entre des représentants des chefs de villages soninké du Guidimakha et le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Voilà le meilleur moyen de galvaniser l’orgueil de la chefferie traditionnelle. Le groupe restreint qui a rencontré le président de la République a pris la parole pour rassurer la chefferie en ces termes : « le chef de l’État compte beaucoup sur vous et vous demande d’être patients et davantage à l’écoute ».
Ce qui est bizarre, c’est qu’il n’a jamais été mentionné, dans leur restitution oral, que le président de la République avait parlé de la citoyenneté, qui est la règle d’or dans une République démocratique, de la criminalisation de l’esclavage et des discours apologistes.
C’est dire que si Ould Ghazouani a manqué de rappeler à l’intention des représentants soninké qu’il a rencontrés la primauté de l’État et de ses lois sur les considérations locales et traditionnelles, il aura failli par complaisance et double standard, ce qui romprait avec les discours de Ouadane et de Djéol.
À l’issue de cette rencontre, chacun peut comprendre que le Guidimakha des chefs traditionnels a son agenda et ses préoccupations, qui ne sont pas ceux de la population. Les premiers sont hantés par la continuation d’une tradition féodale et esclavagiste, en contradiction avec la législation nationale, alors que la première préoccupation des seconds reste les questions existentielles et vitales : le développement du Guidimakha, la lutte contre la pauvreté, la question de l’état civil, l’enclavement de la région, la déliquescence et le manque d’infrastructures socio-économiques et éducatives, la corruption et les abus normalisés par les autorités locales, etc.
À Sélibaby, on rencontre encore des populations qui passent des nuits devant le centre d’enrôlement, espérant chaque jour être enrôlées et retrouver leur citoyenneté qu’on leur a arrachée. Dans chaque famille, soninké, pulaar essentiellement, on trouve un cousin, une sœur, une tante ou un oncle qui est devenu apatride. Dans la diaspora, certains ont perdu leur carte de séjour faute de pouvoir fournir aux autorités du pays d’accueil, en France notamment, un nouvel acte de naissance ou un passeport biométrique. Ces sujets ont été occultés, car ils n’intéressent pas nos politiques et encore moins les chefs de village.
Connaissant la mentalité et la psychologie de la chefferie traditionnelle soninké, surtout dans un contexte où le mouvement abolitionniste soninké Ganbanaaxu Fedde a le vent en poupe, Sidney utilise les chefs de village pour essayer de retrouver une santé politique, à travers le vieux dicton : « Diviser pour mieux régner. »
Le Guidimakha des sages doit pouvoir décrypter les tenants et aboutissants de cette rencontre pour en comprendre le caractère opportuniste et politique.
Il était plus sage, honorable et même raisonnable pour les dignitaires soninké du Guidimakha de chercher la voie de la paix, de privilégier le dialogue avec les abolitionnistes et progressistes, plutôt que de remuer le couteau dans la plaie.
Nous assistons de nos jours à une configuration inédite de la chefferie traditionnelle soninké, et même de nos villages. Comme un navire sans capitaine qui tangue dans tous les sens. Des terroirs meurtris, sans âme, devenus des terreaux fertiles aux discours de haine et séparatistes.
Nouakchott le 26 septembre 2026
Moussa SOUMARE Membre du conseil régional Guidimakha
Il faut le leur concéder, à nos amis et compatriotes Maures : ils ont une carapace qui leur permet de supporter, d’être plus tolérants, réceptifs à la critique, et même à la calomnie. Je mesure maintenant la difficulté qu’ils éprouvent lorsqu’on s’attaque à la Mauritanie, le » foyer national » sous le prisme de la société Maure. Parce qu’elle est au pouvoir et ne peut pas être « innocente » à tout point de vue de la situation déplorable que connait notre pays.
C’est pourtant notre exercice quotidien : » les Maures ont gâté le pays » , « les Maures ont conduit la Mauritanie vers le chaos ». On va jusqu’à faire l’amalgame, consciemment ou inconsciemment, à travers un abus de langage nourri par la passion ; en désignant pour responsables tous les Beydanes du pays du marasme, de l’hécatombe et du racisme normalisé. Or, il y a une portion des Maures qui n’a jamais fait de mal à personne et qui subit autant les injustices et les discriminations.
Cette rhétorique qui consiste à jeter l’opprobre sur la communauté Maure est bien accueillie et appréciée dans le milieu Négro-mauritanien qu’il soit intellectuel ou populaire. Et lorsque certains Maures, agacés par l’acharnement et la satire contre leur communauté, sortent du silence, ces derniers sont pris à partie et lynchés sur les réseaux sociaux. Ils sont traités de racistes, de chauvins, de nationalistes arabes, de suprémacistes, etc.
Cependant dès qu’on parle de l’esclavage par ascendance chez les Soninké, des inégalités et des injustices intra-soninke, il y a en a qui perdent tout leurs moyens et toute la lucidité qu’on leur connait.
Or, ce qu’on appelle racisme beydane exclut, stigmatise et discrimine au même titre que le système de castes dans nos communautés sociolinguistiques. Critiquer les autres semble être un exercice plaisant, qui stimule l’esprit et la réflexion de beaucoup d’entre nous.
Les Noirs mauritaniens développent souvent une complicité et une similitude de raisonnement et d’approche lorsqu’il s’agit de « dézinguer « nos compatriotes au pouvoir.
Cependant, cette entente n’est valable que lorsqu’il s’agit de parler de l’autre. Il suffit d’orienter la caméra sur nous-mêmes pour qu’apparaissent : cacophonie, ambivalence, duplicité et même confusion.
Ainsi, certains grands défenseurs des droits de l’homme, des idées progressistes, de la citoyenneté, de l’inclusivité sociale et de la méritocratie perdent leur rigueur analytique, leur aptitude à la réflexion critique dès lors qu’il est question de parler de leur village, de la chefferie traditionnelle et du droit des franges marginalisées dans nos contrées.
Ce sont les mêmes qui s’insurgent contre la nomination des ministres selon les logiques tribales ; ce sont les mêmes qui dénoncent l’esclavage, mais un esclavage qui n’existe dans leur subconscient que chez les Maures (Beydane maître et Haratine esclave).
Chez nous aussi, il est question d’esclavage et d’assignation sociale, où les chaînes sont moins visibles. Mais elles sont là pour freiner, cataloguer les individus afin de les réduire dans un carcan social hérité qui les étouffe et les empêche d’être eux-mêmes, mais plutôt les clichés projetés par la société.
Merci aux réseaux sociaux d’avoir permis de donner la parole à tout le monde, même de manière virtuelle.
Ce qui a permis de révéler au grand jour la face cachée de chacun d’entre nous, nos limites et nos certitudes, nos dogmes, nos craintes et nos hantises, etc. Les masques sont tombés. La lumière est partout.
L’exigence de justice et d’égalité doit commencer par soi-même, avant de vouloir l’imposer à l’autre. Qui mieux que le Noir mauritanien peut comprendre le malheur d’être infériorisé, minimisé, chosifié, discriminé et exclu ?
Nous avons un dénominateur commun qui nous impose d’apprendre à nous respecter les uns les autres, au risque de disparaître.
Et la première règle du respect est d’aller au-delà des intentions et des discours proclamant « l’égalité entre tous » : « Ganbanaaxu ». Il faut désormais apprendre à intégrer le concept Ganbanaaxu dans toutes nos manifestations, dans nos rapports sociaux et politiques. C’est la garantie d’un Soninkara apaisé, fort et rassemblé.
À l’occasion de la Journée internationale de la langue soninké, proclamée le 25 septembre de chaque année par l’UNESCO sous le numéro de résolution 42 C/Résolution 53 (adoptée en novembre 2023 lors de la 42e session de la Conférence générale), des sympathisants et militants de l’engagement progressiste de Ganbanaaxu Fedde lancent une initiative culturelle visant à mettre en valeur, à travers la langue soninké, les idéaux de Ganbanaaxu fondés sur l’égalité en dignité, la fraternité, la solidarité, l’unité et le vivreensemble. Le poème suivant, en langue soninké suivi de la traduction approximative en langue française, se déclame en deux grandes parties. La première partie est écrite par le groupe « Les Amis progressistes », un groupe de travail et de réflexion sur les enjeux contemporains de manière générale et sur la société soninké en particulier. Ce sont tous des militants engagés pour les droits de l’homme et qui œuvrent pour l’expansion de l’idéologie « Ganbannaxu » (égalité dans la dignité) au sein de la communauté soninké, une société réputée conservatrice et hiérarchisée. Les initiateurs de ce projet ont collaboré étroitement et partagent le combat de Ganbannaxu avec l’auteur de la deuxième partie de ce poème, Bouba MAGASSA (Diawara, Sénégal). Le groupe « Les amis progressistes » est composé de : – Koundou SOUMARE (Dafort, Mauritanie) – Issa BA dit Gangara (Bakel, Senegal) – Issa CAMARA (Toulel, Mauritanie) – Biranté SIDIBE (Dembacane, Senegal) – Souleymane CISSOKHO (Toulel, Mauritanie) – Sikhou DIARRA dit Cheikh Mohamed (Wompou, Mauritanie)
• Le Poème Partie 1 : Sooninke : an xanne, an yerewuraaxu, an hooraaxu Sooninkan xannen koota, sewoyen koota. Sooninkan xannen koota, ñaxaliyen koota. Sooninkan xannen koota, sooninkaaxu koota. Sooninkaaxu feti roxomaxantaaxu, sooninkaaxu ni yerewuraaxu. Sooninkaaxu feti fasoŋontaaxu, sooninkaaxu ni hooraxu.
Haadama remme su nan fatanta ñaana hooren ya. Hooraaxun feti xeyaado Yerewuraaxu xa feti Xeyaado, Haadama remme su gollen do a sigimoxon ra wa yemme su ñaana yerewuru ya. Haadama remme su gollen do a sigimoxo ra wa yemme su ñaana hoore ya.
Faaba xase do kisima xase ra nta, sere ñaana yerewuru ya Faaba xase do kisima xase ra nta, sere ñaana hoore ya. Faaban danbe feti yerewuraaxu. Saaxan danbe feti hooraaxu. Yemme su ga balla yeretigiyen ŋa, ken kaman ni yerewurun ya. Yemme su ga balla yeretigiyen ŋa, ken kaman ni hooren ya.
Duna su da roxomaxantaaxunun bulu kuudo na haadama remmaaxun xiiman Wurugi. Haadama remmaaxun xiiman feti fo kontinte ya. Hadama remmaaxun xiima yaani fo timmanten ŋa. Xiima feti fo roxe, Fo roxe xa feti xiima. Yerewuraaxu, hooraaxu, a do xiima, sere su yimme yaani ku fiini gollini duuda. Sere su yimme yaani ku fiini tangana duuda. Haadama remme su yimme yaani ku fiini dabarini duuda.
Haadama remme su nan xawa i men fune ñaana duuda aaxi ya. Duna sere sirun su yan gollini aaxaaxu danŋa. Duna sere sirun su yan gollini Ganbaanaaxu danŋa. Haadama remme su nta fatanta balla aaxaaxu do Ganbaanaaxu. Fonxulle, fonbinne, o su nan fatanta, senbe kinni aaxaaxu do Ganbaanaaxu. Haadama remmaaxu, aaxaaxu, a do Ganbaanaaxu, ku yaani duna fonxura Fonxura be ra ga wuron bitan binnen xatana.
Partie 2 :
O jomu Sooninka nxanne, ndo sooninko nkuure ye ŋa Awa finna qurungu nxuubene ji noxo. Duna Fon kullun su kafi GANBANAAXU, nfuura hoore noxo nŋa Yerewuraxu ntigiti ya, Fosonwuntaawu, kofo xonne ida kari. Tuwaaxun ya be su muuri fo , baanaganxaaxu ndi wara kaane. Yerewuraxu, hooraxu, tuwaaxu, yexu, ku su ma ña dura nxabiila ma duran danbe Afiriki fatanbinnu soninkara wa dura nkaara . O suuxe do i xannu, nan gollobe katta i jamaanu xari kalle. Nxa ke su ma sooninko ntuuwano ndo i senbe gumun ya, googotidaano, do sinmaano. Ko fo jomu. sooninkara duuraxu : kitanto nxa ?ituwaano nxa?fonna xayu xa ? O bara o soninkara o bara xanne daga kaane. Nan bara GANBANAAXU fuure ntagana, nan toxo a noxo ti banaaxu, Yerewuraxu be su dura njukku geni. Hooraxu besu taqqe, tuwaaxu be su muuri fo. Sigi dingira tuwaaxun gada ke be kinni. O su sanqi : jelegin gabo, misikiinaxu nma xatee, tuwa nbalaxun ma sanku, ke terinde su. O siilaamaaxun lanpu . Ke TUNKA ! O jomu sooninko
● Traduction approximative : Partie 1 : SONINKÉ : ta langue, ta probité (intégrité), ta dignité Journée de la langue soninké, un jour de joie et de bonheur. La journée de la langue soninké, journée de soninkaxu. Soninkaxu, ce n’est pas du mépris social ; c’est la fraternité et l’inclusion. Soninkaxu, ce n’est pas du suprémacisme ; Soninkaxu, c’est l’égalitarisme. Tous les êtres humains naissent égaux en dignité. La probité ne s’hérite pas, elle s’acquiert. L’intégrité, non plus. Tout être humain tient sa valeur de ses propres actes ; fais de toi un être digne. Tout être humain est digne par ses œuvres et son attitude. Ta filiation n’est pas une cage de rectitude comportementale et de noblesse. L’ascendance non plus n’est pas une garantie de noblesse. La lignée paternelle ne garantit pas à elle seule l’intégrité. La lignée maternelle non plus. Est également noble celui qui s’évite le déshonneur. La plupart de l’humanité a combattu les inégalités pour promouvoir la dignité humaine. La valeur humaine n’est pas négligeable. La valorisation de l’humain doit être pleine et entière. Cette valeur n’est pas banale. Et le rabaissement non plus n’est pas une valeur. Liberté, dignité et lumière : nul ne peut, seul, œuvrer pour elles. C’est à tout un chacun de les protéger et de les préserver. C’est à chacun, individuellement, de garantir la préservation de ces valeurs. Que tous les êtres humains sachent que leurs droits sont liés les uns aux autres. Nul, au monde, ne peut œuvrer seul pour les droits. Nul, au monde, ne peut œuvrer seul pour la justice. Les êtres humains ne naissent pas déjà maîtres des droits et de la justice. Blancs comme noirs, tous naissent avec la force d’établir les droits et la justice. L’humanité, les droits et la justice : voilà ensemble la grandeur du monde. Et cette grandeur-là ne se bâtit pas en un seul jour. Partie 2 :
Notre épanouissement ! La langue et l’essor de la communauté Soninké peinent à trouver son éclat La société occidentale a cultivé les principes d’égalité et de probité Ils ont déraciné l’arbre des inégalités et de l’injustice sociale. Ils ont démocratisé le savoir et promu l’égalité. La dignité et la science ne sont pas monopolisé. Les africains, les soninkés en particulier, nous avons maitrisé leur langue, sillonner leur territoire parfois au péril de nos vies sans tirer notre épingle du jeu. Notre épanouissement ! Nos terroirs se vide : Où sont nos notables ? Où sont nos érudits ? Où est notre jeunesse ? Notre société s’étiole ! En refusant de construire une société juste et égalitaire, de considérer la dignité comme inhérent à l’homme, d’estimer la science comme universelle et le mérite comme personnelle Nous nous sommes éparpillés, les responsabilités ne sont pas situées, la pauvreté prend de l’ampleur, l’ignorance perdurent, et notre foi se fragilise, en dépit de tout ce périple Oh mon Dieu Notre épanouissement !
Derrière la fièvre de proclamer sa fierté d’être Soninké devant les projecteurs se cache une réalité bien plus amère. Celle qui ronge tout bon Soninké, soucieux de l’égalité et de la justice entre les membres d’une même communauté sociolinguistique.
Un Soninkara divisé, fragilisé et piégé par son orgueil et son refus d’entendre ses propres rugissements et soupirs internes. Chacun retournera ou retrouvera, au terme de la journée du 25 septembre, son village avec ses réalités soninké bien tristes : climat délétère, suspicion et animosités ambiantes, guerre de clans et de classes, etc.
Cette tribune aurait été l’occasion d’appeler à la paix entre Soninké, de solder les différends et de raviver la flamme d’un Soninkara plus égalitaire et apaisé.
En effet, il n’y a aucune société qui puisse véritablement s’épanouir, se développer dans la haine et en dehors de la paix.
Célébrer la langue et la culture soninké à Paris est en soi une tribune opportune et une perche tendue à la communauté soninké pour aller de l’avant.
L’avant, c’est la modernité, c’est le désir de se développer, de s’adapter et de faire preuve de résilience. La capacité à changer les codes et les mots de passe qui trébuchent, ainsi que les logiciels devenus obsolètes.
On ne peut pas construire une société soninké viable avec seulement de la nostalgie comme moteur et en faisant fi des réalités du moment. Un diagnostic sans complaisance est nécessaire pour définir un nouveau cap, celui de l’inclusivité sociale, du pragmatisme social et de la dignité comme élément fédérateur entre les Soninké.
En effet, la meilleure façon de porter le costume hérité de son père, tout en restant élégant sans paraître ridicule, de dégager le visage de son père et de soi-même, c’est de l’ajuster à sa propre taille.
En novembre 2020, j’avais consacré cet élément de témoignage à l’endroit de l’oncle M. Adama Mady Wally Bathily.. https://ecrit-ose.blog/2020/11/08/lesclavage-par-ascendance-chez-les-soninkes-monsieur-adama-madi-waly-bathily-ou-la-voix-juste-et-humaniste-dun-avertisseur-resolu/ . Je n’ose pas dire que j’ai pu suivre et écouter suffisamment ses différentes interventions critiques et questionnements sur le champ polémiste à frictions verbales dans l’écosystème soninké autour du fait religieux (islam et arabisme) vs l’arène encartée kémitiste notamment dans le réseau social Tiktok. Aujourd’hui, ce qui en sort en termes de joutes verbales et de tensions anathèmiques alléguent une évolution philosophique proactive chez lui. Et du bruit, il y en a beaucoup à son sujet et le camp abolitionniste et anti-esclavagiste soninké notamment l’environnement du mouvement social Ganbanaaxu Fedde ne peut être insensible (par ricochet plus ou moins) à son cas. Ces derniers temps, une certaine déviation sonore s’entend avec confusion laissant entendre que son engagement anti-esclavagiste dans la communauté soninké serait objet à une instrumentalisation liée à ses disputations théologiques avec d’autres éléments sociaux (religieux et communautaires). De mon point de vue, je ne m’estime pas activiste d’une sorte de police de la pensée ou de la foi à l’encontre de qui que ce soit. J’ai eu l’occasion de le côtoyer lors d’un voyage de 2 semaines au Mali en octobre 2021, je l’ai vu en homme humble accordant beaucoup d’attention aux notes et à la réflexion. Une voix d’un grand courage qui s’est manifestée tôt sans ambiguïtés contre l’esclavage intra-africain particulièrement celui qui sévit dans la communauté soninké. Il s’affirmait résolument contre les sources théologiques de l’esclavage surtout celles d’une certaine lecture validant implicitement l’asservissement des Noirs exclusivement…par certains cercles religieux arabo-musulmans et également par d’autres Noirs par effet d’imitation bien étrange.
Notre voyage du programme Études-Action pour la formation au plaidoyer anti-esclavagiste nous avait menés jusqu’à Nioro après les étapes de Bamako et de Kayes. À Nioro, auprès des rescapés de la localité de Djandioumé où 4 pères de famille du mouvement abolitionniste Ganbanaaxu Mali (Mountagha Diarrisso, Hamet Cissokho, Gossi Cissokho et Youssouf Cissokho) avaient été lynchés à mort par une équipée criminelle féodalo-esclavagiste dans la nuit 1 septembre 2020. Lire : https://www.maliweb.net/societe/pour-avoir-refuse-leur-statut-d-esclave-quatre-personnes-sauvagement-assassinees-a-djandjoume-2893909.html . Sa prise de parole humaniste et pleine d’empathie à l’endroit des rescapés (femmes et enfants) a été d’un réconfort remarquable.
Pour rappel, sociologiquement monsieur Bathily n’est pas victime des assignations sociales de cet esclavage par ascendance dans la communauté. Et pourtant il s’est distingué avec responsabilité et courage en épousant ouvertement les idéaux anti-esclavagistes du mouvement Ganbanaaxu. Il appelait à l’implication des pouvoirs étatiques dans nos pays pour contrer sérieusement les relais intégristes et violents (certaines chefferies coutumières et subordonnés) de cette tare sociale.
Aujourd’hui, que son évolution philosophique le mène à explorer d’autres questions tendues liées au fait « islam », ne saurait constituer une indexation de disqualification contre lui dans l’engagement anti-esclavagiste. Il est de loin plus humaniste et juste que beaucoup qui baignent dans une panoplie de petites, moyennes et grandes hypocrisies dans l’enclos communautaire soninké sur la compréhension et la pratique du fait religieux islamique. Surtout quand l’idéologie suprémaciste et féodale d’un certain ethno-racisme communautaire est mis à nu face aux principes d’une théologie de libération et d’égale DIGNITÉ entre les membres d’un même groupe sociolinguistique.
Le déjeuner, d’hier 17/09/2026, en Île de France à la maison Orange, au portail rouge, avec le Dr Koné Makan Djibril dépassait le simple cadre d’un repas. C’est une immersion immédiate dans une complicité forgée par le temps, où les décennies s’effacent en un instant.
Autour du traditionnel rituel des trois verres de thé à la menthe, la conversation s’est d’abord ancrée dans l’actualité de son récent séjour en Mauritanie, avant de remonter naturellement le fil de nos souvenirs communs. De Nouakchott à Sélibaby, des quartiers d’Alger à Bab Ezzouar à Bab El Oued, jusqu’à nos combats militants en Île-de-France, chaque étape est réapparue avec clarté. Nous avons évoqué les rires partagés entre nos deux familles et le sens de nos engagements, notamment la création de l’association ARMEPES, matrice du mouvement GANBANAXU, dont il fut le premier Président en France.
Aux côtés de Makan, ami et compagnon de longue date, les masques tombent. Les silences ne pèsent jamais et les rires fusent sans effort. Ce type de rencontre agit comme un ancrage essentiel : il rappelle d’où l’on vient, permet de mesurer le chemin parcouru et donne toute sa saveur à l’instant présent.
L’ONU vient d’adopter une nouvelle carte du monde, plus fidèle aux proportions réelles des continents. Un changement qui semble anodin, mais qui pourrait bien redessiner notre façon de penser les distances aériennes, et en particulier la connectivité aérienne en Afrique.
Il y a deux semaines, l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé l’usage de la projection Equal Earth, invitant le monde à s’éloigner peu à peu de la projection de Mercator, celle-là même qui, depuis des générations, trône dans nos salles de classe et façonne, sans que nous en ayons vraiment conscience, notre manière de voir la planète, y compris notre perception des distances que l’on peut parcourir en avion.
Derrière ce choix technique se cache un sujet bien plus vaste : celui d’un continent que nous avons collectivement appris à sous-estimer. Ce continent, c’est l’Afrique.
Une carte qui trompe sur les proportions
La projection de Mercator, inventée au XVIe siècle pour faciliter la navigation maritime, a un défaut bien connu des géographes : plus on s’éloigne de l’équateur, plus les terres sont étirées et grossies. Résultat, le Groenland semble aussi grand que l’Afrique sur nos cartes murales, alors qu’il est en réalité quatorze fois plus petit.
L’Afrique, elle, se trouve précisément là où cette distorsion la pénalise le plus : près de l’équateur, au centre du planisphère, mais rétrécie à l’œil comme nulle autre région du monde.
Un continent presque impossible à imaginer
À quel point l’Afrique est-elle réellement grande ? Les chiffres sont très parlants. Avec ses 30,37 millions de kilomètres carrés, le continent africain est trois fois plus vaste que l’Europe, et quatorze fois plus grand que le Groenland, qui pourtant paraît déjà immense sur nos cartes. À titre de comparaison, la seule République démocratique du Congo, avec ses 2,34 millions de kilomètres carrés, dépasse à elle seule la superficie totale du Groenland.
Les données sont encore plus éloquentes lorsqu’on assemble les pièces autrement. Car l’Afrique est si vaste qu’elle pourrait, sur le papier, accueillir en son sein plusieurs des pays que l’on considère parmi les plus grands du monde, tous à la fois. Le continent pourrait littéralement « avaler » l’Europe entière, les États-Unis (8,12 millions de km² sans l’Alaska), la Chine (9,56 millions de km²) et même l’Inde (3,28 millions de km²), et il resterait encore de la place.
Pour se figurer la chose autrement : l’Afrique compte aujourd’hui 54 pays et représente, à elle seule, environ 20 % de la surface terrestre totale du globe. Une échelle que la carte de Mercator a longtemps faussée.
Ce que cette échelle change pour l’aviation
Les cartes ne façonnent pas seulement notre culture générale : elles façonnent aussi notre intuition des distances, une intuition que l’aviation, plus que tout autre secteur, vient rapidement corriger.
Un vol entre l’Europe et l’Afrique australe n’est, en distance, pas si différent d’un vol entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est. Pourtant, dans l’imaginaire collectif, l’Afrique semble bien plus proche.
Le même phénomène se reproduit à l’intérieur même du continent. Lorsqu’on évoque la connectivité aérienne entre pays africains, on imagine volontiers, carte conventionnelle à l’appui, des trajets courts entre marchés voisins. La réalité est tout autre : traverser l’Afrique d’est en ouest peut représenter de très nombreuses heures de vol. Un trajet entre Addis-Abeba et Dakar dépasse les 6 000 kilomètres, soit davantage que la distance entre New York et Los Angeles (moins de 4 000 kilomètres). Ce n’est pas la liaison intérieure la plus longue des États-Unis, ce record revenant à Miami-Seattle (plus de 4 300 kilomètres), mais elle reste la référence la plus connue du grand public pour un vol transcontinental.
Bien sûr, les compagnies aériennes ne construisent pas leurs réseaux en regardant une carte de salle de classe. Elles s’appuient sur des distances orthodromiques précises, des temps de vol réels, les performances de leurs appareils et des modèles économiques sophistiqués. Mais le développement du transport aérien ne se limite pas à ces calculs : il dépend aussi, en amont, de la façon dont décideurs, investisseurs et voyageurs se représentent intuitivement les marchés et les distances qui les séparent.
Changer la carte pour changer le regard
C’est peut-être là que la nouvelle carte du monde peut avoir un effet, modeste mais réel : en donnant à voir l’Afrique à sa juste échelle, elle pourrait, lentement, changer cette intuition collective, et faire apparaître le continent non plus comme un ensemble de marchés proches les uns des autres, mais comme ce qu’il est réellement : un continent-monde, où la distance représente à la fois l’un des plus grands défis de la connectivité et l’un des arguments les plus puissants en faveur de l’aviation.
Changer la carte ne change pas le monde. Mais cela peut, enfin, changer la façon dont nous le regardons.
À propos de l’auteur
Fousseynou Coulibaly est ingénieur mauritanien spécialisé dans les systèmes électroniques embarqués pour l’aéronautique, l’aérospatiale, l’automobile et la robotique, fort de plus de 20 ans d’expérience internationale. Il a occupé des postes de direction technique au Royaume-Uni, chez Rolls-Royce et ZF, avant de rejoindre H55, entreprise suisse spécialisée dans les systèmes de propulsion et de stockage d’énergie pour avions électriques, où il est directeur du département électronique et de l’équipe hardware, et contribue notamment au programme de propulsion hybride-électrique (HEP) mené avec le motoriste américain Pratt & Whitney. À Rolls-Royce, il a piloté le développement électronique des ordinateurs de vol du turboréacteur Pearl 700, qui propulse les jets privés Gulfstream G700 et G800, après avoir contribué au programme Trent 7000 de l’Airbus A330neo. Chez ZF, il a dirigé la conception des systèmes mécatroniques de direction assistée arrière équipant la Porsche Panamera, la Mercedes Classe S et le Hummer électrique. En Mauritanie, il est fondateur de TABATOO, entreprise de suivi GPS et IoT, et membre du Conseil du Prix Chinguitt, plus haute distinction scientifique et culturelle du pays, nommé par décret présidentiel en 2023.
Coran s34 v34 : Et nous n’avons envoyé aucun avertisseur dans une cité sans que ses gens aisés n’aient dit : «Nous ne croyons pas au message avec lequel vous êtes envoyés».
Oui… l’aisance se manifeste parfois par le double élan trompeur « suffisance et arrogance ». Une disposition comportementale qui a été la source ontologique des chutes de nombre de tyrannies de diverses natures. Tyrannies sociales, politiques et théologiques subissent fatalement des premiers coups d’affaissement avec un cran paroxystique dans l’arrogance. Et nous osons se permettre ce verset coranique comme substance introductive, nombre des références dans la littérature coranique et biblique également rapportent des récits ayant trait aux conséquences destructrices pour des ordres tyranniques (personnages ou systèmes). Ainsi l’aveuglement par la suffisance couplée à l’arrogance sans limite plomba la lucidité et la modestie chez beaucoup dans l’aisance qu’ils croyaient acquise sans moindre faille d’aucune manière. Et pourtant… c’est dans cette situation de certitude hautaine d’une plénitude absolue qu’Une Volonté Supérieure et Omnisciente (DIEU) par Son Illustre Omnipotence Va susciter résolument irritations et secousses chez tout ordre tyrannique par là où ce dernier s’attendait le moins. En effet, irritations et secousses qui suintent amèrement chez les ordres injustes à travers l’émergence d’une dynamique revendicative des réformes portée par ou chez les couches sociales historiquement subalternisées. La parole du rappel et de l’éveil ainsi manifestée de ceux qui subissaient jusqu’à là la parole de l’ordre dominant, provoque frontalement l’ire obsessionnelle des tyrans en laisse aveuglante de son arrogance guignarde. Et donc, rigidités de nature l’accablant, l’ordre tyrannique ou (et) suprémaciste refuse et devient sourd et muet à tout autre option de trajectoire de l’existence. Son existence et tout ce qui y est rattaché comme darwinisme multidimensionnel dans son environnement qu’il croyait contrôler entièrement. Cet ordre s’interrogera : depuis quand et au nom de quoi subordonnés et relégués sociaux et politiques s’octroient une intrépide latitude à penser outre des données et des volontés admises de toujours…?
Un autre Message ? Niet…!
Il se voit défié et contesté dans ce qu’il tenait comme d’assise divine dans son réel tellement normalisé de longue durée. Les visées autonomes exprimées pour l’équilibre et la justice et pour la fin de l’exploitation vont le conduire un affreux mal-agir. Comptant corriger et dompter les voi(e)x qui osent, l’ordre tyrannique ou (et) suprémaciste peut virer en un mécanisme martyrisant et finira voir sa superbe fatalement fanée et fissurée.
L’aisance dépourvue de sagesse qui refuse doute et questionnements conduit à une déchéance certaine pour celui qui en fait une monture. Tout est question de temps et d’espace.
Dans le passé rapporté par la narration biblique et coranique, des tyrans sociaux et politiques furent affaiblis, périclités et dévastés à cause de ce péché qu’est l’arrogance. Et il en ira de même pour tout système d’organisation (communautaire, tribal et étatique) qui épouse un fonctionnement similaire articulant Arrogance, Suffisance et Injustices.
Il nous suffit de prêter une attention soutenue aux dynamiques dans nos univers sociaux et communautaires…! Le Temps et la sociologie évolutive auront raison sur les certitudes qui couvent obsessionnellement injustices et suprémacismes. Ainsi contre la demande de justice et d’équilibre, tout effort réactionnaire quoique motivé sera logé dans la séquence troublante des limites.
Une avancée notable en termes d’imaginaires et de projections sur les espaces géographiques à la vue. L’ancienne cartographie adoptée « passivement » jusqu’à là est bien porteuse d’une vision du monde où les proportions théoriques sont attribuées avec beaucoup de visées loin d’être neutres géopolitiquement. Lors d’une conférence co-animée par l’ancien international français M. Lilian Thuarm et l’écrivain M. Alain Mabanckou à Paris (15 juin 2023), un planisphère avec les réelles mesures et positions des continents avait été mis à la disposition de l’assistance par la #Fondation #Lilian #Thuram. Une carte mondiale sur laquelle le continent africain figure dans ses dimensions réelles, ce qui montre une autre perspective visuelle sur sa place écrasante comparativement à l’ancienne cartographie.
Cette Fondation mène ainsi un soft activisme intellectuel pour une meilleure projection des imaginaires sur tout ce qui a trait au monde africain et afro diasporique. Une pertinente militance à louer à sa juste valeur dans le sillage souvent fourre-tout et caricatural du panafricanisme.
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