—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.
Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.
Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.
En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.
Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.
C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).
Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.
Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.
Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.
Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.
Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.
Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.
De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.
Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.
A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :
1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».
2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.
3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.
En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.
—Par un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/1Azhpvipwn/ de la journaliste Mariya Traoré, nous avons appris le décès du président de l’organisation SOS Esclaves, M. Boubacar Ould Messaoud. Ainsi ce jeudi 12 mars 2026 qui correspond au 23 Ramadan 1447, une voix pionnière vaillante de la lutte pour la défense des droits humains et singulièrement pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie, s’est éteinte. Un parcours d’engagement salué et reconnu par nombre de nos compatriotes et autres militants droit-de-l’hommistes à travers le monde depuis l’annonce de son décès.
—La rubrique GEB (Grand Entretien du BLOG) vous propose l’interview ci-après accordée par M. Diallo Djibril. Originaire de la commune de Tachott dans le Guidimagha, le juriste est actuellement haut cadre au Ministère de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Ici l’expression de notre fraternelle reconnaissance à son endroit pour la disponibilité.
Bonne lecture !
● Question 1 : Présentation sommaire ?
Dr DIALLO Djibril : Je m’appelle Diallo Djibril Cheikh Bouye. Je suis juriste de formation, titulaire d’un doctorat en droit public de l’université Paris 8, avec une spécialisation en intégration régionale africaine et en gouvernance publique. Mon parcours universitaire m’a conduit également à l’Université de Perpignan, ainsi qu’à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où j’ai approfondi mes recherches en droit de l’intégration et en droit international économique. Sur le plan professionnel, j’exerce aujourd’hui principalement dans le champ des politiques publiques, de la stratégie institutionnelle et du conseil juridique. J’occupe présentement la fonction de conseiller technique chargé des affaires juridiques au cabinet du ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Parallèlement, j’ai longtemps évolué dans le monde de la recherche et des études stratégiques au Centre Essahraa d’Études et de Consultations, un think Tank mauritanien. J’ai également été enseignant en droit, économie et management, dans le secondaire et certains établissements de l’enseignement supérieur lors de mon séjour en France. Aussi, j’ai toujours été engagé dans la vie associative, notamment sur les questions de citoyenneté, d’éducation et de développement communautaire. Je m’arrête là, avec cette brève présentation. Question 2 : Retour d’expérience après l’Europe? DD : Mon séjour en Europe fut une expérience intellectuelle et humaine extrêmement structurante. Il m’a permis d’évoluer dans des environnements académiques exigeants, où la rigueur méthodologique, l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle sont fortement valorisés. Les facilités résident principalement dans l’accès aux ressources documentaires, à des réseaux scientifiques denses et à un encadrement académique structuré. Toutefois, les écueils ne sont pas négligeables : solitude, exigence d’adaptation culturelle, pression académique et nécessité d’une discipline personnelle constante. Mon principal conseil aux jeunes serait de ne pas idéaliser l’extérieur, mais de le considérer comme un espace d’apprentissage. L’essentiel est d’acquérir des compétences transférables, une méthode de travail solide et une ouverture d’esprit. Le retour au pays doit être pensé comme une continuité logique : il s’agit de réinvestir les acquis au service du développement national. Question 3 : Conseils à la jeunesse mauritanienne, notamment soninké ? DD : L’éducation demeure le levier fondamental de transformation sociale. À la jeunesse mauritanienne, je recommanderais d’investir prioritairement dans la formation intellectuelle, technique et morale. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir des diplômes, mais de cultiver la compétence, l’éthique et la discipline. À l’adresse particulière des jeunes soninké, dont l’histoire est marquée par une forte tradition intellectuelle et migratoire, je dirais qu’il est impératif de concilier enracinement culturel et ouverture au monde. La maîtrise des langues, des outils numériques, des sciences et des métiers émergents est aujourd’hui indispensable. Il faut également développer l’esprit entrepreneurial et sortir d’une logique exclusive de recherche d’emploi public. La création de valeur, l’innovation et l’initiative privée constituent des perspectives majeures pour l’avenir. ● Question 4 : Diagnostic sur les pratiques féodalo-esclavagisteset pistes d’éradication ? DD : Les survivances de pratiques féodalo-esclavagistes constituent une réalité sociologique et historique complexe. Elles s’inscrivent dans des structures mentales héritées, parfois intériorisées, qui continuent d’influencer les rapports sociaux. Mon diagnostic est double : d’une part, il existe un décalage entre le cadre juridique – qui prohibe clairement ces pratiques – et certaines représentations sociales persistantes ; d’autre part, la transformation des mentalités nécessite un travail de longue haleine. Les pistes d’action devraient s’articuler autour de trois axes : L’éducation et la conscientisation : renforcer l’enseignement de l’égalité, de la dignité humaine et de la citoyenneté. L’application rigoureuse du droit : l’État doit garantir l’effectivité des normes existantes. Le dialogue communautaire et religieux : mobiliser les leaders d’opinion, intellectuels et acteurs associatifs pour déconstruire les justifications culturelles erronées. La sortie définitive de ces tares suppose une évolution générationnelle appuyée par des politiques publiques cohérentes et une volonté collective affirmée.
● Question 5 : Engagement des jeunes en politique en Mauritanie ?
DD : La jeunesse mauritanienne manifeste un intérêt croissant pour les questions politiques, notamment à travers les réseaux sociaux et les mobilisations citoyennes. Cependant, cet engagement demeure parfois fragmenté et insuffisamment structuré. Je constate un dynamisme réel, mais qui gagnerait à être davantage organisé, formé et encadré. L’engagement politique ne devrait pas se limiter à la revendication ; il doit également intégrer la formation doctrinale, la compréhension des institutions et la culture du compromis. Il est essentiel que les jeunes investissent les partis, les organisations de la société civile et les espaces de débat avec compétence et éthique. L’avenir démocratique du pays dépendra largement de leur capacité à conjuguer idéal et responsabilité.
1) L’existence historique de Koumbi Saleh L’affirmation selon laquelle Koumbi Saleh n’est qu’un mythe ou une invention coloniale est remise en question par des fouilles archéologiques, titre d’exemple, les premières grandes fouilles scientifiques ont été effectuées par Raymond Mauny (1950-60), puis par Serge Robert et Sophie Berthier. Cependant, les vestiges comprennent bien évidemment, habitations en pierre, mosquées anciennes et structures urbaines étendues sur le lieu considérait l’ancienne citée de Koumbi Saleh. On peut situer l’occupation principale entre le Ie/IVe et le XIIIe siècle selon les datations. Ces travaux témoignent de la présence réelle d’une ville importante précoloniale, bien avant 1910. 2) Koumbi Saleh et la capitale de l’Empire du Ghana (Wagadou) L’Empire du Ghana, appelé Wagadou par les Soninké, est attesté par plusieurs sources médiévales musulmanes, indépendantes de la colonisation européenne. En particulier, la Source majeure : Al-Bakri au XIe siècle, il décrit Koumbi comme une capitale composée de deux villes distinctes : une ville royale (tradition animiste) ; une ville musulmane avec 12 mosquées, sous un pouvoir politique structuré et un commerce d’or florissant. Son œuvre date de 1068 — soit près de 850 ans avant la présence coloniale française en Mauritanie. Il est donc historiquement inconcevable que l’Empire du Ghana soit une ‘invention coloniale’. 3) Sur l’accusation d’« invention par le sergent Bonnet en 1910 » Aucune source académique officielle ne fait référence à un « sergent Bonnet » comme l’inventeur du royaume du Ghana. Au contraire, des auteurs arabes comme : Al-Bakri (XIe siècle), Al-Idrissi (XIIe siècle) et Ibn Khaldoun (XIVe siècle), mentionnent déjà l’existence d’un royaume puissant appelé Ghana. Les sources islamiques médiévales documentent donc le royaume, bien avant toute entreprise coloniale européenne. 4) Les Almoravides ont-ils fondé Koumbi Saleh ? Les Almoravides étaient un mouvement réformiste berbère né au XIe siècle en Mauritanie et au Maroc. Regardons les faits historiques établis, qui ont mené des campagnes militaires vers le sud. Également, certains historiens pensent qu’ils ont attaqué Ghana vers 1076. Mais aucune preuve sérieuse n’indique qu’ils ont fondé Koumbi Saleh. Cependant, Les vestiges archéologiques montrent que la ville existait avant l’expansion almoravide. Toutefois, les Almoravides ont pu influencer l’islamisation et renforcer les quartiers musulmans. Mais pas créer la ville ni l’empire. 5) Origine soninké de l’Empire (Wagadou) Chez les Soninké, la tradition orale soninké (Mama Dinga – Soninké) identifie comme le fondateur de Wagadou (Ghana) depuis les premiers siècles de notre ère (A.J.). En établissant un système politique structuré considéré comme une aristocratie locale. Ces informations sont approuvées académiquement par des recherches linguistiques et anthropologiques confirment l’ancienneté soninké dans cette région. En effet, l’Empire du Ghana ou Wagadou est donc purement africain, existait dans la période de précolonial, sous le règne de soninké. 6) Sur la thèse du « mensonge colonial pour effacer l’islam » Cette affirmation pose un problème logique, notamment, les premières descriptions détaillées de Ghana viennent d’auteurs musulmans. Puis, la ville comportait des quartiers musulmans importants. Selon Docteur Ahmed Chalabi, il y’avait douze grandes mosquées dans les deux grandes villes de l’empire de Ghana. Il est important de noter que l’Islam y était déjà présent au XIe siècle. Si l’objectif colonial était d’effacer l’islam, pourquoi s’appuyer sur des sources musulmanes anciennes ? pourquoi documenter l’existence de mosquées et de savants musulmans ? En effet on pourrait dire que l’argument manque de cohérence historique. 7) La question archéologique actuelle Il est vrai que tous les aspects de l’Empire ne sont pas entièrement élucidés, des débats existent sur l’étendue exacte du territoire. Mais débat scientifique ≠ inexistence historique. La majorité des historiens spécialisés en Afrique médiévale reconnaissent l’existence de l’Empire du Ghana, l’importance de Koumbi Saleh et son rôle probable de capitale ou centre majeur Conclusion Le texte attribué à un certain « Ahmed Lehbib » présente plusieurs affirmations non étayées ni fondées, en particulier : absence de sources académiques ; négation des sources arabes médiévales ; confusion entre débat scientifique et négation historique ; accusation coloniale non documentée. En revanche, les preuves en faveur de l’existence de « Koumbi Saleh » dans l’Empire du Ghana (Wagadou) et son noyau soninké ainsi que son importance dans le commerce transsaharien, sont appuyées par : sources arabes médiévales ; fouilles archéologiques ; traditions orales corroborées et ; recherches universitaires modernes. Bien sûr, la reconnaissance de l’existence de l’Empire du Ghana ne diminue en rien l’importance des Almoravides, l’histoire islamique régionale et la valeur culturelle des Soninkés. Au contraire, cela montre la complexité et la richesse de l’histoire ouest-africaine-sahélienne précoloniale. Bibliographie I. Sources médiévales arabes (sources primaires) 1. Al-Bakri Kitāb al-Masālik wa-l-Mamālik (Livre des routes et des royaumes), 1068. o Description détaillée du royaume du Ghana et de sa capitale composée de deux villes. o Traduction partielle dans : De Slane, W. (trans.), Description de l’Afrique septentrionale, Alger, 1913. 2. Al-Idrissi Nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq, XIIe siècle. o Mention du royaume du Ghana dans ses descriptions géographiques. 3. Ibn Khaldoun Kitāb al-‘Ibar, XIVe siècle. o Chroniques historiques mentionnant les dynasties soudanaises, dont Ghana. II. Travaux archéologiques sur Koumbi Saleh 4. Mauny, Raymond. Tableau géographique de l’Ouest africain au Moyen Âge, Dakar, IFAN, 1961. o Étude fondamentale reliant les descriptions arabes au site archéologique. (https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000066051_fre?posInSet=1&queryId=0346effd-082d-48d3-9101-036141508a5b) 5. Berthier, Sophie & Robert, Serge. Recherches archéologiques à Koumbi Saleh (Mauritanie), CNRS, années 1970-1980. o Rapports détaillant les fouilles, structures urbaines, mosquées, habitations en pierre. 6. UNESCO Fiche descriptive du site de Koumbi Saleh (Liste indicative du patrimoine mondial). o Documentation archéologique et historique officielle. III. Ouvrages académiques modernes sur l’Empire du Ghana 7. Nehemia Levtzion Ancient Ghana and Mali, Methuen, 1973. o Analyse critique des sources arabes et des données archéologiques. 8. D.T. Niane (dir.) Histoire générale de l’Afrique, Vol. IV : L’Afrique du XIIe au XVIe siècle, UNESCO, 1984. o Chapitres consacrés à Ghana (Wagadou) et aux Soninké. 9. John Iliffe Africans: The History of a Continent, Cambridge University Press, 1995. o Synthèse historique incluant l’Empire du Ghana. 10. Kevin Shillington (ed.) Encyclopedia of African History, Routledge, 2005. o Entrée “Ghana Empire”. IV. Sur les Almoravides 11. Nehemia Levtzion & Hopkins, J.F.P. Corpus of Early Arabic Sources for West African History, Cambridge University Press, 1981. o Compilation et traduction des textes arabes mentionnant Ghana et les Almoravides. 12. Vincent Cornell The Almoravids and the Meanings of Jihad, Journal of African History. o Étude critique du mouvement almoravide. V. Synthèses générales 13. Basil Davidson Africa in History, 1968. o Vulgarisation historique basée sur recherches académiques. 14. Encyclopaedia Britannica Article “Ghana Empire”. o Résumé académique validé.
—Ici Nyamsi… l’un des prophètes « perturbés » de suffisance d’une certaine dite virilité panafricaniste de notre temps. Peuples éprouvés se trouvent facilement un messie. Anciennement… enchanteur de Blaise Compaoré du Burkina Faso et aujourd’hui activiste jocker auprès des juntes militaires du Sahel. As de la rhétorique disruptive et fréquentations diversement confuses, il surfe sur le filon « sucré politiquement » du couplé « panafricanisme -souverainisme » fourre-tout instrumentalisé par certains régimes militaristes et autoritaires qui opèrent un brumeux musellement des espaces civiques et politiques dans leurs pays. Il enseigne complaintes et pleurnichiardes comme sève de culture générale politique de motivation auprès de ses ouailles. Il incarne l’école des hautes études 2.0 en termes de manipulation et de raccourcis à faire substance potable et alternative de tous les faits tordus et épars de l’actualité…. et entre temps les réalités appliquent impitoyablement une lourde facture du jour au jour sur le cou des petits peuples.
Son univers discursif et narratif dans les réseaux digitaux qui s’appelle « L’Afrique des Libertés » peut être décrit d’un certain substrat comme « L’Afrique des limites ».
L’éveil politique et intellectuel afro et diasporique mérite MIEUX !
–KS comme Kémi Seba | il est en train d’habiter son véritable personnage en mutant d’éveilleur de conscience collective auprès du monde afro diasporique à agitateur et politicien très instable dans ses démarches et vues. Planqué chez le général Tiani, le mythomane putschiste qui tient le Niger aux fers AES-siens (pouvoir militaire à rallonge et fermeture du champ politique et civique), Kémi Seba rameute et exploite en fin manipulateur des bonnes causes pour ses agendas nébuleux axés sur un ego surdimensionné à assouvir. Par son aura et ses prétentions, actuellement s’il était prisonnier politique au Bénin, on l’aurait pris au sérieux et ses bluffs compulsifs seraient mieux lisibles à juste titre. Il fait partie de la team Nyamsi, Yamb et leur suite… imaginons confier la gouvernance d’un pays à ce trio, ils ne vont pas tarder à se saigner horriblement dès les premiers 50 jours… parce que les rengaines compulsives tellement simplistes via les réseaux digitaux ne résistent pas aux réalités vivaces du jour au jour des hommes.
Actuellement, il serait doté d’un passeport diplomatique nigérien, le nombre de ressortissants de ce pays du même âge et N fois plus futés intellectuellement que lui, subissent un réel social et économique bouché et ne verraient jamais à quoi ressemble ce type de passeport officiel. Au Niger, il y est un élément parmi une élite politique et économique pro militariste et sûrement affairiste qui s’est faite de la thématique siamoise « souveraineté – panafricanisme » et ses biais raccourcis comme le nouvel opium d’un peuple qui se cherche. Et un peuple subissant désespoir multidimensionnel se trouve aisément…un messie arriviste loquace pour tenir face à une atmosphère de béance matérielle pour ne pas dire existentielle.
Certains ont comparé l’ordre et la discipline urbaine de certaines villes asiatiques à l’application d’une logique d’inspiration coranique : celle d’une rationalité ordonnée, d’une harmonie collective née du respect de principes supérieurs. Mais cette référence, souvent réappropriée à des fins politiques ou culturelles, témoigne d’un paradoxe : l’Islam, religion de raison et de justice, semble parfois absent des réalités sociales et politiques de ceux qui s’en réclament.
C’est pourtant sur des préceptes d’ordre, d’équité et de dignité que s’est fondée la Révolution torodo au Fouta-Toro, où Ceerno Souleymane Baal chercha à ériger une société islamique équilibrée une cité où chaque caste tirait sa dignité du travail, où la femme était respectée comme gardienne du lien social, et où l’esclavage fut combattu comme une offense à la justice divine. Ceerno, fidèle à l’école malikite, sut unir la lecture littérale du Coran à l’exigence rationnelle. Il démontra que la fidélité à la Révélation n’exclut pas la lucidité politique, et que la spiritualité, loin d’être un refuge, est un acte d’ordre et de construction.
Le premier verset révélé au Prophète » Lis ! » (Iqra’) n’est pas une simple injonction littérale. C’est une ordonnance ontologique : un appel à la connaissance, à la quête de sens, à la compréhension du monde comme condition humaine. Lire, c’est déchiffrer le visible et l’invisible, c’est participer à l’acte divin de compréhension. La tradition islamique a toujours lié la foi à la connaissance (ʿilm), et la connaissance à la dignité. Le Coran évoque d’ailleurs la création du calame et de la tablette, symboles de la mémoire et de la pensée. Le musulman est ainsi appelé non seulement à croire, mais à penser le juste, à aimer la vérité et à agir selon la raison éclairée par la foi.
Dès lors, que signifie le silence des juristes religieux lorsque l’ordre public est bafoué, que l’égalité sociale s’effondre, que la corruption dévore les institutions ? Que signifie ce mutisme quand les prêches ne sont plus entendues, ou quand elles sont écoutées pour être aussitôt oubliées ? Ce silence devient plus qu’un désengagement spirituel : il est la marque d’une démission morale. Est-ce le signe d’une foi de façade, d’une passivité devant le chaos, ou le produit d’une éducation religieuse biaisée qui a détaché la foi de la cité, la conscience du politique, la prière de la justice ?
Car lorsque les savants se taisent, le vide qu’ils laissent est aussitôt comblé. Ce silence des fuqahāʾ ouvre un espace que d’autres s’empressent d’occuper : des activistes, sincères parfois, mais souvent emportés par la colère plus que guidés par la connaissance. Ils se croient porteurs d’un langage de vérité, mais leurs voix, nourries d’indignation plutôt que de science, finissent par déformer ce qu’ils prétendent défendre. Ils brandissent la justice sans en comprendre la mesure, s’érigent en juges sans la rigueur du droit, parlent au nom du peuple sans la sagesse de la loi. Ainsi, le déséquilibre s’installe : la parole du savant, qui aurait pu apaiser, structurer et élever, est remplacée par le cri du militant qui divise, blesse et consume. Et lorsque la colère tient lieu de pensée, la justice elle-même devient aveugle.
Dans des États qui se proclament islamiques, ce silence n’est pas seulement religieux : il devient institutionnel, étatique, moral. Les conseils religieux, souvent intégrés aux appareils du pouvoir, préfèrent l’obéissance à la vérité, oubliant que la mission du savant est d’être miroir du juste, non paravent du prince. Ce silence, c’est celui d’une conscience qui abdique. Et cette abdication ouvre la voie à la confusion : entre foi et idéologie, entre engagement et agitation, entre l’appel au bien et la soif de visibilité.
Pourtant, le fiqh originel n’a jamais été un droit du silence. Il était une pensée dynamique, ouverte sur la raison et sur le changement des temps. Les juristes malikites rappelaient que le changement des coutumes entraîne le changement des jugements : la loi ne se fige pas, elle s’adapte pour préserver l’équité. L’ordre islamique véritable n’est pas celui d’une immobilité, mais d’un équilibre : celui d’une justice sociale et morale, d’une préservation de la dignité humaine, d’une paix intérieure qui se prolonge dans la cité.
Le mutisme du savant face à l’injustice équivaut à la démission du témoin, car le témoignage du vrai (shahāda) est le prolongement de la foi. Celui qui se tait devant l’oppression participe à son maintien. Le rôle du fiqhi n’est pas de bénir l’ordre établi, mais de rappeler que la cité de Dieu n’est pas celle des puissants, mais celle de la justice.
L’Islam, dès ses origines, a proposé une vision cosmique du monde. Le Coran évoque les étoiles, les galaxies, l’expansion du ciel bien avant que la science moderne n’en formule les lois. Cette ouverture au cosmos traduit une conception unifiée du savoir : l’homme, en connaissant, participe à l’ordre divin. Aujourd’hui, cette dimension rationnelle et contemplative s’est dissoute dans une pratique fragmentaire où la religion devient un refuge identitaire plutôt qu’un projet de civilisation. Beaucoup cherchent dans l’islam un apaisement spirituel sans y puiser une éthique du monde.
Mais la véritable foi, celle qu’incarnait Ceerno Souleymane Bal, consiste à faire régner la justice dans la cité. Refuser la justice, c’est trahir la volonté divine. Le fiqhi qui se tait face à l’oppression ne manque pas seulement à sa mission : il rompt le pacte du savoir et du juste. Et c’est alors la raison ce don premier de Dieu qui s’éteint dans le vacarme du monde.
Dans les États islamiques contemporains, où les textes juridiques mêlent droit moderne et droit religieux, le fiqh pourrait redevenir une source d’équilibre et d’inspiration. À travers une lecture rationnelle du Coran et une compréhension renouvelée de ses finalités, il peut aider les magistrats à replacer le souci du juste au cœur de leur fonction. Car juger, dans la perspective islamique, n’est pas seulement appliquer la loi : c’est rechercher la vérité avec équité, préserver la dignité humaine et restaurer la balance morale du monde. En réconciliant la rigueur du droit avec la lumière de la raison coranique, le fiqhi peut encore inspirer des textes plus justes, des décisions plus équilibrées et une justice plus conforme à la noblesse de l’esprit islamique.
La Mauritanie par exemple alliant droit islamique et moderne dans ses cadres normatifs aurait pu être un bastion de la pensée rationnelle islamique, le lieu d’un rééquilibrage inspiré par le fiqh, aussi bien dans son paysage législatif que dans l’action des acteurs sociaux et politiques. Son histoire ne manque pourtant pas d’exemples où la rigueur religieuse s’alliait à la justice politique : l’héritage de l’empire du Ghana, l’expérience réformatrice du Fouta, ou encore Chinguetti, temple du savoir et carrefour des sciences religieuses. En renouant avec cette tradition, la Mauritanie aurait pu rappeler au monde musulman le socle vivant de la science juridique islamique une science qui ordonne la cité, éclaire la raison et élève la justice.
Ainsi, dans le cadre républicain mauritanien, il serait possible de concevoir un projet institutionnel qui réconcilie la foi et la raison autour d’un même horizon éthique : celui de la justice, du savoir et de la dignité. L’éducation nationale, pierre angulaire de la conscience civique, devrait devenir l’espace privilégié où se tisse ce dialogue entre la science et la Révélation. Non pas pour confondre les domaines, mais pour leur restituer leur complémentarité : la foi, comme source de valeurs et d’équilibre moral ; la raison, comme instrument d’exploration du monde et de progrès collectif. Un tel plan pourrait intégrer, dans les curricula, une pédagogie de la justice sociale inspirée des principes coraniques d’équité et de solidarité, tout en renforçant la formation scientifique et cosmologique comme acte spirituel de connaissance. Il s’agirait aussi de développer des programmes de prévention intellectuelle contre les idéologies extrémistes, en opposant à la radicalité la rigueur du fiqh, à la haine la lumière de la connaissance, et à la confusion des discours la clarté d’une raison éclairée par la foi.
Mais au-delà de l’éducation, la pensée islamique elle-même doit être reconstruite, non dans une rupture avec la tradition, mais dans une fidélité intelligente à son esprit de raison et de justice. L’ijtihād effort d’interprétation et la maṣlaḥa recherche du bien commun doivent redevenir les instruments centraux d’une pensée islamique vivante, capable de dialoguer avec les réalités sociales contemporaines. Ces mécanismes, loin d’être figés, peuvent nourrir un projet de réunification nationale, en fondant la cohésion non sur l’ethnie ou la région, mais sur la dignité partagée de l’être humain, créé libre et responsable. L’‘adl (justice), l’ukhuwwa (fraternité) et la karāma (dignité) pourraient ainsi devenir les piliers d’un civisme spirituel, où la foi ne s’oppose pas à la citoyenneté, mais en élève le sens moral.
La Mauritanie, forte de sa diversité culturelle et de son expérience dans la lutte contre le terrorisme, pourrait devenir un laboratoire de ce renouveau islamique. Sa stabilité relative, son enracinement dans la tradition malikite et son héritage intellectuel issu de Chinguetti lui offrent les conditions d’une réconciliation entre religion, raison et République. En transformant la lutte contre le radicalisme en un combat intellectuel et moral pour une pensée éclairée, une justice sociale authentique et une pédagogie du respect , elle pourrait montrer qu’un État musulman moderne n’est pas celui qui impose, mais celui qui élève. La Mauritanie, fidèle à sa vocation spirituelle et politique, pourrait rappeler au monde que la véritable force d’une nation ne réside pas dans la domination, mais dans la construction d’une dignité partagée, où la foi inspire le civisme et la civilité devient un prolongement de la spiritualité.
Dans les Républiques Islamiques comme dans tous les États, traversés par le tumulte de la désinformation, l’indignation sélective et la confusion des repères, il faut des voix qui rappellent que la parole de Dieu doit rester audible : une parole de justice, de connaissance et d’équilibre, capable de réguler le désordre du monde et de rétablir la mesure du vrai.
Aissata Ahmedou Tidjane Bal, Juriste en droit Public.
Au cours de la lecture de l’ouvrage « Le Contrat racial » du philosophe Charles W. Mills, des passages d’une belle critique faite de certaines références philosophiques de la substance épistémique du monde encarté occidental, ont suscité intimement une stimulante curiosité en moi. Ici notre note de lecture https://ecrit-ose.blog/2023/07/11/%e2%97%8f-note-de-lecture-dun-ouvrage-marquant-le-contrat-racial-de-charles-wade-mills/. Notamment certaines notions qui appuient une sophistication « savante » d’un nombre de préjugements qui font source déterministe, essentialiste et fataliste de sciences sociales et politiques. Ce qui a donné corps et (donne corps) à un postulat racialiste d’un certain rationnalisme laissant comprendre que les Hommes (comprendre les races selon cet entendement) ne pourraient pas se valoir par leurs actes (vertueux ou pas) parce qu’une élection naturelle (d’ordre divin) les ségrégue et assigne fatalement par l’essence d’une supposée grâce fatidique. Ainsi, de cette donnée apprise par mon approche de passable « apprenti philosophe » free-lanceur, j’y ai articulé un concept entendu régulièrement dans les interventions médiatiques et conférences (principalement sur YouTube) de l’historien français Johann Chapoutot, le darwinisme social. M. Chapoutot qui est écrivain et historien du nazisme, disséque avec beaucoup d’entrain les univers mentaux du terreau sociologique, idéologique et politique du monde occidental qui a vu poindre le sinistre phénomène nazi. Il laisse entendre que le darwinisme social couvait et occupait l’arrière-fond socio-politique et religieux d’un certain ordre civilisationnel en fonctionnant sous une certaine binarité comme suit : le Centre-essence dans l’histoire (l’entité blanche occidentale) et les marges-relégués dans l’histoire (autres peuples biologiquement d’ailleurs). Le nazisme hilterien s’était aligné horriblement avec un zèle particulièrement violent et totalitaire en s’inspirant ou en profitant des circonstances et des facilités structurelles au sein de l’environnement sociologique germanique. Un darwinisme social racialisé et militarisé « brun » pour épurer l’espace biotope germain et imposer un suprémacisme ethno-racial aux marges non germaniques qui doivent subir écrasements et dévastations multiformes. Donc… le darwinisme social porte intrinsèquement les germes d’un suprémacisme identitaire par lequel une sorte de divinité-peuple ethnique qui s’accorderait une élection naturelle pour dominer les autres peuples qui seraient inférieurs par fatalité de nature. Au temps de l’Afrique du Sud sous l’apartheid, les pontes religieux parmi le monde Afrikaner étaient gavés idéologiquement en la matière pour « moralisée » les comportements sociaux et politiques du système foncièrement racialiste, raciste et suprémaciste.
Le darwinisme, la définition du Larousse nous renseigne : « Théorie de Darwin d’après laquelle les espèces évoluent selon les lois de la sélection naturelle. »
Et de ce qui peut exister d’un semblable darwinisme social dans certains de nos enclos communautaires et ethno-raciaux en Afrique :
« Darwinisme social » comme ideologie d’où végéte un certain suprémacisme ethno-racial, a ses versions grises très actives dans beaucoup de nos communautés africaines. Le droit du sang et l’intégrisme communautaire en constituent une substance de nature. Merci encore à l’histoirien Johann Chapoutot pour ses réflexions pertinemment énoncées à propos de cette matrice historique du phénomène nazi, en l’écoutant attentivement écho et parallélisme nous bipent sans cesse…
Écho et Parallélisme par un certain essentialisme identitaire qu’on retrouve dans les idéologies sociales intra-communautaires et transcommunauraires. Le système de castes en est une certaine illustration de ce darwinisme social gris. La caste dans l’ensemble communautaire devient un sceau identitaire d’essence dans le temps et dans l’espace. Un certain ordre endogamique assurant la continuité, l’individu est né « étant » assigné socialement donc tout projet de « devenant » est lié et circonscrit à cet étant dans son couloir collectif (sa caste). C’est un schéma d’une hermétique prédestination qui constitue l’arrière-fond philosophique de l’affaire. On dira que le destin se serait chargé naturellement du tirage au sort entre les assiettes identitaires et le sang (la biologie du coup) fait le statut et le rang en toute fatalité. Cette dernière fait substance à ce darwinisme social gris sous l’ordre d’un intégrisme communautaire qui peut se manifester par un narratif apologétique d’un noyau « identité originelle » adossée à une sorte de divinité ethnique. La sélection naturelle est du fait de la croyance à ce dogme peu avouable nominalement consacré à cette divinité ethnique qu’on peut qualifier de divinité-peuple. Une culture d’un fatalisme écrasant qui ne supporte que difficilement tout mouvement de changement structurel. Les inégalités sociales et politiques internes, il faut les accepter et les faire accepter parce que l’assiette sociale qui détient la suprématie s’érige comme l’incarnation absolue de la lieutenanance de la divinité ethnique ou la divinité-peuple. Les subordonnés statutaires se doivent une acceptation que le sort leur fut défavorable une fois pour toutes et leurs éventuelles volontés d’agir pour un changement de condition ou de statut seraient accusées de blasphèmatoires à l’encontre de l’ordre divin ethno-racial. Par exemple en Mauritanie : un esprit suprémaciste et féodalo-esclavagiste qu’il soit arabo-berbère, soninké ou poular verrait toujours de « l’extrémisme » et de la « haine » chez les « cadets sociaux » qui osent réclamer effectivement l’égalité sociale et politique au sein de leurs communautés respectives. C’est gravissime… on ne met pas en cause la sélection naturelle d’une élection socialement validée par la divinité ethnique.
Ainsi, on comprendrait peu de choses de sourds fascismes gris intra-communautaires et intercommunautaires dans nos espaces et l’aversion qu’ils peuvent déployer à l’endroit de toute idée d’égale dignité (concernant les avoirs matériels et immatériels et les symboles), si on ne s’autorise pas une mise en perspective centrée sur ce versant du darwinisme social.
–Le Grand Entretien du BLOG accueille le mauritanien Dr SAO Ousmane. Acteur social et politique de la diaspora mauritanienne en France, monsieur SAO fait partie depuis quelques années du personnel présentant la Mauritanie à l’Unesco. Ci-après notre interview avec lui et nous le remercions pour la disponibilité manifestée. Bonne lecture.
● Question 1 : Bonjour monsieur SAO Ousmane, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs ? (Parcours scolaire, académique et professionnel)
SAO Ousmane : Merci de m’avoir invité dans votre site. Je m’appelle Ousmane Sao, de nationalité mauritanienne, passionné depuis toujours par les questions liées à la terre, à l’histoire humaine et aux sociétés, j’ai orienté mon parcours autour de la recherche scientifique, de la préservation du patrimoine et du dialogue interculturel. Titulaire de deux doctorats : le premier en géologie du Quaternaire, spécialisé en géologie de la préhistoire et en reconstitution des paléoenvironnements, mes travaux portent sur la compréhension des climats anciens et la valorisation du patrimoine culturel mauritanien (historique, géologique et environnemental.). En parallèle, j’ai obtenu un second doctorat en sociologie politique et relations internationales, consacré à l’organisation sociopolitique, culturelle et juridique des populations mauritaniennes. Ces recherches croisent les sciences de la Terre et les sciences humaines, dans une approche pluridisciplinaire visant à relier environnement, société et culture. Je suis également titulaire de deux masters recherche, en environnement marin et en anthropologie, ainsi que de plusieurs diplômes complémentaires en développement durable et coopération internationale. Mon parcours universitaire a débuté à l’Université de Nouakchott, avant de se poursuivre en France, où j’ai développé mes projets de recherche et mes engagements associatifs.
Sur le plan associatif, je suis membre actif de l’association Fedde Hirnangue Bossoya en France, qui regroupe plusieurs villages autour de Kaédi et agit pour le développement local, la solidarité, la promotion de l’éducation et la préservation culturelle. Je participe également à d’autres initiatives sociales, culturelles et humanitaires en Europe et en Afrique, visant à renforcer les liens entre la diaspora mauritanienne et son pays d’origine. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de présider le Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora (CCDMD), une structure qui œuvre pour la valorisation et la promotion de la culture mauritanienne en France et en Europe. Le CCDMD encourage le dialogue, la solidarité et la coopération entre les Mauritaniens établis à l’étranger, tout en promouvant une image positive et unie de la Mauritanie à travers le monde.
● Question 2 : vous avez été l’une des figures militantes dans la diaspora contre les conditions de l’enrôlement biométrique entamé dans les années 2010, pourriez-vous revenir brièvement sur cette expérience et un mot sur la situation socio-politique actuelle de notre pays ?
OS : Je continue toujours à jouer mon rôle de membre actif de la diaspora mauritanienne. Pour répondre exactement à votre question, en effet j’ai été l’une des figures militantes de la diaspora mauritanienne dans les années 2010 contre les conditions de l’enrôlement biométrique mis en place à cette époque. À cette époque-là, les conditions exigées des mauritaniens résidants en France et en Europe me semblaient inappropriées. En effet, la commission en charge de l’enrôlement exigeait que le candidat citoyen soit en possession d’une carte de séjour délivrée par les autorités françaises. Or, nous estimons qu’un citoyen muni d’un passeport, d’une pièce d’identité ou même d’une copie intégrale valablement établie par les autorités mauritaniennes compétentes devrait pouvoir se faire recenser, d’autant plus que cette procédure se déroule à l’intérieur de l’ambassade de Mauritanie qui représente une portion du territoire mauritanien.
J’étais profondément affecté par le fait de devoir présenter ma carte de séjour pour obtenir mes papiers mauritaniens en entrant dans notre propre ambassade, alors que c’est cette même carte de séjour qui attestait que j’étais un étranger en France. Je me sentais donc étranger… deux fois… Le patriote que je suis est mal à l’aise avec ça…j’étais touché dans mon orgueil…
Cet orgueil m’a accompagné jusqu’à dire ce que cette carte ne devrait être pas une condition pour se recenser car animé par l’amour profond que je porte à mon pays, à ses richesses culturelles et humaines. Être Mauritanien est pour moi un engagement sincère envers ses valeurs et son avenir, une question d’honneur surtout quand on vit à l’extérieur. Cette fierté est restée ancrée en moi, malgré le temps, les épreuves et les obstacles …on garde espoir chevillé au corps, sinon à quoi bon ?
En ce qui concerne la situation sociopolitique du pays, la Mauritanie, pays charnière entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, traverse actuellement une période de transition marquée à la fois par des avancées notables et par des défis persistants. Le pays bénéficie d’une stabilité politique relative, soutenue par une majorité parlementaire solide et une continuité institutionnelle qui favorisent la mise en œuvre de certaines réformes. Sur le plan économique et social, des efforts sont entrepris, notamment dans le domaine de la protection sociale, avec l’appui de partenaires internationaux.
Tout d’abord, la Mauritanie bénéficie d’une croissance économique soutenue, estimée à environ 5 % en 2024, portée par les secteurs miniers, halieutique et gazier. Cette croissance s’accompagne de réformes sociales, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, visant à améliorer les conditions de vie des populations vulnérables. Cependant, ces progrès demeurent insuffisants face aux enjeux structurels qui freinent encore le développement national. La gouvernance reste perfectible, la participation citoyenne limitée et les inégalités socio-économiques importantes. L’économie, trop dépendante des ressources extractives, peine à se diversifier durablement, tandis que le chômage des jeunes et les disparités régionales continuent de peser sur la cohésion sociale. Par ailleurs, la question de la justice sociale nécessite un engagement plus ferme pour consolider l’État de droit et renforcer la confiance entre les institutions et la population. Sur le plan politique, le pays reste stable comparé à ses voisins du Sahel, et les institutions démocratiques continuent de fonctionner et des initiatives de dialogue ont été lancées pour renforcer la cohésion nationale. De plus, la modernisation de certains secteurs, comme le numérique, montre une volonté d’adaptation aux enjeux contemporains. Cependant, derrière ces progrès, la Mauritanie reste confrontée à quelques problèmes socio-politiques. Les inégalités sociales et économiques restent à améliorer. L’accès inégal aux services de base (santé, éducation, emploi) renforce un sentiment d’exclusion, notamment chez les jeunes et dans les zones rurales ou périphériques et il faut apporter des solutions structurelles à cela pour le bien-être de tous.
En somme, la Mauritanie se trouve à un carrefour : entre progrès réels et fragilités persistantes. Si la stabilité politique et les efforts économiques sont à saluer, il reste indispensable d’approfondir les réformes. Ce n’est qu’en plaçant l’humain, dans toute sa diversité, au cœur des politiques publiques que la Mauritanie pourra construire un avenir équitable, prospère et durable pour tous ses citoyens. Ainsi, si la Mauritanie avance sur la voie de la stabilité et des réformes, elle doit encore transformer cette stabilité en un développement inclusif, équitable et durable, fondé sur la transparence, la bonne gouvernance et la participation de tous les citoyens.
Question 3 : Vous avez apporté votre soutien au candidat Ghazouani lors des élections présidentielles de 2019 et 2024. Pourquoi ce choix ?
SO : Oui effectivement, j’ai été et je suis encore un soutien du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani durant les élections présidentielles de 2019 et 2024. Tout d’abord en 2019 je me suis moi-même rendu en Mauritanie, mon pays, pour soutenir le candidat Ghazouani. Pendant cette période électorale, j’ai intégré son équipe de campagne comme conseiller chargé de communication auprès du Directeur National de Campagne. Une mission que j’ai prise avec sérieux et honneur d’autant plus que j’ai pu rencontrer par la même occasion des hommes et des femmes d’état de valeurs investis-es pleinement pour la réussite du candidat et de son programme. En 2024, en France durant la campagne présidentielle j’ai intégré le Bureau Politique avec d’autres compatriotes.
Mon choix s’est basé sur plusieurs éléments.
D’abord, j’ai perçu chez lui une volonté sincère de stabilité, de continuité institutionnelle et d’ouverture au dialogue, dans un pays où la cohésion sociale reste un enjeu majeur. Son profil d’homme d’état ouvert, son expérience en matière de sécurité et sa posture apaisée ont également rassuré une partie importante de la population, y compris dans la diaspora. Ensuite, son programme de campagne mettait en avant des priorités qui rejoignent mes propres engagements, notamment la promotion de la justice sociale, le développement régional, la valorisation du patrimoine culturel et la prise en compte de la diversité nationale.
Enfin, mon engagement n’était pas un soutien aveugle, mais une volonté d’accompagner, en tant que citoyen engagé et membre de la diaspora, une dynamique de réforme que je jugeais nécessaire pour la Mauritanie. Mon rôle aussi minime qu’il soit est aussi d’être une force de proposition, dans une posture constructive, mais vigilante…
● Question 4 : En tant que mauritanien et fier de l’être comme vous dites, pourquoi le gouvernement ne vous a pas sollicité pour servir dans l’un de vos domaines d’expertise ?
OS : C’est une très bonne question que vous me posez là, je vous rappelle que je ne suis pas le seul cadre à ne pas être sollicité par les responsables du gouvernement, par contre je suis disponible pour servir pleinement mon pays…je vous invite à poser cette question au gouvernement qui détient la réponse.
● Question 5 : Notre sous-région a connu divers bouleversements géopolitiques ces dernières années, par exemple la création de la fédération des États de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger), quelles analyses et prospectives faites-vous autour de ces réalités en termes de démocratie, de sécurité et de développement multidimensionnel ?
OS : La création de la fédération des États de l’AES en 2023., réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, répond aux multiples défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels la sous-région sahélienne est confrontée. Pour les Etats de l’AES, cette initiative visait à mutualiser les efforts pour combattre l’insécurité grandissante liée aux groupes armés, tout en cherchant à stabiliser la gouvernance face aux crises politiques répétées. Toutefois, cette fédération soulève des interrogations sur l’état de la démocratie dans ces pays, marqués par des coups d’État et des fragilités institutionnelles. Cette posture, que l’on peut qualifier d’isolationniste, se justifie également par le fait que ces trois pays sont dirigés par des juntes militaires en rupture avec la vision libérale de la CEDEAO et des partenaires occidentaux présents dans la région. L’échec des opérations militaires anti djihadistes occidentales dans la zone, ainsi que la hausse de la violence et de l’insécurité qui en suivirent, renforcent le sentiment anti-occidental de ces trois pays et accentuent leur rapprochement avec la Russie, qui envoie des mercenaires afin de sécuriser la région. L’apparition de la Confédération des États du Sahel pourrait en conséquence bouleverser l’équilibre historique des influences dans la région en faveur des puissances émergentes. Alors que la Russie salue la création de l’AES en annonçant de coopérer économiquement et militairement avec elle, la CEDEAO craint pour sa part une « désintégration » induite par sa création. La crainte de désintégration émise par la Communauté économique repose sur son inquiétude de voir l’émergence d’une nouvelle division en son sein. En plus des divisions entre les pays anglophones et francophones, la CEDEAO est à risque de connaître un nouveau point de fracture entre les pays prorusses et anti-occidentaux et ceux tournés vers l’Occident. Cela pourrait en conséquence détourner certains États de la CEDEAO au profit de la CES. La CEDEAO est également affectée par une fragilisation de sa crédibilité sur la scène internationale, et ce, en raison de son incapacité à être parvenue à éviter cet éclatement interne. Elle était jusqu’alors la seule organisation sous-régionale reconnue internationalement comme étant en mesure d’intervenir rapidement et efficacement dans les enjeux de la région, et cette situation risque de mener à une perte de cette reconnaissance Selon certains, la création de cette organisation, de pair avec la récente expansion des BRICS le 1er janvier 2024, semble témoigner d’un déclin progressif de l’hégémonie occidentale dans le monde, au profit de l’affirmation des identités nationales et des particularités géographiques. Le succès de cette union dépendra largement de la capacité des États membres à renforcer la gouvernance démocratique et à assurer la participation des populations. Par ailleurs, sur le plan économique et social, la fédération offre une opportunité de développement intégré, grâce à la mise en commun des ressources et la promotion de projets communs. Néanmoins, pour transformer ce projet en moteur durable de progrès, il est essentiel d’adopter une approche transparente, inclusive et adaptée aux défis environnementaux et sociaux de la région. En résumé pour que la fédération des États de l’AES devienne un moteur durable de progrès, il faut garantir la transparence pour éviter la corruption, assurer l’inclusion de tous les groupes sociaux afin de préserver la paix et la cohésion, et prendre en compte les défis environnementaux et sociaux spécifiques à la région pour un développement réel et durable. Sans ces conditions, le projet risque d’échouer ou de ne pas répondre aux besoins des populations. Quel message voulez-vous envoyer à nos compatriotes
Un message d’espoir et de vérité en même temps : Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin de l’engagement, de la solidarité et de la détermination de chacun de ses enfants. Nous avons hérité d’une terre riche en sous-sol, en histoire, en culture et en potentiel humain, un héritage précieux que nous devons honorer, protéger et faire prospérer. Face aux défis, nous devons opposer l’unité. Face aux incertitudes, nous devons avancer avec espoir. Et face aux injustices, nous devons répondre par la justice, la vérité et le travail. Aller de l’avant, c’est refuser le fatalisme. C’est croire que chaque mauritanien, quelle que soit son origine, sa langue ou sa condition, a une place égale et un rôle à jouer dans la construction de notre avenir commun. Investissons dans l’éducation, soutenons nos jeunes, valorisons le travail de nos femmes et protégeons notre environnement. Refusons la division et semons les graines de la paix, de la transparence et du progrès durable. L’exclusion, quelle que soit sa forme sociale, économique, ethnique ou politique est un poison silencieux. Elle affaiblit notre cohésion, elle freine notre développement, elle trahit nos valeurs profondes de justice et d’égalité. Il est temps de la rejeter fermement, non par la division, mais par la main tendue, par le dialogue, par l’écoute et la reconnaissance mutuelle. La Mauritanie de demain se construit aujourd’hui ensemble, dans la dignité, la responsabilité et la confiance. L’avenir de notre nation repose sur notre capacité à marcher ensemble, unis dans notre diversité, solidaires dans nos différences. Nous venons de différentes communautés, de différentes langues, de différentes traditions, mais nous partageons une même terre, une même histoire, une même religion, bref un même destin. Construisons une Mauritanie où chaque citoyen compte. Une Mauritanie où l’on ne juge pas un homme par son origine, mais par son engagement, son travail, sa dignité. Une Mauritanie où les droits sont les mêmes pour tous, et où les rêves de chacun peuvent devenir réalité. Le progrès ne peut venir que par l’unité. L’unité ne peut naître que du respect. Et le respect commence par reconnaître l’autre comme un frère, une sœur, un égal. Comme disait l’autre « Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible. »
En Mauritanie, la corruption ne se limite pas aux hautes sphères de l’État ; elle s’est installée dans nos mentalités, dans nos rapports avec l’administration et la chose publique. Elle est devenue si banale qu’elle en paraît presque normale.
La corruption, ce n’est pas seulement ces millions, voire milliards d’ouguiyas détournés au sommet. C’est aussi le petit geste corrupteur, celui qui se répète, se banalise et finit par contaminer toute la société. Car s’il y a des corrompus, il y a aussi des corrupteurs. Chez nous, ne pas “arranger” un dossier en glissant quelques billets est parfois perçu comme une naïveté.
Nous sommes tous tentés, un jour ou l’autre, de corrompre : pour accélérer une procédure, contourner une règle ou dissimuler une faute. C’est une spirale terrible.
Lorsqu’un ministre, un wali ou un préfet est nommé, on se précipite pour lui offrir des présents- liasses d’argent, dromadaires, bœufs, parfois même de l’or- dans l’espoir de se “placer”. Ces gestes, loin d’être anodins, nourrissent une culture de favoritisme et de passe-droits.
Et pourtant, notre religion nous enseigne chaque jour que l’islam combat la corruption, l’injustice, le vol et l’enrichissement illicite. Le Coran nous rappelle que la richesse n’est pas une fin en soi : elle est une responsabilité, et son origine sera toujours questionnée.
Pour espérer éradiquer la corruption, il nous faut d’abord changer nos mentalités, notre rapport à nous-mêmes, à l’État et à la loi.
Le policier qui raquette dans un carrefour, l’infirmier qui fait payer plus qu’il ne faut, profitant de l’ignorance des populations, le journaliste qui pratique le chantage, le ministre ou le directeur d’une société publique qui monnaye sa signature : tous reflètent notre propre société.
Pire encore, nous avons fini par institutionnaliser la corruption en créant une catégorie qu’on appelle ironiquement les « Samsara » des intermédiaires sans foi ni loi, parfois analphabètes, mais signataires de contrats publics faramineux. Ces individus n’existeraient pas si la société ne les avait pas tolérés, valorisés, voire imités.
Aujourd’hui, la corruption en Mauritanie est endémique. Elle est partout : dans l’air que nous respirons, dans le poisson de nos assiettes, dans la viande du boucher et bientôt, si ce n’est déjà le cas, dans nos mosquées et nos mahadras.
Tant que nous ne changerons pas collectivement, aucune loi, aucun discours, aucune réforme ne pourra la déraciner.
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