●Mauritanie | HARATINES ET GROUPES SOCIAUX DISCRIMINÉS EN MAURITANIE ET « DALITS » EN INDE : BRÈVE ANALYSE COMPARÉE DE LEUR STATUT ET DES EXIGENCES DES POLITIQUES D’ÉMANCIPATION. Par M. Gourmo Abdoul Lô

HARATINES ET GROUPES SOCIAUX DISCRIMINÉS EN MAURITANIE ET « DALITS » EN INDE : BRÈVE ANALYSE COMPARÉE DE LEUR STATUT ET DES EXIGENCES DES POLITIQUES D’ÉMANCIPATION

Par Gourmo Abdoul Lô

La comparaison entre la situation des Haratines et, plus largement, des groupes sociaux historiquement discriminés en Mauritanie, d’une part, et celle des catégories autrefois désignées en Inde comme les « intouchables », aujourd’hui couramment regroupées sous l’appellation de « Dalits » et, juridiquement, enregistrées dans la catégorie des *Scheduled Castes* — c’est-à-dire les castes officiellement reconnues par l’État indien comme historiquement discriminées et bénéficiant de mesures de protection et de discrimination positive —, doit être conduite avec beaucoup de précautions.

Les histoires, les structures sociales, les cultures, les religions et les systèmes politiques des deux pays sont profondément différents. Il serait donc erroné d’assimiler les Haratines et autres catégories discriminées aux Dalits ou de transposer, sans esprit critique, le système indien à la Mauritanie. Il n’en existe pas moins certaines analogies qui pourraient nous instruire sur certains des mécanismes de reproduction des rapports sociaux hérités ainsi que sur les efforts déployés pour y faire face. Dans les deux cas, des hiérarchies sociales anciennes, fondées largement sur la naissance et l’ascendance, ont durablement assigné certaines catégories de population à des positions subalternes dont les effets persistent longtemps après la disparition du système socio-économique réel qui les a engendrées et l’interdiction juridique des institutions qui les avaient produites. Et ce, de manière transversale aux différentes communautés ethno-linguistiques existant dans les deux pays.

I. UNE DISCRIMINATION SOCIALE HÉRÉDITAIRE PLUTÔT QU’UNE DISTINCTION ETHNIQUE

Le premier enseignement de l’expérience indienne est d’ordre conceptuel. Les « Dalits » ne constituent pas une ethnie particulière, malgré la très forte identité de leur statut. Ils sont insérés historiquement dans une multitude de communautés au sein desquelles ils se regroupent et se distinguent en une multitude de castes, parlant des langues différentes suivant les communautés auxquelles ils appartiennent, dans des régions et des environnements culturels distincts. Ce qui les rapproche donc et les identifie, aussi bien en Inde qu’en Mauritanie, c’est moins une origine ethnique commune qu’une expérience historique de relégation sociale fondée sur la naissance. Cet élément est fondamental dans la conception du phénomène dans les deux pays.

En Mauritanie tout particulièrement : les catégories discriminées, au premier rang desquelles les esclaves et anciens esclaves et les autres personnes serviles ou d’origine servile et/ou discriminées, existent au sein des différentes communautés — arabe, pular, soninké et wolof — et ne partagent que leur statut d’infériorité et les souffrances qui en résultent. Les Haratines, par exemple, sont dispersés au sein des tribus maures auxquelles ils appartiennent, de la même façon que les *maccuɓe* chez les Halpular, les *nkono* chez les Soninkés et les *jaam* chez les Wolofs appartiennent aux ethnies considérées et dépendent le plus souvent des différentes castes dites « libres » qui y existent. Mais ces catégories sociales partagent, au sein de leurs sociétés respectives, de multiples discriminations et souffrances avec d’autres catégories infériorisées.

Bien évidemment, ces réalités sociales prennent des formes différentes selon les communautés et ne doivent pas être artificiellement confondues. La condition historique particulière des Haratines, directement liée à l’esclavage et à ses séquelles, possède une spécificité évidente. Mais elle s’inscrit dans une problématique plus générale : celle de la persistance, sous des formes nouvelles, de hiérarchies sociales héritées qui continuent, le plus souvent sinon toujours, d’influencer l’accès à la terre, à l’éducation, à l’emploi, aux ressources économiques, aux responsabilités politiques et au prestige social.

La leçon comparative essentielle ici est que l’abolition juridique d’une hiérarchie sociale est loin de suffire à en abolir les conséquences économiques, sociales et culturelles.

II. L’EXPÉRIENCE INDIENNE : DE L’ÉGALITÉ JURIDIQUE À LA RECHERCHE DE L’ÉGALITÉ RÉELLE

Parmi les priorités de l’Inde indépendante a précisément figuré le règlement de cette question des discriminations antiques que le colonialisme britannique a savamment entretenues pour maintenir le cadre des divisions sociales et nationales indispensables à sa domination. Le Mahatma Gandhi avait fait du combat contre ces discriminations traditionnelles une des conditions de la victoire de la lutte de libération nationale.

À l’indépendance, la Constitution indienne ne s’est pas limitée à proclamer l’égalité abstraite des citoyens. Elle a aboli l’« intouchabilité » et a défini les modalités de prise de mesures particulières au bénéfice des catégories historiquement défavorisées.

L’idée sous-jacente à cette approche indienne nouvelle est que traiter exactement de la même manière des personnes placées historiquement dans des situations profondément inégales a fatalement pour effet de perpétuer ces inégalités plutôt que de les corriger.

D’où l’édification progressive par l’Inde des politiques dites de « réservations », notamment dans certains secteurs clés comme l’enseignement, certains domaines économiques et commerciaux, certains emplois publics et même la représentation politique.

D’une manière générale, l’expérience indienne se caractérise par la densité des efforts déployés : statut constitutionnel protecteur, bourses scolaires et universitaires, internats, dispositifs de préparation aux concours, programmes de formation professionnelle, politiques de soutien à l’entrepreneuriat, mécanismes spécifiques d’accès au financement et investissements ciblés dans les régions où vivent les populations historiquement défavorisées, etc.

Autrement dit, la politique indienne de discrimination positive — l’une des premières de l’après-guerre — n’a pris sens que parce qu’elle s’est inscrite dans une politique beaucoup plus large d’émancipation sociale.

III. RECONNAÎTRE LES SÉQUELLES HISTORIQUES SANS ENFERMER LES CITOYENS DANS LEURS ORIGINES

Il apparaît ainsi de l’expérience indienne que la première exigence a été celle d’une reconnaissance nationale claire.

Comme l’ont fait les Indiens pour apaiser les cœurs et restreindre les conflits identitaires, voire les empêcher, la Mauritanie doit reconnaître que l’esclavage, les rapports de dépendance traditionnels, les discriminations liées à la caste et les autres mécanismes historiques d’infériorisation sociale ont produit des inégalités dont certaines conséquences demeurent encore perceptibles.

Une telle reconnaissance doit être constitutionnelle et explicite et ne sera dirigée contre aucune communauté ni ne conduira à l’établissement d’aucune culpabilité collective héréditaire. Il s’agira au contraire de déculpabiliser les générations présentes pour les pratiques du passé, et même de leur reconnaître l’insigne honneur d’avoir rompu avec les héritages néfastes et, ainsi, de renforcer les liens au sein des communautés et entre elles.

Il s’agira donc de reconnaître collectivement que certaines structures historiques ont créé des handicaps durables et que la République a la responsabilité d’aider à les surmonter. Cette approche permettra de déplacer le débat : d’une confrontation entre identités vers une politique nationale de justice et d’égalité.

IV. UNE POLITIQUE DE JUSTICE COMPENSATRICE

Pour avoir un sens et être utile, la reconnaissance officielle doit déboucher sur des politiques concrètes.

Notre pays, dans l’unité et la cohésion, devrait donc élaborer un véritable programme national de justice compensatrice, destiné prioritairement aux catégories dont les indicateurs objectifs révèlent une situation durable de marginalisation.

Une telle politique reposera sur des critères transparents : pauvreté, origine sociale historiquement discriminée, faiblesse de la scolarisation, sous-représentation dans les emplois publics ou les fonctions de responsabilité, difficultés d’accès à la propriété foncière ou au crédit, sans restreindre en aucune manière les efforts pour les autres catégories sociales traditionnelles (populations déshéritées, déclassées, masses rurales ou urbaines misérables, etc., toutes catégories sociales confondues).

Bien entendu, il conviendra surtout d’éviter que les mécanismes correcteurs ne deviennent eux-mêmes des systèmes rigides d’identification communautaire et des rentes de situation alimentant toutes formes d’opportunisme politique.

V. FAIRE DE L’ÉDUCATION LE PREMIER INSTRUMENT D’ÉMANCIPATION

L’éducation devrait constituer le premier levier.

Des mécanismes spécifiques pourraient être mis en place au bénéfice des enfants issus des milieux historiquement défavorisés : bourses renforcées, internats, écoles d’excellence, programmes de soutien scolaire, préparation aux concours, accès prioritaire aux filières scientifiques, techniques et professionnelles.

Il faudrait également intervenir très tôt dans la scolarité, car les inégalités se forment souvent avant même l’entrée à l’université. Une politique d’égalité réelle devrait ainsi commencer par l’accès à une école de qualité dans les zones rurales, les quartiers périphériques et les milieux où les taux d’abandon scolaire sont les plus élevés.

La réussite de telles politiques devrait être mesurée non seulement par les moyens mobilisés, mais par les résultats obtenus : taux de scolarisation, réussite au baccalauréat, accès aux études supérieures, insertion professionnelle et mobilité sociale.

VI. CORRIGER LES SOUS-REPRÉSENTATIONS DANS L’EMPLOI ET LES RESPONSABILITÉS PUBLIQUES

La question de la représentation dans l’administration, les entreprises publiques et les institutions de l’État mérite également d’être posée.

Lorsque des catégories importantes de la population apparaissent durablement sous-représentées dans certains secteurs, des mécanismes correcteurs temporaires peuvent être justifiés. Ils devront prendre la forme d’objectifs chiffrés, de dispositifs particuliers de préparation aux concours, de mesures préférentielles lorsque les qualifications sont équivalentes, etc.

Ces mesures doivent toutefois répondre à plusieurs conditions : transparence, durée limitée, contrôle juridictionnel, évaluation régulière et possibilité de révision. La discrimination positive ne doit pas devenir une nouvelle forme de distribution arbitraire des fonctions publiques. Elle doit rester un instrument exceptionnel destiné à restaurer l’égalité des chances.

VII. LA REPRÉSENTATION POLITIQUE

L’expérience indienne conduit également à s’interroger sur la représentation politique.

Lorsqu’une catégorie importante de citoyens reste durablement sous-représentée dans les institutions électives, il peut être légitime de réfléchir à des mécanismes correcteurs. En Mauritanie, nous en avons fait l’expérience avec le statut spécifique des femmes en matière de représentation électorale.

Cependant, le recours systématique à des sièges réservés pour les catégories historiquement discriminées serait contre-productif et présenterait, en Mauritanie, des risques inévitables de fragmentation politique.

Des solutions plus souples pourraient être envisagées : obligations de diversité dans la composition des listes électorales, incitations financières aux partis respectant certains objectifs de représentation, règles relatives à la composition des institutions consultatives, ou mécanismes permettant de corriger les sous-représentations manifestes.

L’objectif doit rester l’intégration dans une citoyenneté commune et non la constitution de représentations politiques séparées.

VIII. L’AUTONOMIE ÉCONOMIQUE : TERRE, CAPITAL ET PROPRIÉTÉ PRODUCTIVE

L’une des leçons essentielles de toute politique d’émancipation réside dans la question économique.

La liberté juridique demeure incomplète lorsque celui qui en bénéficie reste dépourvu de terre, de capital, de formation et de moyens d’accéder aux activités productives.

En Mauritanie, la politique d’émancipation doit donc accorder une importance centrale à l’accès au foncier, particulièrement dans les zones rurales. Elle devrait également développer des mécanismes de crédit préférentiel, des fonds de garantie, des programmes de formation professionnelle et entrepreneuriale et des dispositifs d’aide à la création d’entreprises au bénéfice des populations historiquement défavorisées.

La transformation sociale passe en effet moins par l’assistance permanente que par la constitution progressive d’une capacité économique autonome. L’émancipation véritable suppose que les descendants des catégories historiquement dépendantes puissent devenir propriétaires, entrepreneurs, cadres, agriculteurs modernes, professionnels qualifiés et acteurs économiques à part entière.

IX. TRANSFORMER LES REPRÉSENTATIONS SOCIALES

Les politiques publiques ne peuvent cependant agir uniquement sur les revenus et les institutions.

Les hiérarchies héritées de la naissance se reproduisent aussi à travers les mentalités, les pratiques matrimoniales, les comportements sociaux, les préjugés et certaines représentations culturelles.

Une politique nationale d’émancipation devrait donc inclure une dimension éducative et culturelle. L’école doit enseigner l’égale dignité de tous les citoyens et contribuer à déconstruire les préjugés liés à l’ascendance, à la caste, au métier ou au statut social traditionnel.

Les médias publics, les responsables religieux, les intellectuels et les organisations de la société civile ont également un rôle majeur à jouer. Il ne suffit pas que la loi interdise la discrimination : il faut progressivement rendre socialement inacceptable toute conception de la dignité humaine fondée sur la naissance.

X. ÉVITER LE DOUBLE PIÈGE DU DÉNI ET DE L’ETHNICISATION

La comparaison avec l’expérience indienne permet enfin de mieux identifier deux écueils.

Le premier est le déni : affirmer que, puisque l’esclavage est aboli et que tous les citoyens sont constitutionnellement égaux, aucune politique spécifique ne serait nécessaire. Cette position confond l’égalité juridique et l’égalité réelle.

Le second écueil est l’ethnicisation : transformer une question principalement historique, sociale et économique en question ethnique artificielle, transfigurant la réalité ethnologique du pays, pouvant déboucher sur des dérives conflictuelles de type rwandais.

La politique d’émancipation doit précisément poursuivre le but de faire progressivement perdre à l’origine sociale sa capacité de déterminer la trajectoire d’un individu, rendant réellement sans objet jusques et y compris les dénominations courantes actuelles.

XI. DES POLITIQUES TRANSITOIRES AYANT VOCATION À DISPARAÎTRE

Il convient de noter que, par définition, les politiques de discrimination positive ne peuvent en aucun cas être conçues comme des « privilèges » permanents accordés à certains groupes. Elles sont et ne peuvent être que des politiques transitoires de rétablissement de l’égalité et dont la vocation est de disparaître. Une justice compensatrice, en somme.

CONCLUSION

L’expérience indienne ne fournit certes pas à la Mauritanie un modèle à copier, mais des leçons politiques et juridiques importantes à méditer.

Une société peut reconnaître l’existence de discriminations héritées de son histoire sans renoncer à l’unité nationale. Elle peut mettre en œuvre des politiques correctrices sans transformer les groupes sociaux en communautés socio-politiques séparées. Elle peut enfin poursuivre simultanément l’égalité des citoyens et la réparation des inégalités produites par l’histoire.

La question haratine, spécialement, conserve, dans ce cadre, une importance particulière en raison de son lien direct avec l’histoire de l’esclavage et de la dépendance servile. Mais elle doit être replacée dans une problématique nationale plus large, englobant l’ensemble des catégories sociales historiquement discriminées au sein des différentes composantes de la société mauritanienne.

La perspective devrait donc être celle d’un véritable pacte national d’émancipation sociale : reconnaître les injustices héritées, corriger leurs conséquences présentes, ouvrir réellement l’accès à l’éducation, au foncier, à l’économie, aux responsabilités et à la représentation, tout en refusant de transformer les identités sociales héritées en frontières ethniques.

L’objectif ultime n’est ni de substituer une hiérarchie à une autre, ni de répartir durablement la République entre communautés. Il est de créer les conditions dans lesquelles la naissance, l’ascendance servile, la caste ou l’origine sociale cessent définitivement de déterminer la place d’un citoyen dans la société et dans l’État.

Gourmo Abdoul Lô, 31 août 2026

● Mauritanie – Droits humains | Message de M. Biram Dah Abeid aux citoyens mauritaniens

Trois militants d’IRA (Abdallahi Abou Diop, Elhaj Elid, Bounnass Hmeida) ont été condamnés hier, le 13 août 2026, à quatre ans de prison ferme, dans une affaire qui trouve son origine dans le signalement d’une situation présumée d’esclavage, un soupçon que sont venus renforcer les tergiversations du tribunal, l’attitude du wali(gouverneur) du Hodh El Gharbi, de l’Agence Taazour et celle de la présidence de la République dans leur manière pour le moins étrange de traiter la victime et sa mère. Cette condamnation lourde et gratuite, est faite à la base de l’article 24 de la loi sur le cybercriminalité qui réprime la prise de photos et leurs publications à l’insu des personnes et dans le but de nuisance ; les responsables d’IRA avaient interviewé en vidéo la victime Nouha en documentant son calvaire d’enfant esclave et en remettant le document au parquet au moment de déposer la plainte qui réclamait justice pour la victime.

Je le dis clairement : je suis aux côtés de ces militants et de leurs familles, et je tiens le pouvoir pour responsable de cette injustice grave et retentissante. Je salue nos camarades héroïques, les résistants El Hadj El Eid, Abdallah Abou Diop et Boulnass Ahmeida, pour leur résistance qui déstabilise les ennemis de la liberté et des droits.

Mais cette affaire dépasse largement ces trois militants, aussi déterminés et dignes soient-ils. Notre pays affirme avoir aboli l’esclavage. Notre pays affirme le combattre. Alors comment celui qui dénonce l’esclavage devient-il celui qu’on enferme ? Comment celui qui révèle une situation d’asservissement devient-il un accusé, alors que les victimes de l’esclavage restent, sans protection et que ceux qui en sont responsables échappent à toute sanction ?

Un État qui combat réellement l’esclavage doit protéger celui qui le dénonce. Mais lorsque celui qui le dénonce devient lui-même la cible, et subit l’acharnement de l’Etat, ce n’est plus une lutte contre l’esclavage. C’est une lutte contre ceux qui le révèlent, qui le combattent. C’est une persécution de l’ensemble des victimes et de tous ceux que touchent les pratiques et les violations liées à l’esclavage et ceux en ont hérité des séquelles indélébiles et encore douloureuses.

Regardez la rapidité de ce procès. Regardez la sévérité des peines prononcées et leur gratuité. Et regardez, en face, les dossiers de corruption, de mauvaise gestion et de pillage de l’argent public et de sa dilapidation.

Les rapports de la Cour des comptes sont remplis de faits, de chiffres et de noms. Ils décrivent des pratiques qui ont contribué à ruiner le pays et à transformer le peuple en populations misérables et démunies, sans emploi, sans routes, sans eau, sans électricité, sans écoles, sans soins, sans justice, sans administration.

Et pourtant, combien de ces dossiers sont arrivés à leur terme ? Combien de ceux dont les noms figurent dans ces rapports ont été jugés avec la même célérité que ces militants magnifiques, pacifiques et inoffensifs?

Souvenez-vous de Mohamed Ould Ghadda, cet homme qui a affronté la corruption et dénoncé de graves irrégularités et des malversations dans des marchés publics. Quel a été son sort ? Les poursuites. La prison. La condamnation. Rien d’autre.

Nous ne parlons donc pas aujourd’hui d’un incident isolé. Il y a un schéma qui se répète.

Celui qui dénonce l’esclavage est poursuivi.

Celui qui dénonce la corruption est poursuivi.

Celui qui dénonce le pillage de l’argent public est poursuivi.

Et celui qui élève la voix contre l’injustice se retrouve face au pouvoir, face aux juges..,

Où est cette même rapidité lorsqu’il s’agit de ceux qu’on accuse d’avoir volé et dilapidé l’argent public ? Où est la même rigueur ? Où est la même reddition de comptes ?

Dans le même temps, nous assistons à la libération de plusieurs personnes poursuivies dans des affaires liées au trafic de drogue, au blanchiment d’argent, à l’inondation du marché par des médicaments falsifiés et à l’importation de cargaisons de comprimés hallucinogènes.

C’est le deux poids, deux mesures : quatre ans de prison ferme pour celui qui dénonce l’esclavage, et de la clémence, des libérations, dans des dossiers qui détruisent le peuple, la nation et la société.
Voilà l’image que voit le citoyen mauritanien.

Rappelons-nous l’histoire. En 2016, sous Ould Abdel Aziz, treize militants d’IRA avaient été condamnés à de lourdes peines, allant jusqu’à quinze ans de prison. Parmi eux se trouvait le héros condamné hier, Abdallah Abou Diop.

On les avait éloignés de Nouakchott. On les avait jetés dans des prisons lointaines. On voulait les isoler. On voulait les briser. On croyait que la répression mettrait fin à IRA.

Mais qu’est-il arrivé ? Ould Abdel Aziz croupit aujourd’hui en prison, tandis qu’IRA n’a jamais cessé d’être debout. Elle est toujours debout et elle le restera. Elle existe toujours. Elle continue de lutter. Elle continue de s’étendre.

Et aujourd’hui, dix ans plus tard, nous voyons le pouvoir revenir à la même méthode.

C’est pourquoi je m’adresse à Mohamed Ould Ghazouani : vous avez dit que vous veniez avec une méthode différente. Alors, qu’est-ce qui change lorsqu’il s’agit d’IRA ? Quelle est la différence entre ce que vous faites aujourd’hui et ce que faisait Ould Abdel Aziz hier ?

La mentalité a-t-elle changé ? La méthode a-t-elle changé ? Ou seuls les visages ont-ils changé ?

Ce durcissement, ces poursuites à répétition, ces lourdes condamnations, cette volonté de faire taire les voix qui dérangent le pouvoir, est-ce le signe d’un régime fort et sûr de lui ? Ou le signe d’un régime qui commence à sentir que son cycle touche à sa fin ?

L’histoire récente tranchera. Les Mauritaniens jugeront.

Quant à moi, je veux dire une chose très clairement : je ne défends pas ces militants simplement parce qu’ils appartiennent à IRA. Je les défends parce que je défends le droit de chaque Mauritanien à parler. Le droit de celui qui dénonce l’esclavage à parler. Le droit de celui qui dénonce la corruption à parler. Le droit de celui qui révèle le pillage de l’argent public à parler. Le droit de chaque citoyen à réclamer son dû sans devenir lui-même un accusé.

Un pays où celui qui dénonce l’injustice a davantage peur que celui qui la commet est un pays où la balance de la justice est profondément déséquilibrée.

C’est pourquoi cette affaire ne concerne pas seulement trois militants. Elle ne concerne pas seulement IRA. Elle concerne, je crois, une nation tout entière. Un peuple tout entier.

Toute la question est là : le Mauritanien peut-il dire la vérité sans avoir peur ? Peut-il réclamer la justice sans en payer le prix de sa liberté ? Peut-il dénoncer l’injustice sans devenir lui-même victime de l’injustice ?

La réponse à ces questions est au cœur de la bataille. Et de cette bataille, nous ne reculerons pas.

Je ne terminerai pas sans saluer les foules de militants d’IRA qui ont afflué hier vers le tribunal de Nouakchott-Nord et qui ont résisté face à la machine de torture, de répression et aux violences extrêmes utilisées par le régime jusqu’à la fin du procès.

Je salue les trois militants( les deux lanceuses d’alerte Vatma Lalla et Rachida Saleck, le militant Mohamed Vadel Aleyat) qui ont résisté pendant des mois dans une prison injuste et qui en sont sortis victorieux.

Je salue les trois qui sont toujours en prison et qui occupent le véritable lieu de la résistance.

Je salue la patience et la résistance de leurs femmes et de leurs enfants.

Je leur promets la victoire et l’émancipation, car telle est la promesse de Dieu aux opprimés et aux asservis sur cette terre, à ceux qu’Il établira comme ses héritiers sur terre.

Le 14 Août 2026

Biram Dah Abeid

● La protection des ressources naturelles commence par une gouvernance juste. Par M. Ibrahima Deh

Je salue l’initiative du Gouvernement mauritanien, en particulier du ministère des Affaires islamiques et de l’Enseignement originel ainsi que des institutions concernées par la gestion des ressources naturelles, d’avoir consacré le prêche du vendredi 7 août 2026 à la rationalisation de la consommation des ressources naturelles et à leur préservation à la lumière des enseignements de l’islam.

Cette démarche est à la fois pertinente et symboliquement forte. Dans un pays où l’islam constitue un socle commun de valeurs, mobiliser les références coraniques et la tradition prophétique pour sensibiliser les citoyens à la protection de l’environnement peut contribuer à renforcer la conscience collective et le sens de la responsabilité envers les biens communs. J’espère que ce message rappellera aux fidèles que les ressources naturelles sont un dépôt (amānah) confié à l’humanité et que leur préservation est une responsabilité religieuse, morale et citoyenne.

Cependant, à mon humble avis, cette réflexion ne devrait pas se limiter à la seule protection ou à la rationalisation de la consommation des ressources naturelles. Elle devrait également s’interroger sur la manière dont ces ressources sont produites, gouvernées, redistribuées et mises au service du développement humain.

La Mauritanie dispose d’un potentiel naturel exceptionnel : minerai de fer, or, cuivre, gaz, ressources halieutiques parmi les plus riches au monde, terres arables, potentiel solaire et éolien, ressources en eau et ressources forestières. Pourtant, malgré cette abondance, une grande partie de la population continue de faire face à la pauvreté, au chômage, aux difficultés d’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux infrastructures et aux services sociaux de base.

Cette réalité pose une question fondamentale : comment expliquer le paradoxe d’un pays riche en ressources naturelles où persistent encore de fortes vulnérabilités socio-économiques, alors que la population dépasse à peine cinq millions d’habitants ?

La réponse ne réside pas uniquement dans la nécessité de mieux protéger les ressources naturelles. Elle implique aussi une réflexion approfondie sur leur gouvernance. Les enjeux concernent notamment les mécanismes de production et de captation de la rente, les modalités de redistribution des richesses, les rapports de pouvoir, les inégalités territoriales et sociales, les phénomènes de corruption, les logiques clientélistes, les solidarités tribales, les conflits sociaux et environnementaux ainsi que la participation effective des communautés aux décisions qui concernent leurs territoires.

La Mauritanie ne manque pourtant ni de lois, ni d’institutions, ni d’engagements internationaux en matière de bonne gouvernance des ressources naturelles. Le pays participe notamment à des initiatives internationales de transparence dans les industries extractives. Le véritable défi réside davantage dans la mise en œuvre effective de ces principes et dans leur appropriation par l’ensemble des acteurs.

Dans cette perspective, la prêche du vendredi pourrait également rappeler que l’islam accorde une place centrale à la justice (al-‘adl), à la transparence (al-amānah), à la consultation (ash-shūrā), à la responsabilité (al-mas’ūliyyah) et à la lutte contre toute forme d’injustice et de corruption. Ces valeurs constituent également les fondements d’une gouvernance collaborative, légitime et durable des ressources naturelles.

Lorsque les populations perçoivent que les ressources naturelles sont gérées de manière transparente, que leurs bénéfices sont équitablement répartis et qu’elles participent aux décisions qui les concernent, la protection de ces ressources devient un intérêt partagé par tous. Les citoyens ne protègent plus seulement une richesse nationale ; ils protègent également une source de développement, de bien-être et d’espoir pour les générations présentes et futures.

La préservation des ressources naturelles ne peut donc être dissociée de la justice dans leur gouvernance. L’une ne saurait produire des résultats durables sans l’autre.

En fin, cette initiative du Gouvernement constitue une excellente opportunité pour ouvrir un débat national plus large sur la gouvernance des ressources naturelles. Une gouvernance fondée sur la transparence, la participation citoyenne, la justice distributive, la responsabilité des institutions et l’équité permettrait de transformer l’abondance des ressources naturelles en un véritable levier de développement durable, plutôt qu’en une source de frustrations ou de ce que la littérature qualifie de « malédiction des ressources ».

Par Ibrahima Deh
Doctorant en sciences de l’environnement – Université du Québec à Montréal (UQAM), associé au groupe Cheurcheur.e.s en Responsabilité Sociale et Developpement Durable (CRSDD)

● Réflexion – Contribution | « Une société ne construit pas nécessairement la paix en supprimant les différences, mais en apprenant à organiser les différences. » Tentative de réflexion par le Dr. Ousmane Sao


Introduction

I. Les différences sociales peuvent fragiliser la cohésion d’une société

II. La diversité sociale peut être une richesse lorsqu’elle est intégrée

III. Organiser les différences : le rôle des institutions et des normes sociales
Pour ne pas conclure

● Introduction

Toute société humaine est caractérisée par la diversité. Les individus qui la composent ne partagent pas tous les mêmes origines, les mêmes pratiques culturelles, les mêmes valeurs ou les mêmes conditions sociales. Cette pluralité constitue une réalité permanente de la vie collective. Cependant, les différences sociales peuvent aussi être à l’origine de tensions, de divisions et de conflits lorsque certains groupes se sentent exclus, dominés ou incompris.Face à cette situation, une question essentielle se pose : faut-il rechercher la paix sociale en supprimant les différences afin de créer une société homogène, ou faut-il plutôt apprendre à organiser cette diversité pour permettre une coexistence harmonieuse ? L’expérience des sociétés modernes montre que la disparition des différences est non seulement impossible, mais qu’elle peut également conduire à l’exclusion et à la négation des identités individuelles et collectives. La véritable question n’est donc pas de savoir comment supprimer les différences, mais comment les intégrer dans un cadre social commun.D’un point de vue sociologique, la paix sociale dépend de la capacité d’une société à produire de la cohésion, à réguler les rapports entre les groupes et à construire des mécanismes permettant la coexistence des diverses composantes sociales.Nous montrerons d’abord que les différences sociales peuvent fragiliser la cohésion collective lorsqu’elles produisent des inégalités ou des oppositions entre groupes. Nous verrons ensuite que la diversité peut constituer une richesse sociale lorsqu’elle est reconnue et intégrée. Enfin, nous analyserons les moyens par lesquels une société peut organiser les différences afin de construire une paix durable.

● I. Les différences sociales peuvent fragiliser la cohésion d’une société.

Dans toute société, les individus appartiennent à différents groupes sociaux. Ils peuvent se distinguer par leur origine, leur niveau économique, leur profession, leur culture ou leur mode de vie. Ces différences ne sont pas nécessairement négatives, mais elles peuvent devenir problématiques lorsqu’elles créent des rapports d’inégalité ou d’exclusion.Les inégalités sociales constituent l’une des principales sources de tensions. Lorsqu’une partie de la population a un accès limité à l’éducation, à l’emploi, au logement ou aux services publics, elle peut développer un sentiment d’injustice et de marginalisation. La différence entre les groupes sociaux ne devient alors plus seulement une diversité, mais une hiérarchie qui menace l’équilibre collectif.Les phénomènes de discrimination renforcent également les divisions sociales. Lorsqu’un individu est défavorisé en raison de son origine, de sa culture ou de son appartenance sociale, il peut ressentir un rejet de la société dans laquelle il vit. Ces mécanismes affaiblissent le sentiment d’appartenance commune et peuvent alimenter les conflits.De plus, les différences culturelles ou identitaires peuvent provoquer des tensions lorsque les groupes refusent de reconnaître la légitimité des autres. Le manque de dialogue, les préjugés et les stéréotypes peuvent créer une opposition entre « nous » et « eux », favorisant ainsi la méfiance et la division.Ainsi, les différences peuvent représenter un défi pour la paix sociale lorsqu’elles sont associées à des inégalités, à l’exclusion ou à l’absence de reconnaissance.

● II. La diversité sociale peut être une richesse lorsqu’elle est intégrée.

Cependant, considérer les différences uniquement comme une source de conflits serait une vision limitée. La diversité constitue également une ressource importante pour les sociétés. Les échanges entre individus et groupes différents favorisent l’enrichissement culturel, l’innovation et la créativité collective.Une société totalement uniforme est difficilement réalisable. Les individus ont toujours des expériences, des opinions et des parcours différents. La stabilité sociale ne dépend donc pas de la disparition de ces différences, mais de la capacité à créer un espace commun dans lequel elles peuvent s’exprimer.L’intégration sociale joue ici un rôle essentiel. Elle ne signifie pas que les individus doivent abandonner leurs particularités, mais qu’ils doivent pouvoir participer pleinement à la vie collective tout en conservant certains éléments de leur identité. Une société intégrée est une société où les différences existent, mais où elles ne constituent pas un obstacle à l’égalité des droits et à la participation sociale.La diversité peut également renforcer la solidarité. Lorsque les individus apprennent à coopérer avec des personnes différentes d’eux, ils développent des compétences sociales telles que le respect, l’écoute et la capacité à négocier. La rencontre avec l’autre devient alors un facteur de développement collectif.Ainsi, la paix sociale ne repose pas sur l’uniformité, mais sur la capacité d’une société à transformer la diversité en une force collective.

● III. Organiser les différences : le rôle des institutions et des normes sociales.

Pour qu’une société puisse vivre en paix malgré ses différences, elle doit mettre en place des mécanismes d’organisation et de régulation. Les institutions sociales jouent un rôle essentiel dans ce processus.L’État et les institutions publiques ont pour fonction de garantir un cadre commun fondé sur l’égalité des droits. Les lois permettent de limiter les discriminations et d’assurer que les différences individuelles ou collectives ne deviennent pas des sources d’injustice. Une société pacifique est donc une société où tous les membres se sentent protégés et reconnus.L’école constitue également une institution fondamentale dans l’organisation des différences. Elle transmet des valeurs communes, favorise la socialisation des jeunes et apprend le respect des règles collectives. Elle permet aux individus issus de milieux différents de partager des références communes et de construire une identité citoyenne.Les médias, les associations et les espaces de dialogue jouent aussi un rôle important. Ils peuvent contribuer soit à renforcer les divisions sociales, soit à favoriser la compréhension entre les groupes. La manière dont une société parle de ses différences influence fortement la façon dont celles-ci sont perçues.Enfin, l’organisation des différences nécessite une culture du dialogue. Dans une société pluraliste, les désaccords sont inévitables. L’objectif n’est pas de supprimer les conflits, mais de développer des moyens pacifiques pour les gérer. La négociation, la participation citoyenne et la recherche de compromis permettent de maintenir la cohésion sociale.Ainsi, organiser les différences signifie construire des règles communes permettant à des individus différents de participer à un même projet collectif.

Pour ne pas conclure

En définitive, une société ne construit pas la paix en cherchant à supprimer les différences, car cellesci sont une réalité fondamentale de la vie sociale. Les différences deviennent dangereuses lorsqu’elles produisent des inégalités, des exclusions ou des oppositions entre groupes. En revanche, lorsqu’elles sont reconnues et encadrées par des institutions justes, elles peuvent devenir une richesse collective.La véritable cohésion sociale ne repose donc pas sur l’uniformité des individus, mais sur leur capacité à vivre ensemble malgré leurs différences. Le rôle d’une société moderne est ainsi de créer les conditions permettant à chaque groupe et à chaque individu de trouver sa place dans un cadre commun. Organiser les différences revient donc à construire un équilibre entre diversité et unité, entre liberté individuelle et solidarité collective. C’est dans cet équilibre que se trouve le fondement d’une paix sociale durable.

Quelques précisions :

Émile Durkheim (1858-1917) : De la division du travail social (1893) : étude des formes de solidarité qui unissent les membres d’une société.Émile Durkheim (1858-1917) : Les Règles de la méthode sociologique (1895) : définition de la sociologie comme science étudiant les faits sociaux.Émile Durkheim (1858-1917) : Le Suicide (1897) : analyse sociologique de l’influence de la société sur les comportements individuels.Max Weber (1864-1920) : Économie et société (1921-1922) : analyse des formes d’organisation sociale, du pouvoir et de l’autorité.Pierre Bourdieu (1930-2002): La Distinction (1979) : étude des différences de pratiques culturelles selon les positions sociales.

● Mauritanie : Afrikajom Center alerte sur la situation préoccupante de l’État de droit et appelle au respect des institutions républicaines

AfrikajomCenter exprime sa profonde préoccupation face aux développements récents de la situation politique et judiciaire en République islamique de Mauritanie, qui traduisent une dégradation inquiétante du respect de l’État de droit, des libertés fondamentales et du fonctionnement régulier des institutions républicaines.

©️ Lien médias https://www.afrikajomcenter.org/publications/mauritanie-afrikajom-center-alerte-sur-la-situation-pr%C3%A9occupante-de-l%E2%80%99%C3%A9tat-de-droit-et-appelle-au-respect-des-institutions-r%C3%A9publicaines/?fbclid=Iwb21leATPYitjbGNrBM9huGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHp-LurEXt_S-dcJdBrM6XEt8k1g_WbyskVkRci-4hfrZM1qttfxA3y06ssH7_aem_jDe35kx4qSZdCmEI-OGA5g

● La diaspora mauritanienne a honoré ses bâtisseurs dans une cérémonie historique | 20 juin 2026 à la bourse de Travail de paris

20 juin 2026 : La diaspora mauritanienne honore ses bâtisseurs

Le 20 juin 2026 restera une date forte dans la mémoire de la diaspora mauritanienne en France. Ce jour-là, sous l’impulsion du Cadre de concertation et de dialogue des Mauritaniens de la diaspora (CCDMD), présidé par le Docteur Sao Ousmane, une grande Journée d’honneur et de reconnaissance a réuni un public nombreux venu célébrer des figures majeures ayant marqué l’histoire intellectuelle, culturelle, scientifique, associative et médiatique de la Mauritanie.
Dans son discours d’ouverture, le Docteur Sao Ousmane a donné le ton de la journée. Avec gravité et conviction, il a rappelé que « les peuples qui avancent sont ceux qui savent honorer leurs bâtisseurs ». Il a insisté sur le devoir de mémoire, la responsabilité de reconnaissance et l’urgence de transmettre les valeurs portées par ces figures d’exception. Son intervention a été accueillie par une profonde adhésion de l’assistance, consciente de la portée symbolique de cette initiative. Il a également souligné la nécessité de préserver la mémoire collective et de transmettre aux jeunes générations les valeurs d’engagement, de savoir et de solidarité.
Parmi les personnalités présentes figurait M. Issa Diawara, député des Mauritaniens de l’extérieur, qui a pris la parole pour saluer l’initiative du CCDMD et souligner l’importance de préserver la mémoire des grandes figures de la diaspora.
La cérémonie a également connu une forte présence des forces vives de la diaspora, avec la participation des représentants de plusieurs organisations associatives, notamment ACTUME, la DHDS France, la Fédération Hirnagué Boosoya France et Union des ressortissants de Mbagne en France, ainsi que de nombreuses autres structures engagées dans la solidarité, la culture et le développement.
Dans une salle comble, empreinte d’émotion et de respect, élus, universitaires, intellectuels, responsables associatifs, artistes et membres de la société civile ont répondu présents à cet appel à la mémoire collective. Tous se sont retrouvés autour d’un même objectif : reconnaître les parcours d’exception et transmettre aux générations futures l’héritage de celles et ceux qui ont consacré leur vie au savoir, à l’engagement et au service de la communauté.

La cérémonie a ensuite laissé place à une série d’hommages solennels rendus à des personnalités dont les contributions ont profondément marqué la Mauritanie contemporaine. Parmi elles figuraient notamment Ndiaye Ciré Kane de Tekane, le Professeur Abdel Wedoud Ould Cheikh, le regretté Professeur Ousmane Moussa Diagana (Dembo), le Professeur Yerim Fassa, Mr. Ousmane Dia, Mr. Hamady Mbodj, le regretté Cheikh Oumar Ba et Med Hondo.

À travers des témoignages riches, précis et souvent chargés d’émotion, intervenants et proches ont retracé les trajectoires de ces hommes d’exception. Tous ont été décrits comme des bâtisseurs de savoir, des passeurs de culture et des acteurs essentiels du rayonnement mauritanien. Leurs œuvres, leurs combats et leurs engagements ont été rappelés avec force, soulignant leur rôle dans la construction intellectuelle, sociale et culturelle du pays.
Chaque hommage a révélé une constante : des vies entièrement consacrées à l’excellence, à la transmission et au service des autres. Qu’il s’agisse du monde universitaire, artistique, associatif ou médiatique, tous ont laissé une empreinte durable et une influence qui dépasse largement leurs domaines respectifs.
L’émotion a atteint son paroxysme lors des hommages rendus aux figures disparues, dont la mémoire continue d’habiter les consciences et d’inspirer les générations actuelles. Dans un silence respectueux, ponctué d’applaudissements nourris, l’assistance a mesuré la portée de leur héritage et la responsabilité collective de le préserver.
Au-delà de la cérémonie, cette journée a pris la dimension d’un véritable moment fondateur pour la diaspora. Elle a incarné une volonté claire : construire une passerelle entre les générations, entre mémoire et avenir, entre reconnaissance et transmission.
Le CCDMD, à travers cette initiative, a voulu rappeler que la valorisation des parcours exemplaires n’est pas un simple hommage symbolique, mais un acte scientifique, culturel et social essentiel. En mettant en lumière ces figures, il a offert à la jeunesse des repères solides et des modèles d’engagement fondés sur le mérite, la rigueur et la persévérance.
Dans une atmosphère fraternelle et profondément humaine, les échanges ont renforcé les liens entre les participants et mis en évidence la richesse du tissu associatif mauritanien en France. Cette mobilisation collective a donné à l’événement une dimension rare : celle d’une communauté rassemblée autour de son histoire et de ses valeurs fondamentales.
La cérémonie s’est achevée par la remise solennelle de diplômes aux personnalités honorées, marquant l’aboutissement de cette journée placée sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la transmission. Dans une ambiance chargée d’émotion, l’assistance a salué ces distinctions symboliques rendues à des parcours d’exception.
Le 20 juin 2026 s’impose ainsi comme une journée de mémoire vive, de reconnaissance assumée et de transmission engagée. Une journée où la diaspora mauritanienne n’a pas seulement honoré ses figures illustres : elle a affirmé son identité, consolidé son unité et rappelé que l’avenir se construit toujours sur la mémoire de ceux qui ont ouvert la voie.

©️ Équipe CCDMD

● Reims : la Fondation de l’Armée du Salut célèbre le Donut Day entre solidarité, engagement et ouverture au public. [OndeInfo]

Ce vendredi 6 juin 2026, à l’occasion du Donut Day, la Fondation de l’Armée du Salut de Reims a ouvert grand ses portes au public au sein de son établissement situé au 42 rue de Taissy. Héritée d’une tradition née durant la Première Guerre mondiale, cette journée emblématique a une nouvelle fois conjugué gourmandise et solidarité.

Si les célèbres donuts étaient bien au rendez-vous, l’événement avait surtout pour vocation de faire découvrir les multiples missions menées quotidiennement par les professionnels de l’institution auprès des personnes en situation de précarité, d’exclusion ou de vulnérabilité.

Pour cette édition 2026, l’ensemble des pôles de la structure – insertion, logement, asile et intégration, ainsi qu’urgence – s’étaient mobilisés afin de présenter leurs actions, leurs projets et leurs savoir-faire aux partenaires, bénévoles, étudiants et visiteurs venus nombreux. Pour Stéphanie LEMOAL, directrice adjointe du pôle logement et de l’établissement d’insertion de Reims (CHRS), cette journée représente un rendez-vous incontournable.

« C’est une journée très importante pour nous. C’est l’occasion de montrer les différents projets et activités que nous portons. Les personnes accompagnées et les salariés se sont fortement mobilisés pour mettre en place un grand nombre d’actions. L’objectif est de faire parler de nous, d’inciter les personnes à pousser nos portes et de trouver davantage de bénévoles. »

Au-delà de la valorisation du travail accompli, cette journée constitue également un levier pour renforcer les partenariats et développer le réseau de soutien autour de la Fondation.C’est précisément ce qu’a souligné Étienne DEQUENNE, chef de service au CHRS et au pôle logement.

« Cette journée est exceptionnelle puisqu’elle n’a lieu qu’une fois par an, le premier vendredi du mois de juin. Elle a pour objectif de favoriser l’ouverture vers l’extérieur, de créer de nouveaux partenariats et de susciter des engagements bénévoles. Je remercie toutes les équipes pour leur mobilisation et leur implication. »

Des parcours de vie qui témoignent de l’accompagnement reçu.

Car les véritables invités d’honneur de cette journée restent les personnes accompagnées. Chacune porte une histoire singulière, marquée par des difficultés mais aussi par un parcours de reconstruction.

Parmi elles, Stéphane DUFOUR, aujourd’hui en fauteuil roulant à la suite d’un accident, a tenu à participer à cette manifestation qui lui est chère. Désormais installé dans un logement autonome grâce à l’accompagnement de l’Armée du Salut, il garde un souvenir reconnaissant de son passage au CHRS.

« Ma famille et moi avons passé trois ans et demi ici. J’en garde de très bons souvenirs. Je n’ai jamais eu de problèmes. »

À quelques mètres de là, Sabine FICHER partageait une expérience similaire. Hébergée au sein du dispositif destiné aux personnes victimes de violences, elle souligne l’accompagnement humain dont elle a bénéficié.

« Je suis arrivée il y a deux ans et demi au sein du dispositif pour les personnes victimes de violences. Tout s’est très bien passé. J’ai rencontré une équipe de professionnels exceptionnelle, notamment Nadir et Anaïs. Ils font bien plus que leur travail. Les appartements sont propres et nous nous y sentons bien. »

Même satisfaction du côté d’Amir, originaire du Tchad et président du Conseil de la Vie Sociale (CVS), qui met en avant l’accompagnement global proposé par la Fondation.

« C’est un endroit très convivial où l’on vous accompagne dans toutes vos démarches. »

Une journée riche en animations et en rencontres

Tout au long de la journée, les visiteurs ont pu découvrir de nombreux ateliers valorisant les talents des personnes accueillies : couture, tressage, maquillage ou encore défilé de mode ont rythmé l’événement dans une ambiance festive.

Des lycéens et des étudiants avaient également répondu à l’invitation. À travers la visite des différents stands, ils ont pu mieux comprendre les réalités de l’exclusion sociale ainsi que le travail mené quotidiennement par les équipes de l’Armée du Salut pour accompagner les personnes les plus fragiles vers l’autonomie.

Cette édition 2026, du Donut Day a pleinement rempli sa mission : créer du lien, favoriser les rencontres, sensibiliser le public aux situations de précarité et encourager le bénévolat. Une journée placée sous le signe de la solidarité et de l’engagement collectif, qui a permis à la Fondation de l’Armée du Salut de rappeler que derrière chaque parcours accompagné se cache avant tout une histoire humaine.

Seyré SIDIBE

©️ Source médias https://ondeinfo.com/5217-2/

● TRIBUNE | de la résolution de l’onu aux réalités africaines : le défi de l’esclavage par ascendance

—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.

Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.

Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.

En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.

Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.

C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).

Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.

Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.

Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.

Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.

Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.

De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.

Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.

A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :

1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».

2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.

3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.

En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.

LES SIGNATAIRES :

CAMARA Issa (Mauritanie)

BA Issa (Sénégal)

SOUMARE Koundou (Mauritanie)

SIDIBE Biranté (Sénégal)

DIARRA Cheikh (Mauritanie)

CISSOKHO Souleymane (Mauritanie)

Références :

Lien n°1 : https://press.un.org/fr/2026/ag12755.doc.htm

Lien n°2 : https://bamada.net/lynchage-des-militants-anti-esclavagistes-dans-la-loc...

Lien n°3 : https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidibé-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536

Lien n°4 : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569

● Ganbanaxu : traduction « égalité pour tous ». Pourquoi un tel slogan dérange-t-il tant ? | Par le journaliste M. Seyre Sidibe

C’est pourtant le sens même de la démocratie, de la justice sociale et de la citoyenneté, n’est-ce pas ?

Les peuples africains ne cherchent-ils pas à renégocier avec les institutions onusiennes afin que l’Afrique soit mieux représentée ?

Plusieurs États africains ne cherchent-ils pas à réviser les accords de coopération, notamment militaires, avec la France ?

Est-ce un péché que de chercher à renégocier, à revoir ou à rejeter les termes d’un contrat mal négocié, il y a quelques années voire des décennies, contrat désavantageux pour vous parce que vous n’étiez pas là, ou bien parce que ceux qui vous représentaient étaient en position de faiblesse ?

Telle est, en substance, la problématique que pose le mouvement Ganbanaxu pour promouvoir de nouvelles bases saines pour la société soninké. Mais le mouvement se heurte à un mur : une résistance faite de nostalgie et d’immobilisme social, celle de ceux qui trouvent leur compte dans le déterminisme social. Un ordre dépassé et anachronique, qui ne rassemble plus et qui est désormais source de tensions multiformes.

Une situation qui exsangue la société soninké et divise la jeunesse, en la détournant et en la désorientant des véritables problématiques de son époque.

Seyré SIDIBE

● Mauritanie ~ Droits Humains | Rendons-nous Hommage Vivant : M Boubacar Ould Messaoud, une personnalité iconique de l’abolitionnisme en Mauritanie



©️ Source photo via RS

À lire cet élément médias Facebook https://www.facebook.com/share/p/1DhdnChyiz/ de la journaliste Mariya Traoré . Elle y rapporte brièvement la cérémonie organisée par le mouvement anti-esclavagiste SOS Esclaves à l’honneur de M. Boubacar Ould Messaoud. Président légendaire de cette organisation abolitionniste, le leader droit-de-l’hommiste mauritanien est à la fois un pionnier incontestable et un pilier incontesté du rude écosystème de la militance anti-esclavagiste dans notre pays. Par l’histoire, la constance et la persévérance, son aura fait autorité auprès de la communauté militante et assoit respect et considération à l’international de nombreuses années durant. Cet événement marquant la 31ème année de la fondation de ce mouvement est à saluer vivement et fait un écho de rappel concernant le cheminement de la lutte anti-esclavagiste qui s’inscrit sur un temps long.

Une personnalité réfléchie d’un relationnel amène qui dispose d’une grande culture concernant la problématique de l’esclavage et ses multiples manifestations dans l’ensemble du corps social mauritanien. Il y a quelques années, lorsqu’il était aux soins dans un hôpital francilien (France), j’ai eu la chance de le rencontrer pour la première fois. Une véritable source d’inspiration qui exprime sérénité et disposition à cerner et comprendre profondément les enjeux de la lutte anti-esclavagiste notamment quand l’éveil abolitionniste Ganbanaaxu (dans l’ensemble communautaire soninké) a été abordé brièvement dans nos échanges. J’étais en compagnie de mon frère et ancien président d’Armepes-France  M. Gaye Tene Traoré, et notre doyen M. Baba Ould Jiddou avait été à l’origine de la mise en relation bienveillante.

Ainsi cette cérémonie d’hommage est d’une pertinence valide et consacre une voi(e)x qui le mérite amplement. Longue vie et santé au doyen et merci à ses camarades de lutte pour cette reconnaissance à son endroit. Un Hommage Vivant de son Vivant…! C’est Top.

17 février 2026

-Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.