● TRIBUNE | de la résolution de l’onu aux réalités africaines : le défi de l’esclavage par ascendance

—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.

Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.

Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.

En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.

Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.

C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).

Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.

Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.

Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.

Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.

Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.

De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.

Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.

A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :

1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».

2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.

3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.

En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.

LES SIGNATAIRES :

CAMARA Issa (Mauritanie)

BA Issa (Sénégal)

SOUMARE Koundou (Mauritanie)

SIDIBE Biranté (Sénégal)

DIARRA Cheikh (Mauritanie)

CISSOKHO Souleymane (Mauritanie)

Références :

Lien n°1 : https://press.un.org/fr/2026/ag12755.doc.htm

Lien n°2 : https://bamada.net/lynchage-des-militants-anti-esclavagistes-dans-la-loc...

Lien n°3 : https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidibé-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536

Lien n°4 : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569

● Ganbanaxu : traduction « égalité pour tous ». Pourquoi un tel slogan dérange-t-il tant ? | Par le journaliste M. Seyre Sidibe

C’est pourtant le sens même de la démocratie, de la justice sociale et de la citoyenneté, n’est-ce pas ?

Les peuples africains ne cherchent-ils pas à renégocier avec les institutions onusiennes afin que l’Afrique soit mieux représentée ?

Plusieurs États africains ne cherchent-ils pas à réviser les accords de coopération, notamment militaires, avec la France ?

Est-ce un péché que de chercher à renégocier, à revoir ou à rejeter les termes d’un contrat mal négocié, il y a quelques années voire des décennies, contrat désavantageux pour vous parce que vous n’étiez pas là, ou bien parce que ceux qui vous représentaient étaient en position de faiblesse ?

Telle est, en substance, la problématique que pose le mouvement Ganbanaxu pour promouvoir de nouvelles bases saines pour la société soninké. Mais le mouvement se heurte à un mur : une résistance faite de nostalgie et d’immobilisme social, celle de ceux qui trouvent leur compte dans le déterminisme social. Un ordre dépassé et anachronique, qui ne rassemble plus et qui est désormais source de tensions multiformes.

Une situation qui exsangue la société soninké et divise la jeunesse, en la détournant et en la désorientant des véritables problématiques de son époque.

Seyré SIDIBE

● Mauritanie ~ Droits Humains | Rendons-nous Hommage Vivant : M Boubacar Ould Messaoud, une personnalité iconique de l’abolitionnisme en Mauritanie



©️ Source photo via RS

À lire cet élément médias Facebook https://www.facebook.com/share/p/1DhdnChyiz/ de la journaliste Mariya Traoré . Elle y rapporte brièvement la cérémonie organisée par le mouvement anti-esclavagiste SOS Esclaves à l’honneur de M. Boubacar Ould Messaoud. Président légendaire de cette organisation abolitionniste, le leader droit-de-l’hommiste mauritanien est à la fois un pionnier incontestable et un pilier incontesté du rude écosystème de la militance anti-esclavagiste dans notre pays. Par l’histoire, la constance et la persévérance, son aura fait autorité auprès de la communauté militante et assoit respect et considération à l’international de nombreuses années durant. Cet événement marquant la 31ème année de la fondation de ce mouvement est à saluer vivement et fait un écho de rappel concernant le cheminement de la lutte anti-esclavagiste qui s’inscrit sur un temps long.

Une personnalité réfléchie d’un relationnel amène qui dispose d’une grande culture concernant la problématique de l’esclavage et ses multiples manifestations dans l’ensemble du corps social mauritanien. Il y a quelques années, lorsqu’il était aux soins dans un hôpital francilien (France), j’ai eu la chance de le rencontrer pour la première fois. Une véritable source d’inspiration qui exprime sérénité et disposition à cerner et comprendre profondément les enjeux de la lutte anti-esclavagiste notamment quand l’éveil abolitionniste Ganbanaaxu (dans l’ensemble communautaire soninké) a été abordé brièvement dans nos échanges. J’étais en compagnie de mon frère et ancien président d’Armepes-France  M. Gaye Tene Traoré, et notre doyen M. Baba Ould Jiddou avait été à l’origine de la mise en relation bienveillante.

Ainsi cette cérémonie d’hommage est d’une pertinence valide et consacre une voi(e)x qui le mérite amplement. Longue vie et santé au doyen et merci à ses camarades de lutte pour cette reconnaissance à son endroit. Un Hommage Vivant de son Vivant…! C’est Top.

17 février 2026

-Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.

● Nécrologie | À propos du décès de l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye. Par l’écrivain Sami Tchak

Par l’écrivain Sami Tchak :
Né le 20 août 1950, Tidiane N’Diaye est mort le 26 octobre 2025. Je ne l’ai appris qu’hier grâce à quelqu’un qui reprenait sur Facebook l’information donnée par la célèbre journaliste et chercheuse Rokhaya Diallo. Plus de trois mois déjà : une mort passée inaperçue, si je peux me permettre de le dire ainsi. Quand je l’avais rencontré en Guadeloupe, où il était alors fonctionnaire, il allait publier son essai sur Chaka Zoulou chez un éditeur dont la politique éditoriale ne semblait pas lui convenir. J’avais alors envoyé son texte à mon éditeur et ami Jean-Noël Schifano. On connaît la suite: plusieurs essais et un roman chez Gallimard dans la collection Continents noirs.

Un jour, je lui avais dit qu’il allait souffrir d’une chose: les universitaires ne le recevraient pas comme un frère au sein de leur famille, car il n’était lié à aucune institution de recherche. J’etais convaincu que sans validation institutionnelle, donc, aux yeux des chercheurs professionnels, simples travaux de vulgarisation, ses livres resteraient dans la sphère « grand public », ce qui ne suffit pas pour un chercheur.

Je pense que cela explique l’anonymat dans lequel il est entré immédiatement avec sa mort. S’il avait été un universitaire, ses collègues auraient chanté ses mérites.

Bon voyage, grand frère.
Celles et ceux qui voudraient contribuer à t’arracher à l’infini du silence sauront ce qu’il y a à faire: te (re)lire. Je mets en commentaire le lien de ta page Wikipédia, elle est assez complète.

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tidiane_N’Diaye?fbclid=Iwb21leAPwAsFjbGNrA_ACvWV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHnFeN_tYX5hV_v9NOODPwQOuU04kLyhx9mFvSvUZolgsAK-O5QLgUDCXWlVN_aem_zf52J3bX7evJ3y48ZQIe6g

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● Mauritanie Politique | Le changement réel se fera par un ordre organisationnel de base (localité par localité).



📷 2022 – Londres – visite BBC Tower (crédit photo par mon généreux diatigui M. Samba Diallo )

—Militantisme politique qui se veut impactant et pérenne passe inévitablement par une sérieuse dynamique d’ancrage social (voire sociologique) et d’investissement citoyen et associatif dans un espace donné comme base « naturelle ». Depuis toujours les partis politiques du pouvoir en Mauritanie (ppm, prds, upr… insav, leurs partis vassaux et autres clients sociaux) ont appliqué et tenu cette simple stratégie d’approche pour occuper durablement l’arène politico-sociale et administrative. Ils y veillent concentrés durant les périodes hors scrutins et davantage lors des élections. Ils savent s’adapter et traiter avec les mutations de masses sociologiques (les populations et le personnel politique) sur l’ensemble du territoire national. Du côté des oppositions, nous attendons et espérons l’advenue d’un changement du haut avec beaucoup d’irrationnalité parce qu’un travail de politisation et d’organisation peine à être valablement structuré auprès de nos localités respectives. En politique, les données du terrain vif  (références Ceni et démographie électorale) font l’objet d’une ferme attention pour un personnel politique valablement politisé et visionnaire. Un véritable changement politique se prépare par une entreprise rigoureuse de comptage et de projections à travers les données de précédentes consultations électorales. Malheureusement, beaucoup dans l’environnement des oppositions, nous sommes piégés dans une sorte de spéculation quasi messianique en faisant fi d’une certaine réalité des données du « terrain vif » qui ne nous interpellent pas tant afin qu’on revoie notre relation à l’exercice politique du concret loin d’une certaine culture des lamentations ressassées des années durant.
En toute conscience intime, si chacun d’entre nous s’impose un inventaire citoyen et politique sur la décennie 2014 – 2024, en osant affronter notre « terrain vif » local ou de circonscription, on aurait une idée sur ce sur-place- sisme et d’une carence de connexion entre nos volontés généralement bruyantes en terme communicationnel (réseaux digitaux..) et les réalités du jour au jour dans nos terroirs et localités.

2 février 2026

-KS pour le BLOG

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La version de l’IA #DeepSeek de la contribution soumise :

Analyse du texte de Koundou Soumaré : « Mauritanie : Le changement réel se fera par un ordre organisationnel de base »

Thèse centrale :
L’auteur affirme que le changement politique durable en Mauritanie ne peut venir d’une attente passive d’un « changement venu d’en haut », mais doit se construire par un ancrage local et un travail organisé, territoire par territoire, à l’image des stratégies des partis au pouvoir.



1. Constat critique sur le système politique mauritanien

· Partis au pouvoir (PPM, PRDS, UPR, etc.) : Ils ont su adopter une stratégie d’ancrage local et d’adaptation aux réalités sociologiques, leur permettant de contrôler durablement l’espace politico-administratif, hors élections et pendant les scrutins.
· Oppositions : Elles souffriraient d’une attente irrationnelle d’un changement par le haut, sans avoir structuré un travail politique concret à la base (localités, circonscriptions). L’auteur parle de « spéculation quasi messianique » et d’une carence d’organisation sur le terrain.

2. Critique des pratiques de l’opposition

· Négligence des données concrètes : L’opposition ignorerait les réalités du « terrain vif » (données électorales, démographie, CENI) au profit d’un discours abstrait ou purement communicationnel (réseaux sociaux).
· Culture des lamentations : L’auteur dénonce une tendance à répéter des critiques sans proposer de stratégie ancrée dans le concret.
· Déconnexion : Il souligne un fossé entre les « volontés bruyantes » en ligne et les réalités quotidiennes des territoires.

3. Proposition méthodologique pour un changement réel

· Organisation par localités : Un changement passe par un travail de politisation et d’organisation à la base, en s’appuyant sur une analyse rigoureuse des données électorales et sociologiques.
· Inventaire citoyen (2014‑2024) : L’auteur invite chaque acteur à faire un bilan honnête de son ancrage local et de son impact réel sur la décennie écoulée.
· Approche « terrain vif » : Il faut se confronter aux réalités des circonscriptions, faire du comptage, des projections et adapter son action en conséquence.



4. Dimensions implicites du texte

· Sociologique : L’auteur insiste sur la nécessité de comprendre les mutations des masses et des personnels politiques.
· Stratégique : Il prône une approche pragmatique et méthodique, inspirée de celle des partis au pouvoir, mais au service d’un projet de changement.
· Psychologique/politique : Il pointe un « piège » mental dans l’opposition – l’attente passive – et appelle à une prise de responsabilité individuelle et collective.



5. Style et portée du discours

· Texte engagé et pédagogique : L’auteur utilise un ton militant, mais structuré et argumenté.
· Prospective (daté de 2026) : Le texte se place dans une vision à moyen terme, invitant à une réflexion stratégique pour les années à venir.
· Appel à l’introspection : Il vise à provoquer une prise de conscience chez les militants et cadres de l’opposition.



Conclusion

Koundou Soumaré livre une critique interne cinglante des faiblesses organisationnelles et stratégiques de l’opposition mauritanienne, tout en proposant une feuille de route pragmatique : ancrage local, analyse des données, travail de terrain continu. Son analyse rejoint des débats plus larges sur l’importance de l’organisation de base dans les processus de changement politique, en Mauritanie et ailleurs. Le texte peut être vu comme un manifeste pour un militantisme renouvelé, plus scientifique et moins incantatoire.

● Contribution | La dictature est-elle étrangère au pouvoir africain ? Par le journaliste mauritanien M. Seyre Sidibe

Il existe une part historique indéniable expliquant la propension de l’Africain à devenir un despote. En Afrique, il n’y a de pouvoir que dans la verticalité. Le chef appartient à une famille qui se fabrique  souvent une généalogie fabuleuse- souvent apparentée aux génies, aux diables et aux forces occultes- afin d’être craint et vénéré.

Être un surhomme inspire la crainte et instille dans l’esprit des autres l’idée qu’ils sont nés pour être dominés ; le chef et sa famille seraient, quant à eux, porteurs d’une essence quasi divine qui leur confère le droit de diriger et de gouverner sans partage.

C’est assurément ce qui explique que le pouvoir en Afrique, hier comme aujourd’hui, n’ait jamais su se libérer de la sorcellerie, de la magie noire, des sacrifices humains et de toutes sortes de pratiques irrationnelles destinées à rendre les tenants du pouvoir éternels.
Toute contradiction, toute opposition au chef n’est pas tolérée et est considérée comme un défi, un crime de lèse-majesté.
En soninké, par exemple, un adage traduit bien cet état d’esprit et le pouvoir hors norme du chef en ces termes : « Le chien du chef est un chef. »

Ainsi, la dictature est congénitale au pouvoir en Afrique. Si le chef n’est pas fort, impitoyable, sadique voire sanguinaire, c’est le peuple lui-même qui cherche à le destituer, car le pouvoir doit être sans partage, sans pitié, et incarner la puissance.
La fébrilité, l’empathie, la clémence et l’humilité sont perçues comme des signes de faiblesse et d’incompétence voire l’illégitimité.

Qu’en est-il alors du rapport du pouvoir africain avec le bien public ?

Le pouvoir africain, étant par essence autoritaire et autocratique, ne peut concevoir une gouvernance transparente et collégiale des ressources et des biens publics. Il n’existe aucune séparation entre le bien privé et le bien public. Le chef a le contrôle sur tout, le monopole sur tout. D’ailleurs, nos populations sont tellement « vassalisées » qu’elles trouvent cela normal.
La prédation des biens publics et l’enrichissement illicite n’avaient même pas de sens dans nos sociétés, où le chef se prêtait les attributs du créateur.
Pour la petite anecdote, le tout-puissant mansa Kankou Moussa avait mis la main sur tout l’or du Mali. Lors de son expédition, raconte-t-on, le prix du précieux métal baissa partout où le souverain passa. Il en distribua généreusement aux dignitaires arabes.
L’Africain se nourrit d’orgueil et de louanges, et aime être chanté et vanté, ce qui consolide le culte de la personnalité. Or, le culte de la personnalité est indissociable de la dictature.
In fine, on se plaint de la dictature et d’un pouvoir prédateur et arrogant. Certains Mauritaniens vont jusqu’à dire que seul un militaire peut diriger le pays, comme si l’autorité de l’État devait nécessairement être celle d’un homme providentiel.
La meilleure autorité est celle de la loi : des lois justes que l’État applique sans complaisance à tous les citoyens.

Seyré SIDIBE

● Mauritanie | La tribu !!! Par M. Seyre Sidibe

La tribu a pris une place excessive dans notre subconscient, dans notre vie privée comme dans l’espace public, au point de fragiliser la République et de vider la citoyenneté de sa substance.

La notion de tribu renvoie ici à toute référence traditionnelle qui fait obstacle à l’émergence d’une citoyenneté véritable. Chacun s’identifie d’abord à sa tribu pour affirmer sa puissance, son importance sociale, voire son impunité : une manière implicite de défier les lois de la République.

La prééminence de la tribu est avant tout le symptôme de la faillite de l’État, incapable de bâtir un État de droit solide et une citoyenneté égalitaire pour tous. Or, la nature a horreur du vide : chaque fois que l’État se retire ou se montre défaillant, d’autres acteurs occupent l’espace laissé vacant. Et chaque acteur impose sa propre logique, sa vision et ses règles.

C’est pourquoi l’État doit être présent, vigilant, sans pour autant devenir envahissant.
En Mauritanie, la difficulté à construire une citoyenneté pleine et entière relève d’abord de la responsabilité de l’État lui-même, qui continue de s’appuyer sur des instances communautaires et tribales pour sélectionner ses représentants et organiser la vie politique.
Il ne s’agit nullement d’ériger un antagonisme entre l’État et les tribus ou autres formes de regroupements communautaires. Il s’agit plutôt de rappeler un principe fondamental : l’État doit être impersonnel, neutre et équidistant de tous les citoyens.

Or, de nombreuses manifestations culturelles, politiques ou sociales en Mauritanie, validées par les autorités et parfois initiées par de hauts fonctionnaires ou cadres de l’État, vont à l’encontre de l’esprit républicain. Elles constituent, de fait, des défis lancés à la citoyenneté, à l’égalité devant la loi et aux fondements mêmes de la République.

Seyre SIDIBÉ

● Mauritanie ~ Faits Historiques | Par l’honorable députée Mme Kadiata Malick Diallo

Le Centre Mauritanien de recherches et d’études Stratégiques a organisé aujourd’hui samedi 17/01/2026, à l’hôtel Mauricenter de Nouakchott, une journée de réflexion sur le Passif humanitaire. J’ai présenté avec un Panel de 5 membres, une intervention sur le thème: Que s’est-il passé? Pourquoi? Ci-après cette intervention:

PASSIF HUMANITAIRE

I. QUE S’EST-IL PASSÉ ?

Éléments de chronologie

1. Avril 1989 : l’incident de Diawara

En avril 1989, un incident éclate entre des éleveurs mauritaniens et des agriculteurs sénégalais dans la zone de Diawara, au Sénégal.
Cet affrontement local fait des victimes et donne lieu à des représailles réciproques de part et d’autre de la frontière.

2. Avril–mai 1989 : l’embrasement

L’incident dégénère rapidement en crise majeure :
• émeutes à Dakar et à Nouakchott ;
• violences ciblant les ressortissants du pays voisin, souvent menées par des groupes visiblement organisés, encadrés et instrumentalisés ;
• pillages de domiciles et de commerces ;
• sévices, meurtres et humiliations de civils ;
• expulsions et rapatriements forcés croisés.

La crise conduit à la rupture des relations diplomatiques entre la Mauritanie et le Sénégal et à la fermeture de la frontière.

3. 1989–1990 : exactions en Mauritanie

En Mauritanie, la situation prend une dimension dramatique :
• déportations massives de populations (des villages entiers, des fonctionnaires, des travailleurs dans le secteur privé) vers le Sénégal ;
• retrait ou destruction des documents d’état civil ;
• spoliations systématiques de biens en particulier du bétail;
• exactions, arrestations et exécutions sommaires le long de la vallée du fleuve Sénégal, perpétrées par des éléments des forces de sécurité et des milices armées.

Des fosses communes seront découvertes ultérieurement, notamment à Sorimalé, Wothie (Brakna), Woyndouyol et Moudji (Guidimakha).

Sous la pression de ces violences, des dizaines de milliers de Mauritaniens fuient vers le Sénégal et le Mali.
Le HCR estime alors le nombre de réfugiés mauritaniens à environ 60 000 personnes.

Dans le même temps, des groupes armés mêlant réfugiés organisés et éléments connus pour des activités de banditisme mènent depuis le Sénégal des opérations de représailles ponctuelles, causant des pertes humaines et des vols de bétail.

4. Septembre 1990 – mars 1991 : la tragédie dans les casernes

Entre septembre 1990 et mars 1991, des vagues d’arrestations massives frappent non seulement des militaires, mais aussi des civils, dans presque toutes les casernes et dans plusieurs villes : Nouakchott, Nouadhibou, Zouérate, Kaédi, entre autres.

Les personnes arrêtés subissent :
• des détentions arbitraires ;
• des traitements inhumains et dégradants ;
• des exécutions extrajudiciaires.

Le paroxysme est atteint dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, avec la pendaison de 28 militaires, cyniquement qualifiés de « sacrifiés pour la fête de l’indépendance ».
Les estimations font état de plus de 500 morts dans les lieux de détention.

Ces faits constituent un condensé nécessairement non exhaustif de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire récente de la Mauritanie.
Ils sont aujourd’hui désignés, dans le langage politique officiel, sous le vocable de « passif humanitaire ».

Les survivants sont des témoins vivants de ces crimes. L’un d’entre eux, l’ex-lieutenant Mohamadou Sy, a livré un témoignage accablant dans son ouvrage L’Enfer d’Inal.

II. POURQUOI ?

L’incident de Diawara, pourtant fréquent et historiquement récurrent dans les zones de contact entre éleveurs et agriculteurs, aurait pu être circonscrit localement et réglé par des mécanismes traditionnels ou administratifs.
Il ne s’agissait :
• ni d’un conflit frontalier ;
• ni d’un conflit ethnique, puisqu’il opposait un Peul mauritanien à un Soninké sénégalais.

Pourquoi, dès lors, un fait somme toute banal a-t-il pu dégénérer en une crise régionale majeure et, en Mauritanie, en une violence ciblée contre des citoyens négro-africains, sous le regard d’un pouvoir au minimum complice, au pire commanditaire?

Les événements de 1989 s’inscrivent dans un contexte de crise politique, sociale et identitaire profonde, qui a favorisé toutes les dérives. Parmi les facteurs déterminants, on peut citer :
• des tensions politiques et sociales anciennes liées à une cohabitation problématique;
• un pouvoir fragilisé par de multiples pressions :
sécheresse, raréfaction des pâturages, nouveaux aménagements agricoles, émergence de l’agrobusiness ;
• une réforme foncière mal conçue, fondée sur une loi domaniale ambiguë ou sélectivement appliquée ;
• la publication du Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé et la répression de ses auteurs ;
• la tentative de putsch de 1987, suivie d’arrestations, de procès devant un tribunal d’exception, de lourdes condamnations (dont trois officiers à mort et exécutés)et de détentions inhumaines ayant entraîné des morts, notamment à la prison de Oualata.

Ces facteurs, parmi d’autres, ont fertilisé le terrain des tragédies dont la Mauritanie continue de porter les séquelles.

Des groupes chauvins et racistes, ayant investi les rouages de l’État, ont exploité cyniquement la situation, instrumentalisé les peurs, intoxiqué l’opinion et pris en otage une grande partie de la communauté arabe.
Les différents pouvoirs ont tenté, chacun à sa manière, des solutions diverses, mais on doit se rendre à l’évidence que cette page sombre ne peut être tournée ni par l’écoulement du temps, ni par une simple indemnisation financière. C’est une blessure nationale non cicatrisée, dont les effets continuent d’affecter la confiance entre citoyens, le rapport à l’État et la crédibilité même du projet national mauritanien.
Aucune réconciliation durable ne peut être bâtie sur l’oubli, la minimisation ou le silence imposé.
Elle se construit sur la vérité, la reconnaissance des torts, la dignité rendue aux victimes et la garantie que de tels crimes ne se reproduiront plus.
Kadiata Malick Diallo
Députée à l’assemblée nationale
27/12/2025

©️ Lien média source https://www.facebook.com/share/p/1EaEmiwJUX/

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec M. Kissima COULIBALY, professeur et acteur de la société civile (Mauritanie)

La rubrique Grand Entretien du BLOG vous revient avec une interview accordée par M. Kissima COULIBALY. Professeur et acteur de la société civile, le natif de Kaédi a répondu à nos questions dans ce numéro 1 du Grand Entretien du BLOG (Le GEB) de l’année 2026. Nos vifs remerciements à son endroit pour la disponibilité manifestée. Bonne lecture.

Ci-après l’intégralité de l’interview :

● Question 1 : Bonjour monsieur Kissima COULIBALY, pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs? (Parcours scolaire, professionnel, politique et de militant dans la société civile)

M. Kissima COULIBALY : Je me nomme Kissima Coulibaly. Du primaire au secondaire, j’ai fait mes études à Kaedi, entre l’école Touldé et le lycée de Kaedi. J’ai obtenu mon baccalauréat au lycée privé de Sangama. Et titulaire d’une licence en biologie des organismes et des écosystèmes à l’université de nouackhott faculté de sciences et techniques.

Actuellement, je suis professeur de sciences naturelles et président de l’association des jeunes pour la promotion du développement durable, créée en 2020.

● Question 2 : pourriez-vous nous exposer quelques données formelles et de fond de votre engagement dans la société civile ? Facilités, écueils et perspectives…

KC : Mon engagement dans la société civile a commencé au collège, où j’étais un jeune actif. J’ai participé aux activités du club des jeunes Alliance de Kaedi. Après quelques temps, il y a eu des sélections au club et j’ai été nommé président. Cela m’a permis d’acquérir beaucoup de connaissances en matière de leadership. J’ai compris la notion de l’engagement. Après cela, durant les vacances, les jeunes de mon quartier sont venus me voir pour me proposer de créer une association au niveau du quartier, dont j’ai été le président. Cela m’a permis de connaître encore mieux le quartier et de créer un trait d’union entre les jeunes du quartier, en faisant des sensibilisations sur les actions citoyennes.

● Question 3 : à propos de l’éducation, quels conseils pourriez-vous donner à la jeunesse mauritanienne et en particulier à l’adresse des jeunes soninké ?

KC : Le conseil que je donne, c’est d’apprendre coûte que coûte, car sans éducation, on n’aura pas de citoyens modèles et sans citoyens modèles, l’avenir d’un pays sera flou et on sera à la merci du sous-développement à tous les niveaux. « L’avenir, ça se prépare ».

● Question 4 : en Mauritanie, les problématiques liées aux mentalités et pratiques féodalo-esclavagistes persistent dans nos communautés, de votre position d’acteur social , quel est votre diagnostic à propos globalement ? Et également… quelles seraient selon vous, des pistes d’application afin de dépasser définitivement ces tares sociétales qui sont conflictogènes?

KC : En ce qui concerne l’esclavage dans le milieu soninké, je pense qu’il n’y a pas une réelle participation de la société civile. Les tabous persistent, donc il faut qu’il y ait un programme qui soutienne la société civile à faire des sensibilisations, comme on le fait dans d’autres secteurs (santé, environnement, etc.). Pour qu’on puisse avoir une réelle participation communautaire, je crois que cela fera un changement de paradigme à tous les niveaux : des imams aux chefs de quartiers, des écoles à l’université, car c’est un fléau qui mérite d’être débattu et pour lequel il faut trouver des solutions, car cela freine le développement.

● Question 5 : quelle est votre lecture de l’engagement des jeunes en politique dans notre pays ? Ils y sont suffisumment dynamiques ou en retrait?

KC : L’engagement des jeunes sur la scène politique n’était pas compris auparavant. Mais en 2023 ,depuis que le président de la République a inclus les jeunes dans les instances décisionnelles, on a vu un réel engagement de la jeunesse sur la scène politique : des candidatures s’annoncent, et cela a donné un déclic chez plusieurs jeunes. C’est un début prometteur, mais il y a encore du chemin à parcourir.

Lien utile : la page Facebook de l’association AJPDD

https://www.facebook.com/profile.php?id=61578900985599

16 janvier 2026

• Réalisé par KS pour le BLOG

● L’esclavage par ascendance en Mauritanie : l’angle analytique trop binaire et partiel de Madame Claudia Aranda (Pressenza-Montréal)

—Elle est une journaliste chilienne officiant depuis Montréal (Canada) pour l’organe de presse Pressenza. Sa publication du 26 novembre 2025, consacrée à la problématique de l’esclavage héréditaire en Mauritanie, en lien  https://www.pressenza.com/fr/2025/11/mauritanie-le-desert-noublie-pas-esclavage-de-pere-en-fils-et-permanence-des-castes-dans-le-sahel/?fbclid=Iwb21leAO9279jbGNrA73buGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHk7LLBK0wdLMa_8QWQdf9BzXDoZAVm9wcBF_4fQjlyN-YFlMGSUbPlGn-gDj_aem_wZWia98lHGHcxeO5Fyh73w avec un élément de titre « le désert n’oublie pas », contraste curieusement avec une certaine substance de fond. Celle qui est présentée comme spécialisée en Sémiologie et Analyse Politique semble oublier ou éviter l’aspect transversal et trans-communautaire de la problématique de l’esclavage par ascendance en Mauritanie. Elle s’est alignée dans une binarité simpliste d’une racialisation brute de la donnée comme suit : Mauritanie comme composition biraciale avec un schéma fixe « arabo-berbères esclavagistes et assimilés » et « noirs haratines anciennement esclavagisés et relégués sociaux et politiques ». Cet élément de son introduction est illustratif de son biais raccourci du fond : «Cette étude analyse la persistance d’un système de caste biracial qui articule les lignées, le prestige religieux, le colonialisme et la coercition communautaire, montrant comment la servitude héréditaire se reproduit dans la vie quotidienne de la Mauritanie malgré son abolition légale et son contrôle international.»

Une légèreté d’approche qui se paie à coût moindre la complexité de la question de l’esclavage, ses réalités sociétales et ses subtilités diffuses socialement au sein de toutes nos communautés. Son diagnostic analytique d’un grand intérêt de la problématique entre Beidanes et Haratines dans l’ensemble hassanophone ne saurait être qualitatif en terme de transversalité sur tous les groupes sociolinguistiques (soninkés, peulhs, wolof…). L’esclavage par ascendance ou le féodalo-esclavagisme est une abjecte denrée sociale commune quasiment à tous les espaces et groupes ethno-raciaux du pays avec quelques particulismes faisant objection de nature selon la charpente collective de chaque groupe ou communauté. Ainsi, si elle a été motivée ou/et orientée pour un duo traitement contributif scientifiquement et militance droit-de-l’hommiste, il y a lieu d’un jugement objectif que le compte y est partiel pour ne pas dire partial. Une Mauritanie qui serait esclavagiste ne l’est pas forcément que sur un schéma biracial. Concernant certains traits sociaux et tribaux de régimes féodalo-traditionalistes et esclavagistes qu’elle a décrits dans la subordination « Beidanes-Haratines », on pourrait les transposer chez les ensembles négro-mauritaniens notamment soninkés, peulhs et même parmi certains haratines « reproducteurs systémiques ».

Notre dame de plume originaire d’un pays sud-américain, le Chili du socialiste Salvador Allende et du général Pinochet, semble fixer sémantiquement l’identité sociale des haratines à la position statutaire d’anciens esclavagisés ou leurs descendants. Et d’anciens esclavagisés et descendants quasiment toutes nos communautés en comptent en leur sein, ce qui rejoint notre contribution de janvier 2016, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=679378. Je peux y adjoindre la prolifique contribution d’un connaisseur de la problématique « esclavage et assimilés » en Mauritanie, Docteur Mohamed Yahya ould Ciré , lire https://eveilhebdo.info/2025/01/02/lesclavage-au-sein-de-la-communaute-soninke-en-mauritanie-analyse-des-resistances-et-des-discriminations-internes/ sur l’esclavage dans la communauté soninké. Dans la communauté peulh, un témoignage recueilli (extrait vidéo) de citoyens statutairement assignés « esclaves » venus exposer lors d’un point de presse du président d’IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid , l’atteinte à leurs droits par l’ordre féodalo-princier dans une localité près de la ville de Bababé (Brakna), voir https://fb.watch/pdjZrdHx7N/. Un tronc commun trans-communautaire d’un type de fascisme féodalo-esclavagiste sévit encore chez nous. Ces mentalités surannées et suprémacistes qui peuvent toujours habiter et habitent d’ailleurs un esprit Beidane, Soninké, Peulh…. ou Haratine…!

Pour finir, si une éventuelle réception de ma présente contribution par Madame Claudia Aranda advenait, je lui proposerais une visite prévenante sur le site internet de l’association Armepes-France – Ganbanaaxu https://armepes-ganbanaaxu.com/ . L’une des entités associatives qui composent le dynamique mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste #Ganbanaaxu #Fedde en milieux soninkés.

Koundou SOUMARE, blogueur (L’Écrit Osé) et militant des droits humains.