● Débat sur Facebook Féodalisme et racisme : éléments de comparaison. Par le journaliste mauritanien M. Seyre Sidibe



J’ai lancé un débat qui se voulait comparatif entre le féodalisme et le racisme, deux maux, deux abominations, deux tares sociales dont on parle beaucoup en Mauritanie.

Au départ, le débat n’a pas suscité l’enthousiasme escompté. Mais lorsque mon frère Youssouph Kamara a repris sur sa page Facebook la question suivante : « Celui qui pratique et fait l’apologie du féodalisme peut-il se plaindre du racisme ? », les réactions n’ont pas tardé à affluer.

Très suivi sur les réseaux sociaux, Youssouph Kamara a permis au sujet de toucher un large public composé de profils divers. Les contributions recueillies montrent, dans leur grande majorité, que le féodalisme et le racisme sont perçus comme deux réalités tout aussi détestables.

Militant infatigable des droits humains et membre du mouvement abolitionniste IRA, Youssouph Kamara dans un échange avec le sociologue, Boulaye DIAKITE a écrit : « C’est mal connaître la féodalité que de penser que tous les féodaux se considèrent comme des êtres supérieurs, beaucoup d’adepte du féodalisme (féodaux) se considèrent comme étant inférieurs et le prônent ouvertement. L’un des piliers du féodalisme est justement cette majorité de personnes qui soutiennent et revendiquent leur statut et en tirent un bénéfice. Les marxistes les désignent par lumpenprolétariat. »

Au fil des échanges, un consensus semble s’être dégagé autour du caractère abject et répugnant du féodalisme comme du racisme. Tous deux apparaissent comme des sources d’exclusion, de stigmatisation et d’exploitation qui fragilisent l’unité nationale dans un pays comme la Mauritanie.

Fait révélateur : ceux qui font habituellement l’apologie du féodalisme ou du racisme se sont abstenus de participer au débat. Comme s’il devenait difficile, aujourd’hui, d’assumer publiquement un discours fondé sur la hiérarchisation des êtres humains. Soutenir ouvertement de telles pratiques paraît désormais gênant, peu lucide, voire honteux.

Parmi les premiers à réagir, Koundou Soumaré, blogueur et militant du mouvement Ganbanaxu Fedde, a évoqué « un débat d’intérêt intra-communautaire, inter-communautaire et national ». Avant d’ajouter : « On va suivre la température… alors entre nos petits fascismes villageois et les affaires nationales en débat… » À travers cette réflexion, Koundou Soumaré montre que le féodalisme et le racisme renvoient, en Mauritanie, à deux espaces imbriqués : le communautaire et le national.

Le journaliste Seydi Moussa Camara estime que racisme et féodalisme procèdent d’une même logique d’infériorisation de l’autre: « Celui qui adhère à une logique de supériorité sociale ou de hiérarchie entre les groupes peut difficilement accepter, lorsque cette logique se retourne contre lui, une idéologie qui l’infériorise à son tour. »

De son côté, le professeur Wagué Cheikhna ne prend pas de gants : « Le féodalisme, le racisme, le tribalisme, le communautarisme… je les mets dans le même panier. Tous relèvent du négationnisme. »

Même son de cloche chez le professeur de littérature orale à l’UGB, Oumar N’Diaye, qui résume sa pensée en quelques mots : « Logiquement, non, parce que c’est du kif-kif. »

Le journaliste Kissima Diagana, quant à lui, a livré une formule brève mais particulièrement expressive : « Il peut, mais il ne DOIT pas. » À la question de savoir si celui qui pratique le féodalisme peut se plaindre du racisme, le doyen Kissima répond ainsi par une formule presque philosophique, opposant l’être- le réel, les faits- au devoir-être, c’est-à-dire la norme morale et l’idéal.

Le sociologue Boulaye Diakité pousse, lui, la comparaison encore plus loin : « Les féodaux sont pires que les racistes. Les racistes vivent dans des préjugés absurdes et certains peuvent être “sauvés” par la psychiatrie. Les féodaux, eux, se considèrent comme des êtres supérieurs ; ils sont irrécupérables. »

Pour sa part, l’ancien ministre Diarra Idrissa préfère une définition plus conceptuelle : « Le féodalisme est l’expression culturelle de l’esclavagisme. Quant au racisme, c’est une forme de féodalisme en l’absence de rapports directs de domination entre les individus. »

Allant dans le même sens, Cheikh Mohamed Diarra s’interroge : « Quelqu’un qui défend une supériorité fondée sur la naissance au sein d’une même communauté peut-il condamner une prétendue supériorité naturelle entre des races différentes ? Avec quel argument cohérent ? »

Enfin, l’homme de lettres Souleymane Sidibé livre une réaction sans détour : « La féodalité est nauséabonde et me répugne. Je peux discuter avec un raciste, mais le féodalisme, pour moi, c’est radioactif. »

Au final, ce débat aura permis de faire réagir des profils variés autour de deux réalités sociales particulièrement sensibles. Mais malgré la délicatesse du sujet, chacun a pu exprimer son opinion dans le respect de l’autre.

Seyré SIDIBÉ

©️ Lien médias https://ondeinfo.com/debat-sur-facebook-feodalisme-et-racisme-elements-de-comparaison/

● TRIBUNE | de la résolution de l’onu aux réalités africaines : le défi de l’esclavage par ascendance

—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.

Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.

Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.

En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.

Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.

C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).

Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.

Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.

Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.

Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.

Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.

De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.

Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.

A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :

1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».

2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.

3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.

En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.

LES SIGNATAIRES :

CAMARA Issa (Mauritanie)

BA Issa (Sénégal)

SOUMARE Koundou (Mauritanie)

SIDIBE Biranté (Sénégal)

DIARRA Cheikh (Mauritanie)

CISSOKHO Souleymane (Mauritanie)

Références :

Lien n°1 : https://press.un.org/fr/2026/ag12755.doc.htm

Lien n°2 : https://bamada.net/lynchage-des-militants-anti-esclavagistes-dans-la-loc...

Lien n°3 : https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidibé-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536

Lien n°4 : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569

● En Afrique, cet actuel esclavage par ascendance intra-africain toujours invisibilisé chez certains milieux sociaux et politiques.

©️ 📷 média Brut

—Encore en 2026 (21ème siècle) | Ces Africains qui vivent sociologiquement dans des univers communautaires où l’esclavage par ascendance et le féodalisme font référence en terme de codes d’honneur et de validation identitaire, fêtent une proclamation onusienne sur la traite historique des noirs. Ce 25 mars 2026 , l’Assemblée générale de l’ONU a reconnu l’esclavage africain comme le crime contre l’humanité le plus grave de l’Histoire, voir « L’ONU réclame des réparations pour les « torts historiques » de l’esclavage | ONU Info » https://share.google/o4vqgUq56DYofMIsH. Cette Afrique surtout Noire où dans certaines zones notamment sahéliennes et ouest-africaines majoritairement afro musulmanes, des doctes cléricaux et sociaux s’accrochent à une lecture explicitement esclavagiste du fait religieux à l’encontre de certaines compositions sociales dans leurs propres groupes sociolinguistiques. Et beaucoup des rigidités sévissent au sein de ces communautés hiérarchisées et l’esclavage statutaire est assumé et encouragé dans le puzzle sociétal. Il y a du fascisme social aisément objectivable dans les réalités suprémacistes souvent tues et insidieusement évitées dans les débats publics par certains cercles militants politiques et droit-de-l’hommistes qui opèrent avec une étrange sélectivité en la matière. En gros… beaucoup de culture d’hypocrisie et de gymnastique intellectuelle hors-sol.

26 mars 2026

Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains | https://ecrit-ose.blog/

● Mauritanie – Droits Humains | Nécrologie : le décès de M. Boubacar Ould Messaoud, président de l’Ong SOS Esclaves.

—Par un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/1Azhpvipwn/ de la journaliste Mariya Traoré, nous avons appris le décès du président de l’organisation SOS Esclaves, M. Boubacar Ould Messaoud. Ainsi ce jeudi 12 mars 2026 qui correspond au 23 Ramadan 1447, une voix pionnière vaillante de la lutte pour la défense des droits humains et singulièrement pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie, s’est éteinte. Un parcours d’engagement salué et reconnu par nombre de nos compatriotes et autres militants droit-de-l’hommistes à travers le monde depuis l’annonce de son décès.

Paix à son âme. Mes fraternelles condoléances à sa famille et à l’ensemble de la communauté militante pour les droits humains en Mauritanie et ailleurs. Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un évènement marquant le 31ème anniversaire de la fondation de son organisation, nous lui avons consacré ce bref rendu hommage https://ecrit-ose.blog/2026/02/17/%e2%97%8f-mauritanie-droits-humains-rendons-nous-hommage-vivant-m-boubacar-ould-messaoud-une-personnalite-iconique-de-labolitionnisme-en-mauritanie/ .

23 mars 2026

Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.

● Mauritanie ~ Droits Humains | Rendons-nous Hommage Vivant : M Boubacar Ould Messaoud, une personnalité iconique de l’abolitionnisme en Mauritanie



©️ Source photo via RS

À lire cet élément médias Facebook https://www.facebook.com/share/p/1DhdnChyiz/ de la journaliste Mariya Traoré . Elle y rapporte brièvement la cérémonie organisée par le mouvement anti-esclavagiste SOS Esclaves à l’honneur de M. Boubacar Ould Messaoud. Président légendaire de cette organisation abolitionniste, le leader droit-de-l’hommiste mauritanien est à la fois un pionnier incontestable et un pilier incontesté du rude écosystème de la militance anti-esclavagiste dans notre pays. Par l’histoire, la constance et la persévérance, son aura fait autorité auprès de la communauté militante et assoit respect et considération à l’international de nombreuses années durant. Cet événement marquant la 31ème année de la fondation de ce mouvement est à saluer vivement et fait un écho de rappel concernant le cheminement de la lutte anti-esclavagiste qui s’inscrit sur un temps long.

Une personnalité réfléchie d’un relationnel amène qui dispose d’une grande culture concernant la problématique de l’esclavage et ses multiples manifestations dans l’ensemble du corps social mauritanien. Il y a quelques années, lorsqu’il était aux soins dans un hôpital francilien (France), j’ai eu la chance de le rencontrer pour la première fois. Une véritable source d’inspiration qui exprime sérénité et disposition à cerner et comprendre profondément les enjeux de la lutte anti-esclavagiste notamment quand l’éveil abolitionniste Ganbanaaxu (dans l’ensemble communautaire soninké) a été abordé brièvement dans nos échanges. J’étais en compagnie de mon frère et ancien président d’Armepes-France  M. Gaye Tene Traoré, et notre doyen M. Baba Ould Jiddou avait été à l’origine de la mise en relation bienveillante.

Ainsi cette cérémonie d’hommage est d’une pertinence valide et consacre une voi(e)x qui le mérite amplement. Longue vie et santé au doyen et merci à ses camarades de lutte pour cette reconnaissance à son endroit. Un Hommage Vivant de son Vivant…! C’est Top.

17 février 2026

-Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.

● Foncier en Mauritanie | Collusion idéologique de fait entre les féodalités trans-communautaires contre l’ordre étatique moderne.

—En Mauritanie pour confondre et dévoiler les connivences de fond entre les entités tribales arabo-berbères et les féodalités négro-mauritaniennes, il suffit de toucher l’affaire du foncier pour une équitable accessibilité citoyenne sur l’ensemble du territoire national. Ça combat et éradique toute tentative étatique visant à asseoir un ordre foncier moderne au bénéfice de tous les citoyens. On voudrait plutôt maintenir la tenure coutumière qui est un levier de domination et de subordination au détriment des cadets sociaux trans-communautaires. Ainsi la militance droit-de-l’hommiste et politique avec cet évitement souvent observé parmi nous, devient une posture à coloration trompeuse, partiale et partielle.

Ici à lire ce rappel de notre compatriote M. R’chid MohamedJ’ai lu des études anthropologiques- Pierre Bonte, Abdel Weddoud Ould Cheikh- Mariella Villasanté- consacrées essentiellement à la réforme foncière et domaniale de 1983.
Il ressort de ces études que la réforme avait pour objectif d’individualiser le sol et donc de briser l’ancienne tenure foncière, notamment l’appropriation tribale des terres.
Et, au-delà, il s’agissait de renforcer la souveraineté de l’Etat sur le sol afin de pouvoir engager ses politiques agricoles d’autosuffisance alimentaire. il était aussi question de permettre aux Hratines, nouvellement affranchis, d’accéder aux biens fonciers, dont ils étaient privés du fait de la mainmise tribale sur les espaces utiles.
Ce sont les nationalistes dits arabes qui ont ameuté les féodalités tribales et ethniques pour empêcher cette réforme. C’est ce qui explique la « popularité » du coup d’Etat contre Mohamed Khouna ould Haïdalla, président initiateur de la réforme, qui est devenu subitement un « Sahraoui, étranger en Mauritanie et très détaché des intérêts de ce pays ».
Après le coup d’Etat, cette réforme a été probablement abandonnée, en tout cas, elle n’a jamais eu un début d’exécution dans certaines parties du territoire national.
Dès lors, il me semble qu’il est nécessaire de clarifier le sort de la réforme de 1983, pour en discuter légitimement son esprit.
Au reste, nos dirigeants, après l’équipe des fondateurs, exceptés Moustapha Ould Saleck, Bouceif,(paix à leur âme), dont les pouvoirs étaient quelques brouillés, se sont laissés influencés par des considérations tribales, qui les empêchent jusqu’à nos jours de sortir l’Etat de l’ornière tribale, fortement combattue sous la colonisation et le premier gouvernement national du pays.

©️ https://www.facebook.com/share/p/14Ek5cWFWGY/

● Livre | Le génocide voilé de Tidiane N’Diaye | Notre bref élément de commentaire introductif.

—Livres | Le génocide voilé de feu Tidiane N’Diaye : «La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XXe siècle.» p 10..11

Ici… un passage sur les données introductives du livre de l’anthropologue sénégalais décédé le 26 octobre 2025. Repos éternel à son âme!

Entre 652 et le 9 novembre 1981, la date de l’Ordonnance n°81-234 portant Abolition de l’esclavage en Mauritanie 🇲🇷 sous la gouvernance du Comité Militaire du Salut National (CMSN) du Lt- colonel Ould Haidalla, un long temps de 1329 ans s’écoula. Et ce cheminement abolitionniste a du mal à prendre corps sérieusement au sein des contenus religieux et dans les structurations socio-tribalo-communautaires. Les lois modernes initiées par l’Etat provoquent quelques déblocages marginaux face aux résistances de l’ancien ordre organisationnel foncièrement féodalo-esclavagiste généré et entretenu par la nature structurelle de différentes compositions communautaires (arabo-berbères et négro-mauritaniennes). Le récent cas brûlant autour d’une adolescente noire qui vivrait en condition d’esclavage dans une famille à Nouakchott (la capitale mauritanienne), paraîtrait un présent prolongement de cette date référence remontant au 7 ème siècle. Et ce, 1374 ans après, les frictions autour de la question de l’esclavage et ses multiples manifestations ne manquent pas au sein des ensembles sociolinguistiques majoritairement (parfois entièrement) musulmans. En une certaine Afrique noire, l’esclavage idéologiquement islamisé s’est fait coutumier avec rigidités entre membres d’une même communauté sociolinguistique. Le cas soninké en est amplement illustratif où d’aucuns perpétuent un logiciel socio- idéologique qui ne considère pas l’esclavage par ascendance comme une lésion sociale devant être extirpée. On s’y accroche… beaucoup étrangement au nom de l’islam d’ailleurs selon une école religieuse loin d’être quelconque. Une certaine lecture traditionaliste du référentiel religieux est ouvertement esclavagiste…de nos jours. Ce qui déroute intellectuellement en sourdine beaucoup de lettrés religieux au sein de nos communautés affrontant d’énormes contradictions et certains se réfugient maladroitement avec gymnastique derrière des narratifs troublants d’un cercle à un autre en fonction des audiences en face.

La répression violente subie par des militants anti-esclavagistes du mouvement IRA-Mauritanie devant un commissariat de police à Nouakchott hier (06-02-2026) parce qu’ils tenaient un sit-in pour exiger la clarification autour du cas de la jeune fille, est une affaire épisodique du continuum de cet accord d’allégeance racialiste de 652.

Mes pensées de prompt rétablissement aux militants d’IRA blessés.

7 février 2026

• Par Koundou SOUMARE pour le BLOG

● L’esclavage par ascendance en Mauritanie : l’angle analytique trop binaire et partiel de Madame Claudia Aranda (Pressenza-Montréal)

—Elle est une journaliste chilienne officiant depuis Montréal (Canada) pour l’organe de presse Pressenza. Sa publication du 26 novembre 2025, consacrée à la problématique de l’esclavage héréditaire en Mauritanie, en lien  https://www.pressenza.com/fr/2025/11/mauritanie-le-desert-noublie-pas-esclavage-de-pere-en-fils-et-permanence-des-castes-dans-le-sahel/?fbclid=Iwb21leAO9279jbGNrA73buGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHk7LLBK0wdLMa_8QWQdf9BzXDoZAVm9wcBF_4fQjlyN-YFlMGSUbPlGn-gDj_aem_wZWia98lHGHcxeO5Fyh73w avec un élément de titre « le désert n’oublie pas », contraste curieusement avec une certaine substance de fond. Celle qui est présentée comme spécialisée en Sémiologie et Analyse Politique semble oublier ou éviter l’aspect transversal et trans-communautaire de la problématique de l’esclavage par ascendance en Mauritanie. Elle s’est alignée dans une binarité simpliste d’une racialisation brute de la donnée comme suit : Mauritanie comme composition biraciale avec un schéma fixe « arabo-berbères esclavagistes et assimilés » et « noirs haratines anciennement esclavagisés et relégués sociaux et politiques ». Cet élément de son introduction est illustratif de son biais raccourci du fond : «Cette étude analyse la persistance d’un système de caste biracial qui articule les lignées, le prestige religieux, le colonialisme et la coercition communautaire, montrant comment la servitude héréditaire se reproduit dans la vie quotidienne de la Mauritanie malgré son abolition légale et son contrôle international.»

Une légèreté d’approche qui se paie à coût moindre la complexité de la question de l’esclavage, ses réalités sociétales et ses subtilités diffuses socialement au sein de toutes nos communautés. Son diagnostic analytique d’un grand intérêt de la problématique entre Beidanes et Haratines dans l’ensemble hassanophone ne saurait être qualitatif en terme de transversalité sur tous les groupes sociolinguistiques (soninkés, peulhs, wolof…). L’esclavage par ascendance ou le féodalo-esclavagisme est une abjecte denrée sociale commune quasiment à tous les espaces et groupes ethno-raciaux du pays avec quelques particulismes faisant objection de nature selon la charpente collective de chaque groupe ou communauté. Ainsi, si elle a été motivée ou/et orientée pour un duo traitement contributif scientifiquement et militance droit-de-l’hommiste, il y a lieu d’un jugement objectif que le compte y est partiel pour ne pas dire partial. Une Mauritanie qui serait esclavagiste ne l’est pas forcément que sur un schéma biracial. Concernant certains traits sociaux et tribaux de régimes féodalo-traditionalistes et esclavagistes qu’elle a décrits dans la subordination « Beidanes-Haratines », on pourrait les transposer chez les ensembles négro-mauritaniens notamment soninkés, peulhs et même parmi certains haratines « reproducteurs systémiques ».

Notre dame de plume originaire d’un pays sud-américain, le Chili du socialiste Salvador Allende et du général Pinochet, semble fixer sémantiquement l’identité sociale des haratines à la position statutaire d’anciens esclavagisés ou leurs descendants. Et d’anciens esclavagisés et descendants quasiment toutes nos communautés en comptent en leur sein, ce qui rejoint notre contribution de janvier 2016, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=679378. Je peux y adjoindre la prolifique contribution d’un connaisseur de la problématique « esclavage et assimilés » en Mauritanie, Docteur Mohamed Yahya ould Ciré , lire https://eveilhebdo.info/2025/01/02/lesclavage-au-sein-de-la-communaute-soninke-en-mauritanie-analyse-des-resistances-et-des-discriminations-internes/ sur l’esclavage dans la communauté soninké. Dans la communauté peulh, un témoignage recueilli (extrait vidéo) de citoyens statutairement assignés « esclaves » venus exposer lors d’un point de presse du président d’IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid , l’atteinte à leurs droits par l’ordre féodalo-princier dans une localité près de la ville de Bababé (Brakna), voir https://fb.watch/pdjZrdHx7N/. Un tronc commun trans-communautaire d’un type de fascisme féodalo-esclavagiste sévit encore chez nous. Ces mentalités surannées et suprémacistes qui peuvent toujours habiter et habitent d’ailleurs un esprit Beidane, Soninké, Peulh…. ou Haratine…!

Pour finir, si une éventuelle réception de ma présente contribution par Madame Claudia Aranda advenait, je lui proposerais une visite prévenante sur le site internet de l’association Armepes-France – Ganbanaaxu https://armepes-ganbanaaxu.com/ . L’une des entités associatives qui composent le dynamique mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste #Ganbanaaxu #Fedde en milieux soninkés.

Koundou SOUMARE, blogueur (L’Écrit Osé) et militant des droits humains.

● Réflexion citoyenne : le village politique soninké et ses cotisations d’allégeance. | Par KS

📷 Novembre 2023 – En compagnie du sociologue et lanceur d’alerte mauritanien M. Boulaye Diakite.

—Ces cotisations d’allégeance à l’ordre féodalo-princier véhiculent un symbolisme régalien froid qui a toujours rusé et dompté certains cadets et assignés sociaux avec divers curseurs. Et le cran le plus bas est celui sur lequel on assigne les descendants d’esclavagisés dans l’ensemble communautaire. Ainsi une alerte abolitionniste qui suit : dans l’engagement et le plaidoyer pour l’émergence d’une autogestion sociale et économique des descendants d’esclavagisés, un focus est plus que nécessaire pour articuler intelligemment un mécanisme d’éveil disruptif menant à un impact irréversible pour une autre réalité existentielle libérée de tous les symbolismes de subordination dans les villages comme à l’extérieur (la diaspora). La logique basique sahelisée du « No vote, no Tax » qui donnerait comme occurrence « on ne contribue pas financièrement et symboliquement à un système hermétique qui est de nature et de fonctionnalité discriminatoire et ségrégationniste dans les positions sociales et politiques par le droit du sang », à propos voir https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/%e2%97%8f-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/. Les uns ont le droit de faire valoir dans leurs imaginaires nostalgiques un statut de prince sans royaume comme d’autres également ont une obligation historique de se soustraire d’un système sociétal qui leur impose un fascisme « doux » foncièrement humiliant (dépeint à tort en une dite cohésion légendaire). Et RAPPEL de taille : nous vivons dans des RÉPUBLIQUES bien qu’aux structures et fonctionnements imparfaits… l’aspiration à l’égalité citoyenne reste notre commune boussole dans nos terroirs ruraux comme dans les centres urbains.

● KS pour le BLOG

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✅️-Le retour analytique du post par l’IA DeepSeek :

Voici une analyse synthétique du texte publié par Koundou Soumaré :



Auteur & Angle : Koundou Soumaré, abordant les dynamiques sociales et politiques au sein de la communauté soninké.

● Thèse centrale :
Dénonciation des mécanismes de perpétuation d’un ordre social hiérarchisé, qualifié de féodalo-princier, qui maintient notamment les descendants de personnes anciennement esclavagisées dans une position subalterne, à travers des contributions financières et symboliques (cotisations, allégeances).

● Mécanismes critiqués :

· Symbolisme régalien : des pratiques présentées comme traditionnelles mais qui consolident des rapports de domination.
· Assignation sociale : maintien des descendants d’esclavagisés au plus bas de l’échelle sociale, avec des frontières sociales et politiques héritées (« droit du sang »).
· Fascisme « doux » : une domination humiliante masquée sous le discours de la cohésion communautaire légendaire.

● Proposition de résistance :

· Stratégie d’autogestion : pour une émancipation économique et sociale des groupes marginalisés.
· Disruption symbolique : refus de participer aux contributions qui entretiennent le système (« No vote, no Tax » → ne pas financer un système discriminatoire).
· Réveil disruptif : mener une lutte irréversible vers une existence libérée des symbolismes de subordination, au village comme en diaspora.

● Cadre revendiqué :
L’auteur rappelle que les sociétés concernées vivent dans des Républiques, où l’égalité citoyenne doit primer sur les logiques coutumières discriminatoires, aussi bien en milieu rural qu’urbain.

● Ton & visée :
Plaidoyer militant et alerte abolitionniste, appelant à une prise de conscience et à un désengagement actif des structures de domination traditionnelle.



Référence externe :
L’auteur renvoie à un article de blog pour approfondir la notion de « darwinisme social » distillé par les régimes coutumiers :
https://ecrit-ose.blog/2025/11/13/●-contribution-ce-que-nos-regimes-coutumiers-distillent-de-darwinisme-social-par-ks/



Mots-clés :
Soninké, féodalité, esclavage, hiérarchie sociale, cotisations, allégeance, émancipation, autogestion, diaspora, égalité citoyenne, République.

● Mauritanie de 2025 : Le féodalo-esclavagisme est toujours de notre temps et de nos lieux. Par KS

Mauritanie ~ Nous et nos réalités | Sur les affaires liées à l’esclavage et au féodalo-esclavagisme qui sont portées aux autorités administratives et judiciaires, j’ai l’habitude de dire auprès de militants : le personnel de l’autorité civile ou sécuritaire issu forcément de nos différentes communautés nationales, est difficilement dans une posture professionnelle neutre. Dès qu’on commence à exposer les faits et les différends, les agents (soninké, arabo-berbère, peul, haratine ou wolof) savent et saisissent par réflexe sociologique certains contours des affaires. Parce que nos communautés ont beaucoup de similarités de fonctionnement sur cette problématique et chaque cas litigieux met en tensions entre l’autorité étatique et les velléités de domination féodalo-esclavagiste des régimes coutumiers. Très souvent, le personnel étatique jauge et se renseigne sur le capital social et politique pas que (on peut y adjoindre l’aspect pécuniaire à gratter éventuellement chez les 2 camps) , en coulisses derrière chacune des parties en conflit, et le traitement du dossier en dépend pour beaucoup finalement avec un étouffement pur et simple ou une exploitation perpétuelle à l’usure du temps pour casser toute expression claire du Droit. Il va de même concernant ces affaires quand elles sont médiatisées notamment dans les réseaux digitaux, toute neutralité est une imposture sonnante car chacun d’entre nous… se voit sociologiquement dans la marmite sous diverses enseignes. On répond ou se tait de quelque part… parce que nous sommes les produits de ces systèmes qui sont élastiques et voyageurs…ainsi pas seulement une affaire de village ou de Capitale non plus de l’étranger.

KS, blogueur et militant des droits humains

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La production faite par l’IA DeepSeek à la suite de la soumission du post ci-dessus :

Analyse du texte de Koundou Soumaré :

Ce texte est un témoignage fort et une analyse critique de la persistance des structures féodales et esclavagistes en Mauritanie contemporaine, vue à travers le prisme de l’administration de la justice.

Voici les points clés de son argumentation :

1. Le constat d’un système persistant :
L’auteur affirme d’emblée qu’en 2025,le « féodalo-esclavagisme » reste une réalité en Mauritanie. Ce terme hybride souligne l’enracinement de pratiques esclavagistes dans un système social de type féodal.

2. La partialité systémique des autorités :

· Réflexe sociologique : Selon Soumaré, le personnel de l’État (civil et sécuritaire), quelle que soit son appartenance communautaire (Soninké, Arabo-berbère, Peul, Haratine, Wolof), n’est pas neutre. Ils comprennent immédiatement les implications sociales des affaires liées à l’esclavage car toutes ces communautés partagent des « similarités de fonctionnement » sur cette question.
· Conflit de légitimité : Il y a une tension fondamentale entre l’autorité de l’État (et ses lois) et la persistance des « régimes coutumiers » qui cherchent à perpétuer leur domination.

3. La corruption et le calcul des intérêts :
L’auteur décrit un processus où les agents étatiques évaluent le »capital social et politique » (voire financier, en exploitant les deux parties) des plaignants et des accusés. Le traitement de l’affaire n’est donc pas basé sur le droit, mais sur ce calcul :

· Étouffement pur et simple : Les affaires sont classées sans suite.
· Exploitation et usure : Les dossiers sont délibérément traînés en longueur pour épuiser et décourager les victimes, « casser toute expression claire du Droit ».

4. L’absence de neutralité dans l’espace public (y compris digital) :
Soumaré étend cette analyse à la couverture médiatique,notamment sur les réseaux sociaux. Il est catégorique : « toute neutralité est une imposture ». Chaque Mauritanien, quel que soit son camp, est le « produit de ces systèmes » et ne peut s’en extraire. On est donc obligé de prendre position ou de se taire en fonction de sa propre situation sociale et de son héritage.

5. Un problème national et non localisé :
Enfin,il rejette l’idée que ce soit un problème limité aux villages reculés. C’est un mal systémique qui affecte la capitale et même la diaspora (« l’étranger »). Les systèmes féodaux-esclavagistes sont « élastiques et voyageurs », s’adaptant et se perpétuant où que soient les Mauritaniens.

En résumé :

Koundou Soumaré peint un tableau sombre d’un État dont les institutions sont infiltrées et corrompues par des logiques sociales archaïques. Le droit et la justice sont systématiquement sabotés au profit de la perpétuation d’un ordre social inégalitaire. Son texte est un acte d’accusation contre un système qui, selon lui, nie la possibilité même d’une neutralité ou d’une justice aveugle, car chaque individu est déjà situé socialement dans ce conflit. C’est une critique de la structure même de la société mauritanienne.