Ce mardi 26 mai 2026, la vie politique sénégalaise a connu un réajustement institutionnel avec l’accession de l’ex Premier ministre M. Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée Nationale. Limogé le 24 mai par le président Diomaye Faye, le leader du parti majoritaire au parlement (le Pastef) a retrouvé son siège et a été élu dans la foulée président de la représentation nationale. Une séquence politique qui marque les tiraillements positionnels entre le camp du président sénégalais et celui de ses camarades ou ses anciens camarades politiques du parti Pastef. À noter qu’un nouveau premier ministre a été nommé ces derniers temps et il n’est pas issu du parti Pastef. Dans son premier speech de président de l’assemblée nationale, M. Sonko l’a évidemment relevé en alertant qu’on ne peut pas faire du « Pastef sans le Pastef » . Précisant qu’ils n’ont pas été consultés sur la nomination du nouveau premier et pas encore sur les préparatifs de la composition d’un nouveau gouvernement. Il a salué les compétences techniques du premier ministre nommé et expose sommairement les thématiques sur lesquelles ils diveregent en termes d’approche et de fond notamment (économique, monétaire…).
L’arène politique du pays de la Teranga s’oriente vers un dualisme inédit entre la Présidence de la République et l’Assemblée Nationale. À savoir… jusqu’à quand et pour quelles retombées pour le peuple sénégalais…!?
J’ai lancé un débat qui se voulait comparatif entre le féodalisme et le racisme, deux maux, deux abominations, deux tares sociales dont on parle beaucoup en Mauritanie.
Au départ, le débat n’a pas suscité l’enthousiasme escompté. Mais lorsque mon frère Youssouph Kamara a repris sur sa page Facebook la question suivante : « Celui qui pratique et fait l’apologie du féodalisme peut-il se plaindre du racisme ? », les réactions n’ont pas tardé à affluer.
Très suivi sur les réseaux sociaux, Youssouph Kamara a permis au sujet de toucher un large public composé de profils divers. Les contributions recueillies montrent, dans leur grande majorité, que le féodalisme et le racisme sont perçus comme deux réalités tout aussi détestables.
Militant infatigable des droits humains et membre du mouvement abolitionniste IRA, Youssouph Kamara dans un échange avec le sociologue, Boulaye DIAKITE a écrit : « C’est mal connaître la féodalité que de penser que tous les féodaux se considèrent comme des êtres supérieurs, beaucoup d’adepte du féodalisme (féodaux) se considèrent comme étant inférieurs et le prônent ouvertement. L’un des piliers du féodalisme est justement cette majorité de personnes qui soutiennent et revendiquent leur statut et en tirent un bénéfice. Les marxistes les désignent par lumpenprolétariat. »
Au fil des échanges, un consensus semble s’être dégagé autour du caractère abject et répugnant du féodalisme comme du racisme. Tous deux apparaissent comme des sources d’exclusion, de stigmatisation et d’exploitation qui fragilisent l’unité nationale dans un pays comme la Mauritanie.
Fait révélateur : ceux qui font habituellement l’apologie du féodalisme ou du racisme se sont abstenus de participer au débat. Comme s’il devenait difficile, aujourd’hui, d’assumer publiquement un discours fondé sur la hiérarchisation des êtres humains. Soutenir ouvertement de telles pratiques paraît désormais gênant, peu lucide, voire honteux.
Parmi les premiers à réagir, KoundouSoumaré, blogueur et militant du mouvement Ganbanaxu Fedde, a évoqué « un débat d’intérêt intra-communautaire, inter-communautaire et national ». Avant d’ajouter : « On va suivre la température… alors entre nos petits fascismes villageois et les affaires nationales en débat… » À travers cette réflexion, Koundou Soumaré montre que le féodalisme et le racisme renvoient, en Mauritanie, à deux espaces imbriqués : le communautaire et le national.
Le journaliste Seydi Moussa Camara estime que racisme et féodalisme procèdent d’une même logique d’infériorisation de l’autre: « Celui qui adhère à une logique de supériorité sociale ou de hiérarchie entre les groupes peut difficilement accepter, lorsque cette logique se retourne contre lui, une idéologie qui l’infériorise à son tour. »
De son côté, le professeur Wagué Cheikhna ne prend pas de gants : « Le féodalisme, le racisme, le tribalisme, le communautarisme… je les mets dans le même panier. Tous relèvent du négationnisme. »
Même son de cloche chez le professeur de littérature orale à l’UGB, Oumar N’Diaye, qui résume sa pensée en quelques mots : « Logiquement, non, parce que c’est du kif-kif. »
Le journaliste Kissima Diagana, quant à lui, a livré une formule brève mais particulièrement expressive : « Il peut, mais il ne DOIT pas. » À la question de savoir si celui qui pratique le féodalisme peut se plaindre du racisme, le doyen Kissima répond ainsi par une formule presque philosophique, opposant l’être- le réel, les faits- au devoir-être, c’est-à-dire la norme morale et l’idéal.
Le sociologue Boulaye Diakité pousse, lui, la comparaison encore plus loin : « Les féodaux sont pires que les racistes. Les racistes vivent dans des préjugés absurdes et certains peuvent être “sauvés” par la psychiatrie. Les féodaux, eux, se considèrent comme des êtres supérieurs ; ils sont irrécupérables. »
Pour sa part, l’ancien ministre Diarra Idrissa préfère une définition plus conceptuelle : « Le féodalisme est l’expression culturelle de l’esclavagisme. Quant au racisme, c’est une forme de féodalisme en l’absence de rapports directs de domination entre les individus. »
Allant dans le même sens, Cheikh MohamedDiarra s’interroge : « Quelqu’un qui défend une supériorité fondée sur la naissance au sein d’une même communauté peut-il condamner une prétendue supériorité naturelle entre des races différentes ? Avec quel argument cohérent ? »
Enfin, l’homme de lettres Souleymane Sidibé livre une réaction sans détour : « La féodalité est nauséabonde et me répugne. Je peux discuter avec un raciste, mais le féodalisme, pour moi, c’est radioactif. »
Au final, ce débat aura permis de faire réagir des profils variés autour de deux réalités sociales particulièrement sensibles. Mais malgré la délicatesse du sujet, chacun a pu exprimer son opinion dans le respect de l’autre.
Ce vendredi 22 mai 2026, le couperet faussement inattendu est dégainé depuis la présidence à Dakar. Ce duo victorieux « Diomaye Moy Sonko » (Diomaye C’est Sonko) de l’élection présidentielle de 2024 n’a pas pu tenir harmonieusement face aux réalités insondables de l’exercice du pouvoir étatique. Ainsi, cette séparation ouvre une phase spéculative dans la vie politique sénégalaise. Le film à suivre dans l’avenir entre les 2 camps est d’un intérêt en terme de sciences politiques pour les observateurs. Le camp du président OS du Pastef s’affiche et clame sa fidélité aux promesses du Projet électoral exposé au peuple sénégalais. De l’autre côté, le jeune président Diomaye semble opter pour un suspect recentrage séparatiste qui interroge. Il n’ignore pas que son désormais ex PM est actuellement la personnalité politique la plus puissante pas que du Sénégal seulement mais de notre sous-région ouest-africaine.
Maintenant les responsabilités sont prises de part et d’autre ouvertement…et leurs conséquences n’échapperont pas au tribunal de l’Histoire devant l’opinion publique.
📷 21 avril 2023 | Dafort, une journée de l’Eid El Fitr
~~Inna lillah wa inna ilayhi raaji’uun~~
La nuit du 2 au 3 mai 2026, notre chère mère Lalya Mohamed COULIBALY a rencontré l’inéluctable faucheuse, la mort, à Nouakchott à l’âge de 77 ans. Paix éternelle à son âme ainsi qu’à l’ensemble de nos défunts. Avec un profond chagrin nous avons perdu une éducatrice rigoureuse, une gestionnaire familiale, une boussole relationnelle de la parentèle élargie (liens parentaux au sein de plusieurs villages) et un bouclier alerte qui a tant comptée dans ma construction sociale et morale. Je lui dois ÉNORMÉMENT et je prie Le TOUT Puissant Dieu par Son Illustre Miséricorde pour lui Accorder éternellement un Séjour Paradisiaque parmi les âmes vertueuses. Ameen.
Son slogan-conseil à mon endroit lors de ma visite de février 2017 au village (Dafort – Mauritanie 🇲🇷) aux débuts de frictions verbales réactionnaires contre l’engagement abolitionniste et social Ganbanaaxu, fut en substance : « ..qu’aucune conflictualité ne te dévie dans la mauvaise foi et les mensonges. Reste vrai et dans la rectitude comportementale dans tes relations.. » . Elle fut personnellement lésée dans son droit (depuis avril 2018) quand 9 familles avaient été visées par une initiative d’expropriation de terres ourdie par un camp féodalo-esclavagiste local qui comptait en vain nous dissuader du refus résolu d’un mépris trop longtemps socialisé et construit en norme de violences symboliques dans l’écosystème coutumier soninké (Laadalenmaxu). Un dossier judiciaire à propos reste toujours pendant dans un système étatique où le petit peuple peu reseauté dans le clientélisme socio-politique, se convainc amèrement que l’institution judiciaire ne traiterait la matière litigieuse qu’en fonction de certaines données périphériques peu avouables (identités sociologiques, références statutaires et administratives, couloirs politiques et sociaux…) plaquées et attribuées aux protagonistes en face. Souvent, on ne juge pas réellement un fond mais on l’oriente et le formalise avec beaucoup de partialité au profit d’une clientèle identifiée et conseillée en amont dans les coulisses.
Elle me déconseillait toute personnalisation dans l’engagement et croyait fermement à la dynamique du collectif. À rappeler que l’éveil social et politique contre les coutumes féodales en pays soninké, a été un grand boulevard de dévoilement sur une certaine nature humaine : des amitiés et des parentés furent assainies et consolidées ici ou défaites et éclatées là-bas en fonction de la sincérité et de la profondeur empathique des uns et des autres pour une commune dignité pleine ou d’un égoïste utilitarisme fonctionnel et suprémaciste pour la perpétuation d’une insidieuse subordination sociétale.
Je suis tellement fier d’elle pour sa résilience et sa tenue morale face aux épreuves. Comme serment, J’essaierai de m’accrocher dignement à sa legacy, In sha Allah.
Mes fraternelles condoléances à l’ensemble parentèle SOUMARE, COULIBALY et NDIAYE à Dafort et ailleurs. Mes vifs et reconnaissants remerciements à l’endroit de mes frères, sœurs, oncles, cousins, cousines, amis et amies qui n’ont liardé sur rien pour assurer la meilleure des assistances morales, médicales, relationnelles et matérielles autour d’elle dès Dafort jusqu’à Nouakchott. Merci à la communauté fraternelle et amicale mobilisée à Nouakchott lors de son décès ainsi qu’au jour de son enterrement le 4 mai 2026. Encore Merci à vous (la communauté RS) pour vos nombreux messages et appels de condoléances. Vos mots ont été d’un grand réconfort pour notre famille. Que votre récompense soit parfaite par la Grâce d’Allah. Ameen.
📷-Général SadioCamara (47 ans) , l’un des 5 colonels auteurs du putsch du 18 août 2020, tragiquement fauché il y a une semaine, lors de l’attaque menée par l’alliance entre le Jnim (jihadistes maliens) et le Fla (rebelles touaregs du nord). Il était le puissant ministre de la défense de la junte militaire et son élimination avec une partie de ses proches à Kati, la ville-garnison clé du système sécuritaire du régime du Général Goïta, pose beaucoup de questions en sourdine. Atteindre un ministre de ce calibre avec une telle facilité, il faut demander voire exiger un inventaire de circonstances à la haute hiérarchie de la junte. Le temps de la saturation émotionnelle et digitale va s’arrêter et il faudra poser une loupe laser sur les rouages de ce régime qui semble préoccupé par sa propre sécurisation (entre clans) que par une véritable restauration nationale inclusive.
Les événements du 25 avril dernier démontrent à suffisance que les éléments de langage comme écran de légitimation d’un pouvoir anti- démocratique et sectaire, sont constitutifs d’un narratif fallacieux difficilement potable pour une opinion publique ALERTE.
Les parents et proches du ministre décédé doivent exiger une enquête internationale sur ce qui lui est arrivé ce jour du 25 avril 2026 à Kati. Est-il victime d’une purge « amicale » sous couvert parce qu’il devient encombrant par son esprit rationnel et moins zélé dans la direction du régime ? Par le passé, certains échos laissaient entendre que des officiers qui lui seraient proches, furent arrêtés pour un supposé complot de déstabilisation. Il y a de la matière à explorer et à expliciter…un jour.
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