● TRIBUNE | de la résolution de l’onu aux réalités africaines : le défi de l’esclavage par ascendance

—-Le 25 mars 2026, les Nations unies, par une déclaration solennelle de son assemblée générale (AG/12755), adoptent une résolution historique : celle qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves africains de «plus grave crime contre l’humanité ». (cf. lien n°1). Cette résolution a été votée sous l’impulsion du président du Ghana John Dramani Mahama avec l’appui de l’Union africaine.

Nous saluons cette décision symbolique d’une grande portée pour la reconnaissance de l’esclavage comme plus grave crime contre l’humanité. C’est dans cet esprit que nous, militants de droits humains de l’espace sahélien, à travers cette tribune, interpellons, par des remarques citoyennes, l’union africaine, les décideurs de nos Etats, les sociétés civiles et les diasporas africaines.

Nous considérons que cette résolution onusienne mérite d’être un point d’enclenchement d’une prise de conscience collective des peuples africains sur les différents types d’esclavage qui ont saigné diversement notre continent.

En effet, l’Afrique politique et intellectuelle a certes obtenu un succès diplomatique majeur au sein de l’Assemblée générale onusienne. Mais elle ne devrait pas passer sous silence les nombreuses frictions sociales intra-communautaires encore existantes dans certaines zones ouest-africaines, et qui sont relatives à la problématique de “l’esclavage par ascendance”. Une réalité sociale insidieusement intégrée dans le système de castes de communautés très hiérarchisées.

Le cas, entre autres, du groupe sociolinguistique soninké en est une illustration parfaite. Cette société est aujourd’hui traversée par une dynamique abolitionniste qui se heurte à des forces réactionnaires qui font usage d’une violence inouïe et bafouent la dignité humaine.

C’est ainsi qu’au cours de cette dernière décennie, de 2016 à 2026, plusieurs faits d’une gravité extrême ont été recensés : le lynchage à mort de 4 militants anti-esclavagistes du mouvement d’éveil Gambana (Égalité en droit et en dignité) à Diandjoumé (Mali) (cf. lien n°2), l’horrible exécution de madame Diogou Sidibé à Lany (Mali) (cf. lien n°3) et également en Mauritanie avec l’agression de monsieur Samba Moussa Kone (cf. lien n°4).

Au vu de la gravité des crimes susmentionnés, les différents gouvernements, instances et ONG droit-de-l’hommistes devraient aborder frontalement les problématiques très actuelles liées au passé esclavagiste transsaharien et intra-africain. Car en effet, une forme de passivité et de mise à distance sont constatées à chaque fois que la question de l’esclavage est abordée.

Inutile de rappeler le vote abstentionniste de certains pays occidentaux dont la France (cf. carte de jeune Afrique). Vote d’autant plus incompréhensible que la Loi n° 2001-434 adoptée le 21 mai 2001 et portée par la députée Christiane Taubira, reconnait officiellement la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité.

Cette France abstentionniste qui proclame son attachement aux droits de l’homme est pourtant celle qui a été l’un des pays les plus actifs dans la traite transatlantique.

Ce négationnisme des puissances esclavagistes ne doit pas masquer celle de nos Etats africains, encore plus troublante. Il est évident que la traite transatlantique constitue un crime contre l’humanité, toutefois l’esclavage arabo-musulman en est un autre, ainsi que l’esclavage par ascendance qui perdure subtilement en Afrique de l’Ouest.

Ce dernier, longtemps passé sous silence, constitue une autre forme d’atteinte à la dignité humaine. Elle se manifeste par un déterminisme social assignant statutairement les individus dès la naissance et les condamnant à une subalternité perpétuelle. Ce système discriminatoire érigé en norme sociale qui se transmet de génération en génération est une négation totale de la liberté, de l’égalité et de la dignité humaine. Il lèse un pan entier de la société.

Au XXIᵉ siècle, une telle pratique est une honte pour l’humanité. L’esclavage par hérédité doit être dénoncé avec courage et détermination. Le silence sur cette question et le caractère tabou ne sauraient perdurer. La complaisance des intellectuels, des religieux et des instances culturelles doit cesser afin d’éradiquer définitivement ces tares.

De la même manière, le laxisme de nos Etats modernes, qui se traduit par la complicité de certains de leurs représentants, censés garantir la citoyenneté pleine et entière, doit être banni. Bien qu’il existe des textes et des lois interdisant ces pratiques dégradantes, force est de constater que leur application laisse à désirer. Ainsi, rien ne change sur le terrain.

Comment expliquer qu’on puisse encore parler d’esclavage dans un pays comme la Mauritanie où il existe tout un arsenal juridique (e.g. loi 031-2015) sans impact réel sur l’abolition effective de l’esclavage et ses séquelles. Au Mali, une récente loi historique (loi n°2024-027) a été adoptée, renforçant la condamnation de la pratique et de l’apologie de l’esclavage. Pourtant, cela n’a pas eu l’effet escompté. Il est donc plus qu’urgent que nos États s’impliquent davantage dans la lutte contre ce fléau, seule condition, pour l’avènement d’un véritable État de droit.

A travers cette tribune d’alerte notre objectif est triple :

1- Lancer un plaidoyer humaniste et citoyen à l’endroit des institutions internationales et continentales, au premier rang desquelles l’ONU et l’Union africaine sur la question des survivances de ce grave crime qu’est l’esclavage. Il s’agit notamment de souligner l’impérieuse nécessité de conduire une réflexion sérieuse et approfondie sur les problématiques multiformes liées à l’esclavage par ascendance qui est actif dans certaines coutumes et pratiques dites faussement « traditionnelles ».

2- Interpeller les leaders d’opinion et les représentants sociaux (les représentants traditionnels, les intellectuels, les élus, les militants de la société civile…) en Afrique et dans les univers diasporiques pour une initiative morale et sociale de grande ampleur sur les problématiques de l’esclavage dans ses diverses manifestations. Les mentalités esclavagistes et féodales qui persistent au sein de nos communautés en ce siècle sont un marqueur avilissant pour la personnalité africaine et noire.

3-Enfin, nous invitons solennellement les leaders d’opinion de la communauté soninké à un dialogue sans tabou afin de briser l’omerta sur la réalité de l’esclavage par hérédité.

En d’autres termes, il nous appartient d’unir nos efforts pour éradiquer l’esclavage dans le but d’instaurer une société juste et égalitaire. Ceci est un devoir moral qui incombe à tout un chacun pour préserver l’harmonie sociale.

LES SIGNATAIRES :

CAMARA Issa (Mauritanie)

BA Issa (Sénégal)

SOUMARE Koundou (Mauritanie)

SIDIBE Biranté (Sénégal)

DIARRA Cheikh (Mauritanie)

CISSOKHO Souleymane (Mauritanie)

Références :

Lien n°1 : https://press.un.org/fr/2026/ag12755.doc.htm

Lien n°2 : https://bamada.net/lynchage-des-militants-anti-esclavagistes-dans-la-loc...

Lien n°3 : https://www.dw.com/fr/mali-diogou-sidibé-esclavage-par-ascendance-kaye/a-62903536

Lien n°4 : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569

● Ganbanaxu : traduction « égalité pour tous ». Pourquoi un tel slogan dérange-t-il tant ? | Par le journaliste M. Seyre Sidibe

C’est pourtant le sens même de la démocratie, de la justice sociale et de la citoyenneté, n’est-ce pas ?

Les peuples africains ne cherchent-ils pas à renégocier avec les institutions onusiennes afin que l’Afrique soit mieux représentée ?

Plusieurs États africains ne cherchent-ils pas à réviser les accords de coopération, notamment militaires, avec la France ?

Est-ce un péché que de chercher à renégocier, à revoir ou à rejeter les termes d’un contrat mal négocié, il y a quelques années voire des décennies, contrat désavantageux pour vous parce que vous n’étiez pas là, ou bien parce que ceux qui vous représentaient étaient en position de faiblesse ?

Telle est, en substance, la problématique que pose le mouvement Ganbanaxu pour promouvoir de nouvelles bases saines pour la société soninké. Mais le mouvement se heurte à un mur : une résistance faite de nostalgie et d’immobilisme social, celle de ceux qui trouvent leur compte dans le déterminisme social. Un ordre dépassé et anachronique, qui ne rassemble plus et qui est désormais source de tensions multiformes.

Une situation qui exsangue la société soninké et divise la jeunesse, en la détournant et en la désorientant des véritables problématiques de son époque.

Seyré SIDIBE

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec Dr DIALLO Djibril

—La rubrique GEB (Grand Entretien du BLOG) vous propose l’interview ci-après accordée par M. Diallo Djibril. Originaire de la commune de Tachott dans le Guidimagha, le juriste est actuellement haut cadre au Ministère de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Ici l’expression de notre fraternelle reconnaissance à son endroit pour la disponibilité.

Bonne lecture !

Question 1 : Présentation sommaire ?

Dr DIALLO Djibril : Je m’appelle Diallo Djibril Cheikh Bouye. Je suis juriste de formation, titulaire d’un doctorat en droit public de l’université Paris 8, avec une spécialisation en intégration régionale africaine et en gouvernance publique. Mon parcours universitaire m’a conduit également à l’Université de Perpignan, ainsi qu’à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où j’ai approfondi mes recherches en droit de l’intégration et en droit international économique.
Sur le plan professionnel, j’exerce aujourd’hui principalement dans le champ des politiques publiques, de la stratégie institutionnelle et du conseil juridique. J’occupe présentement la fonction de conseiller technique chargé des affaires juridiques au cabinet du ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Parallèlement, j’ai longtemps évolué dans le monde de la recherche et des études stratégiques au Centre Essahraa d’Études et de Consultations, un think Tank mauritanien.
J’ai également été enseignant en droit, économie et management, dans le secondaire et certains établissements de l’enseignement supérieur lors de mon séjour en France. 
Aussi, j’ai toujours été engagé dans la vie associative, notamment sur les questions de citoyenneté, d’éducation et de développement communautaire.
Je m’arrête là, avec cette brève présentation.
Question 2 : Retour d’expérience après l’Europe ?
DD : Mon séjour en Europe fut une expérience intellectuelle et humaine extrêmement structurante. Il m’a permis d’évoluer dans des environnements académiques exigeants, où la rigueur méthodologique, l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle sont fortement valorisés.
Les facilités résident principalement dans l’accès aux ressources documentaires, à des réseaux scientifiques denses et à un encadrement académique structuré. Toutefois, les écueils ne sont pas négligeables : solitude, exigence d’adaptation culturelle, pression académique et nécessité d’une discipline personnelle constante.
Mon principal conseil aux jeunes serait de ne pas idéaliser l’extérieur, mais de le considérer comme un espace d’apprentissage. L’essentiel est d’acquérir des compétences transférables, une méthode de travail solide et une ouverture d’esprit. Le retour au pays doit être pensé comme une continuité logique : il s’agit de réinvestir les acquis au service du développement national.
Question 3 : Conseils à la jeunesse mauritanienne, notamment soninké ?
DD : L’éducation demeure le levier fondamental de transformation sociale. À la jeunesse mauritanienne, je recommanderais d’investir prioritairement dans la formation intellectuelle, technique et morale. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir des diplômes, mais de cultiver la compétence, l’éthique et la discipline.
À l’adresse particulière des jeunes soninké, dont l’histoire est marquée par une forte tradition intellectuelle et migratoire, je dirais qu’il est impératif de concilier enracinement culturel et ouverture au monde. La maîtrise des langues, des outils numériques, des sciences et des métiers émergents est aujourd’hui indispensable.
Il faut également développer l’esprit entrepreneurial et sortir d’une logique exclusive de recherche d’emploi public. La création de valeur, l’innovation et l’initiative privée constituent des perspectives majeures pour l’avenir.
Question 4 : Diagnostic sur les pratiques féodalo-esclavagistes et pistes d’éradication ?
DD : Les survivances de pratiques féodalo-esclavagistes constituent une réalité sociologique et historique complexe. Elles s’inscrivent dans des structures mentales héritées, parfois intériorisées, qui continuent d’influencer les rapports sociaux.
Mon diagnostic est double : d’une part, il existe un décalage entre le cadre juridique – qui prohibe clairement ces pratiques – et certaines représentations sociales persistantes ; d’autre part, la transformation des mentalités nécessite un travail de longue haleine.
Les pistes d’action devraient s’articuler autour de trois axes :
L’éducation et la conscientisation : renforcer l’enseignement de l’égalité, de la dignité humaine et de la citoyenneté.
L’application rigoureuse du droit : l’État doit garantir l’effectivité des normes existantes.
Le dialogue communautaire et religieux : mobiliser les leaders d’opinion, intellectuels et acteurs associatifs pour déconstruire les justifications culturelles erronées.
La sortie définitive de ces tares suppose une évolution générationnelle appuyée par des politiques publiques cohérentes et une volonté collective affirmée.

● Question 5 : Engagement des jeunes en politique en Mauritanie ?

DD : La jeunesse mauritanienne manifeste un intérêt croissant pour les questions politiques, notamment à travers les réseaux sociaux et les mobilisations citoyennes. Cependant, cet engagement demeure parfois fragmenté et insuffisamment structuré.
Je constate un dynamisme réel, mais qui gagnerait à être davantage organisé, formé et encadré. L’engagement politique ne devrait pas se limiter à la revendication ; il doit également intégrer la formation doctrinale, la compréhension des institutions et la culture du compromis.
Il est essentiel que les jeunes investissent les partis, les organisations de la société civile et les espaces de débat avec compétence et éthique. L’avenir démocratique du pays dépendra largement de leur capacité à conjuguer idéal et responsabilité.

● Réalisé par KS pour le BLOG

🔴 Études ~ Histoire | Critique historique des affirmations sur Koumbi Saleh et l’Empire du Ghana | Par M. Mady Ibrahim Kante



1) L’existence historique de Koumbi Saleh
L’affirmation selon laquelle Koumbi Saleh n’est qu’un mythe ou une invention coloniale est remise en question par des fouilles archéologiques, titre d’exemple, les premières grandes fouilles scientifiques ont été effectuées par Raymond Mauny (1950-60), puis par Serge Robert et Sophie Berthier. Cependant, les vestiges comprennent bien évidemment, habitations en pierre, mosquées anciennes et structures urbaines étendues sur le lieu considérait l’ancienne citée de Koumbi Saleh. On peut situer l’occupation principale entre le Ie/IVe et le XIIIe siècle selon les datations. Ces travaux témoignent de la présence réelle d’une ville importante précoloniale, bien avant 1910.
2) Koumbi Saleh et la capitale de l’Empire du Ghana (Wagadou)
L’Empire du Ghana, appelé Wagadou par les Soninké, est attesté par plusieurs sources médiévales musulmanes, indépendantes de la colonisation européenne. En particulier, la Source majeure : Al-Bakri au XIe siècle, il décrit Koumbi comme une capitale composée de deux villes distinctes : une ville royale (tradition animiste) ; une ville musulmane avec 12 mosquées, sous un pouvoir politique structuré et un commerce d’or florissant.
Son œuvre date de 1068 — soit près de 850 ans avant la présence coloniale française en Mauritanie. Il est donc historiquement inconcevable que l’Empire du Ghana soit une ‘invention coloniale’.
3) Sur l’accusation d’« invention par le sergent Bonnet en 1910 »
Aucune source académique officielle ne fait référence à un « sergent Bonnet » comme l’inventeur du royaume du Ghana. Au contraire, des auteurs arabes comme : Al-Bakri (XIe siècle), Al-Idrissi (XIIe siècle) et Ibn Khaldoun (XIVe siècle), mentionnent déjà l’existence d’un royaume puissant appelé Ghana. Les sources islamiques médiévales documentent donc le royaume, bien avant toute entreprise coloniale européenne.
4) Les Almoravides ont-ils fondé Koumbi Saleh ?
Les Almoravides étaient un mouvement réformiste berbère né au XIe siècle en Mauritanie et au Maroc. Regardons les faits historiques établis, qui ont mené des campagnes militaires vers le sud. Également, certains historiens pensent qu’ils ont attaqué Ghana vers 1076. Mais aucune preuve sérieuse n’indique qu’ils ont fondé Koumbi Saleh. Cependant, Les vestiges archéologiques montrent que la ville existait avant l’expansion almoravide.
Toutefois, les Almoravides ont pu influencer l’islamisation et renforcer les quartiers musulmans. Mais pas créer la ville ni l’empire.
5) Origine soninké de l’Empire (Wagadou)
Chez les Soninké, la tradition orale soninké (Mama Dinga – Soninké) identifie comme le fondateur de Wagadou (Ghana) depuis les premiers siècles de notre ère (A.J.). En établissant un système politique structuré considéré comme une aristocratie locale. Ces informations sont approuvées académiquement par des recherches linguistiques et anthropologiques confirment l’ancienneté soninké dans cette région.
En effet, l’Empire du Ghana ou Wagadou est donc purement africain, existait dans la période de précolonial, sous le règne de soninké.
6) Sur la thèse du « mensonge colonial pour effacer l’islam »
Cette affirmation pose un problème logique, notamment, les premières descriptions détaillées de Ghana viennent d’auteurs musulmans. Puis, la ville comportait des quartiers musulmans importants. Selon Docteur Ahmed Chalabi, il y’avait douze grandes mosquées dans les deux grandes villes de l’empire de Ghana. Il est important de noter que l’Islam y était déjà présent au XIe siècle.
Si l’objectif colonial était d’effacer l’islam, pourquoi s’appuyer sur des sources musulmanes anciennes ? pourquoi documenter l’existence de mosquées et de savants musulmans ? En effet on pourrait dire que l’argument manque de cohérence historique.
7) La question archéologique actuelle
Il est vrai que tous les aspects de l’Empire ne sont pas entièrement élucidés, des débats existent sur l’étendue exacte du territoire. Mais débat scientifique ≠ inexistence historique. La majorité des historiens spécialisés en Afrique médiévale reconnaissent l’existence de l’Empire du Ghana, l’importance de Koumbi Saleh et son rôle probable de capitale ou centre majeur
Conclusion
Le texte attribué à un certain « Ahmed Lehbib » présente plusieurs affirmations non étayées ni fondées, en particulier : absence de sources académiques ; négation des sources arabes médiévales ; confusion entre débat scientifique et négation historique ; accusation coloniale non documentée.
En revanche, les preuves en faveur de l’existence de « Koumbi Saleh » dans l’Empire du Ghana (Wagadou) et son noyau soninké ainsi que son importance dans le commerce transsaharien, sont appuyées par : sources arabes médiévales ; fouilles archéologiques ; traditions orales corroborées et ; recherches universitaires modernes.
Bien sûr, la reconnaissance de l’existence de l’Empire du Ghana ne diminue en rien l’importance des Almoravides, l’histoire islamique régionale et la valeur culturelle des Soninkés. Au contraire, cela montre la complexité et la richesse de l’histoire ouest-africaine-sahélienne précoloniale.
Bibliographie
I. Sources médiévales arabes (sources primaires)
1. Al-Bakri
Kitāb al-Masālik wa-l-Mamālik (Livre des routes et des royaumes), 1068.
o Description détaillée du royaume du Ghana et de sa capitale composée de deux villes.
o Traduction partielle dans :
De Slane, W. (trans.), Description de l’Afrique septentrionale, Alger, 1913.
2. Al-Idrissi
Nuzhat al-mushtāq fī ikhtirāq al-āfāq, XIIe siècle.
o Mention du royaume du Ghana dans ses descriptions géographiques.
3. Ibn Khaldoun
Kitāb al-‘Ibar, XIVe siècle.
o Chroniques historiques mentionnant les dynasties soudanaises, dont Ghana.
II. Travaux archéologiques sur Koumbi Saleh
4. Mauny, Raymond.
Tableau géographique de l’Ouest africain au Moyen Âge, Dakar, IFAN, 1961.
o Étude fondamentale reliant les descriptions arabes au site archéologique. (https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000066051_fre?posInSet=1&queryId=0346effd-082d-48d3-9101-036141508a5b)
5. Berthier, Sophie & Robert, Serge.
Recherches archéologiques à Koumbi Saleh (Mauritanie), CNRS, années 1970-1980.
o Rapports détaillant les fouilles, structures urbaines, mosquées, habitations en pierre.
6. UNESCO
Fiche descriptive du site de Koumbi Saleh (Liste indicative du patrimoine mondial).
o Documentation archéologique et historique officielle.
III. Ouvrages académiques modernes sur l’Empire du Ghana
7. Nehemia Levtzion
Ancient Ghana and Mali, Methuen, 1973.
o Analyse critique des sources arabes et des données archéologiques.
8. D.T. Niane (dir.)
Histoire générale de l’Afrique, Vol. IV : L’Afrique du XIIe au XVIe siècle, UNESCO, 1984.
o Chapitres consacrés à Ghana (Wagadou) et aux Soninké.
9. John Iliffe
Africans: The History of a Continent, Cambridge University Press, 1995.
o Synthèse historique incluant l’Empire du Ghana.
10. Kevin Shillington (ed.)
Encyclopedia of African History, Routledge, 2005.
o Entrée “Ghana Empire”.
IV. Sur les Almoravides
11. Nehemia Levtzion & Hopkins, J.F.P.
Corpus of Early Arabic Sources for West African History, Cambridge University Press, 1981.
o Compilation et traduction des textes arabes mentionnant Ghana et les Almoravides.
12. Vincent Cornell
The Almoravids and the Meanings of Jihad, Journal of African History.
o Étude critique du mouvement almoravide.
V. Synthèses générales
13. Basil Davidson
Africa in History, 1968.
o Vulgarisation historique basée sur recherches académiques.
14. Encyclopaedia Britannica
Article “Ghana Empire”.
o Résumé académique validé.

Mady Ibrahim Kanté, Enseignant-chercheur

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● Mauritanie | Communiqué du parti RAG-France : Le décès de notre compatriote El Hacen Diarra dans un commissariat à Paris

Ces derniers jours, nous avons appris avec consternation le décès de notre compatriote El Hacen Diarra originaire de la région du Guidimakha (localité de Baydiam). Plusieurs éléments médiatiques croisés rapportent qu’une arrestation violente par une équipe de police tout près de son lieu d’habitation serait la cause de son décès par la suite au sein d’un commissariat parisien. Ces faits dramatiques se sont déroulés dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026.

Par cet élément de communication, l’instance du parti RAG France et par extension l’entourage social et politique de l’honorable député M. Biram Dah Abeid :
● présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches du défunt en France et au pays et leur exprime soutien moral et patriotique,
● appelle aux autorités françaises en charge de l’enquête à un traitement approfondi afin que le dossier soit édifié avec rigueur et justice,
● interpelle les hautes autorités mauritaniennes pour une sérieuse prise en compte des problématiques pouvant affecter nos compatriotes vivant en situation diasporique.

Paris, 19 janvier 2026

● France | La famille d’El Hacen Diarra, mort dans un commissariat parisien, dénonce des violences policières [Brut média]

La famille d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort dans la nuit de mercredi à jeudi pendant sa garde à vue dans un commissariat parisien, a porté plainte pour « violences volontaires ayant entraîné la mort », a annoncé samedi son avocat Me Yassine Bouzrou.

Cette plainte s’appuie notamment sur une « vidéo (montrant) des violences commises sur lui lors de son interpellation », a relevé Me Bouzrou. Sur ces images, filmées de nuit, on distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donne un coup de poing en direction d’un homme plaqué au sol, avant l’arrivée de leurs collègues en voiture, une minute plus tard.

Le dépôt d’une plainte « s’impose face à l’absence de saisine d’un juge d’instruction par la procureure de la République, alors que les circonstances de ce drame sont marquées par des preuves accablantes », souligne Me Bouzrou dans un communiqué.

« Des témoins ont vu une mare de sang sur les lieux de l’interpellation, attestant de la violence extrême subie par El Hacen Diarra », poursuit l’avocat.

« À son arrivée au commissariat (du XXe arrondissement), les policiers eux-mêmes ont estimé nécessaire une hospitalisation immédiate », dénonçant des « violences graves » lors de l’interpellation et « peut-être » au sein du commissariat.

● Enquête de l’IGPN
Après le décès d’El Hacen Diarra, une enquête en « recherche des causes de la mort » a été confiée à l’IGPN, la police des polices. Selon le parquet de Paris, les policiers avaient contrôlé El Hacen Diarra après l’avoir « vu rouler un joint de cannabis ».

« Indiquant avoir été confrontés au refus de se soumettre aux palpations, les policiers ont procédé à l’interpellation du suspect, qui a chuté au sol, entraînant deux policiers dans sa chute à deux reprises. Un policier a indiqué avoir fait usage du taser, le touchant notamment à la cheville », a rapporté le parquet.

« Interpellé à 22h45, (il) a été conduit au commissariat sans autre incident au cours du transport. Le dépistage alcoolémique de la personne gardée à vue s’est avéré négatif. (…) Son transport à l’hôpital a été requis par l’officier de police judiciaire en raison de la plaie qu’il présentait à l’arcade », selon la version du parquet.

« Alors qu’il était en attente sur un banc du commissariat, (il) a été vu faire un malaise, son arrêt cardio-respiratoire a été constaté, et un policier a débuté un massage cardiaque, poursuivi par les pompiers à leur arrivée à 23h45. Le décès de la personne a été constaté à 00h20 », a expliqué le parquet à l’AFP.

©️ https://www.brut.media/fr/articles/france/justice-faits-divers/la-famille-del-hacen-diarra-mort-dans-un-commissariat-parisien-denonce-des-violences-policieres

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec M. Kissima COULIBALY, professeur et acteur de la société civile (Mauritanie)

La rubrique Grand Entretien du BLOG vous revient avec une interview accordée par M. Kissima COULIBALY. Professeur et acteur de la société civile, le natif de Kaédi a répondu à nos questions dans ce numéro 1 du Grand Entretien du BLOG (Le GEB) de l’année 2026. Nos vifs remerciements à son endroit pour la disponibilité manifestée. Bonne lecture.

Ci-après l’intégralité de l’interview :

● Question 1 : Bonjour monsieur Kissima COULIBALY, pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs? (Parcours scolaire, professionnel, politique et de militant dans la société civile)

M. Kissima COULIBALY : Je me nomme Kissima Coulibaly. Du primaire au secondaire, j’ai fait mes études à Kaedi, entre l’école Touldé et le lycée de Kaedi. J’ai obtenu mon baccalauréat au lycée privé de Sangama. Et titulaire d’une licence en biologie des organismes et des écosystèmes à l’université de nouackhott faculté de sciences et techniques.

Actuellement, je suis professeur de sciences naturelles et président de l’association des jeunes pour la promotion du développement durable, créée en 2020.

● Question 2 : pourriez-vous nous exposer quelques données formelles et de fond de votre engagement dans la société civile ? Facilités, écueils et perspectives…

KC : Mon engagement dans la société civile a commencé au collège, où j’étais un jeune actif. J’ai participé aux activités du club des jeunes Alliance de Kaedi. Après quelques temps, il y a eu des sélections au club et j’ai été nommé président. Cela m’a permis d’acquérir beaucoup de connaissances en matière de leadership. J’ai compris la notion de l’engagement. Après cela, durant les vacances, les jeunes de mon quartier sont venus me voir pour me proposer de créer une association au niveau du quartier, dont j’ai été le président. Cela m’a permis de connaître encore mieux le quartier et de créer un trait d’union entre les jeunes du quartier, en faisant des sensibilisations sur les actions citoyennes.

● Question 3 : à propos de l’éducation, quels conseils pourriez-vous donner à la jeunesse mauritanienne et en particulier à l’adresse des jeunes soninké ?

KC : Le conseil que je donne, c’est d’apprendre coûte que coûte, car sans éducation, on n’aura pas de citoyens modèles et sans citoyens modèles, l’avenir d’un pays sera flou et on sera à la merci du sous-développement à tous les niveaux. « L’avenir, ça se prépare ».

● Question 4 : en Mauritanie, les problématiques liées aux mentalités et pratiques féodalo-esclavagistes persistent dans nos communautés, de votre position d’acteur social , quel est votre diagnostic à propos globalement ? Et également… quelles seraient selon vous, des pistes d’application afin de dépasser définitivement ces tares sociétales qui sont conflictogènes?

KC : En ce qui concerne l’esclavage dans le milieu soninké, je pense qu’il n’y a pas une réelle participation de la société civile. Les tabous persistent, donc il faut qu’il y ait un programme qui soutienne la société civile à faire des sensibilisations, comme on le fait dans d’autres secteurs (santé, environnement, etc.). Pour qu’on puisse avoir une réelle participation communautaire, je crois que cela fera un changement de paradigme à tous les niveaux : des imams aux chefs de quartiers, des écoles à l’université, car c’est un fléau qui mérite d’être débattu et pour lequel il faut trouver des solutions, car cela freine le développement.

● Question 5 : quelle est votre lecture de l’engagement des jeunes en politique dans notre pays ? Ils y sont suffisumment dynamiques ou en retrait?

KC : L’engagement des jeunes sur la scène politique n’était pas compris auparavant. Mais en 2023 ,depuis que le président de la République a inclus les jeunes dans les instances décisionnelles, on a vu un réel engagement de la jeunesse sur la scène politique : des candidatures s’annoncent, et cela a donné un déclic chez plusieurs jeunes. C’est un début prometteur, mais il y a encore du chemin à parcourir.

Lien utile : la page Facebook de l’association AJPDD

https://www.facebook.com/profile.php?id=61578900985599

16 janvier 2026

• Réalisé par KS pour le BLOG

● L’esclavage par ascendance en Mauritanie : l’angle analytique trop binaire et partiel de Madame Claudia Aranda (Pressenza-Montréal)

—Elle est une journaliste chilienne officiant depuis Montréal (Canada) pour l’organe de presse Pressenza. Sa publication du 26 novembre 2025, consacrée à la problématique de l’esclavage héréditaire en Mauritanie, en lien  https://www.pressenza.com/fr/2025/11/mauritanie-le-desert-noublie-pas-esclavage-de-pere-en-fils-et-permanence-des-castes-dans-le-sahel/?fbclid=Iwb21leAO9279jbGNrA73buGV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHk7LLBK0wdLMa_8QWQdf9BzXDoZAVm9wcBF_4fQjlyN-YFlMGSUbPlGn-gDj_aem_wZWia98lHGHcxeO5Fyh73w avec un élément de titre « le désert n’oublie pas », contraste curieusement avec une certaine substance de fond. Celle qui est présentée comme spécialisée en Sémiologie et Analyse Politique semble oublier ou éviter l’aspect transversal et trans-communautaire de la problématique de l’esclavage par ascendance en Mauritanie. Elle s’est alignée dans une binarité simpliste d’une racialisation brute de la donnée comme suit : Mauritanie comme composition biraciale avec un schéma fixe « arabo-berbères esclavagistes et assimilés » et « noirs haratines anciennement esclavagisés et relégués sociaux et politiques ». Cet élément de son introduction est illustratif de son biais raccourci du fond : «Cette étude analyse la persistance d’un système de caste biracial qui articule les lignées, le prestige religieux, le colonialisme et la coercition communautaire, montrant comment la servitude héréditaire se reproduit dans la vie quotidienne de la Mauritanie malgré son abolition légale et son contrôle international.»

Une légèreté d’approche qui se paie à coût moindre la complexité de la question de l’esclavage, ses réalités sociétales et ses subtilités diffuses socialement au sein de toutes nos communautés. Son diagnostic analytique d’un grand intérêt de la problématique entre Beidanes et Haratines dans l’ensemble hassanophone ne saurait être qualitatif en terme de transversalité sur tous les groupes sociolinguistiques (soninkés, peulhs, wolof…). L’esclavage par ascendance ou le féodalo-esclavagisme est une abjecte denrée sociale commune quasiment à tous les espaces et groupes ethno-raciaux du pays avec quelques particulismes faisant objection de nature selon la charpente collective de chaque groupe ou communauté. Ainsi, si elle a été motivée ou/et orientée pour un duo traitement contributif scientifiquement et militance droit-de-l’hommiste, il y a lieu d’un jugement objectif que le compte y est partiel pour ne pas dire partial. Une Mauritanie qui serait esclavagiste ne l’est pas forcément que sur un schéma biracial. Concernant certains traits sociaux et tribaux de régimes féodalo-traditionalistes et esclavagistes qu’elle a décrits dans la subordination « Beidanes-Haratines », on pourrait les transposer chez les ensembles négro-mauritaniens notamment soninkés, peulhs et même parmi certains haratines « reproducteurs systémiques ».

Notre dame de plume originaire d’un pays sud-américain, le Chili du socialiste Salvador Allende et du général Pinochet, semble fixer sémantiquement l’identité sociale des haratines à la position statutaire d’anciens esclavagisés ou leurs descendants. Et d’anciens esclavagisés et descendants quasiment toutes nos communautés en comptent en leur sein, ce qui rejoint notre contribution de janvier 2016, lire https://cridem.org/C_Info.php?article=679378. Je peux y adjoindre la prolifique contribution d’un connaisseur de la problématique « esclavage et assimilés » en Mauritanie, Docteur Mohamed Yahya ould Ciré , lire https://eveilhebdo.info/2025/01/02/lesclavage-au-sein-de-la-communaute-soninke-en-mauritanie-analyse-des-resistances-et-des-discriminations-internes/ sur l’esclavage dans la communauté soninké. Dans la communauté peulh, un témoignage recueilli (extrait vidéo) de citoyens statutairement assignés « esclaves » venus exposer lors d’un point de presse du président d’IRA-Mauritanie M. Biram Dah Abeid , l’atteinte à leurs droits par l’ordre féodalo-princier dans une localité près de la ville de Bababé (Brakna), voir https://fb.watch/pdjZrdHx7N/. Un tronc commun trans-communautaire d’un type de fascisme féodalo-esclavagiste sévit encore chez nous. Ces mentalités surannées et suprémacistes qui peuvent toujours habiter et habitent d’ailleurs un esprit Beidane, Soninké, Peulh…. ou Haratine…!

Pour finir, si une éventuelle réception de ma présente contribution par Madame Claudia Aranda advenait, je lui proposerais une visite prévenante sur le site internet de l’association Armepes-France – Ganbanaaxu https://armepes-ganbanaaxu.com/ . L’une des entités associatives qui composent le dynamique mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste #Ganbanaaxu #Fedde en milieux soninkés.

Koundou SOUMARE, blogueur (L’Écrit Osé) et militant des droits humains.

● Association pour la Solidarité, l’Éveil et le Progrès de Toulel (ASEPT) | Droit de réponse à M. Ghali Soufi : de la clarification sur le Fort de Oualata à la diversion sur « la dite crise identitaire des soninkés ».

Après avoir publié deux articles de clarification pour se dédouaner de son implication dans les événements du Fort de Oualata, M. Ghali Soufi adopte une stratégie de diversion qui interroge. Ce procédé a pour effet de détourner l’opinion sur les enjeux réels, se prêtant ainsi à une forme de gymnastique intellectuelle plus que fourbe. Il serait utile que M. Soufi édifie l’opinion davantage sur son rôle dans cette période sombre des années de braise.
Toutefois, il serait opportun d’examiner son approche puisqu’il veut recentrer le débat sur « la crise identitaire soninké », mettant ainsi l’accent sur une supposée fracture entre les valeurs ancestrales et les aspirations contemporaines, sans jamais préciser les faits qui motivent cette analyse simpliste, ni le contexte des revendications concrètes portées par ceux qu’il qualifie d’une part de « rebelles » et d’autre, « d’agneaux dociles ». La question qui se pose, c’est de savoir, si M. Ghali Soufi vise uniquement à déplacer le débat ou S’il est tout simplement ‘’esclavagiste’’ ? Par ce qu’on s’interroge sur la portée de cette sortie publique notamment lorsqu’il aborde la crise dans la communauté soninké sous l’angle identitaire et relate par la suite un différend entre « nobles et anciens esclaves ». Par cet article : https://www.facebook.com/ghali.soufi.7, cherchez- vous véritablement à manipuler l’opinion sur la réalité de ce cancer de la féodalité ou encore à masquer les causes profondes de cette dissension ? Ces interrogations invitent à dépasser les postures loufoques et à privilégier la rigueur intellectuelle dans l’analyse des faits sur ces mutations sociales à l’œuvre dans notre communauté. Il serait donc intéressant que M. Soufi explicite davantage sa position et sa connaissance du contexte toulelois dans cette crise de la communauté soninké.
Dès 2010 voire même bien avant, les membres d’ASEPT (Association pour la Solidarité, l’éveil, le progrès de Toulel) se sont illustrés par leur engagement abolitionniste dans notre organisation villageoise de la diaspora. Donc ce travail a été amorcé bien avant l’épisode de la « Khotba » datant 2018.
Dans la même logique, le mouvement GANBANAAXU (Égalité) est quant à lui, apparu en 2016 donc 2 ans avant cette ‘‘khotba’’, qui a galvanisé la communauté. C’est un concept porteur d’une philosophie sociale et humaniste qui s’articule autour de l’Egalite et la Dignité en droits et devoirs. En effet c’est une plate-forme transnationale, regroupant plusieurs villages. A travers ses campagnes de sensibilisation, GANBANAAXU secoue amèrement les consciences et les certitudes des adeptes du schéma sociétal classique : l’ordre féodal. Pour enfin libérer la voie à une citoyenneté plus juste et inclusive et non se contenter à de simples rôles subalternes dans la société.
Pour autant, cela n’a rien à voir avec les événements de Toulel ni le sermon en question. Il est nécessaire de rappeler les qualificatifs que vous avez utilisés, sont loin d’être anodins. Puisque vous faites usage de la même sémantique que ce prêche évoqué. Pour votre grade, la stigmatisation systématique et les préjugés n’ont jamais fait office de vérité. Tantôt « rebelles, tantôt, anciens esclaves, tantôt d’agneaux dociles ». Sachez que par une telle posture, vous contribuez à raviver des tensions latentes, évoquant l’odieuse « khotba » du 26 janvier 2018 comme référence, cela ne fait que nourrir les amalgames. Vouloir restaurer la dignité comme une valeur fondamentale dans la société, ne signifie pas un rejet de l’identité en soi, ou de la tradition. Cela s’inscrit plutôt dans une logique d’épuration de certaines traditions obsolètes et anachroniques, à savoir les déterminismes sociaux. Cette lecture est tellement simpliste qu’il banalise la teneur et le ton virulent des propos de ce prêcheur que M. Ghali Soufi relaie, sont perçus comme stigmatisant par toute une famille de ce village. Il aurait été plus judicieux de vous renseigner sur le contexte pour comprendre les véritables raisons de ce sermon incendiaire. Cette crise dans la société soninké est donc le reflet d’une société sclérosée qui refuse/réfute toute velléité de réforme.  Dès lors, vous comprenez que ce n’est pas qu’une crise d’identité, mais une volonté assumée d’abolir ces pratiques héritées du système de castes et de réparer des injustices sociales profondes.
L’esclavage par ascendance, ce système hiérarchique qui gangrène le milieu soninké, démasqué par l’élan abolitionniste arrimé aux textes fondamentaux de nos Etats. C’est qui dérange et réveille l’égo toxique dudit imam s’il en est un, avec tous ses semblables. C’est-ce qui a suscité cet élan de solidarité de l’ordre féodal au village. Se mettant en rangs serrés derrière l’imam au point de refuser cette réunion demandée. Tous les moyens étaient bons pour que l’appel pacifique à des réformes plus justes et équitables dans la communauté, nous vaut l’opprobre, qu’on soit ainsi sali, vilipendé, diffamé dans une khotba. Dont ce prédicateur apologiste profite depuis sa chaire, convoquant des références coraniques et hadiths prophétiques interprétant  à sa ‘‘sauce’’ pour « indexer la toxicité de la vantardise par ascendance et le mépris héréditaire appelé « Laada » (coutume). Ce Laada soninké qui fait office de constitution sociale intracommunautaire, défiant à la fois la Loi du pays et la profonde philosophie humaniste prônée par La Religion. Les préjugés sociaux dont il a fait référence, sont également ces coutumes suprématistes et discriminantes, véhiculées socialement par le LAADALENMAXU (tradition) soninké. Un mécanisme Complexe, d’apparence inoffensif alors qu’il constitue le nœud de tous les symboles discursifs et comportementaux de l’esclavage par ascendance et du système des castes. Donc c’est plutôt une divergence de principe et non un affrontement entre tradition et modernité.
Les traditions constituent certes un héritage immatériel précieux pour la cohésion d’un groupe, mais elles sont aussi appelées à évoluer pour toute société qui se veut viable. Certaines pratiques disparaissent, d’autres se transforment ou sont réformées pour s’adapter aux réalités. La tradition et la modernité ne sont pas des concepts antagonistes, mais des réalités qui coexistent et s’entremêlent à travers nos actes de la vie quotidienne.
Votre pamphlet aurait dû s’inscrire dans la logique de promotion de valeurs républicaines, dans un élan progressiste et salutaire comme l’avait martelé le Président de la République lors de son discours de OUADANE : https://ecrit-ose.blog/2021/12/12/%E2%9C%93le-president-de-la-republique-letat-continuera-a-preserver-lunite-nationale-la-dignite-la-liberte-et-legalite-de-tous-les-citoyens-quel-quen-soit-le-pri/
Au lieu de s’arrêter à des considérations superficielles, aux discours de façade, aux simplifications commodes, il serait pertinent de reconnaître la complexité de la situation et engager une réflexion profonde sur nos réalités sociales. Contrairement à votre posture, qui ne peut se résumer à des concepts abstraits. Pour que chaque voix compte dans la société, même discordante, on se doit de bâtir une société juste avec des solutions concrètes et partagées.
Nous pensons que promouvoir l’égalité et la dignité entre tous les membres de la communauté doit être l’engagement premier de tout citoyen honnête et responsable. Comme l’a rappelé le Président de la République lors de sa visite N’Beikit Lahouach dans le département de Dhar « l’appartenance nationale doit primer et précéder sur toutes les autres appartenances ».
Au-delà des débats internes à la communauté soninké, le passif humanitaire mauritanien demeure aussi un enjeu majeur pour nous. Un drame national ayant frappé toutes les composantes du pays, y compris Toulel, endeuillé par la perte de deux de ses fils. En mêlant cet héritage douloureux à ses analyses ambiguës et maladroites, M. Ghali Soufi ne fait qu’ajouter de la confusion là où la clarté, la mémoire et la vérité s’imposent.
Pour conclure, les enjeux soulevés par le poids des traditions et les dynamiques de réforme sociale qui s’imposent, tout comme le passif humanitaire, invitent à une réflexion partagée et à un dialogue ouvert, responsable et sincère plutôt que de s’enfermer dans des polémiques stériles. La fuite en avant et les diversions ne peuvent régler une crise aussi profonde. Il s’agit de reconnaître la complexité des situations, de valoriser les initiatives positives et d’œuvrer ensemble à la construction d’une société plus juste et apaisée. C’est dans cet esprit que chaque acteur, y compris M. Ghali Soufi, peut contribuer à la réparation des injustices dans le respect de la mémoire collective, du triomphe de la vérité.

Le 11/12/2025

Pôle communication ASEPT Mauritanie – France

● Dr. Issa Coulibaly, président du Conseil Régional du Guidimakha : «Je m’investis contre la manipulation et pour la défense de la vérité républicaine» [Le Calame]



Le Calame — Le budget régional vient d’être rejeté. À qui incombe la responsabilité ?

Dr. Issa Coulibaly: Aucune faute budgétaire n’est en cause. Le rejet n’a strictement rien à voir avec le contenu du budget. Il résulte d’une manœuvre de pression menée par quelques élus déterminés à obtenir le rétablissement d’indemnités suspendues conformément à la loi.

Le budget 2026 a été construit dans la transparence la plus totale : cinq commissions ont été saisies dès octobre 2025 ; trois ont travaillé, deux n’ont produit aucun rapport — pas une note, pas une recommandation — notamment les commissions dirigées par Mme Gangué et M. Abderrahmane. Ces mêmes élus prétendent pourtant “défendre la Région”.

En séance, aucun élément technique n’a été soulevé. Aucun amendement n’a été proposé. Le débat n’a porté que sur leurs indemnités. Les faits sont têtus.

– Une crise institutionnelle serait en cours au Guidimakha. Que se passe-t-il réellement ?

Il n’existe aucune crise institutionnelle. Ce qui circule sur les réseaux sociaux relève d’une construction délibérée, organisée par un groupuscule d’élus pour travestir la réalité. La Région fonctionne, les services travaillent, les projets avancent.

Ce que certains présentent comme une crise n’est en réalité qu’une tentative de manipulation initiée par deux vice-présidents — M. Cheikh Mohamedou Abderrahmane et Mme Diouma Amadou Gangué — qui, depuis leur installation, n’ont jamais exercé de manière effective les fonctions que la loi leur confie.

M. Cheikh n’a jamais travaillé un seul jour dans la Région, tout en percevant 18 mois d’indemnités.

Mme Gangué, après quelques mois de présence, s’est installée entre Nouakchott et la France, rendant toute participation régulière impossible.

Lorsque j’ai rappelé l’application stricte de l’arrêté 156/2019 — qui conditionne les indemnités à l’exercice effectif — leur agitation a commencé. Non par désaccord politique, mais par défense d’intérêts personnels.

La suite est connue : fabrication de récits mensongers, diffusion de vidéos approximatives, instrumentalisation de la diaspora et mobilisation d’influenceurs extérieurs. Tout cela pour masquer un simple fait : ils refusent l’application de la loi.

-Vous parlez de responsabilités individuelles. Lesquelles ?

-Depuis juin 2023, les deux vice-présidents cités — M. Abderrahmane (AND) et Mme Gangué (UDP) — n’ont jamais assuré une présence conforme à leurs obligations. Pendant plus d’un an, j’ai privilégié le dialogue : réunions, médiations avec le Secrétaire général, compromis sur une présence minimale de dix jours par mois. Engagements verbaux jamais respectés.

Face à cette persistance, j’ai pris une décision républicaine : appliquer la loi et suspendre les indemnités. Leur fronde a commencé immédiatement.

– N’auraient-ils pas bénéficié de l’appui de certains acteurs politiques locaux ?

-Non. Ils ont rallié quelques alliés en quête d’indemnités, souvent absents du territoire — certains résidant même en France — et revendiquant des indemnités de session alors qu’ils votent par procuration.

Des alliés complaisants : Néfé Gandega (INSAF), Sidaty Ba (UDP) – installé en France – et Moussa Soumaré (SAWAB). Leur point commun ? Défendre l’idée qu’un conseiller absent, qui vote par procuration depuis la France, devrait toucher les indemnités de session de 6 000 MRU. Une théorie absurde, contraire à la loi. Aujourd’hui encore, les trois cités sont en France. Ils ont voté par procuration et exigent leur indemnité.

Le droit est clair : une indemnité de session compense la présence physique, pas l’absence. Aucune disposition ne permet de payer quelqu’un qui n’est pas sur place. Aucune.

-Quels étaient les axes majeurs du budget ?

-Un budget clair, équilibré, rigoureux. Les priorités étaient les suivantes :

-Sécurisation du parc d’équipements (17 tracteurs, camions, chargeur, accessoires) par la construction d’un hangar et d’un bloc administratif. Un patrimoine à forte valeur, indispensable à l’économie locale.

-Réhabilitation urgente du siège du Conseil, aujourd’hui dégradé, pour garantir sécurité, dignité administrative et accueil du public.

-Création d’un site institutionnel afin de renforcer la transparence, la communication publique et l’attractivité du territoire.

-Hydraulique villageoise : forages, réseaux, châteaux d’eau, énergie solaire — répondant à des demandes directes des populations.

-Périmètres agricoles pour les jeunes, équipés et modernes, pour réduire l’exode et renforcer l’autonomie alimentaire.

-Appui économique aux femmes productrices, essentiel pour la stabilité sociale et la résilience économique.

-Acquisition d’une pelleteuse-chargeur, pour renforcer nos capacités d’intervention sur les ouvrages hydrauliques et les terres dégradées.

Le trésorier régional a validé toutes les procédures. Aucune irrégularité.

Ce budget a été rejeté uniquement pour des raisons politiques et personnelles, jamais pour des raisons techniques.

-Que s’est-il passé concrètement le jour du vote ?

Ce fut un moment révélateur. Les frondeurs ne sont pas venus débattre : ils n’avaient qu’un objectif : faire pression pour recouvrer leurs indemnités.

Pas une critique technique, pas une demande d’amendement, pas une ligne discutée. Ils ont simplement constitué une coalition conjoncturelle, sans cohérence politique, dont le seul dénominateur commun était le chantage institutionnel.

Et après le vote, aucun n’a pu citer une ligne du budget qui poserait problème. Preuve supplémentaire que le budget n’était qu’un prétexte.

-Certains conseillers affirment pouvoir contrôler directement votre gestion. Que dit la loi à ce sujet?

La loi organique 2018-010 est explicite :

Le Conseil délibère ;

Le Président exécute.

La gestion n’est pas collégiale. Elle est légale, ordonnancée, encadrée.

Le contrôle de la gestion publique relève exclusivement :

_de la Trésorerie régionale,

_de l’Inspection Générale de l’État,

_de la Cour des Comptes,

_de l’Administration de tutelle.

Aucun conseiller n’a mandat pour intervenir dans l’exécution : recrutements, marchés, engagements financiers. Certains veulent transformer cette architecture en leur faveur. Je le dis clairement : c’est contraire au droit et contraire à l’esprit républicain.

-Que représente le programme d’urgence gouvernemental pour votre région?

-Une avancée historique : 20,3 milliards d’anciennes ouguiyas investis en 30 mois pour écoles, santé, hydraulique, routes, électricité, jeunesse, agriculture et pastoralisme.

Jamais le Guidimakha n’avait bénéficié d’un tel niveau d’investissement. Pendant que l’État travaille, certains cherchent à bloquer. Le contraste est clair.

-Et la coopération avec le Mali et le Sénégal dont votre région est limitrophe?

Elle est dynamique, structurante et essentielle. Le Guidimakha est un carrefour vital. Mais cette coopération ne peut fonctionner que si la Région est forte, stable, respectée. Chaque tentative interne de déstabilisation affaiblit non seulement la Région, mais aussi la position de la Mauritanie.

Qui aurait intérêt à contrarier?

-Des acteurs identifiés, installés dans les hautes sphères, utilisent leur influence pour saboter l’action régionale. Ce n’est pas de l’opposition : c’est une entreprise de déstabilisation.…pourquoi ? Parce que la Région avance. Parce que les projets sortent de terre. Parce que la population voit la différence. Leur stratégie est simple : générer du vacarme pour masquer le progrès.

Mais la population n’est pas dupée. L’histoire retiendra ceux qui construisent, non ceux qui entravent.

-Un mot de la fin?

-Le Guidimakha n’est pas en crise : il est victime d’une agitation fabriquée par ceux qui refusent l’application de la loi.

Je demeurerai fidèle à ma mission, fidèle à la République, fidèle au mandat confié par nos populations. Je ne céderai ni aux pressions, ni aux manipulations. Tant que j’exercerai cette responsabilité, aucune manœuvre ne détournera notre Région de sa trajectoire : la vérité, la loi, le développement et l’ordre républicain.

Propos recueillis par Dalay Lam

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