● Mauritanie droit-de-l’hommiste | Rencontre entre pionniers Messieurs Koné Makan et Baba Ould Jiddou.

Le déjeuner, d’hier 17/09/2026, en Île de France à la maison Orange, au portail rouge, avec le Dr Koné Makan Djibril dépassait le simple cadre d’un repas. C’est une immersion immédiate dans une complicité forgée par le temps, où les décennies s’effacent en un instant.

Autour du traditionnel rituel des trois verres de thé à la menthe, la conversation s’est d’abord ancrée dans l’actualité de son récent séjour en Mauritanie, avant de remonter naturellement le fil de nos souvenirs communs. De Nouakchott à Sélibaby, des quartiers d’Alger à Bab Ezzouar à Bab El Oued,  jusqu’à nos combats militants en Île-de-France, chaque étape est réapparue avec clarté.
Nous avons évoqué les rires partagés entre nos deux familles et le sens de nos engagements, notamment la création de l’association ARMEPES, matrice du mouvement GANBANAXU, dont il fut le premier Président en France.

Aux côtés de Makan, ami et compagnon de longue date, les masques tombent. Les silences ne pèsent jamais et les rires fusent sans effort. Ce type de rencontre agit comme un ancrage essentiel : il rappelle d’où l’on vient, permet de mesurer le chemin parcouru et donne toute sa saveur à l’instant présent.

18 septembre 2026

Par M. Baba Ould Jiddou

● Livre ~ Histoire – Sénégal ~ Soninké | « MOUHAMADOU LAMINE DARAME ». Par l’anthropologue Yaya SY

Né à Goudiourou dans la première moitié du XIXe siècle, Mouhamadou Lamine a grandi dans une famille de marabouts soninkés. Il fut influencé dans son adolescence par l’aura et la réputation d’El-Hadj Omar Tall le marabout toucouleur qui a voulu rassembler les musulmans de l’Ouest contre la colonisation française du haut –fleuve.
Après ses études coraniques auprès de son père puis  à Bakel, Moumadou Lamine se rendit à la Mecque à la fin des années 1860.
Dès son retour  au  Soudan en 1885, il était étroitement surveillé par les colons français  de Tombouctou à son village natal où il fut accueilli triomphalement par Diouxa Sambella le roi du Xasso  en juillet 1885.
Le Colonel Henri Frey chef de fil des colons français lui rendit aussitôt visite pour s’enquérir de son allégeance  à l’ordre colonial naissant et balbutiant au Soudan. Mouhamadou Lamine le rassura en lui promettant de ses bonnes intentions envers les Français. 
A la fin de l’année 1885, il se rendit à Bakel pour une visite de courtoisie à ses maîtres coraniques et à sa famille Darame. Il y rencontra le Commandant Lefranc et le rassura également…  Sur le chemin du retour, arrivé à Baalou le village de ses oncles, son étoile brillait déjà au firmament de tous les pays soninkés.  Le village était rempli d’étrangers venus de partout voir le fils prodige du Soninkara occupé ou dominé par les Toucouleurs…
Il avait un vieux projet d’aller combattre les infidèles du Tenda qui l’avaient emprisonné quand il était étudiant à Bakel lors d’un conflit entre le Kaméra et le Tenda. De Balou, les jeunes venus le rejoindre le persuadèrent de mener son  projet de Jihad.
Mais beaucoup de royaumes du Soudan occidental sur le fleuve Sénégal et ses alentours  s’étaient déjà alliés aux Français par un traité de protectorat… Quand Mouhamadou Lamine voulut traverser le Boundou pour se rendre à Gamon la capitale du Tenda, le roi du Boundou Omar Penda  lui refusa le droit de passage pour raison d’alliance avec les Français… Les jeunes Soninkés dont les pays étaient occupés les fils d’El Hadj Omar comme le Jafunu et le Kingi étaient pour le passage en force…
Dès lors, les choses commencèrent à s’envenimer dans tout le haut-Sénégal…  Les Soninkés et les Toucouleurs n’ont pas pu surmonter leurs conflits ethno-religieuses pour faire face à la menace de colonisation imminente…
Un ouvrage à lire pour mieux comprendre tout le processus de phagocytage méticuleux et méthodique des pays du fleuve par la France de 1820 à la défaite d’Ahmadou le fils aîné d’El Hadj Omar face au colonel Archinard le 1Er janvier 1891.

Yaya SY

● La diaspora mauritanienne a honoré ses bâtisseurs dans une cérémonie historique | 20 juin 2026 à la bourse de Travail de paris

20 juin 2026 : La diaspora mauritanienne honore ses bâtisseurs

Le 20 juin 2026 restera une date forte dans la mémoire de la diaspora mauritanienne en France. Ce jour-là, sous l’impulsion du Cadre de concertation et de dialogue des Mauritaniens de la diaspora (CCDMD), présidé par le Docteur Sao Ousmane, une grande Journée d’honneur et de reconnaissance a réuni un public nombreux venu célébrer des figures majeures ayant marqué l’histoire intellectuelle, culturelle, scientifique, associative et médiatique de la Mauritanie.
Dans son discours d’ouverture, le Docteur Sao Ousmane a donné le ton de la journée. Avec gravité et conviction, il a rappelé que « les peuples qui avancent sont ceux qui savent honorer leurs bâtisseurs ». Il a insisté sur le devoir de mémoire, la responsabilité de reconnaissance et l’urgence de transmettre les valeurs portées par ces figures d’exception. Son intervention a été accueillie par une profonde adhésion de l’assistance, consciente de la portée symbolique de cette initiative. Il a également souligné la nécessité de préserver la mémoire collective et de transmettre aux jeunes générations les valeurs d’engagement, de savoir et de solidarité.
Parmi les personnalités présentes figurait M. Issa Diawara, député des Mauritaniens de l’extérieur, qui a pris la parole pour saluer l’initiative du CCDMD et souligner l’importance de préserver la mémoire des grandes figures de la diaspora.
La cérémonie a également connu une forte présence des forces vives de la diaspora, avec la participation des représentants de plusieurs organisations associatives, notamment ACTUME, la DHDS France, la Fédération Hirnagué Boosoya France et Union des ressortissants de Mbagne en France, ainsi que de nombreuses autres structures engagées dans la solidarité, la culture et le développement.
Dans une salle comble, empreinte d’émotion et de respect, élus, universitaires, intellectuels, responsables associatifs, artistes et membres de la société civile ont répondu présents à cet appel à la mémoire collective. Tous se sont retrouvés autour d’un même objectif : reconnaître les parcours d’exception et transmettre aux générations futures l’héritage de celles et ceux qui ont consacré leur vie au savoir, à l’engagement et au service de la communauté.

La cérémonie a ensuite laissé place à une série d’hommages solennels rendus à des personnalités dont les contributions ont profondément marqué la Mauritanie contemporaine. Parmi elles figuraient notamment Ndiaye Ciré Kane de Tekane, le Professeur Abdel Wedoud Ould Cheikh, le regretté Professeur Ousmane Moussa Diagana (Dembo), le Professeur Yerim Fassa, Mr. Ousmane Dia, Mr. Hamady Mbodj, le regretté Cheikh Oumar Ba et Med Hondo.

À travers des témoignages riches, précis et souvent chargés d’émotion, intervenants et proches ont retracé les trajectoires de ces hommes d’exception. Tous ont été décrits comme des bâtisseurs de savoir, des passeurs de culture et des acteurs essentiels du rayonnement mauritanien. Leurs œuvres, leurs combats et leurs engagements ont été rappelés avec force, soulignant leur rôle dans la construction intellectuelle, sociale et culturelle du pays.
Chaque hommage a révélé une constante : des vies entièrement consacrées à l’excellence, à la transmission et au service des autres. Qu’il s’agisse du monde universitaire, artistique, associatif ou médiatique, tous ont laissé une empreinte durable et une influence qui dépasse largement leurs domaines respectifs.
L’émotion a atteint son paroxysme lors des hommages rendus aux figures disparues, dont la mémoire continue d’habiter les consciences et d’inspirer les générations actuelles. Dans un silence respectueux, ponctué d’applaudissements nourris, l’assistance a mesuré la portée de leur héritage et la responsabilité collective de le préserver.
Au-delà de la cérémonie, cette journée a pris la dimension d’un véritable moment fondateur pour la diaspora. Elle a incarné une volonté claire : construire une passerelle entre les générations, entre mémoire et avenir, entre reconnaissance et transmission.
Le CCDMD, à travers cette initiative, a voulu rappeler que la valorisation des parcours exemplaires n’est pas un simple hommage symbolique, mais un acte scientifique, culturel et social essentiel. En mettant en lumière ces figures, il a offert à la jeunesse des repères solides et des modèles d’engagement fondés sur le mérite, la rigueur et la persévérance.
Dans une atmosphère fraternelle et profondément humaine, les échanges ont renforcé les liens entre les participants et mis en évidence la richesse du tissu associatif mauritanien en France. Cette mobilisation collective a donné à l’événement une dimension rare : celle d’une communauté rassemblée autour de son histoire et de ses valeurs fondamentales.
La cérémonie s’est achevée par la remise solennelle de diplômes aux personnalités honorées, marquant l’aboutissement de cette journée placée sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la transmission. Dans une ambiance chargée d’émotion, l’assistance a salué ces distinctions symboliques rendues à des parcours d’exception.
Le 20 juin 2026 s’impose ainsi comme une journée de mémoire vive, de reconnaissance assumée et de transmission engagée. Une journée où la diaspora mauritanienne n’a pas seulement honoré ses figures illustres : elle a affirmé son identité, consolidé son unité et rappelé que l’avenir se construit toujours sur la mémoire de ceux qui ont ouvert la voie.

©️ Équipe CCDMD

● À la mémoire de ma MÈRE | Paix éternelle à son âme.


    

📷 21 avril 2023 | Dafort, une journée de l’Eid El Fitr

  ~~Inna lillah wa inna ilayhi raaji’uun~~

La nuit du 2 au 3 mai 2026, notre chère mère Lalya Mohamed COULIBALY a rencontré l’inéluctable faucheuse, la mort, à Nouakchott à l’âge de 77 ans. Paix éternelle à son âme ainsi qu’à l’ensemble de nos défunts. Avec un profond chagrin nous avons perdu une éducatrice rigoureuse, une gestionnaire familiale, une boussole relationnelle de la parentèle élargie (liens parentaux au sein de plusieurs villages) et un bouclier alerte qui a tant comptée dans ma construction sociale et morale. Je lui dois ÉNORMÉMENT et je prie Le TOUT Puissant Dieu par Son Illustre Miséricorde pour lui Accorder éternellement un Séjour Paradisiaque parmi les âmes vertueuses. Ameen.

Son slogan-conseil à mon endroit lors de ma visite de février 2017 au village (DafortMauritanie 🇲🇷) aux débuts de frictions verbales réactionnaires contre l’engagement abolitionniste et social Ganbanaaxu, fut en substance : « ..qu’aucune conflictualité ne te dévie dans la mauvaise foi et les mensonges. Reste vrai et dans la rectitude comportementale dans tes relations.. » . Elle fut personnellement lésée dans son droit (depuis avril 2018) quand 9 familles avaient été visées par une initiative d’expropriation de terres ourdie par un camp féodalo-esclavagiste local qui comptait en vain nous dissuader du refus résolu d’un mépris trop longtemps socialisé et construit en norme de violences symboliques dans l’écosystème coutumier soninké (Laadalenmaxu). Un dossier judiciaire à propos reste toujours pendant dans un système étatique où le petit peuple peu reseauté dans le clientélisme socio-politique, se convainc amèrement que l’institution judiciaire ne traiterait la matière litigieuse qu’en fonction de certaines données périphériques peu avouables (identités sociologiques, références statutaires et administratives, couloirs politiques et sociaux…) plaquées et attribuées aux protagonistes en face. Souvent, on ne juge pas réellement un fond mais on l’oriente et le formalise avec beaucoup de partialité au profit d’une clientèle identifiée et conseillée en amont dans les coulisses.

Elle me déconseillait toute personnalisation dans l’engagement et croyait fermement à la dynamique du collectif. À rappeler que l’éveil social et politique contre les coutumes féodales en pays soninké, a été un grand boulevard de dévoilement sur une certaine nature humaine : des amitiés et des parentés furent assainies et consolidées ici ou défaites et éclatées là-bas en fonction de la sincérité et de la profondeur empathique des uns et des autres pour une commune dignité pleine ou d’un égoïste utilitarisme fonctionnel et suprémaciste pour la perpétuation d’une insidieuse subordination sociétale.

Je suis tellement fier d’elle pour sa résilience et sa tenue morale face aux épreuves. Comme serment, J’essaierai de m’accrocher dignement à sa legacy, In sha Allah.

Mes fraternelles condoléances à l’ensemble parentèle SOUMARE, COULIBALY et NDIAYE à Dafort et ailleurs. Mes vifs et reconnaissants remerciements à l’endroit de mes frères, sœurs, oncles, cousins, cousines, amis et amies qui n’ont liardé sur rien pour assurer la meilleure des assistances morales, médicales, relationnelles et matérielles autour d’elle dès Dafort jusqu’à Nouakchott. Merci à la communauté fraternelle et amicale mobilisée à Nouakchott lors de son décès ainsi qu’au jour de son enterrement le 4 mai 2026. Encore Merci à vous (la communauté RS) pour vos nombreux messages et appels de condoléances. Vos mots ont été d’un grand réconfort pour notre famille. Que votre récompense soit parfaite par la Grâce d’Allah. Ameen.

Paris, 11 mai 2026

KS

● Mauritanie – Droits Humains | Nécrologie : le décès de M. Boubacar Ould Messaoud, président de l’Ong SOS Esclaves.

—Par un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/1Azhpvipwn/ de la journaliste Mariya Traoré, nous avons appris le décès du président de l’organisation SOS Esclaves, M. Boubacar Ould Messaoud. Ainsi ce jeudi 12 mars 2026 qui correspond au 23 Ramadan 1447, une voix pionnière vaillante de la lutte pour la défense des droits humains et singulièrement pour l’abolition de l’esclavage en Mauritanie, s’est éteinte. Un parcours d’engagement salué et reconnu par nombre de nos compatriotes et autres militants droit-de-l’hommistes à travers le monde depuis l’annonce de son décès.

Paix à son âme. Mes fraternelles condoléances à sa famille et à l’ensemble de la communauté militante pour les droits humains en Mauritanie et ailleurs. Il y a quelques semaines, à l’occasion d’un évènement marquant le 31ème anniversaire de la fondation de son organisation, nous lui avons consacré ce bref rendu hommage https://ecrit-ose.blog/2026/02/17/%e2%97%8f-mauritanie-droits-humains-rendons-nous-hommage-vivant-m-boubacar-ould-messaoud-une-personnalite-iconique-de-labolitionnisme-en-mauritanie/ .

23 mars 2026

Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec Dr DIALLO Djibril

—La rubrique GEB (Grand Entretien du BLOG) vous propose l’interview ci-après accordée par M. Diallo Djibril. Originaire de la commune de Tachott dans le Guidimagha, le juriste est actuellement haut cadre au Ministère de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Ici l’expression de notre fraternelle reconnaissance à son endroit pour la disponibilité.

Bonne lecture !

Question 1 : Présentation sommaire ?

Dr DIALLO Djibril : Je m’appelle Diallo Djibril Cheikh Bouye. Je suis juriste de formation, titulaire d’un doctorat en droit public de l’université Paris 8, avec une spécialisation en intégration régionale africaine et en gouvernance publique. Mon parcours universitaire m’a conduit également à l’Université de Perpignan, ainsi qu’à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, où j’ai approfondi mes recherches en droit de l’intégration et en droit international économique.
Sur le plan professionnel, j’exerce aujourd’hui principalement dans le champ des politiques publiques, de la stratégie institutionnelle et du conseil juridique. J’occupe présentement la fonction de conseiller technique chargé des affaires juridiques au cabinet du ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service Civique (MAJESSC). Parallèlement, j’ai longtemps évolué dans le monde de la recherche et des études stratégiques au Centre Essahraa d’Études et de Consultations, un think Tank mauritanien.
J’ai également été enseignant en droit, économie et management, dans le secondaire et certains établissements de l’enseignement supérieur lors de mon séjour en France. 
Aussi, j’ai toujours été engagé dans la vie associative, notamment sur les questions de citoyenneté, d’éducation et de développement communautaire.
Je m’arrête là, avec cette brève présentation.
Question 2 : Retour d’expérience après l’Europe ?
DD : Mon séjour en Europe fut une expérience intellectuelle et humaine extrêmement structurante. Il m’a permis d’évoluer dans des environnements académiques exigeants, où la rigueur méthodologique, l’esprit critique et l’autonomie intellectuelle sont fortement valorisés.
Les facilités résident principalement dans l’accès aux ressources documentaires, à des réseaux scientifiques denses et à un encadrement académique structuré. Toutefois, les écueils ne sont pas négligeables : solitude, exigence d’adaptation culturelle, pression académique et nécessité d’une discipline personnelle constante.
Mon principal conseil aux jeunes serait de ne pas idéaliser l’extérieur, mais de le considérer comme un espace d’apprentissage. L’essentiel est d’acquérir des compétences transférables, une méthode de travail solide et une ouverture d’esprit. Le retour au pays doit être pensé comme une continuité logique : il s’agit de réinvestir les acquis au service du développement national.
Question 3 : Conseils à la jeunesse mauritanienne, notamment soninké ?
DD : L’éducation demeure le levier fondamental de transformation sociale. À la jeunesse mauritanienne, je recommanderais d’investir prioritairement dans la formation intellectuelle, technique et morale. Il ne s’agit pas seulement d’obtenir des diplômes, mais de cultiver la compétence, l’éthique et la discipline.
À l’adresse particulière des jeunes soninké, dont l’histoire est marquée par une forte tradition intellectuelle et migratoire, je dirais qu’il est impératif de concilier enracinement culturel et ouverture au monde. La maîtrise des langues, des outils numériques, des sciences et des métiers émergents est aujourd’hui indispensable.
Il faut également développer l’esprit entrepreneurial et sortir d’une logique exclusive de recherche d’emploi public. La création de valeur, l’innovation et l’initiative privée constituent des perspectives majeures pour l’avenir.
Question 4 : Diagnostic sur les pratiques féodalo-esclavagistes et pistes d’éradication ?
DD : Les survivances de pratiques féodalo-esclavagistes constituent une réalité sociologique et historique complexe. Elles s’inscrivent dans des structures mentales héritées, parfois intériorisées, qui continuent d’influencer les rapports sociaux.
Mon diagnostic est double : d’une part, il existe un décalage entre le cadre juridique – qui prohibe clairement ces pratiques – et certaines représentations sociales persistantes ; d’autre part, la transformation des mentalités nécessite un travail de longue haleine.
Les pistes d’action devraient s’articuler autour de trois axes :
L’éducation et la conscientisation : renforcer l’enseignement de l’égalité, de la dignité humaine et de la citoyenneté.
L’application rigoureuse du droit : l’État doit garantir l’effectivité des normes existantes.
Le dialogue communautaire et religieux : mobiliser les leaders d’opinion, intellectuels et acteurs associatifs pour déconstruire les justifications culturelles erronées.
La sortie définitive de ces tares suppose une évolution générationnelle appuyée par des politiques publiques cohérentes et une volonté collective affirmée.

● Question 5 : Engagement des jeunes en politique en Mauritanie ?

DD : La jeunesse mauritanienne manifeste un intérêt croissant pour les questions politiques, notamment à travers les réseaux sociaux et les mobilisations citoyennes. Cependant, cet engagement demeure parfois fragmenté et insuffisamment structuré.
Je constate un dynamisme réel, mais qui gagnerait à être davantage organisé, formé et encadré. L’engagement politique ne devrait pas se limiter à la revendication ; il doit également intégrer la formation doctrinale, la compréhension des institutions et la culture du compromis.
Il est essentiel que les jeunes investissent les partis, les organisations de la société civile et les espaces de débat avec compétence et éthique. L’avenir démocratique du pays dépendra largement de leur capacité à conjuguer idéal et responsabilité.

● Réalisé par KS pour le BLOG

● Mauritanie ~ Droits Humains | Rendons-nous Hommage Vivant : M Boubacar Ould Messaoud, une personnalité iconique de l’abolitionnisme en Mauritanie



©️ Source photo via RS

À lire cet élément médias Facebook https://www.facebook.com/share/p/1DhdnChyiz/ de la journaliste Mariya Traoré . Elle y rapporte brièvement la cérémonie organisée par le mouvement anti-esclavagiste SOS Esclaves à l’honneur de M. Boubacar Ould Messaoud. Président légendaire de cette organisation abolitionniste, le leader droit-de-l’hommiste mauritanien est à la fois un pionnier incontestable et un pilier incontesté du rude écosystème de la militance anti-esclavagiste dans notre pays. Par l’histoire, la constance et la persévérance, son aura fait autorité auprès de la communauté militante et assoit respect et considération à l’international de nombreuses années durant. Cet événement marquant la 31ème année de la fondation de ce mouvement est à saluer vivement et fait un écho de rappel concernant le cheminement de la lutte anti-esclavagiste qui s’inscrit sur un temps long.

Une personnalité réfléchie d’un relationnel amène qui dispose d’une grande culture concernant la problématique de l’esclavage et ses multiples manifestations dans l’ensemble du corps social mauritanien. Il y a quelques années, lorsqu’il était aux soins dans un hôpital francilien (France), j’ai eu la chance de le rencontrer pour la première fois. Une véritable source d’inspiration qui exprime sérénité et disposition à cerner et comprendre profondément les enjeux de la lutte anti-esclavagiste notamment quand l’éveil abolitionniste Ganbanaaxu (dans l’ensemble communautaire soninké) a été abordé brièvement dans nos échanges. J’étais en compagnie de mon frère et ancien président d’Armepes-France  M. Gaye Tene Traoré, et notre doyen M. Baba Ould Jiddou avait été à l’origine de la mise en relation bienveillante.

Ainsi cette cérémonie d’hommage est d’une pertinence valide et consacre une voi(e)x qui le mérite amplement. Longue vie et santé au doyen et merci à ses camarades de lutte pour cette reconnaissance à son endroit. Un Hommage Vivant de son Vivant…! C’est Top.

17 février 2026

-Koundou SOUMARE, blogueur et militant des droits humains.

● Nécrologie | À propos du décès de l’anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye. Par l’écrivain Sami Tchak

Par l’écrivain Sami Tchak :
Né le 20 août 1950, Tidiane N’Diaye est mort le 26 octobre 2025. Je ne l’ai appris qu’hier grâce à quelqu’un qui reprenait sur Facebook l’information donnée par la célèbre journaliste et chercheuse Rokhaya Diallo. Plus de trois mois déjà : une mort passée inaperçue, si je peux me permettre de le dire ainsi. Quand je l’avais rencontré en Guadeloupe, où il était alors fonctionnaire, il allait publier son essai sur Chaka Zoulou chez un éditeur dont la politique éditoriale ne semblait pas lui convenir. J’avais alors envoyé son texte à mon éditeur et ami Jean-Noël Schifano. On connaît la suite: plusieurs essais et un roman chez Gallimard dans la collection Continents noirs.

Un jour, je lui avais dit qu’il allait souffrir d’une chose: les universitaires ne le recevraient pas comme un frère au sein de leur famille, car il n’était lié à aucune institution de recherche. J’etais convaincu que sans validation institutionnelle, donc, aux yeux des chercheurs professionnels, simples travaux de vulgarisation, ses livres resteraient dans la sphère « grand public », ce qui ne suffit pas pour un chercheur.

Je pense que cela explique l’anonymat dans lequel il est entré immédiatement avec sa mort. S’il avait été un universitaire, ses collègues auraient chanté ses mérites.

Bon voyage, grand frère.
Celles et ceux qui voudraient contribuer à t’arracher à l’infini du silence sauront ce qu’il y a à faire: te (re)lire. Je mets en commentaire le lien de ta page Wikipédia, elle est assez complète.

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tidiane_N’Diaye?fbclid=Iwb21leAPwAsFjbGNrA_ACvWV4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHnFeN_tYX5hV_v9NOODPwQOuU04kLyhx9mFvSvUZolgsAK-O5QLgUDCXWlVN_aem_zf52J3bX7evJ3y48ZQIe6g

• Lien source Facebook https://www.facebook.com/share/p/18EXyobGZH/

● Le Grand Entretien du BLOG | Avec M. Kissima COULIBALY, professeur et acteur de la société civile (Mauritanie)

La rubrique Grand Entretien du BLOG vous revient avec une interview accordée par M. Kissima COULIBALY. Professeur et acteur de la société civile, le natif de Kaédi a répondu à nos questions dans ce numéro 1 du Grand Entretien du BLOG (Le GEB) de l’année 2026. Nos vifs remerciements à son endroit pour la disponibilité manifestée. Bonne lecture.

Ci-après l’intégralité de l’interview :

● Question 1 : Bonjour monsieur Kissima COULIBALY, pouvez-vous vous présenter sommairement à nos lecteurs? (Parcours scolaire, professionnel, politique et de militant dans la société civile)

M. Kissima COULIBALY : Je me nomme Kissima Coulibaly. Du primaire au secondaire, j’ai fait mes études à Kaedi, entre l’école Touldé et le lycée de Kaedi. J’ai obtenu mon baccalauréat au lycée privé de Sangama. Et titulaire d’une licence en biologie des organismes et des écosystèmes à l’université de nouackhott faculté de sciences et techniques.

Actuellement, je suis professeur de sciences naturelles et président de l’association des jeunes pour la promotion du développement durable, créée en 2020.

● Question 2 : pourriez-vous nous exposer quelques données formelles et de fond de votre engagement dans la société civile ? Facilités, écueils et perspectives…

KC : Mon engagement dans la société civile a commencé au collège, où j’étais un jeune actif. J’ai participé aux activités du club des jeunes Alliance de Kaedi. Après quelques temps, il y a eu des sélections au club et j’ai été nommé président. Cela m’a permis d’acquérir beaucoup de connaissances en matière de leadership. J’ai compris la notion de l’engagement. Après cela, durant les vacances, les jeunes de mon quartier sont venus me voir pour me proposer de créer une association au niveau du quartier, dont j’ai été le président. Cela m’a permis de connaître encore mieux le quartier et de créer un trait d’union entre les jeunes du quartier, en faisant des sensibilisations sur les actions citoyennes.

● Question 3 : à propos de l’éducation, quels conseils pourriez-vous donner à la jeunesse mauritanienne et en particulier à l’adresse des jeunes soninké ?

KC : Le conseil que je donne, c’est d’apprendre coûte que coûte, car sans éducation, on n’aura pas de citoyens modèles et sans citoyens modèles, l’avenir d’un pays sera flou et on sera à la merci du sous-développement à tous les niveaux. « L’avenir, ça se prépare ».

● Question 4 : en Mauritanie, les problématiques liées aux mentalités et pratiques féodalo-esclavagistes persistent dans nos communautés, de votre position d’acteur social , quel est votre diagnostic à propos globalement ? Et également… quelles seraient selon vous, des pistes d’application afin de dépasser définitivement ces tares sociétales qui sont conflictogènes?

KC : En ce qui concerne l’esclavage dans le milieu soninké, je pense qu’il n’y a pas une réelle participation de la société civile. Les tabous persistent, donc il faut qu’il y ait un programme qui soutienne la société civile à faire des sensibilisations, comme on le fait dans d’autres secteurs (santé, environnement, etc.). Pour qu’on puisse avoir une réelle participation communautaire, je crois que cela fera un changement de paradigme à tous les niveaux : des imams aux chefs de quartiers, des écoles à l’université, car c’est un fléau qui mérite d’être débattu et pour lequel il faut trouver des solutions, car cela freine le développement.

● Question 5 : quelle est votre lecture de l’engagement des jeunes en politique dans notre pays ? Ils y sont suffisumment dynamiques ou en retrait?

KC : L’engagement des jeunes sur la scène politique n’était pas compris auparavant. Mais en 2023 ,depuis que le président de la République a inclus les jeunes dans les instances décisionnelles, on a vu un réel engagement de la jeunesse sur la scène politique : des candidatures s’annoncent, et cela a donné un déclic chez plusieurs jeunes. C’est un début prometteur, mais il y a encore du chemin à parcourir.

Lien utile : la page Facebook de l’association AJPDD

https://www.facebook.com/profile.php?id=61578900985599

16 janvier 2026

• Réalisé par KS pour le BLOG

● Afrique – Politique | Le personnage Kémi Seba en un petit mot. Par KS.

©️ Photo via les RS

–KS comme Kémi Seba | il est en train d’habiter son véritable personnage en mutant d’éveilleur de conscience collective auprès du monde afro diasporique à agitateur et politicien très instable dans ses démarches et vues. Planqué chez le général Tiani, le mythomane putschiste qui tient le Niger aux fers AES-siens (pouvoir militaire à rallonge et fermeture du champ politique et civique), Kémi Seba rameute et exploite en fin manipulateur des bonnes causes pour ses agendas nébuleux axés sur un ego surdimensionné à assouvir. Par son aura et ses prétentions, actuellement s’il était prisonnier politique au Bénin, on l’aurait pris au sérieux et ses bluffs compulsifs seraient mieux lisibles à juste titre. Il fait partie de la team Nyamsi, Yamb et leur suite… imaginons confier la gouvernance d’un pays à ce trio, ils ne vont pas tarder à se saigner horriblement dès les premiers 50 jours… parce que les rengaines compulsives tellement simplistes via les réseaux digitaux ne résistent pas aux réalités vivaces du jour au jour des hommes.

Actuellement, il serait doté d’un passeport diplomatique nigérien, le nombre de ressortissants de ce pays du même âge et N fois plus futés intellectuellement que lui, subissent un réel social et économique bouché et ne verraient jamais à quoi ressemble ce type de passeport officiel. Au Niger, il y est un élément parmi une élite politique et économique pro militariste et sûrement affairiste qui s’est faite de la thématique siamoise « souveraineté – panafricanisme » et ses biais raccourcis comme le nouvel opium d’un peuple qui se cherche. Et un peuple subissant désespoir multidimensionnel se trouve aisément…un messie arriviste loquace pour tenir face à une atmosphère de béance matérielle pour ne pas dire existentielle.

-KS pour le BLOG