● Soninkara ~ débats | M. Adama BATHILY et ses détracteurs : le philosophe face aux hypocrites?

📷 Octobre 2021 | Bamako et Nioro (Mali)


En novembre 2020, j’avais consacré cet élément de témoignage à l’endroit de l’oncle M. Adama Mady Wally Bathily.. https://ecrit-ose.blog/2020/11/08/lesclavage-par-ascendance-chez-les-soninkes-monsieur-adama-madi-waly-bathily-ou-la-voix-juste-et-humaniste-dun-avertisseur-resolu/ . Je n’ose pas dire que j’ai pu suivre et écouter suffisamment ses différentes interventions critiques et questionnements sur le champ polémiste à frictions verbales dans l’écosystème soninké autour du fait religieux (islam et arabisme)  vs l’arène encartée kémitiste notamment dans le réseau social Tiktok. Aujourd’hui, ce qui en sort en termes de joutes verbales et de tensions anathèmiques alléguent une évolution philosophique proactive chez lui. Et du bruit, il y en a beaucoup à son sujet et le camp abolitionniste et anti-esclavagiste soninké notamment l’environnement du mouvement social Ganbanaaxu Fedde ne peut être insensible (par ricochet plus ou moins) à son cas. Ces derniers temps, une certaine déviation sonore s’entend avec confusion laissant entendre que son engagement anti-esclavagiste dans la communauté soninké serait objet à une instrumentalisation liée à ses disputations théologiques avec d’autres éléments sociaux (religieux et communautaires).
De mon point de vue, je ne m’estime pas activiste d’une sorte de police de la pensée ou de la foi à l’encontre de qui que ce soit.
J’ai eu l’occasion de le côtoyer lors d’un voyage de 2 semaines au Mali en octobre 2021, je l’ai vu en homme humble accordant beaucoup d’attention aux notes et à la réflexion. Une voix d’un grand courage qui s’est manifestée tôt sans ambiguïtés contre l’esclavage intra-africain particulièrement celui qui sévit dans la communauté soninké. Il s’affirmait résolument contre les sources théologiques de l’esclavage surtout celles d’une certaine lecture validant implicitement l’asservissement des Noirs exclusivement…par certains cercles religieux arabo-musulmans et également par d’autres Noirs par effet d’imitation bien étrange.

Notre voyage du programme Études-Action pour la formation au plaidoyer anti-esclavagiste nous avait menés jusqu’à Nioro après les étapes de Bamako et de Kayes. À Nioro, auprès des rescapés  de la localité de Djandioumé où 4 pères de famille du mouvement abolitionniste Ganbanaaxu Mali (Mountagha Diarrisso, Hamet Cissokho, Gossi Cissokho et Youssouf Cissokho) avaient été lynchés à mort par une équipée criminelle féodalo-esclavagiste dans la nuit 1 septembre 2020. Lire : https://www.maliweb.net/societe/pour-avoir-refuse-leur-statut-d-esclave-quatre-personnes-sauvagement-assassinees-a-djandjoume-2893909.html . Sa prise de parole humaniste et pleine d’empathie à l’endroit des rescapés (femmes et enfants) a été d’un réconfort remarquable.

Pour rappel, sociologiquement monsieur Bathily n’est pas victime des assignations sociales de cet esclavage par ascendance dans la communauté. Et pourtant il s’est distingué avec responsabilité et courage en épousant ouvertement les idéaux anti-esclavagistes du mouvement Ganbanaaxu. Il appelait à l’implication des pouvoirs étatiques dans nos pays pour contrer sérieusement les relais intégristes et violents (certaines chefferies coutumières et subordonnés) de cette tare sociale.

Aujourd’hui, que son évolution philosophique le mène à explorer d’autres questions tendues liées au fait « islam », ne saurait constituer une indexation de disqualification contre lui dans l’engagement anti-esclavagiste. Il est de loin plus humaniste et juste que beaucoup qui baignent dans une panoplie de petites, moyennes et grandes hypocrisies dans l’enclos communautaire soninké sur la compréhension et la pratique du fait religieux islamique. Surtout quand l’idéologie suprémaciste et féodale d’un certain ethno-racisme communautaire est mis à nu face aux principes d’une théologie de libération et d’égale DIGNITÉ entre les membres d’un même groupe sociolinguistique.

Le 24 septembre 2026

KS pour le BLOG

Laisser un commentaire