● Contribution | La fièvre d’être Soninké. Par M. Seyre SIDIBE



Derrière la fièvre de proclamer sa fierté d’être Soninké devant les projecteurs se cache une réalité bien plus amère. Celle qui ronge tout bon Soninké, soucieux de l’égalité et de la justice entre les membres d’une même communauté sociolinguistique.

Un Soninkara divisé, fragilisé et piégé par son orgueil et son refus d’entendre ses propres rugissements et soupirs internes. Chacun retournera ou retrouvera, au terme de la journée du 25 septembre, son village avec ses réalités soninké bien tristes : climat délétère, suspicion et animosités ambiantes, guerre de clans et de classes, etc.

Cette tribune aurait été l’occasion d’appeler à la paix entre Soninké, de solder les différends et de raviver la flamme d’un Soninkara plus égalitaire et apaisé.

En effet, il n’y a aucune société qui puisse véritablement s’épanouir, se développer dans la haine et en dehors de la paix.

Célébrer la langue et la culture soninké à Paris est en soi une tribune opportune et une perche tendue à la communauté soninké pour aller de l’avant.

L’avant, c’est la modernité, c’est le désir de se développer, de s’adapter et de faire preuve de résilience. La capacité à changer les codes et les mots de passe qui trébuchent, ainsi que les logiciels devenus obsolètes.

On ne peut pas construire une société soninké viable avec seulement de la nostalgie comme moteur et en faisant fi des réalités du moment. Un diagnostic sans complaisance est nécessaire pour définir un nouveau cap, celui de l’inclusivité sociale, du pragmatisme social et de la dignité comme élément fédérateur entre les Soninké.

En effet, la meilleure façon de porter le costume hérité de son père, tout en restant élégant sans paraître ridicule, de dégager le visage de son père et de soi-même, c’est de l’ajuster à sa propre taille.

Seyré SIDIBE

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