● Mauritanie ~ Guidimagha | 24 septembre 2026 – Une étrange « sauce politicienne soninké » à Sélibaby.

Ici (📷1) une réunion entre référents tradi-politiques de certains clans sociaux soninkés de la région (issus de différentes localités) avec la présence d’élus d’un quart représentant du camp encarté Insaf (parti au pouvoir  ). Officiellement…c’est pour la restitution attendue de leurs émissaires reçus par le président de la République Ould Ghazouani (📷2) il y a quelques mois. Officieusement, ce serait plutôt un autre épisode dans l’agenda concurrentiel entre tendances clanico-politiques soninkés du camp présidentiel dans la région. Ici leur chef de fil est le député Sidney Sokhna qui, dans son discours du jour, a plus explicité la substance du briefing attendu des émissaires. Dont leur mission aurait été principalement « demander au président l’éradication de l’éveil anti-esclavagiste et anti-féodal du mouvement social Ganbanaaxu dans les villages ». Une posture qui apparaît en filigrane dans leur prise de parole. Et M. Sokhna d’utiliser un langage politicien pour réconforter ses  soutiens et relais sociaux en face concernant leurs régimes coutumiers tout en prônant entre les lignes une nécessité d’inclusion qui serait demandée par le président de la République.

Dans ce compte-rendu exposé en mondovision, les propos d’un des émissaires nécessitent un focus par son fond insolite comme doléance. Ce monsieur qui serait originaire de la localité de Bouanze assume publiquement qu’ils ont demandé l’érection de leur chefferie clanico-politique comme un cran administrativement reconnu. Ils veulent une faveur étrangement singulière au-dessus des autres citoyens avec l’identification de leur chef-maison par le drapeau national. Ainsi, ils font fi visiblement des segments relais de l’administration normale (Mairie, Arrondissement, Département et Région). Un appel implicite à un séparatisme dans le corps institutionnel de la RÉPUBLIQUE. Une requête scandaleuse qui ne semble pas heurter les élus (députés et maires) présents lors cette rencontre aux visées nébuleuses finalement pour tous les observateurs extérieurs.

● Fait à noter : la présence du référent traditionnel de Bambaradougou (quartier-village dans Sélibaby). En la personne de M. Bafode Traoré (📷3) qui déclare que de mémoire, c’est la première fois qu’un référent traditionnel de leur localité a été invité à une réunion du genre entre autres représentants clanico-politiques soninkés. Il a salué cette évolution… naturellement à entendre son discours mais est-il suffisamment aux faits de la portée de l’instrumentalisation orchestrée avec sa présence dans pareille assemblée seulement aujourd’hui en 2026…?
Le député Sidney Sokhna n’a pas raté l’occasion de l’afficher en exemple (comme par hasard) dans son propos pour appuyer ses positions pro anciens régimes coutumiers intrinsèquement féodaux et discriminatoires dans les villages soninkés.

En résumé la rencontre c’est : travail et sensibilisation politique des relais clients sociaux entre tendances pro pouvoir et tentatives de délégitimer encore l’éveil anti-esclavagiste Ganbanaaxu qui aspire à plus d’égalité sociale et contre les discriminations statutaires. Les dynamiques de l’autogestion sociale des descendants d’esclaves organisés en citoyens éveillés dans les localités soninkés sont difficilement acceptables pour les régimes tradi-politiques et leurs parrains politiques qui sont par ailleurs de la même souche sociologique généralement.

À suivre…

Paisible Vendredi à TOUS.

Nous sommes le 25 septembre 2026… BONNE JOURNÉE DE LA LANGUE SONINKÉ À L’ENSEMBLE LOCUTEUR DE CETTE BELLE LANGUE🎉 . 

KS pour le BLOG

● JOURNEE INTERNATIONALE DE LA LANGUE SONINKE 2026 | ÉLÉMENT CONTRIBUTIF PAR LES « AMIS PROGRESSISTES » ET PARTENAIRES. [Textes et audiovisuel]

À l’occasion de la Journée internationale de la langue soninké, proclamée le 25 septembre de chaque année par l’UNESCO sous le numéro de résolution 42 C/Résolution 53 (adoptée en novembre 2023 lors de la 42e session de la Conférence générale), des sympathisants et militants de l’engagement progressiste de Ganbanaaxu Fedde lancent une initiative culturelle visant à mettre en valeur, à travers la langue soninké, les idéaux de Ganbanaaxu fondés sur l’égalité en dignité, la fraternité, la solidarité, l’unité et le vivreensemble.
Le poème suivant, en langue soninké suivi de la traduction approximative en langue française, se déclame en deux grandes parties. La première partie est écrite par le groupe « Les Amis progressistes », un groupe de travail et de réflexion sur les enjeux contemporains de manière générale et sur la société soninké en particulier. Ce sont tous des militants engagés pour les droits de l’homme et qui œuvrent pour l’expansion de l’idéologie « Ganbannaxu » (égalité dans la dignité) au sein de la communauté soninké, une société réputée conservatrice et hiérarchisée. Les initiateurs de ce projet ont collaboré étroitement et partagent le combat de Ganbannaxu avec l’auteur de la deuxième partie de ce poème, Bouba MAGASSA (Diawara, Sénégal).
Le groupe « Les amis progressistes » est composé de : 
– Koundou SOUMARE (Dafort, Mauritanie)
– Issa BA dit Gangara (Bakel, Senegal)
– Issa CAMARA (Toulel, Mauritanie)
– Biranté SIDIBE (Dembacane, Senegal)
– Souleymane CISSOKHO (Toulel, Mauritanie)
– Sikhou DIARRA dit Cheikh Mohamed (Wompou, Mauritanie)


• Le Poème
Partie 1 :
Sooninke : an xanne, an yerewuraaxu, an hooraaxu Sooninkan xannen koota, sewoyen koota.
Sooninkan xannen koota, ñaxaliyen koota.
Sooninkan xannen koota, sooninkaaxu koota.
Sooninkaaxu feti roxomaxantaaxu, sooninkaaxu ni yerewuraaxu.
Sooninkaaxu feti fasoŋontaaxu, sooninkaaxu ni hooraxu.

Haadama remme su nan fatanta ñaana hooren ya.
Hooraaxun feti xeyaado 
Yerewuraaxu xa feti Xeyaado,
Haadama remme su gollen do a sigimoxon ra wa yemme su ñaana yerewuru ya.
Haadama remme su gollen do a sigimoxo ra wa yemme su ñaana hoore ya.

Faaba xase do kisima xase ra nta, sere ñaana yerewuru ya  Faaba xase do kisima xase ra nta, sere ñaana hoore ya.
Faaban danbe feti yerewuraaxu.
Saaxan danbe feti hooraaxu.
Yemme su ga balla yeretigiyen ŋa, ken kaman ni yerewurun ya.
Yemme su ga balla yeretigiyen ŋa, ken kaman ni hooren ya.

Duna su da roxomaxantaaxunun bulu kuudo na haadama remmaaxun xiiman Wurugi.
Haadama remmaaxun xiiman feti fo kontinte ya.
Hadama remmaaxun xiima yaani fo timmanten ŋa.
Xiima feti fo roxe, 
Fo roxe xa feti xiima.
Yerewuraaxu, hooraaxu, a do xiima, sere su yimme yaani ku fiini gollini duuda.
Sere su yimme yaani ku fiini tangana duuda.
Haadama remme su yimme yaani ku fiini dabarini duuda.

Haadama remme su nan xawa i men fune ñaana duuda aaxi ya.
Duna sere sirun su yan gollini aaxaaxu danŋa. 
Duna sere sirun su yan gollini Ganbaanaaxu danŋa.
Haadama remme su nta fatanta balla aaxaaxu do Ganbaanaaxu.
Fonxulle, fonbinne, o su nan fatanta, senbe kinni aaxaaxu do Ganbaanaaxu.
Haadama remmaaxu, aaxaaxu, a do Ganbaanaaxu, ku yaani  duna fonxura
Fonxura be ra ga wuron bitan binnen xatana.


Partie 2 :

O jomu 
Sooninka nxanne, ndo sooninko nkuure ye ŋa Awa finna qurungu nxuubene ji noxo.  Duna Fon kullun su kafi GANBANAAXU, nfuura hoore noxo nŋa Yerewuraxu ntigiti ya, Fosonwuntaawu, kofo xonne ida kari. Tuwaaxun ya be su muuri fo , baanaganxaaxu ndi wara kaane. Yerewuraxu, hooraxu, tuwaaxu, yexu, ku su ma ña dura nxabiila ma duran danbe 
Afiriki fatanbinnu soninkara wa dura nkaara . O suuxe do i xannu, nan gollobe katta i jamaanu xari kalle. Nxa ke su ma sooninko ntuuwano ndo i senbe gumun ya, googotidaano, do sinmaano. Ko fo jomu.  sooninkara duuraxu  :  kitanto nxa ?ituwaano nxa?fonna xayu xa ? O bara o soninkara o bara xanne daga kaane.
Nan bara GANBANAAXU fuure ntagana, nan toxo a noxo ti banaaxu, Yerewuraxu be su dura njukku geni. Hooraxu besu taqqe, tuwaaxu be su muuri fo. Sigi dingira tuwaaxun gada ke be kinni. 
O su sanqi : jelegin gabo, misikiinaxu nma xatee, tuwa nbalaxun ma sanku, ke terinde su. 
O siilaamaaxun lanpu .
Ke TUNKA !
O jomu sooninko

● Traduction approximative :
Partie 1 :
SONINKÉ : ta langue, ta probité (intégrité), ta dignité
Journée de la langue soninké, un jour de joie et de bonheur. La journée de la langue soninké, journée de soninkaxu.
Soninkaxu, ce n’est pas du mépris social ; c’est la fraternité et l’inclusion.
Soninkaxu, ce n’est pas du suprémacisme ; Soninkaxu, c’est l’égalitarisme.
Tous les êtres humains naissent égaux en dignité. La probité ne s’hérite pas, elle s’acquiert. L’intégrité, non plus.
Tout être humain tient sa valeur de ses propres actes ; fais de toi un être digne.
Tout être humain est digne par ses œuvres et son attitude.
Ta filiation n’est pas une cage de rectitude comportementale et de noblesse.
L’ascendance non plus n’est pas une garantie de noblesse.
La lignée paternelle ne garantit pas à elle seule l’intégrité. La lignée maternelle non plus.
Est également noble celui qui s’évite le déshonneur.
La plupart de l’humanité a combattu les inégalités pour promouvoir la dignité humaine.
La valeur humaine n’est pas négligeable. La valorisation de l’humain doit être pleine et entière.
Cette valeur n’est pas banale. Et le rabaissement non plus n’est pas une valeur.

Liberté, dignité et lumière : nul ne peut, seul, œuvrer pour elles.
C’est à tout un chacun de les protéger et de les préserver.
C’est à chacun, individuellement, de garantir la préservation de ces valeurs.
Que tous les êtres humains sachent que leurs droits sont liés les uns aux autres.
Nul, au monde, ne peut œuvrer seul pour les droits.
Nul, au monde, ne peut œuvrer seul pour la justice.
Les êtres humains ne naissent pas déjà maîtres des droits et de la justice.
Blancs comme noirs, tous naissent avec la force d’établir les droits et la justice.
L’humanité, les droits et la justice : voilà ensemble la grandeur du monde.
Et cette grandeur-là ne se bâtit pas en un seul jour.

Partie 2 :

Notre épanouissement !
La langue et l’essor de la communauté Soninké peinent à trouver son éclat
La société occidentale a cultivé les principes d’égalité et de probité
Ils ont déraciné l’arbre des inégalités et de l’injustice sociale.
Ils ont démocratisé le savoir et promu l’égalité. 
La dignité et la science ne sont pas monopolisé.
Les africains, les soninkés en particulier, nous avons maitrisé leur langue, sillonner leur territoire parfois au péril de nos vies sans tirer notre épingle du jeu.

Notre épanouissement !
Nos terroirs se vide : Où sont nos notables ? Où sont nos érudits ? Où est notre jeunesse ? Notre société s’étiole !
En refusant de construire une société juste et égalitaire, de considérer la dignité comme inhérent à l’homme, d’estimer la science comme universelle et le mérite comme personnelle
Nous nous sommes éparpillés, les responsabilités ne sont pas situées, la pauvreté prend de l’ampleur, l’ignorance perdurent, et notre foi se fragilise, en dépit de tout ce périple
Oh mon Dieu

Notre épanouissement !

©️ L’équipe « Les Amis progressistes »

● Les Nations unies adoptent une résolution pour une nouvelle cartographie mondiale.

L’ONU… avec la résolution A/80/L.104 du vendredi 4 septembre 2026 qui restaure une réelle perspective cartographique de la carte mondiale. Lire https://www.rts.ch/info/monde/2026/article/cartographie-l-onu-adopte-des-cartes-aux-proportions-reelles-29348055.html , largement adoptée mais avec le vote négatif des États-Unis de D. Trump.

Une avancée notable en termes d’imaginaires et de projections sur les espaces géographiques à la vue. L’ancienne cartographie adoptée « passivement » jusqu’à là est bien porteuse d’une vision du monde où les proportions théoriques sont attribuées avec beaucoup de visées loin d’être neutres géopolitiquement.
Lors d’une conférence co-animée par l’ancien international français M. Lilian Thuarm et l’écrivain M. Alain Mabanckou à Paris (15 juin 2023), un planisphère avec les réelles mesures et positions des continents avait été mis à la disposition de l’assistance par la #Fondation #Lilian #Thuram. Une carte mondiale sur laquelle le continent africain figure dans ses dimensions réelles, ce qui montre une autre perspective visuelle sur sa place écrasante comparativement à l’ancienne cartographie.

Je tiens à remercier une nouvelle fois la Team de cette Fondation qui m’a donné l’autorisation (via mails échangés) d’utiliser cette carte pour la confection de la couverture de notre ouvrage : https://www.amazon.fr/Br%C3%A8ve-initiation-g%C3%A9opolitique-jeune-Sonink%C3%A9/dp/B0D1NF32CZ .



Cette Fondation mène ainsi un soft activisme intellectuel pour une meilleure projection des imaginaires sur tout ce qui a trait au monde africain et afro diasporique. Une pertinente militance à louer à sa juste valeur dans le sillage souvent fourre-tout et caricatural du panafricanisme.

5 septembre 2026

KS

● Mauritanie ~ Politique | DÉCLARATION POLITIQUE DE BIRAM DAH ABEID SUR LE RAPPORT DE L’INSPECTION GÉNÉRALE D’ÉTAT 2024-2025

ON NOUS DONNE DES CHIFFRES MAIS ON NOUS CACHE LES RESPONSABILITÉS.
Le gouvernement a fini par publier son rapport annuel sur le contrôle de la gestion de l’argent public. Ce document, qui porte sur les exercices 2024-2025, n’a été rendu accessible qu’en août 2026, plusieurs mois après la clôture de l’exercice, sans que soient précisés ni la date exacte d’arrêt des données ni le motif de ce retard. Il révèle 2,375 milliards d’ouguiyas (MRU) d’irrégularités sur 32,8 milliards audités. Mais derrière ces chiffres, une question fondamentale demeure entière, et le gouvernement n’y apporte aucune réponse. Qui répond de ces irrégularités ?
Le premier signal d’alarme dans ce rapport est le tri sélectif opéré dans les contrôles. Le secteur des mines et de l’énergie ne fait l’objet que d’une seule mission sur vingt-huit. Trois missions seulement concernent la pêche, sans que les institutions visées soient jamais nommées. Comment les priorités de contrôle ont-elles été arrêtées ? Pourquoi ces secteurs, qui concentrent les marchés les plus juteux et les enjeux financiers les plus considérables, où gravitent des intermédiaires connus pour leurs liens avec le pouvoir, ont-ils été à ce point épargnés ?
Que le rapport affirme que l’IGE établit elle-même une partie de son programme de contrôle ne saurait suffire à exonérer le pouvoir de ses responsabilités. Nous savons comment fonctionne réellement le système. Le pouvoir décide des contrôles qu’il veut provoquer, impose des saisines hors programme au gré de ses propres intérêts et conserve la maîtrise de l’environnement dans lequel l’Inspection exerce ses missions. Il ne peut donc se réfugier derrière l’autonomie formelle de l’IGE pour se décharger de sa responsabilité politique. Une institution de contrôle ne peut être véritablement indépendante lorsque l’exécutif conserve les moyens de déterminer ce qui doit être contrôlé, ce qui ne doit pas l’être et les suites qui peuvent être données aux conclusions.
C’est précisément là que se trouve l’une des contradictions fondamentales de ce rapport. L’IGE réclame elle-même le pouvoir de saisir directement la Cour des Comptes pour les fautes de gestion. Pourquoi ce pouvoir ne lui est-il toujours pas accordé ? Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de donner à l’institution chargée de contrôler l’argent public les moyens de faire aboutir ses propres constatations ? Une institution qui ne peut ni contrôler librement ce qui doit l’être, ni saisir directement la juridiction compétente, ni garantir elle-même les suites de ses constats demeure, dans les faits, à la merci du bon vouloir de l’exécutif.
Le gouvernement ne peut demander aux Mauritaniens de croire à l’efficacité du contrôle tout en maintenant l’institution de contrôle dans une position qui limite sa capacité à faire aboutir ses propres constatations. Il ne peut proclamer la lutte contre la corruption tout en conservant un système dans lequel le pouvoir décide largement de ce qui doit être contrôlé, de ce qui doit être poursuivi et de ce qui peut finalement rester sans suite.
60% de l’impact financier des irrégularités constatées proviennent de la commande publique. Ce sont les marchés qui financent nos routes, nos écoles, nos hôpitaux et nos infrastructures. Et pourtant, le rapport ne dit pratiquement rien de ces marchés. Rien sur les administrations attributaires. Rien sur les commissions de passation. Rien sur les entreprises bénéficiaires. Pas de noms. Pas de décideurs. Pas de signataires. Pas de responsables.
Ce silence n’est pas anodin. Il protège les zones de connivence que les Mauritaniens connaissent bien entre certains milieux d’affaires et le pouvoir. Aucune institution contrôlée n’est identifiée. Aucun projet. Aucun marché. Seulement des formules vagues comme « un établissement public » ou « un département ministériel ». La présomption d’innocence des individus ne saurait justifier l’anonymat des institutions qui gèrent l’argent du peuple.
Quand cet argent appartient à tous, le peuple a le droit de savoir dans quelle institution il a été engagé, pour quel projet, dans quel marché, selon quelle procédure et avec quelles conséquences. L’argent public ne peut pas devenir anonyme au moment même où il faut rendre des comptes.
La publication d’une version aussi agrégée et aussi systématiquement anonymisée est une épuration. Le rapport a été débarrassé de tout ce qui permettrait aux citoyens de remonter aux responsabilités, d’identifier les institutions concernées, de connaître les bénéficiaires des marchés et de suivre les suites données aux irrégularités constatées.
Cette épuration est en elle-même révélatrice. Elle montre un pouvoir qui n’a aucune intention réelle de jouer la transparence ni de lutter sérieusement contre la corruption. Il fait le minimum pour satisfaire les bailleurs et endormir l’opinion. On publie quelques chiffres pour donner l’illusion du contrôle. On dissimule précisément ce qui permettrait de remonter aux responsables.
Le rapport mentionne 34 sanctions administratives, dont vingt cessations de fonction, trois mutations d’office et onze avertissements. Mais où sont les institutions concernées ? Quels sont les faits reprochés ? Qui a prononcé ces sanctions ? Quelles autorités les ont appliquées ? Quels effets ont-elles réellement produits ?
Tout porte à croire qu’il s’agit une fois de plus de lampistes, de petits fonctionnaires sacrifiés pour épargner les échelons supérieurs. Aucun média, aucun communiqué officiel n’a jamais fait état du limogeage ou de la sanction d’un haut responsable à la hauteur des faits et des montants évoqués.
Pendant ce temps, les hauts responsables continuent d’étaler leur enrichissement sans complexe. Achats de terrains à Nouakchott à des prix au mètre carré qui rivalisent avec ceux des capitales mondiales. Acquisitions de villas à l’étranger. Accumulation ostentatoire de richesses.
La corruption et la mauvaise gestion ne sont pas l’œuvre des seuls exécutants. Les grandes décisions se prennent en haut. Les grands marchés s’attribuent en haut. Les grandes sommes circulent en haut. Quand on parle de milliards, il est légitime d’exiger que soient identifiés ceux qui se trouvent au sommet de la chaîne de décision.
Nous ne voulons pas d’une lutte contre la corruption qui punit les petites mains pendant que les véritables décideurs restent intouchables. Nous ne voulons pas d’une justice administrative qui s’arrête au bas de la chaîne de responsabilité. Nous voulons que l’on remonte jusqu’à ceux qui décident, jusqu’à ceux qui autorisent, jusqu’à ceux qui bénéficient et jusqu’à ceux qui protègent.
Quatre dossiers ont été transmis à la justice, deux à la Cour des Comptes et deux au Parquet. Où en sont-ils aujourd’hui ? Transmettre un dossier à la justice ne saurait constituer un point final. Les Mauritaniens ont le droit de connaître la suite réservée aux affaires qui touchent à leur argent. Rien ne permet d’exclure que ces dossiers suivent le même chemin que tant d’autres avant eux. Classés. Enterrés. Oubliés. Une transmission ne vaut pas justice. Un dossier ouvert ne vaut pas une sanction. Une sanction annoncée ne vaut pas une réparation. Et une réparation ne vaut pas une reddition des comptes tant que les responsables ne sont pas identifiés et que l’argent public n’est pas effectivement récupéré.
L’IGE évalue à 2,375 milliards d’ouguiyas l’impact financier des irrégularités et indique que 45,6 millions d’ouguiyas seulement ont été reversés en numéraire au Trésor. Entre les milliards d’irrégularités constatées et les quelques millions effectivement reversés, le gouffre est vertigineux. Ce chiffre dérisoire en dit long sur l’absence de volonté de ce pouvoir de briser l’impunité. Il révèle une opération de façade, juste suffisante pour donner l’apparence d’une action et apaiser une opinion qui n’a pas oublié la réputation de ce régime en matière de corruption. Le gouvernement doit rendre compte, dans le détail, de ce qu’il est advenu de cet argent. Où est ce qui a été récupéré ? Qu’est-ce qui est encore en cours ? Qu’est-ce qui fait l’objet de réparations ou de mesures de recouvrement ? Qu’est-ce qui reste à traiter ? Quelles sommes ont été définitivement perdues pour le Trésor ? Les Mauritaniens ont le droit de le savoir.
Le rapport ne permet pas davantage d’évaluer la récidive. Combien d’administrations réitèrent les mêmes fautes ? Combien de gestionnaires contrôlés une première fois se retrouvent ensuite à des postes équivalents ? Combien de problèmes déjà signalés resurgissent dans les contrôles suivants ? Combien de fois faudra-t-il inspecter la même administration avant que l’État daigne enfin changer quelque chose ? Une inspection n’a pas pour seule fonction de constater, année après année, les mêmes dérives. Elle doit permettre de les corriger et, surtout, d’empêcher qu’elles se reproduisent. Sinon, le contrôle cesse d’être un instrument de réforme pour devenir un simple registre annuel des dysfonctionnements de l’État.
L’IGE a formulé 771 recommandations. Sur les 348 actions planifiées, 231 ont été exécutées. Mais 351 recommandations sont toujours en attente de transmission. Là encore, on en reste au constat. On n’entre pas dans le suivi. Une recommandation qui ne débouche sur aucun changement concret dans la gestion publique ne vaut rien. Une inspection qui constate sans pouvoir faire aboutir ses propres constats n’est qu’un instrument amputé de son efficacité. Et un pouvoir qui accepte cette situation ne peut prétendre mener une véritable politique de lutte contre la mauvaise gestion et la corruption.
Nous exigeons clairement cinq mesures.
La publication du rapport dans son intégralité, mission par mission, avec l’identification des institutions, des projets et des marchés contrôlés, ainsi que les montants et la nature des irrégularités constatées ;
La publication d’un état public du suivi des sanctions et des dossiers transmis à la justice, jusqu’à leur issue définitive ;
La publication régulière de la situation réelle du recouvrement de l’argent public, avec les sommes récupérées, les sommes encore dues et les mesures engagées pour leur recouvrement ;
La mise en place d’un véritable indicateur de récidive et d’un mécanisme transparent de suivi de l’exécution des recommandations de l’IGE ;
L’octroi à l’IGE du pouvoir de saisine directe de la Cour des Comptes qu’elle réclame elle-même, ainsi que la garantie que son programme de contrôle puisse être établi de manière autonome, sans interférence ni calcul politique de l’exécutif. L’IGE doit pouvoir contrôler librement les institutions relevant de son champ de compétence, rendre publics ses rapports sans épuration et transmettre directement à la justice les faits qui le nécessitent.
Ce rapport édulcoré et vidé de sa substance montre assez que ce régime ne cherche ni à identifier les responsabilités, ni à sanctionner à la hauteur des faits, ni à récupérer l’argent, ni à corriger les dysfonctionnements, ni à empêcher leur répétition. Il se contente d’exhiber des chiffres.
Mais les Mauritaniens ne demandent pas des chiffres pour les chiffres. Ils veulent savoir où est passé leur argent. Ils veulent savoir qui l’a géré. Ils veulent savoir qui doit en répondre. Ils veulent savoir qui a été sanctionné. Ils veulent savoir combien a été récupéré. Ils veulent savoir pourquoi les mêmes pratiques continuent.
Le gouvernement, dans ce domaine comme dans tant d’autres, est coutumier des chiffres qu’il déverse sans retenue. Mais dans ce rapport, il ne livre aux Mauritaniens qu’une portion infime de la réalité. Il leur cache l’essentiel. Les responsabilités.
Or les Mauritaniens veulent les chiffres, les faits, les responsabilités, savoir où est leur argent et qui doit répondre de sa gestion. Ils veulent que les contrôles produisent des sanctions, que les sanctions produisent des réparations et que les réparations produisent enfin un changement dans la gestion de l’État. Ils veulent surtout que ceux qui ont mal géré leur argent en répondent enfin, devant la justice et devant le peuple mauritanien.
On nous donne les chiffres mais on nous cache les responsabilités. Et tant que les responsabilités resteront cachées, il n’y aura pas de véritable reddition des comptes.

Biram Dah Abeid

● La diaspora mauritanienne a honoré ses bâtisseurs dans une cérémonie historique | 20 juin 2026 à la bourse de Travail de paris

20 juin 2026 : La diaspora mauritanienne honore ses bâtisseurs

Le 20 juin 2026 restera une date forte dans la mémoire de la diaspora mauritanienne en France. Ce jour-là, sous l’impulsion du Cadre de concertation et de dialogue des Mauritaniens de la diaspora (CCDMD), présidé par le Docteur Sao Ousmane, une grande Journée d’honneur et de reconnaissance a réuni un public nombreux venu célébrer des figures majeures ayant marqué l’histoire intellectuelle, culturelle, scientifique, associative et médiatique de la Mauritanie.
Dans son discours d’ouverture, le Docteur Sao Ousmane a donné le ton de la journée. Avec gravité et conviction, il a rappelé que « les peuples qui avancent sont ceux qui savent honorer leurs bâtisseurs ». Il a insisté sur le devoir de mémoire, la responsabilité de reconnaissance et l’urgence de transmettre les valeurs portées par ces figures d’exception. Son intervention a été accueillie par une profonde adhésion de l’assistance, consciente de la portée symbolique de cette initiative. Il a également souligné la nécessité de préserver la mémoire collective et de transmettre aux jeunes générations les valeurs d’engagement, de savoir et de solidarité.
Parmi les personnalités présentes figurait M. Issa Diawara, député des Mauritaniens de l’extérieur, qui a pris la parole pour saluer l’initiative du CCDMD et souligner l’importance de préserver la mémoire des grandes figures de la diaspora.
La cérémonie a également connu une forte présence des forces vives de la diaspora, avec la participation des représentants de plusieurs organisations associatives, notamment ACTUME, la DHDS France, la Fédération Hirnagué Boosoya France et Union des ressortissants de Mbagne en France, ainsi que de nombreuses autres structures engagées dans la solidarité, la culture et le développement.
Dans une salle comble, empreinte d’émotion et de respect, élus, universitaires, intellectuels, responsables associatifs, artistes et membres de la société civile ont répondu présents à cet appel à la mémoire collective. Tous se sont retrouvés autour d’un même objectif : reconnaître les parcours d’exception et transmettre aux générations futures l’héritage de celles et ceux qui ont consacré leur vie au savoir, à l’engagement et au service de la communauté.

La cérémonie a ensuite laissé place à une série d’hommages solennels rendus à des personnalités dont les contributions ont profondément marqué la Mauritanie contemporaine. Parmi elles figuraient notamment Ndiaye Ciré Kane de Tekane, le Professeur Abdel Wedoud Ould Cheikh, le regretté Professeur Ousmane Moussa Diagana (Dembo), le Professeur Yerim Fassa, Mr. Ousmane Dia, Mr. Hamady Mbodj, le regretté Cheikh Oumar Ba et Med Hondo.

À travers des témoignages riches, précis et souvent chargés d’émotion, intervenants et proches ont retracé les trajectoires de ces hommes d’exception. Tous ont été décrits comme des bâtisseurs de savoir, des passeurs de culture et des acteurs essentiels du rayonnement mauritanien. Leurs œuvres, leurs combats et leurs engagements ont été rappelés avec force, soulignant leur rôle dans la construction intellectuelle, sociale et culturelle du pays.
Chaque hommage a révélé une constante : des vies entièrement consacrées à l’excellence, à la transmission et au service des autres. Qu’il s’agisse du monde universitaire, artistique, associatif ou médiatique, tous ont laissé une empreinte durable et une influence qui dépasse largement leurs domaines respectifs.
L’émotion a atteint son paroxysme lors des hommages rendus aux figures disparues, dont la mémoire continue d’habiter les consciences et d’inspirer les générations actuelles. Dans un silence respectueux, ponctué d’applaudissements nourris, l’assistance a mesuré la portée de leur héritage et la responsabilité collective de le préserver.
Au-delà de la cérémonie, cette journée a pris la dimension d’un véritable moment fondateur pour la diaspora. Elle a incarné une volonté claire : construire une passerelle entre les générations, entre mémoire et avenir, entre reconnaissance et transmission.
Le CCDMD, à travers cette initiative, a voulu rappeler que la valorisation des parcours exemplaires n’est pas un simple hommage symbolique, mais un acte scientifique, culturel et social essentiel. En mettant en lumière ces figures, il a offert à la jeunesse des repères solides et des modèles d’engagement fondés sur le mérite, la rigueur et la persévérance.
Dans une atmosphère fraternelle et profondément humaine, les échanges ont renforcé les liens entre les participants et mis en évidence la richesse du tissu associatif mauritanien en France. Cette mobilisation collective a donné à l’événement une dimension rare : celle d’une communauté rassemblée autour de son histoire et de ses valeurs fondamentales.
La cérémonie s’est achevée par la remise solennelle de diplômes aux personnalités honorées, marquant l’aboutissement de cette journée placée sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la transmission. Dans une ambiance chargée d’émotion, l’assistance a salué ces distinctions symboliques rendues à des parcours d’exception.
Le 20 juin 2026 s’impose ainsi comme une journée de mémoire vive, de reconnaissance assumée et de transmission engagée. Une journée où la diaspora mauritanienne n’a pas seulement honoré ses figures illustres : elle a affirmé son identité, consolidé son unité et rappelé que l’avenir se construit toujours sur la mémoire de ceux qui ont ouvert la voie.

©️ Équipe CCDMD

● Reims : la Fondation de l’Armée du Salut célèbre le Donut Day entre solidarité, engagement et ouverture au public. [OndeInfo]

Ce vendredi 6 juin 2026, à l’occasion du Donut Day, la Fondation de l’Armée du Salut de Reims a ouvert grand ses portes au public au sein de son établissement situé au 42 rue de Taissy. Héritée d’une tradition née durant la Première Guerre mondiale, cette journée emblématique a une nouvelle fois conjugué gourmandise et solidarité.

Si les célèbres donuts étaient bien au rendez-vous, l’événement avait surtout pour vocation de faire découvrir les multiples missions menées quotidiennement par les professionnels de l’institution auprès des personnes en situation de précarité, d’exclusion ou de vulnérabilité.

Pour cette édition 2026, l’ensemble des pôles de la structure – insertion, logement, asile et intégration, ainsi qu’urgence – s’étaient mobilisés afin de présenter leurs actions, leurs projets et leurs savoir-faire aux partenaires, bénévoles, étudiants et visiteurs venus nombreux. Pour Stéphanie LEMOAL, directrice adjointe du pôle logement et de l’établissement d’insertion de Reims (CHRS), cette journée représente un rendez-vous incontournable.

« C’est une journée très importante pour nous. C’est l’occasion de montrer les différents projets et activités que nous portons. Les personnes accompagnées et les salariés se sont fortement mobilisés pour mettre en place un grand nombre d’actions. L’objectif est de faire parler de nous, d’inciter les personnes à pousser nos portes et de trouver davantage de bénévoles. »

Au-delà de la valorisation du travail accompli, cette journée constitue également un levier pour renforcer les partenariats et développer le réseau de soutien autour de la Fondation.C’est précisément ce qu’a souligné Étienne DEQUENNE, chef de service au CHRS et au pôle logement.

« Cette journée est exceptionnelle puisqu’elle n’a lieu qu’une fois par an, le premier vendredi du mois de juin. Elle a pour objectif de favoriser l’ouverture vers l’extérieur, de créer de nouveaux partenariats et de susciter des engagements bénévoles. Je remercie toutes les équipes pour leur mobilisation et leur implication. »

Des parcours de vie qui témoignent de l’accompagnement reçu.

Car les véritables invités d’honneur de cette journée restent les personnes accompagnées. Chacune porte une histoire singulière, marquée par des difficultés mais aussi par un parcours de reconstruction.

Parmi elles, Stéphane DUFOUR, aujourd’hui en fauteuil roulant à la suite d’un accident, a tenu à participer à cette manifestation qui lui est chère. Désormais installé dans un logement autonome grâce à l’accompagnement de l’Armée du Salut, il garde un souvenir reconnaissant de son passage au CHRS.

« Ma famille et moi avons passé trois ans et demi ici. J’en garde de très bons souvenirs. Je n’ai jamais eu de problèmes. »

À quelques mètres de là, Sabine FICHER partageait une expérience similaire. Hébergée au sein du dispositif destiné aux personnes victimes de violences, elle souligne l’accompagnement humain dont elle a bénéficié.

« Je suis arrivée il y a deux ans et demi au sein du dispositif pour les personnes victimes de violences. Tout s’est très bien passé. J’ai rencontré une équipe de professionnels exceptionnelle, notamment Nadir et Anaïs. Ils font bien plus que leur travail. Les appartements sont propres et nous nous y sentons bien. »

Même satisfaction du côté d’Amir, originaire du Tchad et président du Conseil de la Vie Sociale (CVS), qui met en avant l’accompagnement global proposé par la Fondation.

« C’est un endroit très convivial où l’on vous accompagne dans toutes vos démarches. »

Une journée riche en animations et en rencontres

Tout au long de la journée, les visiteurs ont pu découvrir de nombreux ateliers valorisant les talents des personnes accueillies : couture, tressage, maquillage ou encore défilé de mode ont rythmé l’événement dans une ambiance festive.

Des lycéens et des étudiants avaient également répondu à l’invitation. À travers la visite des différents stands, ils ont pu mieux comprendre les réalités de l’exclusion sociale ainsi que le travail mené quotidiennement par les équipes de l’Armée du Salut pour accompagner les personnes les plus fragiles vers l’autonomie.

Cette édition 2026, du Donut Day a pleinement rempli sa mission : créer du lien, favoriser les rencontres, sensibiliser le public aux situations de précarité et encourager le bénévolat. Une journée placée sous le signe de la solidarité et de l’engagement collectif, qui a permis à la Fondation de l’Armée du Salut de rappeler que derrière chaque parcours accompagné se cache avant tout une histoire humaine.

Seyré SIDIBE

©️ Source médias https://ondeinfo.com/5217-2/

Sénégal ~ Politique | DISCOURS D’INVESTITURE DE OUSMANE SONKO, PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

©️ source RS – Facebook



Mesdames et Messieurs les honorables Députés,

Nous voici réunis dans cet hémicycle en un jour trois fois symbolique : lendemain de Pentecôte et retour de Popenguine pour les chrétiens, jour de la station et du jeûne d’Arafat et veille de Tabaski pour les musulmans.
Il y a quelques jours encore, j’étais à la tête du gouvernement. Mon bilan y est précis : transparence sur la dette cachée, renégociations, respect des échéances de dette, refus de sa restructuration, plan de redressement économique et social, moralisation de la vie publique (fonds politiques, lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’État, réformes…), exigence de justice, protection de la société, avancée dans la gestion des inondations, gestion de la production agricole, maîtrise du coût de la vie, apaisement du climat social, redéfinition d’un modèle de développement, sauvetage d’entreprises en difficulté,…
Et maintenant, l’Assemblée nationale !

Qu’il me soit d’abord permis, de rendre un hommage appuyé, fraternel et solennel à mon
prédécesseur, le Président Malick Ndiaye, pour sa loyauté sans faille envers les idéaux patriotiques qui nous rassemblent, et pour son dévouement de chaque instant. De le féliciter ensuite pour son brillant passage à la tête de cette Assemblée, qu’il a profondément transformée.
Sur le plan matériel et symbolique, il a réhabilité ce bâtiment qui commençait à porter les stigmates du temps, de l’usure et de l’abandon, lui rendant un peu de son lustre et de sa superbe. Sur le plan humain, il a porté une attention exemplaire aux hommes et aux femmes de cette institution (techniciens, greffiers, collaborateurs, personnels de service), améliorant leur statut et rappelant avec force que derrière les bancs des députés, il y a des vies, des familles, des dignités à protéger.
Sur le plan financier, il a imposé une régularisation rigoureuse et méthodique des procédures budgétaires, mettant fin aux zones d’ombre et aux pratiques opaques.
Sur le plan technologique, il a engagé la digitalisation du travail parlementaire, nous dotant d’outils modernes alignés aux meilleurs standards. Au plan international, il a su donner un contenu dynamique au concept de diplomatie parlementaire au service du rayonnement du Sénégal et renforcer le positionnement régional et international de notre pays. Président Malick Ndiaye, au nom de tous les députés et de cette institution, je vous dis merci.
Je remercie également, du fond du cœur, les députés qui m’ont accordé leur confiance. Une confiance qui m’oblige et me lie. Aujourd’hui, vous me donnez, plus que jamais, les moyens insoumis et institutionnels de notre rôle de gardien vigilant de notre révolution.

Nous en userons avec fermeté et responsabilité. Je veux aussi adresser un mot affectueux à mon ami et frère, l’Honorable Ismaël Wone. Ismaël, j’ai éprouvé une immense satisfaction de savoir que ça allait être toi, mon suppléant. Depuis plus de dix ans que nous cheminons, tu as toujours fait preuve, en toutes circonstances, d’une loyauté absolue, d’un désintéressement rare, d’une abnégation totale. Ton amitié sincère restera l’un des biens les plus précieux que m’ait offerts l’engagement public.
Pour ma part, comme vous le savez tous, j’ai été député pendant cinq longues années. J’ai connu les bancs étroits de l’opposition parlementaire, les joutes oratoires acharnées. Et parfois, l’épuisement du combat solitaire contre des majorités qui confondaient la force du nombre avec la légitimité du droit.
Puis j’ai été maire, appelé à devenir Premier ministre ensuite. Cette expérience, renforcée par mon parcours technique dans la haute fonction publique, et la parfaite connaissance de tous les dossiers gouvernementaux en cours, seront des atouts précieux pour la montée en puissance de notre Assemblée dans ses rôles constitutionnels.
Mesdames et Messieurs les honorables Députés,
En entrant aujourd’hui dans cette Assemblée nationale avec la responsabilité de la présider, je mesure pleinement la gravité du moment historique que traverse notre pays. Me voici appelé à conduire l’institution chargée de représenter directement la souveraineté populaire. Certains y voient une crise, d’autres un déchirement. Moi, j’y vois d’abord une épreuve de vérité pour notre démocratie.
Les peuples ne jugent pas seulement les hommes politiques sur leurs victoires. Ils les jugent surtout sur leur capacité à demeurer fidèles à leurs principes lorsque le pouvoir devient inconfortable. Car il existe une question plus importante que celle de savoir qui gouverne. Cette question est : au nom de quoi gouverne-t-on ?
Depuis plusieurs mois, notre pays a vu émerger des divergences profondes au sommet de l’État.
Elles ont été décrites comme des rivalités personnelles, des conflits d’ambition ou des luttes d’influence. Je ne souhaite pas nourrir cette lecture réductrice. Ce qui est en jeu dépasse les individus. Ce qui est en jeu, c’est le rapport entre la morale et la politique. Aristote écrivait, dans L’Éthique à Nicomaque, que la politique est l’art suprême parce qu’elle a pour finalité le bien commun. Non pas le bien d’un clan; non pas la conservation d’un pouvoir pour lui-même. Mais le bien de la cité. Il rappelait également qu’aucune cité ne peut durer si la vertu disparaît de ceux qui la dirigent.
Au Sénégal même, cette question de l’éthique du pouvoir ne nous est pas étrangère. Le
Président Mamadou Dia rappelait déjà, au lendemain de l’indépendance, qu’aucun projet de transformation nationale ne peut survivre si les dirigeants confondent l’État avec leurs propres intérêts. Pour lui, la souveraineté ne pouvait être seulement politique; elle devait être morale, économique et sociale. Il savait qu’un pays peut disposer d’un drapeau, d’un hymne et d’institutions, tout en demeurant prisonnier de pratiques qui vident la République de son sens.
Ce que Mamadou Dia avait compris très tôt, beaucoup de nations africaines l’ont découvert parfois trop tard : un pays peut survivre à la pauvreté matérielle, mais rarement à l’effondrement de sa morale publique. Une nation ne meurt pas seulement de pauvreté économique. Elle peut mourir de fatigue morale. Elle peut mourir lorsque les institutions cessent d’être au service du peuple pour devenir des instruments de confort, de peur ou de calcul.
Nous venons d’une longue histoire de désillusions africaines. Combien de peuples ont vu des mouvements de libération devenir des appareils de domination ? Combien de promesses de rupture se sont dissoutes dans les privilèges, les accommodements et les silences ? Combien de révolutions ont fini par craindre la transparence qu’elles réclamaient hier ?
Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, posait une question redoutable : qu’est-ce qu’un État sans justice, sinon une grande association de brigands ? Cette phrase demeure d’une actualité implacable pour toutes les nations du monde. Car lorsque la puissance publique cesse d’être ordonnée à la justice, elle ne produit plus la confiance ; elle produit la résignation ou la colère.
C’est pourquoi je veux le dire ici avec gravité : la morale en politique n’est pas une décoration destinée aux discours de campagne. Elle est la condition de survie des nations. Lorsqu’un peuple perd confiance dans la parole publique, il cesse progressivement de croire aux institutions elles-mêmes.
Notre responsabilité historique est immense parce que notre peuple a beaucoup souffert pour rendre possible la révolution citoyenne par les urnes de 2024. Des jeunes sont tombés. Des familles ont pleuré. Des citoyens ont connu la prison, la peur et parfois l’exil. Le peuple sénégalais n’a pas porté notre projet au pouvoir pour assister à une simple permutation d’élites.
Il l’a porté pour restaurer une certaine idée de la dignité publique.
Cette fidélité intérieure à la dignité d’un peuple traverse toute notre histoire nationale.
Aline Sitoé Diatta avait déjà compris qu’un peuple ne demeure libre que lorsqu’il refuse
intérieurement la résignation. Face à la domination coloniale, elle ne disposait ni d’armée, ni d’État, ni d’institutions. Elle ne possédait qu’une force morale : la conviction qu’aucune puissance n’est durable lorsqu’elle exige d’un peuple qu’il renonce à sa dignité. Cette leçon demeure actuelle. Les nations commencent à se perdre le jour où leurs dirigeants demandent à leur peuple de s’habituer au renoncement.
Cheikh Ahmadou Bamba, lui aussi, nous a transmis une autre leçon essentielle dans les périodes de tension : la véritable force ne réside pas seulement dans la conquête du pouvoir, mais dans la capacité à demeurer maître de soi lorsque survient l’épreuve. Il savait qu’un homme peut perdre une fonction sans perdre son honneur, et qu’un peuple peut traverser les tempêtes sans
abandonner sa dignité. Cette sagesse doit aujourd’hui nous guider collectivement.
C’est précisément pour cette raison que les institutions ne peuvent être neutres face à la question morale. L’Assemblée nationale doit être le cœur battant de cette exigence éthique.
Et je mesure parfaitement le symbole de cet instant. Certains croyaient que le limogeage d’un Premier ministre signifiait sa disparition politique. Mais dans une démocratie véritable, aucune fonction n’épuise la légitimité populaire. Le peuple demeure la source du pouvoir. Et cette Assemblée, forte de la confiance massive accordée au projet porté par PASTEF lors des législatives du 17 novembre 2024, possède aujourd’hui une responsabilité historique particulière.
Je n’utiliserai pas cette responsabilité pour organiser le chaos institutionnel. Je n’utiliserai pas cette Assemblée pour nourrir des vendettas personnelles. Ce serait trahir notre propre combat.
Mais je le dis avec la même clarté : l’Assemblée nationale ne sera pas une chambre d’enregistrement. Elle contrôlera l’action gouvernementale. Elle exercera pleinement ses prérogatives constitutionnelles de vote des lois, de contrôle de l’action du Gouvernement et d’évaluation des politiques publiques. Elle défendra la transparence des finances publiques, la reddition des comptes et la souveraineté populaire. Elle usera de tous les leviers de contre-pouvoirs constitués, selon la gravité des faits et des circonstances.
Cette exigence morale ne relève d’ailleurs pas seulement de la philosophie ou de l’histoire
politique. Elle est profondément enracinée dans notre propre civilisation spirituelle. Le Coran enseigne : « Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit et, lorsque vous jugez entre les gens, de juger avec équité. » (Sourate An-Nisa, 4 : 58). Le pouvoir est donc un dépôt. Une charge. Une responsabilité devant les hommes et devant Dieu.
Le Khalife Omar ibn al-Khattab craignait d’être tenu responsable devant Dieu si une mule trébuchait faute de route entretenue. Voilà le sens véritable de l’éthique politique : considérer que chaque injustice ignorée, chaque privilège toléré, chaque renoncement devant la vérité finit par fragiliser toute la communauté nationale.

Mes chers collègues,
Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de notre histoire politique. Elle sera difficile. Elle sera traversée par des tensions, des tentatives de division et des pressions multiples. Mais elle peut aussi devenir un moment de maturation démocratique.
Le Sénégal doit montrer à l’Afrique qu’une crise politique peut être affrontée sans haine, sans violence et sans effondrement institutionnel. Nous devons prouver qu’un peuple africain peut débattre fermement sans détruire son propre État. Nous devons démontrer que la fidélité aux principes est plus forte que les calculs de circonstance.
Je tends la main à tous les députés de cette Assemblée, majorité comme opposition. Car au-dessus des appartenances partisanes, il existe une exigence supérieure : préserver la République.
L’histoire retiendra moins les postes occupés que les principes défendus dans les moments
décisifs. Et dans ces moments-là, la seule véritable question est toujours la même : lorsque le pouvoir nous met à l’épreuve, choisissons-nous le confort ou la vérité ?

Pour ma part, je continuerai de choisir la vérité.

Vive l’Assemblée nationale, fière, rénovée et debout !
Vive la République du Sénégal, une, indivisible et éternelle !

Je vous remercie.

26 mai 2026

● Sénégal Politique | M. Ousmane SONKO retrouve son poste de député et élu président de l’AN.



Ce mardi 26 mai 2026, la vie politique sénégalaise a connu un réajustement institutionnel avec l’accession de l’ex Premier ministre M. Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée Nationale. Limogé le 24 mai par le président Diomaye Faye, le leader du parti majoritaire au parlement (le Pastef) a retrouvé son siège et a été élu dans la foulée président de la représentation nationale. Une séquence politique qui marque les tiraillements positionnels entre le camp du président sénégalais et celui de ses camarades ou ses anciens camarades politiques du parti Pastef. À noter qu’un nouveau premier ministre a été nommé ces derniers temps et il n’est pas issu du parti Pastef. Dans son premier speech de président de l’assemblée nationale, M. Sonko l’a évidemment relevé en alertant qu’on ne peut pas faire du « Pastef sans le Pastef » . Précisant qu’ils n’ont pas été consultés sur la nomination du nouveau premier et pas encore sur les préparatifs de la composition d’un nouveau gouvernement. Il a salué les compétences techniques du premier ministre nommé et expose sommairement les thématiques sur lesquelles ils diveregent en termes d’approche et de fond notamment (économique, monétaire…).

L’arène politique du pays de la Teranga s’oriente vers un dualisme inédit entre la Présidence de la République et l’Assemblée Nationale. À savoir… jusqu’à quand et pour quelles retombées pour le peuple sénégalais…!?

26-05-2026

KS pour le BLOG

● Sénégal Politique | Le Président Diomaye se sépare de son Premier ministre Ousmane Sonko.

Ce vendredi 22 mai 2026, le couperet faussement inattendu est dégainé depuis la présidence à Dakar. Ce duo victorieux « Diomaye Moy Sonko » (Diomaye C’est Sonko) de l’élection présidentielle de 2024 n’a pas pu tenir harmonieusement face aux réalités insondables de l’exercice du pouvoir étatique. Ainsi, cette séparation ouvre une phase spéculative dans la vie politique sénégalaise. Le film à suivre dans l’avenir entre les 2 camps est d’un intérêt en terme de sciences politiques pour les observateurs. Le camp du président OS du Pastef s’affiche et clame sa fidélité aux promesses du Projet électoral exposé au peuple sénégalais. De l’autre côté, le jeune président Diomaye semble opter pour un suspect recentrage séparatiste qui interroge. Il n’ignore pas que son désormais ex PM est actuellement la personnalité politique la plus puissante pas que du Sénégal seulement mais de notre sous-région ouest-africaine.

Maintenant les responsabilités sont prises de part et d’autre ouvertement…et leurs conséquences n’échapperont pas au tribunal de l’Histoire devant l’opinion publique.

À suivre…

23 mai 2026

KS pour le BLOG

● Mali Politique : les événements du 25 avril 2026 | La junte militaire et ses mystères

©️ via RS

📷-Général Sadio Camara (47 ans) , l’un des 5 colonels auteurs du putsch du 18 août 2020, tragiquement fauché il y a une semaine, lors de l’attaque menée par l’alliance entre le Jnim (jihadistes maliens) et le Fla (rebelles touaregs du nord). Il était le puissant ministre de la défense de la junte militaire et son élimination avec une partie de ses proches à Kati, la ville-garnison clé du système sécuritaire du régime du Général Goïta, pose beaucoup de questions en sourdine. Atteindre un ministre de ce calibre avec une telle facilité, il faut demander voire exiger un inventaire de circonstances à la haute hiérarchie de la junte.
Le temps de la saturation émotionnelle et digitale va s’arrêter et il faudra poser une loupe laser sur les rouages de ce régime qui semble préoccupé par sa propre sécurisation (entre clans) que par une véritable restauration nationale inclusive.

Les événements du 25 avril dernier démontrent à suffisance que les éléments de langage comme écran de légitimation d’un pouvoir anti- démocratique et sectaire, sont constitutifs d’un narratif fallacieux difficilement potable pour une opinion publique ALERTE.

Les parents et proches du ministre décédé doivent  exiger une enquête internationale sur ce qui lui est arrivé ce jour du 25 avril 2026 à Kati. Est-il victime d’une purge « amicale » sous couvert parce qu’il devient encombrant par son esprit rationnel et moins zélé dans la direction du régime ?
Par le passé, certains échos laissaient entendre que des officiers qui lui seraient proches, furent arrêtés pour un supposé complot de déstabilisation. Il y a de la matière à explorer et à expliciter…un jour.

Repos éternel à son âme. Ameen.

2 mai 2026

KS