🔴📖 #Lu_Su #Livres | Dans cet ouvrage, cette chercheuse a diagnostiqué sans filtres et de près une Mauritanie Politique qui ne semble pas varier de trajectoire depuis. Et…distinctement il y a 2 écosystèmes dans l’arène politique (militaro-politique). 1 – La politique active et ses spécificités dans l’ensemble communautaire maure d’une manière générale. 2 – la politique active chez les autres communautés en fonction de leurs spécificités également.
L’écosystème 1 occupe l’espace central des différents pouvoirs et L’écosystème 2 est logé dans les périphéries avec de petits commerces politiciens et clientélistes avec l’ensemble central (écosystème 1). Dans les 2 espaces, des oppositions s’organisent et font l’animation en interne pour réclamer quelques ouvertures occasionnelles à la tontine (privilèges matériels et immatériels).
Les voi(e)x d’un ordre alternatif moderne et progressiste à vocation trans-communautaire et anti-systemique peinent à émerger en masse critique pour réformer le système réellement.
Il y a bien un lien d’héritage systémique entre le ppm d’hier du premier président Moctar Ould Daddah et insaf d’aujourd’hui de l’actuel président Ghazouani.
📖 Lu_Su Livres | In Le génocide voilé de Tidiane N’DIAYE : L’esclavage étant validé et institutionnalisé par l’Islam, il eût été impie chez les Arabes de le remettre en cause. «L’esclavage en terre d’Islam reste un sujet à la fois obsur et hypersensible, dont la seule mention est souvent ressentie comme le signe d’intentions hostiles», notait l’historien Bernard Lewis. P255
Bon…Mr Ndiaye (paix à son âme) tenait résolument à décrire sans gants ni filtres les pratiques esclavagistes de l’ensemble arabo-musulman sous lesquelles des Noirs furent horriblement soumis (vente et chasse à l’homme…Noir, castrations, eunuques, exploitations inhumaines…). Seulement… il semblait modérément expressif sur les répliques sociétales et politiques de cette idéologie humainement dévastatrice au sein des communautés noires islamisées surtout en intra-muros. La théologie esclavagiste construite au nom de l’islam chez l’environnement arabo-arabe visait (vise) principalement d’autres peuples non arabes (ou non suffisamment arabisés), alors que les milieux esclavagistes africains (Noirs) islamisés de la bande centrale géographiquement sahara-sahelienne (de l’océan atlantique à l’océan indien) sévissent à l’encontre d’autres Noirs. Les mentalités et les pratiques esclavagistes et assimilées socialement y sont actives de nos jours… entre de gens appartenant au même groupe sociolinguistique. Aujourd’hui, dans les milieux musulmans afro, une théologie anti-esclavagiste et de libération est d’une nécessité absolue. En Mauritanie, par exemple de nos jours, les lésés sociaux (tous Noirs presque) à cause du passé esclavagiste sont dans toutes les communautés et ceux qui y bénéficient des hautes positions sociales et politiques par hérédité sont généralement une émanation directe des corps sociaux esclavagistes et féodaux (Arabo-berbères et Noirs). Ainsi… dans l’écosystème de la militance pour les Droits humains en Mauritanie, un élément activiste pourrait être antiraciste… anti-esclavagiste à Nouakchott et esclavagiste et féodal dans son giron communautaire. Également dans la diaspora mauritanienne politisée en France, le manifestant de Trocadéro pour les manquements de l’État… peut être le cotisant d’une caisse réactionnaire pour consolider les coutumes esclavagistes dans son village d’origine au pays. Une approche gymnastique qui heurte le bon sens des non avertis sur les données sociales et politiques trans-communautaires dans notre pays.
—In Le génocide voiléde Tidiane N’Diaye, il y est rapporté quelques perles d’une certaine sincérité à propos de l’esclavage sous certaine caution religieuse LUE de l’islam. C’est une interprétation signée qu’il cite d’un marocain à la page 127 : « Le Marocain Ahmed al-Wancharisi, dans une singulière interprétation des textes, décrétait : « Seul un incroyant peut être réduit en esclavage. Mais s’il y a un doute sur la date à laquelle un homme est devenu esclave et s’est converti à l’Islam, on ne peut remettre en question sa vente ou sa possession. » Il ajoute que « la conversion à l’Islam ne conduit pas forcément à la libération, car l’esclavage est une humiliation due à l’incroyance présente ou passée » »
Ici une substance étrangement similaire à ce qu’on peut entendre du narratif pro esclavage de nos jours, chez certains de nos milieux. Al-Wansharisi ayant vécu courant 15 ème siècle et début 16 ème, a toujours beaucoup d’apprentis héritiers idéologiquement parmi nos lettrés religieux dans cette interprétation foncièrement apologétique de l’esclavage comme institution impérialiste et guerrière. Selon cette école, la prédication prendrait plutôt une motivation d’un braconnage mercantile du « butin humain » à asservir à cause de l’incroyance ou même d’une croyance de date récente. Une trouvaille lue qui me fait penser à certains discours de tenants intégristes des coutumes esclavagistes chez les Soninkés. Par exemple, le marabout malien décédé il y a quelques années (paix à son âme) Mohamed khoumba Touré et ses suiveurs activistes féodaux plaidaient et plaident une lecture interprétative relativement ressemblante au sujet de l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké. Selon eux…. les personnes assignées statutairement « esclaves » par les coutumes intra-communautaires le restent pour toujours religieusement si elles ne rachètent pas leur libération auprès de leurs maîtres. Et la commune appartenance à la même religion (maîtres et esclaves) depuis plusieurs siècles ne changerait rien. À rappeler que l’association Armepes Ganbanaaxu-France fut fondée (en 2010) en partie à cause cet activisme idéologique pro esclavage de cheikh Touré (depuis l’Arabie Saoudite à l’époque) avec ses cassettes audio largement diffusées à travers une littérature socio religieuse soninké dans les années 2000.
Une pensée militante à nos camarades militant.e.s d’Armepes- Ganbanaaxu Fedde Armepes en assemblée générale ce jour.
Seule la lutte repousse l’oppression. | Ganbanaaxu
—Livres | Le génocide voilé de feu Tidiane N’Diaye : «La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XXe siècle.» p 10..11
Ici… un passage sur les données introductives du livre de l’anthropologue sénégalais décédé le 26 octobre 2025. Repos éternel à son âme!
Entre 652 et le 9 novembre 1981, la date de l’Ordonnance n°81-234 portant Abolition de l’esclavage en Mauritanie 🇲🇷 sous la gouvernance du Comité Militaire du Salut National (CMSN) du Lt- colonel Ould Haidalla, un long temps de 1329 ans s’écoula. Et ce cheminement abolitionniste a du mal à prendre corps sérieusement au sein des contenus religieux et dans les structurations socio-tribalo-communautaires. Les lois modernes initiées par l’Etat provoquent quelques déblocages marginaux face aux résistances de l’ancien ordre organisationnel foncièrement féodalo-esclavagiste généré et entretenu par la nature structurelle de différentes compositions communautaires (arabo-berbères et négro-mauritaniennes). Le récent cas brûlant autour d’une adolescente noire qui vivrait en condition d’esclavage dans une famille à Nouakchott (la capitale mauritanienne), paraîtrait un présent prolongement de cette date référence remontant au 7 ème siècle. Et ce, 1374 ans après, les frictions autour de la question de l’esclavage et ses multiples manifestations ne manquent pas au sein des ensembles sociolinguistiques majoritairement (parfois entièrement) musulmans. En une certaine Afrique noire, l’esclavage idéologiquement islamisé s’est fait coutumier avec rigidités entre membres d’une même communauté sociolinguistique. Le cas soninké en est amplement illustratif où d’aucuns perpétuent un logiciel socio- idéologique qui ne considère pas l’esclavage par ascendance comme une lésion sociale devant être extirpée. On s’y accroche… beaucoup étrangement au nom de l’islam d’ailleurs selon une école religieuse loin d’être quelconque. Une certaine lecture traditionaliste du référentiel religieux est ouvertement esclavagiste…de nos jours. Ce qui déroute intellectuellement en sourdine beaucoup de lettrés religieux au sein de nos communautés affrontant d’énormes contradictions et certains se réfugient maladroitement avec gymnastique derrière des narratifs troublants d’un cercle à un autre en fonction des audiences en face.
La répression violente subie par des militants anti-esclavagistes du mouvement IRA-Mauritanie devant un commissariat de police à Nouakchott hier (06-02-2026) parce qu’ils tenaient un sit-in pour exiger la clarification autour du cas de la jeune fille, est une affaire épisodique du continuum de cet accord d’allégeance racialiste de 652.
Mes pensées de prompt rétablissement aux militants d’IRA blessés.
L’auteur, une ex figure connue de l’écosystème médiatique francophone notamment par ses contributions sur TV5 Afrique, ce livre nous ouvre un couloir médian dans le champ analytique concernant la donnée « Démocratie » dans la vie politique en Afrique. Un concept clé qu’il nomme le relativisme démocratique, est passé progressivement au scanner pour permettre une vision aérée et dépassionnée des évolutions politiques sur le continent dans son Histoire. Et ce, loin de la résurgence d’un panafricanisme fourre-tout instrumentalisé par certains acteurs sociaux de divers horizons qui font de l’impérialisme extérieur (occidental) une synonymie simpliste et mécanique de la démocratie . Une démocratie qui serait la cause guigne de tous les manquements qui accablent une certaine Afrique à la traîne du développement multidimensionnel.
Dans cet ouvrage, l’auteur rappelle avec sources solides, que l’expérience démocratique n’était pas méconnue dans les structures politiques en Afrique avant l’emprise coloniale définitive surgie de l’extérieur, par exemple chez les Lébous avec leur République proclamée en 1794. L’espace géographique de cet état était devenu la ville de Dakar, la capitale du Sénégal.
Le livre nous renseigne bien que le relativisme démocratique soit présent dans les confessions indiscrètes parmi une certaine élite politique au sein des institutions continentales, sur l’activisme véhément contre la démocratie qui est mené par 3 ensembles d’acteurs sociaux comme suit :
1 – les intellectuels : Théophile Obenga, Boubacar Boris Diop, Alain Foka, Aminata Traoré…et cie. Chacun à sa manière, ventile le narratif anti « démocratie » tout en traînant d’énormes contradictions voire de sourdes compromissions dans la foulée quand on décortique leurs trajectoires respectives.
2 – les influenceurs « dynamiteurs » des réseaux digitaux et médias : Kémi Seba, Nathalie Yamb, Alain Foka et cie. Également un forcing viral est mené par d’arguments simplistes enveloppés dans une certaine binarité attrayante pour une opinion publique à la butée d’un réel pourtant très complexe…
3 – les saboteurs des principes démocratiques, usurpateurs et militaires opportunistes : nombre d’acteurs politiques (civils ou militaires ou les 2 ensemble) ont profité de l’ordre démocratique notamment avec l’ouverture au multipartisme aux débuts des années 1990, pour instrumentaliser un habillage démocratique contre la Démocratie. Un électoralisme-outillage sévit pour s’accaparer du pouvoir et l’occuper le plus longtemps possible à coup de subterfuges dévoyant durement l’esprit démocratique. Une actualité illustre ses observations : ces régimes militaires qui tiennent 4 pays ouest-africains qui sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger composant l’AES (Alliance des Etats du Sahel) et également la Guinée du général Doumbouya. Un néo-panafricanisme couplé à un ressassé anti-impérialisme devient cette locomotive qui carbure avec un narratif foncièrement orienté pour soutenir tous les autoritarismes et autres rétrécissements des espaces civiques et politiques. Ainsi, on charge injustement en réquisitoire la Démocratie qui n’a jamais ou peu été pratiquée sérieusement dans nombre de nos pays.
Je me rappelle d’une parole pertinente entendue dans l’interview accordée par le frère et grand promoteur de la lecture M. Marega Muhamad Marega dans le groupe whatsapp de l’Association « Askia Mohamed Touré » du frère Mohamed Boubakar Cissé et ses camarades. M. Marega avait expliqué en substance que la lecture fait voyager et permet de rencontres avec des personnalités qui n’ont pas vécu dans la même période que nous ni dans la même sphère géographique. Ainsi, j’ai compris qu’il a plaidé très justement la lecture qui est profitable et nécessaire pour notre construction intellectuelle multidimensionnelle. Ici, mon expérience personnelle avec cet auteur décédé récemment aux États-Unis, Dr Yahya Michot, m’a fait remémorer de la teneur de ce que M. Marega avait dit. J’ai découvert la personnalité intellectuelle de M. Michot via un élément vidéo dans lequel il abordait sommairement la vie et la pensée d’Ibn Taymiyya (1263 – 1328). Cheikh Al-islam Ibn Taymiyya qui fait l’objet de nombreuses exploitations plus ou moins controversées notamment sur l’extrémisme violent au nom de l’islam, a été étudié et commenté par Dr Yahya Michot dans plusieurs de ses productions livresques et audiovisuelles.
J’ai lu plusieurs de ses livres (quelques-uns en photo 📸) et visionné quelques vidéos également, j’ai accédé à une certaine familiarité avec ce Professeur à distance. Je ne l’ai jamais rencontré de visu ni de près ni de loin. Et pourtant à travers ses contenus lus et vus, j’ai l’impression de l’avoir côtoyé et connu réellement. Pédagogue et méticuleux avec beaucoup de finesse réservée aux contextes de textes commentés, l’universitaire belge converti à l’islam était d’une éminence intellectuelle qui marque. Il laisse derrière lui un grand patrimoine intellectuel qui continuera d’impacter positivement à coup sûr d’autres esprits qui feront sa rencontre comme ce fut mon cas.
Le lire encore et toujours est l’utile hommage à sa mémoire qu’on puisse se permettre… in sha Allah
Paix éternelle à son âme. inna lillahi wa inna ilayhi raji’un
Ce livre paru en l’an 2000, est un témoignage clé. Une décennie seulement après les événements, M. Sy victime et rescapé très chanceux nous fait visiter et vivre à travers son récit, une machine haineuse à tortures qui a broyé l’existence de nombreux compatriotes valeureux.
L’auteur confesse avec hauteur : « Mon souhait est de voir une Mauritanie unie dans la confiance où le Maure est libre de rester maure, le Haratine de rester haratine, le Peulh de rester peulh, le Soninké de rester soninké, le Wolof de rester wolof et le Bambara de rester bambara, mais tous des mauritaniens.» P 186
L’ouvrage de M. Mahamadou SY (ancien lieutenant de l’armée 🇲🇷) est une source-ressource essentielle pour disposer d’éléments de compréhension d’une période troublante de la vie politique de notre pays. Le puzzle de ce qu’on peut appeler une purge systémique dans les années 1986…1990 au sein de la grande muette, présente des données lisibles et circonstanciées. Contenu lourd qui sidère le bon sens et fend tout cœur humaniste nous interpelle en pensant à un seul mot : POURQUOI ?
On peut y lire à la page 160 : «L’histoire de tous les prisonniers est presque identique à la nôtre : arrestations sous prétexte de convocation, tortures et aveux arrachés.» , un bref narratif pouvant illustrer le « COMMENT » d’un régime d’horribles exactions extrajudiciaires.
Un civil exerçant le métier de pêcheur s’est retrouvé dans un camp d’emprisonnement militaire à Jreïda. Son cas est l’incarnation fantaisiste de ce qui a motivé en sourdine cette épuration aux relents ethno-raciaux : «Du statut de pêcheur, il passe à celui de comploteur contre la sûreté de l’Etat. Il faut admettre que ça aussi, c’est très fort.» pouvons lire à la page 164.
Page 167, après la terreur pratiquée avec zèle sur d’innocentes personnes, le dénommé capitaine Moctar vient informer les rescapés du changement imposé aux hautes autorités étatiques par l’éclatement médiatico-diplomatique de l’affaire des camps : « … Le Président de la République vous a pardonné. Le chef d’état-major me charge de vous dire d’oublier ce qui s’est passé et qu’en bons musulmans, vous devez mettre tout cela sur le compte de la fatalité.»
Contexte et ambiance :
1 – C’est sous la gouvernance militaire d’un certain CMSN (Conseil Militaire de Salut National) dirigé par un colonel moustachu répondant au nom de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya (natif d’Atar dans l’Adrar mauritanien).
2 – Dans un régime militaire, l’alternance politique au sommet ne passe pas par une élection, donc, la campagne perpétuelle qui prévaut en interne, se fait par des complots, faux complots, trahisons, fausses trahisons, intrigues et manipulations…
3 – Saddam Hussein, l’ex dictateur irakien est parrain idéologique d’une certaine élite militaire (et civile) parmi l’ensemble communautaire maure, notamment à travers l’hydre politique du baathisme. Le colonel Taya se lie stratégiquement à l’international au leader irakien qui avait gazé les kurdes de son pays…ces années là. Une leçon d’une velléité génocidaire… qui a inspiré sans doute…
4 – La parution d’un manifeste d’alerte (sur la marginalisation croissante dans la structure étatique du pays) par les FLAM (Forces de Libération Africaines de Mauritanie)
5 – Le coup d’État capoté ou trahi d’octobre 1987 est dans l’arrière-fond psychologique des limiers du régime en place. Un coup fomenté par des éléments issus du groupe sociolinguistique poularophone.
6 – Les vives tensions entre la Mauritanie et le Sénégal au cours de l’année 1989 avec plusieurs négro-mauritaniens injustement déportés vers le Sénégal et le Mali.
Ces quelques points cités font partie d’un environnement politique et militaire de l’époque à mettre en perspective avec le recul pour se faire un relatif habillage de l’atmosphère qui sévit objectivement…
Ces passages dans les pages 177 – 178 sonnant comme une conclusion-plainte qui court toujours : « Deux cent cinquante prisonniers ont fait le trajet pour Inal au mois de novembre 90 mais seulement 96 d’entre eux feront le voyage retour. Le reste repose autour du fameux terrain de sport.» «Les victimes, nous savons ce qu’elles sont devenus. Mais les tortionnaires, qu’en est-il advenu ? J’ai entendu dire qu’ils ont été amnistiés.» « Qui peut se prévaloir du droit de pardonner, à ma place, mon caporal étrangleur ? »
En photo illustrative en plus de la couverture du livre, la photographie du visage angélique du jeune Lieutenant Anne Dahirou (paix à son âme). Les circonstances de sa mort symbolisent tristement l’engrenage cruel et criminel qui faucha injustement plusieurs belles âmes.
[« Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’Homme, aux droits de l’humanité, à ses devoirs …Inégalité et domination sont inséparables comme égalité et liberté »] Bruno Bernardi « Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais » Abraham Lincoln « Mieux vaut mourir debout que vivre toute une vie à genoux » Emiliano Zapata (1910).
Je ne sais pas laquelle de ces citations choisir pour aborder le sujet des inégalités sociales. Avant tout propos prières aux âmes des personnes décédées, victimes de l’obscurantisme. Les inégalités existent sous différentes formes parmi lesquelles l’esclavage par ascendance qui est le thème du livre dont je m’en vais commenter. Le titre est : Les restes féodalo-esclavagistes intra- africains : ce qu’il faut comprendre pour s’en débarrasser ! Le cas soninké. L’auteur, Koundou SOUMARE, que j’ai connu il y’a plusieurs années déjà sur la toile et rencontré physiquement pour la première fois le 29 juin 2024, jour des élections présidentielles, devant le consulat de la Mauritanie à Paris. Koundou, militant de première heure pour les causes nobles depuis de nombreuses années. Un combattant contre les inégalités sociales qui gangrènent nos sociétés de façon générale et la société soninké en particulier. Il a toutes les vertus dont tout chaque homme rêverait d’avoir. Humble, courageux, à l’écoute et au service de sa communauté, Koundou est une perle rare. Il mérite tous les hommages. Concernant son livre, de prime à bord, l’aisance avec lequel il aborde son ouvrage nous montre qu’il n’est ni amateur ni capricieux sur le sujet. En effet, dès la première phrase on se rend compte que l’auteur est non seulement profondément attaché à la cause qu’il défend mais aussi et surtout qu’il maitrise tous les rouages et subterfuges utilisables par la communauté pour asseoir une domination des uns sur les autres. Dans son livre, il décortique point par point tous les prétextes utilisés aujourd’hui pour légitimer religieusement ou au nom d’un passé révolu cette pratique ignoble et inhumaine qui est l’esclavage. Je pense que le caractère statutaire, c’est-à-dire la transmission de génération en génération rend encore plus caduque cette organisation sociale. En effet, rien dans ce monde n’est figé, même pas le monde lui-même. De ce fait, que la société impose un statut immuable relève d’une très grande injustice. Nous conviendrons tous qu’un prisonnier doit au préalable commettre un acte repréhensible qui lui fait perdre sa liberté. Pouvons-nous concevoir qu’un homme ou une femme puisse perdre sa liberté à la naissance sans avoir commis aucun crime ou acte qui conduit à la privation de liberté ? La réponse est très certainement non. De ce fait, on se rend compte assez facilement du caractère ridicule de nos pratiques d’aujourd’hui. Comment concevoir que d’autres personnes puissent décider, à ta place, la vie que tu dois vivre avant même ta naissance ? On peut évoquer ici les pratiques dégradantes telles que les injustices à l’égard des femmes dans les sociétés conservatrices, les mutilations génitales, le mariage précoce/forcé et l’esclavage par héritage.
Pour revenir au livre, J’ai été frappé par l’ouverture d’esprit de l’auteur, à travers les questions soulevées et sa capacité à susciter la curiosité du lecteur pour le pousser à la réflexion. Il dénonce avec fermeté et rigueur tout en donnant un aperçu sur la société dont il rêve, pour ne pas dire la société dont tout homme sensé rêve. En somme, dans ce livre Koundou ne soulève pas seulement des problèmes mais ils proposent également des solutions.
Avant de parler de la forme, je voudrais faire un petit commentaire sur la fameuse phrase évoquée par l’auteur et source d’écueils : « Vos méthodes sont mauvaises mais la cause est juste ». Je voudrais juste souligner, en toute objectivité, que ces méthodes critiquées par les détracteurs n’appartiennent pas à Gambanaxu mais plutôt à la société dans laquelle cette organisation est née. Gambanaxu a peut-être permis l’expression et l’exposition au grand jour de certaines méthodes honteuses, témoins de certaines mauvaises valeurs inculquées par la société. De toute ma vie, je n’ai jamais imaginé un soninké éduqué dans le soninkaxu capable de commettre un meurtre, pourtant ce fut le cas à plusieurs reprises notamment les 4 martyrs de Diandiouné (Mali) le 01/09/2020 (Qu’Allah accueille tous les martyrs au paradis). Allons-nous continuer à faire porter la responsabilité à Gambannaxou ou plutôt sur le manque de valeurs morales dont font preuves très souvent certains réactionnaires ? Ne serait-ce pas une énième tentative de diabolisation ou de diversion de s’attarder sur les méthodes ? Alors que l’essentiel est ailleurs. Sur ce point, que ce soit les méthodes d’action ou de réaction, je pense que c’est d’abord une question individuelle liée aux valeurs, au moral, à la piété et à l’éducation reçue qui varient d’un individu à un autre. Ce serait lâche de dédouaner la société de sa responsabilité. En d’autres mots, ces méthodes se trouvent déjà sur place et ont l’air très ancrées chez certaines personnes indépendamment de son camp. D’ailleurs s’il y’a une chose que je reproche à Gambana ou plutôt certains militants c’est le manque criant de méthodes homogènes et d’actions globales et ciblées surtout en ce qui concerne certaines localités (cf. les sous-organisations locales). Comme s’il n’y avait pas de coordination centrale et que chaque membre serait libre de dire ou de faire comme bon lui semble. En tout cas, c’est mon impression. Pour conclure ce point, d’aucuns doivent comprendre que Renoncer au Soninkaxu (soninkara) n’est pas nécessairement un tribut à payer pour se sentir libre. On peut bien rester attaché aux bonnes valeurs du soninkaxu et tout en combattant les injustices et inégalités sociales imposées par la hiérarchisation à la naissance (système de castes) ou à l’égard des femmes, entre autres.
Revenons sur le livre, Dans la forme, pas besoin d’avoir bac+3 pour lire et comprendre ce livre qui est très facile à lire et à la portée de tous. Ce dont on a besoin pour lire ce livre est une infime dose de bonne foi et d’honnêteté et surtout une carence en « hypocrisine », l’hormone de l’hypocrisie (rire). Quant au style d’écriture, c’est décontracté avec une petite touche d’humour sur un sujet aussi sérieux. J’ai vraiment apprécié cela.
Si on me demande de faire une critique, je dirais d’abord le manque de distinction remarquable, c’est-à-dire parfois les obstacles peuvent se confondre avec les causes et ces derniers avec les conséquences. De plus, un chapitre plus étoffé sur les origines de ces pratiques aurait été la bienvenue. En effet, pour une personne peu ou pas avertie, on peut parfois perdre le fil conducteur.
Pour finir, mon message est : Dans un monde civilisé, tout combat doit être mené de façon civilisée ! Ne pas s’adonner à l’invective ni à la violence est l’un des plus grands secrets ! La dignité humaine n’a pas de prix ! Le combat continue !!!
Cet ouvrage paru en octobre 2024, essaie succinctement de donner une source-ressource historique et sociologique sur l’arrivée timide et l’évolution plus ou moins mouvementée de la dernière Révélation Divine parmi les peuples ouest-africains. L’auteur y effectue un traçage narratif avec une prudence intellectuelle soutenue en remontant sur plus de mille ans dans la frise chronologique du calendrier chrétien. L’histoire de la géopolitique sahara-sahélienne de son pan occidental, y est revisitée en trame de fond. Peuples berbères, berbères arabisés, arabes, soninkés, peulhs, mandingues, sossos, songhaïs, haoussas et bien d’autres ont vu et vécu diverses expressions et transformations sociales, politiques, religieuses et économiques par et autour de l’élément « Islam » arrivé conséquemment du Nord (l’actuel grand maghreb) aux environs courant 8ème…9ème siècle. Au départ, introduite en milieux élitistes chez certains dignitaires regnants du Wagadou (le célèbre empire soninké du Ghana ancien) ou (et) chez des dirigeants Tekrouriens, la religion musulmane constitue aujoud’hui une facette essentielle de l’identité confessionnelle de plusieurs millions d’individus ouest-africains. Par le passé, selon un instructif décryptage de cet ouvrage, différents cheminements de prosélytisme ont alterné d’une zone à une autre selon des réalités socio-politiques en vigueur. Certains empereurs mandingues, songhaïs et d’autres rois ou princes de différentes communautés l’ont adopté comme référent juridique de leur gouvernance politique d’une période à une autre. Une mention fournie a été faite concernant l’arrivée et le développement des ordres confrériques soufis (Qadriyya, Tijaniyya et Sanûsiya) dans un environnement social déjà nominalement ou profondément islamisé. L’activisme réformateur voire révolutionnaire a été enclenché courant 18ème – 19ème siècle, avec comme carburant idéologique, l’islam à revivifier ou l’imposition pour certains d’un hégémonisme politique aux relents clairement ethnicistes et communautaires.
Il y est rapporté que lors de l’apogée de l’empire songhaï, un neveu du chérif al-‘Abbâs (de la Mecque) s’est installé à Toumbouctou et y épousa des femmes noires. Et, un clan de descendants noirs du Prophète (psl) y était institué. Ce qui peut expliquer peut-être aujourd’hui certaines prétentions d’ascendance chérifiennes dans la sous-région.
L’ouvrage n’oublie pas en filigrane de noter le froissement intellectuel et culturel occasionné par un vif attrait pour l’activité éducative et instructive de haut niveau autour des sciences islamiques.
Lors de la colonisation européenne, les rapports peuvent se résumer plus ou moins entre conflictualités, compositions et exploitations mutuelles des uns et des autres en fonction des circonstances et des intérêts politico-confessionnels en jeu.
Un livre peu volumineux mais très utile pour acquérir et affiner quelques données historiques essentielles d’une longue et dense période de l’avènement de l’islam et son évolution dans notre zone.
Traversées Mauritanides – Écrire, c’est se mettre à nu. Laisser parler son encre, loin de ses horizons. S’exposer aux jugements aussi. Mais peu importe, si nous en avons fait le choix. Et cette édition des Traversées Mauritanides tient le fanal.
En 15 ans, de rendez-vous littéraires, nous avons libéré et reconstruit des paroles. Des auteurs ont partagé nos complicités, des lieux accueilli nos récits et confessions. Au nom de la littérature !
Nous avons appris de nos publics, contradicteurs et passionnés. Leurs interpellations sont, pour l’écrivain, une invitation à la profanation d’une pensée. Et une pensée qu’on profane s’enrichit : tout le mal qu’on peut offrir à son auteur.
C’est là le réconfort des Traversées, créant des cadres sans cesse renouvelés. La liberté de nos auteurs est notre signature.
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