● Mauritanie ~ Système de correction du Baccalauréat | « J’accuse » Par M. Sneiba Mohamed

J’accuse

J’accuse un système de correction qui soulève aujourd’hui plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

Les résultats du baccalauréat, notamment en français, ont laissé de nombreux enseignants, parents et élèves dans l’incompréhension. Certes, aucun système d’évaluation n’est infaillible. Une erreur de correction, un cas isolé, un « accident » peuvent toujours survenir. Mais lorsque les mêmes anomalies semblent se répéter, le doute devient légitime.

Comment expliquer que des élèves régulièrement évalués à plus de 15 sur 20 tout au long de l’année, par des enseignants expérimentés comptant parfois plus de trente années de carrière, obtiennent soudainement des notes de 5 sur 20 à l’examen national ? L’hypothèse d’une baisse générale de niveau ne suffit pas à justifier des écarts aussi considérables.

Il ne s’agit pas de contester le principe de l’examen, encore moins de remettre en cause le travail de tous les correcteurs. Il s’agit d’interroger un processus lorsque ses résultats apparaissent, dans de nombreux cas, en contradiction flagrante avec les performances observées durant toute une année scolaire.

Le ministère de l’Éducation nationale a aujourd’hui le devoir de dissiper les doutes. Une enquête administrative et pédagogique s’impose. Elle devrait porter sur les modalités de correction, l’harmonisation des notes, les éventuelles erreurs matérielles, ainsi que sur les écarts entre le contrôle continu et les résultats du baccalauréat.

La crédibilité d’un examen national repose avant tout sur la confiance. Or cette confiance ne peut être préservée que par la transparence. Si les résultats sont parfaitement justifiés, une investigation le démontrera. Si, en revanche, des dysfonctionnements sont constatés, ils devront être corrigés sans délai.

Parce que derrière chaque copie se trouvent des mois d’efforts, des familles qui espèrent et des enseignants qui s’investissent, il serait dangereux de laisser s’installer le soupçon.

J’accuse non pas des personnes, mais le silence face à des faits qui méritent d’être examinés avec rigueur, impartialité et responsabilité.

SNEIBA Mohamed, professeur de français, sortant de l’ENS (1988), ancien du Lycée de Boghé, du Lycée National, de Chems Dine, Les Nations, Le Petit Centre, assurant actuellement des cours au lycée privé IBTIKAR.

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