Message aux Présidents et Chefs d’Etat africains

Si je devais parler aux Chefs d’État et Présidents , bientôt en conclave à Nouakchott , voilà ce que je leur dirais :
La Mauritanie que vous allez visiter, sous très peu, dans le cadre du 31e sommet de l’Union Africaine est un pays dans lequel sévit un ‘’Apartheid déguisé ‘’, non codifié comme il le fut en Afrique du sud. ’’être Noir en Mauritanie est un délit, sans que cela ne soit écrit nulle part’’ disait un observateur du CRAN. Des lois non écrites confinent, en effet, l’homme noir mauritanien, au mieux, au rang de citoyen de seconde zone, au pire, en victime du déni d’humanité à travers l’esclavage.
L’exclusion voire la négation de l’Homme noir mauritanien a débuté dès les années 1960 . Elle va se prolonger pour atteindre son point culminant avec les régimes militaires .Entre 1986 et 1991, la communauté négro-africaine de Mauritanie subira déportations et maltraitances dans ses composantes Peuls, Soninkés et Wolof ; 120.000 âmes se verront déportées au Sénégal et Mali en 1989 , selon les chiffres du HCR ; des centaines de leurs villages seront détruits ou réoccupés le long de la vallée du fleuve Sénégal qui fut, part ailleurs, le théâtre d’exactions et d’exécutions extra-judiciaires massives . En 1990, l’Etat mauritanien intensifie l’exclusion et entreprend de dénégrifier l’armée nationale ; plus 3500 soldats et officiers sont touchés ; les militaires négro-africains sont quasiment tous arrêtés et jetés dans des camps mouroirs ou ils seront torturés, soumis aux traitements les plus dégradants. Plus de 500 mourront , ensevelis dans des fosses communes qui ont essaimé les camps militaires du pays et la vallée du fleuve ; fosses communes qui n’ont pas fini de livrer leurs secrets, dont la dernière en date – celle de Benamira dans le Nord du pays (28 corps ligotés) -, découverte en mars dernier par des chercheurs d’or , soit 28 ans après les faits , mais que le gouvernement mauritanien actuel s’évertue à couvrir , refusant toute investigation…
Le 28 Novembre 1990 ,- fête de notre indépendance nationale – 28 soldats Negro- africains sont pendus en guise de solidarité avec l’Irak arabe, ‘’victime de l’agression des USA’’ . Le reste des militaires négro-africain ayant échappé à la mort est radié de l’armée. Les auteurs de ces crimes et exactions courent toujours , circulent librement , occupant de hautes fonctions de l’Etat, protégés par une loi d’amnistie inique et scélérate, votée en 1993 qui consacre l’impunité dans le pays . Pendant ces années de plomb la population négro-africaine, la composante Peule, en particulier, va subir un véritable génocide exécuté par l’Armée , à l’image de ce qui se passe actuellement au Mali , mais beaucoup plus important par l’ ampleur…IL n’existait pas alors de réseaux sociaux , et seul le gouvernement Français et nos voisins immédiats savaient ce qui se passait .
Si les déportations massives et les exécutions extrajudiciaires se sont arrêtées après cette période sombre de l’histoire de la Mauritanie indépendante, l’épuration ethnique, quant à elle, n’a jamais cessé depuis ; elle a pris simplement des formes plus sournoises… Le Pouvoir actuel a entrepris depuis 2011 une opération d’enrôlement qui vise- officiellement- à doter les Mauritaniens de papiers d’état-civil biométriques et sécurisés, mais qui, en réalité, s’est révélée être, dans son exécution, à caractère raciste et discriminatoire à l’égard des Noirs de Mauritanie pour lesquels l’obtention des nouveaux documents relève du parcours du combattant pour les plus chanceux. Des milliers de Noirs sont ainsi devenus apatrides dans leur propre pays faute d’état-civil. Des familles sont divisées , l’époux se voit enrôlé pendant que l’épouse est rejetée ,sans épargner les enfants ; des élèves en cours de scolarité sont contraints d’abandonner l’école, faute de papiers …Les commissions techniques et le comité de supervision et de contrôle chargés de cet enrôlement sont quasiment monoethniques, alors que la population mauritanienne est pluriethnique .
Les hauts postes de l’Etat et de l’administration, l’appareil judiciaire , nos forces de défense et de sécurité, nos médias audiovisuels publics et privés, le secteur économique , les grandes Ecoles du pays, tous les secteurs de la vie nationale, en un mot , sont presque exclusivement aux mains d’une composante nationale – la communauté blanche, arabo-berbere- , par choix politique délibéré de nos gouvernants …
L’esclavage demeure une réalité dans le pays aussi bien sous sa forme traditionnelle que sous la forme de ce qu’il est convenu d’appeler l’esclavage moderne, et les victimes sont toujours les mêmes : les masses noires.
Excellences, il n’est pas besoin de se munir d’une loupe pour se rendre compte de la réalité de ‘’l’Apartheid déguisé ’’ en Mauritanie. Il vous suffira de regarder autour de vous. Observez bien vos interlocuteurs , prêtez attention également à ceux qui vous servent dans les hôtels , dans les salles de réunion ( serveurs, femmes de ménage, chargés de l’accueil etc ), suivez nos Télévisions pour quelques minutes, demandez à visiter nos Administrations , nos Ecoles , notre Armée nationale, observez la rue mauritanienne et vous serez édifiés sur l’image erronée que beaucoup d’Africains se font de la Mauritanie ou que le gouvernement mauritanien s’efforce de vendre . Vous verrez alors le racisme d’Etat se déployer dans toute sa laideur sous vos yeux .. .
Excellences,
La Mauritanie ne peut pas continuer à vivre dans l’ignominie de l’esclavage, de l’exclusion et de la discrimination sur des bases raciales, ethniques et tribales et continuer à travailler avec les autres nations libres du monde comme si de rien n’était ! Vous aviez dénoncé et combattu l’Apartheid en son temps, vous ne pouvez faire profil bas sur qui se passe chez nous . Il y va de la crédibilité de votre institution, il y va du respect de la dignité humaine , il y va de la paix et de la stabilité de la sous-région et du continent… car cette situation est pour le moins porteuse de lendemains , incertains, dangereux pour tous…

Samba Thiam
Ancien prisonnier politique (traité en forçat à walata)
Président des FPC
Nouakchott le 29 juin- 2018

Crédit source: Page officielle Facebook Samba Thiam

Réponse au ministre porte-parole du gouvernement mauritanien Mohamed Lemine Ould Cheikh.


Le passé trouble et peu honorant de l’actuel ministre porte-parole du Gouvernement, dont, le moins que l’on puisse dire, il est sorti par effraction du parti opposant Rfd, pour la se vendre comme une marchandise, au putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce genre d’acte ignoble, devait interdire à ce laudateur de s’ériger en donneur de leçons.
J’aimerais rappeler que les mauritaniens le connaissent suffisamment et n’ont pas oublié les activités douteuses auxquelles il s’adonnait aux émirats pour amasser de l’argent et lui-même savait bigrement bien ce qu’il faisait à l’époque. Il est probable que le doctorat dont il se prévaut sanctionne plus ses activités de thieb-thieba qu’autre chose. C’est cet esprit marchand qui le conditionne au point de voir la recherche de l’argent partout et dans toute œuvre humaine.

Ses propos sur les organisations de défense des droits de l’homme dénotent d’une ignorance du cadre de défense et de promotion des droits de l’homme qui relève autant d’obligations nationales que d’engagement internationaux. Monsieur le Ministre doit comprendre que la défense des droits de l’homme est une responsabilité universelle qui ne connait pas de frontières. En son temps, la communauté internationale (dont la Mauritanie) s’était élevée contre l’apartheid en Afrique du Sud et ne cesse aujourd’hui de se mobiliser légitimement aux cotés de nos frères Palestiniens pour la défense de leurs droits fondamentaux. De la même manière, cette même communauté internationale ne laissera pas l’esclavage (crime contre l’humanité) et la discrimination raciale prospérer impunément et dans le silence en Mauritanie. Mieux encore, le législateur mauritanien, en proclamant l’esclavage crime contre l’humanité, a fait de la lutte contre ce phénomène odieux, une charge universelle à laquelle l’humanité toute entière est appelée à contribuer. Dans cette même logique, pourquoi l’Afrique du Sud par exemple contre laquelle la Mauritanie s’est mobilisée sous l’apartheid ne serait pas aujourd’hui légitime autant que les autres pays africains ou occidentaux pour s’exprimer sur les violations des droits de l’homme en Mauritanie ?
Quelle cécité intellectuelle !

De toute façon, dans cet exercice, le ministre a constamment montré la profondeur de ses insuffisances intellectuelles et de sa vacuité culturelle qu’un prétendu doctorat ne saurait point combler. Ses sorties sordides et ses conférences de presse surréalistes ressemblent désormais à des numéros de comédie et des chefs d’œuvre d’ignorance qui divertissent les soirées des mauritaniens et de la communauté diplomatique à Nouakchott. Il rend ainsi au gouvernement dont il est membre le pire service en s’installant lui-même dans le sillage de l’ex-ministre de l’Information de Saddam Hussein, Mohammad Saïd al-Sahhaf. Ce faisant, j’ose espérer pour mon pays, qu’il n’inscrive également le gouvernement auquel il appartient dans la malheureuse trajectoire du gouvernement irakien de l’époque.
Comme vous le savez, récemment, il s’en est pris âprement aux Ambassadeurs de l’union européenne et de la France pour avoir tout simplement commenté avec bienveillance et bon sens les propos du Président ould Abdelaziz sur la décision de ne pas briguer un troisième mandat.
Il n’est donc pas surprenant, que la lettre de Biram Dah Abeid, président des réseaux IRA, réseaux don’t l’une des sections les plus actives est IRA-France-Mauritanie, secoue le cocotier du système en place en Mauritanie.
Cette secousse a permis aux mouchards, insulteurs et laudateurs publics et professionnels, de s’adonner de plus belle, à la sale besogne qui leurs est assignée : insulter Biram Dah Abeid, pour le compte d’un régime inique et aux abois.
Le Président Macron à qui le président Biram Dah Abeid a adressé cette lettre ouverte, est le Président de la Patrie des droits de l’homme, un homme d’Etat épris des valeurs universelles des droits de l’homme, de justice et de paix. Je suis convaincu qu’il saura faire bon usage de ce message qui est aussi un message en faveur de la stabilité dans la sous-région. Il est conscient que les violations massives des droits humains où qu’elles se produisent et constituent un danger pour la paix internationale. A cet égard, nous savons tous combien les droits sociaux, économiques, culturels et politiques des mauritaniens sont bafoués. Au-delà de la personne de Macron, cette lettre s’adresse à tous les Chefs d’État et autres décideurs qui prendront part au Sommet de Nouakchott.

Babou Abdou

Chargé de Communication de Ira-Mauritanie, membre du Conseil Exécutif.

crédit source: IRA MAURITANIE

IRA MAURITANIE : Macron en Mauritanie, le piège du reniement

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-Mauritanie).

Macron en Mauritanie : le piège du reniement

Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République française,

Par ces mots, le courage ne vous manquait, en novembre 2017, de rappeler que l’esclavage est « un crime contre l’humanité ». A ceux qui reprochaient aux occidentaux leur part de responsabilité, vous l’expliquiez si justement, en Libye, « la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains ».

Vous vous apprêtez à venir en Mauritanie, un pays où l’esclavage, omniprésent et séculaire, demeure le fait d’Africains sur d’autres Africains. Vous allez rencontrer un homme d’Etat, témoin d’une tentative d’épuration ethnique contre les autochtones noirs, de 1986 à 1991. Avec lui, vous parlerez des défis transversaux de la paix et du développement dans l’ensemble de la sous-région Sahara-Sahel.

La lutte contre le terrorisme reste la priorité de vos échanges. L’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux constituent, en Mauritanie, les facettes d’une même oppression.

L’exploitation d’une main d’œuvre sous contrainte, ce fléau millénaire, continue de façonner la mémoire et le présent des miens. Bien avant la colonisation, des millions de mes compatriotes, y sont nés et continuaient à le subir, jusqu’aujourd’hui. Il s’agit d’une infamie locale, produit de notre histoire et expression d’une inhumanité du crû.

Les Hratin, inférieurs et exploités à la naissance, sont les parias de condition servile, sur la sueur duquel la Mauritanie a été bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient (et sont parfois de nos jours) vendus, mutilés et confinés au travail indécent, offerts en cadeau ou séparés par héritage ; le Code noir de chez nous, appelé « rite malékite » ou « Charia » vulgarise l’usage de cette viande sur pied, au point de réglementer le détail du viol et du cuissage, sur les femmes, parfois mineures.

La tentative d’épuration ethnique de 1986-1991 visait l’anéantissement sinon l’expulsion des ethnies d’ascendance africaine, tels les Wolofs, les Bambaras, les Soninkés et les Pulaarophones ; l’essai sanglant se soldait par des dizaines de milliers de déportés et d’exilés, des pogroms, la banalisation de la torture, des assassinats collectifs, des disparitions forcées, des spoliation de bétail et de terre, les radiations massives dans différents secteurs de la fonction publique et des forces armées et de sécurité. En parallèle, du jour au lendemain, l’Etat fut livré aux tribus ; le vandalisme culminait avec l’effondrement de l’école et la guerre compulsive contre l’enseignement des langues étrangères. Depuis, la Mauritanie, à genoux, s’enfonce dans le fanatisme et la misère.

Ces atrocités, imputées à l’Etat, ont créé le clivage structurel et la discorde dans la communauté de destin, entre les composantes subsaharienne et arabo-sanhaja. Jamais, il n’y eut de réparation à la mesure du dégât ; au lieu de la réconciliation, l’impunité devenait le credo ; la demande de publication de la vérité, sans cesse différée, s’apparente maintenant à un délit ; à l’exception du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, renversé en 2009 suite au putsch de son chef de sécurité – à présent au pouvoir – le déni et l’occultation cristallisaient le consensus sur la nécessité de taire le crime. La légitimité du système de domination en vigueur s’enracine dans ce silence fondateur. La dérive présente de la Mauritanie vers le wahhabisme outrancier ne poursuit d’autre objectif que de maintenir les discriminations sous le voile du sacré, afin de la mieux proroger. L’hégémonie historique dépense, ici, ses ultimes réserves de ruse.

En mai 2018, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (Cerd), réuni à Genève, répertoriait la reproduction des inégalités liée à la généalogie et la permanence de leurs effets, à grande échelle. Les recommandations insistaient, sur la part de laxisme des tribunaux au fil des rares poursuites contre les auteurs de pratiques esclavagistes.

Il n’est besoin de chercher, loin, la source de la complaisance. Le 3 mai 2016, le chef de l’Etat, lors d’un discours dans la ville de Néma, déclarait : « Les Hratin sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions ». La politique du gouvernement cherche à supprimer socialement les Hratin et les autres composantes d’Afro-descendants mauritaniens car le fantasme de leur multiplication démographique soude les anciens maitres dans la solidarité par la panique. Le pays se dit « arabo-islamique » et, pourtant, sa majorité est noire et le sera davantage ; pour un lendemain de paix, la prudence requiert, d’élites dirigeantes, sur le déclin, de canaliser l’aspiration du grand nombre à l’égalité, point d’en contrarier le cours. Telle audace à rebours des enseignements de l’Histoire, se paie cher, toujours. Voici, Excellence, Monsieur le Président, un conseil précieux à l’endroit de votre homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Combien de fois avons-nous été emprisonnés, suppliciés, relégués dans le désert et désignés à la vindicte, seulement parce que nous proclamions le droit universel à vivre libres et dignes sur la terre de nos ancêtres ?!Nos associations sont interdites, nos partis bannis, toujours figés en marge des élections. Des milliers d’entre nous errent dans le temps social, sans personnalité juridique ni visage ; comme le notait Human Rights Watch le 29 mars 2018, « le processus national d’enrôlement à l’état civil en Mauritanie empêche certains enfants de s’inscrire à l’école publique et de passer des examens nationaux obligatoires ». La biométrie se transforme en outil de marginalisation des composantes majoritaires, pour entraver leur accès aux cartes d’identité et d’électeur. Les experts indépendants et autres rapporteurs des groupes de travail de l’Onu décrivent, dans leurs conclusions étalées de 2015 à 2017, une Mauritanie que son surpoids d’injustices rend vulnérable à la dislocation.

L’Onu a également dénoncé la persécution du bloggeur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, emprisonné depuis 4 ans. Accusé d’apostasie, position passible de la peine de mort dans le code pénal, un tribunal, au constat de son repentir, commua le verdict initial en deux années de réclusion ; enfin, il devait recouvrer ses droits élémentaires ; l’aile conservatrice du pouvoir, en connivence avec les segments pro-jihadistes de l’opinion parmi la minorité hégémonique, a décidé de le garder otage, en attendant l’audience de recours devant la Cour suprême. L’ex prévenu, aujourd’hui séquestré dans un lieu inconnu, risque l’assassinat ; le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Onu) réclame sa libération depuis avril 2017.

Pire encore, le Conseil des ministres, soumettait, au Parlement, un projet de loi punissant de mort les « propos jugés blasphématoires », même en cas de repentir ; en vertu de la surenchère avec les groupes obscurantistes, une circonstance atténuante disparaissait, ainsi, du champ de la loi! Le 27 avril 2018, les députés votèrent le texte liberticide, à contresens de la marche des musulmans vers la quête de l’état de droit, du mieux-être et la prévention de la violence. La Mauritanie, membre du G5 Sahel, combat les groupes jihadistes hors des ses frontières et applique leur programme sur son territoire. Des écoles de savoir « islamique » où l’Etat n’exerce aucun contrôle du cursus, ont été transformées en des centres de radicalisation ou des milliers de jeunes, apprennent la haine de l’Autre, l’infériorité de la femme et le devoir d’abolir les libertés de conscience et la diversité culturelle. En lieu et place d’une connaissance qui les arme dans la compétition pour l’excellence, les voici dressés au combat, gorgés de colère contre la joie, la littérature, les sciences et toute célébration de la vie. L’éducation au rabais leur assigne le passé pour logis et espérance. Elle leur apprend à considérer, comprendre et transmettre le rapport au vivant, d’un seul prisme de vue, le regard d’outre-tombe.

Monsieur le Président, tout pouvoir sous le joug duquel enfle et boursoufle la détestation de l’autre, la méfiance envers le savoir, le refus du mérite terrestre et le désir de la mort, ne contribuera à endiguer le terrorisme. Le terrorisme procède d’un endoctrinement et résulte d’une éducation au pire, bien en amont du passage à l’acte.

Au nom du Monde libre qui inspire l’essor de la revendication démocratique en terre d’Islam, pour la civilisation, le genre humain et votre grand pays, de grâce, ne cautionnez pas la dérive qui dévaste, endeuille et tue !

Nouakchott le 18/06/2018
Biram Dah Abeid
Président des réseaux IRA dans le monde.

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE

Questions du Journal le Calame à Bala Touré Secrétaire Général du Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Le Calame : Vous venez de signer une alliance électorale avec le parti SAWAB. On avait parlé de Moustaqbel, de l’UFP et d’UNAD. Pourquoi plutôt SAWAB, parti d’obédience baath, à qui tout semblait pourtant vous opposer ?

■Bala Touré : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer sur cette question qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis quelques jours. Avant d’y répondre, je voudrais, également, adresser une pensée militante à nos camarades Abdallahi Maatala Saleck et Moussa Bilal Biram, détenus injustement, depuis bientôt deux ans, au bagne de Bir Moghrein, à mille deux cents kilomètres au Nord de Nouakchott.
Revenant à votre question, je dirai que ce résultat est l’aboutissement positif d’une vieille démarche. Ayant remarqué le grand engouement suscité par les activités d’IRA auxquelles adhèrent, dans tout le pays, des masses compactes, très engagées et conscientes de ce que la solution, à toutes les questions de droits humains que nous posons, est impossible sans volonté politique exprimée, sans ambiguïté, par le tenant du pouvoir qu’il sera alors, inéluctablement, nécessaire de conquérir, nous avons mis en place une branche politique à notre association : le Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) que les autorités mauritaniennes se sont empressées d’interdire.
A l’approche des élections locales de 2013, nous avons entrepris de négocier avec divers partis de la place, en vue de trouver un cadre nous permettant de participer aux élections. Malheureusement, ces démarches n’ont pas pu aboutir, en raison d’intrusions malsaines d’officines à la solde des autorités. Durant ces trois derniers mois, nous avons approché plusieurs partis avec lesquels nous avons une convergence de vues, sur les questions nationales majeures. Mais ces nouvelles négociations ont traîné, se soldant, à chaque fois, par un échec, jusqu’à ce que nous rencontrions les responsables du parti SAWAB – une formation politique nationale fondée en 2005, bien après la chute d’Ould Taya. Avec eux, c’est bien au-delà des aspects électoralistes que nous avec pris tout notre temps, pour visiter, en profondeur, les grandes questions nationales. Et nous accorder sur nombre de celles-ci, notamment : le caractère pluriel de l’identité mauritanienne ; le droit à la différence ; la nécessité impérieuse de promouvoir les langues peul, soninké, wolof et hassanya, en vue de les développer et les hisser au statut de langues officielles, au même titre que l’arabe ; le règlement, sur la base de l’accomplissement des devoirs de vérité, de justice, de mémoire et de réparation, du lourd dossier de la tentative de génocide perpétrée, par les autorités, contre des populations noires de Mauritanie, durant les années de braise ; la nécessité d’un règlement définitif de la problématique de l’esclavage dans le pays ; le développement d’une culture de solidarité avec les générations futures, par la promotion et le respect de normes environnementales… Nous avons, ainsi, pris la décision, loin de toute passion, de fusionner notre branche politique avec le parti SAWAB – une décision majeure que nous assumons. L’histoire et le peuple mauritanien en jugeront de la pertinence.

Le Calame : Cet accord s’inscrit dans la perspective des élections locales en vue. Biram serait-il tête de liste de SAWAB pour les législatives?

■BT : Oui, le président Biram Dah Abeïd dirigera la liste nationale législative. Nous nous sommes également entendus, sur le fond et la forme, en ce qui concerne toutes les élections (législatives, municipales et régionales) et plus des deux-tiers des postes électifs reviendront aux cadres issus de notre branche politique. Notre ambition est de pouvoir être candidats dans la plupart des deux cent dix-huit communes du pays.

Le Calame : Les autorités ont d’abord refusé d’autoriser votre conférence de presse, avant de l’accepter. Savez-vous pourquoi ? Ne craignez-vous pas que ces mêmes autorités reviennent à la charge pour bloquer la mise en œuvre de votre accord ?

■BT : Le secrétaire général du parti fut informé, par le hakem, de l’interdiction de la conférence de presse. Le président Abdesselam ould Horma et son adjoint Ahmed ould Oubeïd ont alors réagi, en rendant visite au wali de Nouakchott-Ouest. C’est à la suite de leur réunion que l’interdiction a été levée.
Quant à la mise en œuvre de notre accord, nous ne sommes pas en mesure de prédire les comportements futurs des autorités. Ce dont nous sommes sûrs est que nous restons fidèles à nos principes et à nous-mêmes, prêts, de façon pacifique mais ferme et sans concession, à faire face à tout acte des autorités tendant à violer nos droits constitutionnels, à savoir d’association et de liberté d’expression.

Le Calame: Votre alliance avec Sawab a suscité des réactions hostiles, de la part, surtout, des anciens d’IRA et d’autres amis ou ex-alliés. Comment les avez-vous accueillies? Les comprenez-vous ?

■BT :Nous sommes surtout surpris de ce regain d’intérêt, de la part de certaines personnes qui ont subitement retrouvé la mémoire. SAWAB est un parti de ce pays. Fondé en 2005, il a toujours mené ses activités, individuellement ou en partenariat avec les autres partis de l’opposition. Au lendemain du coup d’État militaire, perpétré par le général Mohamed ould Abdel Aziz, contre le président élu Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, SAWAB s’engagea dans la lutte contre le putsch, en tant que membre du FNDD où il côtoyait tous les partis de l’opposition. Après les accords de Dakar, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est fait élire dans des conditions troubles. Quelques temps après cette élection, la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) fut mise en place, avant le FNDU (Forum National pour la Démocratie et l’Unité). SAWAB fut de tous ces regroupements, en partenariat avec les autres partis d’opposition. Plus récemment, APP et El Wiam formèrent, avec SAWAB, la CAP (Coalition pour l’Alternance Pacifique). Pour mener la campagne contre le referendum du 5 Août 2017, visant à changer la Constitution, c’est avec le FNDU, le RFD, les FPC, l’UNAD, El Watan, IRA- Mauritanie et Touche pas à ma Constitution, que SAWAB a fondé le G8. Tous ont signé des documents communs avec ce parti, ont organisé des manifestations communes avec lui (conférences de presse, marches, sit-in…). Tous les fronts, coalitions, forums et groupes se sont formés sur la base d’accords écrits, en forme de mémorandums consensuels explicitant, à chaque fois, une vision partagée de la situation passée et présente de la Mauritanie.
De 2008 à ce jour, SAWAB s’est donc situé en partenariat, rapproché, avec toute l’opposition politique, au gré des alliances. En dix ans, personne de ceux qui nous critiquent aujourd’hui n’a remarqué que SAWAB n’était pas fréquentable. Personne n’a dénoncé, à aucun moment, ses alliances avec les partis politiques nationaux. De cela, il ressort, clairement, que ce n’est pas SAWAB que visent ces remous : il s’agit, tout simplement, d’une volonté manifeste de nuire à IRA-Mauritanie et à son président.
Ceux qui nous critiquent, sans fondement aucun, ne sont, en réalité, que des personnes mécontentes et, même, malades des nombreux succès de notre organisation. Elles sont de cette féodalité nostalgique du passé, fortement mise en cause par les actions réussies d’IRA-Mauritanie. Elles deviennent, de facto, les voix audibles des services de renseignement mauritaniens qui traquent, partout, les promoteurs de notre mouvement.
La plupart de nos détracteurs vivent à des milliers de kilomètres de la Mauritanie, en Europe et en Amérique du Nord. Ils ont choisi le bavardage, quand nous avons fait le choix de l’action, à l’intérieur du pays, dans la pauvreté et les privations, avec le risque élevé d’être réprimé sévèrement et d’aller en prison. C’est le choix de l’action qui nous a fait accomplir, malgré les risques accrus de répression aveugle, le devoir de mémoire envers nos martyrs, assassinés massivement, par lâcheté et racisme des éléments de forces armées et de sécurité nationale. Nous avons initié et conduit les pèlerinages aux fosses communes d’Inal, Sorimalé et Wothié.
Aucune vocifération ne nous arrêtera. Notre volonté de conquérir le pouvoir politique en Mauritanie reste intacte, dans l’intérêt des populations mauritaniennes, et nous invitons toutes les personnes et groupes épris de justice, d’égalité et de paix, à se joindre à ce projet national où seule l’action intelligente compte.

Propos recueillis par DL

Crédit source: lecalame

Une tribune signée par le blogueur et militant abolitionniste Diko Hanoune.

L’alliance politique RAG/ESSAWAB nous a révélée cette ignominie cachée longtemps de l’existence de cette idéologie perverse d’un racisme primaire, de l’extrémisme et avec des projets séparatistes en deux entités de la Mauritanie cultivés par certains individus tapis au sein des communautés noires qui se réclament pourtant d’être « victimes ». Ce sont, souvent des personnes étroitement féodales qui pensent qu’on doit uniquement combattre les « maures bons ou mauvais» pour les placer à la tête de l’état mauritanien. D’ailleurs, certains parmi eux disent haut et fort qu’un bon maure n’existe pas, voila une erreur monumentale, il y a des bons et mauvais au sein de toutes communautés sur terre et ils en font parti des mauvais au sein des négro-africains de Mauritanie. Ils s’en foutent royalement du respect des droits humains ni des victimes, au contraire ils exploitent leurs malheurs comme un tremplin politique. Ils exploitent des cadavres et horreurs contre d’autres citoyens pour accomplir leur sale besogne dans leurs fronts qu’ils mènent depuis l’extérieur afin de casser n’importe qui. J’en sais quelque chose évidemment.

Personnellement, je ne serai pas preneur de cette idéologie de construire un front composé uniquement de « Noirs » qu’on dresse contre l’arabe ou le berbère Mauritanien à cause de sa couleur de peau, son identité culturelle venant de certaines personnes issues des mouvements, partis politiques et ONG dites « négro-africaines ». Déjà, ces personnes sont très confuses dans leur définition du mot « négro-africain ».

On ne combat pas le racisme par le racisme, l’extrémisme par l’extrémisme, le fanatisme par le fanatisme, xénophobie par la xénophobie, ni l’esclavage par l’esclavage. Depuis la nuit du temps, nous sommes confrontés à cette minorité d’excitée extrémiste noir très communautariste, qui s’excite pour un oui ou non, qui est la principale source des problèmes aux quels sont confrontés les noirs mauritaniens dans leur pays. Pourtant, la plupart de leurs parents, sont du côté du pouvoir maure actuellement et depuis l’indépendance, ils jouent le sale travail à casser tout opposant qui essaye d’unir toutes les composantes du pays dans un projet de société pour affronter le système hégémonique que leurs parents et certains maures ont mis en place depuis les années cinquante à la veille des indépendances offertes gracieusement par le général Degaulle.

Comment peut-on chanter qu’on est opposant à un régime voire un système pendant qu’on passe son temps à s’en prendre au premier opposant du même régime ? Mais qui sont ces noirs soi-disant « victimes et opposants » ? Êtes-vous sûr qu’ils sont les vraies victimes, les vrais opposants ?? A la place de « qu’on va faire », il est temps qu’ils nous disent « qu’on a fait » ? Ces grandes gueules ne sont visibles que dans les réseaux sociaux non sur le front, non dans des manifestations, sit-in, faire les couloirs de grandes institutions internationales pour déposer de plaintes au nom des « victimes qu’elles sont » etc… Pourquoi, elles n’introduisent jamais de plaintes contre leurs bourreaux militaires et civils qu’elles ont identifiés déjà depuis plus de 30 ans? Leur seul espoir, est fondé sur la perpétuation du système inégalitaire mis en place par leurs parents et certains maures dans l’espoir cela va les permettre d’accéder au pouvoir en cantonnant les mauritaniens dans les compartiments d’ethnies et communautés. Eux et le régime en place, c’est la même pièce avec ces deux facettes, il ne faut pas se leurrer ni se tromper.

Crédit source: Reçu de l’auteur

Regardez « Interview avec Biram Dah Abeid à Bruxelles » sur YouTube

À écouter attentivement, le leader abolitionniste et candidat déclaré aux présidentielles de 2019, Biram Dah Abeid revient sur les démarches politiques entamées ces derniers mois. Pour rappel, l’aile politique le RAG non reconnu par les autorités mauritaniennes, a acté une alliance politique et électorale avec le parti EsSawab lors d’un point de presse tenu le 31 Mai 2018 à Nouakchott.

Source crédit: Réseaux IRA

Allocution (version française) de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie du 31 Mai 2018 à Nouakchott.

■Allocution de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie qui scelle l’alliance électorale et politique entre la coalition issue du parti Rag, qui le soutient, et le parti EsSawab

Biram Dah Abeid :

Pour recréer la confiance et ressusciter l’espoir au sein des mauritaniens; Les raisons d’un pacte. »

Il y a dix ans, naissait l’initiative pour la Résurgence du mouvement
Abolitionniste en Mauritanie (IRA). Tout de suite, le mouvement a été
identifié, par le pouvoir en place, comme le vecteur de la subversion
sociale et le levier de la déconstruction idéologique. Les factions
engraissées depuis des siècles dans les surplis du système
d’oppression, de prévarication et de contrefaçon, ont œuvré, depuis, à
maintenir notre essor sur le fil d’une illégalité soigneusement
entretenue. Par conscience de nous mieux exclure, il fallait nous
tenir à distance de la parole légitime, donc hors des oratoires où
elle s’autorise quelque crédit. Aux fins de cette censure, les
zélateurs du passé, les serviteurs de l’exception antidémocratique,
les érudits simoniaques – en réalité marchands du temple – et
l’ensemble du personnel voué à entériner et reproduire l’institution
de l’esclavage et des castes, réussissaient à nous immobiliser sur les
marges, usant, alors, de la loi, de la force brute et du préjugé de
masse. Les services de la sécurité politique et l’essentiel de la
presse servile contribuaient ainsi à nous imposer une mise au ban à
quoi nous condamnait, de la part du système hégémonique, notre tension
vers la rupture. Pour nous empêcher d’amplifier l’écho de
l’universalisme, de l’humanité en partage, de l’ouverture constante
sur l’ailleurs et de l’élévation morale par le savoir, le travail et
le mérite sans le secours ni le contretemps de la naissance, la
domination nous figeait dans la posture infantilisante du mineur qui
s’ébroue, rue et s’épuise hors de l’arène.
Diffamation, provocation, infiltration, calomnie, campagnes
médiatiques de lynchage, sermons dans les mosquées de l’extrémisme,
aucune diversion ne nous fut épargnée et souvent nous trébuchions en
ce piège continument tendu, au point d’y perdre de l’énergie, des
talents et notre aptitude à ressusciter l’espoir. Dispersés et parfois
inaudibles, nous gagnions certes la bataille de la persuasion parmi
les nôtres et auprès des nations libres mais demeurions bâillonnés,
chez nous, au seuil des collectivités locales et du Parlement.
Aujourd’hui, la leçon enfin apprise, il nous appartient de la
traduire, en conquête de sièges, sur le terrain de la compétition dans
les urnes.
Aussi, en vertu de la diversification imposée par la complexité de la
lutte et la brutalité de l’adversaire, une fraction détachée et indépendante de
l’ONG des droits humains, IRA, vous convie à la cérémonie qui scelle
son accord avec le parti Essawab. L’entente ponctuelle ou continue
constitue, cependant, une avancée qualitative sur la voie de la
maturation. Nous nouerons d’autres convergences, avec diverses
formations politiques, civiles et de jeunesse, à chaque fois qu’il
deviendrait possible de consolider la dynamique de progrès, pour la
Mauritanie émancipée du populisme, du racisme et du fanatisme religieux, les trois
ferments de la rapine, quand ils distraient les humbles, grabataires
et affamés, de leur identité de souffrance et de colère.
Contre la coalition de la régression et du déni, avançons en rangs serrés !

Nouakchott, le 31 mai 2018

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Point de presse: La déclaration commune.

Notre pays traverse une phase de son histoire extrêmement dangereuse en raison de la sensibilité et de la profondeur des transformations politiques, économiques et sociales qu’il subit et celles qu’il ne tarderait pas à entamer les mois et années à venir. Ce qui impose aux forces nationales sérieuses d’entreprendre des positions responsables pour relever ce défi à travers:
Premièrement: la préservation de la société contre les conflits internes sous-jacents de l’injustice et des inégalités sociales sous toutes leurs formes, la réalisation des conditions requises pour le maintien de l’unité des composantes du peuple mauritanien et de leur cohésion, l’entretien des constantes unificatrices de la société notamment sa sécurité spirituelle, son identité nationale commune et ses symboles linguistiques, culturels et civilisationnels, la prise en compte des diverses valeurs dictées par la nature du pluralisme culturel et le droit à la différence et le bannissement de tout appel à l’exclusion et au racisme, quelle que soit leur nature: ethnique, linguistique et même zonale.

Deuxièmement: l’élimination définitive de toutes les formes d’esclavage et des sphères de pauvreté et de fragilité mais aussi de tous les environnements favorables aux atteintes aux droits de l’homme conformément aux normes de l’égalité politique entre les citoyens en droits et en devoirs et au respect de leurs volonté et choix conscient et libre.

Troisièmement : promouvoir le processus de transformation démocratique pour atteindre un état de développement positif des institutions, du droit et de la loi – des réalisations majeures basées sur le principe du transfert pacifique du pouvoir par les urnes loin de la violence et de la perturbation des bureaux de vote.

La situation de notre pays à la veille des élections législatives, régionales et municipale augure de beaucoup d’espoirs mais aussi comporte des risques certains alimentés par une pénurie importante dans la qualification des partis, l’élargissement des cercles de désespoir politique ce qui impose de placer l’intérêt national suprême au-dessus de toute considération autre, d’assembler les énergies susceptibles de renforcer l’unité nationale et d’enrichir les efforts de l’opposition démocratique en Mauritanie dans le maintien du choix démocratique et renforcer les acquis en la matière.

Considérant ce qui précède, le parti SAWAB et le mouvement ayant soutenu la candidature du président Biram Dah Abeid aux dernières élections présidentielles déclarent leur alliance en vue des élections Municipales, régionales et législatives de 2018 telle indiquée en annexe et celles des présidentielles de 2019 dans lesquelles le parti SAWAB s’engage à soutenir la candidature du président Biram Dah Abeid. Les deux parties expriment un désir réel que ce partenariat soit une première étape dans le développement d’un projet national unitaire faisant évoluer le pays vers des options réelles de paix civile et de transition démocratique en 2019. Ils exhortent toutes les forces démocratiques nationales quel que soit leur domaine de préoccupation à prendre conscience de l’importance de resserrer les rangs pour préserver l’Etat et la société contre les différents dangers qui les entourent aujourd’hui.
Comme les deux parties déclarent tendre la main à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à se joindre à ce pôle régi par l’unique vision consistant à mettre fin définitivement aux passifs humanitaire, économique et culturel néfaste des régimes d’exception, à préserver la nation, à faire face aux défis du développement et à consolider la démocratie.

15 ramadan 1431 correspondant au 31 mai 2018

■Dr Abdoul Salam Ould Horma

■Biram Dah Abeid

■Président du Parti SAWAB

■Candidat aux Présidentielles

Maintenant que la clameur semble s’estomper je peux peut-être placer quelques mots …

Ce sera autour du sens de nos excuses , du contexte de sortie de cet article , ma position sur la question , mes recommandations à ces jeunes honnêtes et courageux de tous bords …

Pour les excuses sur lesquelles certains semblent se méprendre, elles s’adressent aux lecteurs et internauts pour leur avoir présenté un ‘’faux’’, je veux dire un texte qui ne m’appartient pas et sur lequel est apposée ma photo , comme si j’en étais le propriétaire . Cela s’apparente a un vol , un ‘’pillage de la propriété intellectuelle ’’. C’est involontaire, certes, mais n’empêche,nous nous devons de présenter des ’excuses … par respect pour ces lecteurs .
Je ne m’excuse donc nullement pour le texte ou les idées qu’il exprime puisqu’elles ne sont pas de moi !

Concernant le contexte de sortie de ce texte j’ai dit que c’était une erreur de communication de notre part (entre le webmaster en second de flamnet et moi ) ; ayant reçu le texte en copié -sans le nom de l’auteur, omis – il a cru , de bonne fois, sans verifier , que cet article était le mien et méritait d’être partagé , pour son interêt ….( Le timing , à point nommé ou pas , n’y change rien ).
Très tôt, dès que j’ai été informé , j’ai tenté de corriger l’erreur auprès de flamnet et Cridem ,( par e-mail et coup de téléphone ) pour expliquer que c’était ‘’une erreur de communication’’, que le texte n’était pas de moi , mais d’un Historien –chercheur de l’UCAD , Cheikh T Ndiaye . Ce même C T NDiaye, soit dit en passant , qui bat aujourd’hui en brèches la thèse sur ‘’le fondement noir de l’Egypte pharaonique’’ de Cheikh Anta qui fouettait notre Ego nègre …
Mais, visiblement , cette précision et nos excuses n’ont pas suffi à calmer la polémique qui a continué à enfler. je ne comprends que trop bien pourquoi… Les ‘’ vérités’’ intempestives de Samba Thiam sur l’actuelle politique à caractère discriminatoire , ethniciste et raciste , et sur l’hypocrisie ambiante dérangent et agacent… La diffusion de cet article a été le prétexte – du pain béni – pour cracher ces colères cumulées, longtemps contenues . D’où cette explosion , ce déferlement de violence sur ma personne…. Mais je ne me tairai pas , je ne me coucherai pas , parceque notre pays est assis sur la tête qu’il faut remettre à l’endroit !

Maintenant quelle est ma position sur le fond que d’aucuns semblent impatiemment attendre ?
Ma réponse première , de principe , est que je me veux un penseur libre …et ‘’ Penser librement veut dire se déprendre des significations immédiates dans lesquelles nous retiennent les culture et la religion ‘’ S B Diagne .
La ‘’vérité’’, dit-on par ailleurs , n’est pas toujours ce que l’on voudrait qu’elle soit .. .
Enfin , je crois que tout ce monde qui hurle et s’agite avec tant de frénésie autour de la question est mal placé pour entrer dans ce débat qui relève du niveau des spécialistes , des historiens-chercheurs …S’il en existe chez nous, eh bien ! la balle est dans leur camp , sans plus.

Je félicite, pour conclure , ces jeunes Negro-africains , Haratines , Arabo- berbères honnêtes et courageux pour leur position juste ; je les invite par ailleurs et surtout à ne pas céder face au terrorisme intellectuel et réligieux qui s’installe …
Bon ramadan

Samba Thiam 23 Mai 2018

Source crédit: Page officielle Facebook Samba Thiam

MAURITANIE: POURQUOI CES INDIGNATIONS SÉLÉCTIVES DE NOTRE CLASSE POLITIQUE?


Le récent article de l´historien et chercheur sénégalais Tidiane N´diaye, l´auteur du livre ”Le génocide oublié” qui parle de la traite et de l´esclavage des Noirs dans le monde arabo-musulman, sur la question palestinienne, attribué injustement et insidieusement au président des FPC le camarade Samba Thiam, a suscité une véritable levée de boucliers dans la classe politique arabo-berbère du pays. Des nationalistes arabes, des chauvins, des islamistes et autres petits racistes et terroristes en ont profité pour cracher leur venin, leur haine, leur racisme primaire sur le président Samba Thiam et à travers lui notre parti politique.
Ces réactions épidermiques sont révélatrices d´un fait, le chauvinisme panarabiste de certains de nos compatriotes arabes qui n´hésitent jamais à parler de nous, en nous colorant d´une couleur qui n´existe que dans leur structure de conscience, traduisant leur paradigme, qui est celui de l´idéologie raciste du Système d´Etat mauritanien.
Notre position de principe a toujours été de soutenir toutes les bonnes causes et de dénoncer toute injustice sans tenir compte de l´appartenance ethnique ou raciale de la victime ou de l´auteur des crimes.
Un certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.
Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple palestinien, syrien, irakien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent.
On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.
– Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple palestinien, irakien depuis toujours, pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid ?
– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des marches, des quêtes en faveur des enfants irakiens, palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de rapatriés anciens déportés devenus réfugiés dans leur propre pays.
Comment expliquer le silence assourdissant et complice de cette même classe politique sur le sort tragique des réfugiés Noirs Mauritaniens qui croupissent toujours dans des camps au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?
– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste pendant les années de braise entre 1986 et 1990, dossier toujours pendant et actuel?
L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?
– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?
– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?
Qu’est-ce qui nous importe au fait ?
L’insistance de la Mauritanie sur la question palestinienne ou syrienne ? C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.
Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence. Et, pour nous, toutes ces considérations viennent justifier à posteriori amplement l’option de l’autonomie des régions proposée par notre parti, les FPC.
Il est temps de comprendre que l’exclusion est en soi économiquement mauvaise, socialement corrosive et politiquement explosive. A bon entendeur….chahut!

La lutte continue!

Kaaw Touré –Porte-parole des Forces Progressistes du Changement.