Communiqué de presse : Soins médicaux cardio et ophtalmo pour Biram Dah Abeid: Le régime de Ould Abdelaziz joue avec le feu.

Après son transport, menotté dans une ambulance, le 26 novembre 2018, le président d’IRA – Mauritanie et député national de la coalition Rag-Sawab, Biram Dah Abeid a été ramené dans sa tente de détention, contre l’avis du responsable sanitaire de la prison. C’est le chef de peloton de la garde dirigeant l’escorte du député, qui a décidé d’arracher le patient aux mains des médecins avant la réalisation des examens nécessaires. Rejoignant la prison le même jour, le responsable sanitaire Sidne, assura au président des réseaux IRA qu’il va être extrait de la prison le jeudi 29 novembre 2018 pour une échographie du cœur et autres analyses prescrits par le médecin l’ayant examiné plus tôt.

A la surprise générale, les geôliers du député reçurent l’ordre du ministère de la justice de ne pas extraire Biram Dah Abeid pour ses examens le jeudi. Mais tard dans la nuit du jeudi à vendredi, les geôliers du président d’IRA – Mauritanie vinrent lui demander de donner ses mains pour les menottes et ils vont l’amener à un lieu secret pour faire des analyses. Le député refusa catégoriquement et leur répliqua qu’il ne s’opposerait pas à céder s’ils exécutent l’ordre qu’ils ont reçu de mettre des menottes en fer, mais les assure néanmoins qu’il ne les suivra jamais de plein gré, et de surcroit la nuit, vers une destination inconnue.

Apres plusieurs tentatives de convaincre le député ou des tentatives de le « raisonner » se mêlaient à des menaces voilées, le régisseur et ses collaborateurs, se résolvent à laisser le patient se reposer.

Vendredi 30 novembre vers 21heures et donc en pleine la nuit, le régisseur de la prison revint à la charge et cette fois ci accompagne d’un médecin et des gardes pénitenciers. Et, de manière surréelle le régisseur dit au patient que ce médecin portant le nom d’une famille proche du dictateur mauritanien est très impliquée dans les côtés les plus mafieux de son pouvoir. Le régisseur déclara que c’est ce médecin qui va se charger de faire l’échographie cardiaque du député séance tenante et dans la prison. Et le médecin de s’approcher du patient muni d’un petit portefeuille noir qu’il était en train d’ouvrir en disant : oui on va faire le nécessaire.

Même les prisonniers et les gardes témoins de la scène n’en revenaient pas de ce manège mensonger, qui en dit long sur la mauvaise foi des autorités mauritaniennes et leurs intentions d’utiliser la santé du président Biram Dah Abeid comme une arme qui a pour objet de lui nuire ou purement et simplement l’anéantir.

Le président Biram Dah Abeid a jeté a la face du prétendu médecin, ne me touche; et surtout ne joue pas avec ma sante et mon esprit. Monsieur le médecin, si tu en es un, laisse moi tranquille s’il te plait et rappelle toi que Mohamed Ben Selmane, l’ami et inspirateur de ton cousin Mohamed ould Abdelaziz a sacrifié ton collègue médecin qui a exécuté son ordre de découper le corps de Jemal Khashoggi.

Le régisseur et l’officier de la garde insisteront en disant qu’il n’y aura pas de sortie possible, à l’instar des autres prisonniers, pour Biram Dah Abeid à l’hôpital sauf :
1- la nuit
2- en toute discrétion
3- menotté par des menottes en fer cadencés.
Le député leur répliqua qu’il s’oppose a toute sortie nocturne et opaque qui est faite dans une opacité totale qui lui parait douteuse, mais qu’il ne s’opposerait pas a l’enchainement comme la fois passée.
Le régisseur lança au député : donc il faut dire au revoir aux soins et nous allons communiquer avec l’opinion nationale et internationale pour les informer que tu as refusé les soins.

Nouakchott le 30/11/2018
La commission de communication

Source crédit : Réseaux IRA

L’appel d’un écrivain : « Liberté pour Biram Dah Abeid » par Abdourahman Waberi

Il s’appelle Biram Dah Abeid. Son nom ne vous dit rien. Du moins pas encore. Dans les rues de Nouakchott, la capitale mauritanienne, le bonhomme aux boubous éclatants a toujours su capter les esprits et réchauffer les cœurs. Je ne l’ai que vu que sur des photos, pourtant son regard m’a captivé. Je n’ai lu que ses lettres qui nous arrivent au compte-goutte et je peux vous qu’elles m’ont touché aussi. Biram Dah Abeid est un combattant, retenez son nom !
Au physique, c’est un colosse noir. Un visage fermé ou souriant selon l’heure, des yeux vifs et souvent rieurs, le cou d’un taureau gascon. Il y a du Mandela chez cet homme. Non pas le vieillard bienveillant aux chemises colorées mais le jeune Mandela, l’avocat des pauvres, le boxeur bon vivant et le théoricien de la libération qui n’avait eu pas d’autre choix que la lutte armée.

Ce jeudi matin 29 novembre, à l’heure où j’écris ces lignes, Biram Dah Abeid croupit jusqu’à hier dans une geôle mauritanienne depuis 115 jours. Son crime ? Lutter encore et toujours contre l’esclavage des Noirs dans son pays. Oui vous avez bien lu le mot clef : esclavage. Un esclavage, officiellement aboli qu’en 1980, persistant sous de multiples formes.

Né en 1965 au sein de caste des Haratins, ces Maures noirs descendants d’esclaves, Biram Dah Abeid est le premier de sa famille à entreprendre des études. Il opte pour le droit et l’histoire à l’université de Nouakchott. Sa thèse sur l’esclavage achevée, le petit-fils d’un affranchi se fait militant des droits humains et fréquente assidûment les prisons mauritaniennes. En 2008, le voilà à la tête de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), le combat est ardu et la reconnaissance lente à venir. Il reçoit en 2013 le prix des droits de l’homme des Nations unies. Un an plus tard, le militant antiesclavagiste arrive second avec 8,67 % des suffrages lors du 1er tour de l’élection présidentielle mauritanienne de 2014 derrière le Président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, réélu avec plus de 80% des voix. Le 1er Septembre 2018, malgré son embastillement, Biram Dah Abeid a été élu député lors des dernières élections législatives. En août 2018, il est à nouveau emprisonné pour « atteinte à l’intégrité d’autrui et menace d’usage de violence ». La plainte d’un seul journaliste a suffi au Parquet pour l’inculper et l’écrouer sur le champ. Commode, non ? Tout le monde a compris que cette arrestation est un coup politique monté par le pouvoir de Mohamed Ould Abdelaziz et destiné à neutraliser Biram Dah Abeid avant les prochaines élections, notamment la présidentielle de 2019.

Voilà pourquoi il nous faut retenir le nom de Biram Dah Abeid. Pourquoi il nous faut lire les ses lettres car son combat est le nôtre, surtout à l’heure où les peuples relèvent la tête, les humiliés et les moins-que-rien étonnent par leur force et où le mouvement Black Lives Matter a encore du pain sur la planche. Ce qu’il nous dit dans ses missives glace le sang : « En Mauritanie, il ne s’agit plus seulement de servitude et de contrainte justifiées au nom de la religion et de la naissance ; si l’émasculation, le travail forcé, les sévices sexuels et la vente à l’encan tendent à disparaître, le mépris et l’exclusion demeurent. Les discriminations à l’emploi, le défaut de scolarisation et la banalisation des tâches indécentes recréent le statut de paria, sur la base invariable de la couleur. Le peuple noir de Mauritanie, en particulier les descendants de serviteurs captifs ou achetés, constitue la majorité laborieuse sur le dos de laquelle s’agrippe la minorité des exploiteurs. Les maitres d’hier le restent mais sous le vernis de la modernité et les faux semblants de la loi ».
Il nous faut défendre son combat, l’assurer de notre solidarité. Veiller sur la santé de Biram et sur celle de ses compagnons de geôle. La prison risque d’avoir raison du colosse au visage solaire. Aujourd’hui jeudi 28 novembre après 115 jours, le député a été conduit à l’hôpital, menottes aux poings, à la suite d’un malaise cardiaque. Le temps nous est compté. Il faut libérer Biram Dah Abeid toutes affaires cessantes.

Abdourahman WABERI

Source crédit : Proche de l’auteur.

Urgent : Intiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.

✅Communiqué de Presse.

L’administration pénitentiaire décide de stopper les analyses cardiaques pour Biram Dah Abeid

Le 26 novembre 2019, le président d’IRA-Mauritanie et député national Biram Dah Abeid était évacué à nouakchott à l’hôpital de cardiologie de Nouakchott dans des conditions révoltantes par les autorités mauritaniennes. Le tollé qui c’est très vite propagé sur les réseaux sociaux à cause des images sorties instantanément de l’hôpital, fut le prétexte invoqué par les autorités sécuritaires qui retirent le patient de l’hôpital et le ramènent à la prison avant l’accomplissement des analyses indiquées. Monsieur Sidne, responsable sanitaire de la prison qui accompagnait Biram Dah Abeid, suplia le chef de peleton de la garde de lui donner le temps de terminer son travail, en vain. Néanmoins Sidne programma une deuxième sortie à l’hôpital pour Biram Dah Abeid dans le but de réaliser l’échographie du coeur afin de permettre au médecin d’orienter les soins pour le patient. Il precisa à Biram Dah Abeid dans la matinée du jeudi 29 novembre 2018 la réalisation de l’échographie suivie de la décision du médecin.
A notre grande surprise l’accompagnant sanitaire de la prison civile de Nouakchott, informe Biram Dah Abeid que L’administration pénitentiaire s’est opposée à sa sortie vers l’hôpital pour réaliser l’éxamen indiqué.
Ira-M tient le régime mauritanien pour responsable de toute détérioration de la santé de Biram Dah Abeid et réitère ses inquiétudes face à la haine viscérale que le dictateur Mohamed Ould Abdelaziz, ami et admirateur de Mohamed Ben Selmane (présumé instigateur de l’assassinat inqualifiable du dissident saoudien Jemal Ghashogui), voue aux président d’Ira-M et prix des Nations-Unies pour les droits de l’Homme.
Ira-M appelle à davantage de mobilisation nationale et internationale pour le soutien à Biram Dah Abeid.

La commission de la communication.
Hamady Lehbouss

Le 29 novembre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

Note d’alerte d’IRA Mauritanie : un opposant privé de soins au cœur

1. Arrêté il y a un peu moins de 4 mois au titre d’une plainte déposée par un journaliste sous influence des services de la sûreté de l’Etat, le député Biram Dah Abeid, Président de IRA – Mauritanie, subissait un malaise cardiaque, le dimanche 26 novembre, en début de soirée.

2. Après examen du patient, l’infirmier de garde réclamait son évacuation, d’urgence, pour une consultation en cardiologie, à l’hôpital-mouroir de Nouakchott. Or, l’administration pénitentiaire se sentait obligée de requérir une telle « faveur » à la Présidence de la République, laquelle gère les détails du dossier judiciaire. Finalement, l’accord est obtenu, le lendemain, lundi, en fin de matinée.

3. L’autorisation, conçue au sommet de l’Etat, se trouve assortie d’une mesure toute insolite, au regard d’une situation de détresse médicale: Biram Dah Abeid doit quitter la prison, dans une ambulance, les menottes de métal aux poignets et flanqué de plusieurs gardes lourdement armés.

4. De nombreux mauritaniens, déjà présents ou accourus à l’hôpital pour exprimer leur sympathie à l’élu du peuple, furent choqués devant la sévérité des mesures contre un bénéficiaire de l’immunité, de surcroît sous la présomption d’innocence.

5. Le médecin, loyal à la déontologie de son métier, déploya des réserves de raison et de patience, afin de convaincre, les gardes, de retirer les fers, au moins le temps de l’examen physique. Très nerveux et sous pression des consignes de la hiérarchie, ils s’obstinèrent à ramener le détenu dans la prison, avant l’achèvement des analyses, notamment la prise de sang et l’échographie.

6. Sous traitement depuis décembre 2017, Biram Dah Abeid a été reconduit, de force, en cellule, malgré l’échéance du rendez-vous avec son référent bruxellois, le Docteur Steven Vercaurteren.

7. A titre de comparaison, il convient de rappeler, ici, le cas de Rivaa Mint Hamady, inculpée, en 2011, pour pratique de l’esclavage et condamnée, à 10 ans de réclusion, dès 2018 et ses complices, à 20 ans du même régime. Non, seulement, la présumée auteur d’un « crime contre l’humanité » comparaissait libre avec ses complices – Saleck Ould Amar et son fils Hamoudi Ould Saleck– mais elle ne purgea, au total, que trois 3 mois ; le Chef de l’Etat, décideur de sa libération, n’a pas jugé nécessaire de faire casser le jugement. L’autre comparse encore en vie n’a toujours pas été écroué, en dépit de la peine, double.

8. Ainsi, se présente, au monde civilisé, la République islamique de Mauritanie : ses lois protègent les prosélytes du jihadisme et les tortionnaires, surtout quand ces derniers sévissent en la circonstance aggravante de racisme anti-noir. Sur sa seconde face de Janus où l’avenir se lit au passé, elle s’offre le luxe de la rigueur envers les défenseurs – désarmés – de l’égalité, de la tolérance et de la paix dans l’équité.

Nouakchott le 27/11/2018
La commission de communication

Source crédit : Réseaux IRA

La députée Coumba Dada Kane à l’adresse du premier ministre: « Cette DPG est loin de la réalité et des urgences de l’heure »

25 November, 2018 – 20:03

Voici le discours que l’honorable députée, Mme Coumba Dada Kane aurait pu prononcer, lors du passage du premier ministre. La réduction du temps de parole (onze minutes à chaque groupe parlementaire) n’a pas permis à l’élue de dire ceci au premier ministre.

Pour Mme Kane, « cette déclaration de politique générale (DPG) se devait de prendre en compte les préoccupations des mauritaniens confrontés à de multiples problèmes notamment d’esclavage, de marginalisation de citoyens réduits au rang de citoyens de seconde zone ».

« Malheureusement, cette DPG truffée de faux chiffres est loin de la réalité et des urgences de l’heure. C’est la même rengaine qui est réchauffée à chaque occasion. Un discours de changement et de rupture était fortement attendu mais il ne fut pas au rendez vous », déplore Mme Coumba Dada Kane.

Voici le texte

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Etant députée du peuple et représentante de la famille des droits de l’homme, je voudrais attirer votre attention sur les défis majeurs que vous devrez relever face à la récurrence des violations des droits humains en Mauritanie.

Monsieur le Premier Ministre, aujourd’hui en Mauritanie, le recours systématique à la torture par les éléments des forces de police et de gendarmerie et sa banalisation par les autorités judiciaires et administratives inquiètent les défenseurs des droits de l’Homme. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires exagérément prolongées, les très mauvaises conditions carcérales ainsi que les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience se

sont multipliées durant les dernières années.

Monsieur le Premier Ministre, je voudrais attirer votre attention sur :

1. La cherté de la vie

M. le Premier Ministre, les mauritaniens sont devenus de plus en plus pauvres, ils peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.A quoi bon construire tant de marchés à Nouakchott, après avoir bazardé des édifices de l’école publique, quand le pouvoir d’achat des citoyens avoisine le zéro.

Notre économie est en mal, en grande partie, à cause de cette corruption qui gangrène toutes les sphères de l’Etat en réduisant à néant l’efficacité des actions du gouvernement mais aussi de ses agences affiliées.

Je voudrais que notre auguste assemblée exige des autorités l’assainissement de la gestion des affaires publiques et diligente des enquêtes indépendantes sur les cas de corruption de grande envergure révélés par des médias.

2. Le racisme d’Etat

Ceux qui le dénoncent deviennent, malheureusement, de jour en jour crédibles. M. le Premier Ministre, s’il vous plait, jetez un coup d’œil à la composition du gouvernement que vous dirigez.

3. la persistance de l’esclavage et de son déni.

La poursuite des pratiques esclavagistes en Mauritanie est accompagnée du déni fait en permanence par les hautes autorités ce qui, malheureusement, favorise et encourage la non application des lois criminalisant ces pratiques inhumaines.

4. l’impunité des auteurs de la tentative de génocide (de 1989 à 1991)

La souffrance des rescapés et ayants droit est sans commune mesure du fait du silence culpabilisant des autorités face à l’impunité des auteurs et commanditaires de la tentative de génocide dont le règlement réconcilierait à coup les mauritaniens demandeurs d’une réelle unité nationale.

5. Sur la torture et les traitements dégradants et humiliants

Le recours à la torture et aux mauvais traitements par les éléments des forces de police et de gendarmerie est banalisé aujourd’hui dans notre pays. Les cas de torture et de mauvais traitements avérés sont constamment signalés par les détenus et/ou leurs conseils ainsi que par les ONG de Droits humains.

6. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires de longues durées, les très mauvaises conditions carcérales sont devenues monnaie courante.Le cas de l’honorable député Biram Dah Abeid en est la meilleure illustration.

7. Les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience

Monsieur le Premier Ministre, on assiste à une forte recrudescence des atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience du fait des autorités policières et judiciaires ; le seul objectif de ses atteintes est de réduire au silence toute voix discordante face au régime que vous représentez ».

Mme Coumba Dada Kane

Députée à l’Assemblée Nationale
Source :
http://www.lecalame.info/?q=node/8038

La députée Coumba Dada Kane à l’adresse du premier ministre: « Cette DPG est loin de la réalité et des urgences de l’heure »

25 November, 2018 – 20:03

Voici le discours que l’honorable députée, Mme Coumba Dada Kane aurait pu prononcer, lors du passage du premier ministre. La réduction du temps de parole (onze minutes à chaque groupe parlementaire) n’a pas permis à l’élue de dire ceci au premier ministre.

Pour Mme Kane, « cette déclaration de politique générale (DPG) se devait de prendre en compte les préoccupations des mauritaniens confrontés à de multiples problèmes notamment d’esclavage, de marginalisation de citoyens réduits au rang de citoyens de seconde zone ».

« Malheureusement, cette DPG truffée de faux chiffres est loin de la réalité et des urgences de l’heure. C’est la même rengaine qui est réchauffée à chaque occasion. Un discours de changement et de rupture était fortement attendu mais il ne fut pas au rendez vous », déplore Mme Coumba Dada Kane.

Voici le texte

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Etant députée du peuple et représentante de la famille des droits de l’homme, je voudrais attirer votre attention sur les défis majeurs que vous devrez relever face à la récurrence des violations des droits humains en Mauritanie.

Monsieur le Premier Ministre, aujourd’hui en Mauritanie, le recours systématique à la torture par les éléments des forces de police et de gendarmerie et sa banalisation par les autorités judiciaires et administratives inquiètent les défenseurs des droits de l’Homme. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires exagérément prolongées, les très mauvaises conditions carcérales ainsi que les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience se

sont multipliées durant les dernières années.

Monsieur le Premier Ministre, je voudrais attirer votre attention sur :

1. La cherté de la vie

M. le Premier Ministre, les mauritaniens sont devenus de plus en plus pauvres, ils peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.A quoi bon construire tant de marchés à Nouakchott, après avoir bazardé des édifices de l’école publique, quand le pouvoir d’achat des citoyens avoisine le zéro.

Notre économie est en mal, en grande partie, à cause de cette corruption qui gangrène toutes les sphères de l’Etat en réduisant à néant l’efficacité des actions du gouvernement mais aussi de ses agences affiliées.

Je voudrais que notre auguste assemblée exige des autorités l’assainissement de la gestion des affaires publiques et diligente des enquêtes indépendantes sur les cas de corruption de grande envergure révélés par des médias.

2. Le racisme d’Etat

Ceux qui le dénoncent deviennent, malheureusement, de jour en jour crédibles. M. le Premier Ministre, s’il vous plait, jetez un coup d’œil à la composition du gouvernement que vous dirigez.

3. la persistance de l’esclavage et de son déni.

La poursuite des pratiques esclavagistes en Mauritanie est accompagnée du déni fait en permanence par les hautes autorités ce qui, malheureusement, favorise et encourage la non application des lois criminalisant ces pratiques inhumaines.

4. l’impunité des auteurs de la tentative de génocide (de 1989 à 1991)

La souffrance des rescapés et ayants droit est sans commune mesure du fait du silence culpabilisant des autorités face à l’impunité des auteurs et commanditaires de la tentative de génocide dont le règlement réconcilierait à coup les mauritaniens demandeurs d’une réelle unité nationale.

5. Sur la torture et les traitements dégradants et humiliants

Le recours à la torture et aux mauvais traitements par les éléments des forces de police et de gendarmerie est banalisé aujourd’hui dans notre pays. Les cas de torture et de mauvais traitements avérés sont constamment signalés par les détenus et/ou leurs conseils ainsi que par les ONG de Droits humains.

6. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires de longues durées, les très mauvaises conditions carcérales sont devenues monnaie courante.Le cas de l’honorable député Biram Dah Abeid en est la meilleure illustration.

7. Les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience

Monsieur le Premier Ministre, on assiste à une forte recrudescence des atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience du fait des autorités policières et judiciaires ; le seul objectif de ses atteintes est de réduire au silence toute voix discordante face au régime que vous représentez ».

Mme Coumba Dada Kane

Députée à l’Assemblée Nationale
Source :
http://www.lecalame.info/?q=node/8038

TROP,  C’EST TROP!


« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».

Si dénoncer le racisme d’ État ou cet autre Apartheïd qui ne dit pas son nom;
Si s’insurger contre le Système ethno- génocidaire et ses crimes les plus abominables commis sur cette terre du Tekrour et de Gangari ;
Si dévoiler la déshumanisation de la créature divine dans une prétendue république islamique ;
Si dénoncer le déni de citoyenneté à certaines composantes nationales du pays;
Si profiter de toutes les occasions et de tous les forums pour porter les échos des orphelins, des veuves, des rescapés, des déportés, des damnés de la république;
Si réclamer l’équité et l’égalité sans distinction de races de tous les enfants de la patrie, ferait de nous des pyromanes, des petits racistes, des comploteurs, des séparatistes alors nous l’assumons pleinement et avec FIERTÉ, n’en déplaise aux petits chauvins et leurs valets de la Vallée!
Cette Mauritanie est vraiment terrible et horribe!
Nous sommes dans un pays où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simple citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent par « mauritude » ou la politique du SYSTÈME.
Vous n’êtes pas plus attachés à ce pays qu »à ceux qui ont été déchus de leur mauritanité, emprisonnés, torturés, déportés, tués, niés, violés, volés et violentés mais continuent à crier leur attachement à cette patrie contre vents et marées.
Nous aimons ce pays comme la prunelle de nos yeux. Nous aimons ce pays mais d’un amour responsable, patriotique et critique.
Pourquoi à chaque fois que les victimes de l’exclusion, de l’oppression, de l’injustice, de l’esclavage crient leur révolte, ils sont accusés injustement, (par certains qui se croient plus mauritaniens que les autres), de haineux, d’extrémistes, de racistes, de communautaristes et de comploteurs?
Pourquoi? Pourquoi? Mbiy-mi Pourquoi?
Ce n’est pas à l’adversaire de nous définir la stratégie de lutte ou la posture ou le discours à tenir.
Nous ne cherchons ni à plaire encore moins à déplaire mais nous dénoncerons et combattrons ce Système par tous les moyens et sans fioritures.

Non trop c’est trop, Ça suffit!

Yo đum nattu! Kaafi!
A bon entendeur….chahut!

LLC!

Soucre crédit : Post Facebook Kaaw TOURÉ

À Paris, élus locaux et ongs débattent de la situation d’esclavage en Mauritanie et au Soudan.

Ce mardi 20 novembre 2018, à l’invitation de :
Collectif Urgence Darfour – UPTP (Un passé trop présent), AHME (Association des Harratines de Mauritanie en Europe), Comité Soudan – MPCT (Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme), IRA FRANCE-MAURITANIE, se sont réunis lors de la projection du film-documentaire de la cinéaste et humaniste franco-senegalaise Diagne CHANEL et son collègue Rishi BOODOO; un film-documentaire centré sur l’esclavage des hratin et l’oppression des personnes d’ascendence africaine en Mauritanie: « MÊME SI TU PRIES TU N’IRAS PAS AU PARADIS ».
Ibrahima Diallo, un mauritanien réfugié en France suite à la tentative de génocide, témoigne dans le film, un réfugié du Darfour qui traite de l’enfer subit en Libye par ceux qui fuient le Soudan et Brahim Ould Ali, membre dirigeant d’IRA-France-Mauritanie, Elhadj Fall porte parole de Biram Dah Abeid (Président des réseaux IRA de par le monde, député Mauritanien) et des élus et dirigeants associatifs français, ont pris la parole.

Il a été question de rappeler qu’en 2018, en Mauritanie l’esclavage peine encore à briser ses chaines.

La communauté Mauritanienne était représentée par diverses personnalités reconnues pour leur implication dans la dénonciation des injustices perpétrées en Mauritanie
C’est aussi grâce à l’implication de la municipalité de Fontenay-sous-Bois, représentée en nombre important, qui les a reçu à la Maison du Citoyen et de la vie associative.
Ces derniers étaient accompagné d’une partie du conseil municipal impliqué dans le rayonnement international de leur ville.

La rencontre a débuté avec Huguette CHOMSKI MAGNIS qui a représenté le MPCT et URGENCE DARFOUR, expliquant l’intérêt de la rencontre qui traite de deux pays Africains que sont la Mauritanie et le Soudan où l’esclavage perdure.
Puis Eymeric GOMES, du collectif « Un Passé Trop Présent » de faire un rappel sur la loi TAUBIRA d’il y’a treize ans commémorant l’abolition de l’esclavage et l’intérêt particulier qu’il porte sur la situation actuelle d’un éminent abolitionniste, Biram Dah ABEID

Après la projection du film de Diane CHANEL et de Rishi BOODOO, s’en est suivi un débat autour de la question de l’esclavage en Afrique.
Diagne a expliqué les conditions dans lesquelles elle a réalisé le film et l’implication d’Ibrahima DIALLO qui a rappelé l’oppression systématique que subissent et qu’ont subit les populations afro-descendante autochtone en Mauritanie.

Ensuite, Elhadj FALL, porte parole de Biram Dah ABEID (Président des réseaux IRA de par le monde, député Mauritanien, incarcéré) a remercié les participants, les organisateurs et la mairie de Fontenay-sous-Bois pour cette initiative.
Il a regretté que sa présence soit liée à l’arrestation arbitraire et l’emprisonnement que subit pour la quatrième fois en sept ans, son leader, Biram Dah ABEID, abolitionniste, pacifiste, pour des raisons fallacieuses montées par le régime Mauritanien.
Il a rappelé que cet arrestation est due tout d’abord l’impact réel de l’engagement et des idées de Biram sur la majorité des mauritaniens, victimes d’esclavage et de discrimination raciale. Donc l’intransigeance du président d’Ira-M sur la question de l’esclavage et marginalisation des hratin et celle de la tentative de génocide et d’exclusion des afro-mauritaniens, ajouté au fait de la dynamique de rassemblement autour de Biram Dah ABEID de toutes les communautés Mauritaniennes suite à l’accord entre le pôle politique RAG émanant d’IRA et le parti politique SAWAB, sont une source de véritables inquiétudes pour le pouvoir anti-democratique, raciste et esclavagiste de Mohamed ould Abdelaziz. Pour Elhaj et Brahim ould Aly, l’arrestation et l’emprisonnement arbitraires de Biram sont dus uniquement à des motivations suscitées uniquement par sa défense des droits de l’Homme et et l’enthousiasme populaire pour son projet politique. Les deux hommes ont aussi précisé que le leader abolitionniste n’est toujours pas jugé alors qu’il est en prison depuis 113 jours et malgré son immunité parlementaire.
Elhaj Fall, a également, informé sur l’état de santé de M ABEID.

Après le cocktail, l’assemblée c’est installée en cercle pour débattre sur les sujets ayant trait à la mobilisation de la mairie de Fontenay-sous-Bois pour cette cause, le mécanisme que l’esclavage subit en Mauritanie comme au Soudan ou ailleurs, l’attitude de la france et des Etats Africains, des institutions des droits de l’homme.

Un moment de partage, de rencontre et d’engagements sur l’avenir.

Au nom des réseaux IRA, le porte-parole du président à Paris,
Elhaj Fall.
21 octobre 2018.

Soucre crédit : Réseaux IRA-France

IRA-MAURITANIE : Communiqué de presse

IRA – Mauritanie fait remarquer que le rassemblement de protestation organisé le 15 novembre 2018 devant le ministère de la justice de la République Islamique de Mauritanie à Nouakchott n’a pas connu les attaques et la violence indicible des unités de police envers les militantes et militants pacifiques, comme c’était le cas dans les précédents rassemblements de notre organisation.

Pour rappel, IRA – Mauritanie est interdite de rassemblement pacifique depuis sa naissance en 2008 et ses manifestations, depuis le début du deuxième mandat présidentiel du chef de l’État mauritanien Mohamed ould Abdelaziz, sont réprimées dans le sang et aboutissent très souvent à des arrestations, torture et condamnations des militants abolitionnistes à de lourdes peines de prison au cours de procès inéquitables. Les deux derniers rassemblements des militants des droits humains de l’ONG IRA – Mauritanie, les 8 et 29 octobre 2018, pour exiger la libération du président du mouvement et député du peuple Biram Dah Abeid, ont été matés par des unités de police armées jusqu’aux dents, ce qui a occasionné plusieurs blessés très graves parmi les femmes et les jeunes.

Notons qu’en prélude à cette troisième sortie (du 15 novembre 2018) en un mois de l’ONG anti-esclavagiste réclamant la libération de son président, les responsables abolitionnistes ont pris le soin de solliciter la présence d’observateurs notamment des délégués de missions diplomatiques et d’organismes internationaux accrédités à Nouakchott. Donc nous pensons sans risque de nous tromper, que les autorités mauritaniennes, racistes, esclavagistes et répressives, n’ont pas réussi une prise de conscience subite de la nécessité d’octroyer le droit aux rassemblements et manifestations pacifiques à IRA – Mauritanie mais c’est bel et bien l’esprit de sacrifice et la persévérance des militantes et militants mais aussi et surtout à cause de la mesure d’exclure la Mauritanie des privilèges financiers et commerciaux de l’Agoa et la présence d’observateurs de missions diplomatiques et d’organismes internationaux, surtout ceux de la représentation du Haut Commissaire des Nations-Unies pour les droits de l’homme. Les représentants du HCDNUH se sont postés pas loin du lieu du rassemblement, quelques minutes avant son début.

IRA – Mauritanie convie ses militantes et militants, ainsi que tous les compartiments du peuple mauritanien, sans distinction d’appartenance ethnique, raciale, politique ou idéologique, à s’unir et à se mobiliser pour vaincre les divisions et la peur qui font le lit pour la perpétuation du régime dévastateur du dictateur Mohamed ould Abdelaziz, son entourage familial, son clan de délinquants économiques et criminels des droits humains.

IRA – Mauritanie remercie les États-Unis d’Amérique, le Canada, le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, ainsi que toutes les Ongs internationales des droits humains, et leur lance un appel ainsi qu’à tous les partenaires de la Mauritanie, à multiplier le travail et les missions d’observation en Mauritanie, dans les moments de frottement des forces de police et de sécurité avec les militants pacifiques, et dans les lieux de détention et tribunaux.

Nous attirons aussi davantage l’attention des mauritaniens qu’il devient indispensable d’unir toutes les ethnies et groupes sociaux mauritaniens, divisés par quatre décennies de monarchie dictatoriale militaire. Cette union dans laquelle les différences sont respectées et toutes les communautés sont dignement représentées, à l’image des braves joueurs de notre équipe nationale de football, qui viennent de nous honorer par une qualification historique à la coupe d’Afrique des nations.

Nouakchott le 18/11/2018
La commission de communication

Source crédit : Réseaux IRA

Correspondance de Biram Dah Abeid lue aujourd’hui devant la CNCDH( COMMISSION NATIONALE CONSULTATIVE DES DROITS DE L’HOMME ) DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Lettre de l’absent-présent

Correspondance de Biram Dah à la séance de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme
Paris, 16 novembre 2018

J’exprime d’abord ma reconnaissance à vous, Madame la Présidente Christine Lazerges et vous prie d’en transmettre toute l’intensité à vos collègues. Je salue l’honorable assistance.

Aujourd’hui, je m’adresse à vous, de ce siège vide, alors que je me trouve dans une cellule de la prison civile de Nouakchott, d’où j’ai fus élu député, le 1er septembre 2018. Mon compagnon de lutte Abdellahi Houssein Messoud et moi, y séjournons, en détention préventive et coupés du monde, situation à laquelle nous habitue, hélas, la récurrence des persécutions, procès et condamnations.

Depuis la naissance de notre mouvement en 2008, nous menons une lutte non-violente pour assurer aux Noirs de Mauritanie, l’égalité des droits, en somme tourner la page des siècles d’esclavage, de racisme et de déni de droits élémentaires. Sur le chemin ardu de l’émancipation, nous endurons surtout la torture, comme l’attestent divers témoignages de rapporteurs spéciaux des Nations unies.

Notre combat ne vise qu’à accélérer l’avènement d’une Mauritanie de la paix dans l’équité, pas celle qui reproduit le statu-quo de la supériorité raciale. Nous voulons, pour nos enfants, petits enfants et les générations à venir, un avenir de dignité reconquise par l’exercice plein de la qualité de citoyen. Notre dessein comporte l’application effective des lois devant mettre un terme à l’impunité, l’accès à l’éducation de base, le partage des ressources et le respect du suffrage universel. Par le poids démographique des multitudes opprimés, nous entendons faire entendre la réclamation de justice, grâce à l’expression des suffrages.

Nous sommes des passeurs d’espérance, qui voulons permettre, à nos compatriotes, d’écrire une nouvelle page de relations humaines, dans ce désert dont l’hostilité n’a d’égal que l’intransigeance de ses puissants. Aux mauritaniens qui naissent diminués et grandissent, sans état-civil, ni la conscience du droit à vivre heureux, nous offrons l’alternative d’une fierté, d’un projet et d’un relèvement, contre la fatalité d’un passage sur terre, aussi bref qu’absurde : à rebours de la faim, de la soif, de la maladie et du sentiment de sa propre infériorité, nous propageons le message de la révolte, oui, parce que notre humanité nous l’enjoint.

En Mauritanie, il ne s’agit plus seulement de servitude et de contrainte justifiées au nom de la religion et de la naissance ; si l’émasculation, le travail forcé, les sévices sexuels et la vente à l’encan tendent à disparaître, le mépris et l’exclusion demeurent. Les discriminations à l’emploi, le défaut de scolarisation et la banalisation des tâches indécentes recréent le statut de paria, sur la base invariable de la couleur. Le peuple noir de Mauritanie, en particulier les descendants de serviteurs captifs ou achetés, constitue la majorité laborieuse sur le dos de laquelle s’agrippe la minorité des exploiteurs. Les maitres d’hier le restent mais sous le vernis de la modernité et les faux semblants de la loi.

Nous préoccupe, entre autres sujets de rupture dans la communauté de destin, le sort des fillettes et femmes nées du mauvais côté de la barrière sociale. Elles subissent l’exploitation domestique, le viol et une prévalence spécifique des maladies sexuellement transmissibles (Mst) ; tout comme leurs congénères masculins, elles ne peuvent prétendre aux soins qu’en revenant sous la coupe de la famille ou de la tribu du maître. A cause de l’extrême pauvreté et de la mainmise de la minorité arabo-berbère sur 95% des centres de pouvoir et de décision, le Noir mauritanien ne peut survivre sans participer à reconduire sa domination. Des cas de récidive indirecte se déroulent sous nos yeux : des esclaves, déçus et frustrés de ne pouvoir aspirer à mieux, retombent sous la « servitude volontaire », pour reprendre l’admirable expression de Monsieur De La Boétie.

Le défi s’avère d’autant moins surmontable que le système d’hégémonie tribale privatise l’Etat et le fige dans une vocation néo-patrimoniale, aux fins de perpétuer l’inégalité, qui est sa vocation, sa sève et son oxygène. Ainsi, recrute—t-il, en son sein, le commandement des milices en armes que sont les forces de sécurité et de défense mais aussi les magistrats, les directeurs de conscience religieuse, les banquiers, les industriels, les marchands de biens et services, les détenteurs de terres arables et les bénéficiaires de licences de pêches. En Mauritanie, le racisme est avant tout une prédation, une entreprise de rapine dont les arguments moraux ne cachent plus l’avidité brutale. Depuis toujours, les maîtres nous subjuguaient par leur religion, c’est-à-dire celle qu’ils ont façonnée sur mesure ; aujourd’hui, certains d’entre eux prétendent nous libérer avec le même outil. Faut-il en rire ou pleurer ?

Les juges, officiers de police judiciaire et membres du gouvernement, sont formés à répéter et régurgiter les prescriptions les plus archaïques de l’école sunnite, de rite malékite : les programmes enseignent, légitiment et sacralisent l’esclavage et lui attribuent de fait le statut de 6ème pilier de la foi. Dans ce que la république islamique de Mauritanie considère comme le corpus inviolable de son noyau, se dresse une inhumanité essentielle : le dogme d’une hiérarchie des corps et des vies. Et gare à d’éventuelles dissidences ! L’article 306 du code pénal, révisé à l’initiative du gouvernement et adopté en avril 2018, élargit la peine de mort, sans aucune faculté d’atténuation : « Chaque musulman, homme ou femme, qui se moque ou outrage Allah ou Son Messager (Mahomet) – Paix et Salut sur Lui – ses anges, ses livres ou l’un de ses Prophètes est passible de la peine de mort, sans être appelé à se repentir. Il encourt la peine capitale même en cas de repentir.

A présent, il suffit, à un magistrat passablement zélé, de décréter que la dénonciation de l’esclavage tient d’une rébellion contre Dieu…Depuis 2014, un jeune bloggeur, Mohamed Cheikh Ould Mkheitir croupit en prison, pour avoir contesté le système de castes selon sa propre version ; ainsi, essuyait-il trois condamnations à mort consécutives. Il ne passe d’année, non plus sans qu’une « bavure » de la police ou de justice privée, n’occasionne le trépas d’un noir, fût-il descendant d’esclave ou natif autochtone du Sud. Selon une jurisprudence établie, l’auteur de l’homicide échappe à la sanction.

Mesdames et messieurs, chers amis dans la promotion de l’universalisme, telle se présente la Mauritanie, alliée de l’Occident démocratique, dans la fameuse lutte contre le terrorisme. Mon pays, où le fanatisme religieux organise la société, l’Etat, le statut personnel et encadre l’esprit du législateur, s’apprête à lancer ses forces, sur les traces des islamistes armées, au-delà de nos frontières. Or, la Mauritanie, membre du G5 Sahel applique le programme juridique des prosélytes du Califat terroriste. Comment peut-on combattre ce que l’on enseigne à ses enfants ?

Sur cette note d’interrogation volontairement embarrassante, je conclus mon laïus d’outre-cachot. La bataille pour la restauration de notre intégrité vous concerne. Nous avons besoin de vous, au nom de l’espèce à laquelle nous appartenons tous, si vulnérable devant le déchainement de la force brute mais magnifique et triomphante quand elle se dresse en travers ! Robert Antelme échoua en prison parce que Français avide de liberté pour son pays mais il apprit, de l’épreuve des camps, combien il était, d’abord, membre de la famille humaine. Mes camarades et moi nous revendiquons de l’héritage noble et en entretenons la mémoire. Sans vouloir être plus long, les IRA qui ont essaimé en Europe, Amérique du Nord et Afrique, à l’image des membres et dirigeants d’IRA-France-Mauritanie, illustre notre modèle rêvé, pour la symbiose universaliste des justes, face à l’interpellation du défi.

Nous comptons sur vous !

Crédit source : Réseaux IRA via Facebook.