Biram Dah Abeid : Prison civile de Nouakchott.

Chers collègues députés, honorables élus du peuple.

Mon salaire n’égale la souffrance du pays.

Qu’ai-je, donc, appris?

Des députés et des responsables administratifs de l’Assemblée Nationale réfléchissent à entreprendre quelque démarche pour convaincre le pouvoir du moment, de bien vouloir surseoir à appliquer, contre moi, la directive de privation de salaire et d’indemnité. Elles et ils s’alarment ainsi de la violation de mes droits d’élu.

Je les remercie certes mais les invite en même temps, à abandonner l’entreprise, à cause de l’urgence et de la priorité au traitement de celle-ci. Des problèmes de fond et d’une tonalité bien plus tragique requièrent, ailleurs, l’expression de la solidarité parmi les législateurs. Je citerai, ici :

La dépréciation de la monnaie nationale

La hausse vertigineuse des prix

La banqueroute de l’école

Le chômage désespérant des jeunes

La faillite généralisée des établissements publics, en particulier du secteur de la santé

Le détournement des ressources monétaires, minières et halieutiques

La banalisation des mœurs néo-patrimoniale dans le rapport des dirigeants à l’Etat

L’impunité de la torture, du racisme, de son passif humanitaire et des discriminations liées à la naissance

Chers collègues

Je cède mon salaire et autres émoluments, au « Président des pauvres », afin qu’il s’en serve pour épaissir, davantage, la fortune de sa famille et de ses proches. Il y a 10 ans déjà, je renonçais à mon revenu de fonctionnaire du Greffe dont la suspension devait me dissuader de poursuivre la lutte pour l’égalité.

Huit ans après cette mesure d’un présupposé ô combien naïf, Le chef de l’Etat Ould Abdel Aziz pourrait tenter de comprendre que l’argent n’est pas tout, ni même l’essentiel. Je sais combien l’idée lui paraîtrait improbable tant elle déroge à sa socialisation. Chez certaines humanités en dégénérescence, l’appât du lucre finit par embrumer la raison. Plus le sevrage est ancien moins vite se désaltère l’assoiffé.

Chers collègues, honorables députés

Si vous parvenez à relativiser l’intérêt pathologique que Ould Abdel Aziz porte à l’accumulation des biens ici-bas, vous auriez rempli l’essentiel de la mission à vous confiée dans les urnes : modérer le Prince, le guider dans les tourments de l’orgueil, enfin le rappeler à la vergogne quand il menace de n’en plus avoir.

Le 14 novembre 2018.

Crédit source : Réseaux IRA

Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie (Ira-M)

Note d’information.

Le jeudi 8 novembre 2018, au siège du parlement canadien à Ottawa, la présidente de la section IRA-Canada madame Kadiata Ba à rencontré le premier ministre Canadien Justin Trudeau. Cette rencontre à eu lieu à la marge d’une cérémonie de la formation politique du premier ministre, le parti du libéral canadien. Ce geste de chef du gouvernement canadien intervient quelques jours après le lancement par le bloc parlementaire libéral de Montréal dirigé par le député Mario Beauieu, ami de Biram Dah Abeid d’une initiative de soutien au président des réseaux IRA, séquestré en prison depuis plusieurs mois et pour la quatrième fois en sept ans par le régime de Mohamed ould Abdelaziz.
Le premier ministre canadien à exprimé l’attachement de son gouvernement à l’État de droit et les droits humains et surtout à la fin de l’esclavage en Mauritanie ; le contact est maintenu avec madame Ba et son équipe jusqu’à ma libération de Biram Dah Abeid et pour l’éradication de l’esclavage et l’oppression de personnes d’ascendance africaine en Mauritanie.

A noter que le 12 avril 2017 le président Biram Dah Abeid s’est exprimé au sein du parlement canadien à Ottawa sur la situation des droits humains en Mauritanie. Par ailleurs l’avocat canadien, là député et ancien ministre de la justice dans son pays, Irwin Cotler est parmi le groupe d’avocats internationaux qui se sont constitués pour le président d’IRA; maître qui a déjà signé et publié un communiqué véhément contre les autorités mauritaniennes dès les premiers jours de l’arrestation de Biram Dah Abeid, fut aussi l’avocat défenseur de Nelson Mandela et du dissident soviétique Natan Sharansky.

Nouakchott, le 10 novembre 2018.
La Commission de la Communication.

Source crédit : Réseaux IRA

Répondez à mère Houleye Sall ! Par Biram Dah Abeid

Chers élus, honorables collègues

Je viens de lire un message de notre compatriote octogénaire, Houleye Sall, elle interpelle nos qualités de dépositaires de la représentation du peuple, dotés du pouvoir de législation, dans la république islamique de Mauritanie.

Houleye Sall, dirige le Collectif des veuves, suite aux disparitions forcées de conjoints et parents masculins, de 1986 à 1991.
A l’époque, le pouvoir du Colonel Maawiya Sid’Ahmed Taya, chef de la junte, orchestre une tentative de génocide, contre les populations afromauritaniennes, par la spoliation des terres et du bétail, l’emprisonnement et la torture de cadres, élèves et étudiants, la déportation massive, les exécutions judiciaires et extrajudiciaires d’intellectuels, militaires et l’épuration de l’appareil d’Etat, sur la base exclusive de l’ethnicité.

Houleye Sall perdait alors son unique enfant, jeune officier ; comme des centaines d’autres mères de famille, elle poursuit, depuis, une laborieuse entreprise de mémoire et de réparation, en vain, hélas.

La loi numéro 93-23 du 14 juin 1993, en son article premier, énonce :

Article premier : « Amnistie pleine et entière est accordée :

– Aux membres des forces armées et de sécurité auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violences ;
– Aux citoyens mauritaniens auteurs des infractions suite aux actions armées et actes de violences et d’intimidations entrepris durant la même période.

Art 2 : Toute plainte, tout procès verbal ou document d’enquête relatifs à cette période et concernant une personne ayant bénéficié de cette amnistie, seront classés sans suite.

Depuis trente années ces braves femmes mènent, souvent seules, dans l’indifférence ou l’hostilité d’une partie de l’opinion, un combat qu’aucun juste ne renierait : elles entendent rétablir la vérité, la faire savoir et réhabiliter la mémoire de leurs défunts. Un tel effort consiste à publier le projet politique, les causes et conditions des assassinats, la chaine de commandement, l’exécution et l’occultation. Chaque aspect comporte, liées et solidaires, une perception de la responsabilité, l’évidence d’une sanction et la pédagogie du souvenir, pour que la communauté de destin recouvre à nouveau, du sens. Tous les enjeux de la question renvoient à l’Etat mauritanien.

Aujourd’hui, le pays se targue d’avoir tourné la page des pouvoirs d’exception, Ould Taya poursuit un exil doré au Qatar mais l’immunité criminelle de 1993 demeure en vigueur, inscrite sur notre table des lois. Au nom de quelle rationalité, de quelle humanité pervertie faut-il la maintenir ?

Voilà les interrogations simples auxquelles l’apostrophe de Houleye Sall renvoie les députés et la Mauritanie entière ; si son peuple, réputé musulman, aspire toujours à l’unité dans la dignité, un examen de conscience l’appelle.

Aussi, ai-je pris l’initiative de vous écrire, afin de relayer, toujours et encore, cette voix de sanglots taris, dont nous nous efforçons d’étouffer l’injonction morale.

Allons, un peu de courage, enfin, osons abroger l’ignominie de 1993, cessons de couvrir la tuerie en flagrance, sans quoi nous ne vaudrions nos suffrages et deviendrions, ensemble, de vulgaires justiciables devant la Cour d’Assises du siècle !

Prison civile de Nouakchott, le 6 novembre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

Alerte info : Des militants abolitionnistes d’IRA réprimés à Nouakchott.

Ce lundi 29 octobre 2018, une manifestation pacifique des militants et sympathisants d’IRA-MAURITANIE, a été violemment réprimée par les forces de l’ordre à Nouakchott. Sortis pour demander la libération du leader abolitionniste Biram Dah Abeid emprisonné depuis le 7 Août 2018, plusieurs manifestants ont été tabassés et certains seraient arrêtés selon diverses sources restant à confirmer. Pour rappel, Mr Biram Dah Abeid a été député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre dernier. Son incarcération a été suite d’un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés du terrain. Ses soutiens irréductibles s’activent depuis à travers des manifestations pacifiques ponctuelles et ils subissent une répression féroce de la part des autorités à chaque fois.

K.S

Jamal Khashoggi, chevalier du renouveau !

INITIATIVE POUR LA RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

(IRA-Mauritanie)

Le 2 octobre 2018, le journaliste Jamal Khashoggi – très critique des autorités saoudiennes, se rend au consulat de son pays, à Istanbul, où il avait pris rendez-vous en vue d’obtenir un document requis pour son remariage. Sa compagne l’attendait dehors.

Malgré les condamnations tous azimuts, les autorités saoudiennes, pendant quelques jours, gardent un «silence» de culpabilité, avant de déclarer que M. Khashoggi est ressorti du bâtiment, après ses formalités.

Selon des responsables turcs, Jamal Khashoggi a été bel et bien été tué, voire dépecé, dans le consulat, grâce à la célérité d’une équipe de Saoudiens, arrivés à Istanbul, par vol et repartis ainsi, le jour même. Le Washington Post, citant un responsable américain, précise : « Le corps de Khashoggi a été probablement découpé et mis dans des caisses, avant son transfert, en avion, hors du pays ».

La « disparition forcée » de Jamal Khashoggi constitue un crime odieux ; l’implication de l’Etat saoudien, gardiens des lieux les plus sacrés de l’Islam, n’autorise plus le doute.

IRA – Mauritanie, rappelant son attachement aux valeurs universelles des Droits de l’Homme :

– Dénonce ces agissements d’une autre ère, qui témoignent du sous-développement intellectuel et moral de certains régimes arabo-musulmans.
– Insiste sur l’importance des sanctions et poursuites, dont les démocraties et la Turquie, menacent l’État et les personnes impliqués dans ce crime ;
– Rappelle que dans de nombreux pays, à l’image de la République Islamique de Mauritanie, la vie et la dignité des défenseurs de Droits humains et autres lanceurs d’alertes restent de peu de valeur ;
– Exprime son soutien aux proches et amis du martyre de la liberté, Jamal Khashoggi.
– Suggère, aux nouveaux maires de Mauritanie, d’accorder à la mémoire du défunt, des noms de places et de rue, afin que son exemple suscite et alimente, au sein de notre jeunesse, des vocations d’engagement humaniste et d’amour de la vérité.

Nouakchott, le 18 octobre 2018

La Commission de communication

IRA-Mauritanie : Réaction après les menaces et harcèlement de la police

Après les 3 marches pacifiques successives organisées par IRA – Mauritanie les 18/19/20 février 2018 contre la montée insupportable des prix et la faillite de la monnaie nationale, les autorités policières ont convoqué le président Biram Dah Abeid (dans la nuit du 20 au 21 février 2018) et l’ont menacé de sévir contre sa personne et contre IRA – Mauritanie si les manifestations se poursuivent. Aujourd’hui encore, après la marche pacifique organisée ce 08/10/2018 devant l’Assemblée nationale pour exiger la libération du président Biram Dah Abeid et qui a été violemment réprimée et dont les images des militantes et militants, ensanglantés, ont émus le monde entier, c’est le coordonnateur de l’organisation monsieur Elhaj Elid qui a été convoqué au commissariat 3 de Riyadh (quartier périphérique de Nouakchott, la capitale).
Le commissaire …. lui a signifié qu’il est porteur d’un message des hautes autorités du pays qu’ils veulent transmettre à travers lui à IRA – Mauritanie et leur dire que les manifestations ne sont pas autorisées et que toute manifestation organisée par IRA sera réprimée dans le sang et que même les regroupements des gens de IRA, à l’intérieur de leurs maisons, sont interdits et seront sévèrement sanctionnées.
Nous interdire de manifester pacifiquement pour exiger la libération de notre leader injustement incarcéré, est un acte hors-la-loi et anticonstitutionnel, s’est exclamé Elhaj Elid. Avant d’ajouter que les menaces, le harcèlement, la répression, les arrestations, la prison ne nous ébranleront point et aucune manifestation ne sera annulée car on ne fait qu’exercer nos droits garantis par la constitution.
Et le coordinateur régional d’IRA à Nouakchott d’ajouter à l’adresse de l’officier de police : nous notons aussi que vous utilisez la violence sauvage contre les noirs-hratin et vous traitez les manifestants en totalité composés d’Arabo berbères d’une manière beaucoup moins violente, plus humaine et bien plus proche du droit. C’est une preuve supplémentaire que votre régime est raciste et discriminatoire.
IRA – Mauritanie réitère son attachement indéfectible à son droit inaliénable à manifester pacifiquement et s’engage à manifester au plus vite pour exiger la libération du président et député Biram Dah Abeid et son compagnon Abdallahi Houssein Messoud.
Elle lance un appel aux élus de la République, aux responsables des institutions de la République, aux ongs et partis politiques ainsi qu’aux mouvements de jeunes mauritaniens, mais aussi aux missions diplomatiques et la presse nationale et internationale, d’observer de prêt la conduite et les agissements de la police mauritanienne que le dictateur Mohamed ould Abdelaziz a transformé en milice pour casser et humilier les populations hratin.

Fait à Nouakchott le 12/10/2018 La Commission de communication

Déclaration : Une décennie de confrontation avec un pouvoir hors-la loi: échec de l’éradication.

Née en octobre 2008, pour combler le vide de la résistance contre les racismes et esclavages domestiques et d’État en Mauritanie, IRA s’est vue imposée une guerre impitoyable d’éradication. Interdiction, agressions, incarcérations, diabolisations, excommunications des dirigeants et membres de l’ONG. Malgré la focalisation de l’arsenal répressif de l’État contre IRA pendant une décennie, le recrutement mafieux et l’achat de membres dirigeants, IRA s’est bel et bien développée et élargie en Mauritanie et à l’extérieur du pays. De surcroît, en cette fin de présidence légale du dictateur Mohamed ould Abdel Aziz, IRA, à travers son influence positive sur le citoyen mauritanien et l’impact de son émanation politique, le Rag, sur les rapports politiques, se révèle encore une fois, l’ennemi à abattre du dictateur, dans sa tentative de se maintenir au pouvoir de manière directe ou indirecte.
Pour ce faire, le procédé brutal et infâme a consisté à emprisonner le président Biram Dah Abeid à la veille et pendant la dernière compétition électorale et delà de son élection comme député représentant du peuple. Selon les plans que déroule le putschiste récidiviste pour reproduire et prolonger son emprise politique sur le pays, il faut neutraliser, le temps de cette « transition », l’opposition sociale, populaire et droits-de-l’hommiste, qui est la faction la plus combattive et déterminée. Donc sortir d’abord le leader Biram Dah Abeid du champ de l’action, en utilisant l’appareil judiciaire inféodé, ensuite utiliser un surplus de violence policière répressive pour réduire au silence et à l’inertie les populations militantes engagées dans IRA et espérant la fin de l’esclavage, du racisme et l’avènement de la vraie démocratie à travers le départ du pouvoir de Mohamed ould Abdel Aziz. Cette option de l’insatiable dictateur s’est traduite dans les faits par l’ordre donné aux unités de police de réprimer dans le sang la manifestation pacifique que les militantes et militants d’IRA on organisé devant l’Assemblée nationale mauritanienne pour réclamer la fin d’une incarcération politique d’un élu représentant du peuple.
IRA-Mauritanie, dirigeants et militants, réitèrent aujourd’hui la poursuite de leur engagement dans une lutte frontale et toujours pacifique contre le système de terreur, d’apartheid non-écrit, de vol des richesses du pays, et de triche diplomatique, que personnifie Mohamed ould Abdel Aziz.
Nous tendons la main à tous les justes, démocrates et patriotes mauritaniens, quels que soient leurs formations politique ou civiles, pour une union sacrée contre le passage en force illégal du régime maléfique de ould Abdel Aziz au prochain quinquennat.
A présent, nous vous convions à écouter les justes témoignages des victimes et blessés des scènes de terreur et de tortures collectives et publiques que la police a reçu l’ordre d’infliger aux manifestantes et manifestants pacifiques d’IRA le 8 octobre 2018 sous les yeux des députés du nouveau parlement.

Le bureau exécutif
Nouakchott, 10 octobre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

BIRAM DAH ABEID : LETTRES DE PRISON, SAISON 2018

Sixième acte

Le 31 mai, au terme d’une négociation réglée sans tambour, le parti Sawab adopte mon projet de présidentiable et nous octroie, à mes camarades et moi, sa couverture légale. Le pouvoir, transi de peur, jette sur la coalition nouvelle-née, une interdiction de 24h mais se ressaisit devant l’énormité de la transgression, le viol de ses propres lois. Après un pointillé, d’alternance, d’hésitation et de résolution, il se rabat sur des procédés plus familiers, en l’occurrence ceux de la Maffia. Ainsi, autorise-t-il le déroulement de la cérémonie qui scelle l’alliance Rag-Sawab mais stipendie, en même temps, un sombre chroniqueur de fait divers auquel il confie la mission de saboter le rapprochement.

Enfermer pour bâillonner

Ledit plumitif, pris, au bout de 10 ans, d’un soudain intérêt pour notre lutte, incarnait la mise en œuvre du plan C. En vertu du A, le Ministre de l’intérieur tentait d’empêcher l’évènement, sans succès. Alors, le B consista à me compliquer l’obtention d’un certificat de casier judiciaire, préalable à ma candidature auprès de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni). La plainte en diffamation, introduite par le journaleux, devait rédimer l’échec des expédients antérieurs. Or, c’était sans compter sur l’imagination vénéneuse des zélateurs, la gent besogneuse de gagne-petit et de lambinards dont le département de « la justice » constitue le réceptacle atavique. Pour m’y être frotté à proximité et de près, je ne conçois, en Mauritanie, d’entreprise des humains, plus favorable à la rapine qu’un palais de justice. Je vous administrerai la démonstration plus avant.

Avec la célérité reconnaissable chez le stagiaires de haute grivèlerie et prmi les apprentis du stellionat, les officiers de police judiciaire, jusqu’ici tapis dans l’attente de l’exploit prévisible, se mirent à la tâche, ornant de mille disgrâces comme, les abeilles sur le filet de miel, l’hypothèse de mon éviction. Ainsi, s’avisèrent-ils de m’imputer, en sus de la calomnie envers le plaignant, un surcroît d’incitation à la violence et un chapelet d’autres amabilités, d’un aloi parent.

Il fallait m’empêcher d’entrer à l’Assemblée nationale et, mieux encore, invalider ma prétention à briguer la Présidence de la république en 2019. Pourquoi tant de ténacité à l’ouvrage, depuis plus d’une décade en années ? Le système d’hégémonie tribale s’acharne à nous museler, aux fins – vaines – de retarder l’émancipation des citoyens d’ascendance subsaharienne et son corolaire vertueux, l’exercice du pouvoir d’Etat mais, là, il s’agit de bien plus. L’on oublie souvent que sous la charge tempétueuse des Hratine et des kwars (ethnies noires de Mauritanie), pointe une troisième vague qui risque de liquider la domination, en son cœur : je parle de la revendication d’égalité, de partage matériel et de considération, par les castes, toute ethnie confondue ; si les groupes autochtones du Sud s’accommodent de l’éveil de leur cadets sociaux et semblent lui survivre, l’ensemble maure, hélas, ne se conçoit de pertinence ontologique ni de légitimité en dehors de la hiérarchie, de la généalogie et du privilège de race. Son outrance à notre encontre résulte de la conscience lucide que nous œuvrons à le sevrer de sa substance nourricière, c’est-à-dire produire et consommer le fruit de la préférence indue, de la triche et du fanatisme érigé en carapace à toute adversité. Le pouvoir nous livre la guerre de sa survie car la résilience de sa reproduction sociale ne s’acclimate à un environnement de concertation, d’écoute ou de respect mutuel. Le véritable piège dans la vie, consiste à s’imaginer toujours au sommet.

Elu en cellule

Le 13 août 2018, Abdallahi Houssein Messoud et moi sommes inculpés, soit 4 jours avant le début de la campagne couplée pour l’élection du Parlement, des mairies et des conseils de région. De facto, ma voix cessait de résonner dans le concert de la contradiction démocratique. Je n’étais plus audible.

En dépit de la Constitution, le Chef de l’Etat dirigeait la réclame de son parti et s’y démenait en promesses, intimidations et gesticulations, usant, à titre exclusif, des symboles et moyens de l’autorité publique. A cette fin, il me nommait et désignait à l’opprobre, comme criminel, ennemi de la nation et de l’Islam, démagogue, escroc et imposteur, assoiffé de richesse et de prébendes octroyées par l’Occident ; selon Mohammed Ould Abdelaziz, à qui l’humour involontaire fait trousser de désopilantes saillies, j’aurais inventé le faux problème de l’esclavage et créé une organisation (IRA) pour fructifier le négoce du sentiment; Selon lui, l’Occident – mythifié et fantasmagorique bien entendu- rémunèrerait avec munificence, tout mercenaire apte à troubler l’unité nationale, la paix civile et la primauté de l’Islam en Mauritanie. Par les trois motifs, entendez, plutôt, la préservation du statu quo. Cette théorie de la conspiration, mes compatriotes maures se la transmettent, en toute névrose, depuis l’essor du nationalisme arabe à la fin du siècle révolu. Elle y passe pour haute science et marque d’intelligence.

Dans ses meetings de campagne, Mohamed Ould Abdel Azizi appelait, les mauritaniens, à voter les listes candidates du parti-État, en vue de barrer la route à une dangereuse coalition celle de l’aile politique d’IRA, alliée au parti Sawab. Il répétera, plusieurs fois au cours de ses interventions, qu’il ne laissera les « extrémistes » entrer au Parlement. Certains milieux ont voulu expliquer qu’il s’adressait aux islamistes de Tawassoul, interprétation peu scrupuleuse pourtant, ces derniers ayant toujours siégé dans les deux chambres, parfois sous une coalition avec l’Union pour la République (Upr), le cheptel électoral du Chef de l’Etat.

Qu’importe, j’ai été élu, en compagnie de quelques camarades. Nous voici désormais à l’intérieur de l’antre mais avertis de ce qui nous entoure et armés en conséquence.

L’incurie au sanhédrin

A. Un personnel tombé du camion

Le 13 août, avant de m’interroger, le juge d’instruction Mohamed Vadel Limam me dispensa d’abord, un cours sur la démocratie, la justice et la séparation des pouvoirs en vigueur sur le territoire de la République islamique de Mauritanie. Il égrenait le titre avec une fatuité risible. Je lui rétorquais que le ministère public, comme de jurisprudence depuis 2010, a inventé, à mon endroit, les chefs de « menaces de mort » et « violence ». Le juge réagit en brossant un tableau idéal du régime et surtout de la bonne conduite du procureur, du Parquet et de la police ; il décrivait des institutions au dessus de tout soupçon, pas celles que nous subissons, bien entendu ; selon ses lumières, ô combien précieuses à l’abord, la garde-à-vue prolongée d’une semaine, les privations de sommeil, de visite parentale, de consultation médicale et d’avocats, relèvent de la normalité dans la procédure; suite à mon insistance, il m’apprit, non sans s’agacer, que l’empêchement de lecture durant la longue et pénible semaine dans le cachot de la police, comme l’interdiction de se doucher, de disposer d’une natte, d’une couverture ou de moustiquaire ne méritent mention devant un homme de loi. Pour Mohamed Vadel Limam, il s’agissait de banalités, de trivialités sur lesquelles seuls insistent les politiciens, toujours avides de détourner la procédure; le brave édile m’avertit, avec certitude, que la manœuvre ne passerait auprès de lui. Aussi, tien-il, par charité et scrupule d’autodidacte, à me consentir un brin de son opinion coruscante : le procureur et la police ont très bien accompli leur travail et, en Mauritanie, l’autorité suprême est totalement neutre quand au déroulement du contentieux devant les tribunaux. J’avais l’occasion d’éclater de rire et m’abstins, au moins pour découvrir à quel couvée j’avais affaire, tant le plumage bariolé forçait la stupéfaction.

Sur le fond du dossier, l’honorable Mohamed Vadel Limam m’a posé deux questions et servi une assertion.

-Reconnais-tu les chefs d’inculpations dont t’accuse le Parquet? Non.

-Es-tu prêt à demander des excuses au journaliste Dedde Abdallah, de l’avoir traité d’agent de la police politique? Non, je persiste et signe que Dedde Abdallah est une taupe de la cellule de police politique chargée de s’occuper des organisations auxquelles nous appartenons, mes camarades et moi ; oui, sa mission consistait à abuser de ma confiance, provoquer une controverse, réaliser un faux témoignage et des déclarations indues pour créer le prétexte au dictateur de m’écarter du champ des droits humains et de la compétition électorale en 2018 et 2019. Cet agenda, Monsieur le juge, se déroule sous vos yeux.

-Même si tu lui demandais des excuses et même si le plaignant les acceptait et retirait sa plainte, je t’enverrais en prison. Je te dis, dés à présent, tu va y croupir, d’ailleurs sur le champ, je t’expédie dedans mais te conseille de laisser la politique et surtout de renoncer à cette activité insignifiante que sont les élections, oublie les élections, repose-toi et quand Dieu te donnera l’occasion de sortir, après avoir demandé le pardon à ce journaliste, occupe-toi de ta santé et laisse de côté la politique.

Monsieur le juge, peu soucieux de l’expression apaisée des suffrages et précisément en rogne contre la démocratie, signe le mandat de dépôt pour Abdallahi Hussein Messaoud et moi ; la conscience tranquille, il nous fait enfermer. Toutefois, nous ne devions tarder à nous revoir. En effet, 3 jours après son acte d’incarcération expéditive, le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott-Sud Mohamed Vadel Ould Limam, émet une ordonnance de nous extraire, mon co-détenu et moi, en vue de notre audition pour clore la phase de l’instruction. Le ministère public s’oppose à la nouvelle comparution et la bloque, au mépris de l’indépendance du magistrat.

B…qui roulait à vive allure

Le mercredi 29 août, l’estimable individu arrive brusquement à la prison et veut procéder à l’interrogatoire. Nous refusons de nous plier au jeu incongru de questions-réponses car le magistrat, outre sa posture partiale, nous inspirait de l’inquiétude sur sa propre lucidité. Nous excipons du droit au silence, à cause de l’absence de nos avocats, dont aucun n’avait été informé; nous sommes jetés, depuis deux semaines, dans le couloir d’une cours exigüe de la prison, sans toit susceptible de nous abriter de la pluie, lors fréquente à Nouakchott. Astreints à l’insomnie et à l’angoisse, nous ne disposions d’habitat personnel, comme le commun des prévenus ou condamnés. La prison civile de Nouakchott, très largement surpeuplée, présente le risque, pour un détenu d’opinion, de subir les maltraitances. La cruauté des droits communs le dispute à le zèle des gardes pénitentiaires.

Le juge nous menace, de nouveau et nous enjoint de savoir que la loi sera appliquée pour rendre justice à un citoyen lésé. Il recommence à nous raconter, avec des détours d’éloquence hasardeuse et quelques approximations d’une sapience étriquée, que le pouvoir est neutre et les juges indépendants. Je prends la parole pour déconstruire, point par point, son homélie studieuse, partagé que je suis entre la perplexité et l’amusement!!! Dans le magistère de la justice – métier noble et de tact sous des cieux d’exigence et de rigueur – certains de nos « magistrats » sembleraient évadés, au 19ème siècle, d’une bédouinie poussive. Tout, en eux, exhale le temps faisandé et à replis où l’on rendait la justice non pas sous un chêne mais comme un gland. Les quidams d’aussi singulière facture, le ministère de tutelle en rémunère des centaines, dispersés aux quatre coins du pays. Ils sont interchangeables, pliables et duplicables à l’infini. Pour mesurer le degré de similitude à l’énoncé de leur science dévoyée, il vous suffit de les brancher sur l’esclavage en droit « musulman ». Vous verrez, ils maîtrisent le chapitre et excellent à sa rumination.

Face à notre refus de lui répondre, le susdit réplique, en vrac : il n’est pas concerné par la manière dont l’on nous traite en prison, il « se fiche pas mal » de cette situation même s’il en admet l’inconfort. Enfin, il nous met en demeure d’accepter l’interrogatoire, séance tenante, sinon il irait en congés, nous maintiendrait sous écrou jusqu’à la fin d’octobre 2018. Nous lui répliquâmes à l’unisson : prononcez l’injustice qui vous sied, nous ne parlerons sans l’assistance de nos conseils !

Alors, il conclut, ainsi : donc restez ici en prison jusqu’à mon retour de congés fin octobre !

En attendant l’épilogue

La liste officielle des députés de la République, dont je fais partie, devait être convoquée et se réunir, comme le stipule la constitution, la première journée ouvrable du mois d’octobre ; or, la règle constitutionnelle a été enfreinte, pour la première fois en Mauritanie. S’y ajoute mon maintien en prison, malgré le rang de député. Le gouvernement s’échine à dénicher un tour de fourberie juridique, un escamotage de batellerie en eau trouble, qui me priverait de siège au Parlement.

Biram Dah Abeid, Prison civile de Nouakchott, le 09/10/2018

🚨 Partagez un maximum #LiberezBiram #BDA2019

Crédit source : Réseaux IRA

DECLARATION : Plusieurs blessés graves parmi les militants d’IRA – Mauritanie

Ce lundi 08 octobre, à l’ouverture de la première session de l’assemblée nationale mauritanienne, des militants d’IRA – Mauritanie sont venus nombreux protester contre la poursuite de la détention du président Biram Dah Abeid, élu député alors qu’il était en détention.

En effet, depuis le 07 août 2018, Biram Dah Abeid croupit en prison sur la base de poursuites fallacieuses suite à la plainte d’un pseudo journaliste, une taupe de la police politique du dictateur Mohamed ould Abdelaziz.
Les unités de la police, armées jusqu’aux dents, venues à la rencontre des militants, n’y sont pas allés de main morte. Plusieurs militants, dont l’épouse du président Biram, se trouvent aux urgences de l’hôpital national ;
il s’agit de :

– El Hadj El Id,
– Leila Ahmed,
– Abdellahi Abou Diop,
– Abdellahi Hamedi,
– Zouber M’Bareck,
– Mouna Malick,
– Khayri M’razkhi,
– Malick Sy.
– Souleymane yoro

Il faut noter que trois militants ont été particulièrement visés et ont eu des fractures dans plusieurs parties de leur corps, il s’agit de :

1- El Hadj El Id
2- Abdellahi Hamedi,
3- Abdoullahi Abou Diop

IRA – Mauritanie, fidèle à son engagement en faveur des Droits humains :
– Proteste vigoureusement contre la barbarie dont ont été victimes les militants d’IRA – Mauritanie en sit-in pacifique,
– Exige l’ouverture d’une enquête indépendante pour situer les responsabilités de cette violence aveugle que rien ne peut justifier,
– Appelle l’ensemble des militants à rester mobiliser pour la Mauritanie et pour le droit,
– Réitère son exigence de libération du président Biram Dah Abeid et ce, sans condition aucune,
– Et souhaite aux blessés un prompt rétablissement.

Fait à Nouakchott, le 08 octobre 2018
La Commission de communication

Paris, 4 octobre 2018 : Sit-in de soutien au leader abolitionniste emprisonné Biram.

Des militants et sympathisants du mouvement abolitionniste IRA ont tenu un sit-in de soutien près de l’ambassade de Mauritanie à Paris dans le 16ème arrondissement. Menés par une antenne de IRA-France, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’acharnement judiciaire que subit le leader abolitionniste incarcéré depuis le 7 Août dernier. Élu député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre, Monsieur Biram Dah Abeid est à la tête d’une organisation antiesclavagiste fondée en 2008 mais toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott. Ainsi ce jour, selon les cadres IRA-France, le but est de lancer un énième cri d’alerte aux autorités mauritaniennes et françaises sur le sort de leur leader qui croupit en prison pour des motifs douteux et inadmissibles .

À noter la présence pour couverture d’un journaliste et blogueur français, Alexis Poulin proche du mouvement politique des INSOUMIS de l’influent homme de Gauche universaliste M L Mélenchon.

Voir ci-dessous le photoREPORTAGE du sit-in :

Ameth Gaye chargé de Com IRA-France au micro d’Alexis Poulin de https://www.lemondemoderne.media

L’intervention de Chedad Amar ancien secrétaire général IRA-France

Avec le journaliste Alexis Poulin pour notre mot de soutien lors du sit-in.

Avec l’étudiant sociologue et militant éclairé pour les causes justes Boulaye DIAKITÉ

Elhadj FALL, responsable proche du leader abolitionniste Biram Dah Abeid avec Chedad Amar.