Communiqué de presse de l’équipe de campagne de Biram Dah Abeid

Le 8 août 2018.

Communiqué de presse de l’équipe de campagne de Biram Dah Abeid :

Mauritanie- Le militant anti esclavagiste et candidat à la députation Biram Dah Abeid- détenu illégalement dans un commissariat de Nouakchott.

Hier, mardi 7 août 2018, Biram Dah Abeid, militant anti-esclavagiste et tête de liste nationale aux élections législatives de septembre 2018, a été arrêté à 10h45(heure de Nouakchott) à son domicile de Riyadh (banlieue de Nouakchott) et a été conduit au commissariat. Pour justifier sa convocation, la police Mauritanienne, évoque une plainte d’un journaliste qui accuse M. Dah Abeid de l’avoir menacé. Nous avons pu entrer en contact avec ce même journaliste qui dément formellement ces accusations.

Admis au commissariat 7 août 2018, M, Dah Abeid était au regard de la loi Mauritanienne censé être relâché aujourd’hui à 11h30 (une détention de ce type, ne pouvant excéder 24h). Sur place, il a refusé de répondre aux questions des policiers sans que ses avocats ne soient présents, mais ces derniers n’ont à l’heure où nous écrivons pas été autorisé à le voir.

Lors d’une conférence de presse, ce matin à 10h (heure de Nouakchott) en présence de Leila Dah Abeid, la femme de Biram Dah Abeid, du vice-président du Parti Sawab Oumar Yally et de Balla Touré, le responsable des relations extérieures de l’IRA ; les participants ont déploré une arrestation relevant de l’intimidation d’un candidat qui dérange le pouvoir, sans éléments de justice consistants.

Nous précisons, à la décharge de la police qu’au cours de sa détention, Biram Dah Abeid n’a pas été menotté et n’a pas dormi dans un cachot.

Cellule communication de l’équipe de campagne de Biram Dah Abeid

Communiqué des Avocats de Biram Dah Abeid

Mauriweb – Les avocats soussignés qui défendent BIRAM DAH ABEID depuis des années alertent la Communauté et les Institutions Internationales sur l’interpellation et, de ce qui semble être certain ou très probable, le placement en détention de BIRAM DAH ABEID, à nouveau, et ce dans le cadre d’une persécution judiciaire des Autorités mauritaniennes qui se poursuit inlassablement.

BIRAM DAH ABEID, Président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) est l’un des acteurs les plus éminents et respectés de la société civile mauritanienne, africaine et internationale, ayant reçu notamment le prix de l’ONU pour les droits de l’homme en 2013.

Candidat aux élections présidentielles mauritaniennes de 2014, il souhaite incarner une alternance possible au Président Ould ABDEL AZIZ qui ne cesse de poursuivre une politique obstinée de prédation des ressources publiques et de son corollaire, la maltraitance de toute voix à dissidence et ce compris des élus au Sénat mauritanien, tel que le Sénateur Ould GHADDE.

Le Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire du Conseil des Droits de l’Homme a déjà rendu, concernant ces deux opposants, des avis constatant le caractère arbitraire des mesures de privation de liberté et demandé à la Mauritanie de prendre les mesures qui s’imposent pour se mettre sans tarder en conformité avec ses obligations internationales en matière de respect des droits de l’Homme.

En dépit de ces décisions, BIRAM DAH ABEID a été de nouveau interpellé et privé de sa liberté le 7 août 2018, le jour même où la Commission électorale nationale indépendante (CENI) mauritanienne devait remettre leurs reçus aux candidats pour les prochaines élections municipales et législatives.

Les avocats soussignés soulignent que plus personne ne peut être dupe du cynisme avec lequel le Président AZIZ a instrumentalisé la lutte contre le terrorisme pour obtenir et plus encore « acheter » auprès de la Communauté internationale et notamment de la France, une forme de complaisance qui est devenue aujourd’hui un silence coupable.

Toute la société civile internationale identifie BIRAM DAH ABEID comme un citoyen d’honneur de l’Afrique, inlassable militant contre l’esclavagisme, indignité qui continue à être tolérée pour de funestes raisons politiques par le Régime du Président AZIZ en Mauritanie.

Les avocats soussignés, en appellent à l’ensemble des décideurs de la Communauté internationale en France, à Bruxelles et ailleurs pour obtenir des autorités mauritaniennes sans condition aucune, qu’elles libèrent BIRAM DAH ABEID et lui permettent de recouvrer une totale liberté d’action, mais aussi d’aller et venir, y compris de se présenter aux prochaines élections.

Paris, le 7 août 2018

Me William BOURDON

Avocat au Barreau de Paris

w.bourdon@bourdon-associes.com

Me Georges-Henri BEAUTHIER

Avocat aux barreaux de Paris et Bruxelles

ghb@beauthier.be

Source crédit: Mauriweb

ALERTE INFO: BIRAM DAH ABEID arrêté par la police en Mauritanie!

Message du président D’IRA Mauritanie Biram Dah Abeid :

《La police vient de me réveiller pour me dire qu’ils ont reçu l’ordre de m’arrêter, je suis conduit au commissariat, je sais que c’est lié au fait que la CENI doit nous remettre aujourd’hui un reçu définitif pour la liste nationale des députés, candidat aux élections ainsi qu’à certaines activités populaires que j’ai entamé il y a quelques nuits.》

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE.

Fin de la séquestration de Moussa Bilal Biram et Abdellahi Maatalla Saleck .

Abdellahi Maatalla Saleck et Moussa Bilal Biram ont recouvré leur liberté après avoir purgé entièrem ent leur peine. Ils avaient été arrêté le 30 Juin 2016 avec onze autres militants abolitionnistes suite aux émeutes qui se sont déroulés sur le site en face de l’hôpital ophtalmologique de Bouamatou. Plusieurs chefs d’accusations avaient été émis contre eux: appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, résistance aux de l’ordre, incitation à la rébellion.
En réalité, ils avaient été arrêtés pour avoir inscrit leur mode de pensée et d’actions dans la lutte pacifique contre l’esclavage, la ségrégation raciale que subissent les citoyens d’ascendance africaine en Mauritanie.

Ils avaient été séquestré, torturé pendant douze dans des lieux secrets avant d’être transféré à la prison de Dar Naim. Un simulacre de procès s’en est suivie en première instance, un procès marqué par des vices de forme les condamnent à quinze ans d’emprisonnement.

Cette peine à été ramené à deux ans ferme au procès en appel à Zouerate ou ils ont été transférés à la prison dans le bagne ou Guantanamo Mauritanien Bir Moghren.
Couper de tout contact avec l’extérieur, les conditions de détention inhumaines et extrêmement traumatisantes.

IRA-Mauritanie tient à remercier:
-Le barreu et collectif des avocats Mauritaniens avec à leur tête Cheikh Ould Hendi.
– Les organisations internationales de protection et de défense des droits humains et des défenseurs en danger qui ont soutenu les détenus abolitionnistes.
-Les rapports spéciaux du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU qui ont suivi et régulièrement dénoncé l’arrestation, les violations, la torture et les mauvais traitements, subis par les abolitionnistes.
-Le groupe de travail des NU contre la détention arbitraire, qui a pris une décision qualifiant la détention des membres d’IRA-Mauritanie d’arbitraire et visant uniquement à punir pour leur engagement légal et pacifique contre l’esclavage et le racisme.
-Les missions diplomatiques européennes accréditées à Nouakc hott et l’Union Européenne, pour leur intérêt maintes fois exprimé sur la si de la société civi des détenus, la mission de la délégation de l’UE qui a rendu visite aux détenus à Bir Moghren suite à un voyage risqué de 1200km dans le désert.
-Le gouvernement des USA qui a dénoncé à travers le porte parole du département d’État l’arrestation, la torture et la condamnation des abolitionnistes d’IRA et exigé une enquête sur les allégations gravissimes de torture.
Les ONG de défense de droits humains Mauritaniennes, pour leur soutien indéfectible.
-Nous réaffirmons notre volonté a continuer la lutte pacifique jusqu’à l’instauration d’une société juste et égalitaire.
-Réitérons notre intention ferme de poursuivre sur le plan judiciaire, nationale et international, les tortionnaires, tapis dans la hiérarchie policière et conforté dans leur crime par le soutien du gouv et la complaisance des juges.

Nouakchott le 18 juillet 2018.
La commission de communication.

crédit source: IRA MAURITANIE

Fin de la séquestration de Moussa Bilal Biram et Abdellahi Maatalla Saleck .

Abdellahi Maatalla Saleck et Moussa Bilal Biram ont recouvré leur liberté après avoir purgé entièrem ent leur peine. Ils avaient été arrêté le 30 Juin 2016 avec onze autres militants abolitionnistes suite aux émeutes qui se sont déroulés sur le site en face de l’hôpital ophtalmologique de Bouamatou. Plusieurs chefs d’accusations avaient été émis contre eux: appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, résistance aux de l’ordre, incitation à la rébellion.
En réalité, ils avaient été arrêtés pour avoir inscrit leur mode de pensée et d’actions dans la lutte pacifique contre l’esclavage, la ségrégation raciale que subissent les citoyens d’ascendance africaine en Mauritanie.

Ils avaient été séquestré, torturé pendant douze dans des lieux secrets avant d’être transféré à la prison de Dar Naim. Un simulacre de procès s’en est suivie en première instance, un procès marqué par des vices de forme les condamnent à quinze ans d’emprisonnement.

Cette peine à été ramené à deux ans ferme au procès en appel à Zouerat ou ils ont été transférés à la prison dans le bagne ou Guantanamo Mauritanien Bir Moghren.
Couper de tout contact avec l’extérieur, les conditions de détention inhumaines et extrêmement traumatisantes.

IRA-Mauritanie tient à remercier:
-Le barreu et collectif des avocats Mauritaniens avec à leur tête Cheikh Ould Hendi.
– Les organisations internationales de protection et de défense des droits humains et des défenseurs en danger qui ont soutenu les détenus abolitionnistes.
-Les rapports spéciaux du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU qui ont suivi et régulièrement dénoncé l’arrestation, les violations, la torture et les mauvais traitements, subis par les abolitionnistes.
-Le groupe de travail des NU contre la détention arbitraire, qui a pris une décision qualifiant la détention des membres d’IRA-Mauritanie d’arbitraire et visant uniquement à punir pour leur engagement légal et pacifique contre l’esclavage et le racisme.
-Les missions diplomatiques européennes accréditées à Nouakc hott et l’Union Européenne, pour leur intérêt maintes fois exprimé sur la si de la société civi des détenus, la mission de la délégation de l’UE qui a rendu visite aux détenus à Bir Moghren suite à un voyage risqué de 1200km dans le désert.
-Le gouvernement des USA qui a dénoncé à travers le porte parole du département d’État l’arrestation, la torture et la condamnation des abolitionnistes d’IRA et exigé une enquête sur les allégations gravissimes de torture.
Les ONG de défense de droits humains Mauritaniennes, pour leur soutien indéfectible.
-Nous réaffirmons notre volonté a continuer la lutte pacifique jusqu’à l’instauration d’une société juste et égalitaire.
-Réitérons notre intention ferme de poursuivre sur le plan judiciaire, nationale et international, les tortionnaires, tapis dans la hiérarchie polic et conforté dans leur crime par le soutien du gouv et la complaisance des juges.

Nouakchott le 18 juillet 2018.
La commission de communication.

crédit source: IRA MAURITANIE

Édito : BIRAM ou l’antidote à un communautarisme stérile et sectaire qui sape tt CHANGEMENT!

Il s’appelle BIRAM DAH ABEID, le fondateur du célèbre mouvement abolitionniste (IRA créé en octobre 2008 toujours non reconnu par les autorités mauritaniennes). Il a connu avec plusieurs de ses amis et militants, arrestations et détentions à des nombreuses fois pour leur engagement ferme et pourtant pacifique pour l’application effective des Lois édictées par l’Etat contre les pratiques esclavagistes et toutes les violations des droits humains. L’homme Biram politique et défenseur des droits humains , a su être très influent dans les 2 univers qui sont très liés au fond. Par son engagement devenu légendaire à travers le monde, le haratine qui reconnaît sans complexe que ses ancêtres avaient vécu le joug esclavagiste, s’est singularisé en évitant de communautariser et d’essentialiser. Fièrement, il rejette les contingences et les logiques de camps d’appartenances tribales, ethniques ou raciales. Son camp est celui de victimes d’un système érigé en mode étatique entrenu et soutenu par des forces clientélistes issues de toutes les communautés nationales. Le leader abolitionniste déclaré candidat aux présidentielles de 2019 en Mauritanie, croit au « MAURITANIEN » qu’il soit Haratine, Biidhan, Peul, Soninké ou Wolof qui s’affirme en CITOYEN délesté d’une certaine conscience revendicative foncièrement sectaire et exclusive. Adepte de prises de positions qui peuvent perturber certains à raison ou à tort , l’homme public décide très souvent en assumant avec TRANSPARENCE ET RESPONSABILITÉ. Le militant universaliste n’est pas compatible avec les vieux logiciels politiciens et les cadres revendicatifs strictement binaires ou ethnocentrés . BIRAM politique promu peut incarner l’espoir d’un CHANGEMENT GLOBAL qui ferait taire les ressentiments ethnicistes, tribaux et raciaux des uns et des autres qui ont l’air des « nationalismes communautaires » avec des aspirations hégémoniques.

Osons Biram Dah Abeid, que le Peuple se serve de lui avec SINCÉRITÉ et TRANSPARENCE! #BIRAM19

Réponse au ministre porte-parole du gouvernement mauritanien Mohamed Lemine Ould Cheikh.


Le passé trouble et peu honorant de l’actuel ministre porte-parole du Gouvernement, dont, le moins que l’on puisse dire, il est sorti par effraction du parti opposant Rfd, pour la se vendre comme une marchandise, au putschiste Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce genre d’acte ignoble, devait interdire à ce laudateur de s’ériger en donneur de leçons.
J’aimerais rappeler que les mauritaniens le connaissent suffisamment et n’ont pas oublié les activités douteuses auxquelles il s’adonnait aux émirats pour amasser de l’argent et lui-même savait bigrement bien ce qu’il faisait à l’époque. Il est probable que le doctorat dont il se prévaut sanctionne plus ses activités de thieb-thieba qu’autre chose. C’est cet esprit marchand qui le conditionne au point de voir la recherche de l’argent partout et dans toute œuvre humaine.

Ses propos sur les organisations de défense des droits de l’homme dénotent d’une ignorance du cadre de défense et de promotion des droits de l’homme qui relève autant d’obligations nationales que d’engagement internationaux. Monsieur le Ministre doit comprendre que la défense des droits de l’homme est une responsabilité universelle qui ne connait pas de frontières. En son temps, la communauté internationale (dont la Mauritanie) s’était élevée contre l’apartheid en Afrique du Sud et ne cesse aujourd’hui de se mobiliser légitimement aux cotés de nos frères Palestiniens pour la défense de leurs droits fondamentaux. De la même manière, cette même communauté internationale ne laissera pas l’esclavage (crime contre l’humanité) et la discrimination raciale prospérer impunément et dans le silence en Mauritanie. Mieux encore, le législateur mauritanien, en proclamant l’esclavage crime contre l’humanité, a fait de la lutte contre ce phénomène odieux, une charge universelle à laquelle l’humanité toute entière est appelée à contribuer. Dans cette même logique, pourquoi l’Afrique du Sud par exemple contre laquelle la Mauritanie s’est mobilisée sous l’apartheid ne serait pas aujourd’hui légitime autant que les autres pays africains ou occidentaux pour s’exprimer sur les violations des droits de l’homme en Mauritanie ?
Quelle cécité intellectuelle !

De toute façon, dans cet exercice, le ministre a constamment montré la profondeur de ses insuffisances intellectuelles et de sa vacuité culturelle qu’un prétendu doctorat ne saurait point combler. Ses sorties sordides et ses conférences de presse surréalistes ressemblent désormais à des numéros de comédie et des chefs d’œuvre d’ignorance qui divertissent les soirées des mauritaniens et de la communauté diplomatique à Nouakchott. Il rend ainsi au gouvernement dont il est membre le pire service en s’installant lui-même dans le sillage de l’ex-ministre de l’Information de Saddam Hussein, Mohammad Saïd al-Sahhaf. Ce faisant, j’ose espérer pour mon pays, qu’il n’inscrive également le gouvernement auquel il appartient dans la malheureuse trajectoire du gouvernement irakien de l’époque.
Comme vous le savez, récemment, il s’en est pris âprement aux Ambassadeurs de l’union européenne et de la France pour avoir tout simplement commenté avec bienveillance et bon sens les propos du Président ould Abdelaziz sur la décision de ne pas briguer un troisième mandat.
Il n’est donc pas surprenant, que la lettre de Biram Dah Abeid, président des réseaux IRA, réseaux don’t l’une des sections les plus actives est IRA-France-Mauritanie, secoue le cocotier du système en place en Mauritanie.
Cette secousse a permis aux mouchards, insulteurs et laudateurs publics et professionnels, de s’adonner de plus belle, à la sale besogne qui leurs est assignée : insulter Biram Dah Abeid, pour le compte d’un régime inique et aux abois.
Le Président Macron à qui le président Biram Dah Abeid a adressé cette lettre ouverte, est le Président de la Patrie des droits de l’homme, un homme d’Etat épris des valeurs universelles des droits de l’homme, de justice et de paix. Je suis convaincu qu’il saura faire bon usage de ce message qui est aussi un message en faveur de la stabilité dans la sous-région. Il est conscient que les violations massives des droits humains où qu’elles se produisent et constituent un danger pour la paix internationale. A cet égard, nous savons tous combien les droits sociaux, économiques, culturels et politiques des mauritaniens sont bafoués. Au-delà de la personne de Macron, cette lettre s’adresse à tous les Chefs d’État et autres décideurs qui prendront part au Sommet de Nouakchott.

Babou Abdou

Chargé de Communication de Ira-Mauritanie, membre du Conseil Exécutif.

crédit source: IRA MAURITANIE

IRA MAURITANIE : Macron en Mauritanie, le piège du reniement

Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie(Ira-Mauritanie).

Macron en Mauritanie : le piège du reniement

Lettre ouverte

Monsieur le Président de la République française,

Par ces mots, le courage ne vous manquait, en novembre 2017, de rappeler que l’esclavage est « un crime contre l’humanité ». A ceux qui reprochaient aux occidentaux leur part de responsabilité, vous l’expliquiez si justement, en Libye, « la traite d’êtres humains est faite contre des Africains par des Africains ».

Vous vous apprêtez à venir en Mauritanie, un pays où l’esclavage, omniprésent et séculaire, demeure le fait d’Africains sur d’autres Africains. Vous allez rencontrer un homme d’Etat, témoin d’une tentative d’épuration ethnique contre les autochtones noirs, de 1986 à 1991. Avec lui, vous parlerez des défis transversaux de la paix et du développement dans l’ensemble de la sous-région Sahara-Sahel.

La lutte contre le terrorisme reste la priorité de vos échanges. L’esclavage, le racisme anti-noir et l’extrémisme religieux constituent, en Mauritanie, les facettes d’une même oppression.

L’exploitation d’une main d’œuvre sous contrainte, ce fléau millénaire, continue de façonner la mémoire et le présent des miens. Bien avant la colonisation, des millions de mes compatriotes, y sont nés et continuaient à le subir, jusqu’aujourd’hui. Il s’agit d’une infamie locale, produit de notre histoire et expression d’une inhumanité du crû.

Les Hratin, inférieurs et exploités à la naissance, sont les parias de condition servile, sur la sueur duquel la Mauritanie a été bâtie. Au prétexte de la race, ils étaient (et sont parfois de nos jours) vendus, mutilés et confinés au travail indécent, offerts en cadeau ou séparés par héritage ; le Code noir de chez nous, appelé « rite malékite » ou « Charia » vulgarise l’usage de cette viande sur pied, au point de réglementer le détail du viol et du cuissage, sur les femmes, parfois mineures.

La tentative d’épuration ethnique de 1986-1991 visait l’anéantissement sinon l’expulsion des ethnies d’ascendance africaine, tels les Wolofs, les Bambaras, les Soninkés et les Pulaarophones ; l’essai sanglant se soldait par des dizaines de milliers de déportés et d’exilés, des pogroms, la banalisation de la torture, des assassinats collectifs, des disparitions forcées, des spoliation de bétail et de terre, les radiations massives dans différents secteurs de la fonction publique et des forces armées et de sécurité. En parallèle, du jour au lendemain, l’Etat fut livré aux tribus ; le vandalisme culminait avec l’effondrement de l’école et la guerre compulsive contre l’enseignement des langues étrangères. Depuis, la Mauritanie, à genoux, s’enfonce dans le fanatisme et la misère.

Ces atrocités, imputées à l’Etat, ont créé le clivage structurel et la discorde dans la communauté de destin, entre les composantes subsaharienne et arabo-sanhaja. Jamais, il n’y eut de réparation à la mesure du dégât ; au lieu de la réconciliation, l’impunité devenait le credo ; la demande de publication de la vérité, sans cesse différée, s’apparente maintenant à un délit ; à l’exception du Président civil Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, renversé en 2009 suite au putsch de son chef de sécurité – à présent au pouvoir – le déni et l’occultation cristallisaient le consensus sur la nécessité de taire le crime. La légitimité du système de domination en vigueur s’enracine dans ce silence fondateur. La dérive présente de la Mauritanie vers le wahhabisme outrancier ne poursuit d’autre objectif que de maintenir les discriminations sous le voile du sacré, afin de la mieux proroger. L’hégémonie historique dépense, ici, ses ultimes réserves de ruse.

En mai 2018, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies (Cerd), réuni à Genève, répertoriait la reproduction des inégalités liée à la généalogie et la permanence de leurs effets, à grande échelle. Les recommandations insistaient, sur la part de laxisme des tribunaux au fil des rares poursuites contre les auteurs de pratiques esclavagistes.

Il n’est besoin de chercher, loin, la source de la complaisance. Le 3 mai 2016, le chef de l’Etat, lors d’un discours dans la ville de Néma, déclarait : « Les Hratin sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions ». La politique du gouvernement cherche à supprimer socialement les Hratin et les autres composantes d’Afro-descendants mauritaniens car le fantasme de leur multiplication démographique soude les anciens maitres dans la solidarité par la panique. Le pays se dit « arabo-islamique » et, pourtant, sa majorité est noire et le sera davantage ; pour un lendemain de paix, la prudence requiert, d’élites dirigeantes, sur le déclin, de canaliser l’aspiration du grand nombre à l’égalité, point d’en contrarier le cours. Telle audace à rebours des enseignements de l’Histoire, se paie cher, toujours. Voici, Excellence, Monsieur le Président, un conseil précieux à l’endroit de votre homologue, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Combien de fois avons-nous été emprisonnés, suppliciés, relégués dans le désert et désignés à la vindicte, seulement parce que nous proclamions le droit universel à vivre libres et dignes sur la terre de nos ancêtres ?!Nos associations sont interdites, nos partis bannis, toujours figés en marge des élections. Des milliers d’entre nous errent dans le temps social, sans personnalité juridique ni visage ; comme le notait Human Rights Watch le 29 mars 2018, « le processus national d’enrôlement à l’état civil en Mauritanie empêche certains enfants de s’inscrire à l’école publique et de passer des examens nationaux obligatoires ». La biométrie se transforme en outil de marginalisation des composantes majoritaires, pour entraver leur accès aux cartes d’identité et d’électeur. Les experts indépendants et autres rapporteurs des groupes de travail de l’Onu décrivent, dans leurs conclusions étalées de 2015 à 2017, une Mauritanie que son surpoids d’injustices rend vulnérable à la dislocation.

L’Onu a également dénoncé la persécution du bloggeur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir, emprisonné depuis 4 ans. Accusé d’apostasie, position passible de la peine de mort dans le code pénal, un tribunal, au constat de son repentir, commua le verdict initial en deux années de réclusion ; enfin, il devait recouvrer ses droits élémentaires ; l’aile conservatrice du pouvoir, en connivence avec les segments pro-jihadistes de l’opinion parmi la minorité hégémonique, a décidé de le garder otage, en attendant l’audience de recours devant la Cour suprême. L’ex prévenu, aujourd’hui séquestré dans un lieu inconnu, risque l’assassinat ; le Groupe de travail sur la détention arbitraire (Onu) réclame sa libération depuis avril 2017.

Pire encore, le Conseil des ministres, soumettait, au Parlement, un projet de loi punissant de mort les « propos jugés blasphématoires », même en cas de repentir ; en vertu de la surenchère avec les groupes obscurantistes, une circonstance atténuante disparaissait, ainsi, du champ de la loi! Le 27 avril 2018, les députés votèrent le texte liberticide, à contresens de la marche des musulmans vers la quête de l’état de droit, du mieux-être et la prévention de la violence. La Mauritanie, membre du G5 Sahel, combat les groupes jihadistes hors des ses frontières et applique leur programme sur son territoire. Des écoles de savoir « islamique » où l’Etat n’exerce aucun contrôle du cursus, ont été transformées en des centres de radicalisation ou des milliers de jeunes, apprennent la haine de l’Autre, l’infériorité de la femme et le devoir d’abolir les libertés de conscience et la diversité culturelle. En lieu et place d’une connaissance qui les arme dans la compétition pour l’excellence, les voici dressés au combat, gorgés de colère contre la joie, la littérature, les sciences et toute célébration de la vie. L’éducation au rabais leur assigne le passé pour logis et espérance. Elle leur apprend à considérer, comprendre et transmettre le rapport au vivant, d’un seul prisme de vue, le regard d’outre-tombe.

Monsieur le Président, tout pouvoir sous le joug duquel enfle et boursoufle la détestation de l’autre, la méfiance envers le savoir, le refus du mérite terrestre et le désir de la mort, ne contribuera à endiguer le terrorisme. Le terrorisme procède d’un endoctrinement et résulte d’une éducation au pire, bien en amont du passage à l’acte.

Au nom du Monde libre qui inspire l’essor de la revendication démocratique en terre d’Islam, pour la civilisation, le genre humain et votre grand pays, de grâce, ne cautionnez pas la dérive qui dévaste, endeuille et tue !

Nouakchott le 18/06/2018
Biram Dah Abeid
Président des réseaux IRA dans le monde.

Source crédit: Réseaux IRA-MAURITANIE

Questions du Journal le Calame à Bala Touré Secrétaire Général du Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Le Calame : Vous venez de signer une alliance électorale avec le parti SAWAB. On avait parlé de Moustaqbel, de l’UFP et d’UNAD. Pourquoi plutôt SAWAB, parti d’obédience baath, à qui tout semblait pourtant vous opposer ?

Bala Touré : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer sur cette question qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis quelques jours. Avant d’y répondre, je voudrais, également, adresser une pensée militante à nos camarades Abdallahi Maatala Saleck et Moussa Bilal Biram, détenus injustement, depuis bientôt deux ans, au bagne de Bir Moghrein, à mille deux cents kilomètres au Nord de Nouakchott.
Revenant à votre question, je dirai que ce résultat est l’aboutissement positif d’une vieille démarche. Ayant remarqué le grand engouement suscité par les activités d’IRA auxquelles adhèrent, dans tout le pays, des masses compactes, très engagées et conscientes de ce que la solution, à toutes les questions de droits humains que nous posons, est impossible sans volonté politique exprimée, sans ambiguïté, par le tenant du pouvoir qu’il sera alors, inéluctablement, nécessaire de conquérir, nous avons mis en place une branche politique à notre association : le Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) que les autorités mauritaniennes se sont empressées d’interdire.
A l’approche des élections locales de 2013, nous avons entrepris de négocier avec divers partis de la place, en vue de trouver un cadre nous permettant de participer aux élections. Malheureusement, ces démarches n’ont pas pu aboutir, en raison d’intrusions malsaines d’officines à la solde des autorités. Durant ces trois derniers mois, nous avons approché plusieurs partis avec lesquels nous avons une convergence de vues, sur les questions nationales majeures. Mais ces nouvelles négociations ont traîné, se soldant, à chaque fois, par un échec, jusqu’à ce que nous rencontrions les responsables du parti SAWAB – une formation politique nationale fondée en 2005, bien après la chute d’Ould Taya. Avec eux, c’est bien au-delà des aspects électoralistes que nous avec pris tout notre temps, pour visiter, en profondeur, les grandes questions nationales. Et nous accorder sur nombre de celles-ci, notamment : le caractère pluriel de l’identité mauritanienne ; le droit à la différence ; la nécessité impérieuse de promouvoir les langues peul, soninké, wolof et hassanya, en vue de les développer et les hisser au statut de langues officielles, au même titre que l’arabe ; le règlement, sur la base de l’accomplissement des devoirs de vérité, de justice, de mémoire et de réparation, du lourd dossier de la tentative de génocide perpétrée, par les autorités, contre des populations noires de Mauritanie, durant les années de braise ; la nécessité d’un règlement définitif de la problématique de l’esclavage dans le pays ; le développement d’une culture de solidarité avec les générations futures, par la promotion et le respect de normes environnementales… Nous avons, ainsi, pris la décision, loin de toute passion, de fusionner notre branche politique avec le parti SAWAB – une décision majeure que nous assumons. L’histoire et le peuple mauritanien en jugeront de la pertinence.

Le Calame : Cet accord s’inscrit dans la perspective des élections locales en vue. Biram serait-il tête de liste de SAWAB pour les législatives?

BT : Oui, le président Biram Dah Abeïd dirigera la liste nationale législative. Nous nous sommes également entendus, sur le fond et la forme, en ce qui concerne toutes les élections (législatives, municipales et régionales) et plus des deux-tiers des postes électifs reviendront aux cadres issus de notre branche politique. Notre ambition est de pouvoir être candidats dans la plupart des deux cent dix-huit communes du pays.

Le Calame : Les autorités ont d’abord refusé d’autoriser votre conférence de presse, avant de l’accepter. Savez-vous pourquoi ? Ne craignez-vous pas que ces mêmes autorités reviennent à la charge pour bloquer la mise en œuvre de votre accord ?

BT : Le secrétaire général du parti fut informé, par le hakem, de l’interdiction de la conférence de presse. Le président Abdesselam ould Horma et son adjoint Ahmed ould Oubeïd ont alors réagi, en rendant visite au wali de Nouakchott-Ouest. C’est à la suite de leur réunion que l’interdiction a été levée.
Quant à la mise en œuvre de notre accord, nous ne sommes pas en mesure de prédire les comportements futurs des autorités. Ce dont nous sommes sûrs est que nous restons fidèles à nos principes et à nous-mêmes, prêts, de façon pacifique mais ferme et sans concession, à faire face à tout acte des autorités tendant à violer nos droits constitutionnels, à savoir d’association et de liberté d’expression.

Le Calame: Votre alliance avec Sawab a suscité des réactions hostiles, de la part, surtout, des anciens d’IRA et d’autres amis ou ex-alliés. Comment les avez-vous accueillies? Les comprenez-vous ?

BT :Nous sommes surtout surpris de ce regain d’intérêt, de la part de certaines personnes qui ont subitement retrouvé la mémoire. SAWAB est un parti de ce pays. Fondé en 2005, il a toujours mené ses activités, individuellement ou en partenariat avec les autres partis de l’opposition. Au lendemain du coup d’État militaire, perpétré par le général Mohamed ould Abdel Aziz, contre le président élu Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, SAWAB s’engagea dans la lutte contre le putsch, en tant que membre du FNDD où il côtoyait tous les partis de l’opposition. Après les accords de Dakar, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est fait élire dans des conditions troubles. Quelques temps après cette élection, la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) fut mise en place, avant le FNDU (Forum National pour la Démocratie et l’Unité). SAWAB fut de tous ces regroupements, en partenariat avec les autres partis d’opposition. Plus récemment, APP et El Wiam formèrent, avec SAWAB, la CAP (Coalition pour l’Alternance Pacifique). Pour mener la campagne contre le referendum du 5 Août 2017, visant à changer la Constitution, c’est avec le FNDU, le RFD, les FPC, l’UNAD, El Watan, IRA- Mauritanie et Touche pas à ma Constitution, que SAWAB a fondé le G8. Tous ont signé des documents communs avec ce parti, ont organisé des manifestations communes avec lui (conférences de presse, marches, sit-in…). Tous les fronts, coalitions, forums et groupes se sont formés sur la base d’accords écrits, en forme de mémorandums consensuels explicitant, à chaque fois, une vision partagée de la situation passée et présente de la Mauritanie.
De 2008 à ce jour, SAWAB s’est donc situé en partenariat, rapproché, avec toute l’opposition politique, au gré des alliances. En dix ans, personne de ceux qui nous critiquent aujourd’hui n’a remarqué que SAWAB n’était pas fréquentable. Personne n’a dénoncé, à aucun moment, ses alliances avec les partis politiques nationaux. De cela, il ressort, clairement, que ce n’est pas SAWAB que visent ces remous : il s’agit, tout simplement, d’une volonté manifeste de nuire à IRA-Mauritanie et à son président.
Ceux qui nous critiquent, sans fondement aucun, ne sont, en réalité, que des personnes mécontentes et, même, malades des nombreux succès de notre organisation. Elles sont de cette féodalité nostalgique du passé, fortement mise en cause par les actions réussies d’IRA-Mauritanie. Elles deviennent, de facto, les voix audibles des services de renseignement mauritaniens qui traquent, partout, les promoteurs de notre mouvement.
La plupart de nos détracteurs vivent à des milliers de kilomètres de la Mauritanie, en Europe et en Amérique du Nord. Ils ont choisi le bavardage, quand nous avons fait le choix de l’action, à l’intérieur du pays, dans la pauvreté et les privations, avec le risque élevé d’être réprimé sévèrement et d’aller en prison. C’est le choix de l’action qui nous a fait accomplir, malgré les risques accrus de répression aveugle, le devoir de mémoire envers nos martyrs, assassinés massivement, par lâcheté et racisme des éléments de forces armées et de sécurité nationale. Nous avons initié et conduit les pèlerinages aux fosses communes d’Inal, Sorimalé et Wothié.
Aucune vocifération ne nous arrêtera. Notre volonté de conquérir le pouvoir politique en Mauritanie reste intacte, dans l’intérêt des populations mauritaniennes, et nous invitons toutes les personnes et groupes épris de justice, d’égalité et de paix, à se joindre à ce projet national où seule l’action intelligente compte.

Propos recueillis par DL

Crédit source: lecalame

Regardez « Interview avec Biram Dah Abeid à Bruxelles » sur YouTube

À écouter attentivement, le leader abolitionniste et candidat déclaré aux présidentielles de 2019, Biram Dah Abeid revient sur les démarches politiques entamées ces derniers mois. Pour rappel, l’aile politique le RAG non reconnu par les autorités mauritaniennes, a acté une alliance politique et électorale avec le parti EsSawab lors d’un point de presse tenu le 31 Mai 2018 à Nouakchott.

Source crédit: Réseaux IRA