Le président D’IRA-Mauritanie invité par la fondation anti-esclavagiste britannique Reuters Fondation à Bruxelles.

Invité par la présidente de Thompson Reuters Fondation madame Monique Villa, et Heidi Hautala, le vice-président du parlement européen, à la conférence de Thompson Reuters Fondation sur L’esclavage moderne et la traite des personnes (l’oppression et l’exploitation des femmes) à Bruxelles le 6 juin 2018, le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, distribua la synthèse suivante sur la situation des violations des droits des femmes au sein des milieux sociaux défavorisés en Mauritanie:

FEMMES NOIRES EN MAURITANIE : ENTRE RACISME ET SERVITUDE.

Note de synthèse:

1. La Mauritanie continue d’occuper une place de choix parmi les latitudes où la dignité de l’être humain est considérée comme une valeur impure et une atteinte à l’identité culturelle et religieuse, à l’inverse de l’esclavage, de l’infériorité raciale et de l’inégalité des sexes. Les trois dernières tares correspondent à un ordre séculaire, qui se veut juste, perpétuel et en adéquation exclusive à la volonté de Dieu, quand bien même il attente aux fondements libérateurs du monothéisme. Les femmes expérimentent, à leur corps défendant, l’essentiel de la triple peine.
2. L’esclavage, dans sa version ancestrale, structure encore les rapports sociaux, notamment la répartition du travail et l’allocution des biens symboliques, tels la noblesse de naissance, la prétention au prestige et l’honneur. Mineures à vie, aux yeux des jurisconsultes de droit musulman mauritanien, filles et fillettes esclaves, sont jusqu’à nos jours , à la merci de leurs propriétaires. Viols et accouplement sous contrainte religieuse, unions forcées, excision, ont décimé des générations d’entre celles de naissance serviles ou réduit la plupart à une existence de handicap et de souffrance ravalée. Beaucoup naissaient ou mourraient d’un accouchement précoce et mortel ; d’autres succombaient aux maladies sexuellement transmissibles et toutes devaient travailler, quel que soit leur état de santé. Le régime des travaux forcés, durs et sans rémunération, constitue leur quotidien. Selon le degré d’aliénation mentale auquel les rabaisse le racialisme ambiant, elles supportent, toujours, ces pratiques de dégradation, parfois sous l’empire de la nécessité : manger pour survivre dans un environnement de mépris épidermique et d’exclusion matérielle.
3. Pire, plusieurs agences de voyage et de placement bénéficient d’un agrément, par le gouvernement, pour se livrer au trafic des personnes, en direction des monarchies du Golfe. Le négoce des filles descendantes d’esclaves permet, à des entreprises d’anciens maitres, d’écouler la chaire juvénile vers ces destinations d’un autre temps, où la notion de droits humains relève de l’exotisme. Les autorités de la Mauritanie, en vertu de leur ambivalence consubstantielle, encadrent ce commerce mais édictent les lois de sa pénalisation, qu’elles veillent, cependant, à maintenir hors de portée des justiciables.
4. D’autres mauritaniennes, ont perdu des fils, des pères, des maris, pendant la tentative d’épuration ethnique de 1986 à 1991. Parfois violées par les soldats des forces régulières ou des milices supplétives, elles endurent des décennies de frustration et de misère puisqu’une loi d’amnistie consacre l’impunité des tortionnaires et le fait accompli de leur forfaiture. Du jour au lendemain, elles s’improvisaient chef de famille, en charge d’élever des enfants, dans un environnement patriarcal. Des milliers durent s’exiler ou subir la déportation, durant 20 ans, avant de revenir dans un pays où leur épreuve reste un tabou.
5. Les avis, résolutions et des décisions des experts et rapporteurs spéciaux de l’ONU décrivent et dénoncent le constat allégué plus haut.
6. Malgré le tableau sombre et les signes évidents de son aggravation du fait de la montée de l’extrémisme religieux dans le pays, l’Union européenne continue à coopérer sans conditions, avec le pouvoir de la Mauritanie, foulant au pied, d’un même pas assuré, l’éthique et la prudence.

Le président de IRA – Mauritanie
Biram Dah Abeid

Source crédit: Réseaux IRA.

Déclaration de IRA Germany Sur la campagne de dénigrement contre Biram Dah Abeid

Berlin, 04.06.2018
Déclaration de IRA Germany
Sur la campagne de dénigrement contre Biram Dah Abeid

BIRAM DAH ABEID osa parmi les rares en Mauritanie à parler de génocide contre les noirs en Mauritanie., pendant que d’autres parlaient „d’événements douloureux d’Avril 1989“ ou de „passif humanitaire“.
Il fut le premier à accompagner les veuves et orphelins à Inal, wothie et Sorimalé. Il fit la prison en luttant contre l’esclavage foncier (l’expropriation des des noirs au profit d’investisseurs arabes).
Il réussit à faire le pont entre la lutte des descendants des esclaves (haratines) et des noirs africains. C‘est en fait la raison pour laquelle le régime fait tout pour réduire IRA et son leader au silence.
Par son charisme et son courage extraordinaire, il porta avec le soutien de ses amis de la diaspora, la cause des victimes de l‘esclavage et du racisme dans les tribunes internationales ( parlement européen, Nations Unies( New York et Genève). Il reçut des prix prestigieux dont le prix des droits de l’homme des Nations Unies qu‘avant lui Mandela et Martin Luther King ont reçus.
Il parvint à ce que les questions de l‘esclavage et du racisme anti noir soient plus présentes dans les médias internationaux. Même les FLAM, AVOMM et autres mouvements des negros mauritaniens, malgré leurs combats acharnés, n‘ont réussi à faire bouger les choses comme BIRAM DAH ABEID l‘a réussi en si peu de temps.

Aujourd’hui qu‘il réussit par son alliance avec les baathistes à leur faire renoncer leurs bases idéologiques ( voir la déclaration scellant l’alliance entre le RAG et ASAWAB), on le jette pour ainsi dire en pâture aux lions.
Ainsi les nationalistes arabes extrémistes considérés jusqu’ici comme les idéologues du génocide contre les noirs et jusqu’ici comme représentants de l‘idéologie d‘une Mauritanie exclusivement arabe acceptent de lutter contre l’esclavage et toute forme d’exclusion.
Au lieu de fêter cet événement historique qui peut ouvrir la voie à la réconciliation nationale et rendre possible, dans un proche futur, un jugement des génocidaires et le rétablissement des déportés dans leur droit, on tire à boulets rouge sur BIRAM DAH ABEID.
C’est à se demander si les services secrets mauritaniens ne sont pas à l’origine de cette campagne de dénigrement et de calomnie.
L’émotion des victimes des génocides , des déportés et exilés est compréhensible ( il souffre encore dans leurs chairs et vouent à juste titre une contre les baathistes), mais il y a des manipulateurs, spécialistes de la désinformation et qui sont de très mauvaise foi qui aveuglent les gens par la diffusion de contrevérités. Tout ce que BIRAM DAH ABEID dit ou écrit en ce moment est décortiqué et interprété dans le sens le plus mauvais.
Si Mandela avait dit qu’il ne négocierait jamais avec le parti national qui a supporté l‘Apartheid, le sang aurait continué à couler en Afrique du Sud.
Il faut tirer les leçons de l’histoire: Israel et les juifs travaillent avec l‘Allemagne où l‘holocauste a eu lieu.
Ceux qui prônent un changement de système et non de régime doivent savoir qu‘un régime ne change pas par lui-même mais sous le fait des hommes qui le combattent et arrivent à le changer par la prise du pouvoir .
A bas les calomniateurs aigris, les manipulateurs jaloux qui sont les vrais ennemis des negros africains de Mauritanie et des haratines.
Faisons confiance à BIRAM DAH ABEID et soutenons le. Le changement est à portée de la main avec BIRAM DAH ABEID.

Vive IRA, vive BIRAM DAH ABEID

Crédit source: Proche Réseaux IRA

Allocution (version française) de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie du 31 Mai 2018 à Nouakchott.

■Allocution de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie qui scelle l’alliance électorale et politique entre la coalition issue du parti Rag, qui le soutient, et le parti EsSawab

Biram Dah Abeid :

Pour recréer la confiance et ressusciter l’espoir au sein des mauritaniens; Les raisons d’un pacte. »

Il y a dix ans, naissait l’initiative pour la Résurgence du mouvement
Abolitionniste en Mauritanie (IRA). Tout de suite, le mouvement a été
identifié, par le pouvoir en place, comme le vecteur de la subversion
sociale et le levier de la déconstruction idéologique. Les factions
engraissées depuis des siècles dans les surplis du système
d’oppression, de prévarication et de contrefaçon, ont œuvré, depuis, à
maintenir notre essor sur le fil d’une illégalité soigneusement
entretenue. Par conscience de nous mieux exclure, il fallait nous
tenir à distance de la parole légitime, donc hors des oratoires où
elle s’autorise quelque crédit. Aux fins de cette censure, les
zélateurs du passé, les serviteurs de l’exception antidémocratique,
les érudits simoniaques – en réalité marchands du temple – et
l’ensemble du personnel voué à entériner et reproduire l’institution
de l’esclavage et des castes, réussissaient à nous immobiliser sur les
marges, usant, alors, de la loi, de la force brute et du préjugé de
masse. Les services de la sécurité politique et l’essentiel de la
presse servile contribuaient ainsi à nous imposer une mise au ban à
quoi nous condamnait, de la part du système hégémonique, notre tension
vers la rupture. Pour nous empêcher d’amplifier l’écho de
l’universalisme, de l’humanité en partage, de l’ouverture constante
sur l’ailleurs et de l’élévation morale par le savoir, le travail et
le mérite sans le secours ni le contretemps de la naissance, la
domination nous figeait dans la posture infantilisante du mineur qui
s’ébroue, rue et s’épuise hors de l’arène.
Diffamation, provocation, infiltration, calomnie, campagnes
médiatiques de lynchage, sermons dans les mosquées de l’extrémisme,
aucune diversion ne nous fut épargnée et souvent nous trébuchions en
ce piège continument tendu, au point d’y perdre de l’énergie, des
talents et notre aptitude à ressusciter l’espoir. Dispersés et parfois
inaudibles, nous gagnions certes la bataille de la persuasion parmi
les nôtres et auprès des nations libres mais demeurions bâillonnés,
chez nous, au seuil des collectivités locales et du Parlement.
Aujourd’hui, la leçon enfin apprise, il nous appartient de la
traduire, en conquête de sièges, sur le terrain de la compétition dans
les urnes.
Aussi, en vertu de la diversification imposée par la complexité de la
lutte et la brutalité de l’adversaire, une fraction détachée et indépendante de
l’ONG des droits humains, IRA, vous convie à la cérémonie qui scelle
son accord avec le parti Essawab. L’entente ponctuelle ou continue
constitue, cependant, une avancée qualitative sur la voie de la
maturation. Nous nouerons d’autres convergences, avec diverses
formations politiques, civiles et de jeunesse, à chaque fois qu’il
deviendrait possible de consolider la dynamique de progrès, pour la
Mauritanie émancipée du populisme, du racisme et du fanatisme religieux, les trois
ferments de la rapine, quand ils distraient les humbles, grabataires
et affamés, de leur identité de souffrance et de colère.
Contre la coalition de la régression et du déni, avançons en rangs serrés !

Nouakchott, le 31 mai 2018

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Point de presse: La déclaration commune.

Notre pays traverse une phase de son histoire extrêmement dangereuse en raison de la sensibilité et de la profondeur des transformations politiques, économiques et sociales qu’il subit et celles qu’il ne tarderait pas à entamer les mois et années à venir. Ce qui impose aux forces nationales sérieuses d’entreprendre des positions responsables pour relever ce défi à travers:
Premièrement: la préservation de la société contre les conflits internes sous-jacents de l’injustice et des inégalités sociales sous toutes leurs formes, la réalisation des conditions requises pour le maintien de l’unité des composantes du peuple mauritanien et de leur cohésion, l’entretien des constantes unificatrices de la société notamment sa sécurité spirituelle, son identité nationale commune et ses symboles linguistiques, culturels et civilisationnels, la prise en compte des diverses valeurs dictées par la nature du pluralisme culturel et le droit à la différence et le bannissement de tout appel à l’exclusion et au racisme, quelle que soit leur nature: ethnique, linguistique et même zonale.

Deuxièmement: l’élimination définitive de toutes les formes d’esclavage et des sphères de pauvreté et de fragilité mais aussi de tous les environnements favorables aux atteintes aux droits de l’homme conformément aux normes de l’égalité politique entre les citoyens en droits et en devoirs et au respect de leurs volonté et choix conscient et libre.

Troisièmement : promouvoir le processus de transformation démocratique pour atteindre un état de développement positif des institutions, du droit et de la loi – des réalisations majeures basées sur le principe du transfert pacifique du pouvoir par les urnes loin de la violence et de la perturbation des bureaux de vote.

La situation de notre pays à la veille des élections législatives, régionales et municipale augure de beaucoup d’espoirs mais aussi comporte des risques certains alimentés par une pénurie importante dans la qualification des partis, l’élargissement des cercles de désespoir politique ce qui impose de placer l’intérêt national suprême au-dessus de toute considération autre, d’assembler les énergies susceptibles de renforcer l’unité nationale et d’enrichir les efforts de l’opposition démocratique en Mauritanie dans le maintien du choix démocratique et renforcer les acquis en la matière.

Considérant ce qui précède, le parti SAWAB et le mouvement ayant soutenu la candidature du président Biram Dah Abeid aux dernières élections présidentielles déclarent leur alliance en vue des élections Municipales, régionales et législatives de 2018 telle indiquée en annexe et celles des présidentielles de 2019 dans lesquelles le parti SAWAB s’engage à soutenir la candidature du président Biram Dah Abeid. Les deux parties expriment un désir réel que ce partenariat soit une première étape dans le développement d’un projet national unitaire faisant évoluer le pays vers des options réelles de paix civile et de transition démocratique en 2019. Ils exhortent toutes les forces démocratiques nationales quel que soit leur domaine de préoccupation à prendre conscience de l’importance de resserrer les rangs pour préserver l’Etat et la société contre les différents dangers qui les entourent aujourd’hui.
Comme les deux parties déclarent tendre la main à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à se joindre à ce pôle régi par l’unique vision consistant à mettre fin définitivement aux passifs humanitaire, économique et culturel néfaste des régimes d’exception, à préserver la nation, à faire face aux défis du développement et à consolider la démocratie.

15 ramadan 1431 correspondant au 31 mai 2018

■Dr Abdoul Salam Ould Horma

■Biram Dah Abeid

■Président du Parti SAWAB

■Candidat aux Présidentielles

Gaëtan Mootoo s’en est allé, la famille des Droits humains est endeuillée

Communiqué de Condoléance

Ce mercredi 25 mai 2018 s’est éteint monsieur Gaëtan Mootoo. Gaëtan Mootoo fût enquêteur hors pair d’Amnesty International. Une vie de spécialiste chevronné mais aussi de combattant infatigable pour la dignité et les Droits humains s’en est allée, ôtée à jamais à notre affection.

Le feu Gaëtan Mootoo était un grand connaisseur de la problématique des droits humains en Afrique en général et en Mauritanie, en particulier ; à la douloureuse occasion de son décès, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) exprime sa profonde compassion et adresse ces condoléances sincères à l’endroit de la famille, des collègues et amis éplorés du regretté Gaëtan Mootoo.

Nouakchott, le 28 mai 2018

La Commission de communication

Mauritanie : Une lanceuse d’alerte arrêtée pour avoir dénoncé de présumées accointances entre le gouvernement et les groupes jihadistes

Note d’alerte

1. Le 17 mai 2018, à Nouakchott, huit véhicules de la police investissent la maison de Mariem Cheikh, membre du Conseil exécutif de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (Ira), plusieurs fois arrêtée, torturée, jugée et condamnée, à cause de son engagement pour l’égalité des droits civils, politiques et la fin des discriminations de race.

2. Dans une vidéo de 2015, re-partagée de sur les réseaux sociaux depuis la mi-mai, elle dénonçait la tolérance dont jouissent les les jihadistes, de la part des autorités officielles de la République islamique de Mauritanie. Dans son laïus, tenu en Français approximatif mais à la formulation sans équivoque, elle demande, aux alliés et partenaires extérieurs d’enquêter sur cette ambivalence, d’ailleurs relevée, depuis quelques années, par des observateurs avertis et des médias de renom. Mariem Cheikh souligne, surtout, la naïveté des démocraties de l’Occident et des organisations internationales, quand elles coopèrent avec le Mauritanie, dans le cadre de la lutte antiterroriste, alors que le pays en produit, abrite et exporte.

3. Ainsi plaidé à visage découvert, le propos vient dévoiler et corroborer la tendance lourde d’une société en cours de radicalisation, sur fond de racisme à l’endroit des africains d’ascendance subsaharienne. Cette dynamique la prédispose à constituer, sous un délai de court terme, le plus grand foyer d’extremisme violent en Afrique de l’Ouest. Pour preuve, Mariem Cheikh qui s’exprimait devant les enquêteurs de la police établit le lien entre le basculement consomé dans l’extrémisme et la récente adoption, par l’Assemblée nationale de Mauritanie, sur proposition du pouvoir exécutif, de lois attentatoires à la liberté de conscience, aux droits de la défense et en totale conformité avec le programme des jihadistes. Or, rappelle Mariem, le pays participe à la force G5 Sahel et envoie ses fils y mener une guerre déjà perdue derrière les lignes.

4. Dès 2h du matin, 3 officiers de police, tous arabo-berbères, entament jusqu’à l’aube, l’interrogatoire de Mariem Cheikh. Il lui est proposé, en contrepartie de la fin des poursuites, d’accepter l’enregistrement d’un film où elle imputerait sa déclaration litigieuse, à une dictée de Biram Dah Abeid, le leader de son organisation. Un refus catégorique sera opposé à l’offre. Le lendemain, 18 mai, le Procureur près le tribunal de Nouakchott-Sud renvoyait la détenue récalcitrante, au commissariat de police de Riadh III, pour « complément d’enquête », une manière d’obtenir, d’elle, le désaveu public du Président de Ira-Mauritanie.

5. Finalement, Mariem Cheikh, descendante d’esclave, militante de l’émancipation de la majorité noire en Mauritanie et lanceuse d’alerte sur la propagation du jihadisme, fut relâchée durant l’après-midi, après des heures d’intimidation mais sans atteinte à son intégrité corporelle. Elle encourt de nouvelles persécutions, voire la liquidation physique, par l’effet convergent de la répression d’Etat et du fanatisme accru à l’intérieur de la société Maure, la communauté des anciens maitres.

Nouakchott, le 19 mai 2018

Liens connexes :

A. https://www.chezvlane.com/La-Mauritanie-bascule-dans-le-tourbillon-de-l-extremisme-religieux_a4565.html

B. https://www.youtube.com/watch?v=9Z87WJiDrKo

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Rencontre: le président de Réseaux IRA, Biram Dah Abeid reçu à la Mairie de Paris.

Au cours de la dernière étape de sa tournée Européenne, le président des réseaux IRA dans le monde Biram Dah Abeid, a été invité par la maire de Paris Anne Hidalgo, à la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, organisée le 10 mai 2018 à la place du général Catroux. Le président d’IRA a déposé une gerbe de fleures sous le monument du général Dumas, général de l’armée française, antillais descendant d’esclaves et père du chantre de la négritude Léon Gontrans Dumas.
Et toujours dans le cadre de ses activités avec la mairie de Paris, BDA a été reçu le 14 mai par l’ambassadricie chargée des relations internationales de la maire de Paris Patrizianna Sparaciano-Thiellay et sa conseillère Anaïs Mit. Au cours de cette entrevue le président d’IRA était accompagné par Ameth Gaye, vice-président d’IRA-France,  Elhadj Fall et ďautres membres de la cellule stratégique de BDA en France.
Les échanges du jour ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux parties.

Source crédit: IRA-France

La rencontre autour du président Réseaux IRA, BDA à Paris 12-5-2019 : l’événement en Photos par notre BLOG.

Le lien de l’intervention du leader abolitionniste: https://wp.me/p5GJMr-Sh

Couverture en photos par K.S

La Mauritanie en 2019 : diagnostic et prescription

Introduction de Biram Dah Abeid

Paris, le 12 mai 2018

Certains d’entre vous s’attendent sans doute à m’entendre tenir un discours enflammé sur l’esclavage et le racisme ; qu’ils me permettent, cette fois-ci, de les prendre de court. Non pas que je renie les thématiques maitresses de notre lutte mais parce qu’il importe, aujourd’hui, d’élargir la vision et la réflexion, pour mieux cerner les enjeux du risque, désormais réel, de voir notre Mauritanie disparaître, à force de s’être fourvoyée, oubliée, avilie dans la résignation au fait accompli.

Si nous croyons aux principes d’équité que nous agitons et ruminons depuis des années, le temps n’est-il pas venu de les inscrire dans le champ du réel ? C’est à cet exercice, sans complaisance ni excès, que je vous convie, chers amis de la diaspora et compagnons de route !

Notre attachement à la démocratie ne vaut le slogan ni la salive tant que nous n’aurions décidé et agi en vue de faire coïncider, ici et maintenant, l’égalité de naissance et la justice citoyenne. Ainsi, le pluralisme et la régulation pacifique des conflits prennent sens ; une société qui ignore les règles aussi élémentaires du vivre-ensemble sombre dans la violence, tôt ou tard. Or, la démocratie présuppose l’effacement des discriminations, la pénalisation de l’esclavage et de l’exclusion de caste, l’abolition du népotisme et des arrangements tribaux.

Les défis énumérés plus haut constituent l’élan et l’horizon de notre lutte. Il est temps de les traduire dans le temps du concret. Parfois, nous donnions l’impression de brûler les étapes, de mettre la charrue avant les bœufs. Désormais, un ajustement s’impose ; oui, mon propos laisse entrevoir un début d’autocritique ; j’aurais d’autres occasions de la dérouler en détail.

Oui, des obstacles se dressent encore en travers de notre détermination et nous devons les dépasser sous peine de devoir nous contenter de la parole indignée tandis que le bloc de la prédation pille notre avenir et nous impose, chaque jour, la fade réalité de la faim, de la frustration et de la colère sans issue.

A. De quels préalables s’agit-il?

1. Je dois insister sur les droits civils et politiques, objet d’un Pacte fameux des Nations unies en 1970 ; je mets en avant cette catégorie de règles élémentaires, à défaut desquelles un groupe social se réduit à reproduire la loi du plus fort. Vous savez combien le plus fort ne le reste jamais à vie. L’histoire de l’espèce humaine déborde d’exemples pour qui sait en interpréter les signes.

Chez nous, depuis quelques années, le gouvernement s’est employé à mettre en œuvre l’enrôlement biométrique, afin de doter les divers services de l’Etat, d’outils de gestion et de prospective, autant que des instruments de contrôle des mouvements de population. A l’ère des menaces diffuses et de la sophistication de la criminalité à l’échelle du monde, la création d’un fichier universel des personnes répondait aux impératifs de modernisation et de prévention dont l’époque nous impose la nécessité. Je le confesse à demi, il aurait fallu saluer l’initiative – certes tardive ; hélas, les réflexes de contournement, la triche héritée et le vice congénital de se croire le plus malin firent vite dévier l’intention affichée, au service d’un dessein d’oppression insidieuse, je dirais honteuse aujourd’hui, quoique assumée depuis des siècles.

Assez tôt, le recours à l’informatisation, sous l’effet d’une batterie de critères destinés à marginaliser ceux dont le système craint le nombre et la probable solidarité, produisit une monstrueuse sélection, contre les pauvres, les analphabètes et les humbles. Il se trouve que la majorité des cadets sociaux sont des noirs d’ascendance subsaharienne. Il se trouve aussi qu’ils représentent le potentiel écrasant d’une majorité dont les pouvoirs successifs s’acharnent à empêcher l’éveil et la convergence, pourtant imparables.

L’’etat civil mauritanien devient l’outil de la relégation sociale. Des ressortissants de toujours, auquel nul esprit sain ne contesterait la préséance historique sur le sol, peinent à se faire enrôler ; ainsi, impasse voulue, ne peuvent-ils voter ni se porter éligible aux suffrages de leurs compatriotes; attaché à la logique des privilèges, d’où sa posture défensive, le groupe hégémonique les soumets à des conditions de preuve, de témoignage, d’attestation et de vérification bureaucratiques, telles que leur désir de carte d’identité ou d’électeur s’émousse, s’évanouit dans le désarroi et l’acrimonie sourde. La liste des documents à produire confine à un concours d’élimination ciblée. Or, d’une échéance électorale à la suivante, leur masse enfle, de l’aveu même de l’actuel Chef de l’Etat, lors de sa déclaration fameuse à Néma, le 3 mai 2016 ; je cite « Les hratines sont nombreux et font trop d’enfants et rien ne peut être fait pour eux dans ces conditions »..

Ici, permettez-moi, je vous prie, un rappel comparatif. Vous savez, ce qui arrive ailleurs n’arrive pas seulement autres et, contrairement à l’idée répandue dans les cercles du pouvoir et la fraction réactionnaire de l’opinion, la Mauritanie n’est pas une citadelle à l’abri de l’évolution humaine. En Côte d’Ivoire où je suis allé à la rencontre de nos compatriotes, il aura suffi d’une politique similaire de suspicion à l’endroit d’une communauté, pour que le pays sombre dans le désordre et la haine, de 2001 à 2011. J’invite nos élites – épuisées ou émergentes – à méditer l’exemple afin de mieux en anticiper le risque de mimétisme chez nous.

2. Mais à admettre la levée de l’écueil de l’état-civil, comment arbitrer un scrutin en toute impartialité ? Ce sera le second volet de mon propos.

Oui, parlons de la Commission nationale électorale indépendante, la mal-réputée Ceni. Je souligne le dernier adjectif « indé-pen-dan-te » ; ainsi, l’aberration ne vous échappe : les membres de l’instance d’arbitrage du choix populaire sont nommés par le Président de la république, après consultation des segments partisans dont il admet la représentativité. Vous voyez, un peu, à quel point l’on se moque de vous, de nous tous ? Comment prétendre garantir la transparence et l’éthique, si l’on se place, d’emblée, dans la posture ubiquitaire du juge et de la partie, de l’arbitre et du joueur ?!!!! In fine, ne cherche-t-on plutôt à provoquer la protestation légitime, pour la mieux réputer trouble à l’ordre public, la réprimer et installer alors le pays dans un régime d’exception vernie?

Pour la stabilité de la Mauritanie et de l’environnement régional, nous demandons, instamment, aux autorités mauritaniennes, avec le concours des partenaires multilatéraux, des partis et de la société civile, de mener un exercice de raison et d’introspection, au terme de quoi des mesures courageuses permettraient de refonder la Ceni sur des bases de consensus inclusif. Comme toutes les choses précieuses, la paix a son prix ; chez nous, il paraît bien modique, au regard de ce que coûterait l’aventure désastreuse d’un passage en force.

Pour notre part, nous engageons, nos militants et soutiens en Mauritanie et ailleurs, à se mobiliser par les moyens pacifiques pour une Ceni du peuple, gardienne de l’impartialité pour l’alternance. Le verdict des urnes n’en serait que plus crédible.

Nous les appelons à se faire enrôler, partout et leur promettons notre aide active quels que soient les candidats auxquels irait leur préférence ; par delà le vote, disposer de documents d’identité fiable relève de la marche individuelle vers l’épanouissement, l’éducation, la santé et la participation au devenir de la cité.

B. A présent, malgré l’optimisme de la volonté, n’évacuons la lucidité du pire :

1. Le pays, pour survivre, a besoin d’une véritable transition, en vue de réussir l’alternance socio-historique. Vous connaissez l’état de l’économie et des finances publiques, leur faillite retentissante, le délabrement des services de base, des infrastructures, la destruction de l’écosystème naturel, l’aplatissement de la conscience, de la rapine, de l’’arnaque, l’arrogance affairiste, le délitement de la vergogne, la corruption banalisée, le chômage érigé en évidence existentielle…..Comment voulez-vous qu’une telle ruine puisse accoucher d’un ré-enchantement national ?

2. Un autre symptôme inquiétant mérite mention: l’évolution lente et laborieuse de l’État de droit butte sur la résurgence de pratiques autoritaires qui favorisent la régression sur les acquis de 2005 à 2008 : les interdictions des partis et d’organisations non-gouvernementales, sur une base insolemment raciste, les poursuite et condamnation de contestataires, à des peines disproportionnées, précédées de détentions préventives, elles-mêmes assorties de tortures, la persécution du capital privé en concurrence avec les intérêts de l’oligarchie, la concurrence déloyale du sommet du pouvoir aux acteurs économiques, la banqueroute des sociétés et projets publics, la dilapidations des financements obtenus, de l’extérieur, en dons, subventions et prêts à long terme, l’opacité dans l’exploitation du sous-sol et des richesses halieutiques, les surfacturations de dépenses par des fournisseurs-prêtes-noms, bref, la normalisation de l’imposture..

3. Avant dernier thème, le tableau s’assombrit, chaque année, avec la surenchère obscurantiste des fatwas et normes liberticides ; pareille dérive, absolument inédite dans le récit de ce peuple esclavagiste mais naguère si tolérant, va à l’encontre de ses préceptes religieux, culturels et de sa diversité culturelle ; il est à la fois triste et confondant qu’au moment où l’inventeur du l’extrémisme violent, l’Arabie Saoudite, tourne le dos à de tels dogmes, nos dirigeants aventuriers y foncent, tête baissée, sans même s’embarrasser de la contradiction flagrante de leur participation au G5 Sahel. Pourquoi combattre le terrorisme si l’on se met à appliquer le programme des groupes terroristes ?

4. Enfin, dernier argument à l’appui de mes alarmes, j’attire votre attention sur la permanence de la tension hystérique avec le reste du monde, après une décennie d’aversion agressive envers l’opposition, les défenseurs des droits humains, les étrangers, les Etats voisins. A présent, le pouvoir, se livre à la falsification de l’histoire, dans une entreprise de braquage par effraction sur la mémoire collective ; il nous impose un nouveau drapeau, un hymne rafistolé, nous invente des épisodes de résistance anticoloniale et encourage la haine de la langue française, non sans pousser à l’invective des Ong internationales de promotion de la dignité humaine ; comme aux pires heures de la guerre froide, sa police expulse les journalistes et les bénévoles de l’action humanitaire, obsédé par le délire de l’espionnite aiguë où tant de tyrannies ont sombré. Le comble de l’hostilité compulsive réside dans les campagnes de dénigrement, contre les rapporteurs spéciaux au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu.

Mes amis, mes frères et compagnons de lutte, si le bilan et les perspectives que je dresse ici vous inspirent le doute, la divergence ou l’adhésion, sachez-le, je suis venus en discuter avec vous ; je suis venue chercher la contradiction sincère et frontale ; la foi chevillée au corps, en notre pays la Mauritanie, enfin réparée et debout, surtout ouverte à l’Autre, travailleuse, créatrice, libre, vouée à la joie, reconnaissante du mérite, émancipée de la médiocrité, m’a conduit devant vous.

Merci, encore, de m’avoir écouté. Débattons !

Source crédit: Réseaux IRA

Cérémonie de la présentation du livre:  » Plus jamais d’Esclavage; le Combat Pacifique de Biram Dah Abeid pour les Droits Humains en Mauritanie » à Rome le 9 mai 2018.

L

‘auteur de l’ouvrage est Maria Tatsos, est présente au siège de la Stampa Italiana, la maison d’édition qui habrite l’événement ainsi que les auteurs de la préface et de la postface de cet ouvrage sur la trajectoire de Biram Dah Abeid et de son organisation IRA-Mauritanie : le responsable de Amnesty-International Italie Giusepe Maimoune, et un universitaire anthropologue, spécialiste de l’esclavage, et ayant travaillé sur la Mauritanie.

La cérémonie ouverte par la vice-présidente de Stampa Italiana, et le modérateur, qui représente la maison d’édition Paoline, donne la parole au responsable d’Amnesty international. Ce dernier loue l’engagement de Biram Dah Abeid qu’il qualifie de défenseur de droits humains, incorruptible et plein d’abnégation, digne héritier de Nelson Mandela. Ricardo Noury met l’accent aussi sur la persistance de l’esclavage et la discrimination en Mauritanie et la nécessité de les éradiquer. Il fustige le fait que le gouvernement italien reçoit le ministre de la défense mauritanien, membre d’un gouvernement coupable de perpétuation de l’esclavage.

Maria Tatsos, l’auteur, décrit Biram Dah Abeid comme un Ghandi Africain dont la force des idées, des mots et des actions ont bouleversé la société mauritanienne; les fortes secousses que Biram Dah Abeid et son organisation ont infligé à la société, ont permis aux hratin, et aux autres cadets sociaux, naguère résignés et effacés, de prendre la parole et l’initiative. Tatsos rappela les péripéties de la confrontation idéologique et religieuse entre Hratin et Beydane à travers deux camps protagonistes: Biram Dah Abeid et IRA d’une part, érudits maures et pouvoir mauritanien d’autre part. L’écrivaine souligne que pour le moment, pouvoir et groupes dominants ont perdu la bataille médiatique, sur le plan diplomatique et à travers l’angle de la légitimité par le droit international; elle atteste aussi que la popularité grandissante dont jouit IRA et son président, au sein des populations mauritaniennes, dénotent de l’affaiblissement de l’emprise des groupes dominants sur le peuple, et surtout sur les franges hratin. Mais hélas, le rapport en images accompagné de forts commentaires, sur la situation de l’esclavage en Mauritanie, révèle la désolation, la persistance de l’esclavage domestique, l’esclavage foncier, les viols systématiques, la privation de l’État civil et l’énorme pauvreté. Maria Tatsos constate à travers son exposé que l’esclavage continue à sévir sous toutes ses formes, caché tant bien que mal, par les autorités mauritaniennes.

L’universitaire Giusepe Maimoune, fait remonter le début du militantisme anti-esclavagiste hratin en Mauritanie à 40 ans, date de la création de Elhor; mais pour lui le vrai défi posé à l’État Mauritanien, au sujet de la question de l’esclavage et des Hratin ou celle du racisme, c’est avec la création et l’activisme intérieur et extérieur de IRA. Pour Maimoune les actions, activités et discours téméraires de Biram Dah Abeid et ses compagnons, ont permis d’implanter IRA dans toutes les villes et tous les villages de Mauritanie; et que la Mauritanie a acquis une célébrité qui lui a tant manqué, grâce à la renommée internationale du leader d’IRA-Mauritanie et à la médiatisation de ses actions ou discours. L’universitaire italien a souligné que l’interdiction du mouvement IRA et le parti RAG qui en est une émanation, a limité l’efficacité de Biram Dah Abeid et ses compagnons; néanmoins, pour Maimoune, le score de 9 pour cent aux dernières élections présidentielles, est très bon et il considère que c’est autour de l’ouverture ou non du jeux démocratique en Mauritanie, que l’issue de la confrontation va se décider. Maimoune affirme que le bouleversement profond et globale que IRA et son président ont commencé à imprimer pour la Mauritanie, dénote que leur action est multiforme et dépasse le cadre d’une simple activité pour les droits humains, et vers une opération de changement sociétal et politique globale.

Allocution de Biram Dah Abeid

Aujourd’hui encore, je vis, avec vous, des moments où ma lutte, celle de mes compagnons, est magnifiée, en Italie, par la belle langue de ce peuple, héritier d’un empire et produit d’une bataille mémorable contre le fascisme, une autre forme d’esclavage, comme le rappelait le moins anonyme des Turinois, le prosateur de l’urgence, Primo Levi, dans son livre « Si c’est un homme ». Oui, nous avons choisi de devenir des hommes, debout, à l’inverse de son personnage, cet être résigné à son sort, orphelin même de la volonté de survie.
L’écrivaine Maria Tatsos, s’est investie pour vous rendre compte de notre longue marche et léguer, aux générations futures, la trajectoire des derniers témoins de l’esclavage de naissance dans le monde arabo-musulman. Maria, emboîte ainsi le pas, de la plus belle manière, à bien des figures de l’humanisme engagé dans votre pays. Aussi, citerais-je, entre autres compagnons de route, Ivana Dama, feu Marco Panella, Ricardo Noury et Giusepe Maimoune ; je n’oublierai, non plus, l’amitié admirable de Francesca Doria et de Marisa Sovoia.
Permettez-moi, s’il vous plaît, de rendre hommage à toutes les militantes et militants pour une Mauritanie de l’égalité ; compatriotes ou étrangers, ils ont maintenu, intacte, afin de la transmettre encore et toujours, la sève de l’universalisme en actes. Au nom de notre appartenance commune à l’espèce humaine, mon souvenir, empreint de fierté, va vers les mauritaniens, d’extraction esclavagiste ou descendants de maître, qui ont décidé l’éradication du système de privilèges par le sang ; d’autres, moins visibles, mènent, souvent de manière diffuse, des formes de refus et de résistance dont témoigne, aujourd’hui, l’écriture ardente de Maria Tatsos, un texte où le lecteur pressent la verve de Curzio Malaparte et beaucoup de Pier Paolo Pasolini, idéaliste de la transformation sociale.
Maria, chers amis, je dois me mettre à apprendre l’italien, pour ne plus me contenter des traductions vers l’Arabe et le Français. Grace à votre ouvrage, j’irai à la rencontre du plus albanais des Sardes, Antonio Gramsci dont les expressions « société civile », « intellectuel organique » et « hégémonie culturelle» décrivent tant notre combat. En relisant les « Cahiers de prison », peut-être découvrirais-je, enfin, le secret ambivalent des écrivains d’Italie, quand ils excellent à exposer la souffrance de l’Autre mais aussi en magnifier l’espoir, comme une forme de rachat, j’allais dire de rédemption, devant la cruauté de la vie.
Alors, oui, continuions, ensemble, à espérer et agir, sans trop rêver. Seul l’effort collectif paie.
Je vous remercie.

Crédit source: le président de Réseaux IRA