Questions du Journal le Calame à Bala Touré Secrétaire Général du Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale)

Le Calame : Vous venez de signer une alliance électorale avec le parti SAWAB. On avait parlé de Moustaqbel, de l’UFP et d’UNAD. Pourquoi plutôt SAWAB, parti d’obédience baath, à qui tout semblait pourtant vous opposer ?

Bala Touré : Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de m’exprimer sur cette question qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive, depuis quelques jours. Avant d’y répondre, je voudrais, également, adresser une pensée militante à nos camarades Abdallahi Maatala Saleck et Moussa Bilal Biram, détenus injustement, depuis bientôt deux ans, au bagne de Bir Moghrein, à mille deux cents kilomètres au Nord de Nouakchott.
Revenant à votre question, je dirai que ce résultat est l’aboutissement positif d’une vieille démarche. Ayant remarqué le grand engouement suscité par les activités d’IRA auxquelles adhèrent, dans tout le pays, des masses compactes, très engagées et conscientes de ce que la solution, à toutes les questions de droits humains que nous posons, est impossible sans volonté politique exprimée, sans ambiguïté, par le tenant du pouvoir qu’il sera alors, inéluctablement, nécessaire de conquérir, nous avons mis en place une branche politique à notre association : le Parti RAG (Parti Radical pour une Action Globale) que les autorités mauritaniennes se sont empressées d’interdire.
A l’approche des élections locales de 2013, nous avons entrepris de négocier avec divers partis de la place, en vue de trouver un cadre nous permettant de participer aux élections. Malheureusement, ces démarches n’ont pas pu aboutir, en raison d’intrusions malsaines d’officines à la solde des autorités. Durant ces trois derniers mois, nous avons approché plusieurs partis avec lesquels nous avons une convergence de vues, sur les questions nationales majeures. Mais ces nouvelles négociations ont traîné, se soldant, à chaque fois, par un échec, jusqu’à ce que nous rencontrions les responsables du parti SAWAB – une formation politique nationale fondée en 2005, bien après la chute d’Ould Taya. Avec eux, c’est bien au-delà des aspects électoralistes que nous avec pris tout notre temps, pour visiter, en profondeur, les grandes questions nationales. Et nous accorder sur nombre de celles-ci, notamment : le caractère pluriel de l’identité mauritanienne ; le droit à la différence ; la nécessité impérieuse de promouvoir les langues peul, soninké, wolof et hassanya, en vue de les développer et les hisser au statut de langues officielles, au même titre que l’arabe ; le règlement, sur la base de l’accomplissement des devoirs de vérité, de justice, de mémoire et de réparation, du lourd dossier de la tentative de génocide perpétrée, par les autorités, contre des populations noires de Mauritanie, durant les années de braise ; la nécessité d’un règlement définitif de la problématique de l’esclavage dans le pays ; le développement d’une culture de solidarité avec les générations futures, par la promotion et le respect de normes environnementales… Nous avons, ainsi, pris la décision, loin de toute passion, de fusionner notre branche politique avec le parti SAWAB – une décision majeure que nous assumons. L’histoire et le peuple mauritanien en jugeront de la pertinence.

Le Calame : Cet accord s’inscrit dans la perspective des élections locales en vue. Biram serait-il tête de liste de SAWAB pour les législatives?

BT : Oui, le président Biram Dah Abeïd dirigera la liste nationale législative. Nous nous sommes également entendus, sur le fond et la forme, en ce qui concerne toutes les élections (législatives, municipales et régionales) et plus des deux-tiers des postes électifs reviendront aux cadres issus de notre branche politique. Notre ambition est de pouvoir être candidats dans la plupart des deux cent dix-huit communes du pays.

Le Calame : Les autorités ont d’abord refusé d’autoriser votre conférence de presse, avant de l’accepter. Savez-vous pourquoi ? Ne craignez-vous pas que ces mêmes autorités reviennent à la charge pour bloquer la mise en œuvre de votre accord ?

BT : Le secrétaire général du parti fut informé, par le hakem, de l’interdiction de la conférence de presse. Le président Abdesselam ould Horma et son adjoint Ahmed ould Oubeïd ont alors réagi, en rendant visite au wali de Nouakchott-Ouest. C’est à la suite de leur réunion que l’interdiction a été levée.
Quant à la mise en œuvre de notre accord, nous ne sommes pas en mesure de prédire les comportements futurs des autorités. Ce dont nous sommes sûrs est que nous restons fidèles à nos principes et à nous-mêmes, prêts, de façon pacifique mais ferme et sans concession, à faire face à tout acte des autorités tendant à violer nos droits constitutionnels, à savoir d’association et de liberté d’expression.

Le Calame: Votre alliance avec Sawab a suscité des réactions hostiles, de la part, surtout, des anciens d’IRA et d’autres amis ou ex-alliés. Comment les avez-vous accueillies? Les comprenez-vous ?

BT :Nous sommes surtout surpris de ce regain d’intérêt, de la part de certaines personnes qui ont subitement retrouvé la mémoire. SAWAB est un parti de ce pays. Fondé en 2005, il a toujours mené ses activités, individuellement ou en partenariat avec les autres partis de l’opposition. Au lendemain du coup d’État militaire, perpétré par le général Mohamed ould Abdel Aziz, contre le président élu Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi, SAWAB s’engagea dans la lutte contre le putsch, en tant que membre du FNDD où il côtoyait tous les partis de l’opposition. Après les accords de Dakar, Mohamed Ould Abdel Aziz s’est fait élire dans des conditions troubles. Quelques temps après cette élection, la COD (Coordination de l’Opposition Démocratique) fut mise en place, avant le FNDU (Forum National pour la Démocratie et l’Unité). SAWAB fut de tous ces regroupements, en partenariat avec les autres partis d’opposition. Plus récemment, APP et El Wiam formèrent, avec SAWAB, la CAP (Coalition pour l’Alternance Pacifique). Pour mener la campagne contre le referendum du 5 Août 2017, visant à changer la Constitution, c’est avec le FNDU, le RFD, les FPC, l’UNAD, El Watan, IRA- Mauritanie et Touche pas à ma Constitution, que SAWAB a fondé le G8. Tous ont signé des documents communs avec ce parti, ont organisé des manifestations communes avec lui (conférences de presse, marches, sit-in…). Tous les fronts, coalitions, forums et groupes se sont formés sur la base d’accords écrits, en forme de mémorandums consensuels explicitant, à chaque fois, une vision partagée de la situation passée et présente de la Mauritanie.
De 2008 à ce jour, SAWAB s’est donc situé en partenariat, rapproché, avec toute l’opposition politique, au gré des alliances. En dix ans, personne de ceux qui nous critiquent aujourd’hui n’a remarqué que SAWAB n’était pas fréquentable. Personne n’a dénoncé, à aucun moment, ses alliances avec les partis politiques nationaux. De cela, il ressort, clairement, que ce n’est pas SAWAB que visent ces remous : il s’agit, tout simplement, d’une volonté manifeste de nuire à IRA-Mauritanie et à son président.
Ceux qui nous critiquent, sans fondement aucun, ne sont, en réalité, que des personnes mécontentes et, même, malades des nombreux succès de notre organisation. Elles sont de cette féodalité nostalgique du passé, fortement mise en cause par les actions réussies d’IRA-Mauritanie. Elles deviennent, de facto, les voix audibles des services de renseignement mauritaniens qui traquent, partout, les promoteurs de notre mouvement.
La plupart de nos détracteurs vivent à des milliers de kilomètres de la Mauritanie, en Europe et en Amérique du Nord. Ils ont choisi le bavardage, quand nous avons fait le choix de l’action, à l’intérieur du pays, dans la pauvreté et les privations, avec le risque élevé d’être réprimé sévèrement et d’aller en prison. C’est le choix de l’action qui nous a fait accomplir, malgré les risques accrus de répression aveugle, le devoir de mémoire envers nos martyrs, assassinés massivement, par lâcheté et racisme des éléments de forces armées et de sécurité nationale. Nous avons initié et conduit les pèlerinages aux fosses communes d’Inal, Sorimalé et Wothié.
Aucune vocifération ne nous arrêtera. Notre volonté de conquérir le pouvoir politique en Mauritanie reste intacte, dans l’intérêt des populations mauritaniennes, et nous invitons toutes les personnes et groupes épris de justice, d’égalité et de paix, à se joindre à ce projet national où seule l’action intelligente compte.

Propos recueillis par DL

Crédit source: lecalame

Regardez « Interview avec Biram Dah Abeid à Bruxelles » sur YouTube

À écouter attentivement, le leader abolitionniste et candidat déclaré aux présidentielles de 2019, Biram Dah Abeid revient sur les démarches politiques entamées ces derniers mois. Pour rappel, l’aile politique le RAG non reconnu par les autorités mauritaniennes, a acté une alliance politique et électorale avec le parti EsSawab lors d’un point de presse tenu le 31 Mai 2018 à Nouakchott.

Source crédit: Réseaux IRA

Le président D’IRA-Mauritanie invité par la fondation anti-esclavagiste britannique Reuters Fondation à Bruxelles.

Invité par la présidente de Thompson Reuters Fondation madame Monique Villa, et Heidi Hautala, le vice-président du parlement européen, à la conférence de Thompson Reuters Fondation sur L’esclavage moderne et la traite des personnes (l’oppression et l’exploitation des femmes) à Bruxelles le 6 juin 2018, le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, distribua la synthèse suivante sur la situation des violations des droits des femmes au sein des milieux sociaux défavorisés en Mauritanie:

FEMMES NOIRES EN MAURITANIE : ENTRE RACISME ET SERVITUDE.

Note de synthèse:

1. La Mauritanie continue d’occuper une place de choix parmi les latitudes où la dignité de l’être humain est considérée comme une valeur impure et une atteinte à l’identité culturelle et religieuse, à l’inverse de l’esclavage, de l’infériorité raciale et de l’inégalité des sexes. Les trois dernières tares correspondent à un ordre séculaire, qui se veut juste, perpétuel et en adéquation exclusive à la volonté de Dieu, quand bien même il attente aux fondements libérateurs du monothéisme. Les femmes expérimentent, à leur corps défendant, l’essentiel de la triple peine.
2. L’esclavage, dans sa version ancestrale, structure encore les rapports sociaux, notamment la répartition du travail et l’allocution des biens symboliques, tels la noblesse de naissance, la prétention au prestige et l’honneur. Mineures à vie, aux yeux des jurisconsultes de droit musulman mauritanien, filles et fillettes esclaves, sont jusqu’à nos jours , à la merci de leurs propriétaires. Viols et accouplement sous contrainte religieuse, unions forcées, excision, ont décimé des générations d’entre celles de naissance serviles ou réduit la plupart à une existence de handicap et de souffrance ravalée. Beaucoup naissaient ou mourraient d’un accouchement précoce et mortel ; d’autres succombaient aux maladies sexuellement transmissibles et toutes devaient travailler, quel que soit leur état de santé. Le régime des travaux forcés, durs et sans rémunération, constitue leur quotidien. Selon le degré d’aliénation mentale auquel les rabaisse le racialisme ambiant, elles supportent, toujours, ces pratiques de dégradation, parfois sous l’empire de la nécessité : manger pour survivre dans un environnement de mépris épidermique et d’exclusion matérielle.
3. Pire, plusieurs agences de voyage et de placement bénéficient d’un agrément, par le gouvernement, pour se livrer au trafic des personnes, en direction des monarchies du Golfe. Le négoce des filles descendantes d’esclaves permet, à des entreprises d’anciens maitres, d’écouler la chaire juvénile vers ces destinations d’un autre temps, où la notion de droits humains relève de l’exotisme. Les autorités de la Mauritanie, en vertu de leur ambivalence consubstantielle, encadrent ce commerce mais édictent les lois de sa pénalisation, qu’elles veillent, cependant, à maintenir hors de portée des justiciables.
4. D’autres mauritaniennes, ont perdu des fils, des pères, des maris, pendant la tentative d’épuration ethnique de 1986 à 1991. Parfois violées par les soldats des forces régulières ou des milices supplétives, elles endurent des décennies de frustration et de misère puisqu’une loi d’amnistie consacre l’impunité des tortionnaires et le fait accompli de leur forfaiture. Du jour au lendemain, elles s’improvisaient chef de famille, en charge d’élever des enfants, dans un environnement patriarcal. Des milliers durent s’exiler ou subir la déportation, durant 20 ans, avant de revenir dans un pays où leur épreuve reste un tabou.
5. Les avis, résolutions et des décisions des experts et rapporteurs spéciaux de l’ONU décrivent et dénoncent le constat allégué plus haut.
6. Malgré le tableau sombre et les signes évidents de son aggravation du fait de la montée de l’extrémisme religieux dans le pays, l’Union européenne continue à coopérer sans conditions, avec le pouvoir de la Mauritanie, foulant au pied, d’un même pas assuré, l’éthique et la prudence.

Le président de IRA – Mauritanie
Biram Dah Abeid

Source crédit: Réseaux IRA.

Déclaration de IRA Germany Sur la campagne de dénigrement contre Biram Dah Abeid

Berlin, 04.06.2018
Déclaration de IRA Germany
Sur la campagne de dénigrement contre Biram Dah Abeid

BIRAM DAH ABEID osa parmi les rares en Mauritanie à parler de génocide contre les noirs en Mauritanie., pendant que d’autres parlaient „d’événements douloureux d’Avril 1989“ ou de „passif humanitaire“.
Il fut le premier à accompagner les veuves et orphelins à Inal, wothie et Sorimalé. Il fit la prison en luttant contre l’esclavage foncier (l’expropriation des des noirs au profit d’investisseurs arabes).
Il réussit à faire le pont entre la lutte des descendants des esclaves (haratines) et des noirs africains. C‘est en fait la raison pour laquelle le régime fait tout pour réduire IRA et son leader au silence.
Par son charisme et son courage extraordinaire, il porta avec le soutien de ses amis de la diaspora, la cause des victimes de l‘esclavage et du racisme dans les tribunes internationales ( parlement européen, Nations Unies( New York et Genève). Il reçut des prix prestigieux dont le prix des droits de l’homme des Nations Unies qu‘avant lui Mandela et Martin Luther King ont reçus.
Il parvint à ce que les questions de l‘esclavage et du racisme anti noir soient plus présentes dans les médias internationaux. Même les FLAM, AVOMM et autres mouvements des negros mauritaniens, malgré leurs combats acharnés, n‘ont réussi à faire bouger les choses comme BIRAM DAH ABEID l‘a réussi en si peu de temps.

Aujourd’hui qu‘il réussit par son alliance avec les baathistes à leur faire renoncer leurs bases idéologiques ( voir la déclaration scellant l’alliance entre le RAG et ASAWAB), on le jette pour ainsi dire en pâture aux lions.
Ainsi les nationalistes arabes extrémistes considérés jusqu’ici comme les idéologues du génocide contre les noirs et jusqu’ici comme représentants de l‘idéologie d‘une Mauritanie exclusivement arabe acceptent de lutter contre l’esclavage et toute forme d’exclusion.
Au lieu de fêter cet événement historique qui peut ouvrir la voie à la réconciliation nationale et rendre possible, dans un proche futur, un jugement des génocidaires et le rétablissement des déportés dans leur droit, on tire à boulets rouge sur BIRAM DAH ABEID.
C’est à se demander si les services secrets mauritaniens ne sont pas à l’origine de cette campagne de dénigrement et de calomnie.
L’émotion des victimes des génocides , des déportés et exilés est compréhensible ( il souffre encore dans leurs chairs et vouent à juste titre une contre les baathistes), mais il y a des manipulateurs, spécialistes de la désinformation et qui sont de très mauvaise foi qui aveuglent les gens par la diffusion de contrevérités. Tout ce que BIRAM DAH ABEID dit ou écrit en ce moment est décortiqué et interprété dans le sens le plus mauvais.
Si Mandela avait dit qu’il ne négocierait jamais avec le parti national qui a supporté l‘Apartheid, le sang aurait continué à couler en Afrique du Sud.
Il faut tirer les leçons de l’histoire: Israel et les juifs travaillent avec l‘Allemagne où l‘holocauste a eu lieu.
Ceux qui prônent un changement de système et non de régime doivent savoir qu‘un régime ne change pas par lui-même mais sous le fait des hommes qui le combattent et arrivent à le changer par la prise du pouvoir .
A bas les calomniateurs aigris, les manipulateurs jaloux qui sont les vrais ennemis des negros africains de Mauritanie et des haratines.
Faisons confiance à BIRAM DAH ABEID et soutenons le. Le changement est à portée de la main avec BIRAM DAH ABEID.

Vive IRA, vive BIRAM DAH ABEID

Crédit source: Proche Réseaux IRA

Allocution (version française) de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie du 31 Mai 2018 à Nouakchott.

■Allocution de Biram Dah Abeid à l’occasion de la cérémonie qui scelle l’alliance électorale et politique entre la coalition issue du parti Rag, qui le soutient, et le parti EsSawab

Biram Dah Abeid :

Pour recréer la confiance et ressusciter l’espoir au sein des mauritaniens; Les raisons d’un pacte. »

Il y a dix ans, naissait l’initiative pour la Résurgence du mouvement
Abolitionniste en Mauritanie (IRA). Tout de suite, le mouvement a été
identifié, par le pouvoir en place, comme le vecteur de la subversion
sociale et le levier de la déconstruction idéologique. Les factions
engraissées depuis des siècles dans les surplis du système
d’oppression, de prévarication et de contrefaçon, ont œuvré, depuis, à
maintenir notre essor sur le fil d’une illégalité soigneusement
entretenue. Par conscience de nous mieux exclure, il fallait nous
tenir à distance de la parole légitime, donc hors des oratoires où
elle s’autorise quelque crédit. Aux fins de cette censure, les
zélateurs du passé, les serviteurs de l’exception antidémocratique,
les érudits simoniaques – en réalité marchands du temple – et
l’ensemble du personnel voué à entériner et reproduire l’institution
de l’esclavage et des castes, réussissaient à nous immobiliser sur les
marges, usant, alors, de la loi, de la force brute et du préjugé de
masse. Les services de la sécurité politique et l’essentiel de la
presse servile contribuaient ainsi à nous imposer une mise au ban à
quoi nous condamnait, de la part du système hégémonique, notre tension
vers la rupture. Pour nous empêcher d’amplifier l’écho de
l’universalisme, de l’humanité en partage, de l’ouverture constante
sur l’ailleurs et de l’élévation morale par le savoir, le travail et
le mérite sans le secours ni le contretemps de la naissance, la
domination nous figeait dans la posture infantilisante du mineur qui
s’ébroue, rue et s’épuise hors de l’arène.
Diffamation, provocation, infiltration, calomnie, campagnes
médiatiques de lynchage, sermons dans les mosquées de l’extrémisme,
aucune diversion ne nous fut épargnée et souvent nous trébuchions en
ce piège continument tendu, au point d’y perdre de l’énergie, des
talents et notre aptitude à ressusciter l’espoir. Dispersés et parfois
inaudibles, nous gagnions certes la bataille de la persuasion parmi
les nôtres et auprès des nations libres mais demeurions bâillonnés,
chez nous, au seuil des collectivités locales et du Parlement.
Aujourd’hui, la leçon enfin apprise, il nous appartient de la
traduire, en conquête de sièges, sur le terrain de la compétition dans
les urnes.
Aussi, en vertu de la diversification imposée par la complexité de la
lutte et la brutalité de l’adversaire, une fraction détachée et indépendante de
l’ONG des droits humains, IRA, vous convie à la cérémonie qui scelle
son accord avec le parti Essawab. L’entente ponctuelle ou continue
constitue, cependant, une avancée qualitative sur la voie de la
maturation. Nous nouerons d’autres convergences, avec diverses
formations politiques, civiles et de jeunesse, à chaque fois qu’il
deviendrait possible de consolider la dynamique de progrès, pour la
Mauritanie émancipée du populisme, du racisme et du fanatisme religieux, les trois
ferments de la rapine, quand ils distraient les humbles, grabataires
et affamés, de leur identité de souffrance et de colère.
Contre la coalition de la régression et du déni, avançons en rangs serrés !

Nouakchott, le 31 mai 2018

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Point de presse: La déclaration commune.

Notre pays traverse une phase de son histoire extrêmement dangereuse en raison de la sensibilité et de la profondeur des transformations politiques, économiques et sociales qu’il subit et celles qu’il ne tarderait pas à entamer les mois et années à venir. Ce qui impose aux forces nationales sérieuses d’entreprendre des positions responsables pour relever ce défi à travers:
Premièrement: la préservation de la société contre les conflits internes sous-jacents de l’injustice et des inégalités sociales sous toutes leurs formes, la réalisation des conditions requises pour le maintien de l’unité des composantes du peuple mauritanien et de leur cohésion, l’entretien des constantes unificatrices de la société notamment sa sécurité spirituelle, son identité nationale commune et ses symboles linguistiques, culturels et civilisationnels, la prise en compte des diverses valeurs dictées par la nature du pluralisme culturel et le droit à la différence et le bannissement de tout appel à l’exclusion et au racisme, quelle que soit leur nature: ethnique, linguistique et même zonale.

Deuxièmement: l’élimination définitive de toutes les formes d’esclavage et des sphères de pauvreté et de fragilité mais aussi de tous les environnements favorables aux atteintes aux droits de l’homme conformément aux normes de l’égalité politique entre les citoyens en droits et en devoirs et au respect de leurs volonté et choix conscient et libre.

Troisièmement : promouvoir le processus de transformation démocratique pour atteindre un état de développement positif des institutions, du droit et de la loi – des réalisations majeures basées sur le principe du transfert pacifique du pouvoir par les urnes loin de la violence et de la perturbation des bureaux de vote.

La situation de notre pays à la veille des élections législatives, régionales et municipale augure de beaucoup d’espoirs mais aussi comporte des risques certains alimentés par une pénurie importante dans la qualification des partis, l’élargissement des cercles de désespoir politique ce qui impose de placer l’intérêt national suprême au-dessus de toute considération autre, d’assembler les énergies susceptibles de renforcer l’unité nationale et d’enrichir les efforts de l’opposition démocratique en Mauritanie dans le maintien du choix démocratique et renforcer les acquis en la matière.

Considérant ce qui précède, le parti SAWAB et le mouvement ayant soutenu la candidature du président Biram Dah Abeid aux dernières élections présidentielles déclarent leur alliance en vue des élections Municipales, régionales et législatives de 2018 telle indiquée en annexe et celles des présidentielles de 2019 dans lesquelles le parti SAWAB s’engage à soutenir la candidature du président Biram Dah Abeid. Les deux parties expriment un désir réel que ce partenariat soit une première étape dans le développement d’un projet national unitaire faisant évoluer le pays vers des options réelles de paix civile et de transition démocratique en 2019. Ils exhortent toutes les forces démocratiques nationales quel que soit leur domaine de préoccupation à prendre conscience de l’importance de resserrer les rangs pour préserver l’Etat et la société contre les différents dangers qui les entourent aujourd’hui.
Comme les deux parties déclarent tendre la main à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux à se joindre à ce pôle régi par l’unique vision consistant à mettre fin définitivement aux passifs humanitaire, économique et culturel néfaste des régimes d’exception, à préserver la nation, à faire face aux défis du développement et à consolider la démocratie.

15 ramadan 1431 correspondant au 31 mai 2018

■Dr Abdoul Salam Ould Horma

■Biram Dah Abeid

■Président du Parti SAWAB

■Candidat aux Présidentielles

Gaëtan Mootoo s’en est allé, la famille des Droits humains est endeuillée

Communiqué de Condoléance

Ce mercredi 25 mai 2018 s’est éteint monsieur Gaëtan Mootoo. Gaëtan Mootoo fût enquêteur hors pair d’Amnesty International. Une vie de spécialiste chevronné mais aussi de combattant infatigable pour la dignité et les Droits humains s’en est allée, ôtée à jamais à notre affection.

Le feu Gaëtan Mootoo était un grand connaisseur de la problématique des droits humains en Afrique en général et en Mauritanie, en particulier ; à la douloureuse occasion de son décès, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) exprime sa profonde compassion et adresse ces condoléances sincères à l’endroit de la famille, des collègues et amis éplorés du regretté Gaëtan Mootoo.

Nouakchott, le 28 mai 2018

La Commission de communication

Mauritanie : Une lanceuse d’alerte arrêtée pour avoir dénoncé de présumées accointances entre le gouvernement et les groupes jihadistes

Note d’alerte

1. Le 17 mai 2018, à Nouakchott, huit véhicules de la police investissent la maison de Mariem Cheikh, membre du Conseil exécutif de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (Ira), plusieurs fois arrêtée, torturée, jugée et condamnée, à cause de son engagement pour l’égalité des droits civils, politiques et la fin des discriminations de race.

2. Dans une vidéo de 2015, re-partagée de sur les réseaux sociaux depuis la mi-mai, elle dénonçait la tolérance dont jouissent les les jihadistes, de la part des autorités officielles de la République islamique de Mauritanie. Dans son laïus, tenu en Français approximatif mais à la formulation sans équivoque, elle demande, aux alliés et partenaires extérieurs d’enquêter sur cette ambivalence, d’ailleurs relevée, depuis quelques années, par des observateurs avertis et des médias de renom. Mariem Cheikh souligne, surtout, la naïveté des démocraties de l’Occident et des organisations internationales, quand elles coopèrent avec le Mauritanie, dans le cadre de la lutte antiterroriste, alors que le pays en produit, abrite et exporte.

3. Ainsi plaidé à visage découvert, le propos vient dévoiler et corroborer la tendance lourde d’une société en cours de radicalisation, sur fond de racisme à l’endroit des africains d’ascendance subsaharienne. Cette dynamique la prédispose à constituer, sous un délai de court terme, le plus grand foyer d’extremisme violent en Afrique de l’Ouest. Pour preuve, Mariem Cheikh qui s’exprimait devant les enquêteurs de la police établit le lien entre le basculement consomé dans l’extrémisme et la récente adoption, par l’Assemblée nationale de Mauritanie, sur proposition du pouvoir exécutif, de lois attentatoires à la liberté de conscience, aux droits de la défense et en totale conformité avec le programme des jihadistes. Or, rappelle Mariem, le pays participe à la force G5 Sahel et envoie ses fils y mener une guerre déjà perdue derrière les lignes.

4. Dès 2h du matin, 3 officiers de police, tous arabo-berbères, entament jusqu’à l’aube, l’interrogatoire de Mariem Cheikh. Il lui est proposé, en contrepartie de la fin des poursuites, d’accepter l’enregistrement d’un film où elle imputerait sa déclaration litigieuse, à une dictée de Biram Dah Abeid, le leader de son organisation. Un refus catégorique sera opposé à l’offre. Le lendemain, 18 mai, le Procureur près le tribunal de Nouakchott-Sud renvoyait la détenue récalcitrante, au commissariat de police de Riadh III, pour « complément d’enquête », une manière d’obtenir, d’elle, le désaveu public du Président de Ira-Mauritanie.

5. Finalement, Mariem Cheikh, descendante d’esclave, militante de l’émancipation de la majorité noire en Mauritanie et lanceuse d’alerte sur la propagation du jihadisme, fut relâchée durant l’après-midi, après des heures d’intimidation mais sans atteinte à son intégrité corporelle. Elle encourt de nouvelles persécutions, voire la liquidation physique, par l’effet convergent de la répression d’Etat et du fanatisme accru à l’intérieur de la société Maure, la communauté des anciens maitres.

Nouakchott, le 19 mai 2018

Liens connexes :

A. https://www.chezvlane.com/La-Mauritanie-bascule-dans-le-tourbillon-de-l-extremisme-religieux_a4565.html

B. https://www.youtube.com/watch?v=9Z87WJiDrKo

Source crédit: IRA-MAURITANIE

Rencontre: le président de Réseaux IRA, Biram Dah Abeid reçu à la Mairie de Paris.

Au cours de la dernière étape de sa tournée Européenne, le président des réseaux IRA dans le monde Biram Dah Abeid, a été invité par la maire de Paris Anne Hidalgo, à la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, organisée le 10 mai 2018 à la place du général Catroux. Le président d’IRA a déposé une gerbe de fleures sous le monument du général Dumas, général de l’armée française, antillais descendant d’esclaves et père du chantre de la négritude Léon Gontrans Dumas.
Et toujours dans le cadre de ses activités avec la mairie de Paris, BDA a été reçu le 14 mai par l’ambassadricie chargée des relations internationales de la maire de Paris Patrizianna Sparaciano-Thiellay et sa conseillère Anaïs Mit. Au cours de cette entrevue le président d’IRA était accompagné par Ameth Gaye, vice-président d’IRA-France,  Elhadj Fall et ďautres membres de la cellule stratégique de BDA en France.
Les échanges du jour ont porté sur les possibilités de coopération entre les deux parties.

Source crédit: IRA-France

La rencontre autour du président Réseaux IRA, BDA à Paris 12-5-2019 : l’événement en Photos par notre BLOG.

Le lien de l’intervention du leader abolitionniste: https://wp.me/p5GJMr-Sh

Couverture en photos par K.S