✅ Armepes-France | Éléments médiatiques sur la participation de notre responsable chargé des problématiques religieuses et d’éducation, Dr Diallo Djibril au colloque international de Bamako.



L’atelier qui s’est tenu sous le titre « Mobilité, Mobilisation et Déplacement dans l’Afrique de l’Ouest « Post-esclavage » a eu lieu au Centre Point Sud Bamako, du 1 au 4 Décembre 2021. Il a réuni plusieurs organismes et entités d’études universitaires autour des thématiques définies à explorer.



Ainsi notre représentant Dr Diallo Djibril s’est penché sur le cas d’Armepes-France comme association mère du dynamique mouvement anti-esclavagiste transnational Ganbanaaxun Fedde. Sa communication faite en deux temps en distanciel et en présentiel par la suite, a abordé largement avec brio les circonstances qui ont présidé la création de l’association Armepes il y’a une décennie pour enclencher un éveil abolitionniste par une large activité de sensibilisation au sein de la communauté soninké. Par la suite il a détaillé les réalisations de notre association de l’année en cours 2021 et les projections en terme de perspectives pour l’année 2022.



Nous saluons les organisateurs de ce colloque international pour l’intérêt et la visibilité occasionnés. Et également un mot des félicitations à l’endroit de différent.e.s participant.e.s pour leurs fructueuses contributions. Notamment celles de nos partenaires Malien et Gambien avec Diaguily Kanoute (RMFP/Gambana Mali) en présentiel et Bakary Trawally (Ganbana Gambia) en distanciel, qui ont permis un éclairage pertinent autour des problématiques liées à la lutte contre l’esclavage par ascendance en milieux Soninké.



6 décembre 2021

— La cellule de communication Armepes-France

✓Hommage – Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage | Mon combattant anti-esclavagiste de la journée du 2 décembre 2021!



Il s’appelle Mahamadou Sidibé, soninké malien originaire du village de Kremis. Beaucoup d’entre nous ont visionné l’élément média du reportage FRANCE 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA datant d’à peine 2 ans. Le monsieur entouré par une foule hystérique et haineuse demandant qu’on l’attache et qu’on le frappe parce qu’il est Gambana, c’était lui. Traîné, humilié et ligoté, parce qu’on lui reproche d’être militant actif contre l’esclavage par ascendance dans la communauté soninké en Afrique de l’ouest aujourd’hui en ce 21 ème. Nous avons eu l’opportunité de le rencontrer il y a un mois à Kayes (26-27/10/2021) parmi les militants victimes invités comme témoins lors du forum d’octobre avec le programme Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo . Il en ressort de son témoignage lors de nos échanges, ce qu’on a pu constater et rapporter ailleurs en milieux Soninké ces dernières années, ceux qui s’affichent abolitionnistes en refusant les coutumes de l’esclavage par ascendance, subissent mise en quarantaine, embargo social, contraintes indirectes, accusations fallacieuses et harcèlements de tout genre. Ainsi dans leur zone, ils sont considérés comme indésirables sans la soumission à cet esclavage statutaire sous couvert de sinistres traditions dites ancestrales.



Il a tenu et il tient à cet éveil pour la restauration sociale d’une dignité tant bafouée par diverses assignations liées cet abject esclavage par ascendance. Nous sommes au cœur de l’Afrique, le continent qui fut gravement saigné diverses traites (atlantiques et sahelo-saharienne) . Si cette Afrique colonisée et néo-colonisée compte se libérer de l’impérialisme extérieur, les forces agissantes et mobilisatrices notamment parmi la jeunesse doivent revoir et réactiver une dynamique globalisante en secouant nos travers traditionnels et religieux. Nos aristocraties « pacotilles » (anciennement collabo occasionnels des colons) en total déphasage avec la marche du troisième millénaire, sont source d’un immobilisme multidimensionnel rendant rédhibitoire tout véritable éveil de conscientisation profonde, cohérente et massive. Feu Thomas Sankara ne s’était pas trompé lorsqu’il laissait clairement entendre que la révolution de masses pour un développement global et digne a comme ennemis intérieurs; les féodaux et les fonctionnaires embourgeoisés . Malheureusement de grandes incohérences continuent de marquer certains mobilisés dits panafricains anti impérialistes. Ils clament et réclament avec verve la souveraineté africaine pour de bon face aux multiples systèmes (occidentaux et autres) qui essaiment en prédateurs impitoyables de nos ressources naturelles. Et de l’autre côté, on essaie d’ignorer nos bizarreries sociales et traditionnelles qui persistent « pompeusement » par lesquelles on indexerait l’activisme antiesclavagiste et abolitionniste que Mr Sidibé et ses camarades mènent avec le soutien important des différents acteurs nationaux et internationaux (ONG, institutions, universitaires…), comme une forme de collusion avec l’ennemi extérieur dit-on. l’Afrique Noire du côté Ouest en tout cas a besoin d’un nécessaire travail mémoriel sur les problématiques liées à l’esclavage intérieur afin de se dire de certaines vérités thérapeutiques pour les mentalités. En milieux occidentaux, on déboulonne les statues de certaines figures historiques à problèmes avec la traite transatlantique, chez nous il nous faut dissoudre les références organisationnelles foncièrement discriminatoires considérées à tort comme sacrées. Aujourd’hui je dirais que monsieur Sidibé est devenu un autre type d’Africain par sa bravoure et sa détermination. Si on était au 18 ème, ceux qui l’ont traité comme vu dans ce reportage, l’auraient vendu au premier marchand (Blanc ou Noir) d’esclaves qui passe par là. Ces agissements d’une haine viscérale contre les personnes qui revendiquent leur normale dignité face aux humiliations coutumières, nous édifient beaucoup pour savoir que certains africains étaient/sont résolument esclavagistes hier et aujourd’hui par les mentalités.



✓ l’élément média via Ligne Directe Les Observateurs – France 24 https://youtu.be/Hh1WfUQxOaA

— KS pour le BLOG

✓Regardez la Vidéo « Conférence de Dr Ba Boubou et Dr Diallo Djibril sur le vivre ensemble soninké » [YouTube TV Tooba] | Journée culturelle – A.R.D.J.E

— Ci-après l’élément média TV Tooba lors la journée culturelle organisée par A.R.D.J.E , l’aile associative Ganbanaaxu Diogountourou en France. Une séance de conférence-débat animée par Messieurs Dr Boubou BA et Dr Djibril DIALLO avec comme modérateur Ibrahim DIALLO (TV Tooba) :

✓Mali : lutte contre l’esclavage par ascendance | Une nouvelle circulaire ministérielle en date du 11 novembre 2021

Le phénomène de l’esclavage par ascendance défraie tristement d’une manière récurrente l’actualité au Mali. Des militants anti-esclavagistes ont subi diverses violations des droits humains dans plusieurs localités du pays notamment dans les régions de Kayes et Koulikoro. Pour rappel il y a plus d’une année juste, 4 militants abolitionnistes Gambana (pères de famille de 42 ans à 73 ans) du village soninké de Djandjoumé, avaient été sauvagement assassinés chez eux et jetés dans les eaux pluviales (dans la nuit du 1 septembre 2020). Des extrémistes adeptes des coutumes esclavagistes du village groupés en milices criminelles sont les auteurs identifiés (29 sont derrière les barreaux en attente d’un procès) … Lire https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26219&LangID=F.

Les 4 militants anti-esclavagistes assassinés à Djandjoumé (1/9/2020) : Mountakha Diarrisso, Youssou Cissoko, Gossi Cissoko et Hamet Cissoko.

Dans des tentatives du gouvernement pour enrayer ce phénomène odieux qui pose des problématiques sécuritaires évidentes, les termes de cette nouvelle circulaire ministérielle clarifient davantage son approche de traitement. Il est plus qu’urgent qu’une loi spécifique soit mise en place contre l’esclavage par ascendance sous toutes ses manifestations sociales (notamment l’apologie discursive et comportementale).

— KS pour le BLOG

✓Témoignage émouvant qui marque | La Mémoire de la tante Hawa Cissoko de Bouyagui.



Ici notre tante et mère Hawa Cissoko rencontrée au Mali lors de l’événement Atelier de formation au Plaidoyer du programme Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo . Âgée d’à peu près 70 ans, elle est originaire du village de Bouyagui. Ce village est un village-Liberté comme quelques-uns dans la région de Kayes. Des villages historiques fondés par des communautés qui refusèrent la servitude esclavagiste dans d’autres localités. Selon son témoignage recueilli dans nos échanges très touchants, leurs ancêtres sous le joug esclavagiste quittèrent en pleine nuit un autre village des environs pour aller débroussailler et occuper l’endroit du site actuel du village Bouyagui. Un autre ressortissant du village, l’enseignant Waly Traoré nous apprend que cet événement marquant la révolte fondatrice de leur libération historique, se serait passé dans la nuit du 10 juillet 1914. À l’époque, l’ordre colonial français régnait dans la zone, on dirait que les autorités d’antan essayaient plus ou moins avec leurs intérêts mis bien à l’abri certainement, de pencher davantage vers les libérations des esclaves dans la zone. Aujourd’hui après plus d’un siècle de cette période et 60 ans après nos indépendances, nos propres autorités traînent à nommer et à éradiquer un phénomène qui a un prolongement sociétal et temporel facilement détectable dans nos différentes communautés.

L’histoire de ce village est relatée dans le film doc réalisé par Dr Marie Rodet les Diambourou https://vimeo.com/245704895 .

Lire également https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/11/01/%E2%9C%85apres-le-visionnage-du-film-les-diambourou-quel-impact-pour-notre-militantisme-ganbanaaxu-fedde/

–En photo avec Mr Goudia Konate (journaliste) et président Gaye Tene Traoré à l’USJPB Bamako.

– Par KS pour le BLOG

✓Un aperçu descriptif sur notre quinzaine de jours au Mali pour l’événement EMifo atelier de formation au plaidoyer | Notes vidéos et photoreportage.



C’est dans le cadre du programme de recherche-action Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo sous la direction de la chercheuse-historienne Dr Marie Rodet de SOAS Université de Londres via un consortium universitaire et d’ONGs, que s’inscrivent ces activités impliquant différents intervenants. Militants anti-esclavagistes locaux et ceux de la diaspora, société civile, journalistes, blogueurs, représentants traditionnels et corps administratifs. L’esclavage par ascendance historiquement sous le sceau d’un tabou, est aujourd’hui un phénomène touché à vif publiquement.

Une prise de conscience d’une certaine ampleur grace à la mobilisation militante courageuse enclenchée depuis 5 ans par le mouvement GAMBANA notamment dans les milieux soninkés en Afrique de l’ouest et les diasporas. Ainsi cette action de formation au plaidoyer organisée du 18 au 22 octobre 2021 à l’USJPB (Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako) de Bamako, visait une mise à jour en techniques de plaidoyer pour les différents acteurs-cibles afin de permettre plus d’efficacité et de réussite dans l’engagement militant contre l’esclavage par ascendance. Après la riche et instructive semaine bamakoise, un Forum de 2 jours (26 et 27 octobre 2021) à Kayes sous le patronage administratif du gouvernorat a permis de produire un document-synthèse des 16 recommandations…Lire https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/10/30/%e2%9c%93forum-de-kayes-du-26-et-27-octobre-2021-les-principales-recommandations-remises-aux-autorites-regionales/ .



La délégation GAMBANA de la diaspora est composée du président d’Armepes-France Mr Gaye TRAORÉ, l’initiateur du forum Ganbanaaxu Fedde (le 5 octobre 2016) et 2 membres de son bureau exécutif Aboulaye TRAORÉ et Koundou SOUMARÉ, de Madame Hassa KONATE (RMFP Gambana-Mali) et de cheikh Adama BATHILY, un lettré Juste militant contre les coutumes esclavagistes dans la communauté soninké.

Veillez retrouver différents éléments médias photos et vidéos sur ce périple droit-de-lhommiste et visites auprès de victimes et rescapés (Bamako, Kayes, Diema et Nioro) :

©️ Récit et Éléments médias par KS

✓Forum de Kayes du 26 et 27 octobre 2021 | Les principales recommandations remises aux autorités régionales.

Ci-après les recommandations remises aux autorités régionales de Kayes à l’issue du forum du 26 – 27 octobre 2021. La suite pratique d’un atelier de formation au plaidoyer de la semaine du 18 au 22 octobre à Bamako à USJPB, organisé par un consortium ONGs et un partenariat universitaire via le programme « Esclavage et Migrations Forcées – EMiFo » dirigé par Dr Marie RODET. Ainsi d’une synthèse de différentes recommandations émises par la société civile Kayesienne (milieux associatifs, représentants traditionnels, milieux de médias et la jeunesse) et les représentants Gambana (Diaspora et Locaux), un document a été arrêté et remis au chef de cabinet du gouverneur, Mr Amadou DICKO.

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✓Recommandations du Forum de lutte contre l’esclavage, pour le vivre ensemble et la paix au Mali.

Les participants recommandent :

  1. Adoption d’une Loi criminalisant l’esclavage par ascendance (sous toutes ses manifestations sociales et coutumières notamment l’apologie)
  2. Application immédiate de la charte de cohabitation issue du Forum Régional d’entente sociale du 18 août 2021 à Kayes par des arrêtés municipaux, préfectoraux et ministériels.
  3. Plus de synergie d’action entre les acteurs de la société civile et les représentants du Gambana.
  4. Mise en place d’un cadre de concertation et d’alerte au niveau local et régional.
  5. Rédaction d’un rapport semestriel et annuel au niveau régional et national.
  6. Démarches auprès de leaders religieux (Haut conseil islamique et les représentants des chrétiens) pour une prise de position publique contre l’esclavage par ascendance au Mali.
  7. Libre accès aux biens communs (eau, champs..) et la fin des privations de jouissances (embargo social à cause du refus d’esclavage par ascendance)
  8. Prise en charge par les autorités des personnes déplacées victimes du phénomène de l’esclavage par ascendance.
  9. Campagne de sensibilisation en accord avec l’État sur le territoire national.
  10. Nouer un partenariat avec le ministère de l’éducation nationale afin de sensibiliser et d’informer le monde éducatif sur l’esclavage par ascendance.
  11. Intensifier la communication et la sensibilisation à travers les médias à tous les niveaux (par exemple les lieux de cultes)
  12. Forte implication du ministère des maliens établis à l’extérieur dans la sensibilisation de la diaspora pour l’arrêt du financement des conflits intercommunautaires et intracommunautaires.
  13. Appui des autorités (communales, coutumières, religieuses et administratives) à la vulgarisation de la charte de cohabitation pacifique issue du Forum régional signée le 18 août 2021 à Kayes.
  14. Information et sensibilisation de la jeunesse sur le phénomène de l’esclavage par ascendance (causeries, débats, médias, milieux scolaires…).
  15. Implication des jeunes et des femmes dans tous les processus de lutte contre l’esclavage par ascendance.
  16. Organisation des foras sur les conséquences de l’esclavage par ascendance.

Kayes, le 27 octobre 2021

Le FORUM

© Pour la communication collectif Ganbanaaxu Fedde.

✓Communiqué de presse | l’Assemblée générale Armepes-France du 9 octobre 2021



L’association Armepes-France (Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’Éradication de Pratiques de l’Esclavage et ses Séquelles) a tenu son assemblée générale ce jour à la Bourse du travail de Saint-Denis en région parisienne. Depuis de nombreux mois à cause de la situation sanitaire liée à la covid-19, cette rencontre tant attendue ne pouvait pas se tenir aisément. Le bureau exécutif (BE) dont le mandat de 4 ans avait pris fin il y a quelques mois, gérait la continuité militante de l’association provisoirement. Aujourd’hui c’est chose faite avec la reconduction par vote d’acclamatation de Monsieur Gaye TRAORÉ pour un deuxième mandat de président par l’assemblée générale.

L’association Armepes est fondée en 2010 et milite pour des réformes sociales au sein de la communauté soninké où sévissent certaines tares coutumières et sociales liées à l’esclavage par ascendance. Une grande mobilisation militante transnationale en milieux Soninkés est en cours depuis octobre 2016, date de la création du forum WhatsApp Ganbanaaxu Fedde par Gaye TRAORÉ (SG d’Armepes-France à l’époque). Forum d’échanges et de sensibilisation pacifique à succès qui a donné naissance au mouvement international Ganbanaaxu Fedde anti-esclavagiste et contre les discriminations criantes dans les milieux Soninké en Afrique et dans la diaspora.



Heureux mandat au président Gaye et son équipe collaboratrice. Plus de Paix et de Concorde autour de valeurs d’Égalité, de Citoyenneté et de Réelle Fraternité au sein de nos communautés et de nos pays.

Paris 9 octobre 2021

©️ Cellule Communication Armepes-France

✓GANBANAAXU Activités – 18 septembre 2021 | Plusieurs responsables abolitionnistes d’Armepes-France assistent à une rencontre associative à Paris [Vidéo]

À l’occasion de la rencontre annuelle La Fête de la Banane 🍌 à Paris, une délégation de l’association Armepes_France_Ganbanaaxu a pris part aux activités. Notre vice-président Samba Fofana est accompagné par le SG Aboulaye Traoré, un chargé des relations extérieures Dambou Keita et un chargé de Com Ousmane Traoré (soninké facile), le doyen et cheikh Dramane Camara, le coordinateur de Tistaye Saly Cissoko. Une équipe de nos sœurs camarades militantes était grandement de partie lors de cet événement associatif.

À l’occasion notre stand Ganbanaaxu a exposé nos éléments dérivés portant les idéaux d’égalité, de fraternité et de dignité. Lors d’une prise de parole, nos représentants ont décliné avec pertinence les objectifs de notre militantisme contre les mentalités rétrogrades de l’esclavage par ascendance qui sévissent aujourd’hui encore au 21 ème dans la communauté soninké.

✓Nos vifs remerciements à l’association organisatrice « La cantine le monde Bouge ».



©️ La Com Armepes-France Ganbanaaxu Fedde

Racisme et féodalité : l’addition est trop salée | Par le journaliste Seyré SIDIBÉ

Il m’a été demandé de réfléchir dans une approche comparative voire dialectique sur les mots racisme et féodalité.
J’avoue que j’étais gêné et même quelque peu embarrassé par l’offre.
En effet, dans le tréfonds de la sagesse Soninké, il existe une inspiration rationnelle exprimée dans les proverbes et dictons, qui s’est émancipée du primat et diktat de la pensée et de la philosophie dominantes de l’asservissement.
Ainsi, on a l’habitude de dire chez les Soninké « qu’il ne faut pas comparer deux grains de sel : la différence est dans le poids et non pas dans la saveur ».
N’est-ce pas une sagesse !
Du coup, j’ai trouvé le sujet sans intérêt. Mais au fur et à mesure de la réflexion, il m’est apparu intéressant et à la fois pertinent. Même si la morale soutient qu’il ne faut pas comparer deux maux, il faut plutôt les combattre : ils se valent quel qu’ils soient.
Cependant, ce n’est nullement du cynisme que de vouloir mettre en opposition ces deux concepts.
J’entends ainsi les combattre en les mettant à nu, comme des voleurs qu’on mettait à poil au milieu de la journée à la place publique, autrefois quand j’étais enfant, au temps où le vol était un acte répréhensible.
Appartenant à un pays multi-ethniques et multiculturels, cette comparaison m’est apparue problématique, irrésistible et envoutante à la fois : je suis contrarié et pris dans un dilemme. En effet, il s’agit de parler de deux maux, deux malédictions, deux abominations.
A présent, je suis gagné et vaincu par le mal de ma profession : l’autocensure.
J’en viens à mesurer aussitôt la « dangerosité » du sujet : deux maux comme deux grenades dans mes mains et qui peuvent être dégoupillées à tout moment.
C’est un acte suicidaire. Il faut du courage et beaucoup de courage pour traiter ce sujet.
Je prends l’avis d’un camarade de promotion, plus brillant et plus courageux : naturellement sa réponse est un encouragement.
Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Après moult hésitations, c’est le oui qui finit par l’emporter comme dans un référendum.
Et voilà ! Je me décide maintenant, chers compatriotes à livrer ma réflexion sur ce sujet pour servir l’intérêt général et agissant désormais sous la légitimité et la légalité référendaires de la victoire du « oui ».

Le racisme pour faire simple est une idéologie qui repose sur le postulat selon lequel, l’espèce humaine est constituée de plusieurs races ou catégories dont certaines sont intrinsèquement supérieures à d’autres, sur la base d’une différence liée à la couleur de la peau, à la culture, ou encore à l’ethnie etc.

Au regard de cette définition, le racisme reste fondamentalement une façon d’agir et de se comporter, foncièrement nocive, par ce que se fondant sur une idéologie par essence dogmatique, extrémiste, ségrégationniste et intolérante du fait qu’elle refuse et réprouve la différence.
Ainsi, le mot racisme traduit avec euphémisme haine, mépris, diabolisation, répugnance et préjugés : toute une construction hégémonique et suprématiste aux relents fascistes ou nazis.
La féodalité, qu’est-ce que c’est ?
Dans le contexte africain qui nous intéresse, la féodalité résulterait de la division sociale du travail.
Dans cet esprit, elle est plutôt perçue comme une stratégie de gouvernance, de gouvernement et de gestion de la collectivité en vue de survivre et de dominer la nature à une époque où « l’homme était un loup pour l’homme ».
Expliquée de cette manière, la féodalité découle de la stratification sociale, un mode d’organisation social pyramidal où tous les membres ne sont pas logés dans la même enseigne. Ce qui explique l’existence de plusieurs statuts sociaux à valeurs inégales qu’on peut caricaturer d’ascendants ou descendants, valorisants ou dévalorisants ou encore intermédiaires, médianes auxquels sont affectés des rôles sociaux et des personnalités dans un ensemble territorial, socioculturel et historique cohérent.
C’est un système parfaitement adapté au mode de travail, d’organisation et de production des sociétés traditionnelles pour ne pas dire primitives.
Ainsi définie, on comprend aisément que la féodalité est historiquement une valeur, une tradition et une coutume qui a fait l’âge d’or des sociétés ancestrales africaines avec ses hauts et bas, comme tout système.
Elle est certes inégalitaire du fait que la naissance détermine la trajectoire sociale de l’individu : aucune autre ascension n’était envisageable en dehors du statut hérité et imposé.
Cependant avec le temps et les mutations sociales, les velléités de liberté, d’émancipation et de démocratie, de respect de la dignité humaine, la féodalité est passée de valeur à anti valeur ou contrevaleur.
Chaque personne entend désormais s’épanouir et chercher lui-même son chemin en dehors du conformisme familial et communautaire : le « père et l’héritage » ne sont plus immuables et vénérés. .
Le temps étant plus fort, agissant silencieusement mais sûrement et résolument telle l’action de l’érosion sur la pierre, le système féodal est à bout de souffle et connaît des entailles fatales.
Le temps a eu le dernier mot.
Conséquence, le conflit des générations est inévitable.
C’est une crise que connaissent toutes les sociétés. Mais c’est seulement, les plus fortes et celles qui ont eu la clairvoyance et la lucidité de confier la gestion de cette crise à des dirigeants éclairés qui réussissent en sortir indemnes.
Cette comparaison n’est pas terminée ou dit moins, elle est restée jusqu’ici superficielle.
En effet, on s’est limité à étudier séparément ou de manière désarticulée nos concepts objet de notre réflexion.
Le racisme tant décrier dans le monde semble à nos yeux moins dangereux que la féodalité. C’est presque de la provocation que de soutenir une telle assertion.
Mais dépassionnons le débat.
Finalement, je présente toutes mes excuses aux racistes que j’ai tant combattus et dénoncés depuis ma tendre enfance.
On m’a vite appris à détester l’Afrique du Sud sous l’apartheid, l’Amérique suprématiste blanche, le colonisateur blanc etc.

Dans cette démarche, je n’ai pu m’empêcher d’aller me recueillir sur les hauts lieux de la traite des noirs sur le continent : Gorée au Sénégal et El Mina au Ghana.
Mais au fait, l’enfer c’est toujours l’autre disait le philosophe.
Nous sommes tendres avec nous-mêmes et trop exigeants avec les autres.
Ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit.
Ne tronquez surtout pas mes propos.
Si vous devriez me reprendre, citez-moi dans le respect des conventions académiques et universitaires.
Dans mon analyse, j’en viens à conclure que le racisme est victime de sa surmédiatisation : Il n’est peut-être pas si mauvais qu’on le pense.
En effet, il se nourrit en grande partie des préjugés et de la peur de l’autre souvent présenté à tort comme malédiction et démon.
L’ignorance aidant, le raciste se croit supérieur et regarde son vis -à- vis avec une certaine condescendance.
Cependant, ses idées ou constructions préétablies et préconçues se délitent petit à petit dès qu’il a l’occasion de côtoyer l’autre.
Il en vient au regret et même des fois au mea-culpa : on m’a dit. J’ai appris que … Il paraît que etc. On comprend alors que c’est la distance qui nourrit et entretient le racisme.
Le refus d’aller à la rencontre et à la découverte de l’autre. Un éloignement qui n’est pas forcément territorial mais lié à la différence de culturel, de couleur etc.
Dès lors une méfiance trop exubérante et excessive entretenue avec une autre communauté risque d’être assimilée à du racisme. Or, nous sommes tous des hommes, l’étranger dans la plupart de nos sociétés fait toujours jaser et est objet de suspicion : la peur de l’inconnu.
Mais une fois intégré, l’étranger est assimilé, accepté et regardé avec humanité.

C’est le dénouement d’un long processus de schizophrénie basée sur la stigmatisation de l’autre par ce que différent.
Pour preuve, tous les systèmes racistes à travers le monde ont fini par se ramollir : les mariages mixtes autrefois impossibles et même regardés comme des liaisons contre-nature sont devenus un phénomène de mode. Une précision me semble essentielle.
Le racisme, ce n’est pas toujours la caractéristique du blanc.
C’est malheureusement, l’idée qui habite la plus part d’entre nous.
Il existe aussi des noirs racistes nourrissant une haine viscérale vis-à-vis de tout ce qui est blanc ou différent.
L’antidote du racisme, c’est à mon sens la tolérance.

L’intolérance conduit à tous les excès et abus : égocentrisme, nombrilisme, xénophobie etc.
A contrario, le féodal et sa « victime » appartiennent à la même entité géographique et socioculturelle.

Ils parlent souvent la même langue. Ils présentent des similitudes évidentes comme des vrais jumeaux avec des traits physiques et culturels identiques comme deux gouttes d’eau.
La nature n’a pas voulu qu’ils soient différents. Mais, ils s’imposent une différence qui n’existe pas. Une différence qu’ils sont les seuls à voir juste pour asseoir des désirs hégémoniques.

A quelque chose, malheur est bon.
Heureusement ! Le raciste les ramène toujours à la raison: il les traite et considère de la même manière. Ils sont logés dans la même enseigne pour lui.
D’ailleurs, il ne peut s’empêcher d’en rire, tellement c’est absurde pour lui.
En effet, “noble et l’esclave ” dans l’empire féodal présentent et dégagent les mêmes visages et ressemblances.
Ce sont deux frères sans fraternité, qui se côtoient et occupent le même espace communautaire stratifié et inégalitaire.
Ils entretiennent des relations complexes réglées par la naissance valorisante pour l’un et dévalorisante pour l’autre.
Ils ne peuvent jamais être des parents.
Ils ne se “marient jamais ensemble”. Ce sont deux mondes qui se côtoient mais ne se rencontrent jamais.
Les places, les statuts, le rang, le classement, sur l’échiquier communautaire sont du ressort de l’héritage. Aucune perspective de réhabilitation, de reclassement et même de rectification n’est envisageable pour ceux qui sont placés depuis des générations au bas de l’échelle.
Tout est fait pour maintenir chacun dans sa classe. Tout est reproductibilité, calque, fidélité et nostalgie du génie ancestral.
Imaginez, une société où le travail, la compétence, l’érudition, la réputation, la probité, la vertu et la sagesse par opposition à la « noblesse héritée » ne sont pas considérées comme des vecteurs d’accession au nom du respect d’une tradition.
En dépit de leur pluralité et diversité culturelles, les sociétés humaines sont par essence dynamiques.
Elles ne peuvent pas être figées. En effet, l’homme est désir de perfectibilité : il cherche toujours à changer de situation, à s’améliorer et à s’adapter.
Le temps, l’environnement, le contexte autant d’éléments endogènes et exogènes imposent leur rythme et cadence.
Une musique qu’il faut apprendre à danser au risque de disparaitre, d’être frappé d’anachronisme ou de se faire passer pour un plaisantin.

Ainsi, le raciste au contact avec la réalité à mille et une chances de se repentir.
Au contact de la vérité, les préjugés s’effondrent et s’écroulent.
En revanche, le féodal est partisan de l’éternel statuquo, de la continuité d’un patrimoine tombé du ciel, sans jamais chercher à comprendre l’origine et la source, la moralité ou l’immoralité, la pertinence et la justesse.
Je m’en tiens à mon acquis. C’est tout !
C’est de l’égoïsme surdimensionné doublé de narcissisme.
Dans le contexte de notre pays, on critique vertement à longueur de journée et ce de manière infatigable « le racisme blanc » qui résulterait de la peur, de la différence et des conflits inhérents à une scène nationale traversée par plusieurs intérêts et parfois des réalités opposés, divergents ou contradictoires qui peinent souvent à s’accommoder.
Normal quand on est différent !
Mais comment expliquer qu’un descendant d’esclave noir ait plus de chance à épouser « une blanche » qu’une femme de sa propre communauté au nom d’une tradition ? Sachant qu’ils parlent la même langue, appartiennent à la même entité géographique, socioculturelle et historique. Soyons logique.
Arrêtons de jeter la pierre sur l’autre.
Le combat pour la liberté est global, systémique et cohérent.
Il ne peut intégrer des cas particuliers. C’est une règle qui n’admet pas d’exceptions.
La féodalité qui crie au racisme, c’est courant dans mon pays. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.
A l’école primaire, l’une des nombreuses chansons que j’apprises disait : “Jamais l’on verra la queue d’une sourie dans l’oreille d’un chat». Cette phrase résume à elle seule le conflit sans fin entre chat et sourie.
Qui ne connaît pas le malin plaisir du chat à terroriser la sourie?
Mais pourtant, ces deux animaux élevés ensemble deviennent des amis et même des complices au point de voir la queue de la sourie dans la gueule du chat sans risquer de se faire manger.
Les bêtes arrivent à apprivoiser leur côté grégaire, sauvage et bestial pour s’adapter aux conditions imposées par l’élevage.
Or, dans les sociétés féodales, « le noble et l’esclave » ont dans la plus part des cas grandi ensemble. Ils se sont partagés et même échangés” les choses les plus intimes” mais ils ne peuvent envisager une relation plus humaine.
Il leur est impossible d’envisager une amitié d’homme à homme, une véritable parenté : leur rapport reste celui de dominant et de dominé, d’inférieur et de supérieur. En effet, dans cette relation l’un des acteurs est incapable de tendre la main à son « alter égo », de se mettre à sa place, de comprendre ses préoccupations, par ce que trop attaché au prestige et à un statut évanescent qui n’est plus que l’ombre de lui-même, dessert la communauté au lieu de la servir.
Le dialogue, la concertation ou la consultation entre les leaders politiques en gestation doit intégrer cette question- à mon sens fondamental- afin que ces assises ne soient pas juste une occasion pour certains hommes politiques de se donner une nouvelle virginité politique en vue de revenir au-devant de la scène politique nationale.
Je vous en prie. Dans votre déballage des problèmes de notre pays, osez parler de l’esclavage, de la féodalité plus discriminante que le racisme souvent accusé de plomber les ailes de la nation mauritanienne.
Cette comparaison, à la limite de la provocation est loin d’être insensée.
Elle m’a amené à la conclusion que le racisme et la féodalité sont tous porteurs des germes de divisions : ils n’ont point de place dans notre république islamique.

Seyré SIDIBE Journaliste

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/