✓Le Parti RAG | Partis et Ongs face au cloisonnement ethnique en MauritaniePetite chronique de l’exclusion

~~Parti pour la Refondation et l’Action Globale (RAG)

Partis et Ongs face au cloisonnement ethnique en Mauritanie
Petite chronique de l’exclusion

23 Mai 2022




1. Au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 2019, annonce commise de manière jusqu’ici inconnue des Mauritaniens, le rassemblement ayant porté la candidature de Biram Dah Abeid décida de reconnaître le verdict des urnes, en dépit des signes évidents de son tripatouillage. Entre autres soutiens, le parti Refondation pour une Action globale (Rag), déjà interdit à l’époque, sera le plus prompt à promouvoir l’apaisement, non sans succès, d’ailleurs.

2. L’atmosphère de surchauffe sociale et de scepticisme quant à la crédibilité des chiffres et du classement des candidats selon le nombre des voix, dictait le choix du dialogue et de la concertation, envers et contre les tentations de la révolte de rue. Quelques semaines après le retour au calme et la libération des manifestants, s’ouvrait une ère de collaboration, sur les dossiers épineux, tels la non-reconnaissance de formations politiques et d’associations de la société civile, malgré leur poids, respectivement confirmé dans les urnes et en termes de présence sur le terrain des luttes de la citoyenneté.

3. Afin de mener, efficacement, la campagne de normalisation de l’opinion et du retour à la régulation pacifique des contentieux, le pouvoir accordera, à la mouvance précitée, la liberté de mouvement sur l’étendue du territoire, avec la faculté d’entreprendre des activités de mobilisation et de formation, sans subir de contrainte, aucune. Ainsi, profitant d’un climat d’entente mutuelle, les activistes de Rag et de l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira) se sont mis à sillonner le pays, en toute quiétude. Lors de ses déplacements, le député Biram Dah Abeid bénéficiait de l’accueil des autorités de l’Etat et suscitait la présence des journalistes de média publics. Tout allait au mieux, la confiance retissée prenait forme et la perspective d’une anticipation de crises postélectorales se précisait. Récemment, en avril et mai 2022, les mêmes délégations effectuaient une mission de nature identique dans les capitales régionales du Trarza, du Guidimagha, du Gorgol, de Dakhlet Nouadhibou, et de l’Inchiri ; pas une autorité administrative ou sécuritaire ne le gênera, durant leur parcours. Les attitudes de confrontation et de règlements de comptes paraissaient soudain passées de mode, pour ne pas dire en situation de caducité.

4. Cependant, à la sixième étape, en l’occurrence Atar, chef-lieu de la wilaya de l’Adrar, que les forces de l’ordre investissent le lieu de la réunion de Rag, avant d’y arracher, hors préavis, la banderole de l’évènement. Biram Dah Abeid, ses collaborateurs et les adhérents et sympathisants se trouvaient dans la la salle, d’où ils assistaient à l’intrusion. L’acte, outre son imprudence au milieu d’une foule de militants, dénote, aussi, le manque de respect, en sus de la provocation ; les commanditaires venaient de créer un incident de nature à annuler le processus de dépassement des écueils, par la négociation. Quelle est la particularité d’Atar et pourquoi seulement maintenant ? Qui est l’auteur de la décision et quels en sont les motifs.

5. Le Bureau exécutif du parti Rag s’alarme de la manière dont l’honorable Biram Dah Abeid fut traité, surtout en concomitance à un regain d’incitation à la violence, qui visent sa personne et la légitimité de son combat, comme s’il fallait neutraliser les deux, à la veille de la convocation du collège électoral, en octobre 2023. L’année suivante, la population élira le Président de la République et Biram Dah Abeid ne fait mystère de son ambition.

6. A cet égard, le Bureau exécutif rappelle, à l’ensemble des Mauritaniens la résolution sans réserve de Rag à poursuivre son travail de persuasion, au plus près de nos compatriotes et des partenaires stratégiques, afin d’expliquer et de rendre à portée de suffrage, le projet d’une rupture salutaire d’avec l’ère des compétitions fermées, de la fraude, de l’impunité et des privilèges de naissance. La réalisation de l’objectif multidimensionnel d’une Mauritanie enfin émancipée du statu quo de la domination, requiert l’exercice de la responsabilité au sommet de l’Etat. Parmi les échelons importants qui y mènent, Rag et ses alliés briguent la victoire aux scrutins de renouvèlement des députés et des conseillers de mairie et de région. Nul ne parviendra à les en exclure, à moins de devoir suspendre le droit, en premier la Constitution !

7. Rag ne cherche pas à aggraver la déception du peuple, face à l’échec de la lutte contre la corruption et les faux diplômes au sein de la fonction publique, pas plus qu’il ne souhaite déclencher un vaste mouvement de résistance aux expropriations foncières dont se plaignent tant de nos compatriotes, notamment au sud. Chacun de ces défis sera traité, le moment venu et sans heurts, grâce à notre expertise en matière de résolution des conflits. Nous sommes la force émergente de l’anticipation et de la médiation, qui s’adosse à vos bulletins de vote, en vue de construire une nouvelle majorité au service de l’égalité et du mérite. Les travailleurs manuels des villes, paysans, étudiants, braves mères de famille, les étudiants et la jeunesse désargentée et triste ont besoin de Rag, lequel constitue, dès lors, une partie de la solution, si ce n’est son socle.


Le Bureau Exécutif

✓Je soutiens l’OLAN dans sa requête d’officialisation des langues mauritaniennes | Par Maïmouna Saleck

…Parce que je ne vois plus comment, autrement, faire pour (construire ou) vivre ensemble en harmonie et en paix sur cette terre « Inchallah bénie » de nos ancêtres.

Je la soutiens encore plus fort lorsque je vois l’engouement des jeunes à porter cette requête … un message d’espoir vers la construction.

Avant la création de grandes villes communautarisées comme la ville de Nouakchott, c’était possible sans l’intervention de l’école, qui devait servir à répondre à d’autres besoins plus urgents de la vie !

En effet, j’ai vécu moins de 2 années à Nouakchott, à la fin des années 60 et cela m’avait suffit pour apprendre à communiquer avec nos voisins originaires du fleuve, du Nord ou de l’Est, sans aucune difficulté. Je parlais couramment Halpoullar, Bambara, Wolof et Hassaniya.

Grâce à mes connaissances linguistiques, j’ai même servi d’interprète à mon Papa au Sénégal et au Mali lorsque l’on faisait les courses au marché, ou lorsqu’il fallait communiquer avec la famille du gardien de l’ambassade.

Malheureusement, après une rupture avec le pays de plus d’une décennie, j’ai perdu ce précieux apprentissage, faute d’application !

Aujourd’hui je ressens une frustration, doublée quelques fois de honte ou de colère, lorsque j’utilise une langue étrangère (l’arabe ou le français) pour m’adresser à des gamins devant une école publique dans un quartier périphérique …. alors que je sais qu’ils ne comprendront pas la moitié de mon propos !

Et c’est le lieu pour moi, d’interpeller nos pouvoirs public, de profiter de ce moment qu’ils se sont donné pour réfléchir et innover, de tirer les leçons du passé et de trouver des réponses adéquates et innovantes aux questions légitimes de nos populations.

Le RWANDA, malgré tous ses défis, a pu se relever et se reconstruire avec un modèle qui lui est propre et a démontré que l’on pouvait faire AUTREMENT du développement !

La Mauritanie a toutes les capacités pour décider de son avenir ! Elle a tout le potentiel historique, social, naturel et humain – nécessaires pour bâtir de nouvelles bases solides, sincères, rigoureuses, fédératrices et réellement innovantes en rupture avec un système économique mondial exsangue, destructeur, injuste et inhumain !

Ensemble, pansons nos blessures, recousons nos cicatrices, et re-dessinons l’espoir et la confiance !

©️ Via post Facebook https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5091415724273500&id=100002153686138

✓Le problème foncier dans la vallée : quand se mêlent colère et incohérence | Par Gaye Tene TRAORÉ



Ce sont ces mêmes coutumes qui perpétuent une discrimination endogamique face à l’accès aux terres par endroits dans nos villages, des terres communautaires aménagées collectivement depuis des siècles pour certaines . A mon entendement c’est cette discrimination interne face à l’accès à la terre dans nos entités villageoises respectives qui explique la réaction tiède au niveau de la population concernée face à cette expropriation abusive et opaque que mène les autorités mauritaniennes dans la vallée . Et toute injustice est à dénoncer sans ambiguité , toute injustice me répugne au plus haut point à titre personnel , pas de graduation dans la défense des droits , des devoirs et de la dignité humaine ! Je suis prêt à y laisser ma vie même pour défendre ce qui ne m’apprécie ou n’apprécie pas mon combat pour la fin l’esclavage par ascendance .
Mais l’élément évident est ce manque de réaction digne de ce nom face aux retraits de terres dans la région de la vallée , cette faible réaction ou absence de réaction mérite une analyse sincère dépouillée de toute passion et inquisition . Des fois il est bon de comprendre ce qui nous arrive avec objectivité pour la bonne plaidoirie .Au sein de nos villages l’accès à la terre a été conflictuel entre membres de même communauté villageoise et l’enjeu que je souhaite mettre en exergue se situe au niveau de ce paradigme-là : l’absence de ce sentiment que les terres de nos entités villageoises et communautaires nous appartiennent tous , qui se justifie hélas dans les faits d’ailleurs .Pour ceux de la région du Guidimakha , on a en mémoire le litige de Kholle Mukke qui a fait objet de beaucoup d’articles de presse ainsi que de Niordel où on a frôlé la tragédie : lire article parue Cridem.org en date du 02-01-2014 19:15 – qui a pour titre :Agression à Kollé Mukké de Diaguily et échanges de coups de feu à Niorodel.
Depuis 2016 avec l’avènement du mouvement de Ganbanaaxu qui milite pour l’égalité pour tous en dignité , droits et devoirs le problème d’accès à la terre est devenu de plus en plus conflictuel et tragique .Nous avons tous vu la vidéo d’un des membres de la communauté de Ganbanaaxu de DAFORT en la personne de Samba Moussa Koné tabassée et ligotée le 31 Juillet 2021 comme une bête de somme suite à un fait d’esclavage foncier : https://cridem.org/C_Info.php?article=747569 ; des exemples ne manquent dans d’autres villages du Gorgol , de TRARZA … En ce qui concerne l’agression de Samba Moussa Koné , une manifestation a été organisée devant la présidence le 28 Juillet 2021 pour alerter les autorités des risques d’affrontements imminents à l’approche de l’hivernage mais en vain et c’est ce qui nous amène à dire que l’administration est pro-féodale au Guidimakha. Tous ces exemples cités ne justifient en rien cette opération coup de poing de la part de l’Etat et ses complices pour faire main basse sur les terres de la vallée , ces terres sont à la fois notre racine et notre identité . Cette réalité interne des communautés de la vallée dont le Guidimakha qui n’est qu’un exemple parmi tant d’autres met cependant la loupe sur notre handicap à faire fasse à des enjeux extérieurs de nos communautés ici l’expropriation des terres de la vallée pour être précis .
Puisque déjà d’injustice et discriminée face à l’accès à la terre en temps ordinaire et de façon humiliante comment expliquer à la couche d’extraction servile qu’elle est concernée par cette expropriation ? Puisqu’on lui répète et prouve qu’il n’a pas droit d’accès à cette terre sensée être la chose commune ? Comment être concernée par la défense commune de ces terres de la vallée si on retire des terres des personnes justes pour leurs opinions et militantisme .Dans les villages du Guidimakha beaucoup familles de la communauté Ganbanaaxu ont été victimes de retraits de terres ; il arrive quand j’utilise le mot expropriation certains de mes détracteurs avancent que ces terres étaient juste en prêt .Soit ! Mais ces terres sont retirés à ces personnes juste pour avoir afficher leur volonté d’émancipation , pour leur refus des assignations coutumières qui les violentent psychologiquement et physiquement.
Il arrive qu’au grès d’un différend vous êtes frappés d’une privation de jouissance de ces terres de la part de la féodalité locale avec l’appui de son bras administratif surtout si vous êtes d’extraction servile là c’est une autre paire de manche. Ainsi comment se sentir concerné par cet enjeu de retrait et recel de terres dans la vallée ,encore une fois ? Combien de millions d’Ouguiya ont été dépensés dans la région du Guidimakha par des personnes d’extraction servile pour garder leurs terres ? Et comment dire à ces personnes que défendre ces terres est une affaire commune au-delà de nos clivages , de nos différends ? Voilà des faits qui parasitent notre plaidoirie à l’unisson et nous affaiblissent là où nous devrions être forts et sans concession face à l’Etat!
On dissimule les titres collectif de ces terres communautaires pour en faire des trophées familiales ou claniques , pourtant ces terres ont été mise en valeur collectivement des fois exclusivement par cette même couche d’extraction servile au risque de me répéter .
Et aujourd’hui c’est une aberration de constater que des descendants de ces mêmes familles ayant aménagées des hectares de bas-fonds et des terres en hauteur sont privés de périmètres exploitables jusque parce que refusant leur assignation d’extraction servile .
Et cette couche d’extraction servile n’a pas droit à la terre selon la coutume-surement il y a des nuances dans le schéma présenté en fonction des aires géographiques car toute extraction nobiliaire n’est propriétaire terrien -surtout si ces derniers refusent cette dite assignation , ils sont alors considérés comme des parias . Ma réflexion ne tente pas de justifier l’arbitraire des retraits des terres de la vallée car arbitraire il y en a même au niveau de l’application des lois de la dernière réforme foncière : « ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale » car la tenure traditionnelle de la terre est en vigueur dans l’ensemble hassanophone si ça pourrait faire plaisir à certains mais mon propos est une volonté d’expliquer en partie la réaction froide face à l’expropriation des terres qui se passe sous nos yeux comme tétanisés .Là où se mélangent la colère , le ridicule et notre incohérence c’est qu’on est prompt et puissant à priver un de notre parce que de caste inférieure ou d’extraction servile des terres du village ou de la communauté qu’il a toujours exploité , de lui faire un chantage foncier , de lui faire subir un esclavage foncier alors que face à l’Etat on est tous impuissants et nos cris inaudibles , il y a nécessité de nous réformer pour faire face aux enjeux extérieurs et c’est le vœux pieux de Ganbanaaxu .Nos communautés tant qu’elles ne cultivent pas en leur sein de la justice sociale nous manquerons beaucoup de rendez-vous qui impliqueraient notre survie et notre avenir dans nos provinces de la vallée car sans terre , c’est l’exode .Et à travers l’exode un peuple perd une partie de son âme, de son tréfonds , de sa vitalité ! Vous avons tous vu que là nous devrions crier à l’unisson notre indignation face au problème foncier dans la vallée , il y a une quasi absence de réactions et ayons le courage de dire que nous sommes en partie vecteurs de cette indignation sélective . Si les terres de la communauté villageoise appartiennent à quelques familles de la féodalité locale , devenant un trophée familial et un outil de domination ben l’instinct grégaire d’antan se dissipe en fonction des conflits et querelles voire des humiliations liés au litige foncier local , et la paix sociale dans tout ça ? .Je vous prie de m’excuser de cette fausse note ou de cet anachronisme mais accepter sa propre réalité amère nous aide à faire la bonne plaidoirie .


GAYE TENE, Président de Armepes-France

✓Réflexion | « Chacun cherche ce qu’il n’a pas »



J’entends autour de moi, certains soutenir avec certitude que le mouvement Ganbanaxu est mal inspiré en posant un problème qui n’existe pas au Guidimakha ou encore, on ne sait pas ce que veut ce mouvement.

Je suis tenté de dire que tous les problèmes  de l’humanité résultent du fait que chacun juge l’autre sans se mettre dans sa peau pour le comprendre.
Il est de la nature humaine de ceux à  qui dieu a voulu leur offrir une once de son pouvoir –  un pouvoir  fragile, éphémère et contestable, d’ignorer les récriminations, les protestations et les revendications de l’autre, par  la banalisation, la diabolisation ou même en  niant en bloc les motifs de  sa grogne, par ce que jugé hâtivement et à tort .

Dès lors, la sagesse voudrait qu’on accepte de se prêter au jeu de rôle pour comprendre l’autre avant de le juger.
Cela  contribuera sans doute à la réduction des conflits, en créant une atmosphère moins conflictuelle et plus saine .

En Mauritanie, par exemple où l’on cherche désespérément, depuis des décennies une panacée  pour venir à  bout de l’unité nationale, ce jeu de rôle, peut  ainsi aider à la consolidation de la cohésion nationale fragilisée par la poussée de l’extrémisme de tous bords.

Chacun cherche ce qu’il n’a pas

Le blanc vient se bronzer sous le soleil  Africain pour avoir  la peau mate .
Les Africains se depigmentent la peau pour ressembler au blanc.
Certains sont apatrides et cherchent vaille que vaille,  une patrie quelle qu’elle soit alors que d’autres veulent renoncer à leur nationalité pour multiples raisons.

Les contradictions ne manquent pas. Chacun à  ses raisons qui lui sont propres.
La France, c’est la merde pour certains.  Pendant ce temps  les plages de la méditerranée deviennent des tombeaux à  ciel ouvert , pour de nombreuses personnes qui ne rêvent  que de l’Europe et de l’hexagone : un Eldorado pour elles.
Si la hantise de certains est  d’accéder à la noblesse, la noblesse est  sans intérêt pour d’autres qui y sont  parvenus sans formalités.
Chacun d’entre nous est tiraillé par une obsession, elle n’est jamais fortuite et fantaisiste. Elle est l’expression d’un manque et d’un désir de satisfaction souvent de quelque chose que la société nous refuse. 
Pour d’aucuns, ce complexe est  ailleurs : retrouver une famille, être reconnu et accepté ou avoir une légitimité paternelle, juste un nom de famille, sans doute un superflu pour d’autres.

Voyez-vous ! Les exemples ne manquent pas, nos  préoccupations ne sont pas les mêmes.

Dès lors, vous comprendrez jusqu’à quel point nos priorités et préoccupations sont différentes.
A chaque fois qu’on franchit un stade, on est animé par d’autres ambitions, c’est la nature humaine.
Certains ont la chance d’être en bonne santé mais se plaignent de la pauvreté, ils vont jusqu’à souhaiter abréger leur vie alors que certains richissimes, sont cloués sur un lit d’hôpital attendant désespérément. Ceux-là préférent dans ces conditions être à la place du pauvre : indigent mais dans la plénitude de la santé.
Le  souci du mouvement Ganbanaxu, c’est  de combattre l’esclavage et dérivés  en permettant ainsi à tout le monde d’accéder au statut enviable et respecté, synonyme de privilégies en milieu Soninké : la noblesse. Pas plus !

Une ambiguïté ressort des propos de certaines personnes  qui s’interrogent sur le bien-fondé du combat  qui est celui de Ganbanané  allant jusqu au point de nier en  bloc l’existence  de l’esclavage coutumier au Guidimakha, sous quelques formes que ce soit.
La pratique serait disparue selon elles, ce qui relève d’une cécité volontaire les empêchant  de voire les chaînes invisibles mais trop visibles, qui sont dans les mots, dans le rapport avec les autres,  avec la terre et avec « la chose communautaire « .
Pour ces derniers, le mouvement d’émancipation s’attaque aux traditions, us et coutumes ; en menaçant le patrimoine et la mémoire de la société voire son existence.

Or, ces traditions, dans certaines de leurs manifestations réduisent certains groupes sociaux au rang de complément, si elles ne les stigmatisent pas , en les présentant  comme des bouffons, des courtisans, bons pour faire rire la galerie et maintenus dans un carcan social sans perspectives de sagesse et de respectabilités réelles.

Cette  analyse ne passe pas chez ceux qui ont hérité  de la noblesse et  ceux qui trouvent leurs compte dans cette stratification sociale.  C’est un jeu d’intérêts. Ils crient au scandale et au complot.

Mais pour comprendre, la posture de l’autre qui veut être rebaptisé à  travers un pacte social plus solidaire et plus égalitaire dans une communauté où les tous membres sont logés dans la même enseigne, il faut un surpassement de soi.
Pour cela, il faut accepter de changer de place, de se prêter au fameux jeu de rôle,  ne ce serait qu’en portant un « nom d’esclave  » pendant une journée, puisque  formellement,  il n’y a rien qui vous différencie. Et vous comprendrez les souffrances de l’autre.
Cette permutation de statuts et de rôle social, qui semble anecdotique, si elle est faite de manière sincère  est une invitation à la découverte.

Cet esprit de discernement et de prise de  hauteur qui manque à la plupart d’entre nous  est un rempart contre l’infamie.
La crise actuelle de nos sociétés est celle de l’aveuglement volontaire, sur fond de silence coupable consistant à  tout ramener à soi, dans un élan d’égoïsme sans précédent. 
Le premier acte de la paix se construit dans la capacité à écouter l’autre,  en ne l’intégrant pas  dans votre propre définition mais en lui laissant lui-même, le soins de se définir et de se présenter tel qu’il veut être ou paraître.

Le Maure réclame son arabité mais pour quoi, voulez-vous qu’il soit autre chose alors qu’il n’en veut point.
Vouloir toujours, ramener l’individu à  ses origines, à une histoire, à  un passé dévalorisant et  peu reluisant,  somme toute des souvenirs qui rappellent échecs et humiliations, ne participe pas à  la construction de la paix et du vivre-ensemble .

« Je veux être toi » parce que tu es l’échelle des valeurs, tu es la référence sociale, tu es le sommet de la pyramide.
Je dois avoir tes encouragements parce que je t’honore et je t’augmente. 
Mais,  la réponse est pour le moins cruelle et étonnante. Comment peut-on expliquer le refus de l’autre, celui qui aime dire  » nous sommes des frères,  nos sommes égaux » .
Tu restes » toi et moi, je reste moi. »  C’est un rejet insultant d’une partie de soi, cela ne contribue point  au rapprochement et à  l’entente.
 
« Nous sommes des frères » ça ne semble plus convaincre personne.  Cela relève n’est-ce pas d’une construction fictive au mieux utopique et d’une stratégie de diversion.  « Je veux être toi », n’est nullement ta négation, au contraire c’est une duplication de ton image, de toi pour une communauté plus fraternelle et même fusionnelle.

Une société plus juste et égalitaire, c’est  le combat du mouvement Ganbanaxu,  qui peut se tromper dans la mise en œuvre de son projet . En effet, aucune œuvre humaine n’est parfaite .

Cependant, la justesse et la pertinence de son désir, d’œuvrer  pour l’émancipation des « groupes damnés »  dans la société Soninké est une idée plus noble que n’est la noblesse, elle-même  qui se barricade derrière des theories suprémacistes, en fermant ses portes devant ses propres frères.
Or, la noblesse est pour nous, avant tout  hospitalité, grandeur, honneur , bienveillance dans la mesure où  elle veut promouvoir l’humanité vers l’excellence.


                   Souraghé (Auteur anonyme)

✓IRA Mauritanie | Mauritanie : du deux poids, deux mesures à l’instigation de la discorde

Initiative Résurgence Abolitionniste (IRA)

Mauritanie : du deux poids, deux mesures à l’instigation de la discorde

• Note d’alerte

17 mai 2022

1. Depuis une semaine, une vidéo circule sur les réseaux sociaux où un sieur Khattri Ould Djé, réclame l’emprisonnement du député Biram Dah Abeid et de monsieur Samba Thiam, leader des Forces progressistes du changement (Fpc), ex- Forces de libération africaines de Mauritanie (Flam). La séquence, très provocatrice, suscite l’indignation dans les milieux défavorisés, en particulier les descendants d’esclaves noirs, d’origine subsaharienne. Beaucoup de jeunes issus de ce terreau réagissent mal au discours car l’auteur y humilie la communauté des Hratine, qu’il prétend soigner, nourrir et préserver du règlement de la Diya, la compensation légale de l’homicide.

2. C’est dans ce contexte de libération de la parole réactionnaire, que Mohamed Yislem, né en 1985 à Rosso, réagira aux déclarations du susdit, non sans en démentir les allégations, arguments, accusations et incitations à la violence de caste. Le samedi 14 mai 2022, à 10 h, Mohamed Yislim est capturé par des policiers du commissariat de Elmina 3 (commune populaire de la capitale), en uniforme. Il y reste 24 heures, avant le transfert vers un lieu non identifié, selon son père qui le cherchait, partout.

3. Le dimanche 15 mai, le détenu, sur injonction des ravisseurs, appelle son géniteur et l’informe de sa présence au commissariat de police 1 de Tevragh Zeina (commune résidentielle de Nouakchott) ; il demande, aux siens, de lui apporter son téléphone (sous réquisition des Renseignements) et des vêtements de rechange. D’emblée, les agents de faction refusent la rencontre des deux puis se ravisent et décident d’assister à l’entrevue. Quand le père revient porteur de la nourriture au fils, ses interlocuteurs refusent de réceptionner le repas.

4. Mohamed Yislim, rejeton de famille servile croupit en prison, à cause de ses idées et rêves d’émancipation tandis que son contradicteur, fils de famille féodale, reste à l’abri des poursuites, malgré la virulence de ses mots. En Mauritanie, il semble que la définition de l’extrémisme et de l’appel à la haine n’inclut que les propos imputables aux cadets sociaux. Le reste de la population se considère à l’abri et au-dessus des lois contre la discrimination et la stigmatisation. D’ici-peu, si la tendance se confirme, la contestation de l’esclavage et du racisme deviendrait un délit, en soi.

5. Face au regain de tension, entretenu de l’intérieur des factions suprématistes du pouvoir, l’apaisement et l’ouverture prônées par le Président de la République depuis l’alternance de 2019, se trouvent désormais en situation de péril. La cohésion du pays ne cesse de se dégrader, alors que l’insécurité et l’instabilité régionales mettent en danger, nos citoyens, y compris aux frontières nord et est. Tant d’amateurisme des politiques publiques, de faux diplômes, de nominations complaisantes et d’attributions de marchés à des notables sans assise saine, ont nourri et entretenu l’arrogance de la médiocratie installée au cœur de l’Etat. Pour durer, s’enraciner et même prétendre à quelque utilité, la classe redoutée des dirigeants de la Mauritanie, sous l’injonction des moyens-passables-incompétents, a besoin d’attiser les tensions, sur la base de l’identité. Ainsi, prend-elle en otage le sommet de l’administration, ses échelons subalternes et une fraction conséquente de l’opinion. Il n’est pas exclu que les forces obscures préparent une déstabilisation à grande échelle, d’où la présente alerte, à l’attention du Président de la République et de ses proches collaborateurs. La mise en garde s’adresse, également, à l’ensemble des députés et aux organisations de la société civile.

Nouakchott le 17 mai 2022
Le Bureau Exécutif

✓La Syrie promet à un député mauritanien d’entreprendre des recherches pour trouver le journaliste Ishak O. Moctar

Sahara Média – Le député mauritanien Dah O. Souheïb a révélé, dans une communication téléphonique avec Sahara Medias que le ministre syrien des affaires étrangères Fayçal Mogdad lui a exprimé la disponibilité de son pays à chercher le journaliste mauritanien Ishak O. Moctar disparu sur le territoire syrien depuis 2013, alors qu’il couvrait la guerre dans ce pays.

Ould Souheïb, qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre entre le ministre syrien et une délégation parlementaire mauritanienne en visite à Damas, a ajouté que l’un des plus importants objectifs de cette visite est le problème du journaliste qui sera évoquée encore, selon lui, avec tous les responsables syriens que la délégation doit rencontrer.

Ould Souheïb, qui préside la commission parlementaire d’amitié mauritano-syrienne a rappelé le soutien apporté par la Mauritanie à la Syrie pendant la guerre, avant d’ajouter que son pays, en retour, attend de la Syrie qu’elle aide la Mauritanie à élucider le sort du journaliste.

Le ministre syrien des affaires étrangères a rappelé que le journaliste mauritanien était entré en territoire syrien depuis la Turquie ce qui limite sensiblement les informations dont dispose le gouvernement syrien le concernant.

Le chef de la diplomatie syrienne a cependant exprimé la disponibilité de son pays à rechercher le journaliste dans les territoires qu’il contrôle, avant d’ajouter que les services de renseignement syrien sont capables de le chercher dans les autres zones qui échappent au contrôle du pouvoir central, demandant à ce que les autorités mauritaniennes saisissent officiellement la Syrie à ce sujet.

Le député mauritanien a précisé qu’il s’était entretenu avec l’ambassade de Mauritanie à Damas qui l’a informé du processus du développement du dossier et les efforts déployés par le ministère des affaires étrangères dans ce cadre.

La délégation parlementaire mauritanienne doit rencontrer ce lundi la conseillère spéciale du président syrien Boutheyna Chabâne avec laquelle elle évoquera le dossier du journaliste Ishak O. Moctar.

©️ Via Cridem https://cridem.org/C_Info.php?article=756526

✓Le parti RAG et alliés suspendent leur participation aux séances préparatoires du dialogue | Al-Akhbar

🔴 Al-Akhbar (Nouakchott) – Le pôle « Alternance démocratique », l’un des pôles d’opposition participant au dialogue, a décidé de se retirer des séances auxquelles il participait depuis sa création, en signe de protestation contre ce qu’il a qualifié de « provocations » contre l’ancien candidat présidentiel Biram Dah Abedi.

Le leader du pôle d’opposition et chef du parti Rag (en cours de constitution), Omar Ould Yali, ont confirmé dans un communiqué à l’agence de presse qu’ils avaient décidé de se retirer de ces séances jusqu’à nouvel ordre.

Le pôle comprend le Parti Sawab représenté au Parlement par trois députés, dont Biram Dah Abedi, le Parti Rag (en cours de constitution), et l’aile Manifeste des Haratines dirigée par Ould Hindia.

Le Président Omar Yali a déclaré que le pôle considérait que les justifications fournies pour la prise d’assaut par la police de la réunion du congrès du parti dans la ville d’Atar n’étaient pas convaincantes, car le parti avait auparavant tenu plusieurs autres congrès régionaux sans faire l’objet d’aucun harcèlement.

Ould Yali a ajouté : « Il était également possible d’avertir de ce qu’ils considéraient comme un avertissement sans utiliser cette méthode provocatrice. »

Ould Yali a souligné que ce qui s’est passé contredit ce qu’ils avaient convenu avec le président Mohamed Ould El Ghazouani, et en conséquence ils ont décidé de se retirer des sessions de dialogue national.

✓Et si on arrêtait les blagues esclavagistes… | Par Mouhamadou SY



La parenté dite à plaisanterie (je précise que je n’aime pas ce terme réducteur) a été une invention sociale de génie. Son institutionnalisation a eu des effets régulateurs d’une efficacité difficilement égalable. Elle est encore vécue et remplit pleinement ses fonctions. Sa place dans nos politiques modernes est encore à trouver. Mais ceci arrivera le jour où l’africain sortira de la tendance « Je copie donc j’existe »! Ce n’est pas cela mon sujet de discussion aujourd’hui, donc je ne m’y attarderai pas.

Il y a, dans le volet le plus léger de cette invention sociale, un aspect consistant pour le coup à plaisanter avec son `cousin socialement désigné’ (ce à quoi je ne refuserai pas de reconnaître son rôle d’huilage), des formes d’usage qu’il faut revoir.

On entend certains (pas toujours déniés du sentiment de justice et d’égalité sociales) employer des termes comme « Maccuɗo am », « Korɗo am » dans un joug amical avec un cousin. Ces mots n’ont certes aucune intention de blesser l’interlocuteur qui en usera d’ailleurs pour répliquer. Notre discussion ne se situe donc pas au niveau du cadre de cette plaisanterie et encore moins de ses protagonistes du jour.

Ce que l’on peut cependant remarquer c’est qu’on utilise quand même là des mots auxquels on reconnait volontiers un certain nombre de tares -raison pour laquelle on les attribue faussement à son interlocuteur- et par là donc on « n’oublie » de se soucier de beaucoup d’individus qui vivent, et cette fois pas de manière fausse et encore moins plaisante, l’extrême douleur de leur contenu.

Des individus sont contraints par la société à subir en permanence le contenu de ces mots dans une injustice communément acceptée.

Utiliser ainsi le terme « Maccuɗo am » (mon esclave) comme moyen de plaisanter avec son cousin dit à plaisanterie, dans une société où l’esclavagisme est en cours sous une ou autre de ces formes, accepter de perpétuer un tel vocabulaire de plaisanterie est pour le moins inconscient, en tout cas incompatible avec la tenue que se doit un défenseur des droits.

D’ailleurs, la société peule, vu que c’est celle-ci qui constitue mon environnement social immédiat, pourvoit des termes alternatifs comme « Ko mi laamɗo maa », « Ko mi lawake maa » (Je suis ton roi, Je suis ton prince etc.). Remarquez qu’ici, il ne s’agit pas des termes duaux à ceux que l’on critique. Le terme dual à ces derniers serait « Ko mi dimo maa » (Je suis ton noble). Celui-ci n’a pas l’air trop usité, en tout cas pas dans mon entourage. Mais il l’est quand même au moins à travers l’usage de ses duaux.
Ces termes de Laamɗo et Lawake ne sont donc pas chargées de grands impairs car ils ne sont pas en rapport avec une injustice sociale encore vécue, comme l’esclavagisme ou l’oppression des femmes.

Il convient donc de nettoyer nos institutions sociales, les plus utiles d’entre elles. Il serait dommage que des aspects secondaires de plaisanterie se chargent d’autant de moisissures jusqu’à pourrir l’ensemble de l’édifice et nous faire perdre une des plus grandes avancées sociales de notre civilisation.
Il faut aussi, pour tout individu sensible à la justice et à l’égalité dans nos sociétés, veiller aux symboles que nous utilisons, à leur impact sur des individus qui pourraient en souffrir en voyant une partie de leur dignité dégradée.

Cette réalité d’esclavage n’est trop loin ni dans le temps, ni dans l’espace pour que l’on se permette d’en user de cette façon pour nos besoins de rigolade. Ces rires qui se veulent sains s’avèreront toujours au fond être de violentes moqueries, même à leur insu.

©️ Via le post Facebook https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1035746184016302&id=100027427912973

✓L’esclavage en Mauritanie | Les premiers éléments de communication du rapporteur spécial Onusien monsieur Tomoya Obokata.

Mauritanie : un expert de l’ONU encouragé par les progrès réalisés, mais déclare qu’il faudra davantage de travail pour éradiquer complètement l’esclavage

NOUAKCHOTT (12 mai 2022) – Un expert des droits humains de l’ONU s’est félicité aujourd’hui des progrès accomplis dans le renforcement du cadre juridique et de l’émergence de la volonté politique en Mauritanie pour lutter contre l’esclavage, mais a averti qu’il reste encore beaucoup à faire.

A la clôture d’une visite de 10 jours dans le pays, Tomoya Obokata, rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines d’esclavage, a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour accélérer la mise en œuvre de la législation anti-esclavagiste mauritanienne et à résoudre les problèmes pratiques, juridiques, et les obstacles sociaux qui empêchent les personnes touchées par l’esclavage d’aller en justice et d’atteindre l’égalité.

« Je suis reconnaissant au Gouvernement d’avoir accueilli ma visite et de la coopération qui m’a été apportée par les plus hautes autorités, y compris le Président de la République. » a dit Obokata dans une déclaration à la presse. « J’ai été encouragé par la reconnaissance par le président lors de notre réunion que le déni de l’esclavage n’est pas la bonne approche, et son engagement déclaré à mettre fin à l’esclavage, à traduire les auteurs en justice et à favoriser l’inclusion sociale et économique des personnes anciennement réduites en esclavage. »

Depuis la dernière visite de mon mandat en 2014, la Mauritanie a pris des mesures importantes pour combattre l’esclavage et il y a une plus grande volonté de discuter ouvertement des questions d’esclavage, »

« L’adoption de la loi 2015-031 criminalisant l’esclavage et les pratiques esclavagistes a comblé de nombreuses lacunes de la précédente législation anti-esclavagiste mauritanienne. Je suis également encouragé par les efforts entrepris par le Gouvernement pour sensibiliser les praticiens de droit, la police judiciaire, les forces de sécurité, la société civile, et le public. »

Néanmoins, Obokata a averti que des formes d’esclavage fondées sur l’ascendance et contemporaines existent toujours en Mauritanie, au sein de tous les principaux groupes ethniques du pays et entre certains groupes. « L’esclavage traditionnel persiste en Mauritanie, malgré le déni de cette pratique par certains acteurs, » il a déclaré.

« Les personnes réduites en esclavage, en particulier les femmes et les enfants, sont victimes de violence et d’abus, y compris la violence sexuelle, et sont traitées comme des biens. L’esclavage fondé sur la caste est également un problème, et les personnes appartenant à des castes réprimées qui réfutent leur statut d’esclave font face à de violentes représailles et au refus d’accès aux services de base par les castes dominantes. »

« Le travail des enfants reste une préoccupation, en particulier la pratique de la mendicité forcée, et les pratiques de travail forcé sont courantes dans le secteur informel mauritanien, touchant les migrants aussi bien que les citoyens mauritaniens. »

Obokata a observé que la pleine application de la législation anti-esclavagiste mauritanienne reste difficile à atteindre et a encouragé à redoubler des efforts pour mettre entièrement en œuvre le cadre juridique anti-esclavagiste du pays et s’attaquer aux pratiques sociales profondément ancrées.

« L’existence persistante de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes en Mauritanie démontre malheureusement que les lois pertinentes ne sont pas totalement appliquées dans la pratique et qu’une transformation sociale et un changement de mentalité des dirigeants du pays sont nécessaire pour reconnaître de façon directe et de lutter contre l’esclavage plutôt que de nier son existence. »

« Il faudra davantage d’efforts pour garantir que les plaintes d’esclave fassent l’objet d’enquêtes et que les jugements sont rendus dans les délais raisonnables, que les victimes de l’esclavage sont informées de leurs droits et jouissent d’accès dans la pratique aux mécanismes de plainte ainsi que de la protection et assistance, et que les sanctions prévues soient pleinement appliquées. »

Obokata a également reçu des informations selon lesquelles les personnes réduites en esclavage et leurs descendants rencontrent des difficultés pour s’inscrire à l’état civil mauritanien, ce qui est une condition préalable à l’accès à l’éducation, à l’emploi formel, et aux services de base.

« Sans accès à l’emploi formel et à l’éducation, les victimes de l’esclavage, et leurs enfants n’ont aucune voie viable pour sortir de l’esclavage et restent piégés dans un cercle vicieux de dépendance vis-à-vis de leurs anciens esclavagistes ou de formes de travail qui relèvent de l’exploitation » , a déclaré Obokata. « Il est impératif que le gouvernement s’attaque aux obstacles de ces communautés à l’enregistrement civil. »

Au cours de sa visite, Obokata a rencontré le président de la République islamique de Mauritanie, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et le Premier ministre Son Excellence M. Mohamed Ould Bilal Messoud, ainsi que d’autres responsables gouvernementaux. Il a également rencontré la société civile, les associations de travailleurs, la communauté diplomatique et l’ONU, ainsi que des défenseurs des droits de l’homme, des victimes de l’esclavage et des migrants. Il a tenu des réunions à Nouakchott et Nouadhibou.

Le rapporteur spécial présentera un rapport complet au Conseil des droits de l’homme en septembre 2023.

FIN.

M. Tomoya Obokata est un spécialiste du droit international et des droits humains, spécialisé dans la criminalité transnationale organisée, la traite des êtres humains et des formes contemporaines d’esclavage. Il a commencé son mandat comme rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, y compris leurs causes et leurs conséquences en mars 2020. Il est actuellement professeur de droit international et des droits humains à l’université de Keele, et il a précédemment enseigné à l’université Queen’s de Belfast et à l’université de Dundee (toutes les deux au Royaume-Uni, en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord).

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

Pour des informations additionnelles et des demandes des médias, prière de contacter : M. Krishnan RAGHAVAN (+41 22 917 4532/ krishnan.raghavan@un.org).

Pour des demandes de renseignement des médias concernant d’autres experts indépendants, prière de contacter ONU Droits de l’homme– Unité Média (Jeremy Laurence / jeremy.laurence@un.org).

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✓ Les premières recommandations :

Ci-dessous les recommandations préliminaires du Rapporteur Spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Mr. Tomoya Obokata suite à sa mission officielle en Mauritanie:

• Prendre des mesures significatives pour appliquer efficacement les lois pertinentes, en particulier les lois anti-esclavage, anti-traite et du travail. Cela devrait inclure davantage de ressources, une formation rigoureuse, un renforcement des capacités, des discussions sur l’avenir des tribunaux pénaux spécialisés, ainsi qu’une sensibilisation à l’impératif moral et juridique d’éliminer toutes les formes contemporaines d’esclavage, y compris l’esclavage fondé sur l’ascendance.
• Mettre en place des unités dédiées à l’esclavage au sein de la police judiciaire et du ministère public avec un personnel parfaitement formé.
• Exclure l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage des processus de résolution informels.
• Élaborer des directives de détermination de la peine pour les infractions d’esclavage afin de maintenir une cohérence dans la détermination de la peine qui tienne compte de la gravité de ces infractions.
• Établir un mécanisme national d’identification multipartite pour éviter de trop compter sur les victimes pour qu’elles se manifestent.
• Mettre en place un système d’alerte précoce efficace pour identifier les enfants à risque de travail des enfants et d’autres formes d’exploitation, en travaillant en étroite collaboration avec les parents, les enseignants, les travailleurs sociaux, les organisations de la société civile et d’autres parties prenantes concernées.
• Renforcer l’inspection du travail en organisant une formation efficace sur l’identification et l’allocation de ressources suffisantes.
• Fournir des informations adéquates et accessibles sur les droits des travailleurs et les mécanismes de plainte en cas de violation des lois pénales et du travail, à tous les Mauritaniens ainsi qu’aux ressortissants étrangers dans des langues qu’ils comprennent. Travailler en collaboration avec l’Institution nationale des droits de l’homme, les organisations de la société civile ainsi que les chefs locaux, tribaux et religieux à cette fin.
• Assurer la protection des victimes de l’esclavage et des pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que leur accès à la justice, aux recours, à l’emploi et aux opportunités de subsistance.
• Établir un fonds dédié aux victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes qui peut être utilisé pour leur protection. Réaliser un recouvrement efficace des avoirs des criminels à cette fin.
• Faciliter l’enregistrement à l’état civil pour ceux qui n’ont pas de papiers d’identité, y compris les travailleurs migrants et les personnes déplacées.
• Assurer l’égalité d’accès à l’éducation, aux services publics, à la terre et au travail décent pour tous les Mauritaniens sans discrimination d’aucune sorte.
• Prévenir et lutter contre la violence à l’égard des femmes et des filles en promulguant le projet de loi sur cette question dès que possible.
• Garantir l’égalité de traitement des travailleurs étrangers en termes de conditions de travail et d’accès aux services publics de base tels que la santé et l’aide sociale, ainsi que la gratuité de l’enseignement pour leurs enfants.
• Inclure explicitement l’élimination de l’esclavage fondé sur l’ascendance et des pratiques connexes dans le mandat de TAAZOUR et allouer des ressources adéquates à l’agence, y compris en termes de moyens, de formation et d’expertise.
• Promouvoir une représentation ethnique et de genre équilibrée dans les bureaux publics, les forces de l’ordre et les forces armées, en particulier au niveau de la haute direction.
• Mettre en œuvre des mesures positives/affirmatives raisonnables et proportionnées pour faciliter l’intégration économique, sociale et culturelle des victimes de l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage.
• Formaliser les emplois informels tels que le travail domestique aussi rapidement que possible afin de protéger les droits de tous les travailleurs et d’empêcher qu’ils ne tombent dans l’esclavage et d’autres pratiques assimilables à l’esclavage.
• Travailler avec les employeurs et les entreprises, y compris les sous-traitants, pour promouvoir la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme sur le lieu de travail conformément aux Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
• Encourager les parties prenantes gouvernementales et autres à renforcer leur coopération avec le système des Nations Unies en Mauritanie pour lutter contre toutes les formes de discrimination auxquelles sont confrontés les groupes à risque, y compris les victimes de l’esclavage et d’autres pratiques esclavagistes, conformément aux objectifs de développement durable.
• S’attaquer à la culture profondément enracinée du déni de l’esclavage en reconnaissant formellement son existence au plus haut niveau du gouvernement et de le communiquer clairement à toute la nation en utilisant le terme spécifique « esclavage ».
• Recueillir des données sur l’esclavage et d’autres pratiques analogues à l’esclavage, ainsi que sur le sexe, la race et l’ethnicité pour lutter plus efficacement contre les inégalités et la discrimination.
• Mettre en place un organe multipartite pour suivre annuellement les progrès de la mise en œuvre de la feuille de route.

©️ Crédit source : Page officielle UN Human Rights Mauritanie 🇲🇷 https://www.facebook.com/UNDroitsHumainsMauritanie/

✓Propos haineux contre les Peuls (Halpularen): Le ministre de la Justice annonce l’ouverture d’une enquête

Le ministre de la Justice, Ould Boye a annoncé devant les député l’ouverture d’une enquête contre le sieur Ahmed Mahfoud auteur de propos haineux contre la communauté Peul (Halpularen) qu’il a tenus il y a quelques jours. Dans ce vocal devenu viral, ce citoyen appelait à expulser les peuls de Mauritanie voire à les exterminer, parce que pour lui, ils « ne sont pas mauritaniens ». Des propos d’une rare violence et qui rappellent les douloureux évènements de 1989 – 91 au cours desquels, des milliers de négro-mauritaniens avaient été déportés au Sénégal et au Mali, d’autres révoqués de leur poste, et d’autres massacrés dans les casernes militaires…

Réagissant à ces propos orduriers et dangereux, certains cadres de la communauté (le président de Touche pas à ma Nationalité, le président du FRUD et deux avocats) ont porté plainte devant le procureur de la République parce qu’ils estiment qu’après les évènements de 1989, on assiste ici aux retours des démons et à une dangereuse escalade, à une profonde griffe sur l’unité nationale laquelle continue de souffrir des extrémismes violents. Le mal de ce pays c’est l’amalgame qu’on en fait. En effet, à chaque fois qu’un citoyen dénonce les injustices et les discriminations, il est catalogué extrémiste, raciste ; on ne cherche pas à comprendre pourquoi il le dit, et quelles en sont les raisons, mais on se hâte de le condamner et de le traiter de raciste. On crée toujours de l’amalgame.

Interpelé au Parlement sur la gravité des propos du sieur Ahmed Mahfoudh, par la députée Kadiata Malick Diallo qui s’est fondée sur la loi contre la discrimination et la cybercriminalité, Ould Boyé annonce qu’une information a été ouverte par le procureur de la République, assure que l’unité nationale est une ligne rouge et que quiconque la franchit subira les foudres de la loi. Kadiata Malick Diallo a invité le département de la justice et le gouvernement à assumer leurs responsabilités devant le peuple mauritanien et devant l’histoire, car ces actes sont graves et menacent les fondements de l’unité nationale. Il le faut dans la mesure où d’autres personnes ont tenu des propos très graves et ont demandé au président de la République de mettre fin au processus de préparation du dialogue, ensuite Ils ont invité le député Biram Dah Abeid à cesser ses attaques répétées contre la communauté Beidane et ont menacé d’y mettre fin si le président de la République ne le fait pas. Pour Khattri Ould Dié et Abdel Vettah Abeidna, la place de Biram Dah Abeid et de Samba Thiam, est la prison. C’est dire que la tension est montée d’un grand cran. Heureusement que quelques autres patriotes ont choisi la voix de la raison en rappelant l’histoire, la vraie, celle de ce pays en appelant à la raison ; ils ont rappelé les liens séculaires qui unissent les composantes nationales de ce pays et souhaité que l’unité de ce pays soit préservée.

Aux dernières nouvelles, l’auteur du vocal en question a été arrêté par la police.

©️ Crédit source : http://www.lecalame.info/?q=node/13316