​COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’ARMEPES-FRANCE : QUELQUES ENSEIGNEMENTS DE L’AFFAIRE DE FRÈRES DIALLO D’OULIMBONI. 


Ce jeudi 1 juin 2017 à Sélibaby , capitale régionale du Guidimagha dans le Sud mauritanien, les 2 frères DIALLO (Harouna et Madjigui) ont été libérés d’une détention de 35 jours. Ils avaient été mis aux arrêts après leur implication dans une bagarre avec un homme issu du milieu féodal villageois, qui avait tenu des propos injurieux à connotation esclavagiste à leur encontre. Après plusieurs tentatives d’un traitement à l’amiable refusé par la partie du monsieur ayant reçu des coups lors de la bagarre, le procureur a trop longtemps gardé le dossier en souffrance avant de réunir les protagonistes dans son bureau pour acter un traitement final dans la journée du 1 juin. Le cas de nos jeunes compatriotes était suivi de près  par L’AMEES (Association Mauritanienne pour l’Éradication de l’Esclavage et ses Séquelles), notre partenaire du forum GANBANAAXUN FEDDE. Ainsi les services d’une avocate en la personne de Maître Fatimata Mbaye , avaient été sollicités pour assister les frères DIALLO dont leur cas est pris comme une aubaine pour certains féodaux soninkés pour corriger les antiféodaux et les antiesclavagistes considérés comme des “rebelles” contre l’ordre coutumier dominant dans nos localités. Par ce communiqué, nous comptons détailler les conditions de l’accord trouvé et revenir sur des ambiguïtés constatées chez les autorités locales par rapport aux faits présumés ou avérés relevant de l’esclavage. 


■ Premièrement, sur la base de l’accord amiable, les deux camps s’engagent à retirer leurs plaintes respectives. Le camp des féodaux a demandé une somme de 400000 UM pour remboursement des soins reçus par leur blessé protagoniste. Finalement cette somme a été fixée  à 200000 UM sur décision arbitrale du procureur . L’exigence de présentation d’excuses émise “fièrement” avec insistance par le camp du monsieur blessé à l’origine des propos injurieux, est restée sans suite. 

 Par ailleurs le procureur  s’est limité à un habituel rappel laconique de l’arsenal juridique relatif aux pratiques et faits d’esclavagisme (actes et propos) en Mauritanie. 


■ Deuxièmement, il nous a été signalé que la déposition des frères DIALLO à la brigade de gendarmerie de Sélibaby n’aurait pas été prise en compte intégralement ou très mal prise . De ce fait la lecture de l’affaire a été forcément impactée au bénéfice de l’autre camp. 


■ Troisièmement, nous appelons nos partenaires du terrain à un activisme intelligent face à un ordre féodalo-esclavagiste radical qui est décidé à polluer notre engagement ouvert et sain par des coups piéges et provocateurs. 


■ Quatrièmement, nous demandons aux autorités compétentes dans la région, l’application stricte de l’arsenal pénal en vigueur concernant l’esclavage et ses différentes manifestations dans nos localités. Par la même occasion nous les alertons sur la nécessité de veiller sur ce qui s’y couve notamment  sur les problématiques du foncier. Certains féodaux zélés se préparent à déposséder des citoyens paisibles de leurs terres parce qu’ils osent refuser d’être assignés comme esclaves dans la communauté. 


La Cellule de Communication ARMEPES-FRANCE  (La CeCom)

​IRA-MAURITANIE : Aménagements techniques

Le Bureau Exécutif d’IRA – Mauritanie s’est réuni ce samedi 03/06/2017 à Riyadh sous la présidence de sa secrétaire générale Madame Coumba Dada Kane.

A l’issue de cette réunion quelques aménagements techniques ont été opéré dans les structures de l’organisation, c’est ainsi que :

Monsieur Yacoub DIARRA président de la section d’IRA en Italie est nommé cumulativement avec ses fonctions, adjoint au coordinateur d’IRA en Europe

Monsieur Yenge Ould Mohamed Salem MESSOUD est nommé coordinateur de l’IRA dans les îles Canaries (Espagne)
Nouakchott le 03/06//20217

La commission de communication
  
جراءات فنية 
إجتمع المكتب التنفيذي لحركة ايرا موريتانيا  يوم السبت 3 يونيو في الرياض(انواكشوط) برئاسة أمينته العامةالسيدة كومبا دادا كان 
وقد أفاض الإجتماع عن بعض التعديلات الفنية في الهياكل التنظيمية للحركة و ذلك على النحو التالي:

– تم تعيين السيد يعقوب جار   نائبا  لمنسق أيرا في أوروبا مع احتفاظه  بكامل مهامه رئيسا لمكتب ايرا إيطاليا 

– تم تعيين السيد ينج ولد محمد السالم مسعود منسقا لإيرا  في جزر الكناري (المملكة الاسبانية(
نواكشوط 3 يونيو 2017 
اللجنة الاعلامية

Source crédit : IRA-MAURITANIE 

Tentative de spoliation à caractère raciste dans le foncier au Brakna

       
Communiqué de presse

Le Wali du Brakna, Abderrahmane Ould Mahfouf Ould Khattri, a signé et diffusé,  le 18 mai 2017, un arrêté portant création et organisation d’une commission régionale chargée de l’élaboration des listes des bénéficiaires de parcelles dans l’extension du Périmètre du Casier Pilote de Boghé, d’une superficie de deux mille deux cents dix hectares (2210 ha). Cette commission est  présidée par le Hakem (Préfet) de Boghé.

Les terres objets de l’aménagement sont la source de revenue et de survie des communautés villageoises noires vivant dans plusieurs localités autour de la plaine. Contre toute logique, l’état partisan a tout simplement spolié ces terres pour les donner aux membres de l’agro business arabo et berbères, bafouant ainsi les droits de toutes ces communautés.

En effet, le 07 novembre 2014, le jour du lancement de la « Caravane contre l’esclavage foncier et les expropriations foncières », initiée par IRA – Mauritanie, une délégation formée des représentants des communautés villageoises propriétaires coutumières du site, était venue signifier au Hakem de Boghé son opposition, dans le projet d’aménagement, à la démarche adoptée par les autorités, sans aucune concertation avec les communautés concernées. Cette absence de concertation se poursuit dans la phase finale de distribution des parcelles.    

 

IRA – Mauritanie, tout en encourageant tout effort tendant à faire accéder «les sans terres »  à la propriété foncière, tient à annoncer cette position :

  • Les autorités doivent tenir compte du droit de propriété et leur accorder, prioritairement une partie de la terre qui est leur seule ressource avant la distribution aux non propriétaires.

  • L’expérience catastrophique de la distribution en 1994 des parcelles de l’extension du Périmètre Pilote du Gorgol devrait servir de leçon. Elle s’est faite dans une opacité totale qui a permis l’octroi de parcelles à de personnes étrangères au Gorgol et à la chose agricole, leur seul mérite était celui d’être porteur du capital financier.

  • Les autorités mauritaniennes seront responsables de toute tension qu’engendreront des actes irresponsables sur fond d’injustice dans la distribution des parcelles dans l’extension du Périmètre du Casier Pilote de Boghé.

  • Les communautés villageoises, victimes des agissements rétrogrades à relents esclavagistes des autorités, doivent garder leur calme et agir pacifiquement mais fermement pour le recouvrement de leurs droits.         

                


Nouakchott 31 Mai 2017

La Commission de communication

AMEES : Un procès symbolique sur les survivances de l’esclavage au guidimagha. 



AMEES – Un procès symbolique sur les survivances de l’esclavage et de ses séquelles vient de se dérouler à SELIBABY le mardi 16 mai opposant les frères DIALLO – Harouna et Madjigui à Demba Assa Kamara de OULOUMBONI suite à un incident le 26 avril 2017 au cours duquel les deux frères ont bastonné copieusement Demba Assa qui, ayant assisté à une scène où Bonko Bakari Dianifabé insultait les deux frères DIALLO les traitant d’esclaves et descendants d’esclaves.

Demba Assa s’est mis à téléphoner à des amis pour les informer avec beaucoup d’ironie en reprenant les propos injurieux de Bonko Bakari qui est connue comme déréglée mentale par tous les habitants du village.

Cet incident a été porté devant la gendarmerie, puis le tribunal de SELIBABY qui a mis en détention provisoire les deux frères DIALLO.

• AMEES ayant été informée de cet incident, a constitué Maître FATIMATA Mbaye qui est allée assister les deux frères DIALLO au cours du procès le 15 mai et a demandé leur mise en liberté provisoire.

Pendant ce temps Demba Assa Kamara est à Nouakchott pour mobiliser toute la fratrie Kamara et proches,et a refusé d’assister au procès de flagrant délit sous aucun motif sérieux de santé et fait peser la pression sur le tribunal par tous les moyens pour obtenir la prolongation de la détention arbitraire des frères DIALLO et ce, malgré tous les efforts déployés par l’avocat, les amis et parents des frères Diallo.


• AMEES tient à dénoncer ces manœuvres esclavagistes flagrantes qui ne visent rien moins qu’à servir d’exemple pour tous les descendants d’esclaves qui oseraient s’opposer aux provocations et insultes de leurs anciens maîtres.


• L’AMEES tient à informer toute l’option nationale, les autorités et l’opinion internationale.


• L’AMEES exige la libération des frères DIALLO de la prison nauséabonde de SELIBABY et annonce qu’elle poursuivra son combat sur ce cas symbolique pour que justice soit faite.


Nouakchott, le 23/05/2017
Le Bureau Exécutif  AMEES

​Déclaration de solidarité avec Marie Foray, chercheuse en droits humains et Tiphaine Gosse, journaliste

Le 28 avril 2017, la direction générale de la sureté nationale convoque Marie Foray, universitaire en droits de l’homme et Tiphaine Gosse, journaliste qui entreprenaient des recherches sur l’esclavage et le racisme en Mauritanie. Après leur avoir déclaré que ‘’l’esclavage n’existe pas en Mauritanie’’ le directeur général de la sûreté leur donne cinq jours pour quitter le pays en les accusant de travailler pour des organisations non reconnues, notamment IRA et TPNM. Marie Foray et Tiphaine Gosse ont été effectivement expulsées de la Mauritanie sur la base d’accusations non justifiées sans avoir eu le temps de terminer leurs recherches.

Suite à cette mesure injuste, l’organisation des droits de l’homme SOS-Esclaves exprime toute sa solidarité avec Marie Foray chercheuse en droits de l’homme et Tiphaine Gosse, journaliste expulsées arbitrairement de Mauritanie et demande aux autorités nationales:

De cesser toutes mesures limitant l’investigation et les recherches objectives sur la question des droits humains en général et à celles de l’esclavage et du racisme en particulier. 

De créer les conditions permettant aux chercheurs et aux investigateurs de mener en toute indépendance et en toute sécurité leurs activités en Mauritanie.

 

                                   

Boubacar Messaoud

Président de SOS-Esclaves

Source crédit : Post FB

L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE : LA DÉCLARATION D’ARMEPES-FRANCE 


À l’occasion de la journée  commémorative de l’abolition de l’esclavage  (10 MAI de chaque année en France), l’ARMEPES-FRANCE  (Association des Ressortissants  Mauritaniens pour l’Éradication des Pratiques Esclavagistes et ses Séquelles) participe à la manifestation annuelle par cette déclaration communiquant certains FAITS. En effet si aujourd’hui on est au stade de souvenirs en France d’une abomination comme l’esclavage , il est lieu de préciser qu’en Mauritanie cette pratique et ses séquelles sous différentes manifestations font partie de l’actualité. 
Ainsi, nous,  l’ARMEPES-FRANCE et nos partenaires du forum GANBANAAXU FEDDE portons à la connaissance de nos contacts nationaux et internationaux ce qui suit :
~ les pratiques esclavagistes existent toujours en Mauritanie, 

~ les séquelles esclavagistes entretenues par un ordre féodalo-esclavagiste concerne presque toutes les communautés mauritaniennes, 

~ le militantisme abolitionniste doit être SÉRIEUSEMENT pris en compte dans l’engagement  des  mauritaniens de la diaspora soucieux de l’avènement d’une Mauritanie POLITIQUEMENT, SOCIALEMENT et ÉCONOMIQUEMENT Juste, Égalitaire et Digne pour TOUS,  

~ le système des castes portant une certaine émanation de l’ordre féodal trop prégnant, fait partie des passifs tabous qui créent des méfiances et des mésententes nocives au lien social dans nos communautés, 
~ Quelques Faits :
■ Depuis fin 2016, un vieux centenaire appartenant à la caste assignée esclave est sous la menace d’être dépossédé de son jardin (occupé depuis plus de 50 ans) dans la commune de Dafort (village soninké dans le Sud Mauritanien) par les féodaux locaux. 

■ Le 6 Mars dernier, l’AMEES a organisé une journée de l’antiesclavagisme à Sélibaby , capitale régionale du Guidimagha, et depuis cet événement inédit, les participants font face à d’innombrables provocations et chantages divers de la part du milieu féodalo-esclavagiste dans différents villages soninkés. 

■ Dans le village de Coumbadaw, la chefferie féodale et la caste maraboutique se permettent d’empêcher une personne de prêcher au sein de la mosquée parce qu’elle ose dénoncer l’esclavagisme sociétal en milieu soninké. Dans cette même localité, après une altercation due aux différentes provocations de l’ordre féodalo-esclavagiste, un ministre du gouvernement mauritanien Amedi Camara, soninké issu de la féodalité communautaire s’est permis une interférence partiale.

■ À ce jour, 2 jeunes du village d’Oulymboni sont aux arrêts à la prison de Sélibaby depuis le 26 Avril 2017. Impliqués dans une bagarre avec un élément féodalo-esclavagiste suite à ses provocations réitérées par des propos injurieux et apologistes de l’esclavage. Et là encore les milieux féodaux bien introduits au sein du pouvoir mauritanien, sont montés pour qu’on corrige ceux qu’ils considèrent comme “rebelles” antiesclavagistes dans le Guidimagha. 

■ Pour finir, ce 7 Mai 2017, l’icône de la lutte abolitionniste mauritanienne Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie a été expulsé injustement du Guidimagha. De retour de l’étranger, le leader abolitionniste voulait visiter certaines localités de la région, mais sous l’influence des milieux féodalo-esclavagistes , les autorités régionales s’exécutent en violation flagrante de la LOI relative à la liberté de circulation sur le territoire national pour tout CITOYEN. 
Nos contacts : 0662320356 ou 0695366254
Paris , le 13 Mai 2017 
La Cellule de Communication (La CeCom)

Médias-Radio : GANBANAAXU FEDDE S’OUVRE UNE VOI(E)X…!


​FLASH INFO: AVIS AUX AUDITEURS…!


Vendredi 12 Mai 2017


À l’occasion du lancement officiel de la WEB-RADIO-GANBANAAXU FEDDE, le président d’ARMEPES-FRANCE et l’initiateur du forum Ganbanaaxu Fedde,  Gaye TRAORE sera l’invité de l’événement à partir de 21H heure française ou 19H GMT. L’équipe animatrice de de notre nouveau « joyau » médiatique vous souhaite une bonne écoute .


Les contacts tél pour les appels auditeurs : 

00 339 72 47 13 44 ou 00 336 50 74 12 50


Merci d’avance 


J’écoute Radio Ganbanaaxu avec TuneIn Radio. #NowPlaying http://tun.in/sfwUp


K.S

IRA-MAURITANIE, NOTE D’INFORMATION. 

  



1. Atteintes à la circulation des personnes et manipulation du fichier national.

Les restrictions des libertés du citoyen mauritanien ainsi que les atteintes aux facultés d’association, de réunion et d’expression constituent des violations graves des Droits humains, devenues monnaie courante  sous le pouvoir du Général-président Mohamed Ould Abdel Aziz. Ira – Mauritanie vient d’en faire les frais, comme il est d’usage depuis sa création. Cependant, le dernier incident révèle la cristallisation du conflit d’intérêts et de destin, entre les acteurs de la domination et la dynamique de l’égalité. La profondeur du clivage croît, de jour en jour, pour culminer à l’approche de l’élection présidentielle en 2019. 

  

Les faits 
Le 7 mai 2017, le Président Biram Dah Abeid arrivait à Gouraye (41 kilomètres de Sélibaby, Guidimakha) en  provenance de Dakar, à la suite d’un périple dans le Monde libre. Il trouvait la localité en état de siège, fermée aux visiteurs par d’imposantes forces de police, de gendarmerie et de la garde nationale. L’accès à la rive du fleuve où accostent les pirogues venues de Bakel (Sénégal) était bloqué et interdit, même aux autochtones. Cette situation rocambolesque, prévalait depuis la veille, sur les instructions du Gouverneur de la région de Guidimakha, Oumar Amadou Diallo. Il appert, des moyens déployés et de l’envergure de la mise en scène, que les ordres provenaient des hautes sphères de l’Etat : il fallait empêcher tout rapport tangible de Biram Dah Abeid, avec les populations locales, sous peine, sinon, d’étaler la vulnérabilité d’un régime dont les armes, enrobées de mensonges et de tromperies ne comportent plus d’effet dissuasif.   

Qu’est ce qui a pu provoquer une telle fébrilité de la part des autorités ?

2. De la dramatisation, comme réflexe

Au début, l’on se souvient d’une banale invitation, de Biram Dah Abeid, par des communautés villageoises. Ce dernier était convié à se rendre dans les communes de Diaguily, Diogountouro, Coumba Ndaw, Sélibaby, Gorilakhé et Dafort avec, à cette étape, la participation des populations de Bouanze.

En effet, une semaine avant la date du 7 mai, une mission d’IRA – Mauritanie en charge de l’identification biométrique et de la sensibilisation, se rendait au Guidimakha ; dès son arrivée à Sélibaby, se déployait une surveillance accrue sur les domiciles des responsables de l’organisation, susceptibles d’héberger ou d’assister les visiteurs dans leur mission. Le 1er mai, le périple se poursuivait à Gouraye, le lieu-dit par lequel le président du mouvement devait revenir en Mauritanie; la perspective d’une conjonction des deux évènements inspirait, aux forces de l’ordre et à l’administration régionale, une certaine fébrilité et une perte immédiate de courtoisie. Après plusieurs tentatives d’injonction infructueuse, le Préfet de Gouraye, Mohamed Ould Babah, transmit, aux participants, par la voix d’un Commissaire, l’ordre du Gouverneur à rallier Sélibaby avant midi ; là, se tenait une réunion exceptionnelle de sécurité, comprenant, outre les susdits, le Directeur régional de la sûreté, le Commandant de la compagnie de gendarmerie, le Commandant du groupement régional de la garde nationale, ainsi que d’occultes « conseillers ». A l’issue d’échanges de plus d’une heure d’horloge, il a été convenu, avec le Gouverneur, que la mission pouvait continuer ; selon lui, seules les manifestations publiques requerraient, au préalable, des autorisations. 

3. Contre-ordres et cacophonie

Trois heures après avoir pris congé du Gouverneur et de son équipe, la mission regagnait Ghabou ; là, à la stupéfaction des visiteurs, le Commissaire et le Préfet vinrent professer que les leaders d’IRA – Mauritanie devraient retourner à Sélibaby, en vertu d’une interdiction de séjour, bien entendu non-écrite ; devant le refus obstiné, la police procède à leur interpellation et les conduit au commissariat ; dès le lendemain, les voici forcés de quitter Ghabou, sous escorte; ensuite la gendarmerie assura la relève jusqu’aux frontières entre le Guidimakha et le Gorgol. Les deux corps officiaient à visage découvert. 

De même, les membres du bureau de la section IRA de Gouraye, mis en place deux jours avant et les militants et sympathisants qui s’apprêtaient à accueillir Biram Dah Abeid ne furent épargnés. Les Préfets, de Sélibaby Mohamed Yahya Ould Sidi Yahya, de Gouraye Mohamed Ould Babah et de Ghabou Beiba Ould Maouloud entreprirent, dès lors, des tournées dans les villages où le président d’IRA – Mauritanie était attendu ; durant les réunions avec les notables, ils menaçaient ces derniers, de « conséquences graves » s’ils s’avisaient de recevoir l’hôte.  

C’est dans ce contexte que Biram Dah Abeid atteint Gouraye, le 7 mai. Les nombreux responsables et jeunes venus l’accueillir, de Nouakchott et d’autres départements du Guidimakha, sont bloqués à l’entrée de Sélibaby. Aux journalistes retenus à Tachott – Cheikh Haidara, Mamadou Thiam et Mehdi Ould Lemrabott, respectivement des journaux l’Authentique, le Calame et Mushahid – l’administration signifie une restriction provisoire de déplacement : durant les quarante-huit heures à venir, elle défendait, à tout non ressortissant du Guidimakha, de se rendre à Sélibaby et au-delà. Pourtant, à l’exception des mises en demeure et résidence surveillée, il n’existe, dans le droit mauritanien, aucune clause de limitation de déplacement, hors décision de justice.

4. Un Etat à genoux

Biram Dah Abeid est aussitôt détenu au commissariat ; ensuite, le véhicule bloqué à l’entrée de la ville reçoit l’autorisation de le chercher pour le conduire, sous bonne escorte des éléments de la gendarmerie, jusqu’à Sélibaby ; là, un autre peloton prend la relève vers le Brakna, par Mbout et Kaédi. A Boghé, le commissaire, accompagné de policiers, vint exercer la contrainte contre les militants et sympathisants venus saluer les expulsés du Guidimakha. Profitant de l’exiguïté de la bretelle de la ville d’Aleg, les hommes en armes obstruaient le passage devant le convoi ; ainsi, empêchaient-ils la rencontre de Dah Abeid, avec des centaines de partisans, réunis, dans le chef-lieu du Brakna, depuis les primes heures. 
Après avoir remué tout le Guidimakha pendant une semaine, assortie d’intimidations sur les habitants des villages où le président Biram Dah Abeid devait se rendre, les autorités soumirent les membres des instances locales d’IRA au chantage de « sanctions sévères ».  La plupart ne semblent céder à la pression, ceux en charge de l’administrer ayant manifestement perdu de leur aptitude à dissuader. Il convient de retenir, ici, la démotivation des agents assignés à l’application de l’autorité publique ; sur les postes de contrôle, à l’entrée des villes ou en rase campagne, les hommes en uniforme, dépenaillés, amaigris, n’incarnaient plus que le fantôme évanescent d’un résidu d’Etat dont la consistance s’amenuise au fil des épreuves. Les policiers, gendarmes et gardes croisés le long du trajet de retour à Nouakchott inspireraient la pitié s’ils ne rappelaient la filiation, par la chaine de commandement, entre eux et les tortionnaires des années d’épuration ethnique. 
Dans le cas présent, les autorités mauritaniennes, comme à l’accoutumée, ont échoué dans leur tentative de faire taire IRA – Mauritanie ; elles perdent une bataille, une de plus. Les militants du mouvement sont plus que jamais déterminés à continuer le combat de la dignité à recouvrer, qui est la lutte non-violente, contre la survivance protéiforme de l’esclavage et pour le droit à l’enrôlement biométrique.
En prévision de l’alternance au sommet de l’Etat en 2019, la problématique de l’accès aux documents administratifs relève d’un enjeu fondamental, celui de la consolidation de la démocratie ; avec un système de filtrage qui favorise la bureaucratie et la complication, l’hégémonie ethno-tribale se perpétue par la limitation du vote citoyen ; tout est entrepris afin de continuer à exclure une majorité de mauritaniens, de la faculté d’exprimer leurs suffrages. Oui, l’état-civil actuel reproduit les discriminations, avec un outil scientifique. En Mauritanie, l’exclusion, désormais sophistiquée, s’opère grâce à une base de données suprématiste laquelle prospère sous couvert d’anonymat. 
Nous sommes déterminés à faire sauter le verrou parce que nous en avons compris les finalités. 
Nouakchott, le 10 mai 2017

La commission de communication

Le Président d’IRA France-Mauritanie ne se rendra pas en  Mauritanie le 10 mai 2017 comme il était prévu.  

Alors qu’il souhaitait pouvoir rencontrer cadres et militants d’IRA Mauritanie, les Ambassadeurs de France et des USA à Nouakchott ainsi que les autorités mauritaniennes, le Président d’IRA France-Mauritanie se voit contraint de reporter sa venue à une date ultérieure compte tenu des récentes répressions : 

 

▪ une juriste en droit international des droits de l’homme et une journaliste, toutes deux françaises, viennent d’être expulsées de Mauritanie après de graves menaces et harcèlements. Alors qu’elles effectuaient un travail de recherche sur l’existence de l’esclavage, elles ont été déclarées « Persona non grata » par les autorités mauritaniennes et traitées d’activistes. Juste avant leur expulsion, il leur a été déclaré que « l’esclavage n’existe pas en Mauritanie ». 

 

▪ les dernières arrestations des cadres d’IRA Mauritanie dans la région de Sélibabi démontrent un peu plus la volonté des autorités mauritaniennes d’accentuer leurs exactions à l’encontre des militants pacifiques. Leur seul but est de dénoncer l’esclavage, l’exclusion et le racisme d’Etat. 

 

Nous préférons, par le biais de ce communiqué, dire « à haute voix », sous l’égide d’une association officiellement reconnue en France (IRA France-Mauritanie) et dans le monde ce que les autorités mauritaniennes interdisent chez eux. L’esclavage en Mauritanie est une réalité, pas un mythe. 

 

Nous préférons reporter cette visite en raison des pressions exercées à l’encontre des militants d’IRA Mauritanie. Les autorités mauritaniennes nous auraient sûrement interdit de pénétrer sur le sol mauritanien ou suivis et surveillés si toutefois nous n’étions pas retenus à la frontière. 

 

Cette grave décision de ne pas se rendre le 10 mai 2017 à Nouakchott nous attriste profondément mais nous renforce plus que jamais dans nos combats et soutiens à cette juste cause. 

 

Nos pensées aujourd’hui vont aux deux prisonniers, militants d’IRA Mauritanie séquestrés à Bir Moghreïn par le régime mauritanien, ainsi qu’à leur famille. 

 

Les nombreux prix internationaux honorant M Biram Dah Abeid et la multiplication des associations IRA (Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Canada, USA, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Gabon et France) sont les preuves flagrantes que le combat d’IRA Mauritanie est universellement reconnu. 

 

 

Le Bureau d’IRA France-Mauritanie 

Jean-Marc Pelenc, Président

Source crédit : IRA-FRANCE 

​À Boghe le commissaire de police envahit la maison où est descendu Birame

« Pas de regroupement dans les maisons ». Donc personne en Mauritanie n’est plus autorisée à recevoir chez lui des invités. C’est du moins ce que le commissaire de police de Boghe, auteur d’un flagrant délit de violation de domicile, est venu expliquer à Birame. Ce dernier lui a répondu qu’il est hôte d’une famille et que si la présence d’autres personnes le gênent,  il n’a qu’à les amener et les enfermer que ce n’est pas son problème. Plusieurs correspondants de la presse locale étaient présents. Le commissaire, Henoune Sid’Elemine accompagné de deux agents à fait sortir de la maison les ressortissants de Boghe (une dizaine de jeunes) sous l’oeil indifférent de Birame et de sa délégation. 

Après la république du Ghidimagha,  Bienvenue dans la République de Boghe. Deux journalistes locaux Sidi Khalifa « La Plume » et Brahim correspondant du journal « Le Calame » faisaient partis des expulsés. On est en face d’un régime aux abois qu’un seul individu ébranle jusque dans ses fondements. Pourtant,  il n’y avait rien pour expliquer cette intervention. Il n’y avait pas de meeting pas d’attroupement pas de son. Seulement quelques personnes éparpillées dans des chambres prenant le thé causant en attendant le repas. Pas plus ni moins.

Il faut dire que le commissaire était venu avec une voiture pleine de policiers harnachés.



Source crédit : le Journaliste Cheikh AÏDARA via Facebook.