​Communiqué de presse : Message de remerciements et de mobilisation du Président Biram Dah Abeid


 

Dakar, le 13 janvier 2017                                                                


Très chers amis, partenaires et compatriotes,


Au moment où je boucle une longue et fructueuse tournée internationale qui a duré de juin à décembre et qui m’a conduit aux États-Unis, Europe et en Afrique, je ne peux que me réjouir et vous remercier de votre accueil, de votre hospitalité et de votre engagement auprès de nous et avec le peuple mauritanien. Cette tournée n’aurait jamais abouti au succès éclatant que nous avons connu sans votre appui qui ne nous a jamais fait défaut.


Partout où je suis passé, j’ai été accueilli à bras ouverts par nos amis, nos partenaires et nos compatriotes. Tout au long de mon séjour, et partout, ces femmes et ces hommes, m’ont accompagné et m’ont ouvert leurs coeurs, pour laisser jaillir leur joie, leur sympathie et leur détermination à nous accompagner dans cette lutte d’IRA, une lutte qui est aussi la leur. J’aimerais donc, au nom d’IRA-Mauritanie, son leadership, et en mon nom personnel, vous remercier du fond du coeur. 


Je compte rentrer à Nouakchott par Rosso et par voie terrestre ce 15 janvier 2017. Fort de votre soutien, je réaffirme ma détermination á poursuivre notre mission commune.  Je vous prie de rester vigilants et de continuer à soutenir cette noble mission qui est la nôtre, à recruiter d’autres individus à vous rejoindre dans vos structures et dans vos efforts, et à être les voix des opprimés et surtout les voix de nos 3 amis encore détenus en Mauritanie. Merci et a bientôt!




Biram Dah Abeid,

Président, IRA-Mauritanie



Source crédit : Réseau IRA FB

​Mauritanie, un Etat-pyromane

Esclavage, obscurantisme, racisme et atteintes à l’intégrité corporelle

Le 5 janvier 2017, des militantes d’IRA-Mauritanie, organisent une station debout, à Nouakchott, la capitale, devant le Ministère de la justice en hommage et soutien à trois membres de cette organisation, arrêtés, torturés, condamnés et relégués à l’extrême nord du pays. 
Abdallah Matalla Saleck, Moussa Bilal Biram et Abdallahi Abou Diop, privés de soins, malgré les graves pathologies et traumatismes, survivent désormais à mille deux cents kilomètres de leurs familles et de la juridiction compétente, en  l’occurrence le tribunal de Nouakchott.
Au cours du rassemblement, les officiers de police, tortionnaires notoires et récidivistes, Beyrouk Lehbib, Abdel Vetah Hababa, Ahmed Meymoun, Mouhamed Mahmoud Ghary, Ould Moubarak et Mouhamed Moulaye, usèrent, au grand jour, de voies de fait délibérées, dans l’exercice de leurs fonctions: tous usèrent de molestation à mains nues, de coups de rangers et de coups de matraque, sur des personnes sans armes, ayant agi selon leurs droits civiques. 
Non contents de recourir à une brutalité disproportionnée, les officiers de police, procédèrent à l’interpellation de Sabar Hossein, Zoubeir Mbareck, Amadou Traoré, Elhaj Elid, Oumar Babou, Jemal Bleyil et Sidi Mohamed Tikobra – tous noirs et descendants d’esclaves – avant de les traîner dans les cachots insalubres des différents commissariats de police ; tous confirment leur exposition à des humiliations sévices, suivis d’une remise en liberté, sans inculpation, 12 heures plus tard. 
Ces excès,  sont commis au moment ou le ministre de la justice mauritanien, Brahim Ould Daddah niait, devant l’Assemblée nationale, les allégations d’actes de barbarie  appliqués, aux sympathisants d’IRA, du mouvement du 25 février, selon  le député du parti Tawasoul, Mohamed Ghoulam Elhaj Cheikh.
L’indignation de cet élu, contre la violation par le gouvernement mauritanien des lois nationales et des conventions internationales relatives à la préservation de la dignité humaine, tranchent d’avec le silence assourdissant des coalitions et partis de l’opposition en Mauritanie. Leur défaut de solidarité nous inspire perplexité et inquiétude.
Pourtant, IRA, acteur majeur et avant-gardiste de l’opposition sociale et populaire, représentative d’une majorité de la population – victimes d’esclavage, de racisme, de préjugés de caste ou de spoliation foncière – développe une dynamique de convergence, avec l’opposition traditionnelle issue  de la domination ; cette jonction constitue une étape d’importance, dans la réalisation d’un rapport de forces, de nature à favoriser une alternance socio-historique au sommet du pouvoir d’Etat. 
Aussi, pressons-nous, tous les segments de l’opposition civile et politique, à sortir de leur silence face à l’impunité de la torture et des vagues de répression de manifestations non-violentes. 

Il importe de souligner, en comparaison, la récurrence des appels à la haine et au meurtre, lancés contre des avocats et des activistes des droits de l’Homme, lors des marches de la mouvance salafiste ou sur des plateaux de chaines de télévision locales. Aucune ne suscite, pour l’instant, la moindre poursuite par un magistrat, comme si le gouvernement s’évertuait à se servir de l’extrémisme religieux pour neutraliser les aspirations aux réformes. 
Nous demandons aux amis de la démocratie et de la paix en Mauritanie, qu’ils soient étrangers ou ressortissants, de rapporter et de nous aider à publier, systématiquement, les actes de contrainte physique et de harcèlement moral, infligés aux civils désarmés. 
L’étape du témoignage documenté constituerait l’embryon d’un projet d’insurrection citoyenne, morale et judiciaire, pour mettre un terme définitif à l’emploi de la violence illégale, procédé compulsif et constant par quoi se reproduit l’hégémonie ethno-tribale et se consolide sa prédation sur les ressources du pays. 

Nouakchott le 10 janvier 2017 

Commission de communication

Source crédit : Proche IRA-Mauritanie 

Interview exclusive de Biram Dah Abeid, président de l’IRA : 《 Mon rôle se joue en Mauritanie, pas ailleurs, que je sois en liberté ou en prison》

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«Certains segments du pouvoir cherchent à m’éliminer physiquement. Mon rôle côtoie le risque. Je vis avec le risque. Pour mon combat, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice. »

Après une absence de près de huit mois et une campagne internationale en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe pour dénoncer ce qu’il considère être «la situation catastrophique des droits de l’homme en Mauritanie, notamment l’esclavage, la discrimination et le racisme », Birame Dah Abeid, président du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) s’apprête à rentrer en Mauritanie. Ce sera le 15 janvier 2017 par le bac de Rosso. Une date et un lieu symbolique, car c’est à Rosso, le 15 janvier 2015, qu’il a été condamné à 2 ans de prison fermes par le tribunal régional, en compagnie de son vice-président Brahim Bilal Ramadan et Djiby Sow, président de Kawtal, après une Caravane contre l’esclavage agricole. Il nous a accordé cette interview exclusive, à quelques jours d’un retour à haut risque que l’opinion nationale et internationale va suivre avec la plus grande attention.



En dehors d’un certain symbolisme, pourquoi avez-vous décidé de revenir en Mauritanie maintenant à cette date précise, au moment où beaucoup pense que vous risquez d’être arrêté dès votre arrivée ?


Je vous remercie pour cette interview qui arrive à point nommé. Je n’ai jamais dit que j’ai quitté la Mauritanie pour ne jamais y revenir. J’ai quitté la Mauritanie au lendemain de ma libération de prison pour recevoir le Prix Heroes pour la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes que le Département d’Etat américain, par le biais de John Kerry, devait me remettre à moi et à mon vice-président Brahim Bilal Ramadan qui m’accompagnait. C’est en ce moment que nous avions appris l’arrestation de 13 membres du bureau exécutif de l’IRA, suite à une manifestation manigancée par le pouvoir et ses tentatives forcenées de décapiter notre mouvement. Cela, en utilisant tous les moyens, la torture, l’instrumentalisation de la justice et des médias publics et privés. Suite à la mise en place d’un comité de crise que nous avons créé d’urgence pour faire face à cette énième agression,  des discussions se sont engagées entre les membres. J’avais opté pour un retour immédiat au pays, mais j’ai été mis en minorité par la majorité qui a opté pour une contre-offensive et une stratégie de riposte à partir de l’extérieur. Riposte à travers tous les leviers de la communauté internationale, ONGs, missions diplomatiques, organismes internationaux, Etats démocratiques, mais aussi médias internationaux du monde libre et différentes organisations des droits de l’homme en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, mais aussi en Australie.
Sur un autre front non moins important, il fallait mobiliser la logistique, d’abord au profit des détenus (nourriture, bien-être) mais aussi au profit de leurs familles et aux militants du mouvement, sauvagement torturés et blessés par les forces de l’ordre. Nous avons dû subvenir à leurs soins et à la prise en charge des familles des prisonniers, mais aussi des prisonniers eux-mêmes. Tout cela, nous l’avons mobilisé à partir de l’extérieur.
J’avais dit à mes amis que le jour où l’enquête sur l’affaire «Edebaye Bouamatou » sera clôturée par le pouvoir judiciaire inféodé au pouvoir politique mauritanien, et que je serais cité comme accusé, je débarquerais à Nouakchott. C’était la décision sur laquelle le Comité de crise a trouvé le consensus. J’ai initié et dirigé l’offensive à partir de l’extérieur, avec la présidente Coumba Kane, Bakary Tandian, Sikam Sy et Abidine Merzough. Nous avons commencé à mettre en place notre dispositif d’attaque pour déconstruire les mensonges du gouvernement mauritanien sur une prétendue orchestration de la violence par IRA à «Edebaye Bouamatou ». Moi-même j’ai présidé aux contacts et à la coordination avec la société civile et politique mauritanienne, avec le barreau. Ce qui a abouti à la constitution d’un front large et compact au niveau national contre les mensonges du gouvernement à propos de cette affaire. Cette action a été renforcée par la grande mobilisation que nous avons pu drainer sur le plan international, englobant les grands Etats démocratiques du monde, les organisations internationales, les Nations Unies, les Etats Unis, l’Union européenne, la Commission africaine des droits de l’Homme, mais également les ONG internationales des droits de l’homme, ainsi que les médias internationaux.
J’ai continué sur une tournée internationale très réussie, et très médiatisée y compris sur le plan national. C’était une bataille rangée entre nous et le gouvernement mauritanien, une bataille diplomatique dans laquelle le pouvoir a subi des défaites retentissantes et cuisantes. Les revers qu’il a subis en Afrique, que nous sillonnions pour la première fois, pour prêcher la cause des victimes d’esclavage, de racisme et du manque de démocratie en Mauritanie.
Nous avons aussi réussi à obtenir de la Commission africaine des droits de l’homme, durant sa session d’octobre 2016 à Banjul, une condamnation de la Mauritanie, pour la première fois, sur les pratiques de l’esclavage et la connivence du pouvoir mauritanien avec les criminels de l’esclavage.
Nous avons également réussi à obtenir la condamnation inédite et lourde de conséquences pour la Mauritanie, quand les sept rapporteurs des Nations Unies, dans une position commune, ont condamné la Mauritanie et lui ont demandé des comptes à propos des pratiques des pouvoirs judiciaires et policiers contre les détenus d’IRA et contre le mouvement. Nous avons aussi obtenu la même condamnation de tous les gouvernements du monde, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe. Il s’agit de victoires sans précédent de l’IRA, victoires que j’ai personnellement dirigé et coordonné avec mes amis ainsi que les partenaires du mouvement.
A la fin de cette mission hautement réussie, j’ai décidé le 17 décembre passé, lors d’une conférence de presse de clôture à Paris, de rentrer au pays. Cette rentrée est symbolique bien sûr, car il y a beaucoup de menaces qui fusent de la Mauritanie à mon égard, promesses qui, s’ils ne proviennent pas du pouvoir, viennent de milieux qui lui sont très proches. Des menaces sensées faire peur à Birame de ne pas rentrer au pays. Mais mon rôle et ma place sont en Mauritanie, que je sois libre ou en prison. Mon rôle, je le joue en Mauritanie, pas ailleurs, je l’ai toujours dit. J’ai terminé ma mission, j’ai clôturé ma tournée et rempli le mandat qui m’a été délégué par le Comité de crise de IRA au lendemain de l’emprisonnement de nos camarades. Maintenant, je rentre au pays.
Avant de venir, ceux qui veulent préparer pour Birame ce qu’ils prétendent préparer, eh bien, je suis sur le chemin de retour. Le 15 janvier 2017 le matin, je quitterais Rosso Sénégal pour rejoindre par le Bac, Rosso Mauritanie, le plus naturellement du monde.
Je saisis cette occasion pour dire à tous les militants, de rester vigilants, de ne pas céder à la provocation, de rester attaché à l’action pacifique, légale et reconnue par la Constitution mauritanienne. Je les adjoins d’être attentifs à l’infiltration de la part de personnes de mauvaise foi, pour pousser des militants non avertis à la violence. N’acceptez pas les infiltrations et le détournement de notre action pacifique. J’invite aussi tous les observateurs, toutes les ONG et tous les partis politiques mauritaniens, à observer ce processus de retour, pour pouvoir témoigner.

Ne craignez-vous pas pour votre vie ? L’assassinat politique est en vogue de nos jours. Un suicide maquillé ou un meurtre commandité, n’est pas à exclure. Vous n’avez pas peur ?



 

Des rumeurs me sont déjà parvenues, qu’il y a une faction du pouvoir dominant, fraction politique et sécuritaire, qui milite pour une élimination physique, maquillée, comme vous l’avez nommé. J’en ai déjà fait part à certaines personnes représentatives d’institutions internes et externes à la Mauritanie. Ceci est une grosse aventure, une aventure diabolique vers laquelle tire le segment le plus dangereux des groupes au pouvoir. Néanmoins, je pense qu’il y a un minimum de responsabilité qu’on peut escompter de la part des autres segments de ce même pouvoir. Je pense aussi que les uns et les autres ne manqueront pas de réaliser les conséquences extrêmement graves pour l’avenir, l’existence et l’unité de ce pays en cas de pareille action. Quant à moi, je suis dans mon rôle et ce dernier n’a jamais été exempt de risques. Mon rôle côtoie le risque. Mon devoir est de jouer ce rôle jusqu’au bout, avec le maximum de précaution pour la vie et la sécurité des citoyens mauritaniens, pour la paix entre les citoyens mauritaniens, et par de-là la Mauritanie, pour la paix dans le monde. Pour cet engagement, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice.

Au cas où vous ne serez pas inquiété et que vous rejoindrez Nouakchott en toute quiétude, comment comptez-vous vous y prendre pour remobiliser des troupes longtemps démobilisées par votre longue absence ?


Je ne pense pas que nos troupes aient été à un quelconque moment démobilisées. Je crois que les troupes sont toujours mobilisées et ont toujours démontré leurs capacités à persévérer dans leurs contestations populaires, légales et pacifiques face à l’arbitraire en Mauritanie. Durant l’incarcération de nos camarades à nos jours, il y a eu des manifestations pacifiques, de nombreuses personnes, femmes et jeunes, dont les pieds et les bras ont été brisés par les forces de l’ordre ; il y a les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, sur les interfaces des sites d’information, sur ceux des organisations nationales et internationales des droits de l’homme. Les images montrent la poursuite des manifestations par les militants d’IRA et les répressions féroces auxquelles ils font face.
Il y a cette violence indicible qui se déchaîne chaque fois que nos militants manifestent pacifiquement. La plus récente il y a deux jours devant le ministère de la justice. Il y a eu passage à tabac et agressions injustifiés de militants, certains ont été conduits dans des cachots et torturés par la police mauritanienne. Cette option est une vieille option qui ne nous poussera pas à la violence.
Moi je vais retourner au pays et ce sera les retrouvailles avec les militants. Nos actions se poursuivront avec les yeux rivés vers le bagne de Bir-Moghreïn où sont encore incarcérés nos militants, Moussa Birame, Abdallahi Diop et Abdallahi Maatala Saleck.
D’autre part, quand je rentrerai au pays, j’ai une plateforme de propositions pour le sursaut national, un plan de sauvetage du pays que je vais proposer à des membres de la société civile et politique mauritanienne représentative de ceux qui sont au pouvoir, mais aussi de ceux qui sont dans l’opposition. Le contenu de cette plateforme est le fruit de beaucoup de réflexion et d’échanges avec plusieurs personnes attachées à l’unité et à la paix dans ce pays, mais aussi à l’alternance pacifique et paisible du pouvoir en Mauritanie. Ce contenu sera divulgué aux médias quand les conditions le permettront et selon la réaction et l’intérêt qu’il suscitera auprès des parties concernées.

Le pouvoir n’est-il pas parvenu à vous détourner de votre combat contre l’esclavage en vous mobilisant d’une façon quasi-permanente autour de manifestations pour la libération de dirigeants ou de militants emprisonnés ?



Je pense que le ciblage de plus en plus grossier, à la fois systématique, récurrent et continue de l’IRA, est une preuve suffisante de l’impact très certain et fort du mouvement aussi bien au niveau national qu’international. Il est le résultat du très fort déploiement diplomatique de l’IRA sur le plan international. Ce qui lui a permis de remporter les différents duels contre le pouvoir. L’impact de l’IRA est aussi celui d’avoir remporté tous ses procès contre le pouvoir. Il n’y a pas un seul procès, parmi les nombreux procès intentés contre le mouvement depuis sa naissance, où le pouvoir mauritanien est sorti victorieux, malgré l’inféodation du pouvoir judiciaire et son instrumentalisation. Ce qui a permis à IRA de démontrer sa supériorité morale sur le pouvoir, sa capacité de résistance et celle de ses militants. Il est très rare que des membres du mouvement sortent de prison, en faisant allégeance au pouvoir ou en se soumettant à lui. Ils en sortent souvent encore plus engagés et plus déterminés dans leur combat, avec le moral intact et toujours debout, malgré les sévices et les brimades. Cette ténacité est rare dans notre paysage politique. Ténacité face à la peur et à la corruption.
Ces batailles judiciaires pour la décapitation ou la démobilisation du mouvement IRA, que le pouvoir nous assigne à longueur d’année, c’est le pouvoir qui y perd sa légitimité, sa crédibilité et tout simplement sa face. Ces emprisonnements de militants et dirigeants d’IRA sont pour nous de grandes tribunes de plaidoyer pour dénoncer les grands maux dont souffre la Mauritanie et qui ont pour noms, l’esclavage, le racisme, l’exclusion, la discrimination, la gabegie, etc.

Que pensez-vous de la reconnaissance par le pouvoir du parti de Daoud Ould Ahmed Aîcha et celui de Saad Ould Louleïd ?



Cette reconnaissance est un non évènement. Elle va dans le sens de l’agitation qu’orchestre le pouvoir pour désinformer l’opinion. Le régime insinue que l’avènement de l’IRA Mauritanie, qu’il considère comme une organisation extrémiste et sectaire, a suscité d’autres extrémismes. Mais l’extrémisme et le racisme sont les instruments de domination du pouvoir. Nous, nous luttons justement contre ce racisme institutionnalisé et mortel, qui traverse et gangrène toutes les institutions civiles, militaires et sécuritaires du pays, y compris les institutions financières, religieuses et même éducatives. C’est le racisme d’Etat mauritanien qui a été aiguisé par l’extrême droite arabo-berbère que représente le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils ne peuvent pas détourner le regard de la communauté nationale et internationale qui observe et dénonce l’arbitraire et le sectarisme du pouvoir. Cette manœuvre qui consiste à chercher à détourner le regard de l’enracinement du racisme au sein des institutions et du pouvoir mauritanien vers d’autres personnes, dont les propos et les actes n’ont aucun impact sur la vie des populations, cette manœuvre ne peut pas nous tromper. Nous continuerons quant à nous à lutter contre le racisme institutionnalisé et le sectarisme perpétré par des personnes et des institutions qui symbolisent l’Etat mauritanien, à savoir le Chef de l’Etat, le gouvernement, le parlement, les tribunaux, les institutions judiciaires, les institutions sécuritaires. C’est ça le racisme qui menace la paix civile et les droits des Mauritaniens dans leur intégrité physique et morale.
Ce monsieur, Daoud Ould Ahmed Aïcha, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. S’il est raciste, son racisme est individuel et n’a aucune incidence sur la chose publique. Un seul juge ou un seul policier peut s’en occuper, il va se calmer. Le premier jugement et la première garde-à-vue suffiront à le remettre à sa place. Je pense et j’ai des preuves, c’est quelqu’un qui a eu un mandat de la part des services de renseignement pour jouer au trouble-fête, pour permettre au pouvoir de l’utiliser comme expiatoire, pour détourner les regards du véritable racisme d’Etat qui sévit de manière multiforme contre les populations. Mais ça ne marchera pas avec IRA.

Que pensez-vous du rôle que joue Saad Ould Louleïd, accusé par certains de vouloir déstabiliser le mouvement IRA ? Quel regard portez-vous sur le personnage ?


Je ne suis pas très porté à faire des jugements sur des personnes. Je pense que lorsque Saad était avec nous, il était engagé à nos côtés. Comme il nous a quittés, moi je n’ai pas l’habitude de commenter les actes et les paroles des gens qui ont quitté IRA.

Quel regard portez-vous sur la situation politique en Mauritanie ?


Je pense que la scène politique mauritanienne, comme la société civile et le cercle des droits de l’homme, est malheureusement minée. Il y règne un climat très malsain parce que le pouvoir en place a agi de la sorte en essayant de dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, dans une démarche non conventionnelle ni politique, dans un dressage ethnique, sectaire et religieux. Le pouvoir manipule les sentiments religieux des Mauritaniens pour leur dire, «Je suis avec Dieu et l’opposition est avec le Diable », pour leur dire aussi «Je suis avec l’Islam et les défenseurs des droits de l’Homme sont contre l’Islam». Je pense que nous sommes en train de filer tout droit vers le mur, si cette bombe n’est pas désamorcée. Il y a la fanatisation grandissante d’une partie des Mauritaniens contre d’autres, la fanatisation d’un certain segment religieux, social, politique et ethnique contre d’autres. Le pouvoir à mon avis a agi avec beaucoup d’irresponsabilité ces dernières années, en instrumentalisant le sentiment religieux à chaque occasion et en menant des propagandes qui peuvent conduire à des surenchères de non-retour. Il est temps que les segments responsables au sein du pouvoir en Mauritanie se ressaisissent et que le Chef de l’Etat revienne à la raison, qu’ils sachent tous qu’on ne peut pas prospérer sur ce genre de manipulation extrêmement dangereux et sensible. Le pouvoir doit reconnaître que l’Islam est la religion de tous les Mauritaniens et que toute la population est musulmane. S’il y a des différences et des oppositions, ce n’est pas entre pro-Islam et anti-Islam. C’est un faux débat. C’est un dangereux débat. Un débat irresponsable. Je pense que l’élite politique a déserté le terrain pour laisser la place à une élite ethniciste qui défend l’idée erronée selon laquelle un prétendu danger menacerait l’Islam en Mauritanie. Cette théorie du complot nous éloigne de l’objectivité et de la raison tout court. Je peux illustrer ces propos à travers la position adoptée par le vice-président du parti Tawassoul et député à l’Assemblée nationale, Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh. Un homme qui n’a jamais caché son antipathie pour le combat d’IRA, mais qui, convaincu de la torture subie par les militants du mouvement en prison, s’est levé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour interpeller le ministre de la Justice et dénoncer des pratiques qui selon lui «n’existent même pas dans les geôles d’Israël » réputés pour leur férocité. La grande partie des réactions, exprimées par des personnes sensées comme lui défendre l’intégrité physique et morale de citoyens mauritaniens, abstraction faite de leur appartenance idéologique, prouve que l’amalgame est déjà très grand. Beaucoup ont reproché à Mohamed Ghoulam d’avoir dénoncé la torture, tout simplement parce que les personnes concernées appartiennent au mouvement IRA. Ce qui est extrêmement grave. Je salue au passage et je rends hommage à l’objectivité de ce député, bien que nous ne défendions pas les mêmes convictions politiques. Il suffit que nous partagions ensemble les mêmes valeurs, comme l’intégrité physique et morale des personnes et que nous condamnions toute forme de torture.

Quels sont vos projets à quelques encablures d’une transition politique très attendue en 2019 ?



Mes projets, et celui du mouvement IRA, est de participer dans les premières lignes à ce que les Mauritaniens puissent réaliser une transition démocratique et une alternance politique apaisée. Pour cela, nous allons continuer à nous adosser au droit national et au droit international. Nous continuerons à jouer le rôle de soldat vigilant de la société, à veiller au respect des lois individuelles et collectives, au respect des procédures juridiques et démocratiques constitutionnelles, basées sur l’état de droit. Nous continuerons à donner le sacrifice nécessaire pour que la Mauritanie sorte sans dégâts du marasme et des crises multiformes qui la taraudent.
Nous lançons dans ce cadre un appel à l’opposition dans ses différents compartiments, associations civiles et politiques, afin qu’elle s’unisse dans un climat démocratique et dans un sursaut national, afin de prémunir le front de l’opposition des dissensions et des phagocytages qui la menacent à la veille de ce processus de transition encore incertain et périlleux. Nous lançons un appel à l’opposition politique traditionnelle et l’invitons à faire les concessions nécessaires à l’opposition sociale, celle des droits de l’homme, afin de répondre à l’espoir et à l’adhésion des larges pans de la population mauritanienne victimes d’esclavage, de racisme, de paupérisation, et d’exclusion sociale et économique. Nous lançons le même appel à l’opposition sociale, dont IRA est la plus représentative. Le ticket gagnant est la jonction entre ces différentes oppositions. Nous à IRA nous allons consentir à toutes les concessions qui ne touchent pas à nos principes et à nos engagements. En deuxième point, nous lançons un appel au pouvoir et à ses segment qui ont usé de tous les simagrées pour s’offrir des privilèges indus, en les invitant à se ressaisir et à s’inscrire dans le repentir et le rachat de conscience face à leur peuple. Je lance un appel à tous les ponts civils et militaires qui sont capables de revenir à la raison et d’agir en toute responsabilité, car le recyclage est encore possible, à travers des discours ou des actions solennelles. Tout cela ne  fera que consolider la paix et la concorde. Le Chef de l’Etat lui-même, Mohamed Ould Abdel Aziz, peut être utile en cette période, s’il accepte sans rancœur, sans regret et en toute humilité, de se comporter en ancien Chef d’Etat responsable de son peuple et de la situation qu’il va lui léguer, en garantissant une transition démocratique et paisible susceptible de conduire à une alternance politique réussie.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara

 

Source crédit : aidara.mondoblog.org 

Le cas ​Mkheitir questionné : Quand nos vraies intentions nous rattrapent..!!

Nous l’aimons et chérissons. Nous invoquons les Prières du Dieu Tout Puissant en sa faveur au minimum 10 fois dans une journée rituelle normale. Nous reconnaissons et proclamons qu’il est d’un caractère sublime et meilleur de la Créature. Nous admettons suivre son modèle en TOUT…oui en TOUT peut-être…!?

Nous croyons que Sa Vie est une grande leçon pour nous et que son apparition parmi l’humanité est une Miséricorde pour les Mondes. 
Mais tristement, certains parmi nous qui s’arrogent presque l’exclusivité de son patronage spirituel et savant, se sont formés en ordre clérical légitimant nos organisations sociales qui sont aux antipodes de la société prophétique révolutionnaire du 7ème siècle. Au cours de ce dernier, un ordre social MIRACLE permit à un Noir fraîchement délié du joug esclavagiste, d’être accepté et introduit dans la tribu Koreichite par le lien matrimonial. Ainsi cette société bâtie sur une CORDE INÉBRANLABLE qui est la FOI, fit du délaissé et dénigré par l’ancien ordre arrogant et ignorant, UN DIGNE qui s’opposera avec ÉNERGIE aux conditions qui furent les causes premières de son statut d’antan. Dans cette même société du 7ème siècle , le fils adoptif du LOUÉ méritant les louanges innombrables, épousa la cousine de ce dernier. Ce fils adoptif, qu’on admet d’être issu d’un statut subalterne, eut déjà et aussitôt la possibilité d’être dans la famille très proche de Celui qui sans doute ne l’avait jamais traité comme « esclave » selon nos références à nous dans nos sociétés dites musulmanes d’aujourd’hui.  

Il faut avoir le COURAGE de dire que nos sociétés majoritairement musulmanes ne peuvent en aucune manière se mesurer à cet ordre social presque idéal du 7ème  siècle qui regissait les rapports humains dans la DIGNITÉ et la NOBLESSE de caractères. Nous, aujourd’hui, le formalisme est devenu une référence des conventions sociétales par lesquelles les anciennes considérations du temps du paganisme, sont entretenues et mises en avant. Nos sociétés sont hiérarchisées en « purs » et « impurs » au 21ème siècle , presque 15 siècles après la RÉVOLUTION POUR L’HOMME HUMBLE au coeur du Hedjaz d’Arabie. Aujourd’hui pour démasquer le mimétisme fait du paraître, aller voir un chef religieux pilier de l’ordre social de son milieu, s’il accepte de suivre l’exemple du Prophète en intimant une proche d’épouser un homme d’ascendance « servile ». On dirait que c’est encore tôt, il faut mieux attendre le changement des mentalités dans le futur. Bilal , le compagnon habashi de l’ordre social prophétique, ne fut pas recalé dans une condition inférieure en attendant plusieurs générations pour une éventuelle préparation de mentalités. La réalité aujourd’hui chez nous, est que tout s’organise en aclamant bruyamment notre SUPER AMOUR au Prophète (PSL) tout en haïssant foncièrement son Modèle Communautaire. Notre tri sélectif est flagrant , on voudrait apparaître comme une communauté par les hysteries collectives de circonstances et sans véritable fond, alors que chacun d’entre nous urge à référer à l’héritage de ses ancêtres d’abord quand on appelle au modèle sociétal promu il y a  plusieurs siècles par Celui qu’on défend avec zèle  même par l’appel ouvertement au meurtre d’un parmi nous. 

En ce début de l’année 2017, notre jeune compatriote risque toujours la peine de  mort en Mauritanie. L’appareil étatique qui utilisait au départ l’affaire du jeune blogueur , semble être dépassé par un magma diffus d’hommes et de femmes qui veulent se faire du forgeron. Ceux qui par remontrances pour le regard de l’international musulmanisme, veulent le châtier, oublient que si le modèle de société mis en place et légué par le Prophète  (PSL) au 7ème siècle, était suivi ou avait inspiré nos références communautaires, Mr Mkheitir le mualem « impur » n’aurait pas probablement eu la réflexion polémique. Nous vivons dans une certaine ambiguïté comme croyants, on se rappelle mutuellement pour invoquer la Miséricorde de la Verticalité alors qu’on se refuse entre nous les Rapports Dignes sur l’échelle horizontale. Le cas Mkheitir est une ÉPREUVE PROFONDE pour nos sociétés dites musulmanes et surtout pour l’ordre clérical tribalo-ethnique. Apparemment pour l’instant les passions obscurantistes ont eu raison sur les urgentes leçons à tirer de cette ÉPREUVE. 
Posons en toute simplicité et en toute sincérité…UNE SEULE QUESTION, Pourquoi Mr Mkheitir s’est plaint du statut de forgeron dans nos sociétés dites musulmanes…? 

L’épreuve est finalement pour chaque CONSCIENCE…RÉFÉRENCE PROPHÉTIQUE  ou références ancestrales..? ??

K.S

Regardez « Réponse à Maitre Maroufa Diabira, un fervent militant des droits humains » sur YouTube

Un Cri Osé : ​Les droits humains valent droits politiques d’abord…!!

Dans nos pays, la société dite civile est inévitablement une société politique et politisée dans le fond même en ayant une forme différente d’un cadre expressément politique. Du moment où la NORME ÉTATIQUE dite moderne qui régit le matériel et l’immatériel dans la CHOSE PUBLIQUE, transpose les vieux schémas primitifs et prégnants pour une reproduction sociale, le triomphe de la JUSTICE passe par les rapports de force. Très souvent, les lésés et les victimes ne le sont pas par pur FATALISME sans responsabilité quelconque des RÉALITÉS conçues et entretenues. J’ose croire que la manière la plus efficace d’aider une victime et un lésé dans nos sables mouvants aujourd’hui , est de les politiser noblement. Une seule victime politisée n’aura besoin que d’un cadre organisationnel pour participer aux changements de sa situation par l’activisme et l’engagement. Alors que 1000 victimes soumises par le principe vertical de l’assistanat, risquent d’être condamnées à une perpétuation de leur condition sous différents ordres. 
L’Homme socialisé est un élément politique et politisé par essence, vouloir défendre les droits humains en réfutant par la rhétorique l’expression politique, il faut s’attendre à une déception certaine et d’innombrables contradictions face au RÉEL . Les droits humains, ce sont avant tout les droits politiques. C’est la sous-politisation qui fait qu’une minorité profondément politique et politisée, arrive à dompter et à conditionner l’écrasante majorité dans un fatalisme. Dans la sphère de l’humain, le champ du NEUTRE et du désintérêt est très restreint et circonstanciel. Nos contrées lointaines comme nos assemblées modernes sont contrôlées et dominées par ceux qui viennent des milieux sociaux politiques et politisés quel que soit le cadre d’évolution. Ainsi pour défaire l’esclavage sous toutes ses colorations avec efficacité, il faut penser à déboussoler les esclavagistes en fragilisant les supports de leur système. Rendre l’esclave politique en changeant les références organiques et héréditaires par lesquelles se développent les chaînes physiques et psychologiques de la soumission divinisée. L’esclave qui interroge le sens du Pouvoir, le sens du Culturel, le sens du Travail, le sens de la Famille, le sens de l’Amitié, le sens de la Solidarité, le sens de l’Honneur et pour dire bref, LE SENS DU MONDE ET DE L’HOMME, il détruira aisément le système d’exploitation mais sauvera également l’ancien maître qui gagnera désormais parmi les Hommes mais non plus contre ou sur les Hommes. L’anti-esclavagisme qui se veut APOLITIQUE signe d’emblée  son renoncement à la CAUSE. L’esclavagisme par les pratiques ou statutaire s’inscrit forcément dans un univers social ou sociétal régi par des ordres politiques sous diverses appellations  (Nos traditions, nos coutumes, nos valeurs, nos codes d’honneur….etc). Le vrai esclave du 21ème siècle est cet ancien esclave qui est distrait en suivant les balises orientées de son ancien maître dans l’arène politique. Toute personne d’extraction sociale servile qui est excessivement communautariste, ethnocentrique et tribaliste au détriment d’un ordre CITOYEN, vit des rechutes perpétuelles dans la trame de la condition d’esclave. Entre l’esclavagiste et l’esclave, les rapports moraux ou d’éthique n’ont aucune portée digne, car le premier ne croit s’honorer que par le maintien strict et irréversible de la condition du second. Pour prendre le cas de la société soninké où les pratiques esclavagistes nommément ont disparu il y a quelques années, toujours un mal ronge la conscience collective des descendants d’anciens esclavagistes quand les descendants d’esclaves veulent aspirer aux mêmes devoirs et droits dans les affaires intra-communautaires . Qui verrait des éléments de ces deux univers opter sereinement  pour les mêmes obédiences dans une autre  sphère politique à l’extérieur. Si on ose s’engager et espérer diriger un pays appelé « Maure-tanie » un jour, rien ne nous dissuade d’exprimer sainement nos incompréhensions face à l’exclusivité de droit au titre de chefferie traditionnelle dans nos villages. D’autant plus que nos ancêtres ont vaillamment participé comme FORCE à l’édification d’innombrables sites villageois. Aujourd’hui certaines parentés transnationales permettent l’accessibilité à la chefferie alors que certains fondateurs locaux historiquement lésés demeurent dans le statut éternel de subalternes. Dans cet ordre, un jeune homme de 25 ans gonflé de son égocentrisme maladif dans nos contrées asséchées, se compare au prince Charles d’Angleterre et attend que des vieux de 60, 70 ans et plus continuent de l’entourer d’un droit divin. Le droit d’ainesse est évacué pour certains vieux qui ne peuvent pas valoir d’autres, et aujourd’hui  on pleure que les nouvelles générations qui vomissent cette pourriture sociétale de la féodalité, veulent détruire SONINKARA qui l’était déjà depuis la fin à SONI.

K.S

IRA : ​Communiqué de presse


Le président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, vient de clôturer, ce samedi 17 décembre à Paris, une série de trois tournées au cours desquelles il a sillonné trois continents à savoir, dans l’ordre chronologique, l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. A  chaque station de ce long périple, le leader abolitionniste, malgré les contremesures prises par l’Etat et la diplomatie mauritaniens, a été l’objet d’attentions et d’égards particuliers de la part de chefs d’Etats, de présidents, de responsables de partis mais aussi de dirigeants des organisations de la société civile et des faiseurs d’opinions des pays visités.

L’événement a pris la forme d’une conférence de presse, organisée par IRA-France dans une salle parisienne qui refusa du monde, tellement l’affluence fut importante. Lors de cette conférence, le Président Dah Abeid, accompagnés du Dr Ahmed Amou Ould Moustapha et du Pr Mohamed Baba, tous deux membres du Bureau Exécutif d’IRA, et devant des centaines de coordinateurs, d’adhérents et de sympathisants de toutes les sections d’IRA en Europe, a présenté les principaux résultats de cette tournée internationale, précisé le positionnement d’IRA sur la scène politique mauritanienne et tracé les perspectives du combat qui attend les Mauritaniens et les militants abolitionnistes dans les semaines et mois à venir.

Pour le bilan, la tournée a permis de réaffirmer le rôle de lanceur d’alertes que la communauté internationale, à travers les multiples distinctions et marques de reconnaissance qu’elle lui a décernées, a décidé de confier à IRA-Mauritanie dans le domaine de la défense des droits humains. Ce sont là, précise le Président, autant de coups de boutoir  assénés au régime de Ould Abdel Aziz. Une quatrième tournée, cette fois au sein du monde arabo-musulman, sera organisée après le retour du Président au Pays, retour programmé dans les prochains jours.

Pour le positionnement d’IRA, il est sans équivoque possible et de façon résolue, aux avant-gardes de l’opposition au régime de Ould Abdel Aziz. Ce système dont la justification première est le parrainage et la protection des esclavagistes et des racistes les plus endurcis doit être abattu et ses fondements déconstruits jusqu’à la dernière pierre d’angle. IRA appelle ses partenaires dans l’Opposition à adopter la lutte pour la dignité humaine et notamment l’abolition effective de l’esclavage, qui sévit dans toutes les communautés nationales, et la lutte contre le racisme d’Etat, dont les Négro-africains sont les principales victimes,  comme causes structurantes du combat politique en Mauritanie. Elle appelle à la libération immédiate de tous les détenus d’opinion à savoir les trois abolitionnistes qui sont à Zouerate et le militant du Mouvement du 25 février, injustement détenu à Nouakchott.

Le Président a précisé que le combat contre l’esclavage et les injustices sociales mené par l’IRA est un combat universel et n’est pas l’apanage de Mauritaniens à plus forte raison d’une communauté  plus qu’une autre. Le seul adversaire de l’IRA, a précisé Dah Abeid, est le système féodal esclavagiste et les forces rétrogrades qui tentent de le couvrir et de le perpétuer, quelle que soit la communauté.

Pour mener à  bien ce combat, IRA s’adresse à tous les Mauritaniens et tend la main à tous les acteurs politiques qui partagent sa vision d’une Mauritanie juste égalitaire et réconciliée.

Prenant la parole Mrs Mohamed Baba et Ahmed Amou Ould Moustapha ont abondé dans le même sens et ont appelé tous les Mauritaniens à ne pas se tromper d’adversaire, à s’unir et à éviter de tomber dans le piège des manœuvres de diversion du Système qui s’efforce de retarder l’avènement d’une Mauritanie pour tous, pour se maintenir.

Les semaines et mois à venir seront décisifs pour la Mauritanie. Déboussolé par les échecs de ses tentatives successives et pathétiques d’entrainer les partis de l’Opposition dans la voie de sa légitimation, Ould Abdel Aziz commence à désespérer une frange importante de sa majorité. IRA appelle à l’empêcher, par tous les moyens légaux et pacifiques, de procéder au moindre tripatouillage de la Constitution quel qu’en soit le motif.

Nouakchott  le 18  décembre 2016

 La Commission de communication

20-12-2016 07:00 – Transfert des prisonniers abolitionnistes à Bir Moghreïn


Le Calame
– Les autorités pénitentiaires du Tiris Zemmour ont décidé de transférer les trois prisonniers abolitionnistes condamnés en novembre dernier, en appel à deux ans de prison ferme à l’encontre de Moussa Bilal Biram et Abdallahi Matalla Saleck et à un an d’emprisonnement dont six mois fermes à l’égard de Abdallahi Abou Diop.

Les trois militants d’IRA Mauritanie sont arrivés ce lundi 19 décembre en début d’après midi à la prison civile de Bir Moghreïn.

Cette mesure est perçue comme s’inscrivant dans le cadre de représailles après la diffusion sur le net des photos accablantes montrant les cicatrices résultant des séances de tortures que Moussa Biram a subies durant sa longue période de détention. Signalons que les trois abolitionnistes qui ont subi de graves tortures sont restés en prison : le temps d’effacer toutes traces.

Pour rappel, le parquet s’était pourvu en cassation. Ce 20 décembre, la Cour Suprême devra examiner la recevabilité de cet appel. Ces derniers mois des grincements de dents se sont fait sentir à la prison de Bir Moghrein.

Les pensionnaires se lamentent des souffrances endurées, dénonçant du coup la dureté des conditions d’incarcération et appelant les autorités à leur venir en aide.

Dans leur lettre, les détenus révèlent que les criminels endurcis et les chefs de gangs des prisons de Dar Naim, d’Aleg de la prison civile de Nouakchott et de celle de Nouadhibou font la loi dans ce pénitencier, prennent des redevances sur les nouveaux arrivants et sur les étrangers, et introduisent tous les produits prohibés au vu et au su de l’administration, et en connivence avec les gardes en faction.

Crédit source : http://www.cridem.org 

Regardez « Biram Dah Abeid en conférence à Paris » sur YouTube

L’intervention en vidéo du président d’IRA-MAURITANIE lors de la conférence du 17 décembre 2016 à Paris. 

Lettre ouverte à le Ministre de la Fonction publique et du Travail | Par Samba Thiam



Samba Thiam – Etant donné que l’Administration a fermé toute voie de recours à l’administré que je suis, il ne s’offre à moi d’autre choix que la voie de presse pour prendre l’opinion à témoin …

A Monsieur le Ministre de la Fonction publique et du Travail

Objet : requête pour être remis dans tous mes droits

Monsieur le Ministre ,

A nouveau, je viens réclamer le règlement de ma situation administrative. Mon nom est Samba Thiam, Inspecteur adjoint de l’Enseignement Fondamental, matricule 40825 Z, indice 830.

Monsieur le ministre, les prisonniers politiques de 1986, dont je fais partie, ont vu leur situation administrative régularisée, soit par amnistie suite à l’ordonnance d’amnistie ( No 91-025 ) ci-jointe; soit par voie de Tadamoun. Ils sont alors indemnisés et bénéficient ensuite de leur pension de retraite pour ceux atteints par la limite d’âge, ou réintégrés dans leur corps d’origine pour les plus jeunes .

La 2eme base sur laquelle s’effectuent ces régularisations, c’est l’inscription à Tadamoun, au titre de réfugié. J’ai satisfait aux deux procédures ; la seconde, par lettre collective ( no 2314) –jointe- , transmise à la fonction publique le 23/12/2015.

J’y figurais en tête de liste, mais le directeur général de la fonction publique gomma mon nom, et régularisa tous les autres éléments restant en mi-janvier 2016. Lorsque je demande des explications, il me répond que je dois prouver pour la haute Administration que j’étais réfugié, – exigence qui n’a été appliquée à personne d’ autre jusqu’ici- ; je lui fournis quand même deux cartes de réfugié . Malgré tout cela, je demeure le seul dont le dossier reste pendant, sans explications crédibles, alors que la quasi-totalité de mes codétenus politiques ont vu leur situation administrative résolue (liste –jointe ), bien que nous fussions rigoureusement dans la même situation, et que j’aie rempli toutes les conditions nécessaires. La dernière vague l’a été en janvier 2016 ( voir noms cochés).

Voilà deux ans que je mène les démarches nécessaires auprès du directeur général toutes les semaines, en vain. De rendez-vous en rendez vous, de report en report , de prétexte en prétexte, la direction de la fonction publique diffère, délibérément, par mauvaise volonté manifeste, le règlement de mon cas.

Monsieur le Ministre, je voudrais connaitre les raisons profondes du blocage de mon dossier, que rien ne justifie. Ou dois-je comprendre que c’est à cause de mon opinion ou de mes positions politiques que je suis pénalisé, sur ordre supérieur ? J’aimerais savoir… C’est une question de droit et je n’ai pas l’intention de renoncer à mes droits légitimes …

Dans l’espoir qu’il sera, cette fois, réservé à ma lettre toute l’attention qu’elle mérite, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre , à l’expression de mes sentiments déférents.

Samba Thiam

Pièces jointes : – Ordonnance d’amnistie

– liste des détenus politiques ayant vu leur situation résolue

– lettre de confirmation du MEN

-Liste des réfugiés (indemnisés) transmise par Tadamoun , (amputée de mon nom par le directeur de la Fp ).

Ampliations :

– Archives : 1

Date : Nouakchott 5 /12/2016

………………….

Quelle lecture pour quelle conclusion ?

Reprenons le cours des choses plus en détails…

En 2014 , après de multiples démarches une fiche budgétaire no 129/DGFP , du 01/09/2014) , m’est attribuée , mais soudainement arrêtée et retirée de la circulation. Lorsque je demande des explications on me répond : « sur ordre supérieur », sans plus ! Peu après le directeur général de la fonction publique est relevé de ses fonctions , sans explication.

En 2015 et 2016, tenace, je reprends mes démarches auprès du nouveau DG qui a pris service ; il m’impose de longues et pénibles procédures auxquelles aucun de mes codétenus politiques n’avait été soumis. Je m’y plie et les remplies convenablement . A chaque fois que j’avais rempli une condition il en posait de nouvelles que je finis , malgré tout, par remplir toutes, mais en vain . Persuadé qu’il y avait là manifestement une volonté de blocage de sa part , je décidai alors de saisir le Ministre de la fonction publique ; après de multiples lettres et quatre demandes d’audience restées lettre morte, le ministre finit par consentir de m’accorder une audience ; son secrétaire particulier (–no tel 4524 2377,) m’appelle le mardi 06 décembre vers 22h pour me signifier le rendez-vous, fixé pour le jeudi 8 décembre 2016 à 15h. Je m’y rends et attends longuement. Bizarrement, à 16h 45 un policier me prie de m’éloigner de l’entrée du bureau ; c’était pour permettre au ministre de s’échapper… Seydina Aly passa, tout près de moi, le regard bas, pour éviter de croiser le mien …

De retour à mon domicile, il m’a suffi, après réflexion, de mettre les choses bout à bout pour que, d’un coup, tout s’éclaire ! un DG visiblement à court d’arguments qui tergiverse, cafouille 15 mois durant, puis un ministre qui vous donne rendez–vous mais file à l’anglaise, le tout relié au limogeage de l’ancien DG indiquait, clairement, d’où venaient les peurs , d’où émanait « l’ordre supérieur »…

J’avais compris…

Parce que je reste opposé à son régime ethnocratique et à sa politique ethniciste et clanique, le Président, en représailles, faisait obstacle à la régularisation de ma situation administrative par la fonction publique ! Au mépris de la loi il s’asseyait sur mes droits légitimes …

J’avais chargé – à tort- le Directeur général qui n’était en définitive que le maillon faible de la chaîne, et qui jouait quand même sa tête !

Immixtion et empiètement jusque dans les attributions des chefs de service dans l’application de la loi, tournée en dérision.

Grandeur et petitesse du genre humain disait l’autre …

Lorsque l’on sait, en plus de l’amnistie de 1992, que c’est le gouvernement du Président Aziz , lui-même, qui a pris en conseil des ministres la décision de régler tous les problèmes afférents au passif humanitaire- toujours non apuré depuis 2009-, la question de sa crédibilité même se pose !

Pour ces dizaines de milliers de réfugiés, pour ces milliers de fonctionnaires noirs arbitrairement radiés de la fonction publique, chaque étape pour recouvrer leurs droits constitue un parcours du combattant. De l’indemnisation minable ( 1 million d’ouguiyas après 27 ans de radiation ) à la réintégration, jusqu’à la reconstitution de carrière, chaque étape a été et demeure, dans une administration méthodiquement blanchie, humiliations et souffrances en série …Si de 2009 à nos jours, le dossier n’est toujours pas apuré, c’est bien évidement parce qu’il n’y a pas eu de volonté politique réelle, pour le résoudre correctement.

Que faut-il retenir de tout cela ?

Nourri à la psychologie du soldat-dressé pour donner ou recevoir des ordres- le Président reste allergique à toute opinion contraire, réfractaire à la culture du débat. D’où cette tendance, chez lui, à vouloir réduire, plier, soumettre l’adversaire politique par tous les moyens, y compris par la pitance …

L’Administration est personnalisée, instrumentalisée aux fins de régler les comptes aux adversaires. En effet, nous savons que les opposants politiques au général ne sont ni recrutés, encore moins promus dans son Administration ; et comme si cela ne suffisait pas on s’asseyait en plus sur leurs droits légitimes….

Au caractère ethnocratique, communautariste très marqué du régime, vient maintenant se greffer la personnalisation de l’Administration, instrumentalisée à des fins de règlement de comptes politiques. Ce sont là des Indicateurs de l’incurie et de la déliquescence du régime mauritanien et de sa gouvernance ; La loi c’est le Boss, le Boss la loi !

Voilà pourquoi nos partenaires Européens et Américains se doivent enfin de comprendre qu’avec de telles pratiques, une telle psychologie rétive au Droit et à la Loi – socles de tout Etat de Droit -,en plus de la restriction croissante des libertés, le Président demeure très mal indiqué pour œuvrer à l’érection d’un Etat de droit …

Toutes ces professions de foi sur la lutte contre l’esclavage, sur le respect des droits de l’homme et des libertés, sur l’unité nationale ne sont que mensonges, hypocrisie ! Accords et conventions il s’en moquait. Les appels à l’inclusion n’ont pas de répondant, car sa politique, discriminatoire, sur l’Unité nationale n’a pas varié. Les gouvernements mauritaniens de – teinte militaire- sont rompus à l’art de ruser et de berner les Occidentaux.… Il est temps que nos partenaires internationaux comprennent, enfin, qu’ils ont en face un régime militaire déguisé pour adopter une approche plus adaptée …
Samba Thiam

Inspecteur de l’Enseignement
(Président des FPC)
Nouakchott, le 12 décembre 2016
Source crédit : http://www.cridem.org