​Moussa Bilal Biram dit Pape : «Affable et généreux dans l’effort ! » Par : THIAM Mamadou Thiam

Du haut de ses 2 mètres, Moussa Ould Bilal Ould Biram (Pape pour les intimes, Senseï, selon ses disciples) ne laisse personne insensible. Sportif accompli, Moussa est d’un tempérament plutôt calme et posé, affable et généreux dans l’effort, et profondément religieux. Né en 1967 à Keur Macène, Moussa est ceinture noire 4ème dan. Ce père de famille (cinq enfants  – 4 filles et un garçon) qu’il prenait en charge, ne cessait aussi de régler, par-ci et par-là, discrètement, quelques petits problèmes dans son fief, à Sebkha. « Il s’est toujours rangé du coté des faibles  et n’a cessé de ‘casser’ les classes d’âges», indique Babou, jeune militant de IRA et membre de la section de Sebkha.
Apprécié aussi bien par les jeunes, les femmes que les vieux, Pape a su tisser dans les différents quartiers de la Sebkha, de relations fécondes bâties sur une amitié sincère, un respect mutuel. « C’est un homme pacifique, engagé et fin stratège », souligne Kaw, son compagnon de lutte.
Des années glorieuses où ses affaires faisaient florès, Pape aura été l’un des distributeurs automatiques  du mouvement IRA qui finira au bout du compte par tomber en faillite. La politique coûte cher et fait couler des initiatives privées. La grande salle de peinture du cinquième et dojo de karaté la nuit, symbole de réussite, lui fileront entre les doigts. Le dojo, fréquenté par de nombreux sportifs de la Sebkha, finira par fermer. Il sera combattu par les dirigeants de la Fédération mauritanienne de karaté qui entendaient lui faire payer son « orientation politique ». 
Des policiers et même un préfet du département lui notifieront les décisions de fermeture de son dojo non affilié à la fédé avant de se raviser. Les rares fois qu’il aura accompagné la délégation officielle de budoka mauritanien, senseï Moussa n’en garda pas de bons souvenirs. En 2014 aux championnats d’Afrique, à Dakar, les athlètes mauritaniens ont du passer deux nuits à la belle étoile faute d’arriérés de cotisations. Pour avoir dénoncé cette situation, Moussa sera de nouveau combattu par ses propres congénères. Il sera mis encore sous embargo par la fédé de karaté. Mais, il n’en a cure ! 
Que de souvenirs chagrinant ses anciens adeptes. Croyant au bien-fondé de la lutte pour l’émancipation de sa communauté et de la défense des opprimés, Moussa Ould Biram, loin d’être ébranlé par cette faillite, dépense sans compter. Lors de la présidentielle de juin 2014, il n’hésitera pas une seconde à vendre sa voiture, une Mercedes 190 acquise sur fonds propres, pour financer la campagne de son candidat Biram Dah Abeïd, dans le département de Sebkha. Loin d’être ébranlé par cette perte et la défaite de son candidat, Moussa continue son militantisme en prenant part à toutes les manifestations initiées pour la libération des leaders du mouvement et contre l’enrôlement sélectif des populations noires.
Connu pour son dévouement au travail, le vice président de la section IRA de Sebkha, deviendra plus tard taximan, activité qu’il mènera jusqu’à son arrestation.  « Persévérant, Pape ne se laisse pas abattre », renchérissent ses camarades. « Moussa a été forgé par la nature et a connu toutes les épreuves de la vie », font-ils remarquer. « C’est Moussa qui est le concepteur de nos slogans. Il a de l’imagination  », révèlent Kaw et Babou. Lors des tournées de précampagne et de campagne, Moussa sera un renfort de taille pour la garde rapprochée du candidat Biram Dah Abeïd.
Ayant pris l’habitude de s’enchainer symboliquement à chaque manifestation de IRA, Moussa Biram a, se félicitent ses camarades, marqué les esprits et surtout celui du  Président de la République.

Lors de son  discours à Néma, Mohamed Ould Abdel Aziz avait laissé entendre que : « L’esclavage en tant que tel n’existe pas. Mais, il y a des gens qui s’enchainent qui se font passer comme esclaves et postent ça sur le net  et les télévisions. Et on ne peut rien contre ces gens ».
Accusé d’avoir pris part activement aux affrontements du 29 juin et d’avoir incendié le bus de la police, Moussa a été condamné, le 18 aout dernier, à 15 ans de réclusion criminelle. Acculé aussi bien  par le président de la cour criminelle que le procureur de la République, Moussa est resté flegmatique. Pape était dans la ligne de mire des autorités depuis un certain temps en attestent les conditions atroces de sa détention et les traitements cruels et dégradants dont il a été victime. 
On le soupçonne de former des combattants du mouvement abolitionniste aux techniques de combat dans l’optique de la mise en place d’une milice. « Il fallait qu’il en paie le tribut », souffle-t-on. Et ce fut cruel. A la barre, le budoka plaide non coupable et réfute les faits qui lui sont reprochés.
Relatant les conditions de son arrestation et de détention marquées, dit-il, par 72 heures de tortures affligeantes avec privation de nourriture et de possibilité d’aller aux toilettes.

Il avait nommément  cité  ses tortionnaires et évoqué non seulement le refus du procureur de la République de prendre en compte sa plainte contre ses bourreaux et de le faire bénéficier d’une réquisition, de manière à lui permettre d’être ausculté  par  un médecin.
Source : aidara.mondoblog.org

​Le régime mauritanien nous préoccupe davantage.

Le 18 août passé, 13 responsables et militants de l’initiative de la résurgence  abolitionniste “IRA” sont condamnés de 3 à 15 ans de prison ferme par la cour criminelle de Nouakchott.

Ces militants anti-esclavagiste sont déclarés coupables de rébellion, de violence et voies de fait sur des éléments de la force publique alors qu’aucun d’eux n’était présent sur les lieux des affrontements.
J’estime  qu’il est temps de dire stop au régime pour ses arrestations arbitraires et racistes,  ainsi que toutes les pratiques esclavagistes. On en a assez de son double discours vendu à l’international alors que les réalités sont autre chose à l’intérieur. Le cas judiciaire concernant les abolitionnistes d’IRA ces derniers temps, révèle un manque de sérieux du pouvoir en place sur le terrain du Respect des Droits Humains. Et la communauté internationale en est témoin. 

L’ancien putschiste du 06 août 2008 continue sa logique qui est de diriger le pays avec une main de fer en bafouant les libertés individuelles et en rendant la Justice soumise aux humeurs revanchardes de son entourage. 
Ses promesses électorales lors de son premier quinquennat, en priorité, étaient  la lutte contre la corruption, pauvreté et le terrorisme pour gagner la confiance des alliés occidentaux et tromper le petit peuple. 

En réalité sur le terrain, le despotisme et les violations répétées des droits de l’homme , sont les les faits marquants de son règne. 

 À l’heure actuelle où j’écris ces lignes, les 13 abolitionnistes sont derrière les barreaux depuis bientôt 3 mois pour des accusations infondées. Après la fête de ramadan passé dans les geôles de la honte, ces engagés courageux seront privés injustement de leurs familles et proches à l’occasion de la grande fête musulmane de Tabaski prévue pour la semaine prochaine. Tous les épris de Justice doivent être interpellés par ce dossier judiciaire monté sur du Faux et par le Faux au nom de l’Etat mauritanien. C’est Triste et Regrettable à la fois.

Signé  Boubou Soumaré

​QUI EST BALLA Balla Touré ?      Par : I.BADIAN


L’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie) vient d’être frappée par la condamnation, le 18 août dernier, de 13 de ses membres et non des moindres accusés d’appartenance à  une organisation non reconnue, incitation à la violence et attaque d’autorités publiques dans l’exercice de leurs fonctions. Parmi ces 13 détenus, figure Balla Touré, un ingénieur agro-environnementaliste, considéré comme l’un des éléments le plus important, un activiste de première heure d’IRA. Une force tranquille du mouvement abolitionniste. On dit de lui qu’il est l’antidote de tous les virus  dévastateurs d’IRA Mauritanie. Portrait.
Il y a des hommes qui ont la conviction de leur action dans le cœur et la révolution dans leurs veines. Ceux-là ne reculent devant rien, pour rien au monde. La justesse de leur combat est un sacerdoce. Balla Touré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fait partie de ces hommes. Fils d’une famille soninké de Gorgol, le père – paix à son âme – fut un grand commerçant qui a sillonné l’Afrique centrale et l’Asie. Balla Touré, né en 1970 à Djéol, un village situé à quelques kilomètres de Kaédi, est  un leader et fervent militant du mouvement IRA -Mauritanie dès sa création.

Cet enfant de Djéol a fait ses études primaires dans ce village, et le secondaire à Kaédi. Après le Baccalauréat en 1988, il franchit les portes de l’Université de Nouakchott. Un an après, précisément en 1989, Balla Touré prend le chemin de la Russie pour étudier l’agronomie. Après quatre ans d’études, il obtint son Bachelor, puis son Master en agronomie, avant de faire des études  en environnement.

Après avoir obtenu de hauts diplômes et fait deux années de stages dans un centre de recherches, cet agro-environnementaliste quitte la Russie en 1995 pour rejoindre sa Mauritanie natale. Sans tarder, il intègre, de Juin 1997 à fin 1999, le Programme d’insertion des agronomes à Foum Gleita. Dans la même année 99, Balla Touré retourne à Nouakchott pour  travailler comme consultant sur des questions de développement et des programmes agropastoraux (production agropastorale, énergie et hydraulique principalement). Mais aussi il travaille sur l’environnement avec la gestion des ressources naturelles et des questions de changement climatique. 
En Juin 2000, avec un groupe d’amis ingénieurs, Balla Touré crée une ONG d’appui au développement dénommée « Population et Développement (POPDEV) ». Ce n’est pas tout, Balla Touré a initié et conduit des projets de développement rural avec l’appui des organisations communautaires de base (Associations villageoises, coopératives, GIE de développement); une activité que cet ingénieur agro-environnementaliste exerçait jusqu’à son arrestation le 1er Juillet 2016 alors qu’il était sur le chemin de son bureau. Balla Touré, marié, père de deux filles dont l’une porte le nom de la vice-présidente de l’IRA, Coumba Dada Kane, a, depuis 2008, adhéré à IRA où, avec quelques personnes, il s’est attelé à faire de ce mouvement anti-esclavagiste un moyen de combattre l’esclavage pour son éradication totale. 
Les objectifs de déconstruction du système de domination, le discours de vérité et la démarche pacifique l’ont incité à militer dans cette association. Dès sont entrée dans ce mouvement, Balla a été désigné pour assurer le poste de Secrétaire aux Relations Extérieures. Poste qu’il occupe jusqu’à présent. Doué dans l’organisation associative, compétent, déterminé et connu pour son sens inné de justice et d’équité, Balla Touré a contribué activement à la mise en place d’une vraie structure d’IRA qui fonctionnait auparavant avec un comité provisoire. On dit de lui et de son ami et compagnon de prison Hamady Lehbouss, qu’ils sont la base de données du Mouvement IRA-Mauritanie. 
Faut-il souligner au passage que cet  homme calme, intelligent, ce gentleman a milité aux FLAM (Forces de Libération des Africains de Mauritanie) bien avant de venir à IRA, entre 89 et 94 et au parti Action pour le Changement (AC) auprès de son oncle Touré Mamadou. Mais aussi, il fut militant et dirigeant de Conscience et Résistance avec son ami Jemal Ould Yessa. Aujourd’hui condamné à 5 ans de prison ferme pour les chefs d’inculpation cités ci-haut, Balla Touré, purge cette peine depuis le 18 août dernier. Une sentence qualifiée de lourde pour « des gens qui n’ont fait que défendre une juste cause », selon le collectif des avocats de la défense qui tenait une conférence de presse au moment de la délibération.
Pourtant, Balla n’en est pas à son premier séjour carcéral. En décembre 2010, il a été arrêté avec son compagnon de lutte Biram Dah Abeid dans l’affaire d’Arafat lorsque les leaders d’IRA avaient engagé une opération de libération de deux filles considérées comme esclaves d’une famille. C’est dire que ce fils de Djéol était déjà dans le viseur du système qui a fini par l’avoir dans son escarcelle.
Ce jeune homme de taille moyenne aime le sport, la lecture orientée sur la littérature engagée, les romans d’espionnage mais aussi la nature. Il aime s’entourer de sa famille ou des amis. Toutefois, il le faisait quand il avait le temps. Aujourd’hui, selon les amis du Djéolois  « quelque soit le jugement ou la condamnation, Balla ne baissera jamais les bras. Il continuera le combat pour une Mauritanie libre, juste et démocratique ».  Le journaliste-éditorialiste, Camara Seydi Moussa, qui est l’un de ses meilleurs amis, déclare : «Balla, c’est comme le soleil. Il brille pour tout le monde sans exception. Et ne change jamais de mouvement d’Est en Ouest ». Et d’ajouter «le Papa de Coumba et de M’Ma est un homme de paix et de sagesse qui frise l’exagération. Les valeurs des mots et des gestes envers les inconnus sont d’importance pour cet homme, ami de tout le monde. Balla, c’est l’anti-vulgaire dans les propos mais tenace dans ses convictions, parfois même têtu».
Source : Cheikh Aidara 

IRA-Mali une association régie par la loi malienne, Note d’information

Vendredi 2 septembre 2016 au siège de la Coordination Nationale de Veille Stratégique et Citoyenne du Réseau Joko Ni Maaya du Mali a été tenu l’assemblée général du bureau provisoire pour la fondation de l’Initiative de la Résurgence du

Mouvement Abolitionniste (IRA-Mali) était présent autour du Président de Réseau d’IRA Biram Dah Abeid :

PRENOMS & NOMS PROFESSIONS

Intazoumé Moussa Dicko Politologue

Maitre Dicko Aminata Traoré Juriste

Daouda Doumbia Membre de JOKO NI MAAYA

Mamadou Tambadou Membre de JOKO NI MAAYA

Méguelé Diallo Enseignant

Pérignama Sylla Professeur

Inamoud Ibmy Yattara Professeur

Moussa Bamba Juriste

Honorable Idrissa Sankaré Député

Cheick Oumar Dembélé Fonctionnaire Parlementaire

Mouaz Cissé Érudit Prêcheur

Messaoud Mohamed lahbib Ancien Ministre

Biram Dah Abeid Juriste

Ousmane Tandia Ambassadeur

Sbeyti Ag Akado Professeur

Dr Hadawa Yattara Universitaire

Dr Almoubade Azoum Universitaire

Mamadou Sangaré Manager Culturel

Alassane Cissé Attaché d’Administration

Kéka koné Chercheur Anthropologie Culturel

Hamada Touré Journaliste

Bocary Katioumbé Enseignant Animateur

Cheick Oumar Tidiani Diallo Membre de JOKO NI MAAYA

Madou Diallo Enseignant

A l’issu de l’assemblée a été décidé :
1. Création d’une Association d’IRA-MALI conformément au droit malien dont le Mandat et la lutte par les voies légales conforme au droit malien et au droit international contre l’esclavage, le racisme, l’oppression des personnes d’ascendance africaine et de toute autre violation de droit ou de la dignité humaine notamment en Mauritanie et Mali.


2. Création d’une commission technique dirigée par l’Honorable Idrissa Sankaré député au parlement Malien qui se chargera de la préparation du Statut et Règlement Intérieur de l’Organisation.

3. La désignation d’un Coordinateur provisoire El Hadj Tandina

– Un Responsable des affaires administratives Sbeyti Ag Akado

– un Responsable de la Communication Maître Dicko Aminata Traoré
Source crédit : Mouvance abolitionniste IRA. 

​Bélinabé, chronique d’une spoliation

Kassataya – Le village de Bélinabé, situé à 7 km de Kaëdi dont il est partie intégrante de la commune, se débat depuis quelques semaines dans un de ces conflits fonciers désormais typiques de cette vallée du fleuve Sénégal soumise aux assauts des agrobusinessmen chasseurs de terres. 
L’histoire, aux dires des villageois rencontrés par Mody CISSE, Secrétaire général de l’Ajd-mr en séjour dans la région, remonte à 2014. Un bon jour, les villageois constatent que leurs anciens champs de culture se situant dans le Dieri proche (zone de culture sous pluie non inondable) sont désormais quadrillés par un grillage. Il s’agit d’un terrain d’une vingtaine d’hectares entre le poste de police de Bélinabé et le village de PimpaYel. 
Renseignement pris, il s’avère que c’est la richissime famille Ould Veten qui occupe les lieux. En 2015, une délégation du village composée notamment de Mamadou Demba Diallo (conseiller municipal) Mamadou Diouni SY plus d’autres notabilités se rendent à Kaëdi auprès de monsieur Coulibaly responsable des Travaux Publics, en vue de se renseigner sur les raisons de cette occupation. Celui-ci affirme ne pas être informé de la situation.
Il leur signifie par ailleurs, qu’à sa connaissance, depuis 2007 aucun titre foncier n’est attribué. Dans le courant du mois de ramadan dernier, les jeunes du village jugeant les anciens un peu timorés, décident de prendre la situation en main. Ils enlèvent le grillage qui entourait les champs et le gardent. Les autorités locales réagissent énergiquement. 
Des policiers sont envoyés sur place. Le fils de l’imam du village est mis aux arrêts et conduit à Kaëdi. Les jeunes se réunissent et prennent la décision de se rendre à Kaëdi pour réclamer la libération de leur camarade. Après la mobilisation des notables du village, le jeune est libéré. 
Les jeunes villageois se réunissent avec les anciens et leur demandent de prendre leurs responsabilités par rapport à la situation. Ayant eu vent de cette rencontre, le préfet Isselkou Ould Mohamed Sghaïr convoque les notabilités du village.
Une délégation composée entre autres du chef du village, Racine Anne, de l’imam Kalidou Dahirou Anne et du conseiller municipal de Bélinabé monsieur Diallo se rend à Kaëdi. 
Sont également présents à cette rencontre, Monsieur Coulibaly responsable des TP, le chef de brigade et le commissaire de police. Après avoir entendu l’exposé des représentants du village, le préfet informe la délégation de l’existence d’une commission chargée de régler les litiges fonciers dans le département présidée par lui-même. 
Il reproche aux villageois d’avoir agi sans en référer à l’administration et leur intime l’ordre de restituer le grillage qui avait été enlevé du terrain occupé par la famille Ould Veten. 
Lorsque les notables insistent sur le fait que le terrain en question se situe sur leurs terres de culture, le préfet leur demande de fournir un document attestant de ce fait, expliquant par ailleurs que le document en possession des villageois datant de 1911 ne concernait que les terres du Walo (zone inondable). 
C’est alors que les notables rappellent au préfet que de toute façon ce terrain se situe dans le rayon de 5km autour du village, normalement non attribuable car reconnue comme espace vital des villages par la loi. Mais rien n’y fit, monsieur Isselkou Ould Mohamed Sghaïr réitère son ordre de voir le grillage restitué à la famille Veten. 
De retour au village, la délégation rend compte de son entretien avec les autorités. Le vendredi 12 juillet 2016, les jeunes, remontés par cette décision qu’ils jugent injuste, décident alors de se rendre sur les lieux pour cultiver ce qu’ils considèrent toujours être leurs champs de Dieri.. 
Une fois sur place, ils constatent que la famille Ould Veten a remis à nouveau un grillage et des piquets autour du terrain. Ils décident de protester. Certains jeunes commencent à enlever les piquets. 
Informé de la situation, le préfet envoie sur place la police. Cette fois-ci les forces de l’ordre viennent en nombre suffisant pour encercler le village de Bélinabé qui est bombardé de grenades lacrymogène. 7 personnes sont arrêtées. Le samedi 13 juillet le préfet Isselkou Oul Mohamed Sghaïr, au lieu de chercher à tempérer la situation, demande à la famille Veten de continuer les travaux sur le terrain. 
Comble d’arrogance, chaque matin, il se déplace en personne en superviseur pour s’assurer que rien n’empêche l’occupation de se dérouler comme prévue. Face à cette situation, et en l’absence de tout soutien, même pas de la part des élus locaux, tous inscrits aux abonnés absents (mis à part le maire de Kaëdi Thiombé et son conseiller municipal Diallo originaire du village), les villageois décident de déposer une plainte pour spoliation. 
Entre temps les 7 personnes arrêtées ont été relâchées, mais la famille Veten continue d’occuper le terrain sous la protection active de monsieur le préfet monsieur Isselkou ould ohamed Sghair. 
Affaire à suivre… 
Bocar Oumar BA
Crédit source : http://www.kassataya.com

Série ​des biographies des 13 détenus d’IRA : Diop Amadou Tijane, Vice-président de IRA

«Au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat »
Le dicton dit qu’un «con qui marche va plus loin qu’un intellectuel assis». L’évolution du monde s’est bâtie à coups de sacrifices pour un idéal qui transcende l’humain. Diop Amadou Tijane est, d’après ses amis et proches, «de la trame de ses intellectuels qui ont fait de la lutte pour les droits humains un sacerdoce, troquant la tranquillité d’une chaire d’Université aux rudesses d’une cellule de prison à Dar Naïm ». Condamné à 15 ans de prison le 18 août 2016 pour son implication présumée dans des troubles sociaux à Nouakchott (Affaire de la Gazra Bouamatou), Diop Amadou Tijane, qui est vice-président d’une organisation antiesclavagiste IRA,  «rejoint ainsi le Panthéon des grands combattants de la liberté et des causes justes » selon ses partisans. Mais pour le ministère public et la justice mauritanienne, «sa condamnation est amplement justifiée par son implication en tant que planificateur des violences dans l’affaire Bouamatou ». Parmi ses anciens amis d’IRA qui ont fait défection, notamment Dr.Saad Ould Louleid, «il fait partit de l’aile flamiste qui s’est emparée d’IRA pour déstabiliser la Mauritanie». 
Professeur à l’Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration des Entreprises (ISCAE) et au Sup Management ISIKOUMINIK de Nouakchott et ISI de Dakar, cadre auditeur de plusieurs institutions financières mauritaniennes et sénégalaises, Diop Amadou Tijane est membre de plusieurs ordres d’experts fiscaux, doctorant à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et détenteur de plusieurs diplômes supérieurs, dont un DEA en droits des affaires économiques, un diplôme spécialisé en Ressources Humaines, un DESS en Audit comptable fiscal et financier et un DESS en gestion option Finances, après une maîtrise en Analyse économique décroché à l’Université de Nouakchott.

Le combat politique



Diop Amadou Tijane a entamé le combat politique sur les bancs des universités pour avoir été plusieurs fois délégués des étudiants, puis vice-président de l’AMESE (Amicale des étudiants en Sciences économiques en 1996), président de l’association JEUN (Junior entreprise université de Nouakchott en 1997) et puis, président de la Commission d’organisation de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar en 2000.

C’est en 2003, que Diop Amadou Tijane se lancera dans la politique informelle, en présidant le Collectif pour le Changement et l’Alternance (CCA), un mouvement de cadres mauritaniens pour le soutien de la candidature de Mohamed Khouna Ould Haïdalla. Durant cette présidentielle de 2003, il fera partie du directoire de la campagne de la jeunesse du candidat. En 2007, il co-préside en tant que vice-président, le Mouvement pour la Réconciliation Nationale (MRN) pour le soutien du candidat Ibrahima Moctar Sarr à la présidentielle de la première transition démocratique en Mauritanie.

C’est d’ailleurs au cours de la même année qu’il entrera d’une manière plus formelle dans le combat politique, en devenant vice-président de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie-Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR) que Sarr Ibrahima venait de créer, lors de son 1er congrès des 17 et 18 août 2007. L’année suivante, il est élu président de la Commission nationale d’implantation du parti.

Du combat politique aux droits sociaux



Délaissant le terrain de la lutte politicienne, Diop Amadou Tijane s’engage dans le combat pour les droits sociaux. Il rejoint le mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) un peu après sa création, en 2009, en intégrant le premier bureau exécutif du mouvement en tant que Secrétaire chargé des relations avec la diaspora. 

«Au moment de la création de l’IRA, j’étais vice-président de l’AJD/MR » raconte-t-il, soulignant avoir adhéré à ce mouvement par conviction. «C’était l’organisation qui me paraissait à l’époque la seule à répondre à mes exigences de lutte contre toute forme de discrimination et qui de surcroît véhicule le message de mon idéal pour la Mauritanie, un pays débarrassé de toute forme d’injustice et d’exclusion » fait-il remarquer. En plus, Diop Amadou Tijane ajoute que IRA «recoupait une de mes vertus car j’ai l’habitude de dire que j’ai trois vertus : je crois en Allah, je crois en l’amitié et aux valeurs humaines, j’ai horreur de l’injustice et de la discrimination». Ainsi, pour lui, «au-delà de l’horreur de la discrimination, se cache ma volonté d’aspiration à l’humanisme qui s’impose dans le cadre de mon combat».

Ce n’est qu’en 2014, que l’opinion publique nationale découvre Diop Amadou Tijane. Il avait pris en main la Direction nationale de la campagne du candidat Birame Dah Abeid à la présidentielle boycottée à l’époque par l’opposition. Il termina en 2ème position, juste derrière le Chef de l’Etat sortant, créant la surprise.

Depuis lors, Diop Amadou Tijane est à l’avant-garde du combat mené par le mouvement IRA contre l’esclavage, les discriminations et les injustices sociales. Invité plusieurs fois sur les plateaux des télévisions privées, «il a su déployer un talent d’orateur hors pair, avec la modération et la retenue propre à l’intellectuel qu’il est » reconnaît ses amis d’IRA.

Lors de l’emprisonnement et la condamnation de Birame Dah Abeid et de son vice-président Brahim Bilal Ramadan le 15 janvier 2015, suite à la «Caravane contre l’esclavage foncier », il participa sans ménagement au combat pour leur libération, animant toutes les conférences de presse à côté du collectif des avocats de la défense. Il fut l’un des rares cadres du mouvement IRA qui n’a jamais intéressé les limiers du pouvoir, jusqu’à ce fatidique 29 juin 2016.

Son arrestation telle qu’il la raconte



«La journée du 29 juin, j’étais en train de travailler dans mon bureau jusqu’à ce qu’on m’apprenne par un coup de fil d’un ami, Thierno Barro, que quelque chose se passait en face de l’hôpital ophtalmologique Bouamatou. Je suis resté dans mon bureau jusqu’à 16 h 30 mn avant d’aller donner mon cours à ISIKOUMINIK. Je n’étais pas véritablement informé des événements dont m’avait parlé mon ami Barro. Le lendemain à 8 h sans mandat, six personnes vêtues en civils font irruption dans ma maison et me demandent de les suivre puisque je suis en état d’arrestation. Avant de me conduire vers une prison secrète conçue spécialement pour des terroristes. Une fois dans ma cellule, mes pieds étaient ligotés par des chaines et cadenas et 3 portes blindés se refermèrent derrière moi ».

«Plus magistral fut son intervention devant la Cour, pendant ces deux semaines de procès au cours desquelles, tant de procédures furent bafouées et tant de compromission furent dévoilées » fera remarquer son ami Wane. Le verdict du 18 août 2016 était pour lui bien clair. «Il est dicté par l’Exécutif qui commande le judiciaire dans tous les procès politiques ». Ce verdict, selon lui, vise «à entraver la liberté d’action du mouvement IRA et limiter la portée de sa légitimité politique ». Peine perdue, relève-t-il en substance, «car lui et ses camarades de cellule, sont déterminés à poursuivre leur combat et que rien ne saurait compromettre notre détermination à le poursuivre» dira-t-il.
Ce Rossossois d’origine Maghaméen



C’est le 16 février 1969 que Diop Amadou Tijane a vu le jour à Rosso. Son père, Diop Abou Demba, y servait comme instructeur au centre de formation militaire. Après sa retraite en 1974, la famille rejoignit son terroir d’origine, Maghama à l’autre bout du Fleuve Sénégal, pour s’y établir définitivement. Le petit Diop Amadou Tijane, comme tout bon Foutanké devait suivre l’apprentissage du Coran dans l’école de Thierno Saidou Ourdougal (Paix à son âme).

L’année suivante, il fit son entrée à l’école primaire de la ville tout en continuant ses études coraniques pendant sept ans, jusqu’à son entrée en 1ère année de collège. Dans la filière technique du lycée de Maghama, il sort major de tout le département.

Diop Amadou Tijane a toujours été fier de son père, Diop Abou Demba qui avait servi avec loyauté et abnégation son pays, la Mauritanie. Né en 1930 à Maghama, Diop Abou Demba s’était engagé à l’âge de 20 ans dans l’armée française. Après sa formation à Dakar Bango à Saint-Louis du Sénégal, il sera embarqué vers la France et participa à la campagne du Vietnam dans les années 1954. De retour en Mauritanie, il servit au sein de l’armée nationale, à Bir-Moghreïn puis à l’Etat-major des forces armées, surtout au centre de formation militaire de Rosso comme instructeur spécialisé en artillerie lourde. Plusieurs générations d’officiers et de sous-officiers sont ainsi passés entre ses mains, à l’image du colonel Cheikh Sid’Ahmed Babamine qui le remplacera plus tard dans son poste.

L’adjudant-chef Diop Abou Demba sera brutalement frappé de cécité et sort des rangs alors qu’il n’avait que 44 ans. Il fut admis d’office à la retraite. Parmi ses promotionnaires de l’armée nationale, le colonel Anne Amadou Babaly, dont Diop Amadou Tijane porte d’ailleurs le nom, mais aussi Yall Abdoulaye, Souedatt, Niang Ibrahima…D’autres parmi ses promotionnaires ont trouvé la mort durant la guerre du Sahara. Au niveau africain, Diop Abou Demba a eu comme promotionnaires de futurs Chefs d’Etat, comme Moussa Traoré du Mali, Aly Seybou et Seyni Kountché du Niger, André Collimba et Jean Bedel Bokassa de Centre Afrique ou encore Mathieu Kerekou du Bénin. 

Diop Amadou Tijane est décrit par ses amis et ses collègues comme un patriote qui aime son pays, d’où son refus de succomber aux sirènes de l’expatriation alors que son back-ground lui offre grandes ouvertes les portes des universités à l’étranger. Ce père de deux enfants, a toujours été écartelé entre son idéalisme politique et son rigorisme scientifique. Du haut de ses 1,80 mètre, «ce grand garçon à l’air toujours jovial est plus présent sur le terrain de la réflexion et du management que sur celui de l’action » selon ses proches. «C’est un ouvrier de l’ordre social qui ne met pas directement la main à la pâte, mais conçoit l’architecture à bâtir» souligne son ami Konté. De là à associer Diop Amadou Tijane à une quelconque action violente, tous les avis sont unanimes. Sow Alioune, son camarade de combat au sein de l’IRA est formel, «Diop Amadou Tijane n’est pas un homme de terrain, et tout comme les membres de notre organisation IRA, notre combat s’est toujours inscrit dans la non-violence et l’action pacifique ».

La thèse des détracteurs



Les détracteurs du mouvement IRA sont nombreux et les plus hargneux sont, paradoxalement, leurs anciens amis qui ont fait défection. Ces derniers considèrent que le mouvement IRA a été récupéré par les Halpulaars flamistes pour d’une part, en faire un subtil tremplin pour leurs candidats à l’émigration et d’autre part, pour en faire une arme de vengeance contre les Maures. Ces derniers sont tenus comme responsables à leurs yeux des épurations ethniques qui ont particulièrement visé leur communauté durant les années de braise. Diop Amadou Tijane est ainsi cité par ses détracteurs comme l’un «des Flamistes, artisans du complot visant à déstabiliser l’Etat mauritanien en préparant les terreaux de la guerre civile sur la base des tensions ethno-communautaires en se servant du mouvement IRA comme cheval de Troie». 

Dr.Saad Ould Louleid, ancien porte-parole du mouvement IRA, a publié plusieurs diatribes sous forme de déballage, révélant ce qu’il considère être «les secrets coupables du mouvement IRA ». Pour prouver le double jeu du mouvement sur le plan international et sur le plan national, il a personnellement accusé Diop Amadou Tijane d’avoir perçu lors de la campagne présidentielle de 2014 un montant de 7 millions d’UM versés par des proches du pouvoir pour soutenir la campagne de Birame Dah Abeid. 

Durant son réquisitoire pendant le procès sur «l’affaire de la Gazra Ould Bouamatou » qui a valu à Diop Amadou Tijane une peine de 15 ans de prison, le Ministère Public accuse ce dernier d’avoir été l’un des planificateurs des troubles ayant conduit à l’attaque contre les policiers, attaque qui s’est soldée par la blessure de plusieurs policiers (dont certains dans un état grave) et l’incendie de leur véhicule.  

Thèse que la défense a balayé d’un coup de toge, estimant que non seulement, les preuves de telles accusations étaient inexistantes mais aussi que la Cour a commis deux fautes de procédure, en violant d’abord l’article 278 du Code des procédures pénales qui interdit l’introduction de tout matériel photo ou audiovisuel en salle d’audience, et ensuite, de n’avoir pas pris les dispositions prévues par la loi sur la torture, en refusant de prendre en compte les plaintes déposées par Diop Amadou Tijane et ses compagnons pour sévices et traitements cruels inhumains dégradants.

Crédit Source : Cheikh Aidara, journaliste via la page Facebook les 13 détenus d’IRA 

​COMMUNIQUE CONJOINT COALLITION LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE AU MALI-IRA


L’an deux mille seize et le 31 Aout s’est tenue au siège de Temedt à Bamako une rencontre entre la coalition de lutte contre l’esclavage au Mali regroupant une centaine d’associations et d’ONG de lutte pour les droits et une délégation de l’IRA conduite par son Président M. Biram Dah Abeid.

Les représentants de la Coalition après avoir écouté le Président de l’IRA qui a développé la situation des droits humains en Mauritanie a tiré les conclusions ci-après :

– Elle demeure sérieusement préoccupée par la situation des Défenseurs des Droits Humains en Mauritanie.

– Elle est particulièrement consternée par l’incarcération de 13 membres de l’IRA qui n’ont rien fait que de défendre suivant la loi de leur pays les victimes de l’esclavage.

La Coalition nationale de lutte contre l’esclavage au Mali réaffirme son soutien à l’IRA dans sa lutte contre l’Esclavage en Mauritanie et demande au Gouvernement mauritanien :

– De libérer sans délai les membres de l’IRA en prison.

– Mettre fin à toutes formes d’exaction, d’intimidations et de menaces contre les défenseurs des droits humains, singulièrement, ceux qui luttent contre l’esclavage.

– Permettre la jouissance totale du droit à la liberté d’association, de réunion, de manifestation, d’opinion et autres droits de l’Homme connexes à toutes les organisations, politiques y compris, conformément aux dispositions constitutionnelles et aux engagements internationaux de la Mauritanie.

Liste des Organisations membres Coalition nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

N° Structure Localité Contact

1 Temedt Bamako 76 39 90 05

2 UFMDD Bamako 76 47 38 87

3 CAFO Bamako 63 78 40 28

4 Confession Religieuse Bamako 76 23 74 85

5 Journal Le Républicain Bamako 76 41 94 08

6 APAFE MUSOW DEMBE Bamako 66 58 47 24

7 Radio Kayira, Bamako 76 03 40 82

8 AMDH Bamako 66 63 32 32

9 RJPRODH Bamako 66 55 08 27

10 CAD/Mali Bamako 66 71 42 85

11 LJDH Bamako 76 02 50 71

12 AJM Bamako 66 78 82 13

13 FECONG Bamako 66 71 26 24

14 Journal Info Matin Bamako 76 43 97 92

15 CNDH Bamako 66 81 90 38

16 FOSC Bamako 66 75 26 24

Bamako le 31 Août 2016

La Coalition Nationale de lutte contre l’Esclavage au Mali

30-08-2016 18:00 – L’esclavage dans les espaces villageois Soninkés du Guidimakha



UFCM
– Cet article est les résultats des enquêtes de terrain par observation, entretien et vécu. Il traite la question de l’esclavage en Mauritanie particulièrement chez les Soninkés dans la région du Guidimakha. Le Guidimakha, 10ème région de la Mauritanie, est constitué de soninkés, peulhs et maures.

Selon différentes statistiques administratives montrent que les soninkés sont majoritaires dans cette région. Il est composé aujourd’hui des villages ethniques et tribaux dont le nombre reste indéterminé car de nos jours de nouveaux villages apparaissent ; de trois départements et une capitale régionale (Selibaby).

L’idée pour répondre à cette question jaillit à travers un certain nombre de thèses qui opposent trois groupes les anciens esclavagistes, le pouvoir et les anciens esclaves. D’une part, les anciens esclavagistes disent que l’esclavage n’existe pas.

D’autre part, les institutions modernes de l’Etat, c’est-à-dire le pouvoir conteste l’existence de l’esclavage et parle des séquelles ce qui ne l’empêche pas de faire de lois antiesclavagismes. En fin, les anciens esclaves parlent de séquelles et de la pratique de l’esclavage. Tels sont les principales thèses dont cet article tente de répondre dans la région du Guidimakha.

Bref, il s’agit dans ce travail, de présenter la situation de l’esclavage dans la région du Guidimakha. Pour traiter la question de l’esclavage, nous nous somme intéressés à définir qu’est ce qu’un espace villageois soninké contemporain, ensuite les coutumes (les lada) et, les railleries et les plaisanteries chez les soninkés.

Un espace villageois soninké contemporain

Un village soninké contemporain est dirigé par le chef de village. Les villages précoloniales, les chefs étaient entouré par des ainés composé de notables, parents et issu de statu libre « Horo », de clients « Nyaxamala » des esclaves de confiances « Komo-khoro ».

Les traditions politiques et sociales remontent aux anciens royaumes et consistent essentiellement en une légende portant sur la formation, la richesse et une série de dyamu (patronymes claniques) et des titres attachées aux fonctions dirigeantes. L’espace villageois soninké contemporain est composé que des soninkés fermés sur eux mêmes, descendant d’un même ancêtre commun où plus généralement ayant une même origine, possédant une culture homogène et parlant une langue commune, et également une unité politique. La manière de penser, d’agir et de sentir, de ses membres est basée sur le système traditionnel.

L’appartenance à un village contemporain soninké dépend de la filiation patrilinéaire. La tribu et le clan ne permettent plus d’habiter à un village soninké. La terre est une propriété collective chez les soninkés malgré que la loi de 83 aboli les propriétés traditionnelles. Les villages soninkés institutionnalisent les lada pour que l’esclavage demeure.

2. Les coutumes (les lada) comme système d’institutionnalisation de l’esclavage chez les soninkés

Selon le dictionnaire Toupie : « une coutume est un usage établi devenu une règle, une pratique collective. Elle peut concerner les mœurs, la manière de vivre d’une société, les croyances, la culture, les comportements dans certaines situations, discours, etc. ».

De nos jours, les fonctions sociales chez les soninkés sont reparties entre les individus selon le statut et le rang social. Les villages sont dirigés par la chefferie traditionnelle et l’imamat reste toujours une propriété d’une famille où d’un clan.

Si les autres n’ont pas accès ces fonctions, forcement il y a une cause et une croyance derrière ce refus. Dans son ouvrage anthropologie de l’esclavage 1998, Claude Meillassoux affirmait qu’« il n’y a esclavage en tant que système social, que s’il se constitue une classe distincte d’individus relevant d’un même état et se renouvelant de façon continue et institutionnelle, de telle sorte que les fonctions que remplit cette classe étant assurée en permanence, les rapports d’exploitation et la classe qui en bénéfice ce renouvellement aussi, comme telles, régulièrement et continûment ».

Soulever la question de l’esclavage un milieu soninké comme d’ailleurs chez tout le peuple mauritanien brule de lèvres et fait des réactions très vives souvent même considérée comme un crime, un pêché, etc. Celui qui parle de l’esclavage, il est l’ennemi, le criminel et celui qu’il faut éliminer pour l’Etat et les esclavagistes.

Qu’en est-il de l’esclavage chez les soninkés ? Les réponses liées aux questions de l’esclavage sont mystiques chez les soninkés : « hado o’wara kundu » – hado c’est à dire ’vous’’ ; c’est vous est l’ennemi qui parle de l’esclavage et o’wara kundu veut dire laissez nous ainsi.

La réponse est : O’kou komakhou n’to makha – il n’y a pas d’esclavage. En effet, la seconde réponse qui suive généralement est : O’kou ladalemakhou yani o’makha ta – ce qui veut dire – Il n’y a que les coutumes.

Meillassoux ajoutait que pour « concevoir l’esclavage comme système, c’est-à-dire éventuellement comme mode de production, il faut qu’il y’ait continuité des rapports esclavagistes, donc que ces rapports se reproduisent organiquement et institutionnellement d’une manière telle qu’ils préservent l’organisation sociopolitique esclavagiste, donc qu’ils mettent en relation des groupes sociaux dans un rapport spécifique et sans cesse renouvelé, d’exploitation et de domination ».

Le système social soninké est pensé comme un idéal. Les soninkés disent : soninkakhou n’me tadou : ce qui veut dire qu’il n’existe pas un modèle pareil à celui de soninké où même un système qui peut égaler à leur système. Ce qui est tout à fait normal. Je ne sais pas où veulent-ils trouver un système social comme celui de soninkés si ce n’est pas chez les soninkés ? Ils disent aussi : O’kou soninko barékanianoya : ce qui veut dire les soninkés sont un peuple béni. Ce qui est une folie totale. Les autres sont maudits.

Quelques éléments du système social soninké : La phrase qui marque le plus est : khoro on tokho o’mokho bawoni o’mokho ké minta dou : ce qui veut dire : rester comme ils sont et parce qu’il n’existe aucun modèle qui peut égaler à le leur. Qu’en est-il vraiment de ce système ?

Le système social soninké a ces tunkalemmu, modilemmu, komolemmu, diarilemmu, et tagalemmu. Dans ce groupe chacun doit occuper une fonction particulière dans la société soninké. L’enfant est son père. Il est son père parce qu’il doit faire et accepter ce que son père fit. Avoir un père tunkalemé, komolemé, diarilemé est refusé d’être cela, signifierai pour les soninkés n’est pas reconnaître son père. Certains aillent jusqu’à dire si tu ne veux pas être un modilémé, un komolemé, un diarilémé, etc. il faut changer de père. Une personne qui a toute sa conscience ne parlera pas ainsi certainement.

La danse et les instruments de musique sont permis pour le folemmu ce qui veut dire les êtres inférieurs. Un tunkalemmé peut danser ça passe. Les modililemmu sont interdits à danser, toucher aux instruments de musique, etc. ils doivent être dans les écoles coraniques, la mosquée, etc.

D’où viennent ses ordres qui disent que tel doit frapper le tam-tam, tel doit danser, tel doit être à la mosquée. Ce ne sont certainement pas des ordres qui viennent d’Allah, étant donné que la région dont il est question est musulmane. Il s’agit d’une pire folie.

Les mots grossiers sont autorisés pour les griots, les forgerons, les komos et quelques tunkalemmu. Nous vivons dans quel monde pour faire croire de telles âneries.

Il est tout à fait normal et légitime qu’ils disent qu’on ne trouvera pas une société comme la leur. Comment les soninkés veulent-ils avoir une telle société inégalitaire ailleur si ce n’est pas chez eux. Le socialiste Joseph Fourrier et le communiste Karl Marx ne disaient-ils pas que toute différence est une inégalité et qu’il faut les supprimer. Quant à l’utilitariste Bentham disait la différence se justifie par le travail, le talent et la réussite. On supprime les inégalités qui si elles altèrent l’optimum commun.

3. Les blagues et les plaisanteries comme normalisation de l’esclavage chez les soninkés

Dans son ouvrage intitulé La psychopathologie de la vie quotidienne, Freud étudie un ensemble de faits et gestes jusque là considérés comme gratuits et insignifiants mais qui se révèlent très importants dans la compréhension des conflits de la personnalité. La théorie des actes manqués a permis de mieux comprendre l’homme qui est un être extrême complexe.

Les plaisanteries se manifestent sous la forme de propos satiriques destinés à faire rire. Cet aspect fait la plaisanterie est le plus souvent perçue comme un moyen de détendre les individus. Freud va démonter que la plaisanterie une manière socialement acceptée et codifiée de dire ses intentions et ses aspirations les plus profondes.

Les blagues sont aussi une forme de railleries sans méchanceté, ce caractère leur ôte toute forme de condamnation. Freud va pourtant démonter également que les blagues sont une manière voilée de dire la vérité, qui, si elle était sans voile serait condamnée socialement ou moralement.

Quelques exemples des plaisanteries et des blagues :

n’komolémé li yéré : mon esclave vient ici. n’komé ! mon esclave !

n’komé hatayé débéri : mon petit esclave fait du thé.

koudé an kama wa séféné : tais toi ton maître parle.

komé do andiri ani i kama koutanaya : un esclave avec une maison un béton va contredire son maitre.

koudé an komé séré man tiridi : tais-toi, on ne t’a pas sonné esclave.

an ké komé niani : toi t’es un esclave

komé féti goundalema : n’est pas parlé les secrets avec un esclave.

komé féti soukalé sobé : l’esclave n’est pas un bon compagnon.

komé khani man tou : quel rapport entre esclave et le savoir.

Eh diarré garé wara : griot arrête de mentir.

modi n’do delilé : marabout avec un pouvoir sacré

kagoro digammé : parole de guerrier

modi n’do goundo : marabout avec les secrets

C’est vraiment fatigant et insensé d’entendre ça tous les jours. Tellement de choses insensées, insultantes, inhumaines et humiliantes qu’on attend tous les jours et on laisse passer sans rien dire. C’est vraiment la honte. Il ne s’agit pas de simples blagues où plaisanteries mais une manière de pouvoir exprimer une croyance.

En vérité, les soninkés sont la pire de l’espèce humaine attaché à l’esclavage, aux pratiques esclavagistes, à de mythes et à de pouvoirs imaginaires. Le rappel de la conscience collective est rappelé par les griots font de tous les descendants d’un guerrier à des guerriers, d’un marabout à des marabouts, d’un esclave à des esclaves. Alors que ces descendants guerriers ne peuvent maint pas maniés une arme, où encore ces descendants de marabouts ne peuvent maint pas lire un verset du coran.

Ils utilisent les plaisanteries et les blagues pour exprimer leurs intentions et leurs croyances les plus profondes. A travers les plaisanteries et les blagues ; ce que quand soninké est capable d’exprimer des anciens esclaves et de lui faire faire, c’est vraiment de l’inacceptable qui est devenue acceptable. Les deux techniques de langage voilent la vérité sur l’esclavage et permettent de traiter quelqu’un d’esclave et le faire travailler sans salaire.

En conclusion, la situation en Mauritanie est très urgente. Les pratiques inhumaines tuent la société mauritanienne. L’immobilité sociale est devenue la norme puisque considérée comme la norme, devenue naturelle et perpétuelle. Chaque citoyen doit prendre compte de la gravité de la situation du pays.

Signé : B.D


Crédit source : http://www.cridem.org 

​Antiesclavagiste : l’activité la plus criminelle en Mauritanie !

Il n’est pas bon d’être défenseur des droits de l’homme en Mauritanie. Il est encore plus dangereux d’être un défenseur des droits de l’homme antiesclavagiste. C’est le crime le plus élevé en Mauritanie. Pire que l’assassinat en série et à l’atteinte à la sûreté de l’Etat. Appartenir à une organisation comme IRA qui lutte contre l’esclavage, le racisme et la discrimination, c’est pire qu’appartenir à Al Qaïda au Maghreb Islamique, pire qu’être égorgeur en série au sein de Daech, Un dealer, trafiquant de drogue, un meurtrier multirécidiviste est un enfant de cœur à côté d’un militant d’IRA.

En Mauritanie, violer une fillette de 2 ans et l’étrangler à mort est mieux que lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination. Etre cambrioleur, braqueur de banque, faire l’inceste est encore mieux. Il est encore mieux de voler 12 milliards d’UM d’engrais et les remplacer par des ordures. Il est mille fois mieux encore de demander une rançon pour livrer un exilé politique réclamé par son pays pour le guillotiner. Il est enfin dix mille fois mieux d’utiliser les devises de la Banque centrale pour s’acheter des appartements au 18ème arrondissement à Paris, à Dubaï, à Casablanca et à Rabat, que de militer au sein d’IRA.

il est incroyable que d’un coup, tout le bureau politique d’une organisation reconnue pour sa lutte non violente, tombe dans le piège d’une manifestation où des policiers sont tabassés à mort et leur véhicule incendié. Mais le scénario  ficelé pour en finir avec IRA est si grossier que n’importe quel apprenti investigateur peut le sentir de loin.

Quel est le postulat de départ : en finir avec IRA. Pourquoi ? Parce que cette organisation est active sur le terrain de la dénonciation aussi bien sur le plan intérieur qu’à l’extérieur. Elle est le cauchemar de l’Etat mauritanien devant toutes les commissions internationales des droits de l’Homme. Pire, ses dirigeants n’acceptent ni les villas, ni les postes cossus, ni les comptes garnis en banque pour renoncer à leur combat. Que faire ? La décapiter. Qui devra s’occuper de la tâche ? Un ancien génocidaire rompu dans les plans scabreux et, fort d’une expérience récoltée dans les bases militaires, transformées dans les années 90 en laboratoire pour des épurations ethniques. 

Voilà le scénario tel qu’il a été concocté pour en finir avec IRA. Las des défections et des dissidences fortement monnayées qui n’ont pas donné les résultats escomptés, on passe à la vitesse supérieure. On utilise un homme peu scrupuleux et on l’injecte à l’intérieur d’IRA, le temps qu’il s’imprègne de la machinerie d’IRA Cet homme joue bien son rôle et se montre encore plus radical que l’ensemble de ceux qui l’ont précédé au sein du mouvement. Sa mission achevée, il se met à déballer des révélations bien cousues en main que la presse à la solde du système sert de tribune. Puis, arrive l’heure H.  Un nombre restreint de personnes est impliqué, quelques administrateur et chefs de corps, avec l’aide de la Taupe. Il s’agit de provoquer les habitants d’un bidonville. La Taupe organise sa troupe, tous enturbannés. Ces derniers s’invitent sur le terrain de l’opération sise à la Gazra Bouamatou. Le reste est facile à deviner. «Les enturbannés blancs » visibles dans les photos publiées lors des émeutes, excitent les jeunes de la Gazra puis passent à l’action. Quelques policiers se laissent tabasser, abandonnent leur véhicule, un car antédiluvien tout bon pour la casse, pour que les «émeutiers » commandés puissent y mettre le feu. Puis, quelques policiers sont «internés à l’hôpital » le temps d’une prise d’images. Le soir, le Wali de Nouakchott-Nord, sort à la télé publique pour la deuxième partie du scénario. Face à une opinion indignée par ce qui vient de se passer, il désigne le mouvement IRA à la vindicte populaire. D’où tient-il ses preuves ? Mystère et boule de neige. Les jours suivant seront marqués par des vagues d’arrestation. Le hic, c’est qu’au lieu de cibler les militants d’IRA actifs sur le terrain de la protestation et dont l’appareil sécuritaire détient les identités, le couperet s’abat sur les membres du Bureau exécutif, des gens qui n’ont jamais investi le terrain. Diop Amadou Tijane, Hamady Lehbouss, Mohamed Hamar Vall, Balla Touré, Lô Ousmane, Anne Ousmane, n’ont jamais participé à des manifestations organisées par IRA. Qu’importe ! L’essentiel pour le pouvoir mauritanien, c’est de décapiter IRA en visant ses plus hauts cadres, n’importe le subterfuge qui sera utilisé.

Arrêtés sans mandat d’un juge, leurs domiciles et lieux de travail seront perquisitionnés. Ils subiront une garde-à-vue de plus de dix jours, dans des lieux autres que ceux fixés par la loi, c’est-à-dire dans des commissariats. Là, ils subissent les pires tortures, alors que la Mauritanie a ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains dégradants ainsi que son Protocole. Mieux, elle a érigé la torture au rang de crime contre l’humanité inscrite dans sa Constitution et mis en place un Mécanisme national de prévention contre la torture dont les membres ont prêté serment.

La dernière partition de ce drame qui devait consacrer la fin du mouvement IRA, a été jouée jeudi 18 août 2016. Après quinze jours de débats stériles, marqués par les pires violations des procédures judiciaires, et en l’absence des avocats, la Cour pénale a décidé d’infliger des peines de 15 ans à cinq militants d’IRA, les autres écopant entre 3 et 5 ans. De pauvres pères de famille, dont le seul crime est d’avoir choisi de lutter contre l’esclavage, le racisme et la discrimination raciale. Cette mascarade de procès doit être dénoncé par tous les hommes épris de justice. Encore une fois, c’est l’image de la Justice mauritanienne, de sa partialité et de son inféodation au pouvoir politique, qui est salie face au monde qui la regarde. Pas étonnant dans ces conditions que le capital international ait peu de confiance en ce pays et qu’il devient de jour en jour connu à l’étranger comme un Etat esclavagiste et raciste.

Crédit source : Posting Page Facebook du journaliste Cheikh Aidara 

24-08-2016 14:00 – Urgent : Balla Touré extrait de la maison d’arrêt de Dar Naïm




Le Calame – Condamné à cinq ans de prison « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue », le jeudi dernier à l’issue d’un procès qualifié par les avocats et les observateurs de « mascarade judiciaire », le secrétaire aux relations extérieures de IRA Mauritanie, Balla Touré vient d’être extrait de la prison de Dar Naïm par la police.

Il a été conduit ce mercredi (24 aout) matin vers une destination inconnue. Les conseils des détenus n’avaient pas été informés. Ses collègues de cellule qui ignorent les motifs de cette extraction s’inquiètent.
Crédit source : http://www.cridem.org