​Le procès d’une vingtaine de personnes (harratines)

Le mouvement EL HOR qui a suivi avec beaucoup d’attention le procès d’une vingtaine de personnes (harratines) dont 13 membres d’IRA, le verdict  tombé le mardi 19 AOUT 2016 avec de très lourdes peines allant de 5 à 15 ans d’emprisonnement.

Ce procès avec ses lourdes peines constitue un acte d’une gravité extrême qui sans doute aura des conséquences fâcheuses sur la cohésion nationale; comme sa prouve une volonté manifeste du régime de briser la volonté des harratines à se libérer, à s’émanciper et à recouvrer leurs droits afin qu’ils restent sous le joug des maures, assujettis à l’esclavage dans ses pires formes, exclus et relégués au second plan, ce que les harratines rejettent d’embler.

Ces lourdes peines non justifiées dévoilent davantage les visés du régime d’apartheid de Mauritanie qui, jour après jour nous montre son vrai visage et le mépris qu’il nourri en vers les harratines, ceux là qui luttent pour la liberté, la dignité, le droit et la reconnaissance de leur particularité spécifique.

 

Mohamed Ould Abdel Aziz soutenu par les nationalistes arabes étroits n’a jamais caché ses velléités contre la communauté harratine.

Nous disons à ceux là qu’ils sont entrain de jouer avec le feu et de détruire le fondement de l’état par une vision basée sur le racisme, l’exclusion, la discrimination, la non reconnaissance de l’autre et de ses droits fondamentaux.

Nous rappelons à ceux là que la Mauritanie n’est pas plus arabe qu’africaine de part son positionnement géographique de trait d’union entre le monde arabe et l’Afrique, les liens séculaires, culturels, civilisationnels et historiques sont assez profondes que la tenue à Nouakchott d’un sommet arabe ne peut pas  étouffer comme on a tenté de faire dans une oblique de purification ethnique et raciale.

Ce qu’il faut également comprendre que les harratines ne serviront plus d’appendis des maures, mais un partenaire en tant qu’une composante nationale ayant sa particularité et ses droits particuliers à en  jouir en toute plénitude.

Le mouvement EL HOR dénonce vigoureusement ces peines comme il dénonce et condamne avec force les tortures infligées à ces personnes de manière atroce.

 

EL HOR estime qu’il s’agit là d’une situation inacceptable et exige par voie de conséquence que ces personnes soient libérées car le jugement n’était pas libre, les procès-verbaux de polices sont triqués, les preuves matérielles présentées sont aussi triquées, les détenus ont été sauvagement torturés et brutalisés, bref une opération louche et malsaine, visant à faire taire la voix des opprimés pour les faire renier à leur juste lutte.

 

A BAS le système esclavagiste, A BAS la discrimination et le racisme.

 

POUR  EL HOR

LE COMITE CENTRAL                                                                                                               Nouakchott, le 22 Août 2016

​Déclaration : Un simulacre de procès


Treize militants abolitionnistes « iraouis » , adeptes de la lutte non violente, viennent d’écoper de lourdes peines de prison ferme, qui de 15 ans, qui de 5 ans et d’autres de 3 ans. Avec  eux, sept habitants de « Edbaye Ould Bouamatou » se voient infliger des peines similaires. Ces militants antiesclavagistes et ces citoyens de quartiers pauvres de la Capitale vont rejoindre les jeunes du Mouvement du 25 février, condamnés à des peines du même ordre il y a quelques semaines. Ils iront peut être dans les cellules encore chaudes que viennent de quitter, il y a trois  mois, les autres dirigeants d’IRA à savoir son président Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Ramdhane. Ainsi vont les droits de l’homme sous le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, général putschiste ayant légalisé son forfait en se faisant élire puis réélire. 
 Ces peines, extraordinairement lourdes, ont été prononcées à l’issue d’un simulacre de procès où la police était juge et partie, les juges violaient les codes de procédure pénale et l’Exécutif se montrait ouvertement à la manœuvre.  Le procès s’était d’ailleurs terminé sans la présence du Collectif des avocats de la défense qui s’était retiré à la demande des prévenue et à la suite du refus de la Cour d’examiner la plainte pour actes de torture déposée par les détenus contre des officiers et agents de la police qu’ils avaient nommément désignés. La Cour s’étant déclarée incompétente alors que la loi lui fait l’obligation de recevoir de telle plainte.

 Devant la démesure des peines et face à ce qui paraît être un choix d’escalade trahissant la fébrilité du gouvernement de Ould Abdel Aziz, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) tient à porter à la connaissance de l’opinion ce qui suit:

 1- Nous saluons nos militants et célébrons leur courage, leur détermination et leur dignité face à l’injustice qui s’abat sur eux et sur leur famille. Vous n’êtes pas  les premiers et ne serez pas les derniers abolitionnistes que le régime esclavagiste et raciste du Général Ould Abdel Aziz a désignés comme cibles, cibles qu’il a systématiquement  ratées. Nos chaleureux remerciements et notre profonde gratitude vont au Collectif des avocats qui s’est spontanément mis en place pour défendre nos militants;

 2- les arrestations de nos militants, leur condamnation à des peines aussi lourdes ne changeront d’un iota notre détermination à déconstruire, jusqu’à la dernière pierre,  le système esclavagiste et à bâtir sur ses ruines une Mauritanie pour tous, juste, égalitaire et prospère. Cette détermination n’a d’égale que notre volonté à mener ce combat, comme nous l’avons toujours fait et notamment pendant les 18 mois de détention arbitraire de nos autres dirigeants, par les moyens de la non violence que nous garantit la Constitution;

 3- Nous exhortons l’ensemble des forces de l’Opposition, les personnalités libres et les institutions indépendantes à unir nos actions et à conjuguer nos efforts pour en finir avec un régime qui n’a que trop, tantôt pris en otage, tantôt en bouclier les uns et les autres pour perpétuer son emprise sur le pays et continuer à s’octroyer les avantages indus produits par le labeur des Mauritaniens. La lutte contre l’esclavage et le racisme est l’affaire de tous et ne peut être gagnée que par les efforts de tous;

4- Nous appelons nos militants à la mobilisation générale pour exiger la libération des détenus en utilisant toutes les formes de luttes pacifiques garanties par la constitution de notre pays.   
 Le bureau exécutif                                        

 Nouakchott le 20  août 2016

18-08-2016 15:51 – Procès des abolitionnistes : le propriétaire du terrain lève un coin du voile


Le Calame
– A la demande de la partie civile, la Cour Criminelle a procédé, mardi, à l’audition du propriétaire du terrain squatté par les populations haratines, à l’origine des affrontements du 29 juin dernier.

Cette audition, qui n’a pas excédé trois minutes chrono, a permis de lever certaines zones d’ombre. Le propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne contrairement aux pv établis par la police qui soutenaient le contraire.

Dans la même veine, il a récusé les assertions qui lui sont prêtées dans les PV dressés par la police qu’il dit n’avoir jamais paraphés. Réaffirmant le caractère spontané des regrettables affrontements du 29 juin dernier, il a estimé n’y avoir vu, en âme et conscience aucune main invisible d’aucune organisation dans cette affaire et ne pas connaître les militants abolitionnistes.

Il a soutenu être arrivé à un compromis avec les habitants de la gazra visant à leur départ du site après le mois du ramadan.

Déclarant entretenir de bons rapports avec les occupants de son terrain, il dit avoir versé un acompte de 6 millions sur les 12 prévus montrant à la cour les décharges. Il s’est déclaré surpris et choqué des violents affrontements et a fait remarquer n’avoir mandaté aucune autorité pour procéder au déguerpissement des squatteurs.
Crédit source : http://www.cridem.org 

​INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE:Bulletin d’information n°11


Le procès des militants d’IRA, vu de l’intérieur (Lundi 15 et mardi 16 août 2016)

 Comme prévu, le procès des militants d’IRA a repris son cours ce lundi 15 août 2016 par l’interrogatoire des 13 prévenus membres d’IRA. Les réponses des militants anti-esclavagistes furent claires, précise et pertinentes. Sans grande difficulté, ils ont réduit à néant les accusations de la partie civile s’appuyant sur les grossiers montages des services de sécurité visant à les impliquer et à impliquer la direction d’IRA dans cette affaire du quartier Bou ammatou.  Ils démontrèrent que le vrai danger encouru par la paix civile en Mauritanie vient de la multiplication de ces montages policiers qui sèment la discorde et brouillent les pistes et les esprits des simples gens.

 Cette première séance de la 3 ème semaine a été levée avec la promesse, donnée par la Cour, d’examiner la plainte pour torture introduite par Moussa Biram qui avait cité nommément les membres du groupe de policiers qui l’ont soumis aux sévices physiques pendant la semaine de sa garde-à-vue. Les policiers, selon Moussa, tenaient à lui faire avouer des faits dont il n’a aucune connaissance et qui sont tous liés à cette affaire du quartier Bou ammatou.

 Aujourd’hui, mardi 16 août, la séance s’ouvrait par les réquisitoires de la partie civile, qui réclame des millions de dommages et intérêts au profit de la partie qu’il considère être la victime. Puis la Cour s’est retirée pour statuer sur la plainte pour torture de Moussa Biram mais aussi sur la demande du Procureur pour qu’il soit autorisé à projeter un film dans la salle, demande que le Collectif des avocats de la défense avait récusée en évoquant l’article 278 du code de procédures pénales qui interdit, expressément, tous usages d’appareil d’enregistrement électronique à l’intérieur de la salle d’audience. 

 De retour de ses délibérations, la Cour annonça deux décisions. La première est le rejet de la plainte de Moussa Biram pour torture en évoquant sa propre incompétence à traiter de ce genre de plainte! La seconde décision autorise le Procureur à projeter son film en violation flagrante du code de procédures. A l’annonce de cette seconde décision, le Collectif s’est retiré en bloc suivi par le public composé essentiellement de militants d’IRA et des familles des prévenus.

 Suite au retrait de leurs avocats, la Cour a proposé aux prévenus de leur commettre d’autres avocats mais ces derniers repoussèrent cette proposition en bloc en signifiant au Président leur refus, désormais acté, de collaborer avec le Tribunal en l’absence de leurs avocats.

 Considérant tous ces développements, IRA envoie ses plus vives félicitations au Collectif des avocats pour la défense de ses militants pour leur vigilance et leur attachement au respect du code de procédure pénale en vigueur. IRA  regrette l’entêtement de la Direction de la Sûreté à obliger la Cour à suivre son plan machiavélique qui vise à impliquer injustement ses militants au risque de menacer la paix civile dans notre pays. Pourrait-on espérer que la Cour recouvre une partie de sa lucidité et corrige le tir?
La Commission de Communication                          

Nouakchott le 16 août 2016

17-08-2016 15:10 – L’éditorial de saheljournal : La police et moi



Sahel Journal
– Une interpellation ? Peut-être pas ? Mais une séance de questions incongrues et inopportunes, oui ! Et quelques heures de flottement pour savoir ce qu’il faut faire de moi.

Allait-il une fois encore grossir le rang des prisonniers non coupables ? Des coups de fils au patron … Mon identité ? Elle a été prise trois fois. C’est là le scenario de mes quelques heures avec la police que je m’autorise à écrire à mon ami Balla Touré, en prison pour avoir aimé sa patrie.

Cher Balla, tes deux petites fillettes se portent bien et ont compris l’absence de Papa. Tu les avais bien préparées. Mais ces visages innocents et pleins de vie réclament parfois Papa. Elles me demandent quand est-ce que tu vas venir et pourquoi on veut toujours te garder ?

Car toi à ton tour tu ne le feras jamais subir cela à quelqu’un. J’ai dis à M’Ma que tu es parti contribuer à requinquer l’image de la Mauritanie par la vérité et la sincérité des mots que tu utilises pour chaque personne, pour chaque action et à chaque occasion. M’Ma, sous le regard médusé de Coumba, demande pourquoi tu restes si longtemps si la Mauritanie ne veut pas t’entendre… l’innocence sensée des deux fillettes à la recherche d’un papa entre les griffes de l’oppresseur.

Mon ami, j’ai reçu votre message et je l’ai exécuté à la lettre.

1- prendre les clés de ton bureau, le siège de POPDEV que les policiers attribuent à IRA Mauritanie l’organisation dans laquelle tu es chargé des relations extérieures. Heureusement, ta maison tu l’as construite avant la création de IRA, sinon nos vaillants flics l’attribueront aussi à ce mouvement, comme ils qualifient tout opposant noir d’appartenir aux FLAM.

2- payer la facture d’électricité au gérant de l’immeuble. Cher ami, j’ai ouvert le bureau, ce vendredi 12 août 2016 au jeune et sympathique planton qui avait manifesté le désir de venir dépoussiérer le local qui est resté longtemps fermé. Je suis parti vaquer à mes occupations tout en lui promettant un retour rapide, ou, si je restais un peu longtemps, qu’il me fasse signe dès qu’il termine pour que je vienne le libérer.

Comme promis, je suis revenu sur le lieu. A la sonnerie, c’est d’autres personnes qui m’ont ouvert la porte. Je n’ai pas compris. Mais sachant que je ne me suis pas trompé de porte, j’ai avancé vers ton bureau au ralenti avec les poings fermés (référence à mes quelques leçons de wushu et wing chun… merci Maître Wagué). J’ai aperçu un homme basané et une femme en voile… Je me suis alors demandé si le jeune n’avait pas eu la visite d’un couple.

J’ai subitement aussi aperçu deux têtes que je connaissais : un commissaire et un brigadier-chef. Et la femme était une policière, secrétaire du commissariat Tevragh-Zeina I. Les autres individus en civil, je ne les connais pas. Ainsi, je venais de réaliser que ce comité d’accueil n’était autre que les éléments du commissariat Tevragh-Zeina I et de la DSE venus investir ton bureau. Ils m’attendaient.

Mon premier reflexe était d’envoyer un message à mon épouse pour lui dire que ce 12 août 2016 pourrait être le premier jour de mon arrestation avec comme délit «l’amitié». Tu me connais cher ami (je suis plus courageux que toi), avec sérénité et sans qu’il ne m’y invite, j’ai pris place en face du commissaire. En plus de la police, j’ai trouvé le jeune planton très secoué et hagard accompagné d’Alioune MBarka Vall venu faire photocopier la carte d’identité de sa femme et qui avait croisé le jeune sous l’immeuble.

Le commissaire a commencé par me demander ce que je faisais sur les lieux et surtout comment j’ai trouvé les clés ? A ces questions simples des réponses simples. « Mon commissaire, ici c’est le bureau d’un ami et frère (Balla Touré) et pour avoir les clés (les doubles), un coup de fil au planton avait suffi ». Combien de fois êtes-vous venu ici ? «Deux, trois, ou quatre fois je pense. J’ai pas une souvenance exact du nombre».

Le commissaire revient à la charge avec une question bizarre. A savoir ce que j’ai pris ou transféré du bureau. Je lui ai répondu : rien. Car je ne vois pas ce que je peux transférer de ce bureau et pour quelle utilité car j’ai tout ce qu’il faut dans mes bureaux.

Il demanda ma carte d’identité, nota mes numéros de téléphones et prit toute ma filiation. Il appelle son directeur et échange avec lui…

Auparavant, cher ami et frère, le commissaire s’est étonné de notre lien de fraternité, avec comme prétexte nos noms de famille. Et il pense aussi que nous n’appartenons pas à la même communauté, c’est dire que la police ne te connait pas et pourtant c’est elle qui t’accuse de choses que tu n’as pas faites. Ce n’est pas la police, c’est une main invisible que la police elle-même ne contrôle pas qui t’en veut ! Notre police est victime d’une robotisation ou de fixation sur certains hommes et femmes de ce pays pour les nuire.

Mon frère, à toi et aux lecteurs, je vais vous faire l’économie de certains détails de cet épisode incongru et bien fâcheux. Il y a eu à un moment de l’électricité dans l’air avec l’intrusion d’un élément de la DSE dans le bureau avec une question-insulte. Ma riposte fut, sans équivoque, ne s’était pas fait attendre. Mais le commissaire a calmé la situation. Toutefois, mon vis-à-vis d’apparence était plus fort. Et il est policier. L’histoire de la torture de Moussa Birane et encore là pour nous faire réfléchir quand on est face à ces gens-là.

De ce qui précède, cher ami, il ressort que la police cherche encore « la chose » pour laquelle elle vous a arrêté. Et le juge sauf surprise (toi et tes codétenus) vous condamnera pour cette chose qui n’existe pas. Le juge en le faisant veut, dit-on, se rattraper après le jugement rendu sur une affaire où l’exécutif n’était pas content et l’avait fait savoir par l’envoi d’une inspection.

Peut-on trouver quelque chose qui n’existe pas ? Et les inventions du parquet ne peuvent résister aux arguments du beau et compétent collectif d’avocats qui a en charge ce dossier.

Mon ami, pourquoi les policiers ne peuvent pas comprendre que ce que je peux transférer de ton bureau, tu l’as emportés avec toi à la prison de Dar Naim : c’est ton engagement, ta conviction et ta détermination de servir des causes justes pour une Mauritanie de tous et pour tous.

Mon ami, tes compagnons d’infortune et toi pourront être condamnés et cela ne surprendra personne. Car on vous accuse de flagrant délit dans un dossier où vous avez été (pour beaucoup d’entre vous) arrêtés quelques jours après les faits incriminés. Mieux, vous avez tous appris cet incident sur les réseaux sociaux. L’audition du propriétaire du terrain a attesté de la spontanéité des faits et affirmé n’avoir porté plainte contre personne, ne voyant la main d’aucune organisation dans cette affaire. Et ce, contrairement à ce que la police lui avait attribué. La coupe est pleine… Pourquoi la police fait tout ça pour ça… ?

Ce sont vos convictions, vos engagements et votre détermination à servir et militer pour une Mauritanie juste qui vous valent ce séjour à la citadelle du silence. Ici et là en Mauritanie pour le système qui nous asservit aujourd’hui, les vertus et valeurs d’un bon citoyen c’est d’applaudir et d’accepter tout et son contraire. Sinon, c’est des privations de toutes sortes, y compris celle de la liberté. Et cela tu le vis depuis plusieurs années, mais malgré tout, tu es resté humble et droit dans tes babouches.

Cher frère et ami, ta petite famille t’embrasse et te dit à bientôt. A toi, à Lô Ousmane et à tous les autres, je réitère mon amitié avoir espoir qu’un jour pas lointain le peuple vous sera reconnaissant.

Camara Seydi Moussa


Crédit source : http://www.cridem.org 

​Communiqué de presse: IRA-Mauritanie s’implante en Côte d‘ivoire.

A l’occasion de son passage en côte d’ivoire, le président Biram  Dah  Abeid,  invité  par  plusieurs organisations  ivoiriennes de droit de l’homme, supervise l’installation de la section de IRA-Mauritanie.

Le président  de l’initiative de la résurgence du mouvement Abolitionniste  ( IRA Mauritanie)  a été  invité  par  plusieurs  cadres et  organisations de droit de l’homme en Côte d’ivoire  précisément à la capitale économique de la côte d’ivoire  Abidjan  pour  échanger sur certains thèmes concernant le respect de la dignité humaine  en Afrique de l’ouest en général et celle de la communauté haratine victimes de l’esclavage en particulier. 

1) Ces organisations de droit de l’homme, également ravie de la présence de Monsieur le président  d’Ira Mauritanie  Biram  Dah Abeid et son épouse  Leila  Ahmed Khliva,  n’ont pas raté l’occasion de le féliciter pour tous les efforts accomplis dans la lutte pacifique. Ensuite elles ont condamné les arrestations et les condamnations des militants d’Ira en République islamique de  Mauritanie  et demandé la libération  des détenus d’opinion dans le plus bref délais .

2) Le président Biram Dah Abeid a été  reçu par une forte délégation d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire venant des différentes villes ivoiriennes. A cette occasion Monsieur le président a adressé un discours à ses militants insistant sur la lutte pacifique en déclarant « c’est avec la non-violence que nous pouvons arriver au sommet, c’est-à-dire obtenir le but qui est bel et bien  une Mauritanie  unie sans discrimination et sans distinction pour tous les mauritaniens ». Ensuite il a échangé certains points essentiels  avec les militants d’Ira vivant en Côte d’ivoire,  comme  le cas des détenus  d’Ira en Mauritanie, que  tous les membres de la section de côte d’ivoire condamnent avec toute énergie. Les militants dénoncent  l’arrestation de leurs confrères en Mauritanie et demandent la libération de ceux derniers dans les plus brefs délais et sans condition.

3) Désormais  Ira Mauritanie ouvre son bureau en Côte d’ivoire. La visite de Monsieur le président Biram Dah Abeid a permis l’ouverture du nouveau bureau central  pour l’initiative de la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira)  en Côte d’ivoire composé  de dix membres. En plus un bureau de la sous-section à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a été installé vue l’importance de la présence d’une grande diaspora dans cette ville.  

En conclusion, les militants sont convaincus que Monsieur le président d’IRA Mauritanie est le seul homme qu’il faut pour la Mauritanie et que sous sa direction le mouvement d’Ira représente l’unique solution pour la Mauritanie.

Ira Mauritanie « yes we can », vive Ira Mauritanie pour une Mauritanie Juste. 

Version français édité par Laabad Ould El Waghere chargé de la communication. 

Version arabe édité par Moustapha  Bilal le président d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire.
Abidjan, le 14.08.2016

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIEBulletin d’information n°10


Le procès des militants d’IRA, vu de l’intérieur (Mardi 9 et mercredi 10 août 2016)


Prévu pour reprendre le mardi 9 août, le procès des militants d’IRA a eu du mal à redémarrer et pour cause. Dans une lettre transmise par le régisseur des prisons à la Cour, les prévenus expliquaient clairement qu’ils ne comparaitraient plus, par eux-mêmes, devant les magistrats si la police continuait à réprimer leurs camarades, les familles de ces derniers et si elle s’obstinait à les empêcher d’accéder à la salle d’audience. Or, le moins qu’on puisse en dire, est que tel ne fut pas le cas. Bien au contraire. le nombre de blessés par agression policière ne cesse de croître et le périmètre du Palais de justice est toujours zone interdite.

C’est ainsi que la police a dû extraire, par la force et la contrainte, les prévenus de leur cellule pour les transporter manu militari au Palais de justice. Mais là, les prisonniers ont de nouveau résisté et refusé de descendre du panier à salade de la police. Il s’en est suivi une rixe qui a nécessité l’intervention, au prés des prévenus, de quelques uns des membres les plus écoutés du Collectif de défense (MM. le Bâtonnier Cheukh Ould Handi, les Doyens Yarba Ould Ahmed Saleh et Lô Gourmo Abdoul) pour amener les militants à accepter de descendre et de rentrer en conciliabule avec le Procureur avant d’accéder à la salle d’audience. Après une longue discussion, le Procurer s’est engagé, en présence des avocats, à laisser le public accéder à la salle d’audience, à donner des instructions pour cesser la répression contre les militants à l’extérieur du Tribunal et à œuvrer pour réunir les conditions nécessaires pour le déroulement normal du procès. En contre partie de ces promesses, qui sont, après tout; d’une grande banalité en temps normal et qui ont été présentées par le Procureur comme étant des concessions majeures, les prévenus s’étaient engagés à accepter de se présenter le lendemain de leur plein gré au tribunal.

Le lendemain, mercredi 10 août, la séance a commencé de la façon la plus normale possible, en présence de toutes les parties. La répression à l’extérieur du Palais a marqué un répit ce qui a eu comme effet immédiat le remplissage des gradins de la salle d’audience de militants et de sympathisants d’IRA et de leurs proches.

Mais, chassons le naturel, il revient au galop! Dès l’audition des prévenus, des événements d’une rare gravité se sont produits remettant en cause le fonctionnement même de la Cour et en doute sa capacité de mener un procès de cette importance dans des conditions réunissant un minimum de normalité pour ne pas prétendre à l’équité ou à la justice.

– Pour commencer, le président de la Cour a décidé d’éloigner les prévenus en les enfermant dans une salle adjacente et en prévoyant de les appeler pour les écouter un à un et chacun à son tour. Or, il est connu que des prévenus impliqués dans la même affaire de peuvent pas être entendus par la Cour de façon séparée. Tous doivent pouvoir entendre les réponses de chacun et le voir pendant qu’il répond aux questions de la Cour. Evidemment, les avocats de la défense ne se firent guère prier pour relever cette entorse manifeste à la procédure. Après moult pressions et pressions contraires, le Président fit machine arrière et autorisa l’ensemble des prévenus à rester groupés dans le box des accusés. Le premier à être interrogé était Moussa Biram

– En plein débat entre partie civile et défense, le Président est intervenu pour interdire aux avocats des militants d’IRA de monter sur l’estrade ou de s’approcher de lui ou du prévenu dont l’audition est en cours. Pour appuyer cette interdiction, le Président intima l’ordre aux policiers d’empêcher les avocats de s’approcher de l’estrade. Ainsi quand Maître El iid Ould Mohameden, avocat de la défense, a voulu transmettre un document au Président, il fut physiquement agressé par un policier et ce au vu et au su du Président de la Cour. Encouragé par cette complicité du Président, un second policier s’est mis à débiter un flot d’insultes et d’insanités en direction du banc des avocats de la défense ce qui a eu comme conséquence prévisible le retrait de ses derniers de la salle d’audience en protestation devant l’humiliation dont ils sont l’objet. Pour calmer la situation, le Président de la Cour finit par présenter ses excuses aux avocats en promettant de renvoyer les policiers insulteurs de la salle d’audience, ce qui permit au procès de reprendre son cours.

– Les réponses de Moussa Biram furent d’une très grande pertinence et ont eu pour effet de déstabiliser la stratégie de la partie civile. Pour tenter de reprendre la main, le Procureur décida de projeter une vidéo censée prouver les accusations proférées contre Moussa. Mais, ce faisant, Monsieur le Procureur feignait d’ignorer le code de procédures qui interdit formellement, par son article 278, tout usage d’appareil d’enregistrement audiovisuel (appareil photographique, enregistrement sonore, vidéo, film…) en cours de séance. S’en suivit une empoignade verbale entre la défense et la partie civile au milieu de laquelle, le Président décida de suspendre la séance jusqu’à lundi 15 août et ce sans trancher la question de l’usage de cette appareil pourtant clairement objet de l’article 278 du code de procédures.

– Que décidera le Président lundi prochain? Acceptera-t-il la violation d’une disposition claire et nette du code de procédures? Est ce que l’Exécutif voudra intervenir dans ce procès plus directement?

– De nouveau la question de l’omniprésence de la police et de son double rôle de juge et de partie mérite d’être posée. C’est la police qui porte plainte, pour soit disant agression contre l’un de ses éléments, c’est la police qui mène l’enquête et c’est la police qui est chargée de sécuriser le tribunal où son affaire est jugée! La nervosité des éléments de la police à l’encontre des militants d’IRA mais aussi à l’encontre des avocats de ces derniers est un signe patent de leur implication dans ce procès et une preuve supplémentaire de leur partialité dans cette affaire. Il est donc urgent que ce corps soit dessaisi au moins de la mission de la sécurisation du Palais de justice et remplacé par celui de la gendarmerie.

Nouakchott le 12 août 2016 La Commission de Communication

Biram Dah Abeid présente la situation de la Mauritanie devant la coalition ivoirienne des droits de l’Homme

Le 12 juillet 2016, le président d’IRA-Mauritanie, au cours de sa tournée Africaine, a été reçu par la coalition ivoirienne des droits de l’Homme: CIDDH. La CIDDH est un réseau constitué de plusieurs organisations ivoiriennes de défense des droits humains, affiliée à la coalition de la société civile Ouest-Africaine et à la coalition panafricaine de la société civile et à la commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Les discussions entre Marthe-Pedan Coulibaly, présidente de la CIDDH et les présidents des ongs membres de la coalition d’une part, et le président d’IRA-Mauritanie d’autre part, se sont focalisées sur les thèmes suivants:

1- Répression et harcèlement des défenseurs des droits humains en Mauritanie, avec point focal sur la série d’arrestations et simulacres de procès des détenus d’opinion issus des mouvements IRA-Mauritanie, Le 25 février et Manicharigasoil.

2- L’esclavage sous toutes ses formes sévissant en Mauritanie, la discrimination raciale, les expropriations foncières et déplacements forcés, la torture; musèlement de la presse, des partis politiques d’opposition, obstruction à la liberté d’association et d’entreprise.

3- Les deux partie ont décidé une série d’actions communes contre l’Etat très critiques des droits humains et de la démocratie en Mauritanie à travers les canaux des institutions sous régionales, panafricaines et internationales d’alerte, d’interpellation et de sanctions.

En début de réunion, Biram Dah Abeid a introduit les débats par la communication suivante :

_____________________

Mauritanie, Numéro 1 de l’esclavage des noirs en Afrique

Réalité de la situation des défenseurs des droits humains

Note d’information pour la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits de l’Homme

Abidjan (CI), 12 Août 2016

En Mauritanie, depuis 1978 les pouvoirs militaires se succèdent mais l’exercice de l’Etat reste le monopole d’une composante de la population, aujourd’hui minoritaire ; la domination de ce groupe procède d’un système esclavagiste et anti-noir. Malgré la profusion de textes législatifs contre la servitude héritée, le racisme et l’exclusion, ainsi que des normes protectrices de l’enfants et des femmes, les autorités ont toujours assuré, aux esclavagistes, l’impunité totale ; parallèlement, elles couvrent, encore, les exécutions de masses extrajudiciaires de civiles et de militaires noirs mauritaniens, opérées, durant les purges ethniques de 1986-1991. Dans ce contexte historique, de ruse sur le droit et de diplomatie de la dissimulation, les gouvernements successifs s’évertuent à empêcher le fonctionnement normal des ONGs de défense de la dignité de l’Homme et de l’égalité des citoyens. Emprisonnés et réprimés avec violence, leur voix ne cesse de porter à l’intérieur et hors des frontières de la Mauritanie.

La Mauritanie, championne des ratifications de traités et de conventions internationales, répugne, en proportion inverse, à consentir l’effort requis pour honorer ses engagements, grâce à leur mise en œuvre. Le pouvoir ethno-tribal use de moyens substantiels et d’un zèle jamais démenti, afin de réduire au silence les défenseurs de droits de l’homme, mener des campagnes médiatiques et diplomatiques d’occultation de son passif et démentir, ainsi, l’existence de l’esclavage par ascendance, un fléau multiséculaire en Mauritanie, d’ailleurs légitimé selon une fausse interprétation de l’Islam.

Concernant l’esclavage et ses séquelles, lors de son dernier examen périodique universel (EPU) en novembre 2015 á Genève, la Mauritanie a reçu 40 recommandations sur un total de 200, contre 18, seulement sur 152, au précédent de 2010. Cette hausse démontre l’inefficacité des autorités dans la lutte contre l’esclavage mais confirme, surtout, le succès, des groupes abolitionnistes, à sensibiliser, la communauté internationale, sur les abus contre l’intégrité de la personne en République islamique de Mauritanie.

Le mouvement IRA-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été primés, par plusieurs distinctions internationales, en reconnaissance du combat contre l’esclavage traditionnel, l’usurpation foncière, l’exclusion des noirs et l’expropriation des terres arables dans la vallée du fleuve Sénégal. La réponse des autorités mauritaniennes a toujours consisté en l’usage de la violence, sur les militants désarmés, les arrestations arbitraires et les procès d’opinion, ponctués de falsifications de preuves à charge.

Dans sa stratégie de détruire IRA Mauritanie, le régime du General Abdelaziz a ordonné, en juillet 2016, l’arrestation de toute la direction du mouvement et ce juste quelques jours avant le dernier sommet de la Ligue arabe, tenu à Nouakchott.

Les événements douloureux de 1986-1991 illustrent, quant à eux, une tentative de génocide de l’ethnie Halpullar, sur la frontière avec le Sénégal. Le régime militaire avait déporté, par milliers, une partie de sa propre population noire vers les pays voisins d’Afrique subsaharienne et mené une campagne de dénégrification au sein des forces armées et de sécurité ; ainsi, des centaines de soldat et officiers furent torturés et exécutés, dans les casernes et camps de détentions, dont 28, pendus, la veille du 28 Novembre 1990, en célébration de la fête de l’Indépendance. Les tortionnaires et les commanditaires de ces atrocités sont toujours libres, vivent une retraite paisible ou décèdent de longévité quand ils n’occupent de hauts postes, protégés par une pseudo-amnistie, licence d’un Parlement composé de leurs proches, alliés et parents.

Exemples de violences physiques contre les membres de IRA-Mauritanie.

Actuellement, et ce depuis la fin du mois de juin 2016,13 membres dirigeants d’IRA-Mauritanie croupissent dans les geôles du pouvoir. Ces militants ont été d’abord interpellés, avec brutalité, par des policiers en habits civils et ce sans que ces derniers déclinassent leurs identités aux personnes arrêtées, ni les informer des motifs. Les agents, parfois masqués, placent une bande de tissu sur les yeux des activistes, pour les conduire dans des lieux impossibles à identifier. Parvenus à destination, les futurs prévenus sont déshabilles, jetés dans des cachots humides, nauséabonds et insalubres. Ils sont attachés par des menottes en fer, qui lient la main au pied, et dans des positions inconfortables, pendant plusieurs heures, avec renouvellement du supplice, par alternances des postures. Les policiers, en charge de la torture, actionnent le joug, à intervalle irrégulier, pour produire des maux aigus, surtout lors des interrogatoires.

Les auditions sous contrainte corporelle visent à obtenir des faux aveux de complaisance et de faux témoignages qui étayeraient la thèse des services de renseignement selon laquelle l’organisation IRA a planifié et exécuté les émeutes sur la scène du lieu-dit « Adabaye Bouamatou » le 29 juin2016. Pour extorquer le propos à l’appui de l’accusation, les policiers infligent d’anciennes recettes de sévices, de la police politique. Par exemple, ils ont enchaîné certains détenus comme Moussa Biram, Abdallahi Maatala Seck et Abdallahi Abou Diop, en nouant leurs mains aux pieds, par derrière. Les tortionnaires attachent et serrent douloureusement les prisonniers, par une corde et les suspendent, à distance du sol, sur des barres de fer. Les autres, entendent les cris de douleurs, ce qui contribue à affaiblir leur moral et les incite à « tout dire ».

D’autres, tel Amadou Tidjane Diop, ont été complètement déshabillés, insultés copieusement et menacés de mort s’ils n’acceptent d’avouer qu’ils ont participé á la violence contre la police. Leurs yeux et visages ont été bandés jusqu’au bord de l’asphyxie, incapable de respirer, leurs narines bouchées par un tissu. Sur plusieurs jours du Ramadan, les tortionnaires assoiffaient les détenus, leur refusant de l’eau et les affamaient tout le long de l’interrogatoire ; le peu de repas qu’ils recevaient a été mélangé à du sable et des déchets solides, en quantité variable, d’un détenu à l’autre. Les coups de cravache et de matraques constituaient le lot quotidien de certains parmi eux, en particulier durant les séances de questions. Les vagues de supplice s’étalent, en général, de 20 à 30 minutes, entre 2 et 7h du matin, sur plusieurs jours.

Perspective de la lutte

Il convient de rappeler le contexte de la répression du mouvement abolitionniste en Mauritanie, dès le lendemain du coup d’Etat militaire du 6 août 2008, contre le premier Président élu à la faveur d’un scrutin pluraliste, Sidi Mohamed Ould Cheilh Abdellahi. L’année suivante, le Général auteur du putsch, actuel Chef de l’Etat, se présente au suffrage universel direct qu’il remporte par la fraude, et avec le soutien de la France.

Réélu en 2014, par des opérations de fraudes massives, l’instrumentalisation des différents corps de l’Etat, ainsi que par l’usage des symboles et argent, publiques, il tend, depuis, à exacerber le communautarisme pour exciter la communauté arabo-berbère, celle des anciens maitres, à se souder, autour de lui, afin de faire barrage au prétendu péril démographique noir. Au travers des média, des mosquées, tribunaux et force de l’ordre, le message est ainsi dupliqué, diffusé, martelé : pour cette propagande officielle, les nègres, en particuliers, ceux descendants d’esclaves, incarnent une menace majeure à l’ordre et à la cohésion nationale, c’est-à-dire le statuquo, fruit de la domination ethno-tribale.

Les populations maures arabo-berbères, dans leur grande majorité, vivent dans le conditionnement par cette propagande ; celle-ci produit l’effet de les arrimer au noyau de l’hégémonie, qui se cristallise autour de son expression la plus immédiate, l’institution militaire, en somme le commandement des forces armées et de sécurité. Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’érige gardien et continuateur de ce lien social par la panique ; ses services de renseignement fabriquent et entretiennent, à l’usage des fils et petits-fils d’anciens maîtres, la crainte exagérée, démultiplié, dramatisée, de l’éveil des noirs à la citoyenneté.

En parallèle, les partis politiques, personnalités indépendantes, mouvements de jeunes et hommes d’affaires, issus du groupe dominant arabo-berbère, s’exposent à la persécution et à la spoliation, dès lors qu’ils osent se désolidariser de cet esprit de corps ou en déconstruire les ressorts idéologiques. Aujourd’hui, non sans courage et en dépit de leur nombre modeste, les maures progressistes se retrouvent emprisonnés, exposés à la diabolisation et, pour certains, réduits à l’exil.

Quelques témoignages des victimes de l’esclavage par ascendance

Dans le but d’aider le public à se faire une idée de la souffrance morale et physique, subie de génération à la suivante, par des descendants d’esclaves, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) recommande la lecture des témoignages joints à la présente note. Il est à noter que tous les cas, portés devant les autorités du pays, sont été classés, sans suite. La justice les relègue, toujours, au chapitre, soit des litiges familiaux soit des rapports de travail, car l’interprétation locale de Charia Islamique (l’unique source de référence légale, selon la Constitution) définit l’esclave comme propriété du maitre ; le dernier exerce, sur le premier, droit de vie et de mort.

Document produit 2013 par IRA-Mauritanie sur le cas de Mm Salma mint Meydouwa et sa famille.

Interview avec Mm Mbeyerka Vall Mint Mahmoud, publié par le journal Le Calame 2013 (http://www.lecalame.info/contenu_news.php?id=5701)

Communiqué de presse de IRA-Mauritanie de 2013 sur le cas de Mm Khdeija mint Dada et sa descendance qui avait vécu quatre générations sous le joug des pratiques d’esclavage domestique.

Biram Dah ABEID
Président de Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.
Crédit source : fr.essirage.net 

09-08-2016 18:45 – IRA – Mauritanie News Letter n°9 : Poursuite de la mascarade du procès des dirigeants d’IRA et des agressions physiques contre ses militants


IRA-Mauritanie – Pour sa deuxième semaine consécutive, les séances de la mascarade de procès intenté contre les militants d’IRA (13+10) pour des chefs d’accusation artificiellement liés aux événements dits de la « Gazra de Ould Bouamatou » (affrontements entre population en passe d’être expulsées du centre ville et forces de l’ordre) ont repris.

A travers ce grossier montage policier, l’Etat mauritanien tente de dissimuler sa véritable nature de machine d’exclusion raciste et esclavagiste dirigée contre les Hratine.

Il essaye de détourner la lumière des projecteurs de la répression systématique par laquelle il cible cette communauté en créant de toutes pièces cette diversion de procès contre IRA alors que cette dernière n’y est liée ni de près ni de loin. Aujourd’hui a comparu devant le juge d’instruction l’un des dirigeants les plus emblématique et les plus tenaces d’IRA à savoir Issa Ould Ali.

Au même moment, d’autres activistes continuent à mariner au fond de cellules sordides sans soins médicaux pour ceux qui en ont besoin, ni contact avec l’extérieur alors que de nouvelles arrestations sont opérées au fil des séances de la mascarade de procès.

Comme ce fut le cas le mercredi dernier, une pluie de coups d’une brutalité sadique s’est abattue sur tout militant ayant exprimé la moindre volonté d’exercer son droit à assister à ce procès censé être ouvert au public.

Aujourd’hui, 9 militants souffrent de douloureuses fractures aux bras, aux mains et aux pieds qui risquent de s’infecter et de connaitre de graves complications. Il s’agit de: Elhadj Ould Eliid, Cheikh Vall, Koumba Ndaw, Kamara Moussa, Sabbar Ould El Houssein, Ghamou Mint Achour, Jemal Mint Achour, Samba Diagana et Ahmedou Ould Kharrachi.

A ces blessures visibles s’ajoutent les nombreuses ratonnades sans justification qu’ont subies nombre de nos militants et militantes ces derniers jours, suivies ou précédées d’arrestations extrajudiciaires et d’incarcérations souvent dans des lieux inconnus pendant des durées inconnues.

Le procès a donc repris aujourd’hui pour voir le Collectif des avocats de la défense démonter, pièce par pièce, les irrégularités grossières qui l’ont entaché et ce depuis les arrestations des prévenus jusqu’à leur comparution en passant par les auditions par les enquêteurs (police) érigés en juges et parties. Malgré ces vices manifestes, la Cour a tenu à poursuivre la mise en scène de mauvaise qualité.

Nous, à IRA, tout en dénonçant la barbarie policière et la violence de la répression que nous subissons:

1- relevons avec regrets et incompréhension le silence assourdissant de l’opinion publique nationale face aux violations multiples des droits de l’homme et des libertés des personnes constatées depuis le début de ce procès. Personne ne s’étonne ou même de relève la disproportion du déploiement policier autour des bâtiments de la justice et dont l’objectif est d’empêcher les militants et les familles des prévenus d’assister à un procès qui doit être ouvert au public;

2- fustigeons avec véhémence les arrestations et les brutalités exercées à l’encontre des militants d’IRA tout en affirmant que leur multiplication ne fera que décupler notre détermination à combattre l’arbitraire et à défendre les prisonniers d’opinion;

3- demandons aux prévenus et à leur de défense de cesser d’interagir avec la Cour tant que la police continue à réprimer les militants d’IRA et leurs familles pour les empêcher de manifester pacifiquement devant le Palais de justice et de venir assister, à l’intérieur de la salle d’audience, au procès. Les militants d’IRA sont des prisonniers d’opinion et ont droit à un procès publique, juste et équitable.

Nouakchott le 8 août 2016
La Commission de Communication
Source crédit : http://www.cridem.com

07-08-2016 11:11 – IRA-Mauritanie : Résumé de la première journée du procès des cadres d’IRA (Bulletin d’information n°8)

IRA-Mauritanie – Serait-ce un hasard que le procès des militants d’IRA (13+10) se soit ouvert un 3 août, jour anniversaire du plus récent mais peut être pas le dernier des coups d’Etat du Général? Un autre coup d’Etat, cette fois contre les droits des gens et la morale politique?

La journée a commencé par le bouclage du périmètre du Palais de Justice par la Police. Toute personne dont on suspectait l’appartenance à IRA est proprement empêchée de s’approcher du bâtiment surtout si cette personne était habillée comme le sont les membres du Comité de la Paix.

Quand la foule de militants d’IRA a commencé à grossir, ordre fut donné aux forces de l’ordre de la repousser à l’Est jusqu’au carrefour Madrid, au Sud jusqu’à la CUN et à l’Ouest jusqu’à l’immeuble d’Afarco.

Là, loin des regards des caméras et notamment des caméras étrangères, les coups de bâtons, de matraques et de rangers ont commencé à pleuvoir sans justifications ni raisons apparentes. Rapidement on a commencé à relever les blessés, nombreux dont des femmes (Mariem Mint Cheikh, Toutou Mint Sidi…).

Parmi les blessés, on identifie Mohamed Lemine (fracture de la main), Mahfoudh (fracture du bras), Elhadj Ould Eliid, tombé dans le comma et transporté à l’Hôpital où aucun soin ne lui fut prodigué.

A l’intérieur de la salle d’audience, les jeunes cades d’IRA avaient pris place, dès 8 heures, dans le box des accusés assistés par leur Collectif de défense. On leur reproche d’avoir pris part aux événements de la Gazra. Ce n’est que trois heures plus tard, vers 11 heures, que la Cour fit son entrée et essaya d’ouvrir la séance dans une salle presque déserte où les quelques policiers en civil n’arrivent pas à tromper les observateurs étrangers venus assister au procès.

Très vite, la défense souleva cette question de l’absence du public qui constitue une condition essentielle à toute justice digne de ce nom. Finalement le Président accéda à cette requête et autorisa le Chef de file du Collectif, le Doyen Cheikh Ould Handy, et un autre avocat membre de ce même collectif, Maître Teyib Ould Mahmoud, à aller chercher le public en leur affirmant, comme le lui a soufflé le policier de service, que ce dernier ne s’était pas présenté! C’est ainsi, finalement, que les quelques rares supporters d’IRA, qui étaient parvenus à franchir la succession d’obstacles policiers et qui sont restés jusqu’à 11 heures, ont pu accéder à la salle. Parmi les obstacles, il y avait l’allégation que les badges étaient épuisés alors qu’en guise de badges, il s’agissait juste de simples feuilles blanches tamponnées!

Après la déclinaison des identités de prévenus, la défense a soulevé un ensemble de vices de forme dont:

1- le fait que la police soit, dans cette affaire, juge et partie. La police prétend avoir été agressée et c’est cette même police qui mène l’enquête et signe les procès verbaux! En plus l’enquête a été menée sans instruction du Procureur de la République qui ne savait même pas qu’il y avait des détenus membres d’IRA;

2- Les prévenus ont été arrêtés et incarcérés sous l’accusation de flagrant délit relatif à l’affaire dite de la Gazra de Ould Bouaamatou. Or aucun d’entre eux ne fut arrêté le jour même du supposé délit ni sur les lieux de ce dernier! Pour un « flagrant » délit, cela pose question.

Après ces fortes objections de forme, la partie civile (Bilal Ould Dik, Nema Ould Ahmed Zeidane et Ahmed Vall Ould Barka) a avancé quelques vagues réponses un peu décousues et gênées aux entournures. Une autre bizarrerie de ce procès est le fait qu’au moins l’un des avocats de la partie civile avait signé aussi pour défendre les accusés!

A 19 heures, alors que le Procureur s’apprêtait à intervenir, la séance a été levée et rendez-vous a été donné le lundi 8 août à 10 heures.

Nos pronostics

S’il existait une justice sur terre, le procès serait annulé pour cause de l’impossibilité physique du flagrant délit. Un non lieu serait alors prononcé lundi 8 août et les prévenus seraient relaxés avec les excuses qui leur seraient présentées et le versement des dommages et intérêts pour préjudices moraux et matériels;

S’il n’y avait pas de justice du tout, le procès reprendrait par une reprise des auditions des prévenus mais cette fois par la gendarmerie en supposant que ce corps soit honnête et indépendant de celui de la police;

Si le procès était de pure forme, la Cour éluderait les objections soulevées par la défense pour prononcer le verdict déjà préparé par l’Exécutif à savoir la condamnation des prévenus pour des délits qu’ils n’auraient pu commettre et des accusations sans fondement aucun. La confrontation entre IRA et le Pouvoir continuerait alors et le Pouvoir perdra encore une fois et ce aussi bien au plan intérieur qu’au niveau de l’opinion internationale.

La Commission de Communication

Nouakchott le 04 août 2016
Source crédit : http://www.cridem.org