✅Revoir nos coutumes : À nous de FAIRE ou on nous fera FAIRE

Un speech de Maître Ahmed Salem O. Bouhoubeïni , le président de la CNDH (commission nationale des droits de l’homme). Le 4/12/19 , il était de passage au Guidimagha (Sélibaby) avec sa délégation.

Il réaffirme clairement que l’esclavage sous toutes ses manifestations est une page à tourner en Mauritanie.

On peut saisir dans son discours, qu’il insiste sur l’égalité citoyenne entre tous les mauritaniens.

En gros tout ce qu’on prêchait et prêche toujours auprès de certains adeptes d’un communautarisme archaïque qui défie l’ordre citoyen pour maintenir et défendre un régime coutumier foncièrement discriminatoire et ségrégationniste. Cet ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie certaines inégalités entre les composantes sociales d’une même communauté. Des mentalités qui s’accrochent à un monde révolu et passéiste, risquent de rater plusieurs trains du présent et par la suite indexées d’une manière non-enviable. Et surtout nous devons cesser de croire que nos localités villageoises se trouveraient dans des îlots de principautés ou même de royaumes imaginaires enclavés dans l’état central républicain.

Il est temps, ENTENDRE ET S’ENTENDRE MIEUX pour rester « NOUS » autrement en COMMUNAUTÉ.

#Mauritanie #CNDH #Guidimagha #esclavage_coutumier #soninké #soninkara #féodalité

KS

Mauritanie- Journée mondiale de l’abolition de l’esclavage : la déclaration du président de la CNDH

CNDH – A l’instar des autres pays du monde, la Mauritanie célèbre, aujourd’hui 2 décembre, la journée mondiale de l’abolition de l’esclavage.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) saisit cette opportunité pour rappeler que l’option de combattre ce phénomène et ses séquelles est irréversible dans ce pays où elle représente l’unique voie sure pour bâtir un Etat de droit et réconcilier notre société avec elle-même.

Tout en louant le soutien dont elle jouit à tous les niveaux de la part des pouvoirs publics mauritaniens, en particulier lors de sa récente caravane qui se poursuit encore, la Commission exprime sa satisfaction pour le traitement réservé par la justice au dossier de l’esclavage, ce qui s’est traduit tout dernièrement à travers les verdicts prononcés récemment à Néma contre des personnes accusées puis condamnées pour pratiques esclavagistes, au cours d’un procès qui s’est déroulé en présence de la CNDH qui y assistait en tant qu’observateur.

La Commission exprime à cet effet sa grande satisfaction pour le comportement hautement appréciable des organisations non gouvernementales des droits de l’Homme et pour leur attitude positive à l’endroit des programmes qu’elle met en œuvre.

Cette attitude positive des ONG a été ressentie à travers leur participation à la caravane des droits de l’Homme ainsi qu’à travers leur concertation et échanges avec la CNDH dans divers domaines.

La Commission Nationale des Droits de l’Homme souhaite que l’ensemble des parties, autorités nationales, magistrats et organisation de la société civile, poursuivent leur avancée, la main dans la main, en toute harmonie et dans l’apaisement total, afin de surmonter tous les écueils sur la voie de la promotion des droits humains.

Le président,

Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni

©️ Crédit source : http://www.cridem.org (2/12/19)

Mauritanie : Nomination d’un Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

AMI – La Présidence de la République a rendu public, vendredi, un décret nommant un délégué général à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion «TAAZOUR», dont voici le texte intégral :

« Par décret en date de ce jour:

Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya est nommé Délégué Général à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR ».

Création d’une Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »

La Présidence de la République a annoncé par décret rendu public ce vendredi la création d’une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »».

Le communiqué de la Présidence de la République précise que cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

« Conformément aux engagements pris par Son Excellence Monsieur le Président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani dans son programme électoral, une Administration de mission dénommée «Délégation Générale à la Solidarité Nationale et à la Lutte contre l’Exclusion « TAAZOUR »» a été créée par décret présidentiel en date de ce jour.

Cette Délégation Générale de rang ministériel, directement rattachée à la Présidence de la République, regroupe les programmes et projets de lutte contre la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.

Elle vient concrétiser une idée chère au Président de la République, à savoir la mise en place « d’un Etat où la justice, l’égalité, la fraternité, la citoyenneté ne sont pas de simples concepts mais des valeurs fondatrices ».

La Délégation Générale a pour objectif de généraliser la protection sociale, d’éliminer toutes les formes d’inégalités, de renforcer la cohésion nationale, de lutter contre la pauvreté et de coordonner l’ensemble des interventions dans les zones cibles.

Les programmes et projets qu’elle mettra en œuvre au cours des cinq prochaines années contribueront substantiellement à l’objectif du Président de la République qui est : « que chaque mauritanienne et chaque mauritanien se sente fier d’appartenir à ce pays, de profiter de ses richesses et d’y vivre dignement et paisiblement ».

Une enveloppe de 200 milliards anciennes ouguiyas sera mobilisée, au cours des cinq prochaines années, au profit de cette Délégation pour lui permettre d’exécuter un ambitieux programme de promotion économique et sociale en faveur des populations qui ont été victimes des inégalités et de la marginalisation à travers le renforcement des moyens de production, l’amélioration du pouvoir d’achat des pauvres, leur accès à l’éducation, à la santé, à l’eau potable, à un habitat décent et à l’énergie ».

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

L’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés du Guidimagha mauritanien: l’affichage complice et provocateur du député Sidney Sokhona chez lui à Tachott. 

Les masques tombent davantage sur les complicités supposées ou réelles entre le régime féodalo-esclavagiste soninké et certains cadres soninkés introduits dans les rouages étatiques en Mauritanie. Généralement issus de l’ordre coutumier dominant basé sur une rigide stratification sociale ségrégationniste et discriminatoire, certains cadres censés promouvoir l’ordre républicain et égalitaire parmi TOUS LES CITOYENS sans aucune distinction d’ordre racial, clanique, social ou patronymique, baignent dans des ambiguïtés qui ne passent plus inaperçues aujourd’hui. Depuis 4 ans l’éveil d’une conscientisation citoyenne en masse parmi les couches sociales jadis esclavagisées et toujours assignées par des séquelles sournoises et humiliantes dans la communauté soninké, fait face aux milieux réactionnaires qui s’activent fermement avec la complicité suspecte et aujourd’hui explicite à travers la sortie publique du député Sidney Sokhona le 17 novembre 2019 à Tachott. En effet ce jour, lors d’une cérémonie d’intronisation d’un chef coutumier de son clan féodal botokholo, le député Sokhona s’est permis une apologie sous-entendue de l’ancien ordre féodalo-esclavagiste qui sanctifie des droits innés pour 2 branches sociales (les marabouts et la chefferie coutumière) au détriment des autres. Notamment les descendants d’esclaves qui sont relégués socialement aux rôles subalternes et de faire-valoir occasionnel. Ce 17 novembre, le député a donné une caution légitimiste par un appel clair pour la perpétuation de ces genres de symboles folkloriques et provocateurs jusqu’à là inconnus dans ces localités. Cette incitation troublante à magnifier la féodalité soninké va davantage créer et envenimer les dissensions en surchauffe dans la communauté liées aux problèmatiques de l’esclavage par ascendance. Les descendants d’esclaves dont les ancêtres ayant vaillamment participé aux fondations des villages, sont exclus systématiquement de toutes les fonctions honorifiques notamment le droit d’aînesse et la direction du culte religieux même avec les compétences requises.

■ Par ce communiqué, nous alertons les hautes autorités nationales en tête son excellence le Président de la République Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed El-Ghazouani , le premier ministre, le ministre de l’intérieur, le ministre de la justice et les autorités régionales du Guidimagha, sur ce cas de revivification provocatrice d’un ancien ordre sociétal foncièrement discriminatoire et ségrégationniste qui nuit à la paix sociale dans la communauté soninké et sabote l’émergence d’une citoyenneté égalitaire dans la région. Également l’adresse est aux organismes publics dédiés à la défense des Droits Humains, notamment la CNDH et son président Me Ahmed Salem O. Bouhoubeïni .

■ Nous prenons à témoin les organisations indépendantes engagées sur la thématique de l’esclavage et ses séquelles en Mauritanie comme SOS-ESCLAVES, IRA-MAURITANIE, FONDATION DU SAHEL, AMEES, AFCF et d’autres, les partenaires internationaux et tous les Esprits progressistes soninkés, concernant cette prise de position publique d’un député au profit de son clan familial et ses alliés coutumiers. Nous signalons au passage la confirmation évidente des complicités suspectes et aujourd’hui assumées de Monsieur Sokhona avec une officine féodale d’extrémistes soninkés qui amassent des fonds (appelée tunkalemou fedde*) pour corrompre les services administratifs et judiciaires dans la région du Guidimagha dans l’objectif obsessionnel à vouloir contrer les paisibles citoyens qui refusent l’esclavagisme coutumier par ascendance (les laadanis) dans les villages.

■ Nous proclamons notre légitimité morale et sociale à pouvoir vivre en CITOYENS DIGNES ET AVERTIS dans nos villages sans les pesanteurs illégales d’un régime capricieux de la féodalité soninké source de diverses séquelles esclavagistes. Et réclamons une implication soutenue des autorités publiques pour un accès égalitaire et impartial aux biens communs matériels et immatériels dans nos localités villageoises.

NB : Trouvez ici le lien média YouTube vers ses propos : https://youtu.be/eXP9AL3Cfio

*officine officieuse représentant le régime féodalo-esclavagiste soninké, présidée par Boubakar Camara connu Moustapha Camara, ancien réfugié politique en France.

Nouakchott 25 Novembre 2019

✅Le Collectif citoyen contre l’esclavage coutumier par ascendance chez les soninkés – AILE GANBANAAXUN FEDDE MAURITANIE (ARMEPES, UVDS et Partenaires)

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes en milieux soninkés GANBANAAXUN FEDDE

DÉCLARATION : LETTRE DE DÉNONCIATION ET DE MISE EN GARDE (français)

Au Royaume d’Arabie Saoudite.

Copie adressée aux institutions religieuses du monde islamique.

■Objet : Dénonciation et plainte contre Mahamadou Touré

Nous, Associations antiesclavagistes de l’Afrique de l’Ouest de la communauté soninké, avec nos partenaires, nous portons à la connaissance des autorités Saoudiennes et à l’Oumma Islamique, la diffusion de prêches qui autorisent l’esclavage entre des musulmans au nom du Saint Coran. Ce sont des prêches qui portent atteinte à l’image de l’Islam dans le monde. Tout mensonge diffusé au nom d’Allah, le saint Coran et son prophète Mohamed (PSL) est un blasphème. Le coran, livre universel appelle à la paix, à l’unité des hommes, à leur connaissance mutuelle et à la dignité de tous. En effet, le projet divin pour l’homme a toujours été d’établir la justice et l’équité sur terre afin que la fraternité entre les hommes soit effective et devienne une réalité par la disparition des discriminations et la cessation des privilèges immérités. Les croyants, nous dit le Coran, « ne peuvent être que des frères ». Autrement dit, ils ne peuvent pas être autre chose que des frères, à moins de cesser d’être des croyants. Dans un autre verset, un appel est adressé à tous les humains pour leur rappeler leur origine commune. Allah dit « Ô vous les hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle. Nous vous avons constitués en peuples et en tribus dans le seul but que vous vous connaissiez mutuellement. Le plus noble d’entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux d’entre vous. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur ». Toute la philosophie de la révélation est résumée dans ce sublime verset. Il s’agit en définitive de nous connaitre mutuellement et non de nous dominer mutuellement, nous aider mutuellement et non que les uns spolient les autres, nous aimer mutuellement et non que les uns se considèrent comme privilégiés et donc supérieurs aux autres.
Le Royaume d’Arabie Saoudite abrite le haut lieu saint de tous les musulmans, nous sommes profondément blessés par les prêches de ce monsieur, originaire de la République du Mali, de l’ethnie Soninké, qui réside en terre sainte depuis de nombreuses années. Cet homme, du nom de Mahamadou Touré, porte atteinte à la dignité d’homme d’un bon nombre de musulmans dans la communauté Soninké qui se trouve à cheval entre plusieurs pays d’Afrique de l’ouest (Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et la Guinée).

De 2000 à 2019, ce prêcheur qui dispose d’une grande audience au sein de la communauté Soninké avait diffusé plusieurs cassettes « audio » légitimant l’esclavage coutumier par ascendance entre les musulmans. Ce prêche scandaleux qui instrumentalise notre sainte religion en cautionnant des pratiques antéislamiques comme l’esclavagisme intra-africain organisé par des forces de la jahilya qui sévissaient sur le continent par des brigandages et autres trafics humains dans cette zone. Son discours apologiste de ces pratiques inhumaines a été la cause d’innombrables agressions de toutes sortes perpétrées par des esclavagistes Soninké sur d’autres personnes qui se sont révoltées contre cette situation inacceptable. Nous vous mettons en liens quelques images de ces atrocités.
En tant que responsables théologiques et moraux de l’Islam dans le monde, nous vous demandons d’entreprendre des poursuites judiciaires et administratives contre cet homme, nommé Mahamadou Touré. Nous attirons aussi l’attention des autorités saoudiennes sur le cas de ce prêcheur coutumier en terre sainte car ses disciples fanatisés commettent de graves crimes à l’endroit d’autres personnes considérées à tort comme leurs esclaves récalcitrants alors qu’elles sont musulmanes.
Le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: « Le musulman est le frère du musulman, il n’est pas injuste avec lui, il ne l’abandonne pas. Et celui qui s’occupe du besoin de son frère, Allah s’occupe de son besoin. Celui qui soulage un musulman d’un souci, Allah le soulage d’un souci parmi les soucis du jour de la résurrection. Et celui qui couvre un défaut du croyant, Allah le couvrira le jour de la résurrection ».

🔹️Les associations signataires :

ARMEPES-FRANCE, RMFP, ASSEP, SECTION UVDS-FRANCE, IRA – FRANCE, AHME et ÉGALITÉ SANS FRONTIÈRES

~ Nos contacts :

Téléphone : +33 6 46 61 66 22

Émail : ganbana@hotmail.com

Paris, 14 Novembre 2019

©️ Crédit source : Réseaux Abolitionnistes et anti-esclavagistes (en milieux soninkés)

Les Mystères de la nature humaine

L’humain est un ensemble de contradictions, un amas de chair, une étincelle d’intelligence, un cadavre ambulant, un réservoir de mystères. Il est un et tout. Il est unique, il est l’esthétique et n’échappe nullement à la laideur. La laideur d’une âme, souillée par la haine et la jalousie est plus destructrice qu’un ouragan. Un ouragan ravage nos espérances et nos souvenirs, emporte des vies et des espoirs. Une âme errante et sans foi détruit des mondes, blesse des cœurs et se console dans nos malheurs. La foi en Dieu, en l’Homme, en une lueur d’espoir est un temple de paix et d’amour. Notre époque nous promet un sombre avenir et nous montre la facette la plus sombre de l’humain. De la haine à la négation de notre humanité, le pouvoir mauritanien, infesté d’âmes errantes sans foi, déchire des cœurs, enterre l’intelligence de nos enfants, élève au rang de savants, des esprits vides et chasse la connaissance pour laisser place à l’ignorance. Que l’étincelle d’une âme éclairée et juste leur vienne en aide !

Le poète est émotif, l’artiste peint les portraits de nos vies et le penseur éclaire nos esprits, disserte sur nos existences et crée un équilibre entre le bien et le mal. La morale est humaine ! S’insurger contre une injustice faite sur un peuple est humain. Replacer l’intelligence au cœur de nos relations et rencontres, de nos vies et combats, de nos malheurs et crispations, est humain. Le bâton qui éclate le nez, la matraque qui humilie, la haine qui nous déchire, le mépris qui nous ronge sont encore plus humains. Mais, l’amour et la tendresse, la compassion et le courage, la recherche de la paix et la protection des innocents et des opprimés est un enclos des hommes aimants, des femmes courageuses et des âmes sensibles. La connaissance est une arme. Sans elle, on est désarmé disait le poète. Dispensons la connaissance, démocratisons les savoirs et, nous verrons, que les esprits de la discordante, les allergiques à la différence et les mentalités de la violence et de l’aigreur s’agenouilleront devant la toute puissante évidence de notre unité, de la richesse de notre diversité et de notre humanité. D’ailleurs, ne dit-on pas que c’est la variété des couleurs qui fait la beauté d’un tapis ?

La diversité des langues et des cultures, des couleurs et des opinions n’est qu’une bénédiction. Elle embellit notre existence, nous montre l’essence de notre monde et le rôle des hommes. Sans amour, nous serions que des tyrans impitoyables et des éternels agresseurs. L’amour est l’arche à partir du quel est accroché le trône de l’humanité. L’amour dessine la beauté de nos chemins de vie, véhicule nos pensées et veille à ce que la différence et la diversité soient l’emblème de nos conduites et de nos aspirations les plus profondes. Il rassemble des hommes et des femmes. Il constitue au-delà de l’agressivité cette corde d’humanité qui nous rassemble.

Ce texte est un enseignement, un cheminement vers l’autre. Il est aussi un hymne à la différence, à la connaissance, à la diversité et à notre l’humanité. C’est la porte de la diversité et de la différence qui laisse entrer la tolérance. La méconnaissance de l’autre, de sa culture et de sa différence sont sources de nos questionnements, de nos angoisses et de nos peurs. Elles nous montrent une image floue de l’autre, de nous à travers l’autre et de l’autre à travers nous. C’est à travers ces perceptions, ces angoisses et ces peurs que « l’Homme voyage, rebrousse chemin, repart, se perd, se retrouve, croit se retrouver et se perd encore ». Quoi qu’il en soit, voyageons et partons à la rencontre de l’autre !

Voyager c’est renaître. Renaître socialement et intellectuellement. Lire c’est voyager dans l’intimité de l’auteur, se plonger dans la profondeur de son monde. Un univers imaginaire et fictif, réaliste et réel. Pourtant, il est beaucoup plus instructif de côtoyer les autres, de se noyer dans leurs peurs et angoisses, dans leurs cultures et imaginaires, dans leurs sagesses et philosophies. Cette aventure, menée avec sagesse et humilité, déconstruit nos préjugés, nos jugements et nos caricatures. Maillard disait  » le plus difficile c’est de se rendre à la gare », de s’éloigner des siens et de se plonger dans l’inconnu et dans l’univers de l’autre. Pourtant, il est certain qu’un esclavagiste qui croit réellement à cette pratique horrible et inhumaine serait très étonné de s’aventurer dans un monde libre où les hommes, quelques soient leurs richesses et leurs intelligences, se courbent devant la toute-puissante loi de l’égalité entre les hommes. Ce raisonnement est aussi valable pour les féodalistes et les suprématistes de tout bord.

On y est, le féodalisme ! En Mauritanie, ma patrie, la Terre de mes pères est un laboratoire d’expérimentation et d’application de toute sorte d’injustice. Du racisme étatique institutionnalisé à la féodalité primaire des  » dignitaires du sud » et des  » notables du nord », des hommes libres et innocents, se courbent devant la barbarie et l’ignorance d’une partie de ceux qui se prétendent « nobles » et élus de Dieu.

La cruauté de la nature humaine est inimaginable. Elle emprisonne les âmes innocentes des jeunes filles et garçons dans une tradition archaïque et injustifiée dans laquelle le féodaliste et l’esclavagiste se battent pour remporter la couronne de la honte et de l’injustice. Pire encore, ils transmettent à leurs enfants, dès le plus jeune âge, les codes et des règles pour écraser les espoirs des hommes qui, dans le mépris et la barbarie, ne cherchent qu’à se libérer et jouir de leurs droits les plus élémentaires. Les chaînes de la honte les couvent, la sincérité, ils ignorent, la compassion, ils ne la connaissent point mais, ils se dresseront pour dénigrer et exploiter la misère des pauvres pour se dédouaner de leur animalité primaire et de leur comportement nauséabond et cruel.

Ils ne cessent de se plaindre du racisme étatique de l’État mauritanien sur tous les toits. Ils ne cessent de se glorifier d’un passé qu’ils n’ont jamais construit. Ils ne cessent de bomber le torse pour chanter la bravoure et le courage de ceux qui ont donné l’âme de notre Futa d’antan. Qu’avez-vous accompli pour libérer le jeune Bilal qui vous masse les pieds et vous considère comme maître et représentant de Dieu sur terre ? Qu’avez-vous fait pour combattre ceux qui humilient et trainent des innocents et des respectables pères de familles dans nos villages d’aujourd’hui aux habitudes et pratiques d’hier ? Rien ! Le plus juste d’entre eux est celui qui se sent et se revendique supérieur aux autres. La seule différence entre un  » noble  » et un « non-noble » , si vous croyez en Dieu et à son message, c’est la foi. Et s’il arrive que la foi en Dieu ne vous titille point, ayez au moins la décence de posséder un minimum de savoir pour vous imposer. Autrement, soyez juste humains et compatissants. Cela suffit et cela fait partie de notre intelligence et de notre nature originelle. Lisez Camus, vous comprendrez mieux !

Dans « Vers le dialogue » publié en 1946, Albert Camus, en guise de conclusion nous dit :  » Ce qu’il faut combattre aujourd’hui, c’est la peur et le silence, et avec eux la séparation des esprits et des âmes qu’ils entraînent. Ce qu’il faut défendre, c’est le dialogue et la communication universelle des hommes entre eux. La servitude, l’injustice et le mensonge sont les fléaux qui brisent cette communication et interdisent le dialogue. C’est pourquoi nous devons les refuser. » Refuser c’est résister et, résister, pour reprendre les mots d’Adolf Perez Esquivel, c’est le début de la victoire. Donc, Résistons !

KIDE BABA GALLE

©️ Crédit source : RMI-INFO

Langues nationales: 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha

Ceci est une note qu’il m’a semblé nécessaire d’écrire à la suite d’une lecture de l’article tout récent du Pr Ely Mustapha à propos de la transcription des langues mauritaniennes non arabes, à savoir le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof. Pour être exact, je préciserais que le Bambara n’a pas été discuté par l’auteur; mais je crois que si inclure cette langue avait traversé l’esprit de ce dernier, elle subirait certainement le même sort que celui infligé à ses sœurs.Je vais tenter de souscrire à la brièveté minimale permise par l’argumentation que je m’apprête à dérouler, et proposer donc au lecteur quelques points à l’intérieur desquels je ne manquerai pas de reprendre et discuter certaines idées véhiculées par l’auteur; dans certains cas je quantifierai la teneur en erreur de celles-ci.
Voici donc des arguments qui montrent, avec le plus de clarté qu’il m’a été possible de donner, combien le contenu de l’article de Ely Mustapha va à l’encontre des faits et combien absurde est son idée de transcrire les dites langues en caractères arabes plutôt que de continuer à utiliser le système latin qui, pour lui, est un échec total.

1– Argument utilitaire:
Tout d’abord, j’ai besoin que Ely Mustapha soit d’accord que les lettres, comme éléments de base d’une langue, existent indépendamment du système alphabétique utilisé pour transcrire cette langue. Ainsi, même si on avait pas d’écriture pour le Français, rien qu’en ralentissant son expression orale en disant « MOUTON », on arrivera à distinguer les syllabes, et enfin à isolé les éléments incassables que sont les lettres. Et pour cela, on n’a pas utiliser une représentation écrite, mais juste une expression orale naturelle. Ce qui justifie bien le caractère indépendant des lettres vis à vis du système alphabétique. Si aujourd’hui le Français adopte un autre système alphabétique, cela ne changerait en rien l’existence de la lettre « A » bien qu’elle sera écrite différemment suivant le goût du nouveau système, tout comme si Ely Mustapha décide de changer de prénom, ce ne sera pas pour autant qu’il en perdra une jambe ou poussera un troisième œil: la nature du professeur ne dépend pas du choix du prénom qu’il porte, il sera d’accord du même rapport d’indépendance chez les langues et leurs transcriptions.
Ayant compris ce fait, la question devient donc quelle transcription pour telle langue. Prenons le cas du Pulaar; une langue que je connais bien (je crois qu’un bon connaisseur des autres langues visées pourra faire une même analyse). Le Pulaar compte 31 sons primordiaux correspondant à l’idée qu’on a construite de la lettre. Si on veut voir, du point de vue utilitaire, lequel des systèmes arabe ou latin est plus indiqué pour servir de base à sa transcription, la meilleure façon de le faire est de déterminer la masse des lettres Pulaar dont les sons sont déjà représentés dans chacun des systèmes choisi. Dans l’alphabet latin de base, on trouve 22 sons fondamentaux du Pulaar (lettres) (a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, w, y). Cela fait 70.97% des lettres du Pulaar. Dans l’alphabet arabe, on en trouve 16 (a, b, t, j, h, d, r, s, dh, f, k, l, m, n, w, y); ce qui fait 51.61% des sons fondamentaux du Pulaar. Rien qu’à ce niveau, l’intérêt du Pulaar est assez clair: de l’arabe et du latin, le choix est vite fait.
Mais revenons un peu à l’analyse, car ce n’est pas tout! Imaginez un instant une langue qu’on va appeler A ayant juste 5 lettres (ou sons fondamentaux) et les partagent toutes avec avec le Pulaar, et une autre appelée B ayant 25 lettres mais en partagent seulement 5 avec le Pulaar. Laquelle des deux partage le plus avec le Pulaar? Certains pourront imaginer qu’elles sont à égalité vis à vis du Pulaar, mais il n’en est pas ainsi. En effet, c’est la langue A, bien que partageant le même nombre de lettres avec le Pulaar que la B, qui partage le plus! On s’en rend compte quand on se met former des mots dans les deux langues A et B. Dans A, on aura que des mots dont le son est Pulaar-compatible, et ce par la constitution au niveau fondamental de A, tandis que dans B les 5 lettres partagées ont toutes les chances d’être diluées dans les 20 autres, et donc la formation des mots tendra à affaiblir le rapport initial entre B et Pulaar. Ce qui fait que dans la comparaison, ce ne sera pas seulement les quantités partagées qui doivent intervenir mais aussi les masses initiales des langues de comparaison doivent entrer en jeu, tel que expliqué ci-dessus. En concret, il faut un coefficient qui modélise cela, et il n’y a pas mieux que le rapport entre ces deux masses initiales pour former ce coefficient. Ainsi, vu que les lettres arabes sont au nombre de 28 et celles latines au nombre de 26, pour mettre l’équité dans l’étude il faut multiplier la ‘parenté’ Pulaar-Latin par 28/26 (environ 1.0769) et obtenir un taux de 76.429% pour Pulaar-Latin contre les 51.61% pour Pulaar-Arabe. Donc, environ 25% de différence effective en faveur du Latin. Ceci est évidemment appelé à s’amplifier dans la formation des mots.

2– Argument pragmatique:
La diaspora issue des communautés locutrices des langues visées par Mustapha est plus nombreuse dans des pays utilisateurs du système latin (Pays francophones ou anglophones africains, France, Angleterre, Espagne, Italie, USA, Belgique, Canada) pour des raisons qu’on sait tous. Leurs descendants utilisent ce système. Donc il sera beaucoup plus simple pour eux d’aller à la recherche des 23.6% restants, en lisant Pulaar en lettres latines, que le contexte leur fournit souvent gratuitement. Tandis que le peu d’enfants de la diaspora des dites communautés présente dans les pays utilisateurs du système arabe, quand bien même auront la maîtrise de l’arabe, auront bien du mal à combler les 48.4% manquantes, trop importantes pour que le contexte suffise à les leurs suggérer. Et de toute façon, ceux-ci sont minoritaires et risquent bien de savoir déjà s’exprimer en Français pour des raisons que l’on connait.
Ensuite, être transcrite en caractères latins, pour une langue, c’est tisser une parenté avec les langues les plus puissantes du monde telles que l’Anglais, l’Espagnol, le Français etc… et partager 76% de ses fondements avec celles-ci est un avantage dans leur apprentissage, et pour rien une langue telle que le Pulaar (et ses sœurs visées) ne renoncera à une telle position. Elle va plutôt l’exploiter jusqu’à la dernière graine d’énergie.

3– Argument culturel:
Contrairement à ce que prétend Ely Mustapha, le système latin n’a pas été un échec, au contraire! Il faut tout ignorer du processus de la transcription de ces langues et l’histoire des combats culturels menés, pour tenir ces propos. La littérature en Pulaar s’est beaucoup développée dans cette transcription. Une production de qualité s’est mise en place, les éditions Binndi e Jande, les éditions ARED, les éditions Papyrus Afrique sont des exemples de plateformes qui ont servi de trait d’union entre les écrivains et penseurs comme Yero Doro Diallo, Murtudo Diop, Aboubacry Moussa Lam pour ne citer qu’eux et les locuteurs qui ne se lassent pas de s’abreuver de toute cette production littéraire. Des livres de tout genre, Histoire, art, littérature, Sciences foisonnent aujourd’hui, et dans les coins de rue de Dakar, de Bamako, de Conakry ou de Nouakchott, il suffirait d’ouvrir les yeux pour observer des transactions dont l’objet à troquer est un livre écrit dans une de ces langues. Je ne citerai pas ces mensuelles qui sortent en Pulaar à Nouakchott, ni les nombreuses classes qui utilisent cette transcription pour apprendre et maîtriser ces langues, ni l’entrée depuis deux décennies presque des lettres pulaar (‘extra-latines’) dans le numérique. On peut se procurer des claviers en Pulaar, on peut écrire le Pulaar sur toutes les plateformes numériques.

4– Argument géographique
Il faut savoir que ces langues, en particulier le Pulaar, sont transfrontalières. Elles sont présentes dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et pour certaines, dans quelques pays de l’Afrique centrale; cohabitant avec d’autres langues. Ces pays peuvent se servir du même argument pour vouloir transcrire les langues présentes sur leurs territoires dans un seul système, cela risque fort de ne pas être le système arabe, alors Pr Ely Mustapha, irez-vous jusqu’à vouloir que le Pulaar soit écrite à la rive gauche du Sénégal différemment qu’à la rive droite? D’ailleurs, proposerez-vous aux maures Sénégalais d’écrire en caractères latins pour les mêmes soucis de standardisation?

5– Argument administratif:
Toute la littérature citée plus haut et qui est disponible dans ces langues, devra donc disparaître ou être traduite (ce qui nous retarderait beaucoup) alors que beaucoup de nouvelles œuvres sont à faire. Ceci n’est pas envisageable.
L’ACALAN (Académie africaine des langues) est une institution de l’OUA qui reconnait et adopte ces caractères.

Dr Mouhamadou Sy
University of Virginia

©️ Crédit source : Post Facebook de l’auteur : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=403731920551068&id=100027427912973

Communiqué du réseau  G5 SAHEL Contre l’Esclavage et pour la défense des droits humains


Né en marge du Colloque International sur le thème «Droit et esclavage en Afrique de l’Ouest » tenu à Bamako du 16 au 18 octobre 2017, au Campus Universitaire de Badalabougou-nouveau bloc de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako, le Réseau G5 Sahel anti-esclavage est un mouvement anti-esclavagiste actif dans les 5 pays du Sahel et composé des associations engagées dans la lutte contre l’esclavage dans l’espace sahélien qui abrite malheureusement les derniers bastions d’une pratique abjecte d’un autre âge. De sa création à aujourd’hui le réseau G5 Sahel anti-esclavage a tissé des relations avec des activistes et mouvement abolitionnistes, des chercheurs et organisations progressistes à travers le monde notamment au Sénégal, en Ile Maurice, en France, en Grande Bretagne.
Le raffermissement de ces relations a été concrétisé par l’appel lancé à Niamey, à la communauté internationale en marge du colloque international tenu du 18 au 20 Décembre 2018. A travers une déclaration dit Appel de Niamey, les associations Timidria du Niger, IRA-Mauritanie, TEMEDT du Mali, FESTICHAMS du Burkina Faso, Enfant ARED du Tchad et Gran Lekol Filozofi de l’Ile Maurice après une analyse peu reluisante de la problématique de l’esclavage dans les pays du Sahel ont exigé plus de rigueur de la communauté internationales en prenant des mesures contre ceux de ces pays qui sont inertes dans la lutte contre ce phénomène parmi lesquels la Mauritanie.
Au moment où la communauté internationale semble adopté une telle stratégie comme moyen de pression contre des pays récalcitrants comme la Mauritanie, nous sommes surpris et outrés, qu’en notre nom, un président d’une organisation mauritanienne (Fondation Sahel) s’exprime et sur la base d’une appréciation étriquée de la situation en Mauritanie demande la levée d’une mesure que les autorités américaines avaient prises contre l’Etat mauritanien qui perpétue l’esclavage et la discrimination, protège les esclavagistes et tortionnaires, réprime les abolitionnistes et militants des droits humains.
Nous sommes donc indignés que les efforts que nous avons consentis des décennies durant, avec l’aide des défenseurs de droits humains, dont beaucoup d’ONGs, d’organismes et de gouvernements, soient réduits à un bradage par des personnes prétendant appartenir à nos réseaux.
Aussi tenons-nous à rappeler que la déclaration faite par le responsable de cette association, après une visite au département d’Etat américain le 2 octobre 2019, affirmant l’inefficacité des sanctions par la suppression des privilèges de l’AGOA et sur l’urgence de soutenir le nouveau chef de l’Etat mauritanien par la levée de cette mesure, n’engagent pas les abolitionnistes mauritaniens et leurs collègues des ONGs anti-esclavagistes et des droits humains, au Sahel, en Afrique et de par le monde.
En tout état de cause, cette approche n’ayant pas l’adhésion du réseau G5 Sahel et des défenseurs des droits humains, nous, structures membres du réseau G5 Sahel anti-esclavage :
plaidons pour le maintien de ces sanctions , car c’est grâce à la pression internationale que des avancées significatives ont été notées dans la lutte contre les pratiques d’esclavage et ses séquelles en Mauritanie : la promulgation des lois criminalisant l’esclavage, la mise en place des tribunaux spécialisés dans la poursuite des esclavagistes ainsi que l’institutionnalisation de la journée du 06 Mars de chaque année comme journée nationale de lutte contre l’esclavage sur tout le territoire mauritanien ;
constatons et fustigeons ces dernières années une recrudescence d’un régime féodalo-esclavagiste soninké qui sévit impunément contre les abolitionnistes issus de cette communauté notamment dans une région du Sud Mauritanien, le Guidimagha ;
dénonçons la création et le financement des structures parallèles, favorables au système esclavagiste construit et entretenu par certains gouvernements dans le seul but d’infiltrer certains milieux associatifs et réseau des partenaires en vue de déstabiliser le combat mené par les vrais militants de lutte contre l’esclavage ;
estimons que c’est au nouveau président mauritanien , Mohamed Cheikh Ould GHAZOUANI de mériter la levée des sanctions liées à l’AGOA par une application totale et effective des lois en vigueur en Mauritanie portant sur la lutte contre les pratiques de l’esclavage et ses séquelles ainsi que par la déconstruction et la destruction du racisme domestique et d’Etat dont souffre des franges importantes du peuple Mauritanien ;
tenons à réaffirmer notre disponibilité à tout dialogue et échanges avec les autorités de nos pays respectifs, visant à améliorer notre lutte contre les pratiques de l’esclavage et séquelles en Mauritanie, et dans toute la sous-région.

✅Les signataires :

🔹️Timidria du Niger

🔹️Temedt du Mali

🔹️ARED du Tchad

🔹️FESTICHAMS du Burkina

🔹️IRA Mauritanie

🔹️GRAN LEKOL FILOZOFI de l’Ile Maurice

🔹️L’association des Haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E )

🔹️ARMEPES FRANCE

🔹️Collectif des associations de lutter contre l’esclavage en milieu Soninké

En exclusivité/ interview : Mr Moulaye El Hassen BABE nous édifie sur le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque

Un militantisme pro-Laïcité rime à quoi aujourd’hui en Mauritanie qui est officiellement une République Islamique. Ici dans l’interview à lire ci-après, Mr BABE Moulaye El Hassen, un activiste engagé dans le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque nous livre sa vision.

🔹️LE BLOG SONINKIDÉES – JOSE : Bonjour Mr Moulaye Elhassen, pouvez-vous faire une brève présentation de vous à nos lecteurs ?

🔹️BABE Moulaye El Hassene : Je m’appelle Moulaye El Hassene BABE, originaire de la commune de Maaden El Irvane près d’Aoujeft en Adrar. J’y ai passé ma petite enfance, élevé par ma grand-mère et mon grand oncle l’érudit tidjani très connu dans la région, feu Mohamed Lemine Ould Sidina.
Après le décès de ma grand-mère, ma mère m’a emmèné à Nouakchott. J’ai grandi dans les quartiers populaires Médina 3 et medina R. J’ai commencé le primaire à l’école 5 près de la mosquée Marocaine, et après un bref passage à l’école Al Quds à Toujinine, j’ai rejoint l’école « Le Petit Centre » à l’îlot K.
J’y suis resté du CP2 à la 3ème, avant de rejoindre le Lycée Français Théodore Monod, où j’ai fait les trois années du Lycée.
Après un Baccalauréat S (Scientifique) spécialité Physique-Chimie, je suis allé en France pour faire une Licence en Géologie, puis un BTS en Informatique.
Je suis militant pour les droits de l’Homme, notamment le droit au respect de l’intégrité morale et physique de l’humain. D’où mon engagement dans le mouvement: #Pour_une_Mauritanie_laïque.

🔹️Le BLOG S-J : Aujourd’hui, en cette fin d’année 2019, que pensez- vous de la situation de l’engagement Droit de l’hommiste en Mauritanie, acquis positifs et manquements ?

🔹️B. Moulaye : Il y a Aujourd’hui une floraison assez remarquable d’associations de la société civile qui militent pour différents aspects des droits de L’Homme dans le pays, reflétant un éveil ascendant de la conscience collective. La jeunesse se mobilise de plus en plus en ce sens, diversifiant les fronts de lutte: anti-esclavage, égalité hommes/femmes , laïcité, rejet de toutes les formes de stratifications sociales, protection des enfants, protection contre les violences conjugales, etc. Mais cette dynamique est très peu accompagnée par les décideurs, voire complètement entravée parfois par ces derniers, comme ça a été le cas pour le projet de loi concernant les violences fondées sur le genre. Loi protégeant pourtant les femmes, mais avortée, il y a deux ans, par des députés dont, paradoxalement, des femmes, sous prétexte de non conformité à la charia islamique.
Le pouvoir en place n’hésite pas à renforcer le système « religio-tribaliste » pour s’en servir dans des intérêts politiques. Visites à la veille de chaque élection, de délégations ministérielles, à des chefs tribaux n’occupant pourtant aucun poste formel. Ce qui compromet tous les efforts entrepris par les militants pour l’égalité des citoyens, et souffle sur les braises du communautarisme tribunal.
Mais il est à noter qu’une nouvelle forme de politique droitsdelhommiste est entrain de voir le jour; poussée en avant par des mouvances telles: l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste IRA, présidée par le Député Biram Dah Abeid; le courant laïque naissant #Pour_une_Mauritanie_laïque; l’Association des Femmes Chefs de Familles AFCF, présidée par la militante prix des droits de l’Homme de la République Française, Aminetou mint El Mokhtar; et d’autres associations et acteurs de la société civile qui commencent à peser sur les directives politiques.
Cependant depuis l’introduction en Avril 2018, par le conseil des ministres, du projet de loi abrogeant le fameux article 306 du code pénal, je considère personnellement qu’il ne s’agit pas seulement d’un manquement de nos dirigeants à leur devoirs de protection des droits humains, mais plutôt d’une totale irresponsabilité, une immaturité, et une inconscience cruelle de ces derniers. Ce qui laisse très peu d’espoir de les voirs dans un avenir proche prendre en considération les aspirations de la jeunesse en matière de droits de l’Homme. Seul un changement politique des figures du pouvoir en place, pourrait faire retrouver cet espoir.

🔹️Le BLOG S-J : Vous vous dites engagé dans le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque, sachant que la Mauritanie est une République Islamique, vous nous en dites quoi concrètement ?

🔹️B. Moulaye : Concrètement cela signifie que nous rejetons fermement l’islamisation politique de L’Etat.
Un humain peut adopter une religion, c’est un droit inaliénable que nous comptons préserver et renforcer, mais l’adoption d’une religion par un État, ça n’a aucun sens, quelle que soit cette religion.
Le Sénégal voisin n’a aucune religion d’Etat, le Burkina Faso non plus, le Mali, etc. Et leurs citoyens musulmans ne s’y portent que mieux.
Aussi nous savons, à la lumière de l’Histoire de notre pays, que ce mot « Islamique » n’est en réalité qu’un décor, qui n’a pas empêché L’Etat de fermer les yeux face à des décennies d’esclavage d’une bonne partie de ses citoyens musulmans, de fermer les yeux face au génocide et à la déportation d’autres concitoyens musulmans lors des événements 1989, et d’appliquer parfois « la Charia » seulement sur les plus faibles et d’en épargner les plus forts, avec un deux poids deux mesures qui suit un code d’hyerarchie tribaliste et raciste contraire même aux recommandations de l’Islam. Et ces contradictions flagrantes continuent jusqu’à aujourd’hui, sans aucune gêne, compromettant l’instauration de L’Etat de droit.
Nous pensons aussi que le terme « République Islamique » est incompatible avec la diversité religieuse des citoyens du pays, et constitue une discrimination idéologique et une grave atteinte au droit de conscience des citoyens. Il n’existe aucun pays sur terre où tous les citoyens sans exception sont de la même religion, à moins qu’ils nevsoient tous menacés de mort en cas d’adoption d’une religion différente de celle imposée par L’Etat, comme c’est le cas en Mauritanie avec l’article de loi 306 qui interdit aux citoyens sous peine d’être pendus ou exécutés par pelotons, d’adopter une autre religion que celle qu’il leur impose, l’Islam. Les citoyens non musulmans ayant peur pour leurs vies, n’ont ainsi d’autres choix que d’acquiesser dans le silence, et confirmer le chiffre100% de citoyens musulmans, MACHAALLAH.

🔹️Le BLOG S-J : Ne pensez- vous pas que l’islam qui est un référentiel social et spirituel de l’ensemble des populations mauritaniennes, puisse être une donnée fédératrice une fois dépoussiéré d’une certaine instrumentalisation, alors que la notion de laïcité très « étrangère » serait plus perturbatrice aujourd’hui ?

🔹️B. Moulaye : l’Islam n’est pas du tout un référentiel, ni social ni spirituel, qu’on peut généraliser à tous les citoyens. les minorités mauritaniennes non musulmanes ont elles leurs propres référentiels respectifs différents du référentiel « Islam » et qu’il faut savoir leur respecter autant qu’il faut savoir respecter aux musulmans le leur. Il est impossible de fédérer des humains dans un pays sur une base religieuse non commune à tous, et dont l’évolution est aussi aléatoire que le sont les opinions de chaque humain tout au long de son parcours de vie. Les convictions religieuses sont mobiles, elles meuves tout au long de la vie, et vouloir en faire un référentiel figé et l’imposer même aux citoyens qui ne sont pas encore nés, est une bêtise.
Le depoussierage de l’islam, nécessite déjà de se mettre d’accord sur les paramètres où critères ou outils permettant de distinguer ce qui ne serait que poussière et ce qui serait authentique?
À mon avis, il s’agit d’une utopie insensée, impossible à réaliser par manque déjà parfois de traçabilite dans les sources islamiques qui servent de matrice à la jurisprudence Malekite que notre pays a adoptée depuis son indépendance. Jurisprudence qu’il a renforcée par une loi de juin 2017 menaçant d’un à cinq ans de prison ferme tout citoyen qui oserait la contredire. Comment dépoussiérer quelque chose dont la simple contradiction peut vous coûter de la prison ferme ?
Le plus fort imposera toujours son interprétation de l’islam sur les autres. En Mauritanie les musulmans sunnites imposent le rite Malekite par la force, et interdisent par exemple tout prosélytisme islamique chiite dans le pays, le tout sur fond parfois de bras de fer geopolitique ou mendicité diplomatique auprès de certains pays du golf. C’est la jungle, la loi du plus fort.
Une simple volonté du président de la République peut changer l’interprétation par les « Oulémas » des commandements de Dieu, comme on a vu se passer dans l’affaire Dreyfus à la Mauritanienne (Mkheytir), où certains « clowns » de la chariaa, n’avaient même pas honte d’émettre des fatwas meurtrières et de les contredire quelques temps après sur simple volonté du président du Pays. La volonté de Dieu, elle, a tout à coup été mise sur le banc de touche.
Ces mêmes Oulémas, seuls capables éventuellement de déceler le vrai du faux dans les différentes exegeses coraniques, ont eux même prouvé leur malhonnêteté, à plusieurs reprises, et leur totale insouciance de la justice et de l’égalité des citoyens devant la loi. Nous sommes tous témoins de leur instrumentalisation de l’affaire Mkheytir, de leur silence et inertie face à l’esclavage, face aux événements 89, de leur mendicité constante auprès des dirigeants du pays, de leur instrumentalisation de la religion à des fins électoralistes etc.
Alors, si ni les dirigeants, ni les chefs religieux, n’ont la volonté de dépoussiérer l’Islam, ce n’est pas le citoyen lambda qui se mettra à l’œuvre, et même s’il tente de le faire, il se heurtera très rapidement à un manque d’authenticité des outils mis à sa disposition pour faire cette tâche. Il lui faudra dépoussiérer d’abord les outils: références historiques assez approximatives, archives de textes anciens islamiques dont la subjectivité des auteurs pose beaucoup plus de problèmes qu’elle n’en résout, etc. Ce qui le fera entrer dans un « machin » sans queue ni tête dont il ne sortira rien de concrètement prouvable ni objectivement acceptable ou adoptable unanimement par tous. En tout cas depuis le décès du prophète Mohamed (PSL) il y a 1400 ans, on n’a jamais entendu dire qu’une nation a déjà réussi à trouver et adopter le vrai Islam sous sa forme « gouvernance », et aucun Etat islamique contemporain, ne peut nous servir d’exemple; ni l’Arabie saoudite où sont concentrés les plus grands Oulémas, mais où sévit l’injustice, ni la tentative d’Etat Islamique en Irak et au levant, Daech, qui vient de coûter à l’humanité des millions de victimes entre morts et blessés.
Donc, ce fameux État Islamique juste et prospère, qu’on nous miroite depuis notre naissance, n’est rien d’autre qu’un rêve d’enfant candide et naïf.
Il est vrai que la notion de « Laïcité » est encore assez étrangère dans l’oreille d’une bonne partie de la population, mais ils s’y habitueront assez rapidement et l’assimileront à coups d’explications, de débats, et de rassurances. Les résultats des campagnes de sensibilisons sur la Laïcité ont été assez probants ces deux dernières années, puisque beaucoup de personnes réticentes au début à l’idée, ont finit par la rejoindre et militer pour.

🔹️ Le BLOG S-J : À la lumière d’une partie de votre réponse précédente, vous ne risquez pas de créer un amalgame entre laïcité comme cadre institutionnel neutre par rapport l’exercice du culte et des relents suspect d’un athéisme militant ?

🔹️B. Moulaye : Si par amalgame on entend, donner aux citoyens athées les mêmes droits qu’aux citoyens croyants, là nous pouvons déjà confirmer dès le départ, que telle est bien notre intention. Nous ne la cachons pas, au contraire nous en sommes très fiers et la crions haut et fort. Donc inutile de nous suspecter puisque notre démarche est on ne peut plus claire et transparente.
Nous savons qu’il existe des citoyens athées, nous savons qu’il existe des citoyens chrétiens, chiites, et même, mais certes dans une moindre mesure, des citoyens juifs. Et tout ce que nous savons, L’Etat Mauritanien et ses services de renseignements en savent certainement davantage. Nous refusons la politique de l’autruche suivie par nos dirigeants, et qui consiste à fuir ces questions sensibles aux détriment des droits des citoyens concernés. C’est irresponsable. C’est honteux. C’est lâche.
Dans un État de droit, chaque humain compte, et aucune loi qui prive un seul humain de son droit de conscience n’est admissible.
Suspecter quelqu’un d’athéisme, c’est aussi ridicule que de le suspecter d’être un peul ou un maure ou un végétarien. Être athée c’est comme être musulman, c’est à dire un choix personnel à respecter, et qui n’engage que son sujet. Ce n’est en aucun cas un crime ni un vice.
Par contre je comprends bien la crainte que pourraient avoir certains, de se retrouver dans un système qui restreint leurs droits dans leurs pratiques cultuelles. Ceux là doivent comprendre qu’au sein de notre mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque nous militons et militerons toujours avec exactement la même force et le même engagement contre toute tentative d’instrumentalisation de la laïcité à des fins qui puissent porter atteinte à leurs droits. La laïcité est le meilleur garant de ce type de droits.
Mais en réalité dans notre société, le culte est souvent pratiqué avec un sentiment de supériorité vis-à-vis des autres cultes ou orientations idéologiques. Une suprématie implicite, et même très souvent explicite, qui fait que certains citoyens sont tout simplement allergiques à toute éventuelle cohabitation avec d’autres concitoyens qui différent par leurs choix religieux. Là ce n’est par crainte de rien du tout, c’est juste une forme de racisme, d’incivisme et de mauvaise éducation. À ceux là, nous ne pouvons proposer que d’aller se faire soigner, ou prendre des cours d’éducation civique, car la discrimination sur base religieuse n’est pas acceptable dans notre pensée laïque.

🔹️Le BLOG S-J : Quelle est aujourd’hui l’ampleur de ce militantisme pro laïcité en Mauritanie? Et quelle est l’attitude des pouvoirs publics face à votre mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque ?

🔹️B. Moulaye : L’ampleur de ce militantisme est mesurable, dans un premier temps, par la qualité des porteurs de ses revendications.
Depuis le lancement du mouvement laïque, à la date du 17 février 2017, plusieurs personnalités, des politiques, des journalistes, des artistes, des acteurs de la société civile, des professeurs, des écrivains, des féministes, des présidents de syndicats estudiantins, et des hommes d’affaires, ont fait appel publiquement à la laïcisation de L’Etat.
Le mouvement a une page Facebook officielle suivie actuellement par un peu plus de 8000 personnes, et une chaîne YouTube sur laquelle sont publiées régulièrement ses activités.
Le premier jour du lancement du mouvement, une dizaine de journaux internationaux dont CNN, Alarabiya, et d’autres, ont dit avoir constaté des vagues sans précédents de revendications de la Laïcité en Mauritanie sur Facebook. Les journaux locaux ont fait le même constat. Deux ans et demi plus tard ces vagues se sont agrandies et se sont interconnectées.
Et tout ceci n’est que la partie émergente de l’iceberg, car la majorité des pros Laïcité n’osent pas encore l’exprimer, par peur d’être soupçonnés d’athétisme, de subir des pressions familiales, professionnelles, sociales, ou en ce qui concerne les politiques, peur de perdre une parti de leur électorat ou de leur popularité. Nous recevons tout de même beaucoup de messages de la part de ces laïques de l’ombre nous disant qu’ils nous soutiennent et qu’ils s’annonceront dès que leurs circonstances le leur permettront.
Il est à noter aussi que dans ce mouvement laïque il y a une diversité assez représentative du spectre des composantes éthniques du pays. On y retrouve parmi les plus actifs, des peuls, des soninkes, des Haratines, des Maures, des Maalmines (Forgerons) et des Wolofs.
Depuis deux ans et demi, les pouvoirs publics ne font que nous observer, pour le moment aucune attaque de leur part, ni soutien, n’ont encore été enregistrés.
Nous avions improvisé une première petite manifestation à Nouakchott, le 02 Juillet 2018, jour du sommet G5 Sahel et visite du Président français Emmanuel Macron à Nouakchott, et la police ne nous a pas inquiété, ou plutôt devrais-je dire, n’a pas eu le temps de nous inquiéter, car nous n’avions ni demandé une autorisation de rassemblement, sachant à l’avance qu’elle nous sera refusée, ni duré assez longtemps, afin éviter tout accrochage éventuel avec les autorités.
Par contre nous avons été beaucoup attaqué par les milieux islamistes, par les chefs religieux, par des espions infiltrés dans notre mouvement, et par certains politiciens aux calculs lâches. Mais face à notre persistance et notre consistance, l’impact de ces attaques est resté négligeable.

🔹️Le BLOG S-J : Quelles perspectives pour ce mouvement à court terme et à long terme ? Investir le champ politique comme parti ou s’inscrire davantage dans la mouvance Droit de l’hommiste d’éveil pour les uns ou de subversion pour les autres ?

🔹️B. Moulaye : La création d’un parti politique laïque n’est pas envisageable ni à court terme ni à moyen terme. Les pouvoirs responsables de l’instauration de lois complètement terroristes telles l’article 306 et ses semblables, ne vont certainement pas nous accorder une licence pour un parti laïque. Déjà que les Partis RAG et FPC, respectivement présidés par Biram Dah Abeid et Samba Thiam, sont injustement et inexplicablement non autorisés ce n’est pas le notre qui le sera.
Cependant les militants laïques au sein des partis politiques et des associations de la société civile, pèsent de plus en plus dans les directives de ces derniers. Certains partis autorisés et reconnus ont des bureaux exécutifs composés presque à moitié de laïques. Et des politiciens assez ouverts d’esprits rejoignent progressivement l’idée de la Laïcisation de L’Etat.
Mais notre concentration se porte surtout sur la sensibilisation des populations afin de créer une base sociale solide, pesante électoralement, qui puissent encourager les décideurs laïques à agir sans crainte pour leurs postes ou leurs intérêts politiques. Et cette base sociale grandit chaque jour, à travers des débats quotidiens sur plusieurs plate-formes, notamment des groupes WhatsApp pilotés par des laïques, des groupes et des lives Facebook, des réunions de cafés, des débats dans les taxis, etc.

🔹️ Le BLOG S-J : Les visées pour une laïcisation de l’État nécessite forcément une réforme constitutionnelle, n’êtes vous pas dans une utopie eu égard des réalités sociales et politiques d’aujourd’hui ?

🔹️B. Moulaye : Beaucoup de ce qu’on appelle « réalités sociales » en Mauritanie, n’est que façades, hypocrisies, et schizophrénies. Nous connaissons parfaitement les vraies réalités de notre société, celles toujours voilées et non avouées.
Pour nous, la laïcité est une question de vie et de mort. Il en va de manaces qui pesent directement sur le droit à la vie de certains citoyens. Il n’est pas logique de défendre le citoyen lorsqu’il est menacé par une simple discrimination raciale ou basée sur le genre, et de baisser les bras lorsque sa vie et son existence même servent de balle de ping-pong entre quelques barbus fous, et quelques dirigeants politiques irresponsables et inconscients.
Nous sommes filles et fils de ce pays, c’est notre terre, celle de nos ancêtres, nous avons notre mot à dire, et nous ne comptons pas laisser libre champs à quelques obscurantistes incultes qui minent notre constitution et notre code pénal d’absurdites moyenâgeuses qui n’ont rien à enviers à l’idéologie nazie. Préconiser par exemple la pendaison d’un être humain, sur simple choix d’orientation religieuse est inacceptable et inadmissible.
Nous avançons méthodiquement, nous maîtrisons les mécanismes de notre société, nous disposons de tout un arsenal de moyens de pression qui finira certainement par faire effet sur nos dirigeants; peut-être un peu lentement, mais très efficament.
Ces deux années et demi de combat pour la Laïcité, nous ont permis, d’une part, de faire une évaluation empirique très précise de nos capacités de persuasion vis-à-vis des populations, et d’autre part de pouvoir bien mesurer l’interaction de ces dernières avec cette revendication. Nos constatations en ce sens, nous encouragent à continuer.
Nous misons également sur un concours, qui se profile de plus en plus, entre différentes forces progressistes dans la société civile; et sur une étroite collaboration avec certains acteurs politiques honorables et courageux, pour parvenir à faire triompher les droits de l’Homme et notemment le droit à la liberté de conscience, dans le pays.
La vérité et la justice finissent toujours par triompher.

🔹️Le BLOG S-J : votre dernier Mot à l’endroit de nos lecteurs, et nous vous remercions vivement d’avoir accepté notre interview.

🔹️B. Moulaye : J’appelle vos lecteurs à rejoindre ce mouvement, en brandissant son drapeau sur leurs photo de couvertures Facebook en, faisant des publications accompagnées du hashtag #Pour_une_Mauritanie_Laïque, ou en arabe #نريد_موريتانيا_علمانية.
C’est à travers ce mot-clic qu’on arrive à se coordonner entre militants, car un clic sur ce mot-dièse permet de ressortir par Facebook, par exemple, une liste de personnes l’ayant utilisé. Ainsi, nous prenons contact les uns avec les autres, buvons un verre de thé à l’occasion, et débattons des démarches et activités de sensibilisons qu’on peut mettre en place pour rendre au citoyen Mauritanien toute sa dignité.
Je les invite également à interagir avec nos plate-formes, page Facebook officielle et chaîne YouTube, dont les liens sont ci-joints ( https://www.facebook.com/Pour.une.Mauritanie.laique/, https://www.youtube.com/channel/UCQOZ7ZFDUYNu91w5DuWpPaQ ) , s’ils veulent se renseigner davantage sur le mouvement.
Enfin, je tiens à rassurer vos lecteurs, que nous les laïques n’avons aucunes intentions autres que la justice et l’égalité de tous les citoyens. Nous aimons notre pays, nous ne combattons pas l’Islam, nous ne sommes téléguidés par aucune force étrangère, et nous n’importons pas aveuglement des idées reçues de l’Occident. Nous combattons uniquement les instrumentations de l’Islam par certains mal intentionnés qui en font une source de lois qui portent atteinte à la dignité humaine. Et nous puisons nos pensées laïques de notre propre sens de la justice.
Merci beaucoup à Vous pour m’avoir invité à cette interview sur votre plate-forme médiatique Soninkidees-Jose.

✅Propos recueillis par K.S pour le BLOG

Mauritanie/Diaspora- Europe : la rencontre avec le président Biram Dah Abeid à Paris.

Ce samedi 21 septembre 2019, le leader abolitionniste mauritanien et Prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains, le président Biram Dah Abeid avait rendez-vous à Paris avec la diaspora mauritanienne. L’occasion a été pour le célèbre militant antiesclavagiste devenu une figure incontournable de la scène politique mauritanienne depuis une décennie, de remercier vivement la diaspora militante et ses soutiens, et d’exprimer ses salutations citoyennes l’ensemble de la communauté mauritanienne d’Europe. Arrivé deuxième à l’élection présidentielle du 22 juin 2019, le député Dah Abeid accaccompagné de son épouse la brave Leila, s’est exprimé en donnant quelques éléments édifiants sur le scrutin passé et sa suite qui avait été dangereusement tendue et piégée selon lui. L’homme de l’année Time Magazine 2017 dans la cacatégorie Droit de l’hommiste, admet que selon le comptage de sa commission technique lors du scrutin, son pourcentage véritable est situé vers les 26% malgré les fraudes organisées par le pouvoir dans certaines zones bien identifiées. Par ailleurs il a révélé que certains opposants lors cette échéance électorale s’opposaient à lui prioritairement plus qu’au camp politique du pouvoir. Lors de la rencontre, 2 responsables de l’organe politique du candidat en Europe ont pris la parole , Mr Fall Elhadj et Mr Moulaye Elhassen, pour remercier vivement tous les engagés de tous les bords au sein de la diaspora lors de la campagne et expliciter ce que représente la voie politique incarnée la personnalité de Biram aujourd’hui. Par la suite, Monsieur Biram Dah Abeid s’est dit résolu à poursuivre plus que jamais pour l’instauration d’un véritable état de droit en donnant rendez-vous en 2024. Cet événement de retrouvailles entre le président Biram et la diaspora, a été brillamment animé par Mr Magassa Diabé dit Thomas.

Pour rappel, lors du scrutin présidentiel côté Diaspora – Europe, le candidat BDA est arrivé largement en tête avec environs 1630 voix sur un électorat de 4115 inscrits .

👇Trouvez ci-dessous sa communication destinée à la diaspora, diffusée aux médias :

✅Biram Dah Abeid : NOS ENGAGEMENTS POUR LA DIASPORA

Chers concitoyennes et concitoyens établis à l’étranger, ma conviction, chevillé au corps, est que votre potentiel sur les différents domaine de la vie sociale, économique, politique est culturelle n’est pas exploité à sa juste valeur.

Je constate malheureusement que les autorités mauritaniennes ont mis les braves concitoyens que vous êtes dans des situations administratives et juridiques déplorables. L’absence d’une politique incitative claire, proactive a des conséquences sans précédent sur vos vies emplies de bravoures.

Les Mauritaniennes et Mauritaniens établis au sein de la diaspora sont nos véritables ambassadeurs, nous leur devons respect, protection et une attention bienveillante.

La diaspora est caractérisée par un dynamisme notoire, une productivité, un sens aigu de l’innovation mais également par des liens humains et économiques et sociaux au service de la communauté.
C’est dans ce sens que je me suis engagé lors de la présidentielle du 22 juin 2019 à porter vos revendications sur la place publique. De la question de la double nationalité, en passant par des services consulaires de proximité, sans oublier la promotion de l’investissement de la diaspora, je vousexpose ici les priorités qui vous préoccupent.

L’accés automatique à la double nationalité est un impératif juridique qu’il faut adopter rapidement. Cette reconnaissance doit se faire de façon automatique.

Notre engagement était par ailleurs de mettre en place un solide réseau de services consulaires de proximité qui s’occupera de l’état civil dans son ensemble.

Je porte le projet de création d’un centre de production, dit de proximité, des passeports et cartes d’identité.
La nationalité mauritanienne se transmettra directement par filiation. Il suffit qu’un des parents soit de nationalité mauritanienne afin que ses enfants en disposent de façon automatique même si l’autre parent est de nationalité étrangére.

Afin que l’argent de la diaspora et sa force productive servent au developpement nous proposons la création d’une banques de la diaspora qui financera le developpement local en garantissant des prêts attractifs avec un taux incitatif.

🔹️ Promouvoir l’investissement agricole

🔹️Promouvoir l’investissement immobilier

🔹️ Promouvoir l’investissement dans les équipements
touristiques

🔹️Faciliter le transfert d’argent de la diaspora

🔹️Mettre en place une politique incitative d’investissement dans les différents secteurs de l’économie

Les besoins de la diaspora touchant l’ensemble des secteurs de la vie, je partage avec vous ici nos engagements relatifs à l’implication de la diaspora.

■Renforcer la qualité d’accueil dans services consulaires et diplomatiques

■Renforcement service état civil dans représentations diplomatiques

■Assurer via la compagnie nationale de transport aérien des rotations hebdomadaire avec des billet moins cher et plus attractif

■Faire de l’immigré un acteur de développement

■Promouvoir l’épargne des immigrés au service du développement du pays

■Création d’une banque de la diaspora

■Faciliter l’accès à la propriété

■Avoir un conseil consultatif des Mauritaniens d’étranger

■Elire le député via la diaspora : élection directe

■Création d un secrétariat d’état du Mauritanien de l’étranger : pour faciliter le retour et création d’entreprise

■Mettre ne place un fonds de solidarité en paralléle des bourses d’études pour l’ensemble des étudiants.

■Baisser les taxes pour les immigrés : faire entrer une voiture, etc……

■Mettre fin aux tracasseries administratives/Faire sauter la limite d’âge pour

■Faire sauter la limite d’âge pour l’accés à la fonction publique afin de profiter de l’expertise de nos ressortissants de l’étranger.

■Signer des accords bilatéraux de transferts des points de retraites à la caisse nationale de sécurité sociale de Mauritanie

■Appui à la mise en place d’accords de coopération bilatérale pour protéger, sécuriser les mauritaniens résidents à l’étranger.

BIRAM DAH ABEID

🔹️Un bref photoreportage :

©️Réalisé par KS pour le BLOG