Communiqué de presse du mouvement Pour une Mauritanie laïque

Communiqué:

Après l’apparition de vidéos qui ont été largement partagées sur les réseaux sociaux, et dans lesquelles on voit des citoyens danser et chanter dans une fête qu’ils ont organisée dans la capitale Nouakchott, le 11 janvier 2020; des rumeurs ont circulé sur l’appartenance des individus concernés à la communauté homosexuelle, et sur le fait qu’il s’agirait d’une cérémonie de mariage entre deux d’entre eux.
Cela a incité les hautes autorités du pays à ordonner l’ouverture d’une enquête sur l’événement.
Très tôt l’enquête de la police a conclu que la rumeur de mariage n’était pas fondée, et qu’il ne s’agissait en réalité que de l’anniversaire de l’un des participants à la fête, à laquelle il avait invité ses amis du même groupe social.
Mais par la suite, nous avons été surpris dans le mouvement #Pour_une_Mauritanie_laïque, par :

  • L’insistance des autorités à maintenir en détention, sans motifs juridiques, les personnes concernées; à les photographier et à les filmer dans des situations humiliantes à l’intérieur des postes de police, puis publier leurs informations privées, photos, vidéos, noms et prénoms sans leurs autorisations et sans aucun respect de la loi à leur encontre.
  • L’annonce des autorités, par le biais du commissaire de police autorisé et sur les écrans de la télévision nationale mauritanienne, de leur engagement à punir les individus interpellés.
    Ce qui nous laisse nous demander: par quel droit les autorités s’engagent-t-elles à punir des citoyens qui n’ont même pas encore comparu devant un tribunal et qui n’ont encore été reconnus coupables d’aucune infraction ?
    Ensuite, les punir pour quoi exactement, et selon quels articles du code pénal?
    Si c’est pour leur appartenance à la communauté LGBT, ils ne sont pas les seuls à appartenir à ce groupe social dans le pays. Il y a des homosexuels dans tous les groupes ethniques mauritaniens et ils ne sont pas nouveau-nés, leur existence précède l’émergence même de l’État mauritanien, et l’émergence de ses tribunaux et constitutions.
    Et si la punition promise est pour avoir organisé une fête d’anniversaire et y avoir dansé et chanté, il n’existe aucune loi dans le pays qui interdit cela. De plus, ce n’est pas la première fois que des individus de ce groupe social participent aux fêtes et aux cérémonies de mariage, dans la capitale et à l’intérieur du pays.
    Par conséquent, et sur la base de nos principes laïques et de notre profonde conviction que tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et en dignité, nous alertons l’État et le peuple sur les points suivants:
    1– Nous condamnons avec la plus grande fermeté le comportement illégal, irresponsable et immoral, qu’ont commis et que commettent encore les autorités de notre pays à l’encontre de nos concitoyens innocents.
    2– Nous demandons aux autorités de libérer sans délais ces personnes innocentes, de les rendre à leurs familles et à leurs proches, de poursuivre en justice les éléments de la police responsables des violations de la loi et des droits de ces détenus, et d’indemniser les victimes pour les préjudices que leur ont causé les violations de leurs vies privées par la police.
    3– Nous portons à la connaissance de la communauté homosexuelle en Mauritanie que nous nous tenons à ses côtés, que la Mauritanie nous appartient à tous, et que nous n’accepterons l’exclusion d’aucun citoyen sur simple différence de couleur de peau, de croyance ou d’orientation sexuelle.
    4– Nous demandons aux plus hautes autorités du pays de prendre leurs responsabilités et de supprimer toutes les lois racistes et terroristes qui oppriment et menacent des vies innocentes sur la base de simples différences de croyances ou d’orientations sexuelles.
    5– Nous informons tous les citoyens, que nous ne serons jamais silencieux et ne reculerons jamais dans notre guerre contre l’ignorance, l’injustice et la tyrannie tant qu’il y aura une loi dans le pays qui fait du tort à nos concitoyens innocents.
    6– Nous demandons à la Commission nationale des droits de l’Homme, et à tous les organismes et organisations des droits de l’Homme, locaux et internationaux, opérant en Mauritanie, de jouer leur rôle naturel dans la protection de cette minorité sociale, qui a longtemps été une proie facile sur laquelle l’Etat et la société pratiquent toutes sortes d’oppressions et d’atteintes à la dignité humaine.

  • Le mouvement #Pour_une_Mauritanie_Laïque, en date du 25/Janvier/2020.

نريدموريتانياعلمانية

©️ Crédit source : Reçu de Réseaux Pour Une Mauritanie laïque (25/1/2020)

✅COMMUNIQUÉ DE PRESSE : LE COLLECTIF FÉDÉRAL D’ASSOCIATIONS DE LA MOUVANCE ABOLITIONNISTE TRANSNATIONAL GANBANAAXUN FEDDE.

L’engagement abolitionniste et anti-esclavagiste (l’esclavage par ascendance chez les soninkés) sous le vocable GANBANAAXUN FEDDE avait été initié en 2010 avec la création de l’association ARMEPES- France ( Association des Ressortissants mauritaniens pour L’éradication de pratiques de l’esclavage et ses séquelles). Par la suite, le 5 octobre 2016, l’ancien secrétaire général d’Armepes, monsieur TRAORÉ GAYE TENE, devenu président depuis, créait le forum GANBANAAXUN FEDDE sur la plateforme Whatsapp pour enclencher la sensibilisation et la conscientisation. Ainsi ce forum connaît depuis un succès international à travers les communautés soninkés au sein desquelles les mentalités féodalo-esclavagistes sont très vivaces. D’innombrables entités virtuelles (groupes whatsapp et autres) se sont constituées avec ce label vocable GANBANAAXUN FEDDE pour mener l’engagement abolitionniste. À noter d’autres initiatives associatives dans nos pays d’origine et dans les diasporas soninkés, (Mali, Sénégal, Mauritanie et Gambie)

Au niveau associatif, en parallèle d’Armepes-France (l’association mère de GANBANAAXUN FEDDE), 2 associations aux objectifs similaires sont mises en place par des ressortissants maliens et sénégalais. Elles sont le RMFP (Aile GANBANA Mali) et l’ ASSEP ( Aile GANBANA Sénégal). Aujourd’hui ce sont ces 3 associations (ARMEPES, RMFP ET ASSEP) qui composent officiellement le collectif fédéral GANBANAAXUN FEDDE INTERNATIONAL.

Par ce communiqué commun, nous adressons à nos membres, sympathisants, à nos partenaires internationaux , aux organismes indépendants, et aux universitaires chercheurs intéressés par le sujet, ce message d’information et de clarification concernant la genèse et la légitimité de la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste GANBANAAXUN FEDDE.

🔹️Nos contacts :

~Téléphone : +33 6 46 61 66 22

~Émail : ganbana@hotmail.com

~Site internet : http://www.ganbanaaxufedde.com

~Page officielle Facebook : https://www.facebook.com/ARMEPES/

Paris, 22 janvier 2020

■Signataires : ARMEPES, RMFP ET ASSEP (GANBANAAXUN FEDDE INTERNATIONAL)

Mauritanie/ Droits Humains : L’expulsion de l’activiste français Jean-Marc Pelenc – le communiqué du commissariat aux Droits de l’homme.

CDH – L’ expulsion de l’activiste français Mr Jean Marc Pelenc le 10 janvier 2020 après l’obtention de son visa d’entrée en Mauritanie, est un acte isolé qui ne s’inscrit pas dans la logique et l’esprit du dialogue et d’ouverture suivi depuis l’alternance démocratique consécutive à la présidentielle de juillet 2019.

Cet événement traduit la persistance de dysfonctionnements administratifs dont la prise en charge constitue un axe majeur de la politique du Gouvernement.

La République Islamique de Mauritanie, terre de rencontres, de brassage et d’hospitalité est ouverte aux visiteurs quelque soient leurs opinions,origines ou religions.

Nouakchott, le 13 janvier 2020

Mohamed El Hassen Ould Boukhreiss

Commissaire aux droits de l’Homme, à l’action humanitaire et des relations avec la société civile

©️ Crédit source : http://www.cridem.org

IRA – MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE

1. Tard en soirée du 13 janvier courant, Madame Mariem Aoufa, Directrice du département Amérique et Asie au ministère des affaires étrangères et de la coopération, publiait un avis de démission, sur son compte twitter ; l’avant-veille, elle y soutenait l’expulsion d’un Français, Jean-Marc Pelenc, chef d’une section, dans son pays, de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (Ira-M) ; elle le qualifiait alors de « ce juif » et l’exposait ainsi au risque d’atteinte à l’intégrité physique, en lui imputant une relation – d’ailleurs fictive- avec le journal Charlie Hebdo, victime, en 2015, d’une tuerie terroriste, à Paris.
Par la même occasion, Madame Aoufa dit respecter peuples et religions, reconnait l’erreur et présente des excuses, aux personnes que son propos blesserait.

2. Ira Mauritanie prend acte de la contrition et salue le courage de l’auteur, dans un environnement mental où l’impunité et l’extrémisme religieux favorisent plutôt la banalisation du fait accompli. Un cas similaire mérite mention : à la fin de l’année 2019, le juge d’instruction du 1er cabinet près la Cour criminelle de Nouakchott Sud, Ethmane Ould Mohamed Mahmoud, renonçait à sa charge ; quelques semaines auparavant, en septembre, il livrait une mineure victime d’esclavage, à ses maitres et annulait leur détention, pourtant réclamée par le Parquet. Les deux évènements augurent d’une dynamique qualitative vers l’Etat de droit, malgré la sédimentation du passif et du déni, devant l’évidence de crimes aggravés de racisme.

4. En conséquence, l’Ira-M, Ong toujours interdite, félicite le gouvernement, sans doute vecteur d’un tel dénouement et l’encourage à une réforme, en profondeur, du personnel de l’Etat ; il importe d’y vérifier les diplômes, les aptitudes, le niveau de formation et surtout les causes indues de recrutement. Il n’est pas superflu de réaliser un tel audit, lequel implique la restauration du mérite, la fin des discriminations fondées sur l’ethnie et la langue, l’enseignement de la déontologie, du protocole et du savoir-vivre moderne. La composition des agents du ministère des affaires étrangères et de la coopération, en dépit de la diversité de leurs talents, témoigne d’inégalités et de privilèges, incompatibles avec les rudiments de la citoyenneté. Le grief n’épargne d’autres secteurs de la fonction publique mais il revêt, chez nos diplomates, un degré inouï d’injustice. Il appartient, au nouveau Président de la république, d’insuffler les réformes, jusqu’ici différées sous le prétexte de « laisser le temps au temps », la fameuse devise de la stagnation. Les nominations en Conseil des ministres attesteront du renouveau escompté ou l’infirmeront, assez vite.

5. Enfin, Ira-M, au nom de son ancrage universaliste, continue à diffuser et promouvoir les valeurs d’hospitalité, de tolérance et de xénophilie, gages d’unité de l’espèce humaine, envers et contre les passions de la supériorité et les démons du différentialisme. L’adhésion à une organisation de défense de la dignité de l’individu dépasse les obstacles de nationalité et de frontière.

Nouakchott – 14 Janvier 2020

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

RMI-INFO AWARDS 2019 : Un bref photoreportage de notre Blog !

Ce vendredi 10 janvier 2020, a eu lieu la première édition RMI-info Awards , au sein de l’Espace du Patronage Laique Jules Vallès situé au 72 avenue Félix Faure, Paris 15. RMI-info.com est un organe médiatique multimodal très dynamique au sein de la diaspora mauritanienne en Europe. Autour de Mr Saidou Wane, une talentueuse et prometteuse équipe assure son fonctionnement de média moderne et libre axé entre autres sur l’expression de la diversité culturelle et d’opinions politiques. Et cette grande première de Rmi-info Awards, a été un événement convivial et citoyen avec des nominés respectables dans différentes catégories et au final des Primés valeureux choisis par le jury. Côté public, retrouvailles et rencontres ont été certainement appréciées et fructueuses. Pour parler des Primés 2019, je salue et félicite tout le monde ayant été sacré dans divers domaines (Entrepreneuriat, Social, Culture, Économie, Droits humains, Sciences et Autres).Et mes encouragements et mes félicitations à l’endroit de l’équipe organisatrice Rmi-info Awards et ses partenaires pour cette initiative et sa réussite. Ma sincère reconnaissance pour l’invitation en mon nom personnel et au nom de notre BLOG SONINKIDÉES – J’OSE.

《🏆 RMI Awards 2019 voici le palmarès

📚Livre de l’année : L’Oubli volontaire (Mohamed LAM)

🧑🏽‍💼 Entrepreneur de l’année : Abdoulaye Sy (Obconnect)

✊🏼 Initiative associative de l’année : Couverture Maladie (l’EED)

👨🏻‍🎨 Artiste de l’année : (Diam Min Tekky)

🏳️ Association de l’année : AJMF (association des jeunes mauritaniens en France) Abdallah Ould Mohamed

💼 Entreprise de l’année : CADORIM (Mohamed M Ould Neine & Mohamed Mbeirik)

🎞 Film De l’année : Ganda le dernier Griot (Ousmane Diagana)

👨🏿‍🎓 Thèse de l’année : Abdoulaye Sow

👩‍💼 Femme de l’année : Kor Samba Mint Messaoud (Miss Mauritanie en France)

👨🏽‍💼 Homme de l’année : Ibrahima Fadeh (CENI France)

🏅 Prix spécial du jury Hors Diaspora : Mekfoula Mint Brahim

🎖 Prix spécial du jury : Heydi

📺 RMI-info.com La #Mauritanie 🇲🇷 et ses actualités》🔹️Source : Page officielle Facebook RMI-info.com

✅l’événement en quelques photos :

Merci et Courage RMI-INFO

🔹️Par KS POUR LE BLOG

Flash info – Mauritanie : le président d’IRA – France expulsé par les autorités .

《Jean-Marc Pelenc, président d’IRA France-Mauritanie, fraîchement arrive à Nouakchott, vient d’être arrêté et expulsé alors qu’il avait un visa en bonne et due forme et était attendu par l’ambassadeur pour un entretien.》Réseaux IRA-MAURITANIE

Nous apprenons ce vendredi 10 janvier 2020, l’arrestation et l’expulsion de Mr Jean-Marc PELENC, président de la section France du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA – Mauritanie. Il était à la tête d’une délégation venant de la France ces dernières heures. Selon les premiers éléments d’informations recueillis, les membres de la délégation avaient franchi le contrôle Visa à l’aéroport international Oum Tounsi et c’est après que Monsieur Pelenc aurait été rappelé et conduit au sein de l’aéroport par un policier. Par ailleurs les autres membres venus de France n’ont pas été inquiétés pour l’instant dont l’épouse de Jean- Marc Pelenc. Cette expulsion peut être considéré comme un premier couac par évidence pouvant affectant l’ambiance d’apaisement entre les autorités mauritaniennes et les milieux Droit -de-l’hommistes depuis l’élection du président Ghazouani en juin 2019. Nous suivons de près les développements que va susciter cette décision à la fois surprenante et étrange.

K.S pour le BLOG S-J

Mauritanie : Violations des droits économiques et sociaux, sur fond de discrimination (IRA-MAURITANIE)

🔹️Note d’information

La brigade de gendarmerie en charge de la zone aurifère de Chami (Wilaya de Dakhlet Nouadhibou) arrêtait, le mardi 7 janvier 2020 à 15 heures, le nommé Mohamed Mohamed Lemine, descendant d’esclave, militant du mouvement de résurgence abolitionniste en Mauritanie (IRA – Mauritanie) et son représentant au niveau local.

L’interpellation de Monsieur Mohamed Mohamed Lemine intervenait à la suite d’un échange de propos entre celui-ci et le gendarme de quatrième échelon, Mohamed Salem, proche collaborateurs du capitaine Haddi Kleib nouvellement affecté au maintien de l’ordre sur le périmètre. La discussion des deux hommes tournait autour du défaut d’équité dans attribution de parcelles d’orpaillage ; en effet, le grief nourrit le ressentiment de milliers de chercheurs, d’extraction humble, devant les concessions et facilités accordés aux miniers et spéculateurs bidhane. La différence de traitement prolonge le privilège tribal et vient consacrer le passage, parmi les travailleurs manuels, de la condition de serviteur dès la naissance, à celle d’esclave moderne. Naguère comme aujourd’hui, la division sociale de la souffrance n’évolue ; mêmes misérables et soumis à l’épreuve du soleil et de la soif, le maitre d’antan et l’ancien captif vivent l’expérience perpétuelle de la différence, face à l’Etat. Malgré la ratification d’instruments du droit international qui protègent, la personne, de la précarité et du travail indécent, la Mauritanie rechigne à les appliquer, d’abord du fait de leur concours à la citoyenneté de pleine jouissance.

La connotation des termes proférés par le soldat, révèle l’usage d’expressions appartenant au registre du mépris, voire de la haine, tous déclinés en raison de la naissance ou de la race. Mohammed Mohamed Lemine subit la logique de l’affront et de l’exaction qu’endurent les membres d’ IRA – Mauritanie et la majorité des noirs de Mauritanie, à cause de leur engagement contre les inégalités, le déni de justice et l’occultation du crime.

Victime du zèle des forces de sécurité, Mohamed Mohamed Lemine n’échappe à sa condition, d’ouvrier fossoyeur, sans le sou, qui creuse son salut loin dans la rigidité du sol ingrat. Il ne dispose de secours, de soutien ni d’un avocat pour le soustraire au fardeau hérité de siècles d’arbitraire et d’impunité.

Nouakchott, le 9 janvier 2020
La commission de communication

©️ Crédit source : Réseaux IRA-MAURITANIE

L’édito Cri Osé : Ces extrémistes féodalo-esclavagistes soninkés désarçonnés qui veulent se faire du BIRAM. Quelle tristesse !

Le 20/12/2019, j’écrivais ce post et en ces débuts 2020, je le réitère parce que certains milieux soninkés n’arrivent pas à digérer l’exposition médiatique à l’échelle nationale et internationale de la question de l’esclavage coutumier par ascendance ancré dans la communauté. Ils essaient de « TOUT » mettre sur le compte du président Biram Dah Abeid, et par une cabale diffamatoire abjecte. Le prix Onusien 2013 pour son engagement pacifique pour les Droits Humains, serait le diviseur de soninkés, ils oublient au passage que l’hermétique système de castes dans la communauté est basé sur une stratification sociale où LA SÉGRÉGATION ET LA DISCRIMINATION SONT ÉRIGÉES EN VALEURS DIVINISÉES QUI DIVISENT ET SUBDIVISENT LES ÊTRES HUMAINS EN « PURS ET IMPURS » SOCIALEMENT.
Aujourd’hui l’éveil abolitionniste et anti-esclavagiste au sein de la communauté soninké, est assumé et mené OUVERTEMENT et DIGNEMENT par des vieux soninkés, des femmes soninkés, des enfants soninkés, des hommes soninkés à travers le monde depuis 2010. Et même si l’effet Whatsapp à partir d’octobre 2016 via les plateformes Réseaux #GANBANAAXUN_FEDDE, est remarquable.

Au passage, je rappelle à CEUX qui ont un train de retard de suivi d’observateur ou de « partisan » de l’engagement abolitionniste du président des Réseaux IRA-MAURITANIE , qu’un certain 18 octobre 2014 (http://www.cridem.org/C_Info.php?article=662175), Monsieur Biram Dah Abeid s’était déjà exprimé sur cette problématique avec des termes vifs lors d’une rencontre organisée par UVDS à Nouakchott.

✅ l’esclavage et la féodalité : entre paradoxes et hypocrisies! (20/12/19)

Certains communautaristes « cerveaux attardés » foncièrement biberonnés aux références féodalo-esclavagistes, s’attaquent honteusement via whatsapp en soninké au président Biram Dah Abeid. Pour cause, ils ne supportent pas qu’il s’intéresse aux contentieux liés à la culture apologétique de l’esclavage coutumier par ascendance dans la communauté soninké notamment via certains groupuscules connus et leurs complicités diverses. Ceux-là même qui peuvent « chanter » Biram en « champion des Noirs de Mauritanie » hier pour assouvir leurs tréfonds racistes et anti- baydhane, l’accusent aujourd’hui par des méthodes lâches et diffamatoires . La Justice et la demande du Droit ne s’appliquent pas par compromissions communautaristes et les faux-semblants.

Qu’ils boivent un peu de fondé, on ne se protège pas par le NON-DROIT (velléités dominatrices du régime féodalo-esclavagiste intracommunautaire)

Mon soutien ferme à lui.

Le lien : https://soninkideesjose.wordpress.com/2019/12/20/lesclavage-et-la-feodalite-entre-paradoxes-et-hypocrisies/

Mauritanie/ Portrait : Biram Dah Abeid, l’homme qui a marqué la décennie 2008 – 2019, par Cheikh Aïdara.

S’il y a un acteur qui a marqué la scène politique et droit de l’hommiste en Mauritanie durant la décennie 2008-2019, c’est bien Birame Dah Abeid. Deux périodes peuvent être distinguées dans la vie de cet illustre personnage. Une période que certains qualifient de provocatrice et de radicale dans son combat contre l’esclavage qui va de 2008 à 2014, et la période suivante où son discours évolue compte tenu de son statut de présidentiable qui cherche à brasser plus large. Outre l’électorat haratine et négro-africain qui forme l’essentiel de son contingent politique, il aspire désormais à séduire l’électorat arabe.

Sa popularité dépasse les frontières de la Mauritanie et son aura en fait aujourd’hui le politique et l’activiste des droits de l’Homme qui a le plus marqué la décennie 2008-2019, en particulier l’année 2019. Son élection comme député à l’Assemblée Nationale à partir d’une cellule de prison en septembre 2018 et son arrivée en 2ème position aux élections présidentielles du 22 juin 2019, face à des ténors politiques, un ancien Premier ministre, une coalition de Halaybé et un leader historique, sans structure politique et sans soutiens financiers forts, constitue un exploit inédit. Il, c’est Birame Dah Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), député à l’Assemblée nationale, deuxième sur les deux dernières élections présidentielles (2014 et 2019), et l’un des défenseurs des droits de l’homme le plus titré du continent.

En somme, la vie de Birame Dah Abeid ressemble à s’y méprendre à celle des grandes figures noires de l’Histoire contemporaine, à l’image de Martin Luther King, Malcom X, Nelson Mandela, pour ne citer que ces hommes aux destins si croisés et semés d’embûches. Des destins tissés autour de combats pour un idéal, l’égalité des races et la justice sociale, notamment en Mauritanie, pays traversé par des courants et des idéologies qui s’entrechoquent autour de questions aussi controversées que l’esclavage, le racisme d’Etat, l’exclusion des descendants d’esclaves et la stigmatisation de la composante négro-africaine, mais aussi la pauvreté et les injustes qui n’épargnent aucune communauté. Jamais homme n’a été aussi combattu, haï, voué aux gémonies, embastillé et pourchassé au cours de la dernière décennie. Jamais également acteur mauritanien n’a été aussi décoré et distingué sur les plus prestigieuses tribunes du monde, en Irlande, en Belgique, jusque dans l’hémicycle des Nations Unies.

Cependant, l’évolution de Birame Dah Abeid, peut-être scindée en deux grandes périodes, celle du défenseur des droits de l’homme qui passe par l’ultra-radicalité pour nourrir sa confrontation contre la société maure, ce qui lui vaudra plusieurs séjours en prison, et celle de la recherche du consensus et du rassemblement autour de questions non plus communautaristes, mais d’envergure nationale, pour nourrir de nouvelles ambitions politiques.

Birame, « l’impénitent provocateur》

Le combat premier de Birame Dah Abeid sera d’abord circonscrit dans son propre ensemble, celui de la communauté maure, où sa frange, celle des Haratines à laquelle il appartient, se sent oppressée, exploitée et oubliée dans le partage du pouvoir politique et des prébendes économiques. Les militants d’IRA commencent le combat par la revendication d’une nouvelle identité, l’identité Harratine, pour se démarquer de leurs tribus. Le tout servi par un discours jugé subversif et diviseur de l’ensemble maure.

Birame quitte SOS Esclaves, une organisation non gouvernementale qui combat l’esclavage et dans laquelle il militait. Son président, Boubacar Messaoud et les siens ne peuvent cependant être accusés de n’avoir pas servi loyalement et engagement la cause antiesclavagiste. Ils ont eu leur lot de brimades et d’emprisonnement, connue des succès et essuyé des échecs plus d’une décennie durant pour la défense de la cause, avant d’être officiellement reconnue en 2005, après la chute de Ould Taya.

Mais Birame trouvait sans doute que les moyens de lutte de SOS Esclaves étaient peu énergiques et molles à son goût. Il décide de fonder une organisation radicale au discours percutant. Le premier noyau dur est formé de quelques compagnons, de jeunes intellectuels révoltés par la situation des communautés noires, haratines et négro-africaiines, notamment Brahim Ould Ramdhane, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamdy, Balla Touré et d’autres qui l’ont rejoint, persuadés que sans une secousse violente contre la muraille féodale, l’esclavage aura encore de beaux jours devant lui.

Une organisation ultra-radicale est née, l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA). L’objectif de ce mouvement, obliger les autorités à appliquer la feuille de route des Nations Unies et la loi 2O07-048 criminalisant l’esclavage qui venait d’être adoptée. Très vite, l’organisation prend de l’ampleur, plusieurs jeunes harratines et négro-africains, séduits par le discours rugueux et radical d’IRA s’engouffrent dans la brèche. Les discours d’IRA choquent par leur nature crue et provocatrice. Les militants traquent les cas d’esclavage, forcent la police à interpeller les suspects de pratiques esclavagistes, organisent des sit-in devant les commissariats de police pour éviter que les coupables ne soient mis en liberté in petto. SOS Esclaves et IRA exigent la révision de la loi 2007 et parviennent avec la pression internationale à faire adopter une loi plus répressive en 2015. Les peines sont doublées et la société civile peut désormais se porter partie civile.

Des dossiers commencent à défrayer la chronique. Janvier 2012, le cas d’esclavage à Aïn Farba.
En 2013, une autre affaire éclate à Atar. C’est «l’affaire Oùmoulkheiry Mint Yarba »..
La même année, c’est l’affaire Noura, 18 ans, cette fois à Boutilimit. Les militants d’IRA observeront le plus long sit-in dans l’histoire du mouvement devant la brigade de gendarmerie pour exiger la traduction en justice des présumés maîtres. Puis, sans résultat après plus de quinze jours de sit-in, ils organisent une marche de 150 kilomètres pour rejoindre Nouakchott et exprimer leur indignation face à l’impunité.
Plusieurs autres dossiers suivront, dont celui de Yarg et son frère. Le mouvement IRA jugé subversif par les autorités sera ainsi l’organisation la plus réprimée dans l’histoire des droits de l’homme en Mauritanie. Les sit-in d’IRA se terminent toujours par des séries d’arrestations, des charges policières, de plus en plus violentes, répressives et ciblées. Cela se termine souvent aux urgences des hôpitaux,..

En 2012, IRA engage un autre combat. Idéologique cette fois. C’est l’incinération des livres du rite malékite, considérés par le mouvement comme le fondement théologique de la perpétuation de l’esclavage en Mauritanie, «base de formation des administrateurs et des magistrats » soutient-on. L’incident créé un séisme et soulève un large débat, des marches de colère organisées, vite instrumentalisées. C’est la fin de Birame et de IRA, prédisent déjà la plupart des observateurs. Birame est arrêté et emprisonné avec quelques militants. Ils seront libérés quelques mois plus tard et le cortège triomphal de leurs admirateurs s’étire sur des kilomètres, de la prison civile de Nouakchott jusqu’à son domicile au P.K 9. Un rassemblement monstre, populaire, inédit, qui fait trembler des certitudes. La même année, Birame Dah Abeid reçoit deux prestigieux prix, le Front Line Award for Human Rights Defenders at Risk de l’ONG Irlandaise Front Line Defender et le Prix des Nations Unies pour les droits de l’Homme.

En 2014, sans parti politique qui soutient sa candidature, Birame décide de se lancer en politique et participe en indépendant à l’élection présidentielle boycottée par la Coordination de l’opposition démocratique. A la surprise générale, il rafle la deuxième place devant deux chefs de partis politiques. Aux lendemains du scrutin, Birame décide de se mettre dans la peau d’un homme politique et commence à changer de discours. Au cours d’une conférence de presse largement médiatisée, il prône la modération et l’ouverture, se dit prêt à un compromis social. Le pouvoir de Mohamed Abdel Aziz semblait plutôt préférer un Birame ultra radical qu’un Birame pacifiste.

Il est arrêté en novembre 2014, en marge d’une caravane contre l’esclavage foncier qui avait sillonné la Vallée et à laquelle il n’avait même pas participé. Cette fois, Ould Abdel Aziz semblait vouloir en finir avec lui. Il est conduit à la prison d’Aleg, puis condamné le 15 janvier 2015 à 2 ans de prison fermes au cours d’un procès qu’il avait boycotté.

Birame, le présidentiable au discours rassembleur

Birame Dah Abeid, dans la peau du présidentiable qui se donne pour ambition de fédérer tous les Mauritaniens autour d’un projet politique, celui de l’après 2014, a enterré à quelques nuances près le Birame défenseur des droits de l’homme, celui dont le discours percutant avait longtemps catalysé les ressentiments et égratigné une Mauritanie qui ne voulait plus voir son image associée à celui du dernier «bastion négrier du monde»,. Birame ira plus loin. Il s’allie au parti arabe Baath, Sawab, l’ennemi numéro 1 de la communauté négro-africaine qui le rend responsable des épurations ethniques des années 89-91.

Le choix est d’autant plus dangereux que la plupart des militants d’IRA appartiennent à cette communauté dont la majeur parti l’avait rallié pour son courage, celui d’avoir porté en bandoulière leur cause, jusqu’à organiser les fameux pélerinages d’Inal, Wothié, Sory Mallé, ainsi que d’autres fausses communes dont aucun leader négro-africain n’avait osé foulé les pieds. Mieux, Birame, aux yeux de la jeunesse négro-africaine, est celui qui a le plus défendu leur cause parmi tous les ténors de l’opposition, y compris ceux de leur propre faction.

Cette alliance entre IRA et Sawab sera ainsi utilisée à fond par les adversaires politiques de Birame Dah Abeid, notamment certains leaders Halpulaars qui voyaient d’un mauvais œil son empiètement sur ce qu’ils considèrent être leur plate-bande électorale dans la Vallée.

Certains jeunes militants négro-africains au sein de la communauté halpulaar membres d’IRA vont plus loin. Ils trouvent que la Coalition du Vivre Ensemble (CVE) savait qu’elle n’avait aucune chance pour gagner la présidentielle du 22 juin 2019 et que son seul objectif était de barrer la route à Birame Dah Abeid. Mais de l’autre côté, certains militants de la CVE qui trouvent l’accusation de ridicules trouvent que les intérêts de Birame et des leaders de la Coalition étaient d’’autant plus divergents que ces derniers ne pouvaient aucunement s’allier à un candidat soutenu par un parti politique génocidaire, en l’occurrence le parti Sawab.

Ce qui est sûr, l’alliance IRA-Sawab, considérée par beaucoup d’observateurs comme un mariage de raison contre-nature, serait selon certains observateurs, une porte d’entrée qui allait permettre à Birame de s’ouvrir sur un électorat arabe, dont l’adhésion à son combat se résumait jusque-là à quelques individualités. A partir de là, le discours traditionnellement radical de Birame Dah Abeid va se muer en un discours politique, sorte de jeu d’équilibre où il cherchera à ménager la chèvre et le choux sans tomber toutefois dans la compromission, ni dans le déni de ses principes basés sur la lutte contre l’esclavage, les injustices sociales, l’exclusion.

Même après la proclamation des résultats controversés de l’élection présidentielle et les exactions qui les ont suivies, répressions et arrestation des militants, dont ceux d’IRA, Birame Dah Abeid, évite l’escalade et joue à l’apaisement. L’homme fougueux et impulsif des années de confrontation sur le terrain des droits de l’homme avait laissé la place à l’homme politique, calculateur et visionnaire, qui compte endosser un nouveau costume. Celui d’un futur Président de la République qui aspire à faire le consensus autour de sa personne plutôt qu’à jouer au leader d’un simple mouvement informel, fût-il l’un des plus emblématiques que la Mauritanie ait connu.

Cheikh Aïdara

©️ Crédit source : aidara.mondoblog.org

Bref aperçu sur la vie du Pr. Cheikh Saad Bouh Kamara

Le Pr. Cheikh Saad Bouh Kamara, sociologue et éminent défenseur des droits de l’homme s’est éteint lundi 30 décembre 2019 à l’âge de 75 ans. Avant sa disparition, le défunt m’avait confié, avec Bios Diallo, le soin d’une biographie complète sur sa vie. Notre dernière entrevue date d’octobre 2019, pour des compléments d’informations. Le travail reste inachevé. Cependant, grâce aux quelques éléments que le défunt nous a fournis, j’avais esquissé un résumé de cette grande anthologie qu’est la vie du Pr. Cheikh Saad Bouh Kamara, qu’Allah l’agrée parmi ses privilégié. Voici le résumé sur la vie combien riche et foisonnante de l’illustre disparu.

Pr Cheikh Saad Bouh Kamara est issu d’une famille de savants. Son père, Tourade Kamara, est le fils du grand érudit Cheikh Moussa Kamara, auteur de plusieurs ouvrages. Certains écrits de ce dernier sont encore d’une actualité étonnante. Notamment son livre sur le «Jihad » qui alimente de nos jours la réflexion.

Sa mère est aussi fille d’un grand érudit de la tribu des Idawali de Tijikja. En effet Sidi Abdoullah Ould Cheikh Brahim, c’est son nom, est auteur du Wassit, l’ouvrage de Fiqh le plus enseigné dans les universités d’Al Azhar Chérif au Caire.

Cheikh Moussa Kamara

Savant théologien du Fouta, Cheikh Moussa Kamara était un intellectuel engagé. En témoigne sa Fatwa contre l’esclavage, par laquelle il refuse tous les présents qui lui sont offerts : femmes, or et esclaves . Mais son livre le plus emblématique est celui sur le «Jihad de Cheikh Oumar Foutiyou». Objet de controverses, à son époque, il demeure un sujet passionnant de nos jours. Dans cet écrit Cheikh Moussa, qui décèdera en février 1945 à Guanguel, une localité de Matam au Sénégal, s’élève contre le meurtre de musulmans au nom du Jihad.

Le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara raconte que lorsque son père annonça la naissance prochaine de son fils à son grand-père, Cheikh Moussa Kamara, ce dernier s’acquitta de la prière prémonitoire dite Istikkara qui permet d’interroger l’avenir. C’est là qu’il suggéra de prénommer le futur enfant Cheikh Saad Bouh, du nom de son grand frère, qui lui-même portait le nom du grand Walyou de Nimjat, Cheikh Saad Bouh Ben Cheikh Mohamed Vadel. Puis, il prédit : «ton fils sera très maladif, et s’il survit à la mort il voyagera beaucoup à travers le monde, écrira des ouvrages et sera très célèbre. Mais il ne manquera pas d’ennemis, car sera rudement combattu, ce qui ne l’empêchera pas de porter la notoriété de la famille».

Cette lucidité dans la lecture des faits n’a rien de surprenant. Cheikh Moussa Kamara avait côtoyé les grands érudits de son époque, notamment Baba Ould Cheikh Sidiya des Oulad Berri et qui fit un pèlerinage, en 1930, à Nimjatt, lieu de la confrérie khadiriya. Déjà à son époque, il avait une méthode très scientifique dans ses démarches en donnant toujours la thèse, l’antithèse et la synthèse de ses réflexions.
Cheikh Tourade Kamara, père du Pr.Cheikh Saad Bouh, décèdera en septembre 1981 à Kiffa.

La famille maternelle

La mère du Pr Cheikh Saad Bouh Kamara est Zghouma Mint Sidi Ould Sidi Abdoullah Ould El Haj Brahim, savant et théologien de la tribu des Idawali de Tijikja.
La famille de Sidi Abdoullah Ould Hadj Brahim du Tagant est bien connue pour son érudition. Cheikh Sidi Abdoullah al Alawi (1733-1818) est l’un des plus réputés savants en Mauritanie. Son rayonnement a dépassé les frontières du pays, comme l’atteste son voyage au Maroc où le Sultan de Fez lui réserva un accueil mémorable, mais aussi au Caire, alors qu’il effectuait son pèlerinage à la Mecque. Il a écrit plus de 80 livres dans divers domaines.

Naissance de Cheikh Saad Bouh Kamara

Pr Cheikh Saad Bouh Kamara est né le 30 septembre 1944 à F’Dérick (région du Tiris Zemour). Il a passé, entre 1951 et 1956, son concours d’entrée en 1ère année du collège à Rosso dans la région du Trarza au Sud du pays. Il était sous la bonne protection, entre les mains, de Boubacar Daouda Fall, célèbre instituteur qui forma une grande partie de l’élite mauritanienne, dont l’ancien président de la République, Me Mokhtar Ould Daddah. En effet, le jeune Cheikh Saad Bouh Kamara avait été confié, par son père à maître Thierno, père de Fall Thiernoqui sera le fondateur du groupe scolaire Al Baraka. Parmi ceux qui ont enseigné Cheikh Saad Bouh Kamara, on peut citer Mohamed Saleh, ancien ministre sous Mokhtar Ould Daddah. Et parmi ses promotionnaires, beaucoup de cadres dont certains sont encore en vie. On peut citer : Saleck Ould Ely Salem, Abderrahmane Ould Moine, Mohamed Lemine Ould Moine, Abderrahmane Ould Boubou de l’UTM, Moustapha Ould Cheikh Ahmedou, ancien président de l’Autorité de régulation, Abdallahi Ould Ismaël, l’ancien ministre de Taya, Moustapha Ould Abeiderrahmane, Dr Diagana Yousouf, l’historien Bâ Moussa Bathily, etc.

Un homme dans les droits de l’homme.

Le 12 décembre 1984, date du coup d’Etat du colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya contre le président Mohamed Khouna Ould Haïdalla en déplacement à Boujoumboura, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara était chargé de mission à la Primature, poste qu’il occupait depuis 1980 sous le gouvernement de Ould Bneïjara. Nommé Président du Conseil d’Administration de la Société Mauritanienne d’Assurance (SMAR), son limogeage de son poste de conseiller à la Primature serait consécutif à une calomnie rapportée au Premier ministre. On l’accusait d’avoir refusé un Audit, en tenant ce propos : «j’ai été nommé par décret comme conseiller à la Primature et non pour masser les pieds du Premier ministre » répondra-t-il..

Pr Cheikh Saad Bouh Kamara soutient pour sa part un autre geste : «lorsque le Premier ministre tomba malade, j’étais le seul à l’avoir accompagné à l’aéroport pendant son évacuation en Algérie ». Mais le mal de son éviction sera fait !
Après le coup de force du commando du 16 mars 1981, mené par le commandant Kader et ses amis, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara forma avec un groupe de cadre, une coalition qui comprenait Mme Bâ dite Simone, les Pr Saleh Baber, Dahi et Haïbetna Ould Sidi Haiba, en plus du futur doyen de la Faculté des Lettres,Diallo et Mohamed Ould Naji de l’ENS.

En 1986, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara est accusé d’être le conseiller des Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM). Accusations qu’il dément formellement.
Entre 1989 et 1991, création de l’Association Mauritanienne des Droits Humaines (AMDH) avec à sa tête Feu Diagana Mamadou Samba. Dans la foulée, le gouvernement créa la Ligue Mauritanienne des Droits Humains (LMDH), pour saper les activités de ce mouvement d’indépendants qui cherchaient à dénoncer les dérives du régime. C’est alors que les ennuis commencent pour le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara et ses amis. Le régime les accuse de préparer un coup d’Etat. En janvier 1992, avec la première mission conjointe en Mauritanie, menée par Anti Slavery, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’ONG Agir Ensemble, les membres de l’AMDH, dont le Pr.Cheikh Saad Bouh Kamara seront arrêtés par la Police Politique.
En juin 1993, suite à la Conférence mondiale sur les droits humains organisée par l’ONU à Vienne en Autruche, Hamdy Ould Mouknass est arrêté l’année suivante en 1994, en même temps que le Pr.Cheikh Saad Bouh Kamara et Diabira Maaroufa. Les défenseurs des droits de l’homme lancent alors l’escalade et c’est la fameuse signature des «50» qui exigent la lumière sur le Passif humanitaire qui aurait coûté la vie à plus de 500 négro-africains, dont la plupart des militaires exécutés extrajudiciairement entre 1990 et 1991, sans compter les déportations, les meurtres massifs et leur cohorte de fosses communes.

Ces revendications étaient nées alors qu’un climat de démocratie pluraliste soufflait sur le pays qui, à l’instar de beaucoup de pays d’Afrique, subissait les contres-coups du Discours de La Baule tenu par le président français François Mitterrand. La Mauritanie se dota alors, en 1991, d’une nouvelle constitution qui consacrait les libertés publiques et individuelles, la liberté d’opinion, la liberté des partis politiques, des syndicats et associations.

En 1997, les activistes des droits de l’homme multiplièrent leurs actions ainsi que leurs activités pour soutenir les victimes du Passif humanitaire, pour informer l’opinion publique nationale et internationale, à travers les rapports réguliers adressés à la FIDH.

En mars-avril 1997, la Commission africaine des droits de l’homme organise un forum à Nouakchott, alors que les membres de l’AMDH étaient pourchassés par la police qui empêcha ses délégués d’accéder à la salle de l’Assemblée Nationale où se déroulaient les assises.

L’idée de créer un Forum national des droits humains (FONADH), qui regroupe l’ensemble des organisations mauritaniennes actives commença alors à faire son chemin. Le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara sera brièvement interpellé lors de la visite, la même année 1997, du président Jacques Chirac à Nouakchott, visite au cours de laquelle, le Pr Kamara avait été reçu par le conseiller du président français en charge des droits de l’homme à l’ambassade de France.

En janvier 1998, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara est de nouveau arrêté. Cette fois, il est envoyé en prison avec Boubacar Messaoud de SOS Esclaves, les avocats Me FatimataMBaye et Me Brahim Ould Ebetty. L’évènement malheureux s’est produit au moment du passage du Rallye Paris-Dakar. Deux autres activistes, Jemal Ould Yessa du mouvement Conscience et Résistance et le Pr.Abdel Wedoud Ould Cheikh, furent activement recherchés mais la police ne parviendra pas à mettre la main sur eux. A l’origine, de cette chasse aux sorcières, la diffusion d’un film sur l’esclavage.

Il convient de noter que le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara était membre depuis 1993 du Conseil d’Administration du Fonds de contribution volontaire de lutte contre l’esclavage créé en 1991-1992 pour venir en aide aux victimes de l’esclavage. Les membres du Fonds se réunissaient une fois par an à Genève. Quelques 10.000 dollars U.S furent distribués à l’époque entre 1993 et 2007. Le Pr.Cheikh Saad Bouh Kamara fut même contraint une fois de voyager avec un passeport de l’ONU, le sien ayant été confisqué pour l’empêcher de se rendre à Genève. Une fois sur place, il butera sur l’ambassadeur mauritanien auprès de l’ONU, Ould Mohamed Saleh qui ira jusqu’à soutenir que le Pr.Kamara n’est nullement un défenseur des droits de l’homme.

Le consultant itinérant

Après plusieurs décennies de combat pour les droits de l’homme, dans son pays et sur tous les fronts et tribunes internationales, Pr Cheikh Saad Bouh Kamara se consacre au Consulting international et poursuit une riche carrière d’expert. Il faut dire que la consultation n’a jamais été éloignée de son parcours, même quand il était plongé dans la défense des droits de l’homme. Sa première expérience dans le domaine remonte à 1980 avec la FAO dans la lutte contre la désertification. Puis, le PNUD et l’UNESCO sollicitèrent ses services dans plusieurs autres secteurs sociaux et de développement.

Pr Cheikh Saad Bouh Kamara se rendra trois fois à Madagascar où il forme des consultants sur place. En 1986-1987, lorsque le gouvernement mauritanien, demande à la FAO de lui envoyer un consultant, ce dernier lui répond qu’il y a sur place un expert consultant, en la personne de Cheikh Saad Bouh Kamara à Nouakchott. Autant dire un pied de nez !
Ce n’est qu’à partir de 1998 que le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara va se stabiliser relativement en Mauritanie, après des années de voyages à travers le monde, pris dans le tourbillon de l’expertise internationale.

En janvier 2001, il est nommé Premier Vice-Président de la FIDH et anime dans ce cadre, au cours de la même année, le Premier Forum Social Africain dont il devient membre lors de la rencontre de Bamako du 5 au 9 janvier 2002.
Après le coup d’état d’août 2005, contre le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara se retrouve en novembre de la même année membre de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Il est alors désigné président de la Commission communication et éducation citoyenne.

Deux ans plus tard, en 2007, le Pr Cheikh Saad Bouh Kamara qui était professeur de Sociologie à l’Université de Nouakchott, est admis à faire valoir ses droits à la retraite à l’âge de 65 ans.

Ce qui va lui permettre de s’adonner à ses passions. Les voyages, notamment. Il continue à sillonner le Continent africain où il anime sans arrêts des conférences.
En 2009, il est nommé président de la CENI après les fameux Accords de Dakar qui avaient mis fin à la crise politique née du coup d’Etat contre le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Aballahi.

En marge de ses multiples actions, le Pr Kamara publie sans arrêts. En 1986, il est co-auteur de l’ouvrage «Le Sahel face au futur » édité par l’OCDE ; en 1990, il publie aux éditions FAO «Espace pastoral mauritanien ». En 1988, suite à uneconsultation offerte par l’ambassade de France, il est de nouveau co-auteur de «Urbanisation de la Mauritanie ». Enfin, son dernier ouvrage, somme de ses réflexions, «Afrique Espérance » paru aux éditions L’Harmattan en 2011.
Le Pr. Cheikh Saad Kamara s’est éteint le lundi 30 décembre 2019 à Nouakchott. Qu’ Allah lui accorde son Paradis céleste et l’honore de la compagnie du Prophète (PSL), de ses compagnons, des Véridiques et des Hommes Justes.

Cheikh Aïdara et Bios Diallo

©️ Crédit source: Post Facebook du journaliste Cheikh Aïdara