La députée Coumba Dada Kane à l’adresse du premier ministre: « Cette DPG est loin de la réalité et des urgences de l’heure »

25 November, 2018 – 20:03

Voici le discours que l’honorable députée, Mme Coumba Dada Kane aurait pu prononcer, lors du passage du premier ministre. La réduction du temps de parole (onze minutes à chaque groupe parlementaire) n’a pas permis à l’élue de dire ceci au premier ministre.

Pour Mme Kane, « cette déclaration de politique générale (DPG) se devait de prendre en compte les préoccupations des mauritaniens confrontés à de multiples problèmes notamment d’esclavage, de marginalisation de citoyens réduits au rang de citoyens de seconde zone ».

« Malheureusement, cette DPG truffée de faux chiffres est loin de la réalité et des urgences de l’heure. C’est la même rengaine qui est réchauffée à chaque occasion. Un discours de changement et de rupture était fortement attendu mais il ne fut pas au rendez vous », déplore Mme Coumba Dada Kane.

Voici le texte

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Etant députée du peuple et représentante de la famille des droits de l’homme, je voudrais attirer votre attention sur les défis majeurs que vous devrez relever face à la récurrence des violations des droits humains en Mauritanie.

Monsieur le Premier Ministre, aujourd’hui en Mauritanie, le recours systématique à la torture par les éléments des forces de police et de gendarmerie et sa banalisation par les autorités judiciaires et administratives inquiètent les défenseurs des droits de l’Homme. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires exagérément prolongées, les très mauvaises conditions carcérales ainsi que les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience se

sont multipliées durant les dernières années.

Monsieur le Premier Ministre, je voudrais attirer votre attention sur :

1. La cherté de la vie

M. le Premier Ministre, les mauritaniens sont devenus de plus en plus pauvres, ils peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.A quoi bon construire tant de marchés à Nouakchott, après avoir bazardé des édifices de l’école publique, quand le pouvoir d’achat des citoyens avoisine le zéro.

Notre économie est en mal, en grande partie, à cause de cette corruption qui gangrène toutes les sphères de l’Etat en réduisant à néant l’efficacité des actions du gouvernement mais aussi de ses agences affiliées.

Je voudrais que notre auguste assemblée exige des autorités l’assainissement de la gestion des affaires publiques et diligente des enquêtes indépendantes sur les cas de corruption de grande envergure révélés par des médias.

2. Le racisme d’Etat

Ceux qui le dénoncent deviennent, malheureusement, de jour en jour crédibles. M. le Premier Ministre, s’il vous plait, jetez un coup d’œil à la composition du gouvernement que vous dirigez.

3. la persistance de l’esclavage et de son déni.

La poursuite des pratiques esclavagistes en Mauritanie est accompagnée du déni fait en permanence par les hautes autorités ce qui, malheureusement, favorise et encourage la non application des lois criminalisant ces pratiques inhumaines.

4. l’impunité des auteurs de la tentative de génocide (de 1989 à 1991)

La souffrance des rescapés et ayants droit est sans commune mesure du fait du silence culpabilisant des autorités face à l’impunité des auteurs et commanditaires de la tentative de génocide dont le règlement réconcilierait à coup les mauritaniens demandeurs d’une réelle unité nationale.

5. Sur la torture et les traitements dégradants et humiliants

Le recours à la torture et aux mauvais traitements par les éléments des forces de police et de gendarmerie est banalisé aujourd’hui dans notre pays. Les cas de torture et de mauvais traitements avérés sont constamment signalés par les détenus et/ou leurs conseils ainsi que par les ONG de Droits humains.

6. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires de longues durées, les très mauvaises conditions carcérales sont devenues monnaie courante.Le cas de l’honorable député Biram Dah Abeid en est la meilleure illustration.

7. Les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience

Monsieur le Premier Ministre, on assiste à une forte recrudescence des atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience du fait des autorités policières et judiciaires ; le seul objectif de ses atteintes est de réduire au silence toute voix discordante face au régime que vous représentez ».

Mme Coumba Dada Kane

Députée à l’Assemblée Nationale
Source :
http://www.lecalame.info/?q=node/8038

La députée Coumba Dada Kane à l’adresse du premier ministre: « Cette DPG est loin de la réalité et des urgences de l’heure »

25 November, 2018 – 20:03

Voici le discours que l’honorable députée, Mme Coumba Dada Kane aurait pu prononcer, lors du passage du premier ministre. La réduction du temps de parole (onze minutes à chaque groupe parlementaire) n’a pas permis à l’élue de dire ceci au premier ministre.

Pour Mme Kane, « cette déclaration de politique générale (DPG) se devait de prendre en compte les préoccupations des mauritaniens confrontés à de multiples problèmes notamment d’esclavage, de marginalisation de citoyens réduits au rang de citoyens de seconde zone ».

« Malheureusement, cette DPG truffée de faux chiffres est loin de la réalité et des urgences de l’heure. C’est la même rengaine qui est réchauffée à chaque occasion. Un discours de changement et de rupture était fortement attendu mais il ne fut pas au rendez vous », déplore Mme Coumba Dada Kane.

Voici le texte

Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Etant députée du peuple et représentante de la famille des droits de l’homme, je voudrais attirer votre attention sur les défis majeurs que vous devrez relever face à la récurrence des violations des droits humains en Mauritanie.

Monsieur le Premier Ministre, aujourd’hui en Mauritanie, le recours systématique à la torture par les éléments des forces de police et de gendarmerie et sa banalisation par les autorités judiciaires et administratives inquiètent les défenseurs des droits de l’Homme. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires exagérément prolongées, les très mauvaises conditions carcérales ainsi que les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience se

sont multipliées durant les dernières années.

Monsieur le Premier Ministre, je voudrais attirer votre attention sur :

1. La cherté de la vie

M. le Premier Ministre, les mauritaniens sont devenus de plus en plus pauvres, ils peinent à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.A quoi bon construire tant de marchés à Nouakchott, après avoir bazardé des édifices de l’école publique, quand le pouvoir d’achat des citoyens avoisine le zéro.

Notre économie est en mal, en grande partie, à cause de cette corruption qui gangrène toutes les sphères de l’Etat en réduisant à néant l’efficacité des actions du gouvernement mais aussi de ses agences affiliées.

Je voudrais que notre auguste assemblée exige des autorités l’assainissement de la gestion des affaires publiques et diligente des enquêtes indépendantes sur les cas de corruption de grande envergure révélés par des médias.

2. Le racisme d’Etat

Ceux qui le dénoncent deviennent, malheureusement, de jour en jour crédibles. M. le Premier Ministre, s’il vous plait, jetez un coup d’œil à la composition du gouvernement que vous dirigez.

3. la persistance de l’esclavage et de son déni.

La poursuite des pratiques esclavagistes en Mauritanie est accompagnée du déni fait en permanence par les hautes autorités ce qui, malheureusement, favorise et encourage la non application des lois criminalisant ces pratiques inhumaines.

4. l’impunité des auteurs de la tentative de génocide (de 1989 à 1991)

La souffrance des rescapés et ayants droit est sans commune mesure du fait du silence culpabilisant des autorités face à l’impunité des auteurs et commanditaires de la tentative de génocide dont le règlement réconcilierait à coup les mauritaniens demandeurs d’une réelle unité nationale.

5. Sur la torture et les traitements dégradants et humiliants

Le recours à la torture et aux mauvais traitements par les éléments des forces de police et de gendarmerie est banalisé aujourd’hui dans notre pays. Les cas de torture et de mauvais traitements avérés sont constamment signalés par les détenus et/ou leurs conseils ainsi que par les ONG de Droits humains.

6. Les arrestations arbitraires, les détentions provisoires de longues durées, les très mauvaises conditions carcérales sont devenues monnaie courante.Le cas de l’honorable député Biram Dah Abeid en est la meilleure illustration.

7. Les atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience

Monsieur le Premier Ministre, on assiste à une forte recrudescence des atteintes aux libertés de presse, d’association et de conscience du fait des autorités policières et judiciaires ; le seul objectif de ses atteintes est de réduire au silence toute voix discordante face au régime que vous représentez ».

Mme Coumba Dada Kane

Députée à l’Assemblée Nationale
Source :
http://www.lecalame.info/?q=node/8038

TROP,  C’EST TROP!


« Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt ».

Si dénoncer le racisme d’ État ou cet autre Apartheïd qui ne dit pas son nom;
Si s’insurger contre le Système ethno- génocidaire et ses crimes les plus abominables commis sur cette terre du Tekrour et de Gangari ;
Si dévoiler la déshumanisation de la créature divine dans une prétendue république islamique ;
Si dénoncer le déni de citoyenneté à certaines composantes nationales du pays;
Si profiter de toutes les occasions et de tous les forums pour porter les échos des orphelins, des veuves, des rescapés, des déportés, des damnés de la république;
Si réclamer l’équité et l’égalité sans distinction de races de tous les enfants de la patrie, ferait de nous des pyromanes, des petits racistes, des comploteurs, des séparatistes alors nous l’assumons pleinement et avec FIERTÉ, n’en déplaise aux petits chauvins et leurs valets de la Vallée!
Cette Mauritanie est vraiment terrible et horribe!
Nous sommes dans un pays où certains ont réussi à usurper à leur propre profit notre bien commun, la « Mauritanité », et à partir de leur position de simple citoyens, comme tous les autres, dictent pourtant aujourd´hui celui qui est mauritanien et celui qui ne l´est pas; celui qui est patriote et celui qui ne l´est pas. Ils définissent pour leurs propres concitoyens ce que veut dire « le patriotisme », ce que veut dire la « Mauritanité », qu´ils confondent souvent par « mauritude » ou la politique du SYSTÈME.
Vous n’êtes pas plus attachés à ce pays qu »à ceux qui ont été déchus de leur mauritanité, emprisonnés, torturés, déportés, tués, niés, violés, volés et violentés mais continuent à crier leur attachement à cette patrie contre vents et marées.
Nous aimons ce pays comme la prunelle de nos yeux. Nous aimons ce pays mais d’un amour responsable, patriotique et critique.
Pourquoi à chaque fois que les victimes de l’exclusion, de l’oppression, de l’injustice, de l’esclavage crient leur révolte, ils sont accusés injustement, (par certains qui se croient plus mauritaniens que les autres), de haineux, d’extrémistes, de racistes, de communautaristes et de comploteurs?
Pourquoi? Pourquoi? Mbiy-mi Pourquoi?
Ce n’est pas à l’adversaire de nous définir la stratégie de lutte ou la posture ou le discours à tenir.
Nous ne cherchons ni à plaire encore moins à déplaire mais nous dénoncerons et combattrons ce Système par tous les moyens et sans fioritures.

Non trop c’est trop, Ça suffit!

Yo đum nattu! Kaafi!
A bon entendeur….chahut!

LLC!

Soucre crédit : Post Facebook Kaaw TOURÉ

Répondez à mère Houleye Sall ! Par Biram Dah Abeid

Chers élus, honorables collègues

Je viens de lire un message de notre compatriote octogénaire, Houleye Sall, elle interpelle nos qualités de dépositaires de la représentation du peuple, dotés du pouvoir de législation, dans la république islamique de Mauritanie.

Houleye Sall, dirige le Collectif des veuves, suite aux disparitions forcées de conjoints et parents masculins, de 1986 à 1991.
A l’époque, le pouvoir du Colonel Maawiya Sid’Ahmed Taya, chef de la junte, orchestre une tentative de génocide, contre les populations afromauritaniennes, par la spoliation des terres et du bétail, l’emprisonnement et la torture de cadres, élèves et étudiants, la déportation massive, les exécutions judiciaires et extrajudiciaires d’intellectuels, militaires et l’épuration de l’appareil d’Etat, sur la base exclusive de l’ethnicité.

Houleye Sall perdait alors son unique enfant, jeune officier ; comme des centaines d’autres mères de famille, elle poursuit, depuis, une laborieuse entreprise de mémoire et de réparation, en vain, hélas.

La loi numéro 93-23 du 14 juin 1993, en son article premier, énonce :

Article premier : « Amnistie pleine et entière est accordée :

– Aux membres des forces armées et de sécurité auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violences ;
– Aux citoyens mauritaniens auteurs des infractions suite aux actions armées et actes de violences et d’intimidations entrepris durant la même période.

Art 2 : Toute plainte, tout procès verbal ou document d’enquête relatifs à cette période et concernant une personne ayant bénéficié de cette amnistie, seront classés sans suite.

Depuis trente années ces braves femmes mènent, souvent seules, dans l’indifférence ou l’hostilité d’une partie de l’opinion, un combat qu’aucun juste ne renierait : elles entendent rétablir la vérité, la faire savoir et réhabiliter la mémoire de leurs défunts. Un tel effort consiste à publier le projet politique, les causes et conditions des assassinats, la chaine de commandement, l’exécution et l’occultation. Chaque aspect comporte, liées et solidaires, une perception de la responsabilité, l’évidence d’une sanction et la pédagogie du souvenir, pour que la communauté de destin recouvre à nouveau, du sens. Tous les enjeux de la question renvoient à l’Etat mauritanien.

Aujourd’hui, le pays se targue d’avoir tourné la page des pouvoirs d’exception, Ould Taya poursuit un exil doré au Qatar mais l’immunité criminelle de 1993 demeure en vigueur, inscrite sur notre table des lois. Au nom de quelle rationalité, de quelle humanité pervertie faut-il la maintenir ?

Voilà les interrogations simples auxquelles l’apostrophe de Houleye Sall renvoie les députés et la Mauritanie entière ; si son peuple, réputé musulman, aspire toujours à l’unité dans la dignité, un examen de conscience l’appelle.

Aussi, ai-je pris l’initiative de vous écrire, afin de relayer, toujours et encore, cette voix de sanglots taris, dont nous nous efforçons d’étouffer l’injonction morale.

Allons, un peu de courage, enfin, osons abroger l’ignominie de 1993, cessons de couvrir la tuerie en flagrance, sans quoi nous ne vaudrions nos suffrages et deviendrions, ensemble, de vulgaires justiciables devant la Cour d’Assises du siècle !

Prison civile de Nouakchott, le 6 novembre 2018.

Source crédit : Réseaux IRA

Alerte info : Des militants abolitionnistes d’IRA réprimés à Nouakchott.

Ce lundi 29 octobre 2018, une manifestation pacifique des militants et sympathisants d’IRA-MAURITANIE, a été violemment réprimée par les forces de l’ordre à Nouakchott. Sortis pour demander la libération du leader abolitionniste Biram Dah Abeid emprisonné depuis le 7 Août 2018, plusieurs manifestants ont été tabassés et certains seraient arrêtés selon diverses sources restant à confirmer. Pour rappel, Mr Biram Dah Abeid a été député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre dernier. Son incarcération a été suite d’un dossier judiciaire aux contours obscurs selon plusieurs observateurs avisés du terrain. Ses soutiens irréductibles s’activent depuis à travers des manifestations pacifiques ponctuelles et ils subissent une répression féroce de la part des autorités à chaque fois.

K.S

Collectif des Associations de Lutte contre l’Esclavage et ses Séquelles en milieu Soninké en Mauritanie (CALESM)

COMMUNIQUE DE PRESSE

« Ce 10 octobre 2018, dans la localité de Bafrara, village soninké du Mali, des agressions physiques d’une violence inouïe ont perpétrées par une foule de féodaux déchaînés contre quelques membres de la communauté GANBANAAXU » (cf. Communiqué de presse du forum GANBANAXU, un mouvement pacifique d’émancipation des descendants d’anciens esclaves en milieux soninkés).

Les victimes sont considérées comme des esclaves par leurs agresseurs, donc leurs soi-disant maitres. C’est dire, comme en Mauritanie, au Mali aussi et dans le milieu soninké, l’esclavage continue d’être une pratique admise et banalisée et toute personne opposée à cette ignoble pratique est bâillonnée voire exclue de la communauté ; elle peut perdre ses terres qui sont propriétaires du maitre et même sa dignité d’homme, comme le cas de Bafrara.

Les victimes, blessées, ont été admises à l’hôpital de Kayes. Il s’agit de :

ISSA DIARRA (ligoté et tabassé avec une côte cassée)
– MAMADOU DIARRA
– SIDI CISSOKHO
– HAMADY DIARRA
– BAKERY COULIBALY

Le Collectif des Associations de Lutte contre l’Esclavage et ses Séquelles en milieu Soninké en Mauritanie (CALESM) tient à exprimer sa grande indignation face à cette répression brutale contre des paisibles citoyens de la localité de Bafara, une localité située dans la région de Kayes (Mali).

Devant cette situation, le CALESM :

– Dénonce le traitement infligé à ces militants abolitionnistes

– Condamne sans réserve cette répression aveugle des citoyens maliens

– Demande au gouvernement malien d’œuvrer pour assurer l’indépendance effective de la Justice afin que les auteurs répondent de leurs actes

– Apporte son soutien total aux victimes de cette barbarie inouïe d’un autre âge

– Exige l’application rigoureuse de la loi contre ces individus qui, par leurs agissements indignes du genre humain, ont terni l’image du Mali

– Appelle au calme et à la responsabilité.

Nouakchott, le 18/10/2018

Commission Communication

BIRAM DAH ABEID : LETTRES DE PRISON, SAISON 2018

Sixième acte

Le 31 mai, au terme d’une négociation réglée sans tambour, le parti Sawab adopte mon projet de présidentiable et nous octroie, à mes camarades et moi, sa couverture légale. Le pouvoir, transi de peur, jette sur la coalition nouvelle-née, une interdiction de 24h mais se ressaisit devant l’énormité de la transgression, le viol de ses propres lois. Après un pointillé, d’alternance, d’hésitation et de résolution, il se rabat sur des procédés plus familiers, en l’occurrence ceux de la Maffia. Ainsi, autorise-t-il le déroulement de la cérémonie qui scelle l’alliance Rag-Sawab mais stipendie, en même temps, un sombre chroniqueur de fait divers auquel il confie la mission de saboter le rapprochement.

Enfermer pour bâillonner

Ledit plumitif, pris, au bout de 10 ans, d’un soudain intérêt pour notre lutte, incarnait la mise en œuvre du plan C. En vertu du A, le Ministre de l’intérieur tentait d’empêcher l’évènement, sans succès. Alors, le B consista à me compliquer l’obtention d’un certificat de casier judiciaire, préalable à ma candidature auprès de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni). La plainte en diffamation, introduite par le journaleux, devait rédimer l’échec des expédients antérieurs. Or, c’était sans compter sur l’imagination vénéneuse des zélateurs, la gent besogneuse de gagne-petit et de lambinards dont le département de « la justice » constitue le réceptacle atavique. Pour m’y être frotté à proximité et de près, je ne conçois, en Mauritanie, d’entreprise des humains, plus favorable à la rapine qu’un palais de justice. Je vous administrerai la démonstration plus avant.

Avec la célérité reconnaissable chez le stagiaires de haute grivèlerie et prmi les apprentis du stellionat, les officiers de police judiciaire, jusqu’ici tapis dans l’attente de l’exploit prévisible, se mirent à la tâche, ornant de mille disgrâces comme, les abeilles sur le filet de miel, l’hypothèse de mon éviction. Ainsi, s’avisèrent-ils de m’imputer, en sus de la calomnie envers le plaignant, un surcroît d’incitation à la violence et un chapelet d’autres amabilités, d’un aloi parent.

Il fallait m’empêcher d’entrer à l’Assemblée nationale et, mieux encore, invalider ma prétention à briguer la Présidence de la république en 2019. Pourquoi tant de ténacité à l’ouvrage, depuis plus d’une décade en années ? Le système d’hégémonie tribale s’acharne à nous museler, aux fins – vaines – de retarder l’émancipation des citoyens d’ascendance subsaharienne et son corolaire vertueux, l’exercice du pouvoir d’Etat mais, là, il s’agit de bien plus. L’on oublie souvent que sous la charge tempétueuse des Hratine et des kwars (ethnies noires de Mauritanie), pointe une troisième vague qui risque de liquider la domination, en son cœur : je parle de la revendication d’égalité, de partage matériel et de considération, par les castes, toute ethnie confondue ; si les groupes autochtones du Sud s’accommodent de l’éveil de leur cadets sociaux et semblent lui survivre, l’ensemble maure, hélas, ne se conçoit de pertinence ontologique ni de légitimité en dehors de la hiérarchie, de la généalogie et du privilège de race. Son outrance à notre encontre résulte de la conscience lucide que nous œuvrons à le sevrer de sa substance nourricière, c’est-à-dire produire et consommer le fruit de la préférence indue, de la triche et du fanatisme érigé en carapace à toute adversité. Le pouvoir nous livre la guerre de sa survie car la résilience de sa reproduction sociale ne s’acclimate à un environnement de concertation, d’écoute ou de respect mutuel. Le véritable piège dans la vie, consiste à s’imaginer toujours au sommet.

Elu en cellule

Le 13 août 2018, Abdallahi Houssein Messoud et moi sommes inculpés, soit 4 jours avant le début de la campagne couplée pour l’élection du Parlement, des mairies et des conseils de région. De facto, ma voix cessait de résonner dans le concert de la contradiction démocratique. Je n’étais plus audible.

En dépit de la Constitution, le Chef de l’Etat dirigeait la réclame de son parti et s’y démenait en promesses, intimidations et gesticulations, usant, à titre exclusif, des symboles et moyens de l’autorité publique. A cette fin, il me nommait et désignait à l’opprobre, comme criminel, ennemi de la nation et de l’Islam, démagogue, escroc et imposteur, assoiffé de richesse et de prébendes octroyées par l’Occident ; selon Mohammed Ould Abdelaziz, à qui l’humour involontaire fait trousser de désopilantes saillies, j’aurais inventé le faux problème de l’esclavage et créé une organisation (IRA) pour fructifier le négoce du sentiment; Selon lui, l’Occident – mythifié et fantasmagorique bien entendu- rémunèrerait avec munificence, tout mercenaire apte à troubler l’unité nationale, la paix civile et la primauté de l’Islam en Mauritanie. Par les trois motifs, entendez, plutôt, la préservation du statu quo. Cette théorie de la conspiration, mes compatriotes maures se la transmettent, en toute névrose, depuis l’essor du nationalisme arabe à la fin du siècle révolu. Elle y passe pour haute science et marque d’intelligence.

Dans ses meetings de campagne, Mohamed Ould Abdel Azizi appelait, les mauritaniens, à voter les listes candidates du parti-État, en vue de barrer la route à une dangereuse coalition celle de l’aile politique d’IRA, alliée au parti Sawab. Il répétera, plusieurs fois au cours de ses interventions, qu’il ne laissera les « extrémistes » entrer au Parlement. Certains milieux ont voulu expliquer qu’il s’adressait aux islamistes de Tawassoul, interprétation peu scrupuleuse pourtant, ces derniers ayant toujours siégé dans les deux chambres, parfois sous une coalition avec l’Union pour la République (Upr), le cheptel électoral du Chef de l’Etat.

Qu’importe, j’ai été élu, en compagnie de quelques camarades. Nous voici désormais à l’intérieur de l’antre mais avertis de ce qui nous entoure et armés en conséquence.

L’incurie au sanhédrin

A. Un personnel tombé du camion

Le 13 août, avant de m’interroger, le juge d’instruction Mohamed Vadel Limam me dispensa d’abord, un cours sur la démocratie, la justice et la séparation des pouvoirs en vigueur sur le territoire de la République islamique de Mauritanie. Il égrenait le titre avec une fatuité risible. Je lui rétorquais que le ministère public, comme de jurisprudence depuis 2010, a inventé, à mon endroit, les chefs de « menaces de mort » et « violence ». Le juge réagit en brossant un tableau idéal du régime et surtout de la bonne conduite du procureur, du Parquet et de la police ; il décrivait des institutions au dessus de tout soupçon, pas celles que nous subissons, bien entendu ; selon ses lumières, ô combien précieuses à l’abord, la garde-à-vue prolongée d’une semaine, les privations de sommeil, de visite parentale, de consultation médicale et d’avocats, relèvent de la normalité dans la procédure; suite à mon insistance, il m’apprit, non sans s’agacer, que l’empêchement de lecture durant la longue et pénible semaine dans le cachot de la police, comme l’interdiction de se doucher, de disposer d’une natte, d’une couverture ou de moustiquaire ne méritent mention devant un homme de loi. Pour Mohamed Vadel Limam, il s’agissait de banalités, de trivialités sur lesquelles seuls insistent les politiciens, toujours avides de détourner la procédure; le brave édile m’avertit, avec certitude, que la manœuvre ne passerait auprès de lui. Aussi, tien-il, par charité et scrupule d’autodidacte, à me consentir un brin de son opinion coruscante : le procureur et la police ont très bien accompli leur travail et, en Mauritanie, l’autorité suprême est totalement neutre quand au déroulement du contentieux devant les tribunaux. J’avais l’occasion d’éclater de rire et m’abstins, au moins pour découvrir à quel couvée j’avais affaire, tant le plumage bariolé forçait la stupéfaction.

Sur le fond du dossier, l’honorable Mohamed Vadel Limam m’a posé deux questions et servi une assertion.

-Reconnais-tu les chefs d’inculpations dont t’accuse le Parquet? Non.

-Es-tu prêt à demander des excuses au journaliste Dedde Abdallah, de l’avoir traité d’agent de la police politique? Non, je persiste et signe que Dedde Abdallah est une taupe de la cellule de police politique chargée de s’occuper des organisations auxquelles nous appartenons, mes camarades et moi ; oui, sa mission consistait à abuser de ma confiance, provoquer une controverse, réaliser un faux témoignage et des déclarations indues pour créer le prétexte au dictateur de m’écarter du champ des droits humains et de la compétition électorale en 2018 et 2019. Cet agenda, Monsieur le juge, se déroule sous vos yeux.

-Même si tu lui demandais des excuses et même si le plaignant les acceptait et retirait sa plainte, je t’enverrais en prison. Je te dis, dés à présent, tu va y croupir, d’ailleurs sur le champ, je t’expédie dedans mais te conseille de laisser la politique et surtout de renoncer à cette activité insignifiante que sont les élections, oublie les élections, repose-toi et quand Dieu te donnera l’occasion de sortir, après avoir demandé le pardon à ce journaliste, occupe-toi de ta santé et laisse de côté la politique.

Monsieur le juge, peu soucieux de l’expression apaisée des suffrages et précisément en rogne contre la démocratie, signe le mandat de dépôt pour Abdallahi Hussein Messaoud et moi ; la conscience tranquille, il nous fait enfermer. Toutefois, nous ne devions tarder à nous revoir. En effet, 3 jours après son acte d’incarcération expéditive, le juge d’instruction du tribunal de Nouakchott-Sud Mohamed Vadel Ould Limam, émet une ordonnance de nous extraire, mon co-détenu et moi, en vue de notre audition pour clore la phase de l’instruction. Le ministère public s’oppose à la nouvelle comparution et la bloque, au mépris de l’indépendance du magistrat.

B…qui roulait à vive allure

Le mercredi 29 août, l’estimable individu arrive brusquement à la prison et veut procéder à l’interrogatoire. Nous refusons de nous plier au jeu incongru de questions-réponses car le magistrat, outre sa posture partiale, nous inspirait de l’inquiétude sur sa propre lucidité. Nous excipons du droit au silence, à cause de l’absence de nos avocats, dont aucun n’avait été informé; nous sommes jetés, depuis deux semaines, dans le couloir d’une cours exigüe de la prison, sans toit susceptible de nous abriter de la pluie, lors fréquente à Nouakchott. Astreints à l’insomnie et à l’angoisse, nous ne disposions d’habitat personnel, comme le commun des prévenus ou condamnés. La prison civile de Nouakchott, très largement surpeuplée, présente le risque, pour un détenu d’opinion, de subir les maltraitances. La cruauté des droits communs le dispute à le zèle des gardes pénitentiaires.

Le juge nous menace, de nouveau et nous enjoint de savoir que la loi sera appliquée pour rendre justice à un citoyen lésé. Il recommence à nous raconter, avec des détours d’éloquence hasardeuse et quelques approximations d’une sapience étriquée, que le pouvoir est neutre et les juges indépendants. Je prends la parole pour déconstruire, point par point, son homélie studieuse, partagé que je suis entre la perplexité et l’amusement!!! Dans le magistère de la justice – métier noble et de tact sous des cieux d’exigence et de rigueur – certains de nos « magistrats » sembleraient évadés, au 19ème siècle, d’une bédouinie poussive. Tout, en eux, exhale le temps faisandé et à replis où l’on rendait la justice non pas sous un chêne mais comme un gland. Les quidams d’aussi singulière facture, le ministère de tutelle en rémunère des centaines, dispersés aux quatre coins du pays. Ils sont interchangeables, pliables et duplicables à l’infini. Pour mesurer le degré de similitude à l’énoncé de leur science dévoyée, il vous suffit de les brancher sur l’esclavage en droit « musulman ». Vous verrez, ils maîtrisent le chapitre et excellent à sa rumination.

Face à notre refus de lui répondre, le susdit réplique, en vrac : il n’est pas concerné par la manière dont l’on nous traite en prison, il « se fiche pas mal » de cette situation même s’il en admet l’inconfort. Enfin, il nous met en demeure d’accepter l’interrogatoire, séance tenante, sinon il irait en congés, nous maintiendrait sous écrou jusqu’à la fin d’octobre 2018. Nous lui répliquâmes à l’unisson : prononcez l’injustice qui vous sied, nous ne parlerons sans l’assistance de nos conseils !

Alors, il conclut, ainsi : donc restez ici en prison jusqu’à mon retour de congés fin octobre !

En attendant l’épilogue

La liste officielle des députés de la République, dont je fais partie, devait être convoquée et se réunir, comme le stipule la constitution, la première journée ouvrable du mois d’octobre ; or, la règle constitutionnelle a été enfreinte, pour la première fois en Mauritanie. S’y ajoute mon maintien en prison, malgré le rang de député. Le gouvernement s’échine à dénicher un tour de fourberie juridique, un escamotage de batellerie en eau trouble, qui me priverait de siège au Parlement.

Biram Dah Abeid, Prison civile de Nouakchott, le 09/10/2018

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Crédit source : Réseaux IRA

L’An II de notre mouvement transnational citoyen et pacifique :Ganbanaaxu fedde

Le cinq octobre 2016 s’est constituée une mouvance progressiste pour SONI KAARA . Notre combat je le dis, répète et martèle n’as pas de fond de revanches ni de règlements des comptes car nous sommes pacifiques , progressistes croyant aux valeurs humaines de fraternité , de solidarité et de tolérance .Nous ne ruminons guerre une sympathique revanche envers qui que soit mais notre combat pour éradiquer les tares honteuses , qui ternissent notre image , freinent le progrès social se fera sans compromission avec les limites des lois. En deux ans le volcan n’as pas craché toute sa lave , entendez par là les calomnies , les agressions , les expropriations des terres cultivées depuis près 50 ans pour certaines familles , les harcèlements judiciaires .Tous ce flot de mauvaises foi pour étouffer un mouvement sans précédent dans l’histoire de SONI KAARA. Qu’est ce qui fait peur dans nos revendications ? La perte d’un mode de vie connu et considéré comme la charpente de notre structure sociale (hiérarchisation des castes , de noms de familles, assignations patronymiques. ..) .
Nous avons dit par le passé que nous ne faisons pas table rase du patrimoine immatériel et matériel de SONI KAARA . Cependant nous « SOUTENONS » que certaines « réformes nécessaires et vitale »s devraient être opérées . Au niveau de la chefferie coutumière, l’intention ou le plan caché n’est pas une régence, nous ne voulons rien arracher des mains de qui que ce soit . Nous sommes dans notre droit légitime de proposer des réformes éclairantes et épanouissantes pour SONI KAARA , nous pensons être « PURS » pour « PORTER » un tel projet de réformes . Nous ne pensons pas qu’un quidam nous demanderait de changer de nom de famille au près du CADI avec deux témoins munis de leurs pièces d’identités pour avoir cette onction purificatrice « CONDITION » porter un projet au nom de SONI KAAR et pour SONI KAARA ! Pour revenir sur notre projet de réforme de la chefferie coutumière par droit d’aînesse de manière encadré dans nos villages respectifs , cela n’est point un décret mais une proposition de réformes .
Et quant à l’imamat les lois mauritaniennes le régissent , aucun ilot du territoire ne ferait exception quel que soit la gymnastique pernicieuse couvant ! Visiblement ces deux réformes sont vecteurs d’urticaires, de réactions haineuses, d’argumentaires farfelus, de paternalisme insultant : « Au cours de cette première année du forum d’éveil et de conscientisation, des amitiés HONORABLES , des voisinages HUMANISTES et des rapports SINCÈRES se sont confirmés DIGNEMENT et SOLIDEMENT alors que d’autres liens trompeurs, inhibiteurs et de façade se sont relâchés par le GRAND DÉVOILEMENT. »
Toutes les mesures de rétorsions, emprisonnements ; blocages de documents d’état civil , agression physiques ne nous ferons pas changer de détermination .On ne répond pas une volonté de réforme , de liberté et d’autonomisation par des coups de gourdins , de machettes , de fusils , d’expropriations foncières, et provocations de toute sortes pour tester notre patience et détermination. Face à toutes ces vilenies, nos membres de Ganbanaaxu fedde sont restés sereins et républicains , on a toujours saisi la lois quelques soient les manifestations qui en découlent ! Nous n’avons jamais vengé une agression physique même sanglante . Et nous le ferons jamais, nous ne corrompons pas la justice de nos états par les mensonges et autres procédés exsangues de vertu .
La mouvance Ganbanaaxu fedde s’est imposée à SONI KAARA , désormais il y a un avant et un après Ganbanaaxu fedde et Ganbanaaxu s’est imposé aussi quotidiennement dans notre lexique remplaçant l’ autre terminologie vexante et humiliante. Les réflexes, les discours sont affectés par ce que Ganbanaaxu fedde revendique même si l’orgueil et la suffisance conditionnent nos détracteurs .
Pour réformer SONI KAARA nous Ganbanaaxu fedde , nous ne faisons ni courses ni concurrence avec acune entité , ni personne .SONI KARRA est notre SONI KAARA à tous et notre l’histoire commune retiendra toutes nos actions ! A ALLAH reviennent nos âmes ainsi que nos actions !
Une pensée à tous nos militants harcelés , agressés , expropriés , qui ont opposé une constance dans les principes et les convictions face à tant d’agissements malsains .

TRAORE GAYE , Président de ARMEPES-France , inittiateur de Ganbanaaxu fedde

Paris, 4 octobre 2018 : Sit-in de soutien au leader abolitionniste emprisonné Biram.

Des militants et sympathisants du mouvement abolitionniste IRA ont tenu un sit-in de soutien près de l’ambassade de Mauritanie à Paris dans le 16ème arrondissement. Menés par une antenne de IRA-France, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant l’acharnement judiciaire que subit le leader abolitionniste incarcéré depuis le 7 Août dernier. Élu député lors des élections législatives du 1 et 15 septembre, Monsieur Biram Dah Abeid est à la tête d’une organisation antiesclavagiste fondée en 2008 mais toujours non reconnue par les autorités de Nouakchott. Ainsi ce jour, selon les cadres IRA-France, le but est de lancer un énième cri d’alerte aux autorités mauritaniennes et françaises sur le sort de leur leader qui croupit en prison pour des motifs douteux et inadmissibles .

À noter la présence pour couverture d’un journaliste et blogueur français, Alexis Poulin proche du mouvement politique des INSOUMIS de l’influent homme de Gauche universaliste M L Mélenchon.

Voir ci-dessous le photoREPORTAGE du sit-in :

Ameth Gaye chargé de Com IRA-France au micro d’Alexis Poulin de https://www.lemondemoderne.media

L’intervention de Chedad Amar ancien secrétaire général IRA-France

Avec le journaliste Alexis Poulin pour notre mot de soutien lors du sit-in.

Avec l’étudiant sociologue et militant éclairé pour les causes justes Boulaye DIAKITÉ

Elhadj FALL, responsable proche du leader abolitionniste Biram Dah Abeid avec Chedad Amar.

NN REPOND À Hapsatou Sy

Ma soeur Hapsatou nous aurions voulu voir toute cette énergie(multiples posts sur les réseaux sociaux, interviews, avocats, pétitions) de ta part quand il ne s’agissait pas seulement de ta personne. Suite à ton post sur Facebook accusant notre média et notre rédaction de désinformation, il m’a paru nécéssaire de te répondre avec amour et sagesse en quelques points.

LE PROBLÈME ZEMMOUR & CO

Comme d’habitude il aurait été préférable pour notre cher Eric Zemmour de réfléchir avant de parler. Si le nom de Hapsatou est une insulte à la République car il ne se trouve pas dans le calendrier catholique des « saints », le nom de sa femme Mylene l’est tout autant. Je le vois très mal dire à ses beaux parents qu’ils ont eu tort, d’ailleurs le prénom Corinne qui « vous irait très bien » ne se trouve pas non plus dans ce fameux calendrier catholique par lequel jure Monsieur Zemmour. Dans l’émotion, la joie ou l’hystérie aucun média n’a tenté de prouver l’inexactitude des propos du petit Eric.
Comment un petit être d’un mètre cinquante huit peut mobiliser toute une communauté autour de ses propos ? Qui est-il ? Mais surtout qui sommes nous pour donner tant d’importance à cet énergumène, au point de faire des pétitions, des interviews et impliquer la justice?
Quand Eric Zemmour arrive sur un plateau, on sait ce qu’il va dire et sur quoi il sera interrogé. C’est une perte de temps d’être outré par ses propos. Ce n’est pas lui qui s’impose dans les médias. On l’invite, on l’embauche.
Le petit Eric sait à qui s’attaquer, et ses amis(Ardisson, Morandini etc) de Canal + savent qui inviter quand il est présent. Jamais sur le PAF français vous apercevrez Zemmour face à Tariq Ramadan ou encore Kemi Seba.
En France il y a des extrêmes tolérés (Zemmour, Le Pen etc) et des extrêmes(selon eux) intolérables, c’est ça la France !

Ton ami Thierry Ardisson a tellement d’amour et de considération pour toi qu’il ne trouve pas mieux à faire que d’aller chez Morandini pour étaler tes problèmes financiers devant toute la France. Mais toi ma soeur, la meilleure chose que tu trouves à faire c’est d’attaquer notre média pour une supposée fake news qui n’en est pas une. Et dans tout ça tu considères encore l’option de retourner sur le plateau d’Ardisson pour y travailler.
Ma soeur reviens à la maison, reviens à la raison.

PROBLÈME IDENTITAIRE

Il y a un véritable problème identitaire dans ce pays, tout le monde le sait. Le problème c’est que nous(noirs et arabes) sommes les seuls à ne pas être capables de nous positionner. Il y a ceux qui se considèrent français d’origine africaine comme Hapsatou, et d’autres comme moi qui se considèrent africains avant tout et pour tout avec accessoirement une nationalité française. C’est la même chose dira-t-on ? Non, pas du tout. Le fait de positionner son africanité ou sa francité dans un premier ou second plan détermine même l’identité que l’on se donne.

Ségolène Royal est née au Sénégal, est-elle sénégalaise ? Jean-Luc Mélenchon et Dominique de Villepin sont nés au Maroc, sont-ils marocains ? Valery Giscard d’Estaing est né en Allemagne, est-il allemand ? Et on pourrait en citer d’autres. Bref naître à un endroit ne modifie pas ton identité, un lionceau qui naît dans une ferme, ne devient pas un coq. Un proverbe africain dit d’ailleurs « le séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile ».
La problématique : Pourquoi l’Africain/Afro-descendant qui naît à l’étranger s’assimile automatiquement au pays de naissance quand l’Occidental qui naît en Afrique conserve et préserve son identité ?

Ps: Même l’ancien premier ministre Manuel Valls retourne à ses origines en se présentant aux élections dans la ville de Barcelone, en Espagne. Pourquoi l’africain doit constamment nier ce qu’il est, et refuse d’affirmer son identité ?

Voilà ce sur quoi les Zemmour et Le Pen jouent inlassablement, cette identité variable. Nous sommes responsables de la situation, ne sachant pas réellement définir qui et ce que nous sommes, eux, se permettent de le faire comme ils le souhaitent. Je ne prétends pas avoir la science infuse à ce sujet mais une vraie réflexion doit être menée pour ne plus être la cible de railleries à l’échelle nationale, continentale et internationale.

PROBLÈME HAPSATOU SY

Je ne suis pas tellement étonné par ta réaction pas plus que par ton comportement car tu suis une logique individualiste, et donc capitaliste. Et ce, d’autant plus que tu ne saisis la question du racisme seulement parce que tu te trouves directement concernée alors que par le passé, tu affichais une indifférence, voire une opposition, à clamer qu’il y a une parole négrophobe libérée. L’exemple de l’affaire Sagnol(qui bizarrement n’est pas venu te défendre hein, sait-il même qui tu es ?) est là pour le rappeler. Une lectrice de notre média(très certainement le plus populaire/lu dans la communauté) a résumé le pourquoi de ce désamour d’une grande partie de la communauté noire à ton égard « Le problème c’est qu’elle a ouvert sa bouche quand il fallait qu’elle la ferme , et l’a fermé quand il fallait l’ouvrir »…

Du soutien, tu veux ou tu veux pas ?

Pourquoi ne pas s’attaquer à Gala, Valeurs Actuelles et d’autres médias qui s’acharnent sur toi avec les pires articles concernant tes problèmes d’argent… cependant c’est NN, premier média de la diaspora, que tu préfères attaquer…

On peut observer tous les jours un peu plus le refus des afros de tomber dans l’émotion ou la victimisation. Une grande partie partie de notre communauté ne veut pas être utilisée à tes fins personnelles… La sagesse te pousserait à chercher à savoir pourquoi tant d’afros n’adhèrent pas à ta cause.

Ma soeur reviens à la maison, reviens à la raison. Nous ne sommes pas tes ennemis, les membres de la communauté qui t’en veulent ne s’attaquent pas à ta personne mais à ton comportement qui depuis trop longtemps les agace.

Fraternellement

Mutombo Katalayi
Directeur NN & BMG AFRICA

Source crédit : Page Facebook NN