​Communiqué de presse: IRA-Mauritanie s’implante en Côte d‘ivoire.

A l’occasion de son passage en côte d’ivoire, le président Biram  Dah  Abeid,  invité  par  plusieurs organisations  ivoiriennes de droit de l’homme, supervise l’installation de la section de IRA-Mauritanie.

Le président  de l’initiative de la résurgence du mouvement Abolitionniste  ( IRA Mauritanie)  a été  invité  par  plusieurs  cadres et  organisations de droit de l’homme en Côte d’ivoire  précisément à la capitale économique de la côte d’ivoire  Abidjan  pour  échanger sur certains thèmes concernant le respect de la dignité humaine  en Afrique de l’ouest en général et celle de la communauté haratine victimes de l’esclavage en particulier. 

1) Ces organisations de droit de l’homme, également ravie de la présence de Monsieur le président  d’Ira Mauritanie  Biram  Dah Abeid et son épouse  Leila  Ahmed Khliva,  n’ont pas raté l’occasion de le féliciter pour tous les efforts accomplis dans la lutte pacifique. Ensuite elles ont condamné les arrestations et les condamnations des militants d’Ira en République islamique de  Mauritanie  et demandé la libération  des détenus d’opinion dans le plus bref délais .

2) Le président Biram Dah Abeid a été  reçu par une forte délégation d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire venant des différentes villes ivoiriennes. A cette occasion Monsieur le président a adressé un discours à ses militants insistant sur la lutte pacifique en déclarant « c’est avec la non-violence que nous pouvons arriver au sommet, c’est-à-dire obtenir le but qui est bel et bien  une Mauritanie  unie sans discrimination et sans distinction pour tous les mauritaniens ». Ensuite il a échangé certains points essentiels  avec les militants d’Ira vivant en Côte d’ivoire,  comme  le cas des détenus  d’Ira en Mauritanie, que  tous les membres de la section de côte d’ivoire condamnent avec toute énergie. Les militants dénoncent  l’arrestation de leurs confrères en Mauritanie et demandent la libération de ceux derniers dans les plus brefs délais et sans condition.

3) Désormais  Ira Mauritanie ouvre son bureau en Côte d’ivoire. La visite de Monsieur le président Biram Dah Abeid a permis l’ouverture du nouveau bureau central  pour l’initiative de la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira)  en Côte d’ivoire composé  de dix membres. En plus un bureau de la sous-section à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a été installé vue l’importance de la présence d’une grande diaspora dans cette ville.  

En conclusion, les militants sont convaincus que Monsieur le président d’IRA Mauritanie est le seul homme qu’il faut pour la Mauritanie et que sous sa direction le mouvement d’Ira représente l’unique solution pour la Mauritanie.

Ira Mauritanie « yes we can », vive Ira Mauritanie pour une Mauritanie Juste. 

Version français édité par Laabad Ould El Waghere chargé de la communication. 

Version arabe édité par Moustapha  Bilal le président d’Ira Mauritanie section côte d’ivoire.
Abidjan, le 14.08.2016

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIEBulletin d’information n°10


Le procès des militants d’IRA, vu de l’intérieur (Mardi 9 et mercredi 10 août 2016)


Prévu pour reprendre le mardi 9 août, le procès des militants d’IRA a eu du mal à redémarrer et pour cause. Dans une lettre transmise par le régisseur des prisons à la Cour, les prévenus expliquaient clairement qu’ils ne comparaitraient plus, par eux-mêmes, devant les magistrats si la police continuait à réprimer leurs camarades, les familles de ces derniers et si elle s’obstinait à les empêcher d’accéder à la salle d’audience. Or, le moins qu’on puisse en dire, est que tel ne fut pas le cas. Bien au contraire. le nombre de blessés par agression policière ne cesse de croître et le périmètre du Palais de justice est toujours zone interdite.

C’est ainsi que la police a dû extraire, par la force et la contrainte, les prévenus de leur cellule pour les transporter manu militari au Palais de justice. Mais là, les prisonniers ont de nouveau résisté et refusé de descendre du panier à salade de la police. Il s’en est suivi une rixe qui a nécessité l’intervention, au prés des prévenus, de quelques uns des membres les plus écoutés du Collectif de défense (MM. le Bâtonnier Cheukh Ould Handi, les Doyens Yarba Ould Ahmed Saleh et Lô Gourmo Abdoul) pour amener les militants à accepter de descendre et de rentrer en conciliabule avec le Procureur avant d’accéder à la salle d’audience. Après une longue discussion, le Procurer s’est engagé, en présence des avocats, à laisser le public accéder à la salle d’audience, à donner des instructions pour cesser la répression contre les militants à l’extérieur du Tribunal et à œuvrer pour réunir les conditions nécessaires pour le déroulement normal du procès. En contre partie de ces promesses, qui sont, après tout; d’une grande banalité en temps normal et qui ont été présentées par le Procureur comme étant des concessions majeures, les prévenus s’étaient engagés à accepter de se présenter le lendemain de leur plein gré au tribunal.

Le lendemain, mercredi 10 août, la séance a commencé de la façon la plus normale possible, en présence de toutes les parties. La répression à l’extérieur du Palais a marqué un répit ce qui a eu comme effet immédiat le remplissage des gradins de la salle d’audience de militants et de sympathisants d’IRA et de leurs proches.

Mais, chassons le naturel, il revient au galop! Dès l’audition des prévenus, des événements d’une rare gravité se sont produits remettant en cause le fonctionnement même de la Cour et en doute sa capacité de mener un procès de cette importance dans des conditions réunissant un minimum de normalité pour ne pas prétendre à l’équité ou à la justice.

– Pour commencer, le président de la Cour a décidé d’éloigner les prévenus en les enfermant dans une salle adjacente et en prévoyant de les appeler pour les écouter un à un et chacun à son tour. Or, il est connu que des prévenus impliqués dans la même affaire de peuvent pas être entendus par la Cour de façon séparée. Tous doivent pouvoir entendre les réponses de chacun et le voir pendant qu’il répond aux questions de la Cour. Evidemment, les avocats de la défense ne se firent guère prier pour relever cette entorse manifeste à la procédure. Après moult pressions et pressions contraires, le Président fit machine arrière et autorisa l’ensemble des prévenus à rester groupés dans le box des accusés. Le premier à être interrogé était Moussa Biram

– En plein débat entre partie civile et défense, le Président est intervenu pour interdire aux avocats des militants d’IRA de monter sur l’estrade ou de s’approcher de lui ou du prévenu dont l’audition est en cours. Pour appuyer cette interdiction, le Président intima l’ordre aux policiers d’empêcher les avocats de s’approcher de l’estrade. Ainsi quand Maître El iid Ould Mohameden, avocat de la défense, a voulu transmettre un document au Président, il fut physiquement agressé par un policier et ce au vu et au su du Président de la Cour. Encouragé par cette complicité du Président, un second policier s’est mis à débiter un flot d’insultes et d’insanités en direction du banc des avocats de la défense ce qui a eu comme conséquence prévisible le retrait de ses derniers de la salle d’audience en protestation devant l’humiliation dont ils sont l’objet. Pour calmer la situation, le Président de la Cour finit par présenter ses excuses aux avocats en promettant de renvoyer les policiers insulteurs de la salle d’audience, ce qui permit au procès de reprendre son cours.

– Les réponses de Moussa Biram furent d’une très grande pertinence et ont eu pour effet de déstabiliser la stratégie de la partie civile. Pour tenter de reprendre la main, le Procureur décida de projeter une vidéo censée prouver les accusations proférées contre Moussa. Mais, ce faisant, Monsieur le Procureur feignait d’ignorer le code de procédures qui interdit formellement, par son article 278, tout usage d’appareil d’enregistrement audiovisuel (appareil photographique, enregistrement sonore, vidéo, film…) en cours de séance. S’en suivit une empoignade verbale entre la défense et la partie civile au milieu de laquelle, le Président décida de suspendre la séance jusqu’à lundi 15 août et ce sans trancher la question de l’usage de cette appareil pourtant clairement objet de l’article 278 du code de procédures.

– Que décidera le Président lundi prochain? Acceptera-t-il la violation d’une disposition claire et nette du code de procédures? Est ce que l’Exécutif voudra intervenir dans ce procès plus directement?

– De nouveau la question de l’omniprésence de la police et de son double rôle de juge et de partie mérite d’être posée. C’est la police qui porte plainte, pour soit disant agression contre l’un de ses éléments, c’est la police qui mène l’enquête et c’est la police qui est chargée de sécuriser le tribunal où son affaire est jugée! La nervosité des éléments de la police à l’encontre des militants d’IRA mais aussi à l’encontre des avocats de ces derniers est un signe patent de leur implication dans ce procès et une preuve supplémentaire de leur partialité dans cette affaire. Il est donc urgent que ce corps soit dessaisi au moins de la mission de la sécurisation du Palais de justice et remplacé par celui de la gendarmerie.

Nouakchott le 12 août 2016 La Commission de Communication

Biram Dah Abeid présente la situation de la Mauritanie devant la coalition ivoirienne des droits de l’Homme

Le 12 juillet 2016, le président d’IRA-Mauritanie, au cours de sa tournée Africaine, a été reçu par la coalition ivoirienne des droits de l’Homme: CIDDH. La CIDDH est un réseau constitué de plusieurs organisations ivoiriennes de défense des droits humains, affiliée à la coalition de la société civile Ouest-Africaine et à la coalition panafricaine de la société civile et à la commission Africaine des droits de l’Homme et des peuples.

Les discussions entre Marthe-Pedan Coulibaly, présidente de la CIDDH et les présidents des ongs membres de la coalition d’une part, et le président d’IRA-Mauritanie d’autre part, se sont focalisées sur les thèmes suivants:

1- Répression et harcèlement des défenseurs des droits humains en Mauritanie, avec point focal sur la série d’arrestations et simulacres de procès des détenus d’opinion issus des mouvements IRA-Mauritanie, Le 25 février et Manicharigasoil.

2- L’esclavage sous toutes ses formes sévissant en Mauritanie, la discrimination raciale, les expropriations foncières et déplacements forcés, la torture; musèlement de la presse, des partis politiques d’opposition, obstruction à la liberté d’association et d’entreprise.

3- Les deux partie ont décidé une série d’actions communes contre l’Etat très critiques des droits humains et de la démocratie en Mauritanie à travers les canaux des institutions sous régionales, panafricaines et internationales d’alerte, d’interpellation et de sanctions.

En début de réunion, Biram Dah Abeid a introduit les débats par la communication suivante :

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Mauritanie, Numéro 1 de l’esclavage des noirs en Afrique

Réalité de la situation des défenseurs des droits humains

Note d’information pour la Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits de l’Homme

Abidjan (CI), 12 Août 2016

En Mauritanie, depuis 1978 les pouvoirs militaires se succèdent mais l’exercice de l’Etat reste le monopole d’une composante de la population, aujourd’hui minoritaire ; la domination de ce groupe procède d’un système esclavagiste et anti-noir. Malgré la profusion de textes législatifs contre la servitude héritée, le racisme et l’exclusion, ainsi que des normes protectrices de l’enfants et des femmes, les autorités ont toujours assuré, aux esclavagistes, l’impunité totale ; parallèlement, elles couvrent, encore, les exécutions de masses extrajudiciaires de civiles et de militaires noirs mauritaniens, opérées, durant les purges ethniques de 1986-1991. Dans ce contexte historique, de ruse sur le droit et de diplomatie de la dissimulation, les gouvernements successifs s’évertuent à empêcher le fonctionnement normal des ONGs de défense de la dignité de l’Homme et de l’égalité des citoyens. Emprisonnés et réprimés avec violence, leur voix ne cesse de porter à l’intérieur et hors des frontières de la Mauritanie.

La Mauritanie, championne des ratifications de traités et de conventions internationales, répugne, en proportion inverse, à consentir l’effort requis pour honorer ses engagements, grâce à leur mise en œuvre. Le pouvoir ethno-tribal use de moyens substantiels et d’un zèle jamais démenti, afin de réduire au silence les défenseurs de droits de l’homme, mener des campagnes médiatiques et diplomatiques d’occultation de son passif et démentir, ainsi, l’existence de l’esclavage par ascendance, un fléau multiséculaire en Mauritanie, d’ailleurs légitimé selon une fausse interprétation de l’Islam.

Concernant l’esclavage et ses séquelles, lors de son dernier examen périodique universel (EPU) en novembre 2015 á Genève, la Mauritanie a reçu 40 recommandations sur un total de 200, contre 18, seulement sur 152, au précédent de 2010. Cette hausse démontre l’inefficacité des autorités dans la lutte contre l’esclavage mais confirme, surtout, le succès, des groupes abolitionnistes, à sensibiliser, la communauté internationale, sur les abus contre l’intégrité de la personne en République islamique de Mauritanie.

Le mouvement IRA-Mauritanie et son président Biram Dah Abeid ont été primés, par plusieurs distinctions internationales, en reconnaissance du combat contre l’esclavage traditionnel, l’usurpation foncière, l’exclusion des noirs et l’expropriation des terres arables dans la vallée du fleuve Sénégal. La réponse des autorités mauritaniennes a toujours consisté en l’usage de la violence, sur les militants désarmés, les arrestations arbitraires et les procès d’opinion, ponctués de falsifications de preuves à charge.

Dans sa stratégie de détruire IRA Mauritanie, le régime du General Abdelaziz a ordonné, en juillet 2016, l’arrestation de toute la direction du mouvement et ce juste quelques jours avant le dernier sommet de la Ligue arabe, tenu à Nouakchott.

Les événements douloureux de 1986-1991 illustrent, quant à eux, une tentative de génocide de l’ethnie Halpullar, sur la frontière avec le Sénégal. Le régime militaire avait déporté, par milliers, une partie de sa propre population noire vers les pays voisins d’Afrique subsaharienne et mené une campagne de dénégrification au sein des forces armées et de sécurité ; ainsi, des centaines de soldat et officiers furent torturés et exécutés, dans les casernes et camps de détentions, dont 28, pendus, la veille du 28 Novembre 1990, en célébration de la fête de l’Indépendance. Les tortionnaires et les commanditaires de ces atrocités sont toujours libres, vivent une retraite paisible ou décèdent de longévité quand ils n’occupent de hauts postes, protégés par une pseudo-amnistie, licence d’un Parlement composé de leurs proches, alliés et parents.

Exemples de violences physiques contre les membres de IRA-Mauritanie.

Actuellement, et ce depuis la fin du mois de juin 2016,13 membres dirigeants d’IRA-Mauritanie croupissent dans les geôles du pouvoir. Ces militants ont été d’abord interpellés, avec brutalité, par des policiers en habits civils et ce sans que ces derniers déclinassent leurs identités aux personnes arrêtées, ni les informer des motifs. Les agents, parfois masqués, placent une bande de tissu sur les yeux des activistes, pour les conduire dans des lieux impossibles à identifier. Parvenus à destination, les futurs prévenus sont déshabilles, jetés dans des cachots humides, nauséabonds et insalubres. Ils sont attachés par des menottes en fer, qui lient la main au pied, et dans des positions inconfortables, pendant plusieurs heures, avec renouvellement du supplice, par alternances des postures. Les policiers, en charge de la torture, actionnent le joug, à intervalle irrégulier, pour produire des maux aigus, surtout lors des interrogatoires.

Les auditions sous contrainte corporelle visent à obtenir des faux aveux de complaisance et de faux témoignages qui étayeraient la thèse des services de renseignement selon laquelle l’organisation IRA a planifié et exécuté les émeutes sur la scène du lieu-dit « Adabaye Bouamatou » le 29 juin2016. Pour extorquer le propos à l’appui de l’accusation, les policiers infligent d’anciennes recettes de sévices, de la police politique. Par exemple, ils ont enchaîné certains détenus comme Moussa Biram, Abdallahi Maatala Seck et Abdallahi Abou Diop, en nouant leurs mains aux pieds, par derrière. Les tortionnaires attachent et serrent douloureusement les prisonniers, par une corde et les suspendent, à distance du sol, sur des barres de fer. Les autres, entendent les cris de douleurs, ce qui contribue à affaiblir leur moral et les incite à « tout dire ».

D’autres, tel Amadou Tidjane Diop, ont été complètement déshabillés, insultés copieusement et menacés de mort s’ils n’acceptent d’avouer qu’ils ont participé á la violence contre la police. Leurs yeux et visages ont été bandés jusqu’au bord de l’asphyxie, incapable de respirer, leurs narines bouchées par un tissu. Sur plusieurs jours du Ramadan, les tortionnaires assoiffaient les détenus, leur refusant de l’eau et les affamaient tout le long de l’interrogatoire ; le peu de repas qu’ils recevaient a été mélangé à du sable et des déchets solides, en quantité variable, d’un détenu à l’autre. Les coups de cravache et de matraques constituaient le lot quotidien de certains parmi eux, en particulier durant les séances de questions. Les vagues de supplice s’étalent, en général, de 20 à 30 minutes, entre 2 et 7h du matin, sur plusieurs jours.

Perspective de la lutte

Il convient de rappeler le contexte de la répression du mouvement abolitionniste en Mauritanie, dès le lendemain du coup d’Etat militaire du 6 août 2008, contre le premier Président élu à la faveur d’un scrutin pluraliste, Sidi Mohamed Ould Cheilh Abdellahi. L’année suivante, le Général auteur du putsch, actuel Chef de l’Etat, se présente au suffrage universel direct qu’il remporte par la fraude, et avec le soutien de la France.

Réélu en 2014, par des opérations de fraudes massives, l’instrumentalisation des différents corps de l’Etat, ainsi que par l’usage des symboles et argent, publiques, il tend, depuis, à exacerber le communautarisme pour exciter la communauté arabo-berbère, celle des anciens maitres, à se souder, autour de lui, afin de faire barrage au prétendu péril démographique noir. Au travers des média, des mosquées, tribunaux et force de l’ordre, le message est ainsi dupliqué, diffusé, martelé : pour cette propagande officielle, les nègres, en particuliers, ceux descendants d’esclaves, incarnent une menace majeure à l’ordre et à la cohésion nationale, c’est-à-dire le statuquo, fruit de la domination ethno-tribale.

Les populations maures arabo-berbères, dans leur grande majorité, vivent dans le conditionnement par cette propagande ; celle-ci produit l’effet de les arrimer au noyau de l’hégémonie, qui se cristallise autour de son expression la plus immédiate, l’institution militaire, en somme le commandement des forces armées et de sécurité. Le Président Mohamed Ould Abdel Aziz s’érige gardien et continuateur de ce lien social par la panique ; ses services de renseignement fabriquent et entretiennent, à l’usage des fils et petits-fils d’anciens maîtres, la crainte exagérée, démultiplié, dramatisée, de l’éveil des noirs à la citoyenneté.

En parallèle, les partis politiques, personnalités indépendantes, mouvements de jeunes et hommes d’affaires, issus du groupe dominant arabo-berbère, s’exposent à la persécution et à la spoliation, dès lors qu’ils osent se désolidariser de cet esprit de corps ou en déconstruire les ressorts idéologiques. Aujourd’hui, non sans courage et en dépit de leur nombre modeste, les maures progressistes se retrouvent emprisonnés, exposés à la diabolisation et, pour certains, réduits à l’exil.

Quelques témoignages des victimes de l’esclavage par ascendance

Dans le but d’aider le public à se faire une idée de la souffrance morale et physique, subie de génération à la suivante, par des descendants d’esclaves, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) recommande la lecture des témoignages joints à la présente note. Il est à noter que tous les cas, portés devant les autorités du pays, sont été classés, sans suite. La justice les relègue, toujours, au chapitre, soit des litiges familiaux soit des rapports de travail, car l’interprétation locale de Charia Islamique (l’unique source de référence légale, selon la Constitution) définit l’esclave comme propriété du maitre ; le dernier exerce, sur le premier, droit de vie et de mort.

Document produit 2013 par IRA-Mauritanie sur le cas de Mm Salma mint Meydouwa et sa famille.

Interview avec Mm Mbeyerka Vall Mint Mahmoud, publié par le journal Le Calame 2013 (http://www.lecalame.info/contenu_news.php?id=5701)

Communiqué de presse de IRA-Mauritanie de 2013 sur le cas de Mm Khdeija mint Dada et sa descendance qui avait vécu quatre générations sous le joug des pratiques d’esclavage domestique.

Biram Dah ABEID
Président de Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste en Mauritanie.
Crédit source : fr.essirage.net 

09-08-2016 18:45 – IRA – Mauritanie News Letter n°9 : Poursuite de la mascarade du procès des dirigeants d’IRA et des agressions physiques contre ses militants


IRA-Mauritanie – Pour sa deuxième semaine consécutive, les séances de la mascarade de procès intenté contre les militants d’IRA (13+10) pour des chefs d’accusation artificiellement liés aux événements dits de la « Gazra de Ould Bouamatou » (affrontements entre population en passe d’être expulsées du centre ville et forces de l’ordre) ont repris.

A travers ce grossier montage policier, l’Etat mauritanien tente de dissimuler sa véritable nature de machine d’exclusion raciste et esclavagiste dirigée contre les Hratine.

Il essaye de détourner la lumière des projecteurs de la répression systématique par laquelle il cible cette communauté en créant de toutes pièces cette diversion de procès contre IRA alors que cette dernière n’y est liée ni de près ni de loin. Aujourd’hui a comparu devant le juge d’instruction l’un des dirigeants les plus emblématique et les plus tenaces d’IRA à savoir Issa Ould Ali.

Au même moment, d’autres activistes continuent à mariner au fond de cellules sordides sans soins médicaux pour ceux qui en ont besoin, ni contact avec l’extérieur alors que de nouvelles arrestations sont opérées au fil des séances de la mascarade de procès.

Comme ce fut le cas le mercredi dernier, une pluie de coups d’une brutalité sadique s’est abattue sur tout militant ayant exprimé la moindre volonté d’exercer son droit à assister à ce procès censé être ouvert au public.

Aujourd’hui, 9 militants souffrent de douloureuses fractures aux bras, aux mains et aux pieds qui risquent de s’infecter et de connaitre de graves complications. Il s’agit de: Elhadj Ould Eliid, Cheikh Vall, Koumba Ndaw, Kamara Moussa, Sabbar Ould El Houssein, Ghamou Mint Achour, Jemal Mint Achour, Samba Diagana et Ahmedou Ould Kharrachi.

A ces blessures visibles s’ajoutent les nombreuses ratonnades sans justification qu’ont subies nombre de nos militants et militantes ces derniers jours, suivies ou précédées d’arrestations extrajudiciaires et d’incarcérations souvent dans des lieux inconnus pendant des durées inconnues.

Le procès a donc repris aujourd’hui pour voir le Collectif des avocats de la défense démonter, pièce par pièce, les irrégularités grossières qui l’ont entaché et ce depuis les arrestations des prévenus jusqu’à leur comparution en passant par les auditions par les enquêteurs (police) érigés en juges et parties. Malgré ces vices manifestes, la Cour a tenu à poursuivre la mise en scène de mauvaise qualité.

Nous, à IRA, tout en dénonçant la barbarie policière et la violence de la répression que nous subissons:

1- relevons avec regrets et incompréhension le silence assourdissant de l’opinion publique nationale face aux violations multiples des droits de l’homme et des libertés des personnes constatées depuis le début de ce procès. Personne ne s’étonne ou même de relève la disproportion du déploiement policier autour des bâtiments de la justice et dont l’objectif est d’empêcher les militants et les familles des prévenus d’assister à un procès qui doit être ouvert au public;

2- fustigeons avec véhémence les arrestations et les brutalités exercées à l’encontre des militants d’IRA tout en affirmant que leur multiplication ne fera que décupler notre détermination à combattre l’arbitraire et à défendre les prisonniers d’opinion;

3- demandons aux prévenus et à leur de défense de cesser d’interagir avec la Cour tant que la police continue à réprimer les militants d’IRA et leurs familles pour les empêcher de manifester pacifiquement devant le Palais de justice et de venir assister, à l’intérieur de la salle d’audience, au procès. Les militants d’IRA sont des prisonniers d’opinion et ont droit à un procès publique, juste et équitable.

Nouakchott le 8 août 2016
La Commission de Communication
Source crédit : http://www.cridem.com

07-08-2016 11:11 – IRA-Mauritanie : Résumé de la première journée du procès des cadres d’IRA (Bulletin d’information n°8)

IRA-Mauritanie – Serait-ce un hasard que le procès des militants d’IRA (13+10) se soit ouvert un 3 août, jour anniversaire du plus récent mais peut être pas le dernier des coups d’Etat du Général? Un autre coup d’Etat, cette fois contre les droits des gens et la morale politique?

La journée a commencé par le bouclage du périmètre du Palais de Justice par la Police. Toute personne dont on suspectait l’appartenance à IRA est proprement empêchée de s’approcher du bâtiment surtout si cette personne était habillée comme le sont les membres du Comité de la Paix.

Quand la foule de militants d’IRA a commencé à grossir, ordre fut donné aux forces de l’ordre de la repousser à l’Est jusqu’au carrefour Madrid, au Sud jusqu’à la CUN et à l’Ouest jusqu’à l’immeuble d’Afarco.

Là, loin des regards des caméras et notamment des caméras étrangères, les coups de bâtons, de matraques et de rangers ont commencé à pleuvoir sans justifications ni raisons apparentes. Rapidement on a commencé à relever les blessés, nombreux dont des femmes (Mariem Mint Cheikh, Toutou Mint Sidi…).

Parmi les blessés, on identifie Mohamed Lemine (fracture de la main), Mahfoudh (fracture du bras), Elhadj Ould Eliid, tombé dans le comma et transporté à l’Hôpital où aucun soin ne lui fut prodigué.

A l’intérieur de la salle d’audience, les jeunes cades d’IRA avaient pris place, dès 8 heures, dans le box des accusés assistés par leur Collectif de défense. On leur reproche d’avoir pris part aux événements de la Gazra. Ce n’est que trois heures plus tard, vers 11 heures, que la Cour fit son entrée et essaya d’ouvrir la séance dans une salle presque déserte où les quelques policiers en civil n’arrivent pas à tromper les observateurs étrangers venus assister au procès.

Très vite, la défense souleva cette question de l’absence du public qui constitue une condition essentielle à toute justice digne de ce nom. Finalement le Président accéda à cette requête et autorisa le Chef de file du Collectif, le Doyen Cheikh Ould Handy, et un autre avocat membre de ce même collectif, Maître Teyib Ould Mahmoud, à aller chercher le public en leur affirmant, comme le lui a soufflé le policier de service, que ce dernier ne s’était pas présenté! C’est ainsi, finalement, que les quelques rares supporters d’IRA, qui étaient parvenus à franchir la succession d’obstacles policiers et qui sont restés jusqu’à 11 heures, ont pu accéder à la salle. Parmi les obstacles, il y avait l’allégation que les badges étaient épuisés alors qu’en guise de badges, il s’agissait juste de simples feuilles blanches tamponnées!

Après la déclinaison des identités de prévenus, la défense a soulevé un ensemble de vices de forme dont:

1- le fait que la police soit, dans cette affaire, juge et partie. La police prétend avoir été agressée et c’est cette même police qui mène l’enquête et signe les procès verbaux! En plus l’enquête a été menée sans instruction du Procureur de la République qui ne savait même pas qu’il y avait des détenus membres d’IRA;

2- Les prévenus ont été arrêtés et incarcérés sous l’accusation de flagrant délit relatif à l’affaire dite de la Gazra de Ould Bouaamatou. Or aucun d’entre eux ne fut arrêté le jour même du supposé délit ni sur les lieux de ce dernier! Pour un « flagrant » délit, cela pose question.

Après ces fortes objections de forme, la partie civile (Bilal Ould Dik, Nema Ould Ahmed Zeidane et Ahmed Vall Ould Barka) a avancé quelques vagues réponses un peu décousues et gênées aux entournures. Une autre bizarrerie de ce procès est le fait qu’au moins l’un des avocats de la partie civile avait signé aussi pour défendre les accusés!

A 19 heures, alors que le Procureur s’apprêtait à intervenir, la séance a été levée et rendez-vous a été donné le lundi 8 août à 10 heures.

Nos pronostics

S’il existait une justice sur terre, le procès serait annulé pour cause de l’impossibilité physique du flagrant délit. Un non lieu serait alors prononcé lundi 8 août et les prévenus seraient relaxés avec les excuses qui leur seraient présentées et le versement des dommages et intérêts pour préjudices moraux et matériels;

S’il n’y avait pas de justice du tout, le procès reprendrait par une reprise des auditions des prévenus mais cette fois par la gendarmerie en supposant que ce corps soit honnête et indépendant de celui de la police;

Si le procès était de pure forme, la Cour éluderait les objections soulevées par la défense pour prononcer le verdict déjà préparé par l’Exécutif à savoir la condamnation des prévenus pour des délits qu’ils n’auraient pu commettre et des accusations sans fondement aucun. La confrontation entre IRA et le Pouvoir continuerait alors et le Pouvoir perdra encore une fois et ce aussi bien au plan intérieur qu’au niveau de l’opinion internationale.

La Commission de Communication

Nouakchott le 04 août 2016
Source crédit : http://www.cridem.org 

Paris le 03 Août 2016 :Sit-in de soutien aux kidnappés abolitionnistes en Mauritanie. 

Bref photo-reportage 

Ce jour d’été dans le chic quartier du 16 ème arrondissement de Paris, certains engagés pour le respect des droits humains en Mauritanie se sont réunis devant la représentation de la Mauritanie en France. Ce 3 août 2016, s’ouvre à Nouakchott le procès des plusieurs piliers du mouvement abolitionniste et anti-esclavagiste IRA-MAURITANIE. Le but du sit-in organisé par IRA-France auquel ont pris part plusieurs militants engagés, était d’alerter les autorités françaises et toutes les organisations sensibles au respect des droits humains, sur les arrestations arbitraires et le procès manipulé en préparation. En plus des éléments d’IRA-France en verve contre ces injustices , il faut noter la présence de certains cadors de la diaspora mauritanienne France, en la personne du grand pèlerin de la bonne cause et l’historique Ibnou Diagana de l’OCVIDH, de Madame Mariem Kane, de Mr Kaw Touré et MrHamadi Soh des FPC ex-Flam,  de l’infatigable Diabé Ndiaye dit Thomas Mag et d’autres irréductibles. Des slogans habituels ont été brandis contre le régime répressif qui sévit dans le pays. Les kidnappings qui ont touché les leaders abolitionnistes d’IRA ( Initiative pour la Résurgence Abolitionniste ) à partir du 29 juin dernier, ont été dénoncés avec vigueur. Une déclaration a été éditée et distribuée aux passants, et un exemplaire sera déposé au courrier de l’ambassade. 

 Il est à noter qu’en ce jour du procès, des militants du mouvement abolitionniste sont annoncés battus et dispersés par les forces du régime à Nouakchott. On interdirait le port de tenues par les hommes dévoués du comité de la paix d’IRA-Mauritanie. Ces hommes sont ceux assurent le service d’ordre autour de toutes sorties publiques du mouvement abolitionniste. Vêtus en chemises blanches, cravates noires et pantalons noirs, ils veillent également sur les responsables de l’organisation en public. Dignes et polis, on a l’impression qu’ils sont plus ordonnés et « professionnels » que certains éléments des forces de l’ordre souvent très provocateurs.

Cet acharnement notoire semble viser une éradication pure et simple de l’organisation abolitionniste. Connaissant la détermination et l’engagement du mouvement créé par Biram Dah Abeid et ses amis en 2008 (Toujours non reconnu par Nouakchott ), on peut parier que la stratégie du bâton répressif du régime mauritanien ne fera que fausse route par une suspecte fuite en avant par rapport aux questions essentielles du pays. L’IRA est loin d’être une expression stricto-communautariste, mais une voi(e) émergente trans-communautaire et citoyenne contre toutes les injustices. Leur concept est inédit en la matière et leur courage en est la clé. Ce mouvement qui est dans le viseur du régime et ses soutiens laudateurs réactionnaires parmi les milieux dominants, survivra aux temps électoraux des uns et aux intérêts convergents immatériels et matériels exclusivistes des autres. 

Notre blog Soninkidees-jose exprime sa totale solidarité aux détenus arbitrairement arrêtés ces derniers jours dans le pays. 

Seule la  vérité est révolutionnaire…!!!


Signé par K.S 

​Le Collectif de défense des dirigeants d’IRA accusés dans le cadre du dossier n° 558/2016



Communiqué

 

Suite aux événements survenus le 29/06/2016 entre des éléments des forces de l’ordre et les habitants du bidonville situé près de l’Hôpital Bouaamatou, un groupe appartenant à cette population, refusant d’être expulsés par la force, a été arrêté.

Un jour plus tard, treize membres dirigeants de l’organisation IRA ont été arrêtés puis déférés devant le Procureur de la République sous le coup de chefs d’accusation décrits comme étant du flagrant délit de rébellion, d’usage de la violence et d’appartenance à une organisation non reconnue.

 

Ces mesures ont été entachées d’un grand nombre d’irrégularités juridiques et d’atteintes aux libertés de nos clients dont nous citons les points suivants:

1- la garde-à-vue de nos clients s’est déroulée dans des taudis hors des commissariats de police qui sont les lieux habituellement destinés à ce genre de procédure. Pendant cette garde-à-vue, nos clients ont été privés de tous contacts avec les leurs et leurs avocats en violation flagrante de l’article 58 du code de procédure pénale. La durée de cette garde-à-vue a dépassé les 10 jours.

2- Les détenus ont été torturés, frappés, déshabillés et entravés sans que le Parquet général, lors de leur déferrement, n’accepta qu’ils soient examinés par un médecin  en vue de constater les traces de la torture qu’ils ont subie en violation manifeste des lois et conventions internationales qui font de la torture un crime contre l’humanité et que la Mauritanie avait ratifiées allant jusqu’à créer des commissions ad hoc pour les faire appliquer.

3- Le détenu Diop Amadou Tidjani qui souffre d’une maladie chronique du cœur a subi une crise aigue causée par les conditions de détention décrites plus haut et a été empêché de recevoir son traitement habituel.

4– Le flagrant délit, qui est la qualification retenue par le Parquet Général, se heurte aux faits que nos clients furent arrêtés à leur domicile ou sur leur lieu de travail respectifs donc loin du théâtre des affrontements et ce pendant les jours qui ont suivi ces mêmes affrontements, tout comme le fait de transférer leur dossier immédiatement à la Cour Pénale sans passer par le juge d’instruction. Cette qualification de flagrant délit, qui parait incohérente, touche au droit de nos clients à bénéficier d’un procès équitable et empêche la manifestation de la vérité qui doit être le fondement de toute action judiciaire.

5- Même après leur admission à la prison civile, nos clients ont continué à subir des mauvais traitements sans justification. Ils ont ainsi été entassés dans une cellule collective notoirement exigüe, ne répondant à aucun critère de salubrité  et loin de toute conformité aux exigences attendues pour les maisons d’arrêt telles que décrites dans les lois nationales et internationales.

Considérant tout ce qui précède, nous engageons l’ensemble des autorités judiciaires et administratives à interagir avec ce dossier conformément à la loi et avec respect de la dignité du citoyen. Nous exprimons notre espoir de voir la justice produire des preuves irréfutables des acquisitions proférées loin de toutes interférences notamment d’ordre politiques.

 

Nouakchott le 02/08/2016

Le Collectif de défense

Les autorités mauritaniennes continuent d’harceler les militants d’IRA


Communiqué de presse
Nous venons d’apprendre qu’une quinzaine de militants d’IRA Mauritanie a été arrêtée cet après-midi à Nouakchott sur la route du nouvel aéroport. Ces militantes et militants étaient venus accueillir le Vice-Président de l’organisation anti-esclavagiste, Brahim Bilal Ramdhane, lors de son retour à Nouakchott après un séjour de plusieurs semaines aux États-Unis durant lequel il était accompagné du Président de l’organisation, Biram Dah Abeid. 

Une foule immense s’était aussi réunie au domicile du Président d’IRA, Biram Dah Abeid pour célébrer ce retour. La police a fait irruption pour harceler les militantes et militants, venus de tous les coins de la ville, et pour demander aux membres du Comité de Paix d’ôter leurs distinctives tenues. 
Ces nouvelles arrestations et ce harcèlement sont une continuité dans la chasse aux sorcières lancée contre IRA depuis le 30 juin dernier et qui a vu les kidnappings de plusieurs membres de l’organisation dont 13 sont toujours détenus et comparaitront devant le juge le 3 Août prochain dans la capitale mauritanienne.
IRA-Mauritanie appelle toutes les forces progressistes nationales éprises des droits de la personne humaine et de la paix civile ainsi que la communauté internationale à s’ériger contre ces agissements et à dénoncer ces arrestations arbitraires et cet harcèlement continu de ses membres. 
IRA Mauritanie appelle toutes ces militantes et tous ses militants à une mobilisation pacifique, massive et continue lors du procès de ce mercredi 3 Août et jusqu’à la libération de tous les détenus depuis le 30 juin, et au-delà, jusqu’à la fin de la pratique de l’esclavage et de la discrimination en Mauritanie.
La Commission de communication

Nouakchott, le 1 Août 2016                                                               
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English version
PRESS RELEASE
Mauritanian authorities continue to harass IRA’s militants
We were informed today that over a dozen of IRA Mauritanie militants have been arrested this afternoon in Nouakchott as they were on the way to the newly-built airport where they planned to welcome back IRA’s Vice President, Brahim Bilal Ramdhane, who was visiting the United States, along with IRA’s President, Biram Dah Abeid. 
A huge crowd had also gathered at Biram Dah Abeid’s residence to celebrate the return of the Vice President. The police rammed in to harass IRA’s militants and to force members of the Peace Committee to remove their identifying colors and uniforms. 
This new wave of arrests and harassment follows a previous wave that began on June 30 and that has resulted in the kidnappings of several members of the anti-slavery organization; thirteen (13) of whom are still detained and scheduled to be tried on August 3 in Nouakchott.
IRA-Mauritanie calls on all national progressive and peaceful forces of the civil society as well as the international community to stand up against these acts of terror and to denounce these arbitrary arrests and the on-going harassment of its members. 
IRA Mauritanie further calls on all its militants to peacefully mobilize for the trial on Wednesday August 3rd, 2016 and until all detainees are freed and slavery and discrimination are abolished in Mauritania.
Commission of Communication
Nouakchott, August 1, 2016

Déclaration IRA-Senegal: Le communiqué 


Lors d’une opération de déguerpissement d’un bidonville « Gazra » dans la capitale mauritanienne le 29 juin 2016, la police a rencontré une forte résistance de la part des habitants à déguerpir qui vivaient sur les lieux depuis presque 2 décennies.
Le lendemain de cette opération ratée le pouvoir a cherché à faire porter  a Ira-Mauritanie le chapeau en arrêtant des militants d’Ira-Mauritanie dont Diop Amadou Tijani le vice président à son domicile et les jours qui ont suivi il y’a eu plusieurs autres arrestations dont le secrétaire au relation extérieur Balla Touré, le trésorier Ahmed Hamar Vall, le conseiller à la communication Hamady Lehbouss.
Ces responsables et les militants qui ont été arrêtés en même temps qu’eux ont été maintenus une dizaine de jours sans aucune nouvelle, sans avoir eu la visite de leur famille ou de leurs avocats et pendant cette période ils ont été aussi torturés à plusieurs reprises par la police.
C’est le 12 juillet à 4h30 du matin que les 13 militants arrêtés  ont été entendus par un juge d’inscription qui a retenu contre eux le flagrant délit « de rébellion non armée » « d’appartenance à un mouvement interdit » et « d’agression sur des forces de l’ordre » et leur jugement est programmé le 3 Aout 2016 à Nouakchott.
Ira-Mauritanie Section Sénégal ayant constaté l’arrestation illégale et injustifiée de nos camarades à Nouakchott réclame leur libération immédiate et sans condition et dénonce avec vigueur les actes de tortures et de violences de la part de la police contre les militants des droits de l’homme.
Ira-Mauritanie section Sénégal appelle l’Union Africaine et les pays africains à intervenir sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie.
Le bureau exécutif

​APPEL URGENT -L’OBSERVATOIRE 


MRT 001 / 0716 / OBS 064

Arrestation arbitraire/

Détention au secret /

Torture / Mauvais traitements

Mauritanie

25 juillet 2016

 

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Mauritanie.

 

Description de la situation :

 

L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention arbitraire de 13 membres de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA-Mauritanie [1]), à savoir MM. Mohamed Daty, secrétaire général de la coordination de Nouakchott, Ousmane Anne, président du bureau de Tevragh Zeina, Ousmane Lo, membre du bureau exécutif, Abdallahi Abou Diop, membre du bureau de Riadh, Amadou Tidjane Diop, deuxième vice-président national, Abdallahi Matala Seck, président du bureau de Sebkha, Balla Touré, chargé de relations extérieures, Jemal Samba Beylil, membre du bureau de Riadh, Moussa Biram, vice-président du bureau de Sebka, Hamady Lehbouss, conseiller du président et chargé de la communication, Ahmed Hamdy Hamar Vall, trésorier national, Mohamed Jarroullah, membre du bureau exécutif et Khatri Rahel Mbareck, coordinateur du comité de la paix.

 

Selon les informations reçues, entre le 30 juin et le 9 juillet 2016, 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés. Le 30 juin 2016, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck et Moussa Biram ont été arrêtés à leurs domiciles respectifs par des policiers en civil, sans s’être vu présenter un mandat d’arrêt ou tout motif à leur arrestation. Ce même jour, Jemal Samba Beylil a été arrêté dans sa boutique de pièces détachées dans la commune du Ksar devant ses collègues. Le 1er juillet, Balla Touré a été arrêté à son domicile dans la matinée. Le 3 juillet 2016, alors qu’ils quittaient une conférence de presse organisée pour appeler à la libération de leurs collègues, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall et KhatriRahel Mbareck ont été arrêtés dans la rue par des policiers en civil. Le même jour, Mohamed Jarroullah a également été interpellé par des policiers en civil. Le 8 juillet, Mohamed Daty a été arrêté à la sortie du tribunal où il est greffier et Ousmane Anne et Ousmane Lo ont été arrêtés dans la rue. Enfin, le 9 juillet, Abdallahi Abou Diop a été arrêté sur son lieu de travail. A cette occasion, il a été frappé par les policiers.

 

Les 13 membres de l’IRA-Mauritanie ont été arrêtés en relation avec une manifestation spontanée organisée le 29 juin 2016 contre l’expulsion forcée d’une vingtaine de familles installées dans un bidonville dans le quartier de Ksarn en périphérie de la capitale Nouakchott au cours de laquelle des scènes de violences ont été perpétrées [2]. Or, aucun des 13 membres n’avait participé à cette manifestation. De plus, l’IRA-Mauritanie n’a ni organisé, ni exprimé d’opinion, ni même participé à cet événement. Aucun des membres n’a été arrêté sur les lieux de la manifestation. L’un d’entre eux, Mohamed Jarroulah, se trouvait même à 1200 km de Nouakchott ce jour là.

 

L’Observatoire craint que cet incident ne soit utilisé que comme prétexte pour harceler les membres de l’IRA-Mauritanie. L’Observatoire voudrait rappeler que le 30 juin 2016, l’IRA-Mauritanie a reçu le TIP Heroes Awards des mains du Secrétaire d’Etat Américain John Kerry à Washington, un prix qui salue l’action de cette ONG.

 

Le 12 juillet, entre 4h30 et 7h45, les 13 militants ont été interrogés par le Parquet au sujet de la manifestation. C’était la première fois depuis leur arrestation, qu’ils pouvaient s’entretenir avec leurs avocats.

 

En effet, les 13 militants ont été détenus au secret pendant trois à 12 jours. Pendant leurs gardes à vue, les 13 ont été transférés séparément dans des lieux inconnus, privés de moyens de communication avec leurs proches ou avocats. Ils ont été interrogés la nuit, privés de sommeil, d’accès aux sanitaires, aux douches ainsi qu’à un médecin. Selon les informations reçues, Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré, Moussa Biram et Amadou Tidjane Diop ont été victimes d’actes de torture et de mauvais traitements. Pieds et mains liés dans des positions douloureuses pendant des heures, suspendus par des cordes, les menottes trop serrées,  Abdallahi Matallah Seck, Balla Touré et Moussa Biram ont été interrogés sur la planification et leur participation aux affrontements du 29 juin. De même, Amadou Tidjane Diop a été déshabillé, insulté, menacé de mort pendant son interrogatoire et s’est vu forcé de manger quelques repas agrémentés de sable sans pouvoir boire de l’eau.

 

De plus, selon les informations reçues, Amadou Tidjane Diop n’aurait pas eu accès à des soins médicaux nécessaires, et ceci malgré une pathologie cardiaque connue pour laquelle il possède une prescription médicale ainsi que des bulletins de consultation de cardiologie.  Ce n’est qu’après sa garde à vue qu’il a pu se rendre à l’hôpital mais les analyses prescrites n’ont toujours pas été réalisées. 

 

Selon nos sources, les commissaires principaux El-Hadi et Ahmed Baba Ahmed Youra, l’inspecteur de police Hassane Samba, les officiers de police Alioune Hassane et Lemrabott, le brigadier chef Didi ainsi que les brigadiers Ould Amar et Oumar Ndiaye auraient participé avec d’autres personnes non identifiées aux actes de torture à l’encontre des militants. De plus, M. Boubacar Ould Messaoud, membre du Mécanisme national de prévention (MNP) et président de l’association SOS-esclave, s’est vu refuser une visite malgré une demande officielle. En outre, les demandes de leurs avocats de faire expertiser les traces visibles des sévices ont été refusées.

 

Le 12 juillet, le procureur Cheikh Taleb Bouya Ahmed a ouvert une enquête de flagrance et a inculpés les 13 membres de l’IRA-Mauritanie pour « attroupement armé » (article 101 à 105 du Code pénal), « violences à l’égard d’agents de la force publique » (articles 213 et 214 du Code pénal), « rébellion » (article 191 du Code pénal) et « appartenance à une organisation non enregistrée » (articles 3 et 8 de la Loi de 1964 sur les associations). L’affaire a été renvoyée au 3 août 2016 devant la Cour criminelle de Nouakchott Ouest. Le tribunal devrait prochainement autoriser les familles à leur rendre visite pour la première fois depuis leur interpellation. Les 13 sont maintenant détenus à la Maison d’arrêt de Dar Naim.

 

L’Observatoire rappelle que l’IRA-Mauritanie et ses militants subissent un harcèlement régulier de la part des autorités en raison de leurs activités de défense des droits de l’Homme depuis longtemps[3].

 

De plus, l’Observatoire exprime ses plus vives préoccupations quant aux conditions de détention des activistes détenus et s’inquiète tout particulièrement de l’état de santé d’Amadou Tidjane Diop souffrant de problèmes cardiaques et nécessitant un suivi médical approfondi et régulier.

 

Finalement, l’Observatoire demande la libération immédiate et inconditionnelle ainsi que l’abandon des poursuites à l’encontre de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck, et de tout autre membre de l’IRA en ce que cela ne vise qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme.

 

Actions requises :

 

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :

 

i. Garantir en toute circonstance l’intégrité physique et psychologique de MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

ii. Libérer immédiatement et inconditionnellement MM. Mohamed Daty, Ousmane Anne, Ousmane Lo, Abdallahi Abou Diop, Amadou Tidjane Diop, Abdallahi Matala Seck, Balla Touré, Jemal Beylil, Moussa Biram, Hamady Lehbouss, Ahmed Hamar Vall, Mohamed Jarroulah, Khatri Mbareck ainsi que tout membre de l’IRA-Mauritanie détenu puisque leur détention ne semble viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;

 

iii. Mener une enquête immédiate, indépendante et effective sur les allégations de torture et de mauvais traitements subis par les 13 défenseurs, afin d’identifier les coupables et de les sanctionner conformément à la loi ;

 

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris judiciaire, à l’encontre de ces personnes ainsi qu’à l’ensemble des membres et sympathisants de l’IRA et, plus généralement, de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;

 

v. Se conformer à la loi N° 049-15 sur la torture et à la loi N° 050/15 instituant un Mécanisme national de prévention, adoptées le 13 août 2015 par l’Assemblée Nationale mauritanienne.

 

vi. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement ses articles 1, 9.1 et 12.3 ;

 

vii. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie ;

 

Adresses :

 

• S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 85 52

• M. Ahmedou Ould Abdalla, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie, Fax : + 222 529 09 89; Email : mmelhadi@interieur.gov.mr ; leminesidi@yahoo.fr

• Brahim Ould Daddah, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, Fax : 00 222 525 70 02

• Me. Irabiha Mint Adbel Weddoud, Présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme, Email : presidente@cndhmauritanie.mr

• S.E. Ambassadeur Mme Salka Mint Bilal Yamar, Mission permanente de la Mauritanie auprès de l’Office des Nations unies à Genève, Suisse. Fax : +41 22 906 18 41. Email : mission.mauritania@ties.itu.int

• Ambassade de la Mauritanie à Bruxelles, Belgique, Fax : +32 2 672 20 51, info@amb-mauritania.be

 

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Mauritanie dans vos pays respectifs

 

*** 

Paris-Genève, le 25 juillet 2016

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

 

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

 

 

Pour contacter l ’Observatoire, appeler La Ligne d ’Urgence:

·            E-mail: Appeals@fidh-omct.org

·            Tel et fax FIDH: + 33 14355 2518 / + 33 14355 1880

·            Tel et fax OMCT: +41 228094939 / +41 22 8094929