​Urgent : arrestation de Diop Amatidjane, troisième vice-président d’Ira-Mauritanie

Aux alentours de 9h, ce matin 30 juin 2016, six éléments de la police mauritanienne, en civil, ont inverti le domicile de Diop Amatidjane, troisième vice-président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA). Sans aucun mandat de perquisition, ils ont forcé sa porte et mis aux arrêts. A cette heure, on ignore le lieu de sa détention et le motif de cette énième agression contre les responsables du mouvement abolitionniste. Rappelons qu’il n’y a pas encore un mois que Biram Dah Abeid et Brahim Bilal, respectivement président et premier vice-président d’Ira-Mauritanie ont été remis en liberté après plus d’une année et demie de détention. Il faut dire qu’avec cette nouvelle arrestation, le prochain sommet arabe risque de très grandes perturbations. Les militants d’Ira sonnent la mobilisation des troupes.
Mamadou Kalidou BA

L’IRA-Mauritanie, le discours de la vice-présidente Coumba Dada Kane aux États-Unis.

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مـــــــــبـــــــادرة إنـبــعـــاث الحــــركة الانعــــــــــتـــــــاقـــــــــية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA – Mauritanie

Messieurs et Mesdames les responsables du Prix James Lawson,
Mon Révérend,
Messieurs, Mesdames,

Je viens de la Mauritanie, pays où sévissent encore  l’esclavage et le racisme institutionnalisé par l’Etat. Pays que la Fondation Walk Free a classé à la peu enviable pool position en matière de prévalence de l’esclavage (4% de la population). Pays dont le régime a organisé 1989 le massacre puis la déportation hors de ses frontières d’une grande partie de sa composante négro-africaine.

Je viens avec mon collègue Abidine Merzough, recevoir le Prix James Lawson décerné à l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) pour sa lutte pacifique contre l’esclavage et le racisme d’Etat. C’est un honneur pour nous, militantes et militants d’IRA de marcher dans les pas de Martin Luther King et de son compagnon et ami le Révérend James Lawson. Honneur pour le symbole que représentent  ces grands hommes mais honte pour notre pays, que nous aimons tant. Honte pour l’image que donnent de nous les esclavagistes et les racistes en ce début du 21 ème siècle.

Malgré l’énormité et l’abomination du crime que constituent l’esclavage et le racisme, notre organisation, IRA, a toujours adopté des méthodes de lutte pacifiques et non-violentes. Contre la violence policière, contre les campagnes de diffamation et de dénigrement, contre le lynchage médiatique pour lequel l’Etat mauritanien mobilise ses relais (journaux, site, radio, télévision, mosquées…) nous opposons des sit-in, des marches, des rassemblements.   D’ailleurs, c’est à la suite d’une caravane pacifique organisée pour dénoncer l’esclavage foncier et les expropriations foncières dont sont victimes les esclaves et anciens esclaves mais également les paysans negro mauritaniens des vallées fertiles que notre président, Biram Dah Abeid et notre vice-président, Brahim Bilal, viennent de purger 18 mois de détention arbitraire et particulièrement éprouvante. Ils viennent juste d’être libérés et ils m’ont chargée de vous transmettre leurs plus vifs remerciements et leur profonde gratitude.

Le vice-président d’IRA, Brahim Bilal Ramdhane  avait assisté ici,  à votre généreuse  invitation, à votre FSI en 2013 et il avait partagé avec les participants toutes les méthodes de lutte pacifique que nous utilisons pour dénoncer l’esclavage sous toutes ses formes. Cette visite, comme le sera ce prix, a été d’un très grand bénéfice pour le combat d’IRA. Nous vous en remercions, encore une fois.

Vous avez combattu pour les droits civiques aux Etats Unis. Droits civiques pour les Noirs américains, descendants d’esclaves ayant recouvré leur liberté après l’abolition de l’esclavage, un siècle au paravent.   Chez-nous, en Mauritanie, la criminalisation de l’esclavage remonte à août 2015 ! Nous sommes donc très loin du recouvrement des droits civiques effectifs pour les descendants d’esclaves et encore plus loin pour les esclaves eux-mêmes.

En Mauritanie des lois ont été votées pour déclarer l’esclavage « crime contre l’humanité » mais pas le moindre début d’application de ces lois n’a été observé. La cause en est simple: l’Etat, qui a été obligé de faire voter ces lois grâce à la pression de nos luttes mais aussi grâce à la pression de l’opinion internationale dont vous êtes l’une des meilleures illustrations, est entre les mains d’esclavagistes et de racistes notoires.

La problématique de l’esclavage s’accompagne de la persistance de l’impunité des auteurs de crimes et de déportations massifs et racistes – résultat de la tentative de génocide contre les populations negro mauritaniennes. Les rescapés, les veuves, les orphelins et les défenseurs des Droits humains attendent la vérité, la justice, la mémoire et les réparations pour les victimes et leurs ayant droits.   

Votre Prix et votre invitation à cette tribune nous font chaud au cœur et nous encouragent à continuer à nous battre, de façon pacifique, contre l’esclavage et contre le racisme d’Etat. IRA vous en remercie encore une fois.

Boston, 22 juin 2016
Coumba Dada Kane, Vice-présidente d’IRA

Communiqué de soutien à Ahmed Jiddou de IRA France-Mauritanie

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IRA-France – Suite à l’agression injustifiable de Ahmed Jiddou fils de Leïla et Biram Dah Abeid, l’ensemble des adhérents et des membres du Bureau exécutif d’IRA France-Mauritanie, tient à leur exprimer son entière solidarité et soutien.

Nous tenons à renouveler notre ferme détermination à dénoncer systématiquement toute exaction commise à l’encontre de la famille de Biram comme à l’ensemble des militants d’IRA en Mauritanie.

Le Bureau exécutif d’IRA France-Mauritanie

Une agression injustifiée

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Après l’échec cuisant essuyé par le général Mohamed Abdel Aziz de dompter la direction d’IRA-Mauritanie, voilà qu’il se tourne à présent vers leurs progénitures. C’est ainsi que le mardi 14 juin  le fils du président d’IRA-Mauritanie, Ahmed Jiddou Biram, âgé de dix ans et candidat au concours d’entrée en sixième du collège a été pris à partie par un gendarme en service à la présidence de la République, nommé Yahefdhou Ould Diah qui l’a ciblé et violemment battu avec sa ceinture.
Cet acte ignoble et  contraire  à toutes les lois et conventions ratifiées par la Mauritanie est resté impuni, malgré toutes les réclamations et plaintes auprès du Hakem (Préfet) de la Moughataa (Département) de Riyadh, région de Nouakchott Sud.
Ce  comportement des plus hautes autorités de l’état  est véritablement le reflet de notre société où sévissent l’impunité et le manque de justice. Parmi tous les dictateurs qui ont eu à gérer la Mauritanie, aucun  n’a eu à se prendre aux enfants de ses opposants
Nous lançons un appel aux partis politiques, aux organisations de la société civile, aux missions diplomatiques, aux partenaires et amis de dénoncer cet acte qui constitue l’amorce d’un nouveau style de harcèlement des opposants en s’en prenant à leurs familles.

Nouakchott le 15 juin 2016
La commission de communication

Biram Dah Abeid : “Ce que vivent les sénégalais, gambiens, ivoiriens et guinéens en Mauritanie”

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«La vérité sur l’esclavage en Mauritanie»

  Il est sans conteste la figure de proue de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie. Biram Dah Abeid, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un militant des droits humains, homme politique mauritanien, qui mène depuis des années, un combat farouche, mais pacifique, contre cette pratique qu’on croyait révolue depuis des siècles.

Incarcéré pour avoir incinéré en public le «Code noir», composé de livre qui, dit-il, légitiment cette pratique tout en la drapant d’un voile islamique, Biram, comme l’appellent affectueusement ses proches, vient fraîchement de sortir de prison. Il s’est entretenu avec Seneweb sur cette épineuse question de l’esclavage dans la société mauritanienne.

Qui est Biram Dah Abeid ?

Je suis le Président d’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une organisation militante des droits humains en Mauritanie qui place au centre de ses activités, la lutte contre l’esclavage, toujours pratiqué chez nous. En Mauritanie, 20 % de la population, c’est-à-dire entre 500.000 et 800.000 personnes, continuent à pâtir de l’esclavage domestique, suivant une gradation inégale, compte-tenu de la géographie, du milieu de naissance et du degré d’éloignement des grands centres urbains. Au moins 50% des mauritaniens subissent, toute leur vie durant, les effets psychologiques et symboliques de l’infériorité raciale, car il s’agit aussi de cela, de cette propriété exercée sur un être humain par son vis-à-vis, il résulte que la majorité relative des mauritaniens naissent esclaves, ils sont attachés à la famille de leurs maîtres qui ont sur eux, le droit de vie et de mort. Nombreux travaillent sans repos, sans salaires au profit de leur maître. Ils n’ont pas le droit à l’éducation, de se déplacer, de voyager ou de se marier, sauf avec l’assentiment de leur propriétaire. Le maître aussi a le droit de cuissage sur toutes les filles ou femmes esclaves. Par exemple, un maître qui a 100 femmes esclaves filles, peut en abuser sexuellement, sans restriction de nombre ni d’échéance. Il en a le droit, entre guillemets, c’est-à-dire le Droit Mauritanien, le Droit édicté par le code d’esclavage de la communauté dominante mauritanienne, les arabo berbère. Ils l’appellent le livre islamique, mais nous, nous l’appelons le livre esclavagiste, le livre anti islamique. C’est cette littérature de la honte que moi, personnellement, j’ai incendié, en public, dès le mois d’avril 2012.

Quel message vouliez-vous lancer en incinérant publiquement ce livre ?

C’était un message en deux temps : Le message concerne d’abord la communauté des esclaves, ensuite la communauté des esclavagistes, c’est-à-dire, respectivement, les Hratins ou Maures noirs pour certains, et qu’on appelle au Sénégal les «Naar bou nioul» et la communauté arabo berbère qu’on appelle ici «les naar ganar» ou “naar bou khess”.

Aux descendants d’esclaves, j’ai souhaité dire que cette prose n’a rien d’islamique. Ils sont assujettis par ces sources qui décrètent d’abord l’inégalité entre humains, entre la femme et l’homme, entre le musulman noir et le musulman blanc. Elles autorisent aussi la vente des esclaves, c’est-à-dire le négoce des êtres humains, musulmans et Hratins mauritaniens. Qu’ils soient gagés, cédés ou loués, il a été créé, au service de cette infamie, un prétendu «droit musulman», que nos écoles et université islamiques enseignent encore. Les auteurs autorisent aussi la castration des esclaves.

Quand un Hratin se distingue par sa beauté ou tout autre attrait physique, le maître arabo berbère pouvait le castrer pour éviter un mélange de sang, afin que les femmes ou les filles du maître ne soient tentées par des aventures sexuelles constitutives de mésalliance, voire source de dégradation de la généalogie. Ces références rendaient aussi licites les châtiments corporels très durs, comme la torture, l’amputation des esclaves s’ils essayent de s’évader. De même, le droit de cuissage comportait la légalisation du viol des femmes et filles esclaves, par leur maître.  La fille esclave est l’objet d’apprentissages sexuels des enfants du maître, un objet de désir du maître, du cousin du maître et même de l’étranger, hôte de passage chez le maître. Elle est sujette à la concupiscence, taillable et corvéable à merci. Les licences et principes établis dans ces documents ont été confectionnés pour assujettir des êtres humains, du fait de leur ascendance noire ; ils permettent de couvrir l’esclavage d’un voile d’Islam et de sacralité. A cause de cette tricherie séculaire, nous, nous avons voulu porter un coup contre le dogme, démanteler la doctrine, exposer nûment la légitimation de l’esclavage et l’islamisation de l’eugénisme arabo-berbère.

Votre message au monde extérieur ?

Bien entendu, il s’agissait de montrer, à la communauté internationale, que même si la Mauritanie a ratifié toutes les conventions internationales sur les droits humains, elle n’a jamais respecté ses engagements, elle applique des livres qui vont en contresens de la déclaration universelle des Droits de l’homme. Nous avons voulu délivrer un message aux autres musulmans pour leur dire que la Mauritanie est un pays membre de l’Organisation de la Conférence islamique, mais qu’elle applique les pratiques les plus «jahilistes», les plus antéislamiques et anti islamiques. Enfin, nous nous employons – et ce n’est pas tâche ardue – à démontrer combien ces pratiques illicites violent la parole de Dieu dans le Coran et les actes fondateurs du Prophète Mohamad (Paix et salut sur Lui) dans sa sagesse et sa Sunnah.

Pensez-vous que votre message a été bien perçu ?

Je pense que certaines parties ont été très réceptives comme la communauté des esclaves, des hratins, pour qui, l’incinération de ces livres a constitué un déclic, une insurrection morale et populaire contre l’esclavage ; ainsi témoigne leur adhésion massive à IRA Mauritanie et leur opposition, à notre condamnation, mes camarades et moi, de manière vigoureuse et populaire, par des manifestations publiques dans les villes de l’intérieur du pays et à Nouakchott. La mobilisation des populations hratins, ainsi que des forces amies, aura permis ma sortie de prison. J’ai été très fier de l’acte de destruction des livres infâmes et me réjouit de son impact psychologique auprès des victimes de l’esclavage et sur les descendants de maîtres.

Les institutions de droit de l’homme dans le monde ont aussi compris que la Mauritanie jouait  un double jeu, un jeu de duplicité, qui nargue le monde, discrédite la Umma musulmane, transgresse le Droit international et le Droit musulman. Le pouvoir en place, incarné par le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat, continue de maintenir sa complaisance à l’endroit des forces obscurantistes et esclavagistes. Pour s’assurer le soutien des propriétaires d’esclaves arabo berbères, il mène une guerre sans merci contre IRA Mauritanie, contre ma personne, contre le Droit international et contre les prescriptions authentiques de l’Islam. Ce faisant, il se dresse en travers de l’égalité, de l’équité, de la compassion et de la paix. D’expérience, vous savez que ce genre d’homme finit par tout perdre, non sans avoir précipité son pays dans l’incertitude existentielle.

Quelle serait la solution pour mettre un terme définitivement à l’esclavage en Mauritanie ?

Le général Aziz et ses soutiens parmi les groupes pro esclavagistes obscurantistes qui détiennent le pouvoir et tous les leviers de commande en Mauritanie, devraient faire la place à l’expression populaire antiesclavagiste, symbolisée par l’IRA Mauritanie et Biram Dah Abeid. Ira Mauritanie a été une organisation interdite dès sa création. Le pouvoir lui a mené une guerre d’usure, harcelé avec des poursuites, des arrestations systématiques et massives de ses membres, des emprisonnements, des simulacres de jugements et des condamnations.  IRA est une organisation qui vit dans des conditions difficiles, sous le régime de l’interdiction totale. S’ils sont aussi démocrates et abolitionnistes qu’ils le prétendent, les concepteurs et promoteurs du système d’hégémonie ethno-tribale seraient inspirés de jouer le jeu franc du pluralisme, avec l’IRA qui est un mouvement d’idées, une force de propositions politiques, mais aussi une organisation des droits de l’homme, bientôt dotée de ramification dans les syndicats, les associations d’élèves et d’étudiants et toutes les forces vives.

Qu’attendez-vous des institutions africaines et internationales ?

Si l’Union africaine, la communauté internationale, les Nations unies, l’Ue, les Etats  partenaires de la Mauritanie comme les Usa, la France, l’Allemagne, l’Espagne, mettent la pression nécessaire sur l’Etat Mauritanien pour qu’il se plie aux règles du jeu inclusif de la démocratie, IRA remporterait certaines élections. Représentée et non plus exclue, elle tendrait la main à tous les mauritaniens, pour éradiquer l’esclavage, ensemble, en vertu de la loi. Il y aura aussi d’autres mesures d’accompagnement, tel un plan national d’éradication, financé durant une décennie, sur les fonds publics. Un pourcentage des recettes de l’Etat devrait alimenter le fonds de développement et de prévoyance, au profit exclusif, des Hratins. Ira pourra aussi mettre en branle un processus de vérité  de justice et de réparation  pour les  autres populations noires – les peulhs, les soninkés, les wolofs et les bambaras – victimes, moins anciennes certes, d’un racisme primaire, alimenté par l’Etat, notamment en matière foncière et domaniale. Ces composantes nationales ont enduré une tentative de génocide orchestrée par une partie de la même équipe actuellement au pouvoir  en Mauritanie. Sous couvert de fraternité et de pardon « islamique », de prières et de mots de diversion, l’impunité couvre encore les auteurs de centaines d’assassinats et de déportations par milliers.

Après l’incinération du livre, quel sera votre futur objectif ?

Nous visons la présidence de la République Islamique de la Mauritanie pour l’élection de 2019. C’est ce que nous préparons. Nous avons entamé  la préparation de cette prise de pouvoir pacifique par la voie des urnes depuis l’élection de 2014 où je me suis porté candidat, in extremis. Alors, je manquais de tout, mon  parti était interdit, mon Ong était interdite – ils le sont toujours -, les soutiens nous faisaient défaut et nous récoltions l’hostilité des partis traditionnels. Opportuniste, le pouvoir en place a pensé que nous jouerions pour lui un rôle de faire-valoir. Mais lorsque nous nous sommes engagés dans cette élection, même avec un manque de moyens cruels, nous pûmes faire entendre la voix d’IRA dans toutes les régions de la Mauritanie ; j’ai ainsi réussi à  engranger un peu moins de 10% des voix. Ces résultats sont confirmés par les autorités officielles qui ont utilisé une fraude massive. Et l’espoir est né au sein des différentes franges de la population mauritanienne.

Etes-vous soutenus dans ce combat par les Etats et institutions d’Afrique ?

Je lance un appel aux Etats Ouest africains, et à l’Union africaine. Quand les pays occidentaux, les diplomates occidentaux et les organismes internationaux dénoncent l’injustice, l’oppression, le harcèlement des militants, il paraît peu flatteur, par comparaison aux ambassadeurs africains accrédités à Nouakchott qui restent silencieux. Il est inconséquent que l’Union africaine et la Cedeao restent silencieuses. L’Onu, L’Union européenne, les pays occidentaux nous ont soutenus quand nous étions en prison, mais pourquoi les pays africains, l’Ua, la Cedeao s’abstiennent-ils ? Il est étonnant que tant de pays africains, se soient engagés dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, sans lever le petit doigt, aujourd’hui, devant la mainmise, sur le pouvoir, d’une minorité raciale en Mauritanie.

Qu’attendez-vous d’eux ?

Je lance un appel pour que l’élite africaine se réveille pour nous soutenir. Ces pays peuvent prendre pour témoins les sénégalais, les gambiens, les ivoiriens, les guinéens qui vivent actuellement en Mauritanie. Chez nous, ils éprouvent le quotidien de l’oppression, de l’humiliation que nous vivons, avec eux, nous noirs mauritaniens.

Je lance un appel à l’élite arabo berbère en Mauritanie; en son sein, de rares éléments, dont je salue ici le courage et la constance, nous accompagnent, depuis longtemps, dans notre marche vers l’émancipation citoyenne. Nous souhaitons qu’ils nous rejoignent plus nombreux, reprennent notre lutte à leur compte. Ils doivent se désolidariser du pouvoir en place, des esclavagistes et des idéologues du racisme anti noir pour revenir à la position originelle et historique de leurs ancêtres. Les premiers arabo berbères vivaient en symbiose avec les communautés noires. Je demande à l’élite arabo berbère de ne pas céder au conditionnement racial que promeut le Général Aziz quand il sollicite la complicité de tous les arabo berbères, par l’agitation du péril Hratin. Nous ne constituons pas un péril. Nous sommes une frange importante de la population mauritanienne. Nous aspirons à la dignité humaine, à la citoyenneté, à l’égalité, à un Etat démocratique respectueux des droits de l’homme et des différences. A nos anciens maîtres, nous disons, « n’ayez pas peur de nous, ne craignez pas votre humanité » !

Propos recueillis par Youssouf SANE

Source crédit : seneweb

Communiqué : L’engagement d’IRA-Mauritanie encore primé aux USA.

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COMMUNIQUE: L’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie) a le plaisir de vous annoncer qu’elle recevra le mercredi 22 Juin 2016 le prestigieux Prix James Lawson pour la Non-violence.

Le Reverend Martin Luther King, Jr. disait de James Lawson qu’il était: “le théoriste et le stratégiste de la non-violence de par le monde”. Cette distinction sera remise à IRA-Mauritanie pour honorer ses actions et sa lutte non-violentes visant à éradiquer l’esclavage et le racisme d’État en Mauritanie.

La cérémonie de remise du Prix se tiendra dans l’enceinte de la Faculté de Droit de Tufts University de Medford, dans l’État du Massachusetts.

Pour vous donner l’opportunité d’obtenir de plus amples informations, nous vous convions à une conférence téléphonique qui aura lieu ce samedi 11 Juin de 21:00 à 21:30 (Heures de New York et de la Côte Est des États-Unis).

Pour nous rejoindre, appelez le numéro ci-dessous et suivez les instructions. La conférence commence à 21:00 même s’il y a une seule personne en ligne. Et si à 21:05 personne n’est en ligne, la conférence est terminée.
Voici les détails:
Jour : Samedi 11 Juin 2016
Heure: 21:00 (Heures de New York et de la Côte Est des États-Unis)
Durée de la conférence: 30 minutes (21:00 -21:30)
Numéro d’appel (Dial in number): 515-604-9000
Code d’accès (Access Code): 478586.
Nous vous informerons de toute déviation de ce plan.

Siikam SY
IRA-USA Board
Merci!

06/06/2016] Editorial /Biram – Brahim : De la hauteur pour être à la hauteur…

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Allez-vous décevoir ? Une interrogation obsessionnelle par anticipation, pour éviter le désespoir à la Mauritanie d’en bas. La Mauritanie perdue, triturée qui, la peur au ventre, pense trouver en vous de bons samaritains pour la tirer des bas-fonds et de la marre infeste. Peur d’être lâchée un jour pour se retrouver au fond du fond….
Vous ne pouvez décevoir cette masse qui vous a accueillis et vous a accompagnés, à pied, plus d’une dizaine de kilomètres, lors de votre libération… avec la joie et la ferveur de voir renaitre le combat.
J’étais là. J’ai vu. J’ai vu des convictions et des actions dans une témérité incroyable, indicible… J’ai vu et compris l’innocence d’un engagement et la vision des citoyens humbles. Ces citoyens, venus écouter le verdict de la Cour suprême, ce sont des dockers, des charretiers, des éboueurs, des chômeurs, des vendeuses de couscous et de poissons à la plage, des chauffeurs, des enseignants, des maçons, des pneumaticiens (Michelins), des mécaniciens, des mareyeurs, des pêcheurs. Ils étaient là pour vous accueillir, vous qu’ils qualifient de « l’espoir » ; ils étaient venus fêter votre libération, leur libération.
Pour cette foule, vous êtes des leaders, leurs leaders dans le combat d’une Mauritanie juste. Pour cette foule, la lutte avec vous sera sans merci contre le système ; la lutte pour les sortir de la situation de misère. Une situation de misère, d’opprobre et de dénuement total. Une vie de désespoir… où l’égalité entre citoyens ne se voit que dans la pauvreté. L’appauvrissement de l’écrasante majorité de la population et l’incertitude de trouver le pain quotidien a été d’ailleurs à l’origine d’un drame lors d’une distribution de zakat au cours de laquelle 8 citoyens pauvres qui se bousculaient avec d’autres devant la porte d’un riche homme d’affaires ont perdu la vie. Des Mauritaniens qui cherchaient de quoi manger, de quoi pouvoir débuter leur ramadan. Et on dit que tout va bien et que rien ne manque au joyeux peuple de Mauritanie.
Peut-on s’attendre à mieux si on est gouverné par des épiciers ? Avec un gouvernement de laudateurs et de collaborateurs viscéralement annihilés… où même l’intérêt du chef est mal défendu, pour ne pas dire pas défendu du tout. Parce que chacun d’entre eux a un agenda particulier… Sans doute le chef le sait.
Biram – Brahim, le jour du 17 mai 2016, il y a eu des larmes. Des larmes de conviction, d’engagement, de détermination et de joie pour en finir avec le système qui nous gouverne, ce système qui constitue le mal de la société mauritanienne. Mais aussi les larmes des avocats, les larmes de ceux qui étaient là depuis 7 heures du matin pour vous ; pour vous accompagner dans le combat. Ces gens sont convaincus que vous êtes les leaders qu’ils cherchent. Les leaders d’un mouvement qui ignore la compromission. Un mouvement pour des questions existentielles. Un mouvement au service d’une nation déshumanisée. Une rencontre d’hommes et de femmes victimes de l’insolence comportementale d’un système cynique à l’apogée irréversible.
Sur ce point, les jours à venir sont d’importance. Ces jours où vous faites l’actualité. Ces jours où vous êtes considérés, plus que jamais, comme des hommes à abattre. Et pour cela, le système utilisera tous les artifices, tous les moyens, plus que par le passé, pour venir à bout de votre engagement. Et c’est bien pour cela que les yeux du peuple sont rivés sur vous. Vos faits et gestes seront suivis, décortiqués, ressassés…
Soyez donc vigilants et déterminés comme vous l’avez toujours été ; soyez à la hauteur de l’espérance placée en vous.
Maintenant que vous êtes « libres », l’enthousiasme de la «liberté» doit laisser la place à l’action stratégique pour précipiter la fin de ce régime. La Mauritanie et les Mauritaniens en ont trop souffert. Les tenants du pouvoir, eux-mêmes, n’en peuvent plus. Ils ont tout essayé pour nous abêtir, nous diviser, nous acculturer. Dieu merci, tout le monde ne mange pas au râtelier du déshonneur et de l’indignité.
Ne donnez pas raison à ceux qui disent que vous êtes un objet entre les mains d’Abdel Aziz, une création du système. Le démenti des autres ne suffirait pas. Seules vos positions et actions futures seront des arguments pour démentir les uns et renforcer les autres. N’oubliez pas que des prétendues querelles entre vous avaient été entretenues et avaient alimenté la rumeur. Des troubadours ont été utilisé pour amuser la galerie, et en s’essayant sur le terrain glissant et combien dangereux de la division communautaire au sein du mouvement. Mais Dieu merci, comme des baudruches, ces « affaires » montées en épingle avaient fini par se dégonfler. Telle une marchandise avariée les produits proposés par ces « cancaneurs » n’avaient pas pu trouver des clients assez bêtes pour les acquérir, la Mauritanie et les Mauritaniens étant plutôt préoccupés par d’autres priorités. Priorité de refaire la Mauritanie de tous et pour tous !
Biram-Brahim, vous êtes attendus sur beaucoup des questions. On dit que vous avez été libérés suite à un deal avec le pouvoir en place. Ce deal consisterait à travailler contre l’opposition politique en acceptant d’être un interlocuteur d’Abdel Aziz pour son projet de dialogue !
Mais sachez que le contenu de ce dialogue reste encore obscur pour que vous y alliez ; d’autant plus que ce pouvoir ne semble pas s’être affranchi de ses habitudes : son mépris des autres, sa promptitude à jeter aux orties les accords qu’il signe, sa propension à rouler tout le monde dans la farine.
De plus, qu’aurez-vous à gagner à dialoguer avec un pouvoir qui ne montre aucune détermination à combattre l’esclavage ? Un pouvoir qui promeut les féodaux, un pouvoir qui ne rassure pas, un pouvoir qui frustre et qui exclut ; l’exemple le plus patent étant cet enrôlement biométrique qui continue à faire des victimes, sans compter le flou artiste entretenu qui entoure cette histoire d’or subitement jailli de la terre de l’Inchiri… Les citoyens pour aller tenter leur chance ont d’abord renfloué les caisses de l’Etat à hauteur de milliards d’ouguiyas. Si ce n’est du racket d’Etat on se demande ce que c’est…
Allez-vous dialoguer avec un pouvoir qui utilise tout pour vous nuire, un pouvoir qui n’a jamais respecté ses engagements vis-à-vis de vous et qui peine à le faire vis-à-vis du peuple mauritanien? Bien sûr que non !
Le dialogue, «cette chose» que ce pouvoir miroite, ne doit plus divertir le monde, surtout vous qui savez, quelque peu, de quoi est capable ce pouvoir-là. Ce dialogue, après les dialogues antérieurs où les conclusions ont souffert de non-exécution, n’est ni opportun ni porteur de la moindre espérance.
Dialoguer donc dans ces conditions, c’est simplement aider le pouvoir à se sortir du pétrin dans lequel il s’est mis et il a mis le peuple mauritanien.
En conséquence, tout accord politique signé avec ce pouvoir ne serait qu’une auto-flagellation et tout combattant pour une Mauritanie juste et égalitaire qui y apposera sa signature le regrettera sûrement.

Camara Seydi Moussa

Regardez « Entretien avec Biram Dah Abeid Président de l’Ira de la Mauritanie pad » sur YouTube

Source crédit : http://www.dakaractu.com

Appel pour sauver l’unité nationale.

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Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA)

Le citoyen noir mauritanien vit une telle marginalisation, voire une exclusion, qu’il devient insoutenable de continuer à la passer sous silence; et ceci dans tous les domaines et plus particulièrement au niveau de l’état civil. La coupe est pleine!
Dans toutes les régions du Sud, ainsi qu’à Nouakchott et à Nouadhibou, les Pulars, les Wolofs, les Soninkés ainsi que les H’aratin éprouvent d’énormes difficultés à s’enrôler et à obtenir leurs pièces d’état civil. On empêche ainsi des centaines, voire des milliers de citoyens de s’enregistrer au niveau de Sebkha, au niveau des autres Mouhgataa, au niveau des représentations diplomatiques à l’étranger en multipliant à leur encontre des barrières administratives infranchissables et des tracasseries en tous genres.

  Depuis sa mise en œuvre, dans des conditions on ne peut plus floues et avec des objectifs inavoués, l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés, s’est évertuée à appliquer une politique d’exclusion. Les responsabilités ont été confiées à une seule ethnie et les nombreux appels des organisations des droits de l’homme et des partis politiques dénonçant cette ségrégations sont restés lettre morte. N’y aurait-il pas une intention inavouée d’exclure une importante composante de cette société après l’échec des politiques d’extermination raciale et de déportation  vécues il n’y a pas si longtemps? On est endroit de se poser la question.
Ira, en organisant aujourd’hui, un sit-in de protestation devant les locaux de l’Agence à Sebkha, lance un appel urgent aux autorités mauritaniennes en vue de remettre les citoyens noirs dans leurs droits et de cesser d’attiser les conflits inter-ethniques au niveau des centres d’enrôlement. Tous les citoyens, sans distinction aucune, doivent obtenir leurs pièces d’état civil. Elle lance aussi un appel à l’opinion internationale et à toutes les forces vives du pays en vue d’unifier les efforts pour contrecarrer cette politique discriminatoire ( Apartheid mauritanien au niveau de l’état civil mais aussi au niveau du partage des revenus). C’est à ce prix que l’espoir d’une Mauritanie unie sera permis.

Nouakchott, le 30 Mai 2016                      La commission de l’information