23-05-2016 12:33 – Déclaration des organisations nationales de défense et de promotion des droits humains relative à la visite du Rapporteur spécial des Nations Unies Philipp Alston sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme

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Le Calame – La visite de terrain, effectuée dans notre pays du lundi 02 au mercredi 11 mai 2016, par M.Philipp Alston, Rapporteur Spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme a été riche d’enseignements qui appellent plusieurs commentaires.

Contrairement à l’usage, le Rapporteur spécial ne s’est pas limité au seul agenda que lui ont proposé les autorités gouvernementales, il a souhaité s’entretenir avec des organisations de la société civile qui ne sont pas cooptées par le gouvernement mauritanien mais surtout aller à la rencontre des populations victimes de la pauvreté endémique pour se faire sa propre idée de la réalité de la situation.

Ce travail d’enquête et d’analyse fut logiquement sanctionné par un pré rapport dénonçant dans des termes pourtant très diplomatiques le déséquilibre dans la redistribution des richesses et l’exclusion systématique des couches négro-africaine et haratine des sphères de décision.

Un tel langage de vérité, même saupoudré d’une grande dose de diplomatie, ne pouvait que susciter l’ire du gouvernement et d’organisations de la société civile supposées indépendantes mais qui révèlent en l’occurrence leur vrai visage d’officines déguisées de l’Etat.

La première des leçons à tirer du tollé qui a suivi cette visite est l’incurie des autorités gouvernementales qui pensent noyer le poisson en déplaçant le problème sur le terrain de la polémique.

En effet, le très officiel Commissariat aux Droits de l’Homme et à l’Action Humanitaire, qui tient lieu de Ministère de tutelle dans notre pays, s’est affublé d’un communiqué dont l’incohérence et le ridicule n’ont d’égales que l’incompétence des fonctionnaires en charge de ce département et l’absence d’une réelle volonté du gouvernement de prendre à bras le corps la lutte contre la pauvreté et ses causes profondes qui sont à rechercher entre autres dans le système de discrimination et d’exclusion qu’il entretient.

Le Commissariat pointe du doigt « le choix délibéré des lieux et des sites visités et des personnes et populations rencontrées ». En fait ce que dénonce le Commissariat, c’est l’indépendance du Représentant spécial qui ne s’est pas contenté de l’agenda gouvernemental.

Celui-ci a d’abord rendu visite à l’Agence Tadamoun, visite sanctionnée par un communiqué de ladite agence, avant d’aller sur le terrain à la rencontre des populations censées bénéficier de ses services.

Le Commissariat n’a pas supporté que l’émissaire des Nations unies ait rencontré « les populations rapatriées du Sénégal et celles arguant d’avoir des terres expropriées par l’Etat » Or le bon sens, la neutralité et l’indépendance d’esprit commandent qu’un expert censé produire un rapport rencontre et écoute toutes les parties concernées et les rapatriés mauritaniens du Sénégal sont des victimes par excellence de la pauvreté créée et entretenue par l’Etat.

Il n’échappe d’ailleurs à personne que les rapatriés sont encore largement exclus de l’enrôlement, car contrairement aux allégations du Commissariat qui dit que « l’enrôlement est ouvert à tous les citoyens mauritaniens, sans discrimination aucune », la réalité est que plus de neuf mille personnes sur les vingt-quatre milles rapatriés dans le cadre de l’accord tripartite entre la Mauritanie , le Sénégal et le HCR, n’ont pu recouvrer leur état civil et sont devenus des apatrides et des réfugiés dans leur propre pays ,selon les statiques recoupées par l’Union Nationale des Rapatriés du Sénégal(UNRS).

Quant à l’argument fallacieux avancé pour justifier les expropriations, selon lequel « la terre appartient à l’Etat et qu’aucune expropriation n’a jamais été faite en dehors des dispositions légales, ni spécifiquement à une communauté donnée », il y a lieu de rappeler que la loi domaniale 83-127 du 05 Juin 1983 reconnaît la propriété privée ; les expropriations ne peuvent se justifier que pour utilité publique avec compensation juste et équitable des ayants droit ;la protection des zones en réserve foncière , leurs déclassements et les politiques d’aménagement doivent être participatives par l’implication des populations comme premières bénéficiaires.

Or, aucune des expropriations tant décriées n’a été faite dans le respect de ces considérations et, comme par hasard, ces expropriations ne touchent que les paysans et les terres de la seule vallée du fleuve Sénégal.

Le Commissariat met en cause les chiffres avancés par le Représentant Spécial relatif « à la composition de la population et à l’indice de pauvreté en milieu rural » Il convient de rappeler ici que jamais des statistiques officielles basées sur un recensement transparent et impartial des populations n’ont fait état de la composition de la population mauritanienne mais que dans le même temps les documents officiels de République Islamique catégorisent la population en majorité (arabe) et en minorités (peule, soninké, wolof, etc.).

Il est grand temps que l’Etat prenne ses responsabilités et publie les statistiques issues des différents recensements pour mettre fin aux spéculations hasardeuses quant à la représentativité de telle ou telle autre composante nationale.

La deuxième grande leçon que l’on doit tirer du feu allumé pour faire diversion par nos autorités gouvernementales est l’inféodation à l’Etat de diverses organisations et collectifs se réclamant de la société civile.

De la plateforme des Acteurs non Etatiques, à l’Ordre National des Avocats, des ONGs accréditées auprès de l’ECOSOC à l’Association des Journalistes Mauritaniens, les masques sont tombés.

Ces organisations, qui non seulement se sont accommodées mais cherchent à justifier les propos stigmatisant du chef de l’Etat vis-à-vis de la communauté Harratine lors de son discours de Nema, dénoncent une volonté de l’émissaire des Nations Unies de semer le trouble entre les différentes composantes de la population du pays.

Or, ceux qui menacent l’existence du pays en minant la cohésion nationale sont précisément ceux-là mêmes qui appliquent et encouragent les politiques d’exclusion sur la base de l’appartenance raciale, communautaire, ethnique ou tribale. Ce sont tous les alliés objectifs du système qui n’ont pas intérêt à ce que les choses changent et que la Mauritanie devienne un véritable état de droit.

Ce sont ces organisations prétendument de la société civile qui sont à l’avant-garde du combat rétrograde et voué à l’échec visant à maintenir le statu quo en Mauritanie. Ce sont ces alliés objectifs que l’Etat a coopté dans le renouvellement des instances de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)et dans la mise en place du Mécanisme National de Prévention de la Torture (MNP), organes qui excluent les organisations véritablement indépendantes.

Il est urgent que les partenaires de la Mauritanie se ressaisissent et arrêtent la complicité de fait qu’ils ont avec le système en continuant à travailler en toute connaissance de cause avec des organisations qui n’ont de société civile que le nom. Il est tout aussi urgent que le système des Nations Unies qui continue à cautionner ces officines de l’Etat mauritanien en leur accordant le statut de membre observateur du Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC) prenne ses responsabilités.

Nouakchott, le 22 Mai 2016

Signataires :

1. Coalition Action contre la discrimination Raciale et l’Exclusion -CADRE-

2. Afrique Renaissance

3. Aide aux Veuves et Orphelins des Militaires Mauritaniens-AVOMM-

4. Association Mauritanienne des Droits de l’Homme -AMDH-

5. Conseil Représentatif Soninko en Mauritanie-CRSM-

6. Coordination des Organisations des Victimes e la Répression-COVIRE –

7. Coordination des Anciens Militaires Mauritaniens en Exil –CAMME-

8. Collectif des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires-COVICIM-

9. Collectif des Rescapés Militaires -COREMI-

10. Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés –CRADPOCIT

11. Collectif des Veuves

12. Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des évènements de 1989

13. Collectif Mooyto Koota

14. Club UNESCO pour le Dialogue des Cultures

15. Initiative pour la Résurgence Abolitionniste en Mauritanie –IRA-Mauritanie-

16. Kawtal Ngam Yellitaare

17. Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie –MAPROM-

18. Regroupement des Victimes des Evènements de 1990/91 -REVE 90/91-

19. O.D.H-MAURITANIE

20. Organisation Contre les Violations des Droits Humains en Mauritanie –OCVIDH-

21. Touche Pas Ma Nationalité-TPMN-

22. Union Nationale des Rapatriés du Sénégal –UNRS-

Crédit source : http://www.cridem.org

21-05-2016 10:35 – Mauritanie – Biram Dah Abeid : « Je ne céderai pas à la peur et poursuivrai le combat »

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Jeune Afrique – Biram Dah Abeid est un homme libre. Après seize mois de détention dans des conditions qu’il qualifie d' »inhumaines », le célèbre militant anti-esclavagiste mauritanien est physiquement affaibli mais toujours aussi déterminé. Bilan d’Aziz, lutte contre l’esclavagisme et candidature à la prochaine présidentielle : Biram Dah Abeid s’est confié à Jeune Afrique.

Le célèbre défenseur des droits mauritanien n’a rien perdu de sa verve et de son engagement. Condamné à deux ans de prison en août 2015 aux côtés de deux autres militants pour « appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique », Biram Dah Abeid vient de passer seize mois derrière les barreaux.

Sa peine a été en partie annulée mardi 17 mai par la Cour suprême mauritanienne. Dans un revirement inattendu, la haute juridiction a en effet requalifié et allégé les faits retenus contre lui et son camarade de détention Brahim Ould Ramdane, estimant que les deux hommes n’auraient pas dû passer plus d’un an en détention.

Preuve qu’il s’agissait d’un « simulacre de procès », rétorque aujourd’hui Biram Dah Abeid, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) en Mauritanie, où l’esclavage est toujours pratiqué malgré son abolition en 1981.

Quelques jours après sa remise en liberté, le militant, également connu pour être arrivé en seconde position à l’élection présidentielle de juin 2014, s’est entretenu de ses conditions de détention et de ses ambitions. Interview.

Jeune Afrique : Comment vous portez-vous après 16 mois de détention ?

Biram Dah Abeid : Ma santé s’est détériorée, je vais d’ailleurs passer des examens médicaux dans les prochains jours. J’ai été privé d’exercice physique et d’un régime alimentaire adéquat par rapport aux problèmes de santé que je subis depuis ma grève de la faim et mes précédentes incarcérations.

Nos conditions de détention étaient inhumaines. J’ai échappé aux tortures physiques endurées par mes camardes, mais pas à celles psychologiques et morales. Nous avons subi des privations de soins et de visites familiales.

Comment expliquez-vous ce revirement de situation après la décision de la Cour suprême de vous libérer immédiatement ?

C’est un revirement du pouvoir lui-même. Depuis novembre 2014 [date de son arrestation aux côtés de trois autres militants, NDLR], les autorités mauritaniennes ne cessent de livrer bataille à l’IRA en nous arrêtant arbitrairement et en ordonnant aux juges de nous condamner après des simulacres de procès.

Tout cela n’est que manipulation pour nous abattre. En tant que mouvement de renommée internationale, l’IRA est une épine dans le pied du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz. Et comme nous l’avons démontré lors de l’élection présidentielle de 2014, nous sommes aussi une force de proposition politique malgré la fraude massive au profit du candidat Mohamed Ould Abdel Aziz [le président largement réélu en juin 2014, NDLR]. Nous sommes la seule force d’opposition capable de le concurrencer.

Vous dénoncez donc une incarcération politique ?

Bien sûr ! Il s’agit d’une incarcération idéologique car nous menons une bataille contre les dogmes locaux et l’islam esclavagiste, sectaire et féodal incarné par le code noir et le code de l’esclavage. Ce système continue de régir les rapports entre les groupes sociaux en Mauritanie ainsi que les rapports de domination entre la minorité arabo-berbère et la majorité écrasante que sont les esclaves et anciens esclaves.

Après votre détention, comment comptez-vous poursuivre votre combat contre l’esclavage ?

Je ne changerai pas mon approche, l’IRA non plus. Je ne céderai pas à la peur. J’ai consacré ma vie à ce combat et j’ai fait le serment à Dieu et à mes compatriotes de le poursuivre. Je ne renierai jamais ce serment.

Notre approche est une lutte à mort contre le système esclavagiste et raciste qui régit la Mauritanie. Nous sommes des militants pacifistes mais nous ne ferons pas de compromis tant que la Mauritanie ne respectera pas les droits humains.

Serez-vous candidat à la prochaine élection présidentielle ?

Bien sûr, je serai candidat. Mes camarades et moi préparons l’élection de 2019 et travaillons sur le projet de société que nous présenterons aux Mauritaniens. J’incarnerai à nouveau ce projet.

Depuis votre libération, vous avez reçu de nombreux soutiens : ceux de l’Union européenne, de la France mais aussi des États-Unis, qui ont dépêché jeudi à votre rencontre leur ambassadeur Larry E. André à Nouakchott. Que vous a-t-il dit ?

L’ambassadeur des États-Unis m’a témoigné de la solidarité du gouvernement américain envers l’IRA et envers le combat contre l’esclavagisme et pour le respect des droits humains. Les États-Unis considèrent que l’esclavagisme perdure en Mauritanie et est un facteur d’instabilité. Ce soutien me va droit a cœur.

Crédit source : http://www.cridem.org

La libération des leaders abolitionnistes d’IRA-Mauritanie : le communiqué d’Armepes-France

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L’association ARMEPES-France ( Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles ) se réjouit de la liberté recouvrée par le président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane hier 17 Mai 2016. La cour suprême mauritanienne a rendu un verdict cassant les décisions prises par le tribunal de Rosso et lors de l’appel à Aleg. Selon l’arrêt de la cour suprême d’hier, les faits à l’origine de leur arrestation le 11 Novembre 2014 ont été requalifiés avec une remise en liberté immédiate. Nous espérons que notre jeune compatriote blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkheitir issu de la caste des forgerons, aura aussi l’expression du Droit en sa faveur prochainement devant cette même cour.
L’ARMEPES-France réitère son soutien fraternel et militant aux leaders abolitionnistes, à leurs  militant(e)s et à leurs proches, et suit de près la suite judiciaire de cette anomalie indicible.
Notre association vous assure son engagement ferme et pacifique au sein de la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste en Mauritanie . Nous saluons votre courage pour ce sacrifice sur long chemin pour terrasser un jour ce système de domination qui prévaut . Nous vous savons plus que déterminés après cette épreuve inique de la prison pendant 553 jours pour des motifs fallacieux relevant d’un acharnement obsessionnel d’un pouvoir mauritanien pris en otage par des forces réactionnaires et rétrogrades.
Lutte continue à vos côtés pour une Mauritanie JUSTE et ÉGALITAIRE .

Cellule de Communication                                            Paris, 18 Mai 2016

Alerte Info : La Cour suprême se prononce en faveur de la libération de Biram et Brahim

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Le verdict vient de tomber. La Cour Suprême a prononcé ce mardi 17 Mai en faveur de la libération de Biram Dah Abeid et Brahim Ould Ramdane, en prison depuis plus de 16 mois, condamnés pour « appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique ».

On se rappelle que la Cour d’Appel d’Aleg avait condamné les deux abolitionnistes, à deux ans d’emprisonnement ferme. Avec cette décision, la Cour Suprême rejette cette condamnation.

Cette libération intervient dans un contexte marqué par une controverse des propos du Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, tenus à Nema, sur l’esclavage.

Biram Dah Abdeid et Brahim Ramdane devront sortir de prison en début de journée. Selon une source proche d’IRA-Mauritanie, un point de presse est prévu à cette occasion.

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11-05-2016 18:32 – Philip Alston, rapporteur spécial des Nations Unies : « La stabilité de la Mauritanie risquerait d’être compromise… »

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«La stabilité continue de la Mauritanie dans une région volatile risquerait d’être compromise à moins que les bénéfices de la croissance ne soient plus équitablement répartis », a déclaré mardi 11 mai à Nouakchott, Philip Alston, rapporteur spécial des Nations Unies sur l’extrême pauvreté et les droits de l’Homme.

Cette déclaration a été faite à l’issue d’une visite de 06 jours en Mauritanie.

Le gouvernement mauritanien, a ajouté le rapporteur, « doit fournir d’avantage d’efforts pour tenir sa promesse de lutter contre les séquelles de l’esclavage, et doit aller au-delà d’une approche de charité pour aller vers une approche qui reconnait que chaque mauritanien a un droit fondamental à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation et à l’alimentation. »

Un pays riche en ressources…

La Mauritanie a été ainsi décrite par le Rapporteur : « Un pays riche en ressources naturelles et dont le système juridique n’accepte plus l’esclavage, un pays qui a pu maintenir sa stabilité et a, comparativement, bénéficié d’un niveau élevé d’aide internationale pour le développement.»

Le Rapporteur a aussi reconnu « les réalisations importantes faites au cours de ces dernières années, en particulier en ce qui concerne les zones urbaines.» Cependant, avertit, Monsieur Alston, « 44% de la population rurale continue à vivre dans une pauvreté écrasante dans des régions comme le Gorgol, le Brakna et le Trarza.» Ces régions ont été visitées par le Rapporteur.

Haratine et les négro-africains, « systématiquement absents »

Selon le rapporteur, « pour beaucoup de personnes, le seul impact tangible des politiques de développement du gouvernement jusqu’à présent a été l’expropriation de leurs terres et leur attribution aux investisseurs à grande échelle et cela sans aucune compensation. »

Autre constat du fait par le Rapporteur : « les haratine et les négro-africains sont systématiquement absents de toutes les positions du pouvoir réel et sont continuellement exclus de nombreux aspects de la vie économique et sociale. Ces deux groupes représentent plus de deux tiers de la population, mais diverses politiques servent à rendre leurs besoins et leurs droits invisibles. »

En Mauritanie, il n’existe pas de statistiques à base raciale, ethnique ou communautaire. D’où tenez-vous ces deux tiers ? Est ce le fruit d’enquête ou une estimation au coup d’œil ? Réponse du Rapporteur : « ce chiffre est revenu avec insistance dans beaucoup de rencontres pendant ma visite… même si le gouvernement n’a pas fait d’enquêtes, les organisations internationales ont besoin de savoir pour aider les populations à résoudre leurs problèmes. » Le rapporteur a noté «qu’une reconnaissance officielle des biens et services tels que l’eau, les soins, la santé, l’éducation et l’alimentation sont des droits de l’Homme pourrait commencer à transformer la façon dont sont formulées et mises en œuvre les politiques de développement. »

Au sujet de l’agence Tadamoun, le rapporteur a déclaré : « Au lieu de construire une école semblable à Taj Mahal pour 84 millions d’ouguiyas à Dar El Barka, l’agence nationale de lutte contre les séquelles de l’esclavage, chargée de l’insertion et de la lutte contre la pauvreté (TADAMOUN) aurait pu entreprendre la construction de salles de classe additionnelles et de toilettes et soutenir le personnel des écoles périphériques qui sont tant dans le besoin. »

Pour Monsieur Halston, « trop de programmes de développement du gouvernement sont ad hoc et répondent d’avantage aux intérêts des circonscriptions électorales puissantes qu’aux besoins réels. » Il a proposé la mise en place « d’un groupe d’amis de la Mauritanie qui rassemblerait les principaux bailleurs de fonds pour discuter des priorités en amont de leurs réunions régulières avec le gouvernement. »

Selon lui, « les bailleurs de fonds internationaux n’ont pas réussi à encourager le gouvernement à fonder son approche sur des principes, ni à être systématique dans son approche, et ont ainsi consacré beaucoup trop peu d’attention au type de coordination qui renforcerait considérablement leur impact combiné. »

Au cours de sa visite en Mauritanie, le rapporteur a rencontré les représentants du gouvernement, des autorités locales, des ONG nationales et internationales, des personnes vivant dans l’extrême pauvreté à Nouakchott et d’autres régions de la Mauritanie.

Le rapporteur présentera un rapport complet comportant des recommandations au conseil des droits de l’Homme en juin 2017.

©Cridem 2016—–

Crédit source : http://www.cridem.org

Conférence – débat du 7 Mai 2016 à Paris : compte rendu.

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La rencontre organisée par l’association ARMEPES-FRANCE (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles) et le PHARE CITOYEN, s’est ouverte vers 14H25 dans la Salle Croizat au sein de la Bourse du travail. C’est Monsieur Baba Ould Jidou du Phare Citoyen, modérateur des échanges qui a ouvert le bal en présentant les différents intervenants qui sont Abdine Ould Merzough le coordinateur d’IRA en Europe, le Professeur Bâ Haïmout et le secrétaire général d’Armepes-France Gaye Traoré.
Après quelques mots introductifs du président en exercice de l’ARMEPES-France, Monsieur Ibrahim Diabakhate et du président d’honneur Dr Koné Makhan, Gaye Traoré a présenté la genèse de l’association et les actions qu’elle a menées depuis sa création contre l’ordre féodal qui sévit dans nos communautés en particulier dans le milieu soninké. Mr Traoré a précisé que l’association est ouverte à toutes les personnes sensibles à la défense des droits humains d’une manière générale. Il a réfuté le sobriquet utilisé par certains détracteurs du mouvement, le qualifiant comme “l’association des esclaves ” (Komo mfeddé). Il a expliqué que l’ARMEPES-France mène une campagne de communication pour sensibiliser sur les mentalités rétrogrades héritées de l’ordre esclavagiste et féodal. Plusieurs canaux et supports sont disponibles et utilisés pour diffuser le message, un site internet http://www.mauritanie-egalite.org dédié aux différentes contributions et une page interactive Facebook Gambanaxu Armepes Solutions sans oublier les interventions occasionnelles sur les webradios communautaires  (Radio Diaguilly et Radio Combandao).
L’intervention du représentant d’IRA Mr Merzough s’est axée sur l’activisme très  agissant du mouvement du président Biram Dah Abeid emprisonné depuis Novembre 2014 avec son vice-président Brahim Bilal Ramdhane. Il a noté qu’IRA est portée par une jeunesse motivée ayant une conscience citoyenne très développée. Il a estimé que la diplomatie militante de son mouvement à l’international porte ses fruits, car la problématique de l’esclavage est devenu un trou noir dans les relations de la Mauritanie avec certains pays puissants. Mr Abdine Ould Merzough a déclaré qu’IRA veut stimuler toutes les personnes victimes afin de sortir pour s’engager et dénoncer en demandant l’application du Droit. Il a par ailleurs réfuté tout communautarisme au sein d’IRA-Mauritanie en expliquant que seule la référence de la citoyenneté et le sérieux de l’engagement comptent pour porter l’idéal d’IRA-Mauritanie d’une Mauritanie Juste et Égalitaire. 
Quant au Pr Bâ Haïmout, il a exposé un bref historique de l’aspect juridique et législatif concernant l’esclavage en Mauritanie. Pour lui, le pays avait  adhéré aux conventions internationales depuis sa création mais dans les faits, les choses sont AUTRE CHOSE. Il a expliqué qu’on ignorait et recusait la citoyenneté des personnes sous l’ordre esclavagiste, et cela voulait dire que la LOI ne pouvait pas changer les réalités. S’agissant de la féodalité, Mr Bâ a expliqué qu’une nouvelle fois les textes législatifs avaient ignoré son emprise sur le réel dans les communautés notamment concernant le foncier sur lequel l’ordre traditionnel et coutumier régnait . Il a déclaré que l’engagement contre l’ordre féodal doit être entrepris par tous les citoyens et appele les personnes d’extraction sociale féodale de s’y mettre courageusement, car du courage il en faut pour braver les conséquences inévitables dans la communauté.
Le modérateur du débat, Baba Ould Jidou du Phare Citoyen a appelé la jeunesse mauritanienne dans son ensemble de s’engager contre toutes les injustices.
Il a expliqué que les mouvements pionniers du milieu haratine comme El Hor ont permis l’émergence d’une jeunesse haratine engagée et conscientisée d’une manière décomplexée contre l’ordre esclavagiste. Il a salué au passage les membres d’Armepes-France qui ont osé prendre en compte les séquelles esclavagistes de l’ordre féodal dans leurs communautés, dans l’engagement pour les Droits Humains en Mauritanie.
Parmi le public peu nombreux dû à un calendrier serré pour communiquer en amont, il faut noter certaines observations très pertinentes notamment celle d’un poids lourd de la diaspora Mr Ibnou Diagana. Ce dernier a signalé que le message devrait être traduit en langue soninké par rapport au nombre de gens présents ne comprenant pas le français. Une traduction résumée a été faite par le secrétaire général d’Armepes-France par la suite. Par ailleurs l’événement a été couvert par la webradio Combandao avec la présence de l’animateur et l’un des responsables Bouba Diakité. L’enregistrement des échanges a été diffusé dans la soirée du même jour.

K.S

09-05-2016 08:29 – Note d’alerte publique : Quand Mohamed Ould ABDEL AZIZ devient dangereux

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IRA-Mauritanie – Le mardi 3 mai, devant une foule d’inconditionnels, d’ailleurs dressés à l’applaudissement durant des décennies de régime militaire, le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz, tenait des propos d’une rare outrecuidance, envers les descendants d’esclaves ; par des mots dont l’irrespect et le mépris s’équivalent, il conjugue l’habituel déni de leur domination, à l’énoncé d’un néo-racisme de la démographie.

Affirmation point inédite dans sa bouche, il reprend, à son compte, la thèse dite des « séquelles ». Aussi, la pauvreté et le défaut de qualification et de savoir dont souffre cette souche de la population, résulteraient, seulement, d’une progéniture pléthorique.

A force de céder à leur libido et de s’adonner à la multiplicité des ménages, les Hratine se multiplieraient, pour leur plus grand malheur. Ce disant et malgré lui, le Président Ould Abdel Aziz :

1. Reconnait l’usurpation du pouvoir, par la minorité à laquelle il appartient et dont il défend la suprématie ; jamais aveu n’aura été plus cinglant.

2. Reprend, à son compte et de manière officielle, le fatras des préjugés de race dont découle la légitimation de l’esclavage et du système de caste arabo-berbère. L’inégalité de naissance a désormais son théoricien décomplexé. Le propos du Chef de l’Etat, en sus de sa médiocrité, l’expose au discrédit et s’effrite sous le poids de l’incohérence. Comment expliquer, donc, toutes les mesures prises, sur le plan institutionnel, au titre de l’éradication de l’esclavage, si ce dernier n’existe plus ?

3. La création de l’Agence Tadhamoune ;

4. Le durcissement des peines et l’élargissement du champ de la répression ; 5. L’innovation d’un tribunal spécial pour juger de tels crimes et l’installation de trois 3 cours spéciales, respectivement dans l’Est, à Nouakchott et au Nord; l’annonce revenait,en décembre 2015, au Ministre de la justice.

Toutes ces initiatives du gouvernement, sont menées, sur le long terme, en contradiction, nette, avec le lyrisme outrancier de Néma. Le Président de la République incarne, en une même personne, un dédoublement dangereux au sommet de l’Etat. Auquel des 2 Mohamed Ould Abdel Aziz serait-il prudent de se fier ? Lequel croire ?

6. Il est devenu limpide que le Mohamed Ould Abdel Aziz s’adresse, à présent, aux fractions les plus conservatrices de l’ensemble maure, afin de les mobiliser contre le péril Hratin, fantasmé, ici, en termes de surnatalité.

7. Il s’agit, à l’évidence, d’une rhétorique de conditionnement affectif de l’opinion, afin de la préparer à la mise en œuvre – soudaine ou graduelle – d’une épuration délibérée contre les descendants d’esclaves, groupe menaçant, dont il importe de casser la dynamique, pour en dissoudre les prétentions à diriger le pays.

Face à tant d’irresponsabilité et du danger induit, IRA – Mauritanie :

8. Appelle, le citoyen Mohamed Ould Abdel Aziz, à retirer les passages discriminatoires de son discours et présenter des excuses à l’ensemble de la communauté des victimes de l’esclavage; l’ignorance que dévoile la brutalité primitive de sa déclaration s’avère désormais incompatible avec l’exercice de la magistrature suprême.

9. Engage, les démocrates mauritaniens et à leurs amis, à lancer une vaste mobilisation, pour exiger et obtenir, de Mohamed Ould Abdel Aziz, une mise au point conforme à la Constitution qui protège, les citoyens, contre la ségrégation, d’ailleurs en vigueur, depuis des siècles d’hégémonie ethno-tribale.

10. Recommande, aux partenaires extérieurs, d’observer la plus grande vigilance, à l’endroit de dirigeants actuels, dans leur rapport à la gestion du contentieux historique, notamment la question corrélée de l’égalité et de la réparation.

11. Presse, les Nations unies et l’ensemble de la communauté internationale d’inscrire la Mauritanie, parmi les pays éligible à la « responsabilité de protéger », précaution adoptée lors du sommet mondial de septembre 2005.

Nouakchott, le 08 mai 2016

Commission de Communication

Crédit source : IRA-Mauritanie

Le cas de Hamedi Camara, l’exemple d’un « enfer » administratif de l’enrôlement biométrique controversé en Mauritanie.

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Il s’appelle Hamedi Camara. Il vit en France depuis 2009. Il est de Hassi Chagar, de la région du Guidimakha.  Il milite au sein de la diaspora en faveur des Droits de l’Homme depuis plusieurs années.  Il est aujourd’hui victime, comme bien des Noirs, du racisme de l’état Mauritanien. Il n’est pas recensé à ce jour. Il est loin d’être le seul. Il a accepté de sortir de l’anonymat pour permettre d’éveiller les consciences.

Depuis le 25 Mars 2013, date de début de l’enrôlement en France, il lutte pour garder sa citoyenneté Mauritanienne. La situation ne lui était pas favorable en cette période au vu des conditions qu’il ne pouvait pas remplir.

Il y a quelques mois, il a repris ses démarches auprès de l’ambassade de Mauritanie à Paris. Il est en possession de tous les documents requis. Toutefois, le jugement de décès de sa défunte mère qui présentait pourtant toutes les caractéristiques d’un document normal, administrativement parlant, fait l’objet d’un rejet incessant et sans fondement.  Mais hélas, au pays de AZIZ, l’administration se démarque le plus souvent du chemin qui mène à l’éthique. Il a été délivré à Hamedi Camara un jugement de décès qui ne porte pas son nom et prénom  mais qui porte tout de même sa photo ! A qui la faute ? Le comportement irresponsable et non professionnel, l’amateurisme prononcé et la négligence des administrateurs au sein des instances étatiques en Mauritanie sont à l’origine de ce genre de dérives. Cette fois-ci, en la présence de quelques membres du Comité de Soutien aux Détenus d’Aleg en France avec lesquels il se bat depuis l’arrestation de Biram Dah Abeid, président de IRA, on lui signifiera qu’il devra retourner le document en Mauritanie pour correction. Mais le problème majeur est tout autre maintenant : Le nom de Hamedi à disparu, comme par enchantement, de la base de données – Rappelons que lors de sa première visite, à la reprise de ses démarches, son numéro d’identification nationale avait fait l’objet de recherche fructueuse – Désormais, tous ses efforts ainsi que ceux des membres du comité, ceux-là même qui avaient exprimé une volonté de le soutenir et de l’aider à communiquer avec le personnel de l’administration de l’état civil demeurent, cependant, vains et le compteur est remis à zéro. Il doit retourner en Mauritanie pour se faire recensé, lui a-t-on dit.

Aujourd’hui, tout espoir de restituer à Hamedi Camara un droit à un enrôlement possible s’amenuise car non numéro d’identification  initialement en son nom est attribué à une autre citoyenne d’origine Beydane. N’est-ce-pas du déjà vu? C’est ce que cachait l’autre face de l’iceberg !

Ce jeune homme si engagé, si motivé, si juste, si intrépide, si « Mauritanien » est maintenant livré à lui-même en occident sans aucune identité. Il est devenu apatride. Il est une victime type de la politique d’exclusion et d’épuration ethnique sciemment initiée par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz ; une citoyenneté rejetée en Mauritanie, un droit au séjour refusé en France ! Que doit-il faire ? Rester en France ? Retourner en Mauritanie ? Dans son cas, il en existe pourtant des milliers !

Voici  une preuve vivante de la conséquence d’une politique qui contribue à la « Dé-Mauritanisation ». Hamedi Camara, par cet acte courageux, en décidant de lever le voile sur la situation qu’il vit, que beaucoup vivent, il souhaite alerter le monde entier sur l’existence d’un apartheid en Mauritanie qui ne dit pas son nom. Le rang des victimes ne cesse de grossir. Dieu seul sait combien de Mauritaniens noirs s’inquiètent pour leur avenir en pensant perdre dans les jours, les mois ou les années à venir ou en ayant déjà perdu ou même être dans l’impossibilité de s’octroyer leur droit à la résidence en France et à la citoyenneté à cause des conditions humiliantes du recensement.

L’affaire de ce jeune Hamedi Camara est l’affaire de tous. De loin ou de près, chacun est concerné par cette histoire. Elle demande le concours, l’engagement et la volonté de tous.  Il n’est pas normal qu’un recensement qui a commencé en Mai 2011 continue de faire des victimes au lieu d’avoir permis l’enrôlement de tous. Il n’est pas concevable qu’il ne soit pas fini depuis fort longtemps. Il n’est pas non plus normal et digne de laisser continuer cette mascarade nous pourrir notre vie de tous les jours. Nous ne pouvons pas continuer de cacher que nous sommes malheureux. Mais dans la dignité, et seule dans la dignité, nous pouvons lutter pour nous libérer de nos malheurs.

La liberté d’un ensemble doit primer sur les libertés individuelles. Et le sentiment d’avoir trouver notre propre liberté ne garantit pas pour autant notre épanouissement et ne suffit pas pour assurer notre intégrité. Nous ne pouvons pas recouvrer notre liberté en toute sécurité dans une unité où tout le reste est maintenu par des chaines.

Source : repris d’un post Facebook de  Thomas Mag, un responsable de la diaspora.

Invitation : conférence – débat du 7 Mai 2016 à Paris.

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Conférence – débat

L’ARMEPES-FRANCE  (Association des ressortissants mauritaniens pour l’éradication des pratiques esclavagistes et ses séquelles) et le PHARE CITOYEN vous convient à une conférence – débat qui aura le Samedi  7 Mai 2016 entre 12H30 et 17H00.

Lieu : Bourse du Travail, Salle Grande Croizat

3 Rue du château d’eau 75010 Paris

Accès : Métro République, lignes 3, 5, 8, 9 et 11 .
Bus 26, 46, 56 et 75.

LES THÈMES :

~ l’impact de la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste pour l’accomplissement de la citoyenneté .



~ les réalités de l’ordre féodal dans les communautés en Mauritanie.



~ le poids social et politique du système de castes,  l’exemple du milieu soninké.

Cellule organisatrice : contact 06 95 36 62 54 ou 06 67 89 56 97