[France] Réponse à Laurent JOFFRIN :  »Les Juifs auraient le droit de se regrouper entre eux, mais pas les Arabes, les Noirs ou les Musulmans ? », par Louis-Georges Tin et Rokhaya Diallo

http://afropolitis.com/international/35-societe/702-france-droit-de-reponse-a-laurent-joffrin-les-juifs-auraient-le-droit-de-se-regrouper-entre-eux-mais-pas-les-arabes-les-noirs-ou-les-musulmans-par-louis-georges-tin-et-rokhaya-diallo.html

28-04-2016 09:12 – Libre Expression | De la Bothayanie à l´Azizanie : de qui se moque-t-on?

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Kaaw Touré – On est frappé par la volonté de certains de nos compatriotes à vouloir solder nos souffrances, nos morts et nos droits. Comme certains marchands, ils veulent vider l´abcès comme on vide les stocks.

Ils nous traitent de « rancuniers », de « revanchards », de « méchants » parce que nous exigeons la justice, l´égalité de tous les fils de la Mauritanie, parce que nous refusons l´oubli et l´impunité. On veut nous imposer une omerta, de l´amnésie, de l´amnistie forcée, de l´oubli, de l´impunité sur les années de braise, il faut pardonner et tourner la page sans justice ou autre procès c´est tout ce que souhaite le Système.

La Mauritanie peut tuer, peut violer, violenter et déporter ses propres enfants mais elle ne veut pas qu´on en parle ! Comment parler de l´avenir en commun alors que le passé douloureux du destin en commun hante toujours notre sommeil. Comment nous conduire vers un avenir meilleur en cassant le rétroviseur de notre voiture?

Nos « nouveaux chiens de garde », pour dévaliser le journaliste et essayiste français Serge Halimi, veulent mettre le bourreau et la victime dans le même sac et nous imposer leurs termes du contrat de « la réconciliation ». Comment soigner le mal sans crever l´abcès? Comment tourner la page de la déportation, de l´épuration ethnique sans avoir le courage de diagnostiquer la cause du mal national? « Ko addi ndogen saka ndartoden » ?

Ces fabricants ou partisans du renoncement et de l´oubli veulent nous enseigner leur propre « grammaire de la soumission » ou leur « vocabulaire de la réconciliation ». Pour eux, toute revendication de justice est de l´Extrémisme!

Nous devons prendre nos baluchons, courber l´échine et revenir sans crier gare comme si nos longues années d´exil et de souffrances dans les geôles du tyran n´avaient rien servi! L´exigence de justice est un droit mais aussi un devoir pour tout celui qui se sent lésé dans ses droits .

Qu´un seul déporté, une veuve ou un orphelin exige la justice, minoritaires soient-ils, leurs voix doivent-être écoutées , ce n´est pas parce que tout le monde ait accepté de jouer au troupeau de panurges du Système que toute voix discordante doit être considérée comme celle de l´extrémisme.

La réparation n´est pas que matérielle ou pécunière elle est surtout et avant tout Morale. Les victimes n´ont pas exigé le ciel ou la lune mais la Justice, est-ce un crime? Jugez nos tortionnaires! Jugez nos déporteurs! Jugez nos violeurs! Jugez nos voleurs! Jugez nos assassins ! Discutons de notre fameuse Question Nationale, du racisme et de l´esclavage . Est-ce trop vous demander messieurs les soldeurs des souffrances?

Toutes les revendications peuvent trouver une solution si l´on veut bien se donner la peine. Il ne s´agit pas de récuser toute synthèse, mais une synthèse ne s´obtient pas en soldant ses revendications essentielles. Nous demandons seulement à nos potentiels soldeurs de ne pas céder à la mode sinon les Mauritaniens risquent d´être les sacrifiés.

Car en politique le soldeur est un traitre, un petit traître en ce sens qu´il ne pense qu´à ses intérêts individuels que seule la trahison lui permet de satisfaire.

La lutte continue!
Kaaw Touré dit Elimane Bilbassi

Source : repris sur http://www.cridem.org

La parole de Biram Dah Abeid, président d’IRA-mauritanie emprisonné avec son vice-président Brahim depuis 11 Novembre 2014

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Au nom d’Allah, bon et miséricordieux, et paix soit sur Son prophète,

De Biram Dah Abeid aux femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, parmi les abolitionnistes de Mauritanie et, à travers eux, à tous les compatriotes de bonne volonté, aux organisations et gouvernements épris de justice, de liberté et de dignité humaine, de par le vaste monde.
Chères sœurs, chers frères
Après un an et demi derrière les barreaux, me voici qui vous exprime, en nos noms, mon camarade d’infortune et moi, toute ma gratitude, de votre soutien  à nos familles et nous.
Je vous écris pour vous renouveler  mon serment d’honorer les principes et les positions qui m’ont mené dans cette cellule. Soyez sûrs que notre moral et notre détermination ne font que s’affermir, jour après jour et ce, grâce à Allah, grand et miséricordieux. C’est Lui qui nous a donné à vivre suffisamment longtemps pour célébrer le quatrième anniversaire du glorieux autodafé – volontaire et symbolique – des manuels de l’esclavage, du mensonge et de l’hypocrisie. Les livres de la honte, qui constituent une offense à Allah et à Son prophète demeurent, pourtant, le fondement de la référence juridique,  dans mon pays, la Mauritanie. Ils dénaturent le message prophétique, par la légitimation de l’offense à la dignité des humains, l’atteinte à la sacralité du corps d’autrui et l’accaparement de ses biens.
De tels traités de l’exploitation et du racisme excitent à la haine et sèment la discorde, entre frères du même pays et de la même religion. Ils ont été utilisés, par des générations de dominateurs, durant des siècles, pour assouvir des pulsions de jouissance et fructifier des intérêts égoïstes, sur l’échine de leurs semblables.
Oui, de toute délibération,  nous y avons mis le feu, en guise de gifle à l’histoire, trop longtemps assoupie ;  ainsi, le 27 avril 2012, nous dissociâmes l’infamie de la droiture. Nous rehaussions, alors,  le Saint Coran, livre d’Allah et la tolérante Sunna, où l’exemple de notre Saint Prophète enseigne la liberté et l’égalité, de l’espèce humaine et parmi les croyants. Ce fut là, pour nous, le signal d’une profonde révolution, morale et spirituelle, visant à restaurer et restituer l’Islam véritable, déconstruire et dénoncer l’hypocrisie des profiteurs qui tiennent boutique sous son auguste enseigne.
Chères sœurs et frères
L’anniversaire du glorieux autodafé revêt, pour moi, l’occasion de renouveler auprès des damnés de Mauritanie, parmi les Hratin, les forgerons, les Halpular, les Soninké, les Wolofs, les Bambaras et les Arabo-berbères, notre engagement à les soutenir, les  défendre et ce, même depuis le fond d’une cellule carcérale. Ensemble, nous vaincrons ou nous périrons. Aux oppresseurs nous réitérons l’évidence : vous nous retrouverez, toujours, sur votre chemin, tant qu’Allah nous accordera la faculté de respirer.
Mauritaniennes, Mauritaniens
Je vous engage tous, individuellement et collectivement, avec vos organisations, partis, syndicats et toutes autres modes d’associations à surmonter les différends, en cette phase délicate de notre histoire ; la situation s’aggrave, à cause du jeu dangereux auquel se livre un pouvoir sans vergogne qui use de la division, pour entériner, encore et toujours, l’usurpation de  l’autorité et le détournement du butin.
A cette fin, il s’appuie sur le « racialisme » de facto, lorsqu’il il reproduit l’épuration, en douceur, par la mise à l’écart, systématique, des ressortissants de certaines communautés, y compris dans le commandement des  forces armées et de sécurité, l’administration et les finances, le corps de la magistrature, la diplomatie, le capital privé national, l’éducation, la formation et, surtout, le magistère religieux.
Mes frères et mes sœurs, chers Mauritaniens
Le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz étrangle les libertés, sous l’apparence, fort vaine, de leur respect. Il rétrécit le champ d’action des défenseurs des droits de l’homme par les limites, graduelles, aux droits de réunion et de manifestation. Il interdit des organisations de la société civile, embastille pour délit d’opinion, censure les émissions de télévision et de radio, emprisonne les journalistes,  poursuit ses opposants et les met à la diète ; privés de toute activité professionnelle, ils rejoignent la cohorte des hommes d’affaires qui subissent ses tracasseries et en récoltent la ruine, quand ils s’abstiennent de lui prêter allégeance.
Mesdames et Messieurs les Mauritaniens
Aux côtés des victimes de l’esclavage traditionnel et du racisme d’Etat, se retrouvent celles des prisons secrètes, des  simulacres de procès, de la spoliation foncière et des milliers de travailleurs damnés des mines, des usines et des ports.
Toutes les franges de la société mauritanienne ont souffert, d’une façon ou d’une autre, d’un si grave degré de mépris pour les lois ;  tandis que pointe, aujourd’hui, une avidité supplémentaire au parjure, le minimum de lucidité, requiert, de nous tous, le sursaut.
Mes chers frères et sœurs
Fils et filles de la Mauritanie, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) tend la main de la réconciliation et de la fraternisation, à tous les Mauritaniens, individus, groupes, organisations, partis politiques pour l’élaboration et le respect d’une Charte nationale d’honneur et de paix, sur la base des préceptes du Saint Coran et des standard du droit  international. Le code de conduite et de concorde se reconnaît la priorité du retour à la fraternité islamique véritable, aux principes de la citoyenneté dans un Etat, protecteur et – non détracteur – de ses ressortissants. .
Le premier acte de cette renaissance au devoir et à la dignité, réside dans l’injonction de l’union sacrée, pour défendre la Constitution de la République Islamique de Mauritanie.
M’en remettant à Allah…..

Biram Dah Abeid
26 avril 2016

Source crédit : Repris via réseau de la mouvance abolitionniste.

Encore une distinction internationale pour le combat pacifique d’IRA

مبادرة إنبعـــاث الحــــركة الانعتـــــــاقية
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE
IRA – Mauritanie

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Ses principaux leaders séquestrés, militants réprimés et sauvagement torturés à longueur de sit-in et manifestations pacifiques, toujours frappée d’une interdiction administrative d’exercice de la liberté d’expression, IRA vient de remporter le prestigieux Prix Lawson James 2016, pour le combat non-violent, décerné par le Centre International sur la Résolution Non-violente de Conflits, à  Boston (Massachusetts, USA). La distinction, du nom du révérend Lawson James, compagnon de lutte de Martin Luther KING, récompense le mouvement « pour son combat  non-violent et son  action pour libérer les esclaves et  vaincre l’esclavage en Mauritanie ». En 2015, elle avait a été décerné au Palestinien  Iyad Burnat et en 2014 à Jacques Semelin, ancien directeur exécutif de Greenpeace International.
L’exceptionnelle marque de reconnaissance et de respect, dont la cérémonie sera organisée le 22 juin, en présence du Révérend James, arrive quelques mois après la Tulipe (Hollande), le Front-Line (Irlande) et le Prix des droits de l’homme, attribué par l’ONU, à IRA et son président Biram Dah Abeid ainsi que celui de la ville de Weimar en 2011.
En dépit des campagnes réitérées de diabolisation et de calomnies, IRA poursuit son combat, résolu et sans violence, pour arracher les droits des esclaves à se libérer et des anciens esclaves à exiger leur réhabilitation, pour une vie digne en Mauritanie. IRA continuera à dénoncer le racisme et l’exclusion, sous toutes leurs formes et où qu’ils se nichent. Dès à présent, elle en réclamera la réparation – matérielle et symbolique – sur ce qui reste le carburant de la domination, en l’occurrence les ressources de l’Etat.
IRA dédie le prix à l’ensemble des personnes qu’elle a libérés ou aidé à libérer, aux amis de la lutte et surtout, aux militantes et militants, toujours mobilisés malgré l’adversité et le peu de moyens dont ils disposent.
Aux dominateurs de naissance et à leur dispositif d’intimidation, servi par l’Administration qui les protège, IRA réaffirme sa résolution de ne jamais faiblir, jusqu’à atteindre le dernier esclave dissimulé, rendre l’ultime lopin de terre spolié, faire oublier le souvenir même des concubines abusées….
Ni la prison, ni l’assèchement des sources de financement de nos activités, encore moins les infiltrations policières et tentatives de déstabilisation, ne viendront à bout de notre détermination à éradiquer l’esclavage en Mauritanie, pour rebâtir, enfin, l’Etat de droit où seule la citoyenneté dicterait ses devoirs.
IRA remercie les instances du Prix Lawson James, de l’insigne encouragement à persévérer sur la voie de la non-violence, dans l’ornière des grands hommes, tels Martin Luther King et ses disciples.

La Commission de Communication                                                                   Le 25 avril 2016

25-04-2016 15:10 – En prison, Biram Ould Dah plus que jamais déterminé et met en garde le Président Ould Abdel Aziz contre un changement de la Constitution

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Le Rénovateur Quotidien – Depuis sa cellule de prison, le leader du mouvement Abolitionniste, IRA Biram Ould Dah Ould Abeid a délivré un message à l’opinion nationale et internationale pour réaffirmer sa ferme détermination à lutter contre toutes les formes d’injustices en Mauritanie sans distinction d’ordre communautaire ni sociale.

Biram Ould Dah considère que depuis l’incinération des livres théologiques en 2012 et les actions qui ont suivi, le dossier de l’esclavage reste entier et ce, en dépit de l’adoption de lois pénalisant l’esclavage et ses pratiques, mais dont la non application de telles dispositions juridiques par les juges les vident de toute signification.

Les forces esclavagistes et rétrogrades ont encore une forte mainmise sur les leviers de commande pour faire peser de leur poids sur les cercles du pouvoir afin de se dresser contre la marche de libération des victimes.

Ce qui est, selon Biram Ould Dah, loin d’entamer leur détermination à lutter contre l’esclavage et le racisme et d’œuvrer sans relâche en faveur de la justice et l’égalité en Mauritanie, autant d’ idéaux pour lesquels son mouvement se bat depuis des années au prix de la répression sauvage et de l’emprisonnement de ses militants.

Biram s’insurge vivement contre l’esclavage foncier en Mauritanie, une pratique servile qui créé des rapports de vassalité dans l’exploitation des terres de la vallée et qui se traduit par l’accaparement des richesses foncières par des oligarchies traditionnelles.

Biram Ould Dah a, en outre, mis en garde le Président Mohamed Ould Abdel Aziz contre un changement de la constitution à dessein de briguer un troisième mandat, appelant les forces vives à se dresser contre cette propension honteuse à manipuler la loi fondamentale, un outrage à la démocratie et au principe de l’alternance politique et pacifique dans le pays.

Dans une correspondance dont le Rénovateur a reçue une copie, Biram Ould Dah a appelé les hommes épris de paix et de justice à resserrer les rangs en vue de mettre fin à une situation de crise entretenue par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, incapable selon lui, de gérer le pays et où la gabegie, le favoritisme et l’incurie politique y sont érigés en mode de gouvernance.

Biram Oud Dah estime que la détention des militants des droits l’homme lors d’une caravane sur l’esclavage foncier en 2015 ayant aboutit à un procès arbitraire n’est que l’expression de la volonté du pouvoir à confisquer les libertés en Mauritanie.

Biram Ould Dah a passé en revue l’ensemble des sujets de l’heure se rapportant notamment au règlement biaisé des dossiers comme le passif humanitaire, la mauvaise gouvernance du président Mohamed Ould Abdel Aziz en passant par la restriction des libertés en général et de la liberté de presse en particulier, quand bien même les autorités utilisent des expédients pour duper l’opinion sur la réalité vécue par le peuple.

Le leader de IRA n’a pas manqué de rappeler que sa détention en prison n’entame en rien sa détermination que lui et ses camarades ainsi que tous les militants des causes justes, portent sans relâche, jusqu’à faire aboutir leurs revendications.

Source crédit : Repris sur http://www.cridem.org

Commémoration des déportations d’Avril 1989 en Mauritanie: Déclaration de la manifestation du 24 Avril 2016 à Paris

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Il y a 27 ans, sous le régime de l’ancien dictateur, le Colonel Maouya Ould Sidi Ahmed Ould Taya, nos mères, nos pères, nos sœurs, nos frères, tous ces êtres qui nous sont chers ont été privés de leur patrie au nom d’un racisme mortifère. Une chasse aux Noirs fut orchestrée au vu et au su du monde entier par un État entièrement dévoué à l’arabité exclusive de la Mauritanie au mépris de sa composition ethnoculturelle.
Réunis ce 24 avril 2016 pour commémorer les 27 années de déportation des nôtres au Sénégal et au Mali, Nous, Associations, Organisations, Mouvements et partis politiques représentés au sein du collectif des Mauritaniens en France, dénonçons le racisme et l’exclusion que continue de subir la communauté noire en Mauritanie.
Depuis 1989, date des déportations, les familles des négro-mauritaniens expulsées réclament justice. La junte actuellement au pouvoir n’ignore point la situation dramatique qu’a subie et continue de subir cette frange abandonnée de la population de la Mauritanie. Tous ses membres ont été, sans discontinuité, au cœur du dispositif sécuritaire tant central que local de la Dictature qui s’impose aux Noirs de Mauritanie depuis des décennies et qui fait de la répression brutale, le principal levier de commande du système. Certains de ces hauts gradés de l’armée sont à cet égard, les protagonistes de l’infamie raciste qui a marqué cette répression raciale sanglante.

Commémorer c’est rappeler ;

Commémorer c’est se souvenir ;

Commémorer c’est ne pas oublier ;

Nous condamnons avec fermeté, l’ignominie dont s’est rendu coupable l’Etat raciste mauritanien en déportant sur une base raciale et fasciste près de 200 000 Mauritaniens Haalpulaaren, Soninko, Bamara et Wolofs au Mali et au Sénégal
Si la chute de Moaouya Ould Sid’AhmedTaya augurait une lueur d’espoir dans le ciel assombri de la Mauritanie pour tous les mauritaniens épris de liberté, force est de constater que cet espoir a été vain. Le racisme demeure et il a pris une autre forme. L’actuel chef de l’Etat, Mouhamed Ould Abdel Aziz, loin d’avoir soldé les crimes racistes, persiste à rendre les rescapés des années de braise apatrides.
En effet, les engagements pris lors de la signature des accords tripartites le 12 Novembre 2007 entre le HCR et les gouvernements de la Mauritanie et du Sénégal n’ayant pas été respectés, nous condamnons avec la plus grande énergie les conditions inhumaines, dégradantes de misères et d’indignité qui constituent, hélas, le quotidien des rapatriés Négro-mauritaniens.

Depuis 2011, cette ignominie contre la population négro mauritanienne s’est mue à travers un enrôlement, censé doter l’Etat mauritanien d’un service d’état civil fiable et sécurisé, qui a été dévoyé afin d’exclure la population noire de Mauritanie. Au génocide physique des années 80 s’est substitué le génocide biométrique.
Nous ne cesserons de réaffirmer que la construction de la Mauritanie ne se fera qu’en réhabilitant l’ensemble des victimes du racisme dans leur droit légitime, que nulle tyrannie raciale ne peut altérer.
Nous, Collectif des organisations mauritaniennes en France:
Exigeons que le retour effectué soit officialisé par des actes et le rétablissement plein et entier, de tous ceux qui sont revenus, dans leur droit et une indemnisation de tous les préjudices subis.
Demandons à la communauté internationale d’user de tous les moyens en sa possession pour amener la Mauritanie, dès lors qu’elle a reconnu sa pleine responsabilité dans les déportations d’avril 1989, à assumer concrètement les engagements pris devant les communautés nationales et internationales.
Appelons tous nos compatriotes à un réel sursaut patriotique contre cette injustice qui n’a que trop duré.

Et disons:

Si le silence est complice, l’inaction est coupable
Agissons ensemble car l’heure est grave.
 
Le Collectif des organisations mauritaniennes en France
Paris, le 24 avril 2016

L’affaire Mkheitir : l’homme musulman pardonnable, mais pas le forgeron…???

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Ce jeudi 21 avril 2016, s’est ouvert à Nouadhibou le procès en appel de notre jeune coreligionnaire Mohamed Cheikh Ould Mkheitir . Selon certaines sources dignes de foi, le verdict de la condamnation à mort a été confirmé, mais l’accusation d’apostasie a été requalifiée en mécréance. Maintenant, l’étape suivante pour son cas judiciaire sera devant la Cour Suprême, et on espèrera que le bon sens triomphera sur une rigidité ridicule d’un DROIT devenu l’expression des caprices de certains milieux. Il est rapporté que notre jeune compatriote issu de la caste des forgerons s’est repenti, ce qui n’a pas calmé les ardeurs hystériques de certains qui s’activent plus pour la punition d’un élément perturbateur de leur ordre tribal et ethnique que la défense du prophète Muhammad (psl) . Ce dernier l’aurait pardonné et se serait interrogé en profondeur et en toute JUSTICE sur ce qui a motivé la réflexion polémique. C’est-à-dire le fond de l’ordre tribalo-féodal serait scruté et questionné , et de là le formalisme religieux en vigueur serait démasqué. Ainsi dans cette affaire, les accusateurs par posture superficielle seraient les premiers accusés de trahison des enseignements de la tradition prophétique. Chez nous, en matière religieuse, le spirituel suit les logiques de l’ordre de la société. Quand l’islam au sens sain reconnaît le croyant comme MUSULMAN faisant partie de la Oumma, l’ordre sociétal essayera de le caser en forgeron, en esclave, en noble, en griot ou en marabout d’abord. Depuis plusieurs siècles par mimétisme soigné, les tenants trans-communautaires de cet ordre sociétal sacralisent cet état de choses où la plénitude de la “musulmanité” de certains est relative et surtout dépendante d’une docilité fataliste aux balises tribalo-ethniques. Notre coreligionnaire de statut forgeron est conscient que dans cette société dite 100% musulmane, le statut de forgeron est connoté d’une intouchabilité guignarde. On dirait que le forgeron peut symboliser le malheur et il faudrait mieux l’éviter dans certaines circonstances notamment lors des voyages. Où a-t-on laissée la FRATERNITÉ entre croyants selon l’enseignement Coranique et la Tradition prophétique..??

Dans le même ordre d’idée, on dirait que l’esclavage est légiféré au nom de l’islam, et que “l’individu esclave” n’a accès au DIVIN qu’en se soumettant à son maître d’abord. Sur ce cas de l’esclavage, une idéologie foncièrement orientée s’est développée sur la base d’éléments scripturaires mentionnant le traitement sage des cas des esclaves hérités de la période antéislamique , légitimant sournoisement les pratiques esclavagistes au nom de l’islam. De ce fait les objectifs de la réforme sociale indiquée par le dernier Messager, ont été travestis sciemment pour “islamiser” des pratiques révélant du paganisme d’antan au fond.
Il est clair que bien avant le texte de notre compatriote Mohamed Cheikh Ould Mkheitir, d’autres écrits connus et disponibles dans toutes les mahadras et les librairies, avaient trahi l’esprit du  MESSAGE RÉVÉLÉ. Une idéologie partisane s’est accaparé de ce MESSAGE pour que la collusion entre lettrés dits religieux et puissants tribalo-féodaux garde la mainmise sur les sans voi(x)es le plus longtemps possible.
Le cas de ce jeune casté forgeron devrait interpeller plus d’un surtout chez les mammouths idéologues du Fait religieux. Le suivisme admis historiquement ne tient plus, car derrière notre “musulmanisme” mot emprunté à Dr Ousmane Timéra de France, se trouve  d’innombrables paradoxes, contradictions et distorsions.

Toute religion qui s’idéoligise se fera au nom des Hommes et perdra le caractère transcendant du DIVIN LE SEUL JUGE PAR ESSENCE.

Ainsi au Nom du DIVIN, le Tout-miséricordieux et le Très-miséricordieux nous apportons notre soutien fraternel à Mr Mohamed Cheikh Ould Mkheïtir qui mérite le Pardon comme tous ceux qui sont dans la fixation indexatoire demandant sa mise à mort.

Que la paix soit avec vous.

K.S

21-04-2016 22:38 – Derniers échos du procès de Ould M’Khaitir

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Aux toutes dernières nouvelles, le tribunal d’appel de Nouadhibou a confirmé la peine capitale d’Ould Mkeitir pour incrédulité, en vertu de l’article 306 du code des procédures pénale de la Mauritanie (1).

La Cour d’appel a décidé de déférer le dossier de Ould Mkhaitir, après sa condamnation à la Cour suprême pour s’assurer de son repentir.

(1) Pour rappel, l’article 306 du Code pénal mauritanien dispose que « [tout musulman coupable du crime d’apostasie […] sera invité à se repentir dans un délai de trois jours […] S’il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu’apostat. »

L’article indique par ailleurs : « Toute personne coupable du crime d’apostasie (Zendagha) sera, à moins qu’elle ne se repente au préalable, punie de la peine de mort », et également que « [si elle] se repent avant l’exécution de cette sentence, le parquet saisira la Cour suprême, à l’effet de sa réhabilitation dans tous ses droits, sans préjudice d’une peine correctionnelle prévue au paragraphe du présent article [de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 5 000 à 60 000 ouguiyas mauritaniens – soit de 15 à 181 euros environ. »

©Cridem 2016————

Source crédit : http://www.cridem.org

21-04-2016 09:12 – Mauritanie. Il faut annuler la condamnation à la peine capitale prononcée contre un blogueur

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Amnesty International – La Mauritanie doit annuler la condamnation à mort prononcée contre un blogueur déclaré coupable d’apostasie, et le libérer sans condition, a déclaré Amnesty International mardi 19 avril, avant son audience d’appel prévue pour le 21 avril dans la ville de Nouadhibou (sud-ouest du pays).

Mohamed Mkhaïtir, 33 ans, a été condamné à la peine de mort en décembre 2014, après avoir passé un an en détention provisoire, pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent l’islam pour introduire des discriminations à l’égard de certains groupes de la société. Mohamed Mkhaïtir est la première personne condamnée à mort pour apostasie depuis que la Mauritanie a accédé à l’indépendance en 1960.

« La condamnation de Mohamed Mkhaïtir à ce châtiment pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent la religion à des fins de discrimination est injuste. » Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International

« La peine capitale ne doit être utilisée sous aucune circonstance. La condamnation de Mohamed Mkhaïtir à ce châtiment, pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent la religion à des fins de discrimination, est injuste et montre jusqu’où les autorités mauritaniennes sont prêtes à aller pour essayer d’écraser la dissidence », a déclaré Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Les autorités mauritaniennes doivent annuler cette condamnation et libérer cet homme immédiatement et sans condition. »

Mohamed Mkhaïtir est un prisonnier d’opinion, uniquement emprisonné pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression. Amnesty International estime que le recours à des sanctions pénales dans le but d’imposer des convictions religieuses est une atteinte au droit international relatif aux droits humains, et en particulier à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, à laquelle la Mauritanie est partie.

L’organisation s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quelles que soient la nature ou les circonstances du crime commis. Ce châtiment viole le droit à la vie tel qu’il est proclamé par la Déclaration universelle des droits de l’homme et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.

Source : Amnesty International

MAURITANIE : OUVERTURE JEUDI DU PROCÈS EN APPEL D’UN BLOGUEUR CONDAMNÉ À MORT POUR APOSTASIE

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Un blogueur mauritanien condamné à mort en décembre 2014 pour apostasie sera jugé en appel à partir de jeudi à Nouadhibou, dans le nord-est de la République islamique de Mauritanie, où il est incarcéré depuis plus de deux ans, a indiqué lundi une source judiciaire à Nouakchott.

Cheikh Ould Mohamed Ould Mkheitir – également identifiée comme Mohamed Cheikh Ould Mohamed -, 31 ans, est détenu depuis le 2 janvier 2014 à Nouadhibou, pour un écrit considéré comme blasphématoire envers le prophète Mahomet.

Il y a également été jugé par la Cour criminelle, qui l’a reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014. Ses avocats avaient interjeté appel deux jours après l’annonce du verdict.

« M. Ould Mkheitir sera jugé en appel le 21 avril (jeudi) par la Cour d’appel de Nouadhibou », a affirmé à l’AFP la source judiciaire sous couvert d’anonymat, jointe à Nouadhibou.

Cette annonce intervient le jour de l’ouverture de la nouvelle année judiciaire, marquée par une cérémonie présidée à Nouakchott par le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz, qui a promis de tout mettre en oeuvre pour renforcer l’indépendance de la justice dans son pays.

« La justice constitue un pilier essentiel, sinon majeur de l’Etat de droit, car elle veille à l’application saine de la loi dans les affaires qui lui sont soumises » et conforte les citoyens « que leurs droits civiques, politiques, économiques et sociaux sont préservés ainsi que les libertés individuelles et collectives », a-t-il déclaré.

Durant le procès de M. Ould Mkheitir, le tribunal lui a reproché d' »avoir parlé avec légèreté du prophète Mahomet et enfreint aux ordres divins » dans un article publié brièvement sur des sites Internet mauritaniens en janvier 2014.

Avant et durant son procès, le blogueur – qui a été défendu par des avocats commis d’office – s’est repenti tout en niant l’accusatio, selon des sources judiciaires.

Devant la Cour, il a expliqué qu’il n’avait pas l’intention de critiquer le Prophète, mais de défendre une composante sociale « mal considérée et maltraitée », la caste des forgerons (« maalemines »), dont il est lui-même issu, traditionnellement au bas de l’échelle sociale.

Ex-colonie française devenue indépendante en 1960, la Mauritanie est une République islamique où la charia (loi islamique) est en vigueur mais dont les sentences extrêmes comme les peines de mort et de flagellation ne sont plus appliquées depuis environ trois décennies.

La peine de mort n’y est pas officiellement abolie mais la dernière exécution remonte à 1987, selon Amnesty International. Jusqu’à l’affaire dite « Ould Mkheitir », le pays n’avait pas connu de condamnation à mort pour apostasie.

Source : AFP via Africatime

Crédit : repris sur http://www.kassataya.com