● Mauritanie : une députée anti-esclavagiste en prison | Notice d’alerte

1. Le 12 mai 2024 en fin d’après-midi, Mariem Cheikh Samba Dieng, députée de la coalition d’opposition Rag-Sawab, est mise aux arrêts sous la contrainte d’agents de l’autorité publique et conduite dans un cachot de la direction régionale de la police à Nouakchott-Sud.

Mariem est une militante anti-esclavagiste de la première heure dont l’engagement remonte à la naissance de l’Initiative de résurgence abolitionniste en Mauritanie (ira). Son parcours de blogueuse puis d’élue témoigne d’une certaine familiarité avec les privations de liberté, la maltraitance corporelle et les procès en dissidence.

Déjà, le 24 janvier 2024, à l’intérieur du Parlement, elle avait été molestée, avant son expulsion de l’hémicycle par la sécurité du Président de l’Assemblée nationale, un général à la retraite qu’une loi d’amnistie soustrait aux griefs de torture et d’assassinat en relation avec une entreprise de purification ethnique, de 1986 à 1991.

2. L’arrestation de Mariem Cheikh fait suite à la plainte d’une dignitaire de l’Insaf, la formation au pouvoir, en l’occurrence madame Rabi Aidara. A l’instar de la plupart des notables affiliés à l’Etat profond et en prévision du scrutin présidentiel du 29 juin 2024, la susdite, supervisait une opération d’achat de conscience à l’endroit de compatriotes que leur vulnérabilité expose aux pièges du clientélisme alimentaire.

Ainsi, elle s’acharnait, depuis plusieurs jours, à enrôler des citoyens, dans un bureau de la Commission nationale électorale indépendante (Céni), à Arafat, l’une des communes en périphérie de la capitale. A cette fin, Madame Aidara, ex-maire, épouse d’un général à la retraite et parlementaire du parti de l’Etat, distribuait, ouvertement, des bons de nourriture délivrés par la Délégation générale à la solidarité nationale et à la lutte contre l’exclusion (Taazour, en Arabe). En contrepartie, elle récupérait les reçus d’inscription, préalable au retrait de la carte d’électeur.

3. Les voies de fait contre Mariem Cheikh n’ont épargné, non plus, son frère présent à l’altercation les ayant opposés aux militants zélés de l’Insaf et des membres de la Céni, d’ailleurs complices de la fraude que l’élue dénonçait, en direct, lors d’une diffusion sur sa page Facebook. Les deux se retrouvent en détention préventive, au même titre que deux femmes et un homme, du groupe des agresseurs. Rabi Aidara – il fallait s’y attendre dans la république islamique de l’impunité – continue à jouir d’une entière liberté d’agir auprès de la Céni.

4. Mariem Cheikh ne dispose du minimum de commodité, d’habits de rechange ni d’une nourriture convenable. Comme d’accoutumée tragique (Affaires Soufi Soumaré et Oumar Diop), la police en charge de l’enquête s’apprête à lui imputer, par des témoignages frauduleux et une attestation de médecine légale, la responsabilité de l’incident. L’immunité d’un édile du peuple est ici violée au motif d’un délit d’opinion lié à l’exercice de son devoir civique. De la pression exercée aux dépens de la prisonnière, résulte un risque crédible d’atteinte à son intégrité, d’où la présente alerte.

Nouakchott, le 17 mai 2024

Lien connexe : https://www.frontlinedefenders.org/fr/case/judicial-harassment-woman-human-rights-defender-mariem-cheikh

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774941

● L’empire de Wagadu ou l’antériorité du peuple Soninké

J’ai lu les TDRs du projet de film documentaire sur l’Empire du Ghana (Wagadu) dont le commanditaire est le Ministère de la Culture, de la jeunesse , des Sports et des Relations avec le Parlement.

Les protestations de la communauté Soninké sont plus que légitimes. En effet, lorsque vous parcourez le document, il y a quand-même quelques curiosités qui présagent d’une volonté d’orienter le documentaire, en mettant en exergue des éléments historiques généraux au détriment des aspects singuliers, authentiques et propres à une communauté historiquement, politiquement et géographiquement définie et connue.

Premier constat :

Le nom Wagadou n’apparaît nulle part dans les termes de références (TDR s) du film documentaire.
Or, l’empire de Wagadou est l’appellation consacrée et authentique des fondateurs.
En évitant et en escamotant ce terme chargé d’histoires et de signification en langue Soninké relève de la malhonnêteté intellectuelle ou d’une volonté de falsifier l’histoire.

Deuxième constat :

Dans les TDRs, le vocable Soninké est absent : Il n’est pas cité même une seule fois.
Voilà des indices qui peuvent expliquer l’inquiétude de la communauté Soninké notamment dans un pays où l’impérialisme culturel se meut en négation de la culture de l’autre.

Autre insuffisance des TDRs

On peut lire entre les lignes une volonté de donner à cette histoire, à ce patrimoine une dimension nationale. Ce qui n’est pas mal en soi du fait qu’ il participe d’une vision de construction de l’unité nationale et certainement de l’expression d’une forme de patriotisme.
Cependant les limites d’une telle démarche résultent du fait que l’Empire du Wagadou ( Ghana), bien qu’ayant pour capitale Koumbi Saleh ( en Mauritanie) est antérieur au découpage colonial des frontières.

Ainsi l’histoire de cet empire apostrophe et interpelle d’abord les Soninké du monde, aujourd’hui répartis dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest principalement (Mauritanie, Mali, Sénégal Gambie, Guinée et Côte d’Ivoire ), en plus de la diaspora.

S’y retrouvent dans cette histoire tous les peuples africains, du fait de la symbolique et de ce qu’aura été cet empire en termes d’organisation sociale, politique ainsi que sa stature aux plans du négoce et du brassage.

Un film documentaire sur cet empire doit être très sérieux et ne peut être circonscrit que dans les limites de la Mauritanie.
En effet, ce patrimoine est également celui des Soninké vivant dans les pays cités plus haut, en plus d’être celle de tous les africains voire de l’humanité.

Les personnes ressources devant être interviewées doivent impérativement appartenir à toutes ces entités.
Cette liste devrait englober des « dépositaires » de la tradition orale, des historiens, des anthropologues, des journalistes, des universitaires, des politiques etc. de tous abords au niveau du continent et au-delà.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César

Le destin a voulu que Kumbi Saleh, la capitale de ce grand empire Ouest africain (IV siècle au XIII siecle) soit en terre Mauritanienne et que les Soninké en soient les fondateurs.
La Mauritanie doit en être fière et s’y identifier, en l’intégrant et en la considérant comme un pan du patrimoine national aux côtés des autres patrimoines de notre pays, une nation-arc-en ciel, multiethnique et multiculturelle.

Un film documentaire sur le rayonnement culturel de cet empire est à saluer à condition que cette démarche exclut toutes velléités de « réécriture » ou de falsification de l’histoire d’un peuple dont la paternité de l’empire, son antériorité et sa Gloire Soninké sont écrites avec de l’encre indélébile.

Jusqu’à preuve du contraire, l’empire du Ghana est Soninké et le demeurera. Et pour être complet, l’histoire nous renseigne que les envahisseurs, les rapineurs et les pillards étaient des chameliers, venus d’un ailleurs lointain : les tombeurs de l’une des plus grandes civilisations africaines d’alors.

Et comme si cela ne suffisait pas, ce film documentaire dans sa conception entend « anéantir » les survivances et les résidus qui ont échappé au travail de sabotage, de pillage des envahisseurs.
Si pour ceux qui veulent « réécrire l’histoire » du Wagadou, Koumbi Saleh le nom de la capitale de l’empire est étymologiquement expliqué de manière fragmentée et sans cohérence, l’historien Soninké, Abdoulaye Waiga, lui affirme que que Koumbi vient de Koubeenu ( ceux qui ), ga saale (se sont déterminés ou distingués par leur courage et probité ).

Par un phénomène linguistique bien connu la contraction » Koubeenu ga sale » est devenu par l’usage Koumbi sale. Ainsi chaque unité lexicale peut être expliquée en Soninké d’hier et d’aujourd’hui : la capitale du Wagadu ( Koumbi Saleh) exprime une reconnaissance pour le courage et l’intégrité qui ont identifié et désigné cette aire géographique, posé en quelque sorte la première pierre de la ville du pouvoir politique Soninké.

Seyre SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/lempire-de-wagadu-ou-lanteriorite-du-peuple-soninke/?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR1MVxmEYAaq8Fo_lM-OQNxEz3zyFXFuFTR9lOPuhdtR8nmDzBtlU-jNgCY_aem_AXbkTb9FwjAdkQWNnreym3ImMvqZ98O-AKXuPjGo7vRHNF20ssjf_xArw3RdIV0UqwqCauYuonpUzIz_Gzd7hxIF

● L’esclavage par ascendance au Mali : Les affrontements à Nematoulaye font un mort.

Il s’appelle Oumar KONATE originaire de la localité soninké Nematoumaye (Zone de Nioro, kingui). Militant anti-esclavagiste soninké affilié à l’association RMFP Gambana-Mali, il a succombé à ses blessures dans la nuit du 10 au 11 mai 2024 à Bamako. Paix éternelle à son âme. Nos fraternelles condoléances à ses proches.

Il était parmi les blessés lors d’un violent affrontement dans la nuit du 5 au 6 mai dernier aux environs de cette localité au sujet d’une occupation d’un endroit pour paître du cheptel. Selon le témoignage reçu d’un activiste abolitionniste soninké basé à Bamako, les affreusements passés tirent leur origine d’un mépris social lié aux assignations féodalo-esclavagistes.

L’engagement militant anti-esclavagiste gambana a été reproché au défunt Oumar KONATE de la part d’éléments issus du camp réactionnaire. Ces derniers ne voulaient pas laisser monsieur KONATE construire son gîte pour surveiller ses animaux domestiques. Ainsi se serait déclenchée bagarre violente avec fusillade et armes blanches blessés , le défunt était atteint à la tête avec une hache et il finit par succomber à ses blessures. Il faut noter que des blessés sont à déplorer également parmi les assaillants réactionnaires, selon une source ayant suivi les événements depuis Bamako. La source laisse entendre que 7 suspects seraient aux arrêts à la suite des affrontements.

Encore une fois, les autorités maliennes si promptes à un regain revendicatif d’une digne souveraineté à recouvrer, tardent à contenir sérieusement les comportements criminels liés à l’esclavage coutumier qui sévissent dans certaines zones rurales notamment chez les milieux soninkés.

Depuis 2020, Oumar KONATE est la septième victime en milieux soninkés à perdre la vie à cause des violences perpétrées liées à l’esclavage par ascendance. Il faut le rappeler, Diandioumé (5 morts, Mountagha Diarriso,  Hamet Sissoko, Youssou Sissoko, Gossi Sissoko et Sokhna Diakhité) , Lany (1, Diogou Sidibé) et aujourd’hui Nematoumaye (Oumar KONATE). On peut ajouter les milliers de personnes déplacées ou chassées de leurs villages pour refus de ses sinistres coutumes esclavagistes.

Trop, c’est trop.

KS pour le BLOG

● Mauritanie : RSF dénonce des violences policières contre trois journalistes

Trois journalistes ont été pris à partie par la police alors qu’ils couvraient une manifestation organisée par des médecins à Nouakchott, la capitale mauritanienne. Parmi eux figure le correspondant de Reporters sans frontières (RSF), Saleck Zeid, aussi journaliste et directeur du site d’information Taqassy. L’organisation dénonce ces entraves et appelle le gouvernement à garantir la sécurité des journalistes.

Au moins trois journalistes ont été empêchés de couvrir un rassemblement organisé par des médecins de Nouakchott mardi 7 mai.

Le photographe de l’Agence de presse indépendante Alakhbar, Mohamed Ould Islam et le directeur du média d’investigation Taqassy et correspondant de RSF dans le pays Saleck Zeid, ont été violentés par les forces de l’ordre. Selon leurs propos recueillis par l’organisation, leurs téléphones et appareils photos ont été confisqués pendant plusieurs heures avant de leur être restitués.

« Les journalistes doivent pouvoir couvrir des rassemblements sans crainte d’être pris à partie par les forces de l’ordre. Leur mission d’informer doit être protégée, non entravée. RSF constate plusieurs épisodes de violences policières contre les journalistes et les photographes de presse ces derniers mois. Cette situation doit cesser et les autorités mauritaniennes doivent non seulement garantir aux journalistes leur droit de travailler sans craintes et faire de leur protection une priorité absolue. »
Khaled Drareni
Représentant de RSF en Afrique du Nord

« La police ne fait aucune distinction entre manifestants, journalistes et photographes. La mission de la police est de maintenir l’ordre et celle des journalistes est de couvrir l’actualité sur le terrain. Des directives urgentes doivent être émises par le gouvernement à l’adresse des forces de l’ordre pour mettre fin aux entraves contre les journalistes qui font leur travail. Ces attaques portent atteinte à la liberté de la presse.« 
Saleck Zeid
Journaliste et correspondant de RSF en Mauritanie

Alors que la Mauritanie a progressé dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2024 de RSF, en raison d’améliorations sur le plan légal et politique notamment, l’organisation enregistre ces derniers mois plusieurs cas de violences policières lors de manifestations et d’entraves.

En mars dernier, Mohamed Amine Abdouni et Mohamed Amine Othmane, journaliste et caméraman de l’agence de presse AlMoustakila, ont été frappés et empêchés de couvrir une manifestation étudiante par la police à Nouakchott. Deux mois auparavant, en janvier, la police mauritanienne a confisqué le téléphone du journaliste de l’agence de presse Al-Akhbar, Aldjid Mohamed Aïssa, alors qu’il filmait une manifestation d’étudiants à Nouakchott.

• Lien média https://rsf.org/fr/mauritanie-rsf-d%C3%A9nonce-des-violences-polici%C3%A8res-contre-trois-journalistes?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR0QVhiBZTXZeKp-u3Gk4m13DZHzStm74EET1utSvKSEz_KVoRf5tVx3I7s_aem_Ab21eNG50gt4B7ex0iY7GAmzmCkuLhdOt0rIVnhw8CMJZpQQ50HtNNFsimuH-xa6pu-_CxziP5yZcVCcxnUyabPT

● L’apologie de l’esclavage en Mauritanie ? | Par l’activiste droit-de-l’hommiste Ba Tijane

Une vidéo devenue virale montre un homme noir (hartani) faisant un massage à un maure (supposé être son maître).
Avec un ton déconcertant, l’on voit ce dernier faire l’apologie de l’esclavage et se glorifier d’en posséder aujourd’hui encore et en jouir à sa guise.
Cette scène qui a suscité beaucoup d’indignation (même si certains internautes prétendent qu’il s’agit simplement d’humour) illustre en réalité, un fait gravissime qui prévaut toujours en Mauritanie.
En effet, l’esclavage en Mauritanie est une réalité persistante. Bien que la pratique soit officiellement abolie, elle continue de persister de manière clandestine dans le pays.
Compte tenu de cette réalité inhumaine et indigne qui touche des milliers de personnes en Mauritanie, il est inacceptable même sur un ton humoristique, de banaliser ce fait. 
D’autant que les différentes lois promulguées ne sont quasiment jamais bien appliquées dans ce pays. Malgré la mobilisation des défenseurs des droits humains et l’arsenal juridique, peu d’esclavagistes sont en réalité inquiétés en Mauritanie. S’il ne sont pas inquiets, c’est justement à cause d’une idéologie mortifère reposant sur des croyances historiques, culturelles et religieuses qui justifient et perpétuent la pratique de l’esclavage. Ces croyances incluent des idées selon lesquelles certaines personnes sont destinées à être des esclaves en raison de leur origine ethnique, de leur statut social ou de leur ascendance.
C’est pour cette raison que cette personne mise en cause doit être arrêtée pour l’apologie de l’esclavage et être sévèrement punie comme le prévoit le code pénal mauritanien.

● Le liens de la vidéo virale :

https://www.tiktok.com/@alassane_n/video/7361425716581305633?_t=8luTJrWktw8&_r=1

● L’Éditorial OndeInfo | Les Lumières étaient tout sauf des Complexés.

J’entends parfois autour de moi, et souvent sur les réseaux sociaux, notamment lorsque je fustige certains aspects de nos traditions, certaines personnes, me traiter de complexé ou de ne pas être fier d’être Soninke.

Dans quelle mesure, critiquer l’esclavage par ascendance, basé sur le système de castes qui catégorise des individus dès leur naissance, en leur conférant des étiquettes qu’ils n’ont pas choisies; lesquelles déterminent et conditionnent positivement ou négativement tout leur vécu dans l’espace public communautaire et privé peut être considéré comme source d’un complexe ?

Une tradition qui insulte la citoyenneté et la république, et qui empêche la fraternité véritable entre les hommes d’une même communauté ne mériterait respect que pour ce qu’elle fut, et assurément dans un livre d’histoire ou dans un musée pour traduire, exprimer une certaine manière de penser, une certaine organisation sociale à une époque qui est derrière nous.

En revanche, cette tradition à laquelle d’aucuns restent fermement attachés devient problématique dès lors qu’elle n’entend plus mourir bien qu’elle soit devenue caduque, rétrograde et même source de discorde et de conflits.

Le complexé, c’est ce malheureux qui ne peut exister, et être homme véritablement sans « l’autre » qu’il exploite, dont la présence lui confère, une identité faite de vanité.

Refuser l’infériorité au nom du principe que tous les « hommes naissent libres et égaux en dignité et en droit » peut être source d’un complexe ?
Et cela ne veut point dire qu’on veuille devenir Blanc ou Occidental. La dignité est le propre du genre humain.
Le complexé c’est bien celui qui pense être supérieur aux autres, à « son frère » par ce qu’ il est soi-disant bien né, issu d’une « Khaima kbir ».

Le complexé, c’est également, ce pauvre homme ou femme chosifié par la tradition jusqu’à la déshumanisation, décérébré au point d’accepter qu’ il est né pour servir par ce qu’ il est différent des autres.

Comment être fier et se vanter d’une tradition déshumanisante et dégradante ?

Ceux qui défendent ad vitam æternam l’esclavage par ascendance en le diluant dans la tradition pour cacher ses grossièretés et absurdités chantent à longueur de journée :  « je suis fier d’être… « .

Mais curieusement, ceux-là se permettent de marier des femmes issues d’autres communautés parfois au mépris de la logique des castes. N’est-ce pas de l’hypocrisie.
Une telle fierté doit d’abord être orientée vers ses propres frères de la même communauté culturelle et linguistique.

Elle s’exprimera en termes d’amour, empathie et de respect et non d’une folie de grandeur qui consiste à traiter une partie de « soi-même » comme des êtres tarés de naissance.

La même stratégie est utilisée chez nous au nom de l’arabité. On vante la langue et la culture arabes et on nous les impose comme identité. Et paradoxalement, les mêmes personnes envoient leurs enfants au Lycée Français ou dans les meilleures écoles françaises du monde.

Le complexé, c’est bien toi qui veut enfermer les autres dans une tradition à laquelle tu tiens seulement par orgueil et dont la musique est jouée par un troubadour qui chante les exploits de ton grand-père, occultant avec malhonnêteté les frasques de celui-ci.

En effet, dans la Grande Histoire, il y a toujours la petite histoire. Cette dernière est souvent trop gênante, par pudeur le griot ou le conteur préfère ne pas donner cette version. Et les sages astreints à l’obligation de discrétion de la parole donnée ne vendaient jamais la mèche. C’est dire que tout n’est pas mauvais dans la tradition.Tout n’y est pas rose aussi.
Seul un esprit décomplexé et impartial peut saisir cette assertion.

Complexés !

Ceux dont les idéaux ont permis de libérer la Bastille en 1789 en mettant fin aux privilégies et à cette espèce « d’apartheid des castes » étaient aussi des complexés ?
En tout cas, ils ont réussi à décomplexer plus d’un. Et depuis la république est née, l’égalité et la justice ont été promulguées pour asseoir les fondements de l’Etat-nation.

Seyré SIDIBE

• Lien média https://ondeinfo.com/les-lumieres-etaient-tout-sauf-des-complexes/

● Appel à proposition / Par l’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants

L’instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants, lance le présent appel à proposition au profit des ONG de défense des victimes de la traite des personnes en Mauritanie.

Dans ce cadre, il est demandé aux ONG désireuses de bénéficier des subventions du fonds d’aide et d’assistance aux victimes de la traite des personnes de soumettre leurs projets dans un délai de 15 jours, à compter de la publication du présent appel.

1. Nature-des projets-soumis

Les projets soumis doivent concerner la prise en charge des victimes de

– L’esclavage ou les formes analogues à l’esclavage ;

– Le travail forcé ;

– L’exploitation sexuelle ;

– La mendicité forcée.

2. Conditions d’éligibilité

Les ONG candidates doivent remplir les conditions suivantes :

– Être légalement reconnue comme organisation non gouvernementale de droit mauritanien exerçant dans le domaine de la lutte contre l’esclavage ou l’une des autres formes de la traite des personnes telles que définies à l’article 2 de la loi no 2020/017 relative à la prévention et à la répression de la traite des personnes et la protection des victimes ;

– Avoir une expérience d’au moins de cinq (5) années dans le domaine de la lutte contre la traite des personnes ;

– Disposer d’un siège, de personnels et de rapports d’activités et de rapports financiers ;

– Assurer la prise en charge de victimes de la traite des personnes qui répondent aux critères d’éligibilité au ronds d’aide et d’assistance aux victimes de la traite des personnes.

Les dossiers de candidatures doivent être déposés auprès du secrétariat central de l’instance dont le siège est situé à l’adresse suivante : Ilot C, lot no 54 (Tel 36 65 26 28), au plus tard, le vendredi 26 avril 2024 à 17h00.

Nouakchott, le 26 mars 2024

Le Directeur de l’Instance Nationale de Lutte contre La Traite des personnes et le Trafic des Migrants

Cheikh Tourad ABDEL MALICK

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=774170

● Toulel, un embargo contre SOOBÉ KAFO | Par M. CAMARA Issa

La situation à Toulel est de toute évidence le reflet de tensions profondes entre différentes couches sociales, notamment entre la féodalité et les personnes issues de familles anciennement « serviles ». Les aspirations à une société plus juste et égalitaire rencontrent des résistances de la part de ceux qui souhaitent maintenir leur position de pouvoir. La lutte pour la dignité et la liberté est donc confrontée à des obstacles culturels et sociaux importants.

Les faits :
A la suite de la fermeture de la coopérative qui regroupait toutes les femmes du village de Toulel, SOOBÉ KAFO (une coopérative de femmes issues de familles anciennement “serviles’’) a entamé des démarches administratives afin d’obtenir un terrain pour poursuivre leurs activités maraîchères. D’autant que leurs “consœurs” du village issues de la féodalité ont pu aménager un vaste terrain octroyé par les siens. Il faut dire que la fermeture de la première coopérative villageoise est liée au conflit qui opposait les natifs (féodaux versus les descendants de Souleymane Feinda, considérés comme étant d’extraction servile) de Toulel résidant à l’étranger plus précisément en France. Ces derniers réclament plus de justice sociale et d’égalité entre tous les membres du village.
En effet, déterminée à perpétuer son héritage culturel et la reproduction sociale qui lui permet de se maintenir dans sa position hiérarchique, la féodalité de Toulel impose son hégémonie dans tous les domaines de  la vie du village, allant de la confiscation de la caisse du village dans la diaspora (en France particulièrement), l’accaparement de la caisse et la maison des ressortissants de Toulel à Nouakchott et à Dakar jusqu’à l’exclusion des femmes de certains militants anti-esclavagiste de l’ancienne coopérative du village.
Ainsi, les femmes de SOOBÉ KAFO en furent des victimes collatérales car le préfet du département de Maghama va décider de mettre fin à l’exploitation du terrain qui appartenait à toutes les femmes du village. La décision du préfet, bien qu’elle puisse être fondée sur des considérations administratives, semble favoriser davantage les intérêts de la féodalité de Toulel au détriment de l’égalité et de la justice pour toutes les femmes du village.
Mais, en dépit des obstacles rencontrés, les femmes de SOOBÉ KAFO ont continué à se battre pour leurs droits et ont finalement obtenu une première victoire. En effet, le Maire, qui jadis faisait la sourde oreille a fini par les entendre et formuler une demande le 7 septembre 2023 auprès de la préfecture de Maghama. Après l’examen du dossier de la coopérative SOOBÉ KAFO, le préfet a émis un avis favorable le 3 octobre 2023 pour l’exploitation d’un nouveau terrain. Leur persévérance démontre leur détermination à faire valoir leurs droits et à surmonter les injustices auxquelles elles sont confrontées.
Cependant cette première victoire fut rapidement écornée. Au démarrage des premiers travaux de la coopérative, un féodal-esclavagiste du nom de Coly SOUMARÉ bénéficiant du soutien inconditionnel de son clan, vint implanter des poteaux sur le terrain de la coopérative des femmes en prétextant que celui-ci est son domaine privé qu’il a hérité de ses aïeux.  Une belle manière de créer un litige afin que le terrain ne soit pas exploité par SOOBÉ KAFO. M. Soumaré ne possèderait aucune preuve matérielle attestant qu’il est le propriétaire du terrain en question si ce n’est qu’il est issu de la famille régnante.  Lui comme tous les membres de son clan peuvent disposer de tous les terrains du village à leur guise sans avoir des comptes à rendre à qui que ce soit.
Bien que les femmes SOBÉ KAFO aient introduit une nouvelle demande auprès du Maire qui a son tour l’a instruit à la préfecture (qui a enfin émis un avis favorable à l’exploitation du terrain), la féodalité de Toulel semble trouver une solution pour arrêter les travaux.  Les femmes de SOBÉ KAFO se sont rendues à la préfecture de Maghama afin que le préfet puisse régler cette histoire mais ce dernier évite de trancher et exhorte les femmes et les féodaux à régler le litige à l’amiable.
Il y a des tentatives de la part de ces femmes et hommes opprimés mais toujours est-il que la féodalité défie l’autorité administrative et étatique de sorte que le nouveau préfet a fini par céder à ses caprices en suspendant les travaux sous prétexte qu’un terrain en litige ne peut pas être exploité par un des protagonistes.
Il est inconcevable de voir que malgré les efforts des femmes de SOBÉ KAFO pour faire valoir leurs droits légitimes, la féodalité de Toulel continue de contester leur accès au terrain. L’attitude évasive du préfet dans la résolution du litige et sa décision de suspendre les travaux favorisent sans aucun doute les intérêts de la féodalité au détriment de la justice pour les femmes opprimées.

C’est un rappel que la lutte pour l’égalité et la dignité peut être longue et difficile, mais il est important de persévérer dans la quête de justice.

CAMARA Issa

● Objection : des faits historiques sur les années de braise et « le printemps » des lettres ouvertes en Mauritanie ( 1986- 1991)

Sans esprit polémique, je veux juste apporter quelques éclaircissements sur des faits historiques irréfutables sur les premières dénonciations des exactions du régime de terreur de Ould Taya.

Certains veulent apparemment réécrire l´histoire récente de notre résistance et nous faire croire que les dénonciations des crimes du régime militaire ont commencé avec la période des lettres ouvertes d´avril 1990 ou de la « démocratisation » bridée du colonel despote ould Bothaya. Que nenni !

A la vérité historique ces lettres ouvertes de quelques personnalités mauritaniennes au CMSN n’ont pas été les premières à dénoncer les exactions commises contre les Négro-mauritaniens pendant ces années de braise.

En tant qu’un des membres et principaux responsables du département de la presse et à l’information des FLAM à l´époque avec mon ami et camarade Ciré Ba qui dirigeait le département, je peux dire, des archives de presse à l’appui, que les FLAM, principale force d’opposition ouverte au Système pendant ces années de braise, furent les premières à dénoncer l’épuration ethnique au sein de l’armée, la terreur dans la vallée du fleuve et les violations des droits humains en Mauritanie.

C´est suite à notre déclaration reprise par la presse internationale que le ministre mauritanien de l’information de l’époque feu Mohamed Lemine Ould Ahmed (ancien militant du mouvement ablitionniste d’El Horr) fut obligé de reconnaitre les faits et d´annoncer la découverte d’un soit-disant « complot » fomenté par des militaires et des civils noirs dont des anciens prisonniers Flamistes et rescapés la prison mouroir de Oualata.

Nous avons été les premiers à saisir Amnesty International par son responsable de la zone Afrique de l’Ouest de l’époque notre frère Tiébilé Dramé devenu ministre des affaires étrangère du Mali avec le régime de ATT et Rakia OMAR de Human Rights watch.

C’est d’ailleurs l’annonce, à partir de Londres, par Amnesty International de la mort de plus de 200 militaires négro-africains et la confirmation de ces atrocités par différents témoignages qui ont provoqué un véritable choc dans l’opinion publique. Comme sonnés par la révélation de ces horreurs, différentes personnalités et organisations ont tenu à exprimer leur stupeur et leur indignation.

L´UTM, syndicat proche du pouvoir, parlait d’un véritable génocide et estime que « les traitements inhumains et dégradants infligés à la majorité des citoyens arrêtés constituent une menace pour tous et pour chacun et peuvent conduire le pays à la dérive ».

Le groupe des « 50 » et qui avait comme porte-parole sur RFI le cinéaste feu Med Hondo, réclamait la constitution d´une commission d’enquête sur ces massacres dans leur déclaration signée le 10 avril 1991. Sans oublier la lettre ouverte des 125 du 17 mai, la lettre ouverte des femmes des disparus. Jeune Afrique, la voix de Taya, sous la plume de François Soudan, qualifiera ces lettres ouvertes « d’excessives et diffamatoires » voire malsaines dans son numero du 19 au 25 juin 1991.

En France, même le P.S s’est vigoureusement élevé contre ces exactions. Cependant les citoyens mauritaniens se mobilisaient pour dire leur dégoût, comme en témoigne l’historique manifestation organisée à Paris le 13 avril 1991 par les FLAM, le FRUIDEM, Le CSMD entre autres.

Pour la petite histoire nous avons été derrière la courageuse déclaration de notre frère « déserteur » Cheikh Fall dans les colonnes de Libération et sur les ondes de RFI et cette sortie avait sauvé plus d’un prisonnier dans les geôles d’horreur de Ould Taya. Mon ami et frère Mahamadou Sy rescapé et l’auteur de « L’Enfer d´Inal » peut le confirmer aussi.

Ce sont nos camarades de la section FLAM-Europe qui ont accompagné Cheikh Fall dans les différentes rédactions de la presse hexagone pour alerter l’opinion internationale sur les crimes contre l’humanité qui s’opéraient dans les geôles du régime sanguinaire du colonel Ould Taya.

Les lecteurs de BILAL (devenu le Flambeau), notre organe d´information de l´époque, ont certainement toujours en mémoire son émouvante interview avec les détails de tous les massacres, les circonstances d´exécution de nombreux détenus, impliqués arbitrairement dans la prétendue tentative de coup d´état de décembre 1990.

Dans toutes nos déclarations et notamment dans celle du 8 mai 1989 consécutive à ce qu´on appelle pudiquement « les évènements », nous n´avons eu de cesse dénoncer le racisme d´Etat et de réclamer l´avènement d´une réelle démocratie en Mauritanie.

En 1986 déjà, nous avions dénoncé, dans « Le manifeste du négro-mauritankien opprimé », l´existence d´une discrimination raciale dont la poursuite et l´aggravation ne pouvaient qu´hypothéquer l´existence de notre pays. A l´époque cependant, il ne s´était pas trouvé suffisamment de bonnes volontés dans les mouvements politiques concurrents pour formuler avec autant d´exigence que nous, la revendication d´une réelle égalité entre tous les citoyens mauritaniens.

Le livre Blanc que nous avions publié en octobre 1989- sous le titre  » Radioscopie d’un Apartheïd méconnu  » et qui a été largement repris par la presse internationale revenait sur la terreur dans la vallée et les assassinats de nos camarades dans les geôles de Oualata. Nous étions seuls dans la dénonciation. C´est encore sous notre pression et de certaines ONG que Ould TAYA fut contraint de transférer nos camarades de la prison mouroir de Walata à celle d’Aïoun avant de les libérer.

Que les évènements, plus douloureux, les uns que les autres, qui se sont succédés dans notre pays depuis cette date, aient cruellement confirmés nos analyses, ne saurait être pour nous l’occasion d´une quelconque délectation. L´important est ailleurs : il est dans la reconnaissance par tous de la nature raciste de la politique conduite par l´ETAT mauritanien.

Pendant ces années de braise ( 1986- 1991) les FLAM qui étaient relativement au début seules sur ce terrain de la dénociation du régime raciste et militaire, avec l´arrestation et la détention de nos camarades à Oualata et l´exil forcé des autres, n´ont pas manqué d´apprécier à sa juste valeur le document des jeunes Maures mauritaniens appelés « Mouvement des démocrates indépendants » d´avril 1989, sous le titre « Plus jamais ça » qui dénoncait les tueries en Mauritanie et au Sénégal et rappelait le processus de répression ethnique en vigueur dans notre pays depuis 1986.

Pour la petite histoire le tract a été rédigé Rue des Écoles à Paris puis expédié, à Nouakchott, sous pli fermé, avec mention « dossier d´inscription Sorbonne ». A l´époque nous avions loué le courage de ces jeunes compatriotes maures, comme nos amis Jemal Ould El Yessa, Béchir El Hacen et Abdallah Ould Kebd qui, émergeant du troupeau ont eu l´audace de reconnaitre et les posant, les graves problèmes de cohabitation que connait toujours notre pays et nous avions exprimé notre disponibilité à travailler avec eux pour le triomphe de nos justes positions.

Cette preuve palpable de disponibilité à travailler avec ces compatriotes arabo-berbères ne nous a pourtant pas dispensé des critiques malveillantes des vieux chevaux chauvins du Système.

Notre lutte a été détérminante pour acculer le pouvoir à des concessions, force nous est de reconnaitre que celui-ci, cruellement isolé au plan diplomatique avec la défaite de leur mentor Sadolf Hussein de l’Irak, a subi de fortes pressions internationales qui l´ont amené à lâcher du lest.

Les observateurs n´avaient pas manqué de faire le rapprochement entre les visites á Nouakchott du ministre francais des affaires étrangères Mr Roland Dumas et de Mr Michel Vauzelle, président de la commission des affaires étrangères de l´assemblée nationale française et sur le discours du 15 avril 1991 du colonel Ould Taya dans lequel il annoncait une série de mesures visant entre autres, à l´instauration d´un multipartisme et l´adoption d´une constitution qui serait soumise au peuple par un référendum dont la date avait été fixée au 12 juillet 1991.

Rappelons que Mr Vauzelle a été saisi directement par des Flamistes lors d´une rencontre à Paris le 27 mars 1991 où il nous avouait avoir mis en garde la Mauritanie et lié l´aide de la France à certaines conditions. Il nous avait aussi exprimé son émotion devant les exactions et humiliations dont les Noirs de Mauritanie sont victimes.

Face à notre pression permanente et celle des ONG des droits humains (Amnesty International, Human Right Watch, FIDH, entre autres..), de personnalités, de partis politiques, de l’engagement à notre côté de certains grands décideurs politiques, le régime ethnogénocidaire, totalement discrédité, et parfois privé de financements d’institutions internationales, fut contraint et ne pouvait que céder. C´est alors que dans l´affolement, « le syndrome malien », aidant, il se mit à annoncer des mesures vite interprétées à l´époque comme un tournant démocratique en Mauritanie.

Heureusement que chaque jour qui se lève apporte son lot d´éclairage au drame mauritanien, permettant ainsi le recentrage des débats autour des vrais problèmes que les mentors du régime, leurs porte-faix et autres chauvins panarabistes ont essayé de brouiller tant bien que mal. La vérité par delà les passions, les errements et aveuglements qui peuvent la brouiller momentanément, finit toujours par s’imposer en se frayant son chemin.

Demain il fera jour et la lutte continue!

Kaaw Touré.

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● Visite de Diomaye en Mauritanie : Me Ciré Clédor Ly plaide pour la libération de l’ancien PR Mohamed Abdel Aziz

Dakaractu – Avocat de l’ancien chef de l’État mauritanien, Me Ciré Clédor Ly a sorti un communiqué pour alerter l’opinion sur la situation difficile que vit Mohamed Abdel Aziz.

Une tribune qui coïncide avec le premier déplacement à l’étranger du Président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye qu’il a réservé à la République islamique de Mauritanie. Certainement une manière pour Me Ciré Clédor Ly, membre du collectif des avocats du Président Abdel Aziz de faire un clin d’œil à l’actuel chef de l’État, Mohamed Ould Ghazouani

Selon l’avocat, « l’ancien Président de la République Islamique de la Mauritanie vit une situation très difficile qui constitue un précédent très dangereux pour tous les présidents Africains.

Il a été jugé et condamné pour des faits supposés avoir été commis dans l’exercice de ses fonctions présidentielles, par une juridiction qui n’avait aucune compétence pour connaître de ses actes à la place de la Haute Cour de Justice, et après que le Conseil Constitutionnel ait jugé que les autorités d’enquête, de poursuite et de jugement ne pouvaient remplir le critère d’impartialité, un corollaire du droit à un procès équitable, parce que la disposition légale qui intéressait ces autorités à hauteur de 10/100 du montant des saisies et confiscations des biens des personnes poursuivies, n’était pas conforme à la Constitution », informe la robe noire.

Me Ly révèle que  » l’ancien Président n’a donc pas bénéficié d’un procès équitable et ce précédent contre un ancien chef d’État est une fracture qui hantera tous les gouvernants actuels et à venir. »

« Le Président Mohamed Abdel Aziz est très malade et tous les mauritaniens le savent. Il est privé de liberté et du droit à la santé, corollaire du droit à la vie.

Il est privé du droit au soleil et des règles minima sur la détention en Afrique, ce qui est constitutif de mauvais traitements et, toutes les requêtes des Avocats tendant à faire respecter sa dignité humaine sont restées sans suite », renseigne le membre du collectif des avocats de l’ancien Président mauritanien Abdel Aziz dans un communiqué exploité par Dakaractu.

Enfin, dira-t-il, « la libération du Président Mohamed Abdel Aziz est devenue une exigence sociale. Avec sa détention, l’état de droit continue d’être malmené, et lorsque l’État de droit est malmené, c’est le crépuscule de la sécurité juridique pour tous « , a conclu Me Ly.

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