● Lettre interpellative à l’adresse du président de la république, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouni

A son excellence Mohamed Ould Ghazaouni, Président de la République islamique de Mauritanie en votre qualité de garant de l’indépendance de la justice.

Rendre la justice est une fonction cardinale et essentielle dans un Etat de droit et dans une démocratie libérale. Les magistrats ont entre leurs mains la vie, la liberté, l’honneur et les intérêts moraux, financiers et matériels de ceux qui vivent sur le territoire de la République. Le rôle de la justice est de préserver la tranquillité, la paix et la vie en société. A ce titre, elle protège les plus vulnérables, juge les litiges et sanctionne les comportements prohibés.

Cependant, la session de la Cour criminelle de Selibaby s’ouvrira le 22 avril 2024 pour juger les affaires criminelles y compris celle que j’appelle «affaire du siècle de Diogountouro» sous le n° 46/RP/2022 pour de faits de «coups et blessures volontaire ayant entraîné la mort» autrement dit meurtre dans le jargon pénal commis dans mon village natal (Diogountouro).

Monsieur le Président de la République, en votre qualité de « garant de l’indépendance de la justice » (article 89 de la Constitution), je voudrais attirer votre attention sur cette affaire judiciaire truffée des irrégularités procédurales, des violations graves de droits de la défense et des dispositions du code de procédure pénale et de la détention abusive.

Monsieur le Président de la République, j’en appelle à votre sagesse et à votre sens de responsabilités au sens des articles 23 et 24 de la constitution afin que vous agissiez le plus vite possible pour que la justice fasse son travail dans l’art du respect d’un procès équitable.
A défaut d’annulation des actes de procédure, des actes d’enquête et instruction du début de cette affaire jusqu’à le rapport de la commission d’expertise (qui a constaté la disparition du téléphone de la victime après avoir été mis sous scellés par le juge d’instruction de Selibaby). Ledit téléphone constitue bien évidement un élément capital pour la manifestation de la vérité judiciaire pour toutes les parties au procès. Il est extrement important dans un procès pénal que les droits de la défense soient respectés. Enfin, que la justice soit rendue au nom de la mémoire de la victime et au nom des présumés innocents détenus arbitrairement.

Ce faisant, tout mauritanien a droit à ce que sa cause soit entendue devant un tribunal impartial et indépendant. L’indépendance de la justice est un droit constitutionnel, reconnu aux citoyens, qui garantit l’égalité de tous devant la loi par l’accès à une magistrature impartiale. Elle est la condition première d’un procès équitable pour une société civilisée et moderne.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de ma haute considération.

Dr Boubou BA
Membre associé au centre de recherche (CHAD), Université Paris10-Nanterre
Juriste au Palais de justice de Pontoise-France

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● Écho du Rwanda à la Mauritanie | Par M. Bakary Tandia

Le 7 avril 2024, j’ai écouté le discours émouvant prononcé par Président Paul Kagame lors de la commémoration du 30e anniversaire du génocide au Rwanda. En écoutant, mes pensées ne pouvaient que se tourner que vers les nombreux Mauritaniens qui ont été injustement assassines ainsi que leurs veuves et orphelins qui souffrent actuellement de traumatismes similaires. Nous espérons que l’écho retentissant de ce message se répercutera á la Mauritanie et au-delà.

La présence du Président Mauritanien Mohamed Cheikh Ould Ghazouani à cette cérémonie hautement chargée d’émotions rappelle ostensiblement que « chickens come home to roost, » ce qui veut dire qu’on va toujours être rattrapé par nos erreurs.

Je ne peux m’empêcher de penser à ce qui pouvait se passer dans son esprit lorsque Président Kagame racontait et partageait ces histoires horribles qui mettaient en évidence l’ampleur de cette terreur.

Quelles leçons va-t-il tirées de ce moment propice à l’enseignement ? Voit-il un parallèle entre les deux tragédies ? Son silence doit-il être interprété comme une confirmation d’un déni de justice pour les victimes tout en protégeant les auteurs ?

Croit-il dans son cœur et dans son esprit que les crimes qui ont entrainé la mort de nombreux pères, fils et maris noirs mauritaniens et qui ont endeuillé leurs familles sont différents de ceux du Rwanda ?

Plus important encore, va-t-il appris quelque chose et si oui, comment compte-t-il appliquer ces leçons apprises afin que le pays puisse panser ses blessures ? J’espère sincèrement que cette commémoration du 7 avril incitera Président Ghazouani à répondre à l’appel persistant à la justice des victimes et de leurs familles en appliquant la justice transitionnelle conformément aux normes internationales et bonnes pratiques.

Comme cela a été clairement indiqué, ces crimes aussi odieux ne peuvent rester impunis. Sans aucun doute, ils résisteront à l’érosion du temps jusqu’à ce que la justice soit rendue. Le déni de justice n’est pas une option viable. En fait, la seule issue est de faire preuve de courage moral en s’attaquant véritablement à ce problème qui dure depuis trop longtemps.

La mort et la destruction laissent des cicatrices ouvertes qui ne peuvent être ignorées ou espérer qu’elles vont disparaitre d’elles- mêmes sans justice réparatrice. Comme au Rwanda, les blessures de la Mauritanie doivent être pansées. Nous devons repousser le «Start buttons» pour un nouveau départ.

En conclusion, nous adressons notre sincère expression de solidarité au peuple rwandais pour ce qu’il a enduré, et dénonçons la tragédie humaine en cours qui a coûté la vie à d’innombrables innocents Palestiniens dans leur patrie de Ghaza.

Le génocide, où qu’il soit commis, est une attaque contre notre humanité que nous ne pouvons en aucun cas tolérer. Des crises et des tragédies surviennent lorsque les dirigeants en charge manquent de sens moral. Il est de notre responsabilité collective de nous unir contre un tel mal afin que la paix et l’amour puissent s’épanouir.

Bakary Tandia, Human Rights Advocate
New York City, le 8, Avril 2024

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● Nous devons converger nos efforts pour venir en aide aux réfugiés mauritaniens au Sénégal, également appelés les «damnés de la terre».

Tout d’abord, à toutes les citoyennes et tous les citoyens du Sénégal, nous vous adressons nos vœux les plus chaleureux à l’occasion de votre fête d’indépendance, célébrée le 04 avril en commémoration de la proclamation de la souveraineté de la République sénégalaise. Que cette journée soit remplie de fierté, de célébration et de réflexion sur les réalisations passées et les aspirations futures de votre nation. Qu’elle soit un point de départ pour le nouveau gouvernement, dirigé par Son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, président du Sénégal, et son Premier Ministre, M. Ousmane Sonko, pour consolider l’unité de la grande nation sénégalaise, ainsi que pour la mise en place du Projet national auquel les sénégalaises et sénégalais ont adhéré.

Par ailleurs, nous souhaitons rappeler qu’en douze ans de pouvoir, l’ancien régime n’a accordé aucune audience à ces « damnés de la terre ». Des Mauritaniens de cœur vivant dans la souffrance depuis plusieurs années sont abandonnés à leur sort. Malgré quelques initiatives prises par de bonnes volontés ab hoc et ab hac , aucune n’a réussi à les aider à apaiser leurs souffrances. Certains pourraient considérer que c’est prématuré, mais nous sollicitons votre diligence, Excellence, pour aider à mettre en place des structures et des moyens permettant de répondre aux besoins primaires de ces personnes, au nom de l’humanisme.

Le Premier Ministre, M. Ousmane SONKO, a déjà tenté de prendre contact par le passé, mais il n’a trouvé personne pour prendre en compte les inquiétudes. Aujourd’hui, il est nécessaire d’affirmer que nous devons converger nos efforts pour venir en aide aux réfugiés mauritaniens au Sénégal.Ils sont confrontés à des défis considérables qui menacent leur sécurité, leur dignité et leur avenir. La communauté internationale est témoin de la crise humanitaire persistante que vivent ces réfugiés. Leur arrivée au Sénégal a été marquée par des conditions précaires, une insécurité alimentaire et un accès limité aux services essentiels tels que l’éducation et les soins de santé. Nous appelons votre Excellence et votre futur gouvernement à agir de toute urgence pour venir en aide à ces réfugiés mauritaniens.

Souleymane Sidibé,

Bordeaux, le 04 avril 2024.

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● Ramadan : engagement citoyen, rencontre avec Mountagha Adama Sall président de l’Association pour le défense de la voix des enfants en Mauritanie

L’invité du jour de la plate forme Citizen lab Mauritanie est Mountagha Adama Sall . A 35 ans il est président de l’Association ADVEM (Association pour le défense de la voix des enfants en Mauritanie).
Une organisation qui a comme objectif aussi d’améliorer les conditions de vie des enfants de famille démunis et favoriser, une association mobilisé aussi pour la participation citoyenne aux
efforts de construction des attentes de la communauté.

Citizen lab Mauritanie : Parlez- nous de l’Association pour la défense de la voix des enfants en Mauritanie

MAS : L’Association pour la Défense de la Voix des Enfants en Mauritanie-ADVEM est située à Nouakchott dans la commune de Riyad PK 11. C’est est une organisation à but non lucratif qui s’engage dans la lutte contre la précarité en Mauritanie .

Citizen lab Mauritanie : En tant que jeune quelles sont les actions que vous menez depuis votre création ?

MAS : Elle mène des actions concrètes pour répondre aux besoins essentiels des populations en termes d’accès à l’éducation, à la nourriture et à la santé.


Citizen lab Mauritanie : Quelle est l’importance de la participation citoyenne ?


MAS : Pour nous la participation citoyenne, c’est agir concrètement pour l’avancement des intérêts de
sa communauté en interaction et en collaboration avec tous les acteurs concernés au sein des
processus décisionnel.

Citizen lab Mauritanie : Quelles sont vos zones d’intervention ?


MAS : Nos zones d’intervention sont Riyad, Arafat, El Mina .


Citizen lab Mauritanie : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant que jeune et leader d’association?


MAS : Nous rencontrons comme difficultés, le manque de financement ;
la mobilisation des bénévoles ;un besoin en gestion administrative ; Renforcer La communication et la visibilité de l’Association.


Citizen lab Mauritanie : Comment améliorer les conditions de vie des enfants talibés?


MAS : Pour nous il faut une insertion éducation ou aux métiers adaptés à leur besoins pour leur offrir une seconde chance.


Citizen lab Mauritanie : une loi pour la protection des enfants maltraités en Mauritanie ?


MAS : Oui il y a une loi dans ce sens.


Citizen lab Mauritanie : Quelels sont les actions humanitaires que vous menez durant ce mois du ramadan ?

MAS : Nos actions humanitaires de ce mois béni consistent à offrir durant les ruptures de jeûnes des
repas gratuits dans des écoles coraniques mais faire aussi des distributions de denrées
alimentaires pour des familles vulnérables. Merci à citizenlab Mauritanie.


Propos recueillis par Dialika Sakho

● Lien média https://citizenlabmauritanie.netlify.app/ramadan-engagement-citoyen-rencontre-avec-mountagha-adama-sall-president-de-lassociation-pour-le-defense-de-la-voix-des-enfants-en-mauritanie/

● Mauritanie : 4 policiers condamnés à perpétuité pour le meurtre d’un activiste sous la torture

Sahel-Intelligence – Quatre policiers mauritaniens, dont un commissaire, ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour avoir causé la mort d’un militant des droits de l’homme sous la torture l’année dernière dans un poste de police de Nouakchott, selon des sources judiciaires.

Les condamnés ont été reconnus coupables de « crimes de torture ayant entraîné la mort » d’une personne, « utilisation de la torture sans justification légale » et « altération de preuves pour entraver la justice ». De plus, un cinquième policier a été condamné à deux ans de prison, avec six mois avec sursis, pour avoir tenté de couvrir les auteurs du crime.

Mardi dernier, le procureur mauritanien a requis la peine de mort contre le commissaire Moctar Salem Ould Sidoua et deux de ses subordonnés pour être directement responsables de l’homicide.

Le militant des droits de l’homme Souvi Ould Cheine est décédé sous la torture dans un poste de police du nord de Nouakchott à la mi-février 2023, après avoir été convoqué pour une plainte de non-paiement de dette.

Sa mort a suscité l’émoi dans l’opinion publique mauritanienne et a déclenché des troubles violents pendant plusieurs jours près du poste de police concerné, qui a finalement été fermé en raison de la pression exercée par les manifestants. Il s’agit de l’un des rares cas où un haut fonctionnaire en poste en Mauritanie est publiquement jugé pour des actes commis dans l’exercice de ses fonctions.


• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=773395

● Selibaby-Mauritanie : Brève chronique d’un feuilleton judiciaire abracadabrant à  deux vitesses…

Une affaire des coups et blessures…après une enquête préliminaire…le juge d’instruction ( JI) est saisi… Le JI est le magistrat du siège désigné dans le cas d’affaires pénales graves ou complexes pour instruire. Il est doté de larges pouvoirs lui permettant d’oeuvrer à la manifestation de la vérité…jusqu’ici rien d’étonnant…

Au cours de l’instruction la victime est décédée…le juge a requalifié les faits en  meutre et  a délivré une commission rogatoire à  la brigade de la gendarmerie chargée des infractions électroniques ( commission d’expertise à  Nouakchott) afin de procéder à une expertise sur le téléphone de la victime et ceux de présumés inoncents saisis et mis sous scellés par les enquêteurs lors de l’enquête préliminaire…jusqu’ici rien d’étonnant…

Dans son rapport d’expertise, la commission, a  precisé en application de l’article 106 de la loi du 15 juillet 2013 qu’elle n’a reçu que les téléphones des mis en cause, celui de la victime a disparu dans la nature ;  qui d’ailleurs constitue un élément essentiel pour la manifestation de la vérité…fait grave et gravissime…

Ainsi les experts concluent qu’ils n’ont trouvé aucun fait dans les téléphones des mis en cause de près ou de loin qui laisse supposer qu’ils ont participé à la commission de l’infraction…

Surprise,  à l’issue de conclusions du commission d’expertise téléphonique, le juge d’instruction à rendu deux ordonnances :

1- une ordonnance de non lieu  pour la personne à  qui on l’a accusé d’être le commanditaire ( en un mot, il est blanchi de tout fait lui concernant ),

2- une ordonnance de renvoi devant la cour pour les personnes accusées d’être les complices ( en un mot pour y être juger)…

Le procureur et la partie civile ont fait  appel de l’ordonnance de non lieu du JI à l’égard du présumé commanditaire devant la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Kiffa…la Cour d’appel a confirmé l’ ordonnance du juge d’instruction…Par la suite le procureur fait à  nouveau un pouvoir en cassation devant la cour suprême…ainsi la cour suprême a confirmé l’arrêt de la Cour d’appel de kiffa…

En consequence, je laisse a chacun d’entre vous de faire un syllogisme judiciaire et de faire une critique de la raison pure sur cette affaire  rocambolesque…

NB : Sous d’autres cieux, on déclare l’irrecevabilité de la procédure…c’est toute la procédure qui tombe dans l’eau pour cause, la disparition du téléphone de la victime…

Que la justice soit faite au nom de l’état de droit !!!

Par Dr BA Boubouhttps://www.facebook.com/share/p/t7VTvvWRfofmrWKh/

● L’émigration irrégulière : un saut dans la mort | Par le journaliste Seyré SIDIBE

Ces dernières semaines plusieurs familles subsahariennes, notamment  mauritaniennes, maliennes et sénégalaise, pour ne citer que ces nationalités des candidats à  l’émigration irrégulière, sont traumatisées, endeuillées par les mauvaises nouvelles qui circulent sur le sort de bateaux de migrants à  destination de l’Europe.

Les réseaux sociaux ont  largement diffusé des corps sans vie de subsahariens pêchés ou repêchés par des gardes côtés, ou encore des pêcheurs.

Des images terrifiantes et abominables qui interpellent la conscience humaine, nos gouvernants en premier lieu, nos sociétés entières dans tous leurs segments.

Des dizaines de  personnes sont encore portées  disparues. Leurs proches sont rongés, accablés et terrifiés par les informations qui circulent concernant le naufrage de bateaux sur l’Atlantique.

Pour certaines familles l’angoisse est totale, bientôt un mois ou plus, qu’elles  n’ont pas eu le moindre signe de vie de leur fils, d’un cousin, un frère, un oncle ou une tante  etc. qui s’est lancé dans cette aventure périlleuse.

Les plus chanceux sont ceux dont l’embarcation a été  interceptée par les gardes-côtes mauritanien ou marocain, généralement sur le point de s’échouer à  cause du mauvais temps, à  cause de la fatigue des capitaines qui se sont probablement égarés.

Ces infortunés, selon un rescapé, ont parfois passé plusieurs jours cherchant vainement  la terre ferme, sans vivres, sans moyens de communication mais surtout d’orientation.

Ils se lancent au gré des vagues sans possibilité de lancer un sos pour être entendu et secouru: ils cherchent désespérément un campement, une bourgade, peu importe.

Et lorsqu’ils rencontrent les gardes-côtes même de l’enfer, c’est la délivrance.
Et chacun réalise sa bêtise et qu’il est passé à côté du trépas, du suicide.
Si certains jurent par tous les saints de ne plus recommencer, d’autres sont hantés par le syndrome de l’Atlantique.
Ils sont prêts à  récidiver. Notre rescapé est de ceux-là. Nous l’appellerons Sidi, c’est un nom d’emprunt.
Il totalise cinq tentatives pour rejoindre le vieux continent, toutes se sont soldées par un échec cuisant, une prise de risque maximale, des économies dilapidées doublé de traumatisme.

Cette fois-ci,  Sidi le multi-récidiviste de l’Atlantique, nous confie qu’il a la poisse.
Loin de renoncer à  son projet de voyage, désormais, il est à la cherche d’un autre moyen moins risqué, selon ces mots pour aller en Europe.

Nous assistons à un suicide collectif et notre complicité est établie à  tous les échelons.
Il est clair, que cet exode mortel de la jeunesse africaine est un revers pour nos dirigeants. Un échec patent de leurs politiques de développement et de la gouvernance à tous égards.
Mais ce drame interpelle  aussi nos leaders d’opinions, de ce qui reste de la chefferie traditionnelle, les marabouts, les intellectuels, la société civile  et les médias.

Une mort stupide, insensée et absurde.Un suicide pour une cause indéfendable. Or, cette jeunesse pouvait mourir en martyr, si elle acceptait de se dresser devant nos dictateurs, devant les balles des forces anti émeutes, les coups de ceinturons  et en essuyant les gaz lacrymogènes pour réclamer : justice,  égalité, meilleures conditions économiques, sociales, sanitaires, et un partage équitable et juste des richesses .

Cette témérité à affronter les démons de l’océan, en défiant l’inconnu, l’invisible aurait servi à changer de gouvernance dans nos États. En effet, ce courage jusqu’à l’inconscience, l’insouciance, au renoncement à la vie peut déloger plus d’une dictature.
Au moins, ces jeunes seraient morts pour une cause juste, mort en héros, et ils auraient eu des  funérailles dignes, une sépulture.

Seyré SIDIBE

• Lien source média https://ondeinfo.com/lemigration-irreguliere-un-saut-dans-la-mort/

● Mauritanie : la défense de feu Souvi réclame l’audition de l’ex patron de la Sûreté Mesgharou

Senalioune – Le collectif de défense de feu et activiste des droits de l’homme, Soufi Ould Cheine a réclamé au tribunal pénal près de la Wilaya de Nouakchott Nord, de faire tout ce qui est nécessaire pour mettre au grand jour toute la lumière sur le présumé meurtre du défunt dans l’un des commissariats de police de la capitale mauritanienne.

Le Collectif a appelé, s’il le faut pour connaitre toute la vérité sur cet horrible crime qui a enfoncé l’image de la police, entendre l’ancien directeur général de la sureté nationale (DGSN), le Général de division à la retraite Mesgharou Ghoueizi.

Le tribunal doit également écouter le médecin qui a préparé le premier PV sur l’assassinat de Ould Cheine, a affirmé le coordonnateur dudit collectif de défense, Me Ahmed Ould Ely dans son intervention devant le tribunal.

Nous sommes surpris de l’extraction de l’un des inculpés, à savoir Hamza Mohamedou, accusé par le parquet général de «non-dénonciation du crime », a ajouté l’avocat.

L’uniforme de Hamza est toujours saisi par le tribunal, en raison de la présence de sang du défunt sur la tenue, a indiqué l’avocat.

Le tribunal pénal de Nouakchott Nord a entendu le lundi 11 mars courant, les arguments et demandes du parquet général, ainsi que ceux de la défense de l’accusé et les demandes de sa famille.

D’horribles révélations avaient été faites dernièrement au procès des auteurs accusés du meurtre de Soufi Ould Cheibani, impliquant huit policiers, rappelle-t-on.

La mort du militant des droits de l’Homme Souvi Ould Cheine, survenue exactement, il y a un an (11 février 2023), dans des circonstances inconnues sur fond de présumées violences policières infligées à l’activiste, avaient déclenché plusieurs manifestations à Dar-Naim, à Nouakchott.

La police anti-émeute avait dispersé les manifestants venus protester aux portes du Commissariat numéro 2 de Dar-Naim, où Souvi Ould Cheine avait été arrêté et où il avait rendu l’âme à la suite de tortures policières. Le procureur général avait qualifié le drame de crime consécutif à des actes de violence infligés par les flics au défunt.

• Lien source média https://cridem.org/C_Info.php?article=773166

🔴🇲🇷~🇪🇺 L’accord aux tenants illisibles entre la Mauritanie et l’Union européenne sur la problématique migratoire | Une Réplique dangereuse pour les migrants irréguliers mauritaniens en Europe !

La séquence 1 de l’année du démarchage UE s’est déroulée lors d’un déplacement remarqué du premier espagnol, le socialiste M. Pedro Sanchez et la présidente de la Commission européenne Mme Ursula Von der Leyen à Nouakchott début février. Une rencontre avait eu lieu avec les hauts officiels mauritaniens conduits par le président M. Mohamed Cheikh El-Ghazouani. Selon une communication diffusée via euronews, un montant 210 millions d’euros est annoncé pour la Mauritanie en vue de la lutte contre l’immigration illégale vers le territoire européen. Lire davantage https://fr.euronews.com/2024/02/09/lue-va-verser-210-millions-deuros-a-la-mauritanie-pour-la-lutte-contre-limmigration-illega . Ainsi, on a constaté une levée de boucliers contestataire par une certaine opinion publique avisée et alerte (mouvements politiques, porteurs d’opinions, blogueurs) principalement du milieu arabophone (ou hassanophone), contre ce qui semble être un mécanisme de sous-traitance du phénomène de l’immigration clandestine. L’UE est coutumière de la sorte pour se barricader, on peut noter comme cas d’exemple, ses accords avec la Turquie d’Erdogan au cours de la décennie. L’instance politique européenne arrose en fric et le pays accepte d’être une arrière-cour tenue comme une terre de chute des vagues migratoires. Dans cette affaire aux causes profondes très complexes, tout pays de transit ne peut supporter socialement, économiquement et sécuritairement ce que la Turquie se permet. Et surtout pas le nôtre disons-le clairement.

Acte 2, l’arrivée à Nouakchott (la capitale mauritanienne) d’une délégation européenne et la signature d’une déclaration commune avec des ministres mauritaniens dans la journée du 7 mars 2024, lire https://ami.mr/fr/archives/241653 . Côté mauritanien, la communication officielle laisse entendre que l’accord ne revêt rien de contraignant. Alors que la tonalité est tout autre du côté européen, il s’agirait bien un accord pour contrôler et contenir les vagues migratoires vers les îles espagnoles  par les côtes mauritaniennes. On peut implicitement comprendre que la Mauritanie comme pays de transit et de départ également (il faut le noter) par ces accords signés, serait un espace verrou partiel pour les frontières Sud de l’UE. Et si on portait une attention particulière sur un élément médiatique du site Al akhbar repris par la plateforme francophone d’information Cridem . Il y est titré « l’UE et la Mauritanie d’accord pour rapatrier les mauritaniens en situation irrégulière en Europe » , lire https://cridem.org/C_Info.php?article=773108 . Est-elle une clause dans le package contractuel signé entre les 2 parties ?
Ce qu’il faut savoir à propos, ce sont d’autres mauritaniens en quête d’existence de vie normale (économiquement, socialement et politiquement) qui pourront subir une réplique grave provoquée par ces accords aux contours flous selon l’angle d’appréciation de l’un ou de l’autre contractant. Un sans-papier mauritanien appréhendé par X motifs à Bruxelles, à Almeria (en Espagne) ou à la Gare du Nord (Paris) peut être facilement expulsable vers son pays. Une grave éventualité qu’il faut dénoncer, un citoyen contraint d’affronter certaines précarités loin de ses terres originelles pour subvenir aux besoins vitaux de ses proches ne mérite pas d’être  fragilisé davantage. Avant d’être sans-papier dans cette Europe aux feux clignotant xénophobie et extrême droite toute, ce citoyen mauritanien a quitté cette Mauritanie généralement via des canaux extrêmement dangereux, ici on n’oserait pas croire d’être exhaustif sur les causes profondes qui poussent cet exode qui vide nos terroirs de sa force vive (la jeunesse). Cependant, il faut bien noter et relever les carences béantes de la gouvernance publique en matière de développement multidimensionnel. Un système de gouvernance boutiquier où le népotisme est érigé en traitement à différentes strates. D’une aide sociale à l’accession d’un emploi, il faut être « relationné » par affinités parentales, clientèlisme électoral, griotisme social et d’autres mécanismes bien nébuleux…

La situation est comme telle dans certaines zones desquelles viennent des vagues candidates à quitter (Guidimagha Sud mauritanien) : la démographie croît, les services (l’école principalement…) faillent, la vie sociale imbibée plus que jamais dans un suivisme folklorique et un court-termisme affreux. Les pouvoirs publics doivent revoir profondément leurs pratiques de traitement à tous les niveaux. Savoir occuper la jeunesse par des politiques efficientes en matière d’éducation, de formation et d’employabilité. Le marchandage contractuel fait sur la situation administrative irrégulière de quelques nationaux dans l’UE est une faute morale et mollement stratégique. Et également très marginal pour régler nos problèmes de développement socio-économique.

🖋KS pour le BLOG

● Passif humanitaire : C.A.M.I.V.E dévoile ses listes

Le Calame – La coordination des associations mauritaniennes des victimes des événements 1986 – 1993 (CAMIVE) a convié ses membres mercredi 6 mars, dans l’après-midi, à son siège d’Elmina. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur l’avancement du règlement en cours du dossier dit « passif humanitaire ».

A cette occasion, le secrétaire général du collectif qui rassemble 9 associations vivant en Mauritanie, au Sénégal, dans la diaspora et au Mali, le sergent Sall Abdallahi Moussa a dévoilé le contenu d’un mémorandum que le collectif a réalisé pour les autorités.

Le mémorandum liste les victimes à 58 officiers, 260 sous-officiers, 970 hommes de troupes, 4600 familles restées au Sénégal et 6000 familles au Mali, 487 portés disparus, 470 porteurs de séquelles, sans compter les 4182 de toutes catégories confondues.

C’est le fruit d’un travail de collecte et de tri trois ans durant, des victimes, des ayants droit, des rescapés civils, policiers et gendarmes, a- t- il indiqué, devant un auditoire qui attend depuis plus de trente ans un règlement consensuel et définitif.

Tous sont répondent à la main tendue du président de la république, suite aux appels de Ouadane et Djéol. N’a Nous espérons que notre travail contribuera à faciliter et à accélérer le travail des autorités’’, a souhaité Sergent Sall.

Les hommes et les femmes aux visages marqués par l’épreuve du temps, de l’injustice et de la douleur, sont venus aux nouvelles, parce que des informations qui circulent laissent croire que le dossier pourrait trouver un dénouement d’ici quelques jours, les autorités souhaitent le boucler avant la présidentielle.

Des commissions thématiques travaillent d’arrache-pied afin de mettre la dernière main sur les listes des personnes concernées.

Selon le secrétaire général de CAMIVE, le mémorandum sera déposé auprès des autorités compétentes : la présidence et le commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile…

• Lien source média https://cridem.org/C_Info.php?article=773088