● Avatars de l’esclavage et du racisme en Mauritanie [IRA-Mauritanie]

مـــــــــبـــــــادرة انـــــبعـــــاث الحــــركـــــــة الإعـــــــــــــــــــــتاقـــــيـــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــــة
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENTABOLITIONNISTE (IRA)
RÉCÉPISSÉ N° FA 010000102912202100001

Avatars de l’esclavage et du racisme en Mauritanie

Chronique d’une liquidation préméditée

Ce qui suit est une mise au point, à l’attention des partenaires stratégiques de la Mauritanie.

1. Dès le mois de mai 2022, l’Etat a entamé une dynamique de harcèlement aux dépens du député de l’alternance, Biram Dah Abeid, candidat à l’élection du Président de la République en juin 2024. Aux campagnes mécaniques de diabolisation se substituent, assez vite, les menaces de mort et la volonté de l’exclure de la compétition. Le déclenchement de la stratégie de l’isolement revenait aux sécurocrates du renseignement et de la police politique. Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Ishagh Elkenti et une pléthore de sous-fifres à lui affiliés inaugurèrent une inquisition que ne désavouerait le tribunal du Saint office, au Moyen-âge de l’Europe du sud. Chacun y est allé -et revenu – de sa séquence vidéo, pour alerter l’opinion hassanophone, quant à la nuisance de Biram Dah Abeid. Aux yeux des zélateurs et émules nombreux parmi la caste des anciens maîtres, le récipiendaire des prix internationaux de promotion des droits humains, de la démocratie et de la non-violence exécute l’agenda des juifs et des chrétiens, ennemis présumés de la Mauritanie, de son arabité et de sa religion. Nos compatriotes qui gardent un minimum de lucidité mémorielle établiront, ici, la comparaison avec les délires du nationalisme précurseur de la tentative d’épuration ethnique, de 1986 à 1991. A chaque moment décisif de la répression des noirs subsahariens dans notre pays, il s’avère d’usage récurrent de convoquer, ensemble, au banc des méchants perpétuels, l’Occident, les juifs, l’impérialisme et la progéniture de Satan. Ces menus reproches, où la perfidie enfle à souhait, mobilisent la facilité et le sens du raccourci en guise de fil conducteur à la propagande.

2. Equivalent dilué des émissions de haine sur les ondes de Radio mille collines durant le génocide des Tutsis au Rwanda, les séquences vidéo et audio de dénigrement tendent, à créditer, auprès de l’opinion hassanophone, la certitude que la revendication d’égalité selon l’Initiative de résurgence abolitionniste (Ira), secoue les équilibres fondateurs de la domination, dont la suprématie des tribus arabo-berbères et la continuité de leurs privilèges, bien à rebours de la loi et de l’éthique républicaine.

3. D’ailleurs, comble d’arrogance et de confiance en son impunité, un parent et partisan zélé de l’éminence grise du pouvoir, n’hésitera, à préciser, devant témoins, les termes de la dissuasion. Ainsi, le 11 mai 2022, en marge d’une visite de Biram Dah Abeid à Akjoujt, il déclarait : « mon cousin et le président Ghazouani, ne fonctionnent pas comme l’ancien président Mohamed Abdel Aziz; lui t’arrête et te libère en fin de compte mais le ministre de l’intérieur et le président actuel, vont te tuer si continues ton activisme malsain et moi qui te parle je pèse mes mots et te mets en garde ».

4. Le lendemain, à Atar, lors d’un congrès de Refondation pour action globale (Rag), alors interdit mais toléré au titre de l’ouverture et de l’apaisement initiés par le Chef de l’Etat, une unité de la police anti-émeutes investit la salle et déchire les banderoles, face à un public stupéfait d’une telle outrecuidance. L’aile dirigeante du mouvement d’émancipation assiste à l’effondrement de ses chances de reconnaissance formelle. Aussitôt, son leader, Oumar Ould Yali décide de suspendre sa participation au projet de dialogue inclusif.

5. A la suite du retrait, les meneurs de l’Union des forces de progrès (Ufp), Mohamed Ould Maouloud et maître Lô Gourmo, critiquent Rag et l’accusent d’avoir entraîné l’échec de la concertation avec la Majorité. Dès lors, attaques et dénigrement envers Biram Dah Abeid deviendront le point de convergence entre la formation et ses nouveaux alliés au sein du Pacte républicain. Le bricolage d’entente résulte, en 2023, de la défaite de l’opposition traditionnelle, aux élections des députés, conseillers de mairie et de région. L’Ufp, réduite à un score inférieur à 2% des suffrages perdait de son aura. En guise d’assurance-vie, il lui fallait s’accrocher à la remorque déjà surchargée de l’Insaf, le rassemblement des acteurs de la conservation et de l’opportunisme, héritier du Parti républicain démocratique et social (Prds), pendant la dictature du Colonel Ould Taya.

6. Pire, depuis le début de février, date de la révolte des paysans victimes de l’esclavage foncier à Rkiz, l’Ufp ne cesse d’imputer, au courant abolitionniste, les préparatifs d’une guerre civile, voire d’un projet « nazi » d’extermination des arabo-berbères. Grâce à quel armement, s’interrogerait un esprit rationnel et de bonne foi !? A l’appui d’une assertion tant fantaisiste, les détracteurs de Biram Dah Abeid, évoquent le moment historique où il procéda, en 2012, à l’incinération des livres de droit musulman qui légalisent et organisent l’infériorité du serviteur noir, à proximité de son propriétaire noble. Le discours de la panique et du takfir s’adresse, comme d’habitude, aux officines gardiennes du statu quo, en l’occurrence l’orgueil des clans et l’obscurantisme salafi, deux obédiences hier hostiles l’une à l’autre, avant leur union sous la bannière de la résistance à la demande massive d’égalité et de répartition équitable des ressources.

7. Alors, dernier épisode du processus de marginalisation en cours, Mohamed Ould Mouloud, porta plainte, contre Biram Dah Abeid, au grief diffamation. Aussi, le 20/02/2024, sacrifiant à une célérité exceptionnelle, le Bureau du Parlement, vota la levée de l’immunité du député, ultime acte sur le chemin de son éviction de l’échéance présidentielle. Non content de prendre le risque de le priver de parrainages, le pouvoir du moment vient de privilégier l’instrumentalisation de la justice, afin d’obtenir le même résultat, par un procédé moins brutal.

8. Voici pourquoi et comment la lutte n’en est qu’à ses prémisses. Nous la mènerons, à son terme, sans jamais tomber dans le piège de la diversion ni renoncer aux moyens pacifiques de notre relèvement.



Nouakchott, Commission de la communication, 23 février 2024

● Communiqué de IRA-Belgique sur la levée de l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid


23 février 2024

L’Etat mauritanien retire l’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid

Le 20 février, à 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, le bureau de l’Assemblée nationale lève l’immunité du député Biram Dah Abeid, figure de proue de l’opposition.

En cause : la plainte déposée par le chef du parti de l’Union des Forces du Progrès (UFP), Mohamed Mouloud, contre Biram Dah Abeid pour diffamation et abus. Dans un clip vidéo, Biram Dah Abeid dénonçait le soutien financier dont avait bénéficié  ce candidat de la part de l’homme d’affaires Mohamed Bouamatou lors de l’élection présidentielle de 2019.

L’élection présidentielle de juin 2024 attise les tensions entre le pouvoir et l’opposition largement représentée par le député Biram Dah Abeid au sein du parti Sawab. Tous les moyens sont bons pour discréditer les forces démocratiques qui  de plus en plus sapent les fondements du pouvoir en place. La levée de l’immunité parlementaire d’un député dérangeant est la première étape. Quelle sera la suite ?

Fidèle à ses convictions de démocrate, Biram Dah Abeid avait signalé, il y a quelques jours, qu’il ne se portait pas candidat à l’élection présidentielle de juin mais qu’il attendait la décision collégiale des partis d’opposition pour désigner celui ou celle qui mènerait le combat. Preuve s’il le fallait encore que, contrairement à ce que ses détracteurs affirment, Biram Dah Abeid œuvre pour l’accession de son pays à une réelle démocratie et non pas pour satisfaire des souhaits individuels.

Mi-février, il se rendait à Rkiz, à 50 kms de Rosso, pour soutenir les Haratines spoliés de leurs terres par leurs maîtres avec la connivence des autorités. Depuis des générations ces populations d’esclaves affranchis travaillaient les terres de Maures blancs de la tribu Tajakant. Dans le cadre du projet d’aménagement de cette région et du lac Rkiz, la répartition des terres a démontré que l’Etat a pris le parti de la féodalité arabo-berbère.
Malgré leurs revendications et l’emprisonnement des protestataires, sur les 106 hectares à répartir, les Haratines n’en ont reçu que 26.

Sur tous les fronts, l’engagement de Biram Dah Abeid est celui d’un pacifiste, convaincu de ses droits, de ses positions. Ce qui lui vaut parfois le surnom de Mandela mauritanien.

Réagissant à sa levée d’immunité parlementaire, Biram Dah Abeid a déclaré :
« Je promets au peuple mauritanien que je vais défendre le libre jeu démocratique en train d’être attaqué par un système qui n’a pas confiance en lui. Maintenant la confrontation c’est entre nous et le pouvoir. C’est une bataille pour l’alternance en Mauritanie, pour l’effectivité de la démocratie ». Et d’indiquer que la lutte sera menée devant les tribunaux et jusque dans les fins fonds des prisons.

A 4 mois de l’élection présidentielle en Mauritanie, pouvoir et opposition commencent à fourbir leurs armes.


Contact : Jeddou Abdel Wahab, Président de l’IRA Belgique.
Tel : 0492 504 092 wjeddou@gmail.com

🔴🇲🇷Flash Info | L’immunité parlementaire du député Biram Dah Abeid annoncée levée !

Ce mardi 20 février 2024, les canaux médias sociaux en Mauritanie sont en ébullition sur un événement qui interroge l’opinion publique et les observateurs de l’arène politique. Il s’agit de l’annonce de la levée expresse de l’immunité parlementaire du député national M. Biram Dah Abeid (Sawab -Rag/IRA). Ces derniers jours, le président du parti UFP (Union des Forces de Progrès) et ses lieutenants communiquent autour d’une sortie médiatique du député abolitionniste qu’ils qualifient de diffamatoire et de calomnieuse sur la personne M. Mohamed Ould Maouloud. Ainsi une plainte est enclenchée contre le leader anti-esclavagiste mauritanien et d’après la substance d’un post Facebook https://www.facebook.com/share/p/fzoRf8qyge2B356G/  de M. Lo Gourmo (avocat de Maouloud et vice-président UFP), cette histoire vient lui de coûter son immunité parlementaire.

Dans une note vocale, le candidat indépendant par 2 fois aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé 2ème) , laisse entendre l’enclenchement de la procédure au bureau de l’assemblée nationale et que les vrais adversaires sont les tenants du système. Et que Ould Maouloud et Lo Gourmo jouent un rôle qui leur a été assigné par ce dernier. Déclarant défendre la démocratie, le président d’IRA-Mauritanie note qu’il est prêt à la confrontation devant les tribunaux et même dans les prisons. Par ailleurs il a salué la proposition d’intermédiaire du parti Ajd/Mr entre lui et le camp de Mohamed Ould Maouloud, tout en précisant qu’il n’y a plus rien à faire dans ce sens.

Cette affaire est une énième turbulence dans l’arène des « oppositions politiques » à quatre mois de la présidentielle (Juin 2024) et que le député abolitionniste est en pleines consultations pouvant mener à une éventuelle troisième candidature à la présidence.

Nous tenons à exprimer un soutien fraternel au président Biram Dah Abeid. Avec cette levée précipitée de son immunité parlementaire annoncée par différents canaux médias sociaux, cette plainte au nom du président Ould Maouloud prend une autre tournure et pourrait être édifiante sur sa nature et ses visées profondes dépassant même les intentions du plaignant. À suivre…

🖋KS pour le BLOG

● Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine publient une déclaration conjointe sur l’immigration

Taqadomy – Le gouvernement mauritanien et l’ambassade américaine ont publié une déclaration conjointe sur l’immigration clandestine des jeunes mauritaniens vers les États-Unis.

Cette déclaration est consécutive à l’organisation d’une conférence internationale sur les migrations à Nouakchott sous le thème « Comprendre la migration et construire un avenir prometteur en Mauritanie : défis et possibilités ».

Le texte affirme l’engagement des parties à relever les défis migratoires et à promouvoir la stabilité, d’autant que durant l’année dernière l’augmentation du nombre de Mauritaniens arrêtés à la frontière sud-ouest des États-Unis était notoire.

Le communiqué indique que l’ambassade des États-Unis à Nouakchott a pris certaines mesures, telles que la coordination avec les organisations de la société civile pour organiser des campagnes de sensibilisation sur les dangers liés à l’immigration clandestine, la publication d’articles répondant à des questions importantes liées à la problématique, l’organisation d’interviews avec la presse, en fournissant des fonds aux jeunes dans le domaine du leadership et des compétences professionnelles, et en offrant des bourses d’études aux ONG locales.

Les participants à la conférence sur l’immigration ont affirmé leur conscience du grand défi que le phénomène pose à la Mauritanie et de son impact sur la société et l’économie, notamment la fuite des cerveaux et la dispersion des familles, selon la déclaration.

Les participants ont alerté sur les multiples risques auxquels les migrants en situation irrégulière sont susceptibles d’être confrontés au cours de leur voyage, tels que la menace de traite des êtres humains, le vol, les violences physiques, les violences basées sur le genre et l’exposition aux gangs.

Le communiqué a évoqué les investissements américains en Mauritanie, soulignant l’engagement américain en faveur de la jeunesse et du développement économique à travers des programmes tels que Tamkeen et Nafouri de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).

Le communiqué souligne l’engagement de l’ambassade à soutenir les étudiants et jeunes professionnels mauritaniens, à travers divers programmes, notamment en offrant des opportunités de formation et d’études aux États-Unis.

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772493

🔴Mauritanie : Les évènements de Rkiz | La communication de l’association Ganbanaaxu Fedde et Armepes-France

Ces derniers temps, les images montrant des graves blessures sur des personnes d’ascendance dite esclave et des militants anti-esclavagistes abondent dans les réseaux sociaux et dans différents communiqués de l’association abolitionniste IRA-Mauritanie. En effet à Rkiz (Région de Trarza) une affaire d’expropriation des terres par la haute sphère tribale au détriment de gens considérés comme de relégués sociaux, qui défraie l’actualité est à son paroxysme. Selon différentes sources rapportées par des Ong abolitionnistes, un ordre tribal local en connivence avec des relais politico sécuritaires de l’Etat, sévit contre des membres de la communauté haratine qui tiennent à leurs parcelles de terres dans cette localité. Le député national M. Biram Dah Abeid et ses collègues du mouvement abolitionniste IRA-Mauritanie sont sur le terrain auprès des victimes qui font face à des graves violations des droits humains,  notamment avec une violente répression policière ces derniers jours. Par ailleurs il y a eu des menaces proférées par un ténor tribal via des notes vocales contre la personne du député Biram parce qu’il plaide la cause de victimes de ces expropriations.
Ainsi nous, l’association Ganbanaaxu Fedde, Armepes-France et partenaires, tenons à :
– exprimer notre solidarité avec les victimes  de Rkiz grièvement blessés et leur souhaiter prompt rétablissement,
– dénoncer les violences perpétrées par les forces de l’ordre à l’encontre de citoyens pacifiques qui réclament leurs droits légitimes et les menaces sur la personne de l’honorable député Biram Dah Abeid,
– interpeller les hautes autorités mauritaniennes sur les problématiques liées au foncier notamment la tenure féodalo-esclavagiste qui prévaut injustement dans différentes localités de notre pays,
– signaler que le cas de Rkiz est une donnée symptomatique d’une injustice qui affecte les descendants d’esclaves concernant le foncier et les pouvoirs publics voguent dans une certaine duplicité par rapport à l’application juste du code foncier réactualisé. Les descendants d’esclaves doivent être considérés comme des citoyens de plein droit et non encartés comme une propriété d’une tribu quelconque qui les sous-traite socialement, administrativement et politiquement et bafoue leurs droits légitimes.

10 février 2024

Ganbanaaxu Fedde Mauritanie, Armepes-France et partenaires.

Photos jointes : crédit par les militants abolitionnistes IRA-Mauritanie

● Communiqué de Mauritanian Network for Human Rights in US sur les événements de R’kiz

Senalioune – Au cours de la première semaine de février 2024, la localité de R’kiz, dans la région de Trarza, a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et les paysans descendants d’esclaves.

Ces troubles ont éclaté à la suite d’une redistribution contestée des terres cultivables, perçue comme injuste par les paysans, qui accusent les autorités de favoriser la féodalité locale au détriment de leurs droits légitimes.

Les affrontements ont entraîné plusieurs arrestations, y compris celles de militants des droits de l’homme venus soutenir les paysans dans leur lutte pour la justice foncière. Des événements similaires avaient été observés dans les localités de Ŋawle et Ferralla quelques années plus tôt.

De plus, des enregistrements audio attribués à un chef de tribu local ont révélé des menaces de mort publiques à l’encontre du député Biram Dah Abeid, un acte inacceptable constituant une atteinte grave à la liberté d’expression et à la sécurité des défenseurs des droits de l’homme.

Cette situation reflète une tendance alarmante d’accaparement des terres rurales en Mauritanie, où des individus influents liés au pouvoir exploitent leur position pour spolier les populations autochtones de leurs terres, souvent avec la complicité des représentants de l’État. Ces pratiques non seulement violent les droits fondamentaux des paysans, mais elles menacent également la stabilité et la paix civile dans le pays.

Mauritanian Network for Human Rights in US condamne fermement toutes ces violations des droits de l’homme et appelle les autorités compétentes à agir immédiatement en prenant les mesures suivantes :

Mettre fin à l’accaparement injuste des terres de la paysannerie à R’kiz et à travers tout le territoire national, en enquêtant sur les pratiques de spoliation et en punissant les responsables, y compris les représentants de l’État complices.

Engager des poursuites judiciaires contre l’individu ayant proféré des menaces de mort à l’encontre du député Biram Dah Abeid, afin de garantir la sécurité et l’intégrité physique de tous les représentants élus et défenseurs des droits de l’homme.

Libérer immédiatement tous les manifestants emprisonnés et veiller à ce qu’ils recouvrent l’intégralité de leurs droits, y compris le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Mauritanian Network for Human Rights demeure vigilant et engagé dans la défense des droits fondamentaux de tous les citoyens mauritaniens, et continuera à surveiller la situation de près, en collaboration avec les organisations nationales et internationales compétentes, jusqu’à ce que justice soit rendue et que ces violations cessent définitivement.

Mauritanian Network for Human Rights in US,

Le 09 Février 2024

• Lien média https://cridem.org/C_Info.php?article=772302

● Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition [IRA-Mauritanie]

Mauritanie : Esclavage foncier, spoliation et coercition
Note d’information, Nouakchott, février 2024




1. Du 31 janvier au 4 février 2024, refusant d’accepter le partage léonin de terres en friche, des cultivateurs de Rkiz, tous descendants d’esclaves de la tribu Tajakant, s’interposaient, sur le chantier de viabilisation des parcelles. Leur mouvement ne tarda à bloquer le travail des engins de terrassement. Comme à son habitude la gendarmerie arriva en renfort, après 11h du matin. Elle procéda à quelques charges de matraques et de grenades lacrymogènes. La liste des arrestations comprend 11 hommes et 7 femmes. Il s’agit de Cheikh Ahmedou Mabrouk, Elhadj Elid, Yarg Brahim Beyou, Alioune Maouloud, Cheibani Zeid, Abdel Moutaleb Boidiel, Mohamed Werzeg Baye, Abdou Mboirkat, Moustapha Beuh Awbeck, Cheikh Zeid, Abdallahi Yehdhih, Mouhamed Abdallahi Mabrouk, Ahmed Yehdhih, Souleymane Brahim Baye, Zeinabou Mabrouk, Sarra Bah, Maimouna Yacoub, Khadijetou Samba, Mah Werzeg, Khadijetou Sabar, Aichetou Awbeck…

2. Le 3 février, à la faveur de messages audio sur l’application WhatsApp, l’un des meneurs de la contre-révolution locale, dont le zèle est à l’origine de la colère des populations lésés, formule des menaces de mort à l’endroit du député Biram Dah Abeid. L’auteur de la tentative d’intimidation confirme son identité, non sans orgueil : (7) ال منكم يعرف هذا المخلوق يقول عنو فظيمه… – Hassane M’Bareck Eidja | Facebook

3. Le lundi 5 février, une manifestation de solidarité avec les détenus rassemble des dizaines de volontaires. La répression violente occasionne, aussitôt, les blessures graves de Djiby Lemine et de Lemrabott Mahmoud, encore retenus au centre de santé. La zone subit une situation d’exception, face à un impressionnant dispositif de véhicules anti-émeute et d’hommes en uniformes, lourdement armés.

Un contexte explosif

Le département est distant de 100 km de la ville de Rosso, chef-lieu de la région du Trarza, frontalier du Sénégal. La localité abrite surtout de populations serviles qui pratiquent l’agriculture et les activités pastorales, autour du lac Rkiz. L’espace de culture reste l’unique source de revenu de milliers de paysans Hratine. Depuis plusieurs années, ils attendent que l’Etat délimite les périmètres, pour les livrer aux vrais travailleurs des champs. Or, selon une jurisprudence bien établie dans le quotidien protéiforme des discriminations de naissance, la distribution des lots a été biaisée de bout en bout. Ici et ailleurs en république islamique de Mauritanie, la répartition du foncier rural profite, in fine, à la même ethnie. La loi de fait demeure immuable, en dépit des changements de régime.

Le soubassement

Par atavisme et sentiment de supériorité, ceux-là répugnent aux travaux pénibles des champs. Partout, au travers du territoire, les litiges se multiplient, à mesure que la hausse de la démographie et l’allongement de l’espérance de vie créent davantage de besoins vitaux, en particulier la demande exponentielle d’alimentation. En l’espèce et malgré leur nombre nettement supérieur, les Hratine reçoivent 13 hectares sur 128. Ils deviennent alors une fraction de la tribu, ainsi que les 9 autres, d’où l’inégalité retentissante du découpage. La surconsommation de ressources non-renouvelables de la nature et l’entrisme des entrepreneurs de l’agro-business – y compris étrangers – révèlent l’ampleur et l’acuité des conflits liés à l’exploitation du sol. Pourtant, de tout temps, IRA alerte le gouvernement et la société civile, quant au caractère fragile des relations entre les communautés autochtones et leurs anciens seigneurs. A l’origine régie par les règles de l’esclavage et du système de caste, la tenure traditionnelle constitue, aujourd’hui, une bombe à retardement. Elle ne correspond plus aux nécessités de l’Etat de droit ni à la délicate préservation de la paix, dans un environnement aussi trouble que le Sahel.

La provocation de trop

Or, en guise de provocation, le gouverneur de région et le procureur du tribunal de Rosso vinrent à Rkiz, à la tête de plusieurs unités de la Police et de la Garde. Le déploiement dissuasif des forces de maintien de l’ordre féodal et des délégués du pouvoir remplit une mission : la démonstration doit permettre, aux Maures, citoyens de première catégorie en Mauritanie, d’aménager, sous la protection de la contrainte publique, les terrains à eux indument dévolus. Cette politique de l’imprudence et de l’avantage sans cesse accordé à la sacralisation du fait accompli, dénote un dysfonctionnement dangereux de la gouvernance et quelque amateurisme au règlement des contradictions à l’intérieur de la société. Tant de légèreté et d’inconscience porte atteinte à la paix civile, d’où la présente alerte, à quelques mois de l’élection du Président de la République, temps généralement consacré à promouvoir l’apaisement et la retenue.

Nouakchott, le 5 février 2024

● La ruée clandestine vers l’Espagne par la mer : ce grand déplacement comme un film de l’exode biblique !


Samedi, 3 février 2024. Il suffit d’un détour clic sur le profil de l’humanitaire espagnole Helena Maleno Garzón, on se rend compte de l’ampleur extraordinaire du phénomène de ce qu’elle identifie BOZA (cri de soulagement au débarquement sur la rive européenne). Ce jour les 2 premières publications de la responsable de l’Ong Caminando Fronteras m’ont particulièrement interpellé. En effet elle y rapporte qu’il y a 13 enfants et 10 enfants parmi les personnes de ces 2 embarcations. Ces dernières ont comme point de départ la Mauritanie et point de débarquement à El Hierro (connu en français Île de Fer) faisant partie des îles Canaries (Espagne) dans l’océan Atlantique. Un îlot d’une superficie d’à peine 270 km², très loin de notre Guidimagha mauritanien qui s’étend sur 10 300 km².
Ce qui a tiqué dans cette affaire est d’ordre sémantique à mon sens entre les appellations « enfants ou mineurs » dans le narratif de la militante humanitaire. Elle écrit régulièrement « mineurs » mais là elle utilise « enfants » dans son comptage distinctif de personnes migrantes débarquées. Entre les 2 termes, on sent une certaine différenciation en substance d’affection et de fragilité. L’appellation « Enfants » en comprenant « mes ou nos enfants », porte une certaine personnalisation parlant d’emblée à notre conscience et notre affect . Au contraire du terme « mineurs » comme « mineurs isolés » pouvant être entendu avec une certaine distanciation. À savoir qu’est-ce qui a changé réellement ayant occasionné ce changement d’appellation par Madame Helena Maleno Garzón…?
Les nombres du jour 13 enfants et 10 enfants nous poussent à s’interroger si nous sommes conscients de la tournure en cours dans cette affaire de l’immigration clandestine qui a toujours vidé nos potentialités vers cette Europe qu’on idéalise comme un paradis terrestre. Et alors !? C’est où l’enfer terrestre justement duquel nous en faisons délivrer nos enfants…nos enfants ?

Cet enfer est lié à nos réalités et imaginaires d’organisation de vie collective (solidarités-pièges génératrices de l’oisiveté et de la pauvreté pérenne) qu’on n’arrive pas à mettre à jour face à un monde impitoyablement globalisant à outrance. L’investissement autour la marmite (très caricaturale) tout en négligeant collectivement l’affaire des cerveaux (l’école, études, formations…). Généralement les molles réussites matérielles s’arrêtent à une génération. La suivante reprend les choses à terre pour essayer un cheminement laborieux à son tour… et ainsi de suite…

Et il y a une certaine culture d’acceptation du fatalisme source d’un affaissement social individuel et collectif.

Cet enfer bouillonne de grosses défaillances multisectorielles de nos pouvoirs publics sous une gouvernance imbibée dans du népotisme et de la corruption. La frange du peuple qui a droit à un certain bien-être est restreinte à ceux qui détiennent le pouvoir étatique et leurs obligés sociaux et politiques. En résumé, L’INJUSTICE tient la clé au détriment des principes généreux et visionnaires de la RÉPUBLIQUE pour l’ensemble des citoyens.

Cet enfer est aussi la mesquine attractivité provoquée par du paraître folklorique que nous d’ici installés, distillons pompeusement à travers nos cérémonials. Et pourtant l’envers du décor, comme je l’avais relevé dans une contribution datant de 2016, est que nous sommes indigents ici matériellement, socialement et intellectuellement. Nous vivons comme si une FIN prisée est atteinte alors ça doit être consciencieusement une ÉTAPE RÉFLÉCHIE pour aiguilloner (écoles, études formations…) la génération suivante…pour le RETOUR un jour.

Il y a du travail pour nous, sur nous et en nous. D’ici là, le grand déplacement est en roue libre ces derniers temps, et le dramatique bilan en vies humaines de l’année 2023 présenté récemment par l’Ong Caminando Fronteras https://ecrit-ose.blog/2024/01/11/%e2%97%8f-limmigration-clandestine-le-rapport-2023-en-chiffres-funestes-par-long-caminando-fronteras-de-helena-l-garzon/ passe quasiment inaperçu.

➡️ 2 chiffres clés concernant l’année 2023 sur ces routes :

👉🏿6618 victimes

👉🏿84 embarcations disparues avec toutes les personnes à bord.

● référence éléments médias : page Facebook Helena Maleno Garzón et Wikipedia



🖊KS pour le BLOG

● À l’exposition « Oser La Liberté » au Panthéon – Paris.

Élément média Exposition

Dans ce haut lieu faisant office d’un mausolée républicain, s’y tient ces derniers mois (11 Oct. 23 – 11 Fév. 24) une riche exposition qui consacre et rend hommage aux grandes figures anti-esclavagistes et abolitionnistes. On y retrouve d’innombrables documents et supports audiovisuels qui retracent les réalités historiques de l’esclavage et la traite transatlantique et les vaillantes mobilisations abolitionnistes.

Ci-dessous notre photo reportage réalisé lors de notre visite ce jour 27 janvier 2024 :

« Le droit d’esclavage est nul, non seulement parce qu’il est illégitime, mais parce qu’il est absurde et ne signifie rien. » Jean-Jacques Rousseau, Philosophe, 1712-1778

Quelques citations phares :

« Ce que nous voulons, c’est l’adoption absolue du principe que tout homme né rouge, noir ou blanc ne peut être la propriété de son semblable. » Toussaint Louverture, Gouverneur de Saint Domingue, 1743 – 1803.

Lettre à Napoléon Bonaparte, juin 1800

« Disons-nous et disons à nos enfants que tant qu’il restera un esclave sur la surface de la Terre, l’asservissement de cet homme est une injure permanente faite à la race humaine tout entière. » Victor Schœlcher, Législateur de la seconde abolition de l’esclavage (1848), 1804 – 1893

Conférence sur l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, mars 1878

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Du Contrat social, 1762

🖊Réalisé pour le BLOG

● Urgent : Violence indicible s’abat sur IRA [IRA-Mauritanie]


Le 27 janvier 2024, l’ONG IRA organisé un rassemblement de protestation devant l’hémicycle pour protester contre l’agression physique orchestrée par le président du parlement et son bureau contre la députée Mariem Cheikh Samba DIENG.
Le général Mohamed Meguet a envoyé des pelletons de police qui ont violemment écrasé les manifestants.
On compte plusieurs blessés: le coordinateur d’IRA à Nouakchott, Elhaj El ID, le président du bureau regional de Nouakchott-Sud Bounass Hmeida, le president de la section Teyaret Mohamed Samba, le président de la section IRA-Riyad Mohamed Alioune. Un autre groupe de manifestants ont été appréhendés et mis en arrestation dans différents commissariats de police de Nouakchott.
Le droit à manifester est devenu un crime impardonnable en Mauritanie comme d’ailleurs l’intégralité physique du citoyen pacifique est devenue une utopie dans la “démocratie” mauritanienne.

La commission de la communication