✓COMMUNIQUE DE LA COORDINATION DES ORGANISATIONS AFRICAINES DE LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE MODERNE

🔴 MALI : ARRESTATIONS DES ABOLITIONNISTES DE L’ESCLAVAGE ET DEFENDEURS DES DROITS DE
L’HOMME

Notre coordination ,née de la volonté des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage moderne de mener ensemble sur l’étendue du continent africain et dans le monde des actions de sensibilisation , d’information sur les conséquences de ces crimes sur le rapport entre les êtres humains et judiciaires pour faire condamner , sur la base des instruments juridiques internationaux, les auteurs de ces crimes contre l’humanité et leurs complices.
C’est à ce titre que notre coordination a été interpellée et saisie du cas des arrestations et placement en détention provisoire des militants de l’association Gambana Mali, abolitionnistes de
l’esclavage et défendeurs des droits de l’homme en vertu de la décision de Monsieur le Procureur de la République Près du Tribunal de grande instance de la commune 4 du district de Bamako pour incitation à la violence et injures dans le milieu Soninké.

L’incarcération des militants abolitionnistes membres de l’association Gambana est excessive , disproportionnée voire abusive en ce sens que cette association membre de notre coordination milite contre la traite et les nouvelles formes d’esclavage qui sont des injustices structurelles en ce qu’elles imposent une forme de relations d’oppression qui dénient la dignité humaine. Par le présent communiqué, nos organisations Panafricaines abolitionnistes rappellent respectueusement aux autorités maliennes qui leur incombe l’obligation de protéger les militants abolitionnistes, d’interdire l’esclavage et les pratiques analogues à l’esclavage.
Malheureusement et tristement , l’actualité immédiate nous interpelle et nous rappelle que la traite et l’esclavage colonial ne sont pas des crimes qui appartiennent a un passe révolu en Afrique.
Au regard des agissements des pratiques encore présentes et imputables à certaines entreprises,
des groupes de personnes qui volontairement font en permanence et toute impunité de l’apologie
de l’esclavage , l’arrestation et l’emprisonnement des militants engagés contre ces crimes contre l’humanité est assimilé à un encouragement à ceux qui entretiennent et encouragent les structures sociales inégalitaires et discriminatoires . Il convient de mettre fin à la répression judiciaire dont sont victimes Monsieur Cheick Oumar Yara et ses amis. 
Si les organisations Panafricaines abolitionnistes membres de la Coordination des Organisations
Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage ne sont pas coupables de la traite et l’esclavage colonial, elles ont une obligation morale d’agir pour mettre fin à la persistance et la tolérance des nouvelles formes d’asservissements en Afrique .

L’exigence, l’obligation de solidarité et d’humanité nous astreint à apporter secours et assistance aux victimes de ces crimes contre l’humanité qui sont vulnérables donc impuissantes à faire face à la puissance des lobbyings des esclavagistes et leurs soutiens faute de quoi ces faits qui ont marqué notre passé continueront encore à influer notre présent et auront sans des conséquences pour les générations futures d’africains.

Paris ,17 Avril 2021

Pour la Coordination, Me Saïd LARIFOU, Président de l’ONG Waraba Afrique

ORGANISATIONS MEMBRES DE LA COORDINATION :

– WARABA AFRIQUE (Maitre Said LARIFOU )

– Kane d’Afrique (Doro Traore)

– Mouvement pour la sauvegarde des Droits de l’homme (Boubacar NDJIM)

– Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et
se séquelles- France (Gaye Traore)

– Association des Haratine de Mauritanie en Europe (Diko Hanoune)

– Rassemblement Malien pour la fraternité et le Progrès (Salif Ladji Camara)

– ASSEP – Sénégal (Issa Mamado Sidibe)

– Ganbana International (Malal Camara)

– C.S.P/ A.C.D.E (Mahamadi Kanoute)

– Initiative pour la résurgence du Mouvement abolitionniste ( IRA ) Brahim Ali

– G5 Sahel (Ali Bouzou)

Nouakchott de nuit | « Impératifs sécuritaires et discrimination géographique » Par le journaliste Diallo Saidou



En quittant chez mes parents à la cité concorde vers la route de Nouadhibou j’ai rencontré stupéfait plusieurs patrouilles de police intimant les jeunes sportifs qui font du footing de ne pas courir en direction de la commune de Tevragh Zeina.
La patrouille composée de 2 pickup de police obligeait ceux qui avait pris la direction des avenues éclairées ( avenue d’El Qods vers la Case et l’ambassade des USA) de la capitale en trottinant de rebrousser chemin vers leurs communes Sebkha.
La recrudescence d’agression à l’arme blanche depuis le début du ramadan, dans différents quartiers, perpétrées par de petites bandes de jeunes garçons ne peut justifier une telle attitude de la police. L’impératif sécuritaire ne peut justifier une telle pratique.
Cette forme « d’assignation communale » des masses populaires qui ne peuvent jouir de leur liberté de circulation est d’autant plus frustrant qu’elle illustre à dessein les disparités sociales.

Ainsi la ligne de démarcation entre ceux d’en haut et ceux qui habitent de « l’autre côté du goudron » devient une réalité que matérialise ce genre de pratiques.

Je suis conscient que notre sécurité a un prix et que nos autorités ont une obligation de résultat sur ce point, mais cela ne peut se faire de façon stigmatisante.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur https://www.facebook.com/100001207753513/posts/4229740743742809/

Mali | COMMUNIQUE 025-MSDH/2021 RELATIF A L’ARRESTATION DE Mr CHEICK OUMAR YARA (ACTIVISTE ET MILITANT ANTI-ESCLAVAGE)


Le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme a appris avec amertume la mise sous mandat de dépôt de Mr Cheick Oumar Yara le jeudi 15 Avril 2021 par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune 4 du district de Bamako.

Selon les informations recueillies auprès des autorités judiciaires, Mr YARA est poursuivi pour incitation à la violence et injures via les réseaux sociaux dans le milieu soninké.

Mr Yara et autres activistes ont été toujours dans le giron des personnes qui défendent cette pratique qui date d’une autre époque.

On se rappelle de son apparition dès les premières heures au coté des orphelins des quatre (04) militants anti-esclavages à diandioumé dans le cercle de Nioro.

Le MSDH n’est pas surpris de cette cabale contre les défenseurs des droits humains et cette arrestation confirme que la minorité ne bénéficie pas de la liberté d’expression dans un Etat de droit comme le Mali où le coupable devient le plaignant.

A cet effet le MSDH demande :

✓La libération immédiate et sans condition de Mr Cheick Oumar Yara.

✓Aux politiques maliens notamment certains apologistes déclarés et connus de tous de penser à leur dignité et à celle des autres.

✓A l’Etat Malien de s’assumer en votant une loi criminalisant ce phénomène de peur qu’il ne prenne une tournure désagréable ;

✓D’interpeler les vrais responsables dans les attaques de diandioumé, de Lany de Kaneyra et récemment à Samba Dramane pour ne citer qu’eux.

✓Aux organismes internationaux de défense des droits de l’homme que le Mali est en Etat d’alerte en termes de violation des droits humains.

Le M.S.D.H informe l’opinion nationale que nul n’est au-dessus de la loi et suivra particulièrement la suite de cette affaire.
.
Le M.S.D.H tient à rappeler que respecter les droits de l’homme ne relève plus du choix politique mais d’une obligation morale et juridique. Ce sont des engagements à vocation universelle, des principes de droits garantis par des déclarations solennelles ou des traités juridiquement contraignants.

Fait à Bamako le 17 Avril 2021.
N’Djim Boubacar
Président du MSDH

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Communiqué de presse de SOS Esclaves | Sur l’arrestation de ses militants à Atar

En marge de l’organisation d’un atelier de formation autour de l’assistance psychosociale des victimes au siège de SOS Esclaves à Atar, les autorités sécuritaires de la ville ont procédé à l’arrestation d’Aziza Mint Brahim (coordinatrice régionale de l’organisation), de Mohamed Ould Brahim (responsable régional de la communication) et de la victime Tarbe.
Nous, à SOS Esclaves tout en enregistrant et condamnant cet acte grave dont on ne connaît pas encore les raisons et qui vise à restreindre les libertés individuelles et collectives et à intimider nos activistes et nos militants, exprimons:
– Notre forte condamnation pour cet agissement arbitraire
– Notre demande aux autorités la libération immédiate des activistes et le respect des libertés individuelles et collectives garanties par la constitution et le droit international

Nouakchott, le 16/04/2021

Le Bureau Exécutif de SOS Esclaves

©️ Crédit source : http://www.lecalame.info/?q=node%2F11908

Le conflit est certes un phénomène social « inévitable », mais il est en dehors de la « normalité » | Par l’Anthropologue Yaya SY

Le conflit est certes un phénomène social « inévitable », mais il est en dehors de la « normalité » (déjà difficile à appréhender). Le conflit est en tous les cas une situation de « crise ». On ne peut pas dire que la fièvre est une « situation normale » pour le corps d’un être vivant. Les meilleurs spécialistes de la sociologie du travail surtout (où conflit et négociation sont au centre de la réflexion sociologique) présentent le conflit comme inhérent à tout système social et à tous les systèmes du vivant. La crise selon les spécialistes de la philosophie est une étape nécessaire à la résolution des contradictions de la matière pour passer à un état qualitatif autre (parfois qualifiée de supérieure…) ; en tout cas à une nouvelle réorganisation de ses structures qualitativement différente de la précédente. Certes, nous devons accompagner la résolution d’un conflit social (crise) mais sans aucune ambiguïté, ça doit être dans le sens de nos convictions intimes (ici dans l’intérêt de la majorité des hommes et femmes considérés comme étant au bas de l’échelle sociale…) Dès lors, dans les pays soninkés, nous devons comme dans la conclusion de ce texte dénoncer les vestiges du système féodalo-esclavagiste mais sans faire croire aux gens que rien ne doit changer après la crise. Il faut que tous ceux qui ne comprennent pas bien les enjeux actuels sachent que si l’Afrique n’apprend pas à mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, nous serons toujours dans le peloton de queue de l’humanité. Les menteurs, les corrompus, ceux qui s’assoient sur nos institutions modernes, les féodaux, les racistes sont en grande partie à l’origine de cette crise profonde des sociétés africaines. Ils sont les alliés subjectifs et objectifs indispensables aux forces extérieures qui viennent nous piller et détruire notre environnement et nous avec… si on reste les bras croisés. Cependant, nous devons toujours rester sur une note positive : nous devons toujours élargir nos rangs mais par la pensée critique sans compromission avec les ennemis de l’Afrique.

Yaya SY

✓Note du Blog : Cette contribution a été écrite en commentaire à la réaction de Dr Bakary Tandia sur les évènements violents de Kaédi au sein de la Zawiya Mpaly Kaba , le 5 avril 2021. Le lien média https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/04/13/affaire-de-kaedi-le-conflit-est-un-phenomene-social-normal-par-bakary-tandia/

Affaire de Kaédi | « Le Conflit Est un Phénomène Social Normal » , Par Bakary Tandia


En ce premier jour du mois de ramadan ses pensées se tournent vers l’ incident qui a eu lieu à la Zaawiya Mpaly Kaba à Kaédi, le 5 Avril 2021, un incident que nous regrettons profondément. Nous espérons que le mois béni de ramadan va apaiser les cœurs, et ouvrir le chemin qui mène à la paix. Aux blessés, souhaitons un rétablissement rapide et total. Quant à ceux qui sont en détention, il est important que leurs droits soient protégés. Quelque soit la position que nous occupons par rapport à l’épicentre de l’incident nous en sommes tous affectés, soit directement ou indirectement.

Dans ce contexte, il est à rappeler que, le conflit est un phénomène social normal parce que inhérent à la vie sociale. Il est impératif de l’approcher avec sérénité pour le résoudre d’une manière constructive pour ne pas causer de dommages irréparables au tissu social qui est notre abri commun. Nous espérons qu’en dépit du caractère complexe et sensible de cet incident, avec des bonnes volontés de part et d’autre, une solution satisfaisante sera trouvée.

Tout comme le reste de la Mauritanie, la société Soninké a un handicape non négligeable, i.e., la mentalité féodale avec ses corollaires. Ces imperfections méritent d’être dénoncées et corrigées au nom de la justice sociale d’une part, et pour la libération du potentiel de tous ses membres afin de leur permettre de se réaliser pleinement. Ceci est également valable pour toutes les communautés.

Enfin, tout le monde doit–équitablement jouir des valeurs démocratiques que nous chérissons sans aucune forme de distinction.

Demander un traitement égal est un droit reconnu par la constitution et consacré par la déclaration universelle des droits de l’homme dont l’article 1 qui stipule que « tous les hommes naissent égaux en liberté et en dignité, » etc. En d’autres termes, les valeurs démocratiques sont indivisibles, elles sont à la fois théoriques et pratiques, c’est à dire que nous ne pouvons pas seulement les chanter, sans les mettre en pratique.

Bon ramadan a tous.

Bakary Tandia, Human Rights Advocates,
New York, April 13, 2021.

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=3978819362157067&id=100000871283017

Nous mettons l’intérêt du peuple au premier rang, dixit Député Biram Dah Abeid



Le député et président du parti RAG, M. Biram Dah Abeid a animé aujourd’hui (mardi 13 avril 2021), une conférence de presse dans les locaux de son siège à Riyadh.


Au cours de cette conférence de presse, il a exhorté les populations à continuer l’application des mesures préventives contre le coronavirus qui sévit encore. Et sur ce point, il a demandé aux équipes médicales mobilisées par le ministère de la santé à vacciner les franges de la population les plus fragiles afin de les prémunir.

Biram a aussi rappelé aux autorités de lutter scrupuleusement contre la prévarication qui est héritée des pouvoirs précédents. De ce fait, il a attiré l’attention des mauritaniens sur l’exemple du président sortant qui est poursuivi par la justice.

« Nous devons tous accompagner le pouvoir en place à éradiquer tous les fléaux et crises (injustice, exclusion, clientélisme, esclavage, …) que le président Aziz a semé dans nos rangs », a-t-il dit. Toutes les libertés dit-il doivent être respectées par les autorités.

A cette occasion, il a exprimé son soutien à El Kory Brahim Sneiba qui a été limogé de son poste de conseiller chargé de la communication du ministre de l’Education nationale après avoir participé à une conférence de presse de l’ONG SOS Exclaves dont il est membre.



Il a appelé les autorités à renforcer les qualités de tous les services et secteurs de l’Etat devant le citoyen surtout en ce qui concerne les pièces d’état-civil, l’emploi des jeunes, l’octroi des terrains à titre d’habitation, les soins, la justice.

Selon Biram, grâce aux démarches qu’il a entreprises et les rencontres avec le président et les différents responsables, plus d’une trentaine de jeunes militants du mouvement IRA et du parti RAG ont été recrutés, nommés et promus dans certains départements. Ces derniers gardent toujours leur position de militant et de sympathisant tout en respectant le règlement du travail.

Devant l’assistance, le député Biram entouré des membres de son parti, a insisté sur l’emploi des jeunes surtout ceux issus des couches vulnérables. « J’ai soumis au président et à plusieurs responsables des dossiers sur les questions de l’emploi, des soins médicaux, d’acquisition de parcelles, de règlement de litiges fonciers parce que je dois voyager à l’étranger », a-t-il signifié.

Au passage, il a noté le cas des habitants de Daffor qui sont victimes d’expropriation des terres qu’ils exploitaient depuis 1905 et celui d’un paysan à N’Diago qui s’est vu son périmètre agricole de plusieurs hectares confisqué par un homme influent.



Nos audiences et concertations avec le président Mohamed Cheikh El Ghazouani nous ont donné l’espoir qu’il est capable de réaliser d’importants projets pour les citoyens. Et nos conseils et points de vue sont pris en considération, raconte le leader du parti RAG.

Et il a souligné qu’il est de l’opposition participative qui œuvre dans l’intérêt des citoyens et le dénouement des problèmes. « J’ai toujours mis l’intérêt des populations en premier lieu parce que je suis un élu du peuple », conclut Biram.

✍️R.Fall

Source : Agence Tawary

« Quelques réflexions : Que m’inspirent les événements regrettables de Kaédi », Par Béchir Fall

J’ai lu des commentaires sur ces faits et leurs conséquences. J’avoue avoir été déçu par les positions de certains intellectuels de la communauté mise en cause que j’ai scrutées avec beaucoup d’attention. Pratiquement, la plupart des amis sur la Toile que j’ai lus se cramponnent chacun à une aile des protagonistes. Et surtout l’aile dite féodale. Je ne suis pas du tout à l’aise de citer les féodaux et leurs inévitables et prétendus esclaves. Un langage encore vivace dans cette communauté. Où les débats que j’ai vus ne semblent pas prendre de distance avec ces idées rétrogrades. Et mon sentiment culmine à une exaspérante gêne à l’idée que la féodalité a de beaux jours dans cette communauté où l’on semble vénérer les chefs auxquels nos amis intellos s’adressent avec beaucoup de déférence. Aucune communauté, y compris surtout celle de mes parents bidhans, ne se comporte selon moi de cette façon.

Je n’ai pas non plus remarqué que les références à l’esclavage soient condamnées et combattues avec toute la véhémence que la persistance de ce fléau requiert sans ambiguïté.

À mon avis et sans vouloir prétendre donner des leçons je considère que l’élite de ce pays, toutes communautés confondues, doit se démarquer des considérations régressives d’un autre âge et s’en désolidariser très clairement au lieu de contribuer à leur infame persistance.

©️ Crédit source : https://news-rim.com/2021/04/11/quelques-reflexions-que-minspirent-les-evenements-regrettables-de-kaedi/

DECLARATION | Coalition Vivre Ensemble sur les évènements de Kaédi et Ouadane


La Coalition Vivre Ensemble a appris avec tristesse les affrontements entre deux groupes de la Zaawiya Mpaly Kaba de Kaédi, le 05 Avril 2021.

La CVE est d’autant plus préoccupée que ces affrontements ont occasionné de sérieux préjudices dont des blessés graves.

Ces évènements malheureux qui ont mis aux prises des personnes de la même communauté, de la même obédience religieuse, reposent la problématique du vivre ensemble chez nous et fait obligation à tout un chacun de jeter un regard critique sur les facteurs de discorde qui sont de nature à accentuer le ressentiment entre mauritaniens.

S’il est vrai que la position des protagonistes diverge sur l’origine du conflit, le danger que fait courir la crispation des positions interpelle sur la nécessité, l’impératif de prendre en compte, de façon sérieuse et objective, les problèmes relationnels entre éléments de même segment communautaire ; lesquels problèmes plongent leurs racines dans un passé où l’égalité, l’équité et l’égale dignité entre les composantes n’étaient (et ne sont toujours) ni réelles, ni prises en compte par la société qui, elle-même, reposait sur des fondements inégalitaires.

Cet héritage (commun à toutes les communautés mauritaniennes), qu’on l’appelle esclavage, séquelles de l’esclavage ou discriminations liées à la caste ou à la classe, qui engendre des frustrations – et on l’a vu des affrontements sanglants – nécessite qu’il fasse l’objet d’un large débat national pour refonder la société et la République sur des bases pérennes ; pour que les problèmes récurrents liés à cette problématique sociale ne viennent plus handicaper la marche du pays.

Autant les évènements de Kaédi, par leur gravité, interpellent, autant celui de Ouadane où une femme haratine (supposée esclave), aurait été donnée ou citée comme dot pour un mariage, ne peut être passé sous silence. Là aussi, les versions restant contradictoires sur le bienfondé ou non de l’affaire dénoncée.

Quoiqu’il en soit, devant des situations de nature à saper l’unité nationale et la cohésion sociale, la Coalition Vivre Ensemble :

– Rappelle l’impérieuse nécessité de mener une enquête indépendante et de portée nationale sur le phénomène de l’esclavage et ses pratiques associées dans notre pays;

– Invite les autorités nationales à faire la lumière, de manière impartiale, sur ces deux évènements ;

– Condamne la violence d’où qu’elle vienne ;

– Demande un large débat national autour de la problématique de l’esclavage, et de ses séquelles de l’esclavage, ainsi que toutes les discriminations liées à la caste ou à la classe sociale.

Nouakchott, le 09 Avril 2021

La Commission Exécutive

Contenu proposé par la CVE

@babacarbayendiaye
Nouakchott – 11/04/2021

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4650377574980730&id=100000256018105

« Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké » Par Souleymane Sidibé

« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque

Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.

A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ».
Certains insultent Baliou Mamayary Coulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ».
De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.

Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !

Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de George Floyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ».
Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme Souleymane Bachir Diagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».

Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4217327234953597&id=100000290871124