Une rencontre des militantes abolitionnistes #Ganbanaaxu Soninkés à Bamako – Mali (Mai 2021)
Un esprit averti me disait en ces termes quelque chose qui rejoint les propos de l’ancien président burkinabé feu Thomas Sankara : « les dominants coutumiers dans nos communautés gardent un inconscient collectif qui les freine d’être sincèrement abolitionnistes et anti-esclavagistes. Certains esprits lucides et ouverts aux thèses réformistes parmi eux comptent sur la détermination des descendants d’esclaves à se réinventer une nouvelle existence sociale basée sur des valeurs humanistes et citoyennes sans supplier et attendre une éventuelle onction de l’ancien système communautaire intrinsèquement inégalitaire et discriminatoire… »
✓ Ainsi dans le sillage de ce que Sankara disait : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… »
Plongeant dans la lecture ce moment ci, revisitant mes fiches d’archives et ma petite bibliothèque bien fournie, je l’avoue; je tombe en plus du Verbatim tome I de Jacques Attali, sur le livre du colonel sidi Ould Bilal, La Mauritanie, la racine, c’est ainsi que l’idée du questionnement mentionnée en titre m’est parvenue.
Dans ce livre, la richesse du contenu, l’élégance de la démarche et l’honnêteté intellectuelle pour bien restituer l’histoire ont été de mise et seduisirent plus qu’un, bref, un vrai chef d’oeuvre. Le parcourant de fond en comble pour la deuxième fois, je découvre que chaque chapitre est un apprentissage et que chaque paragraphe est une culture.
Après la rédaction du dit livre au temps d’Aziz, dans le quel beaucoup d’anachronismes soulevés et d’injustices dévoilées notamment les foudres de la marginalisation, de l’exclusion et de l’humiliation dont fait objet la communauté Haratine dont est issu le vaillant officier. Depuis lors il est mis sous le rétroviseur de la grande muette et ne cessait d’en subir les conséquences parfois les plus désagréables. Ce qui ne devait pas être vu la carrure de l’homme.
Cette ressource valable mérite plus que cette dérive qui le moins que l’on puisse dire discriminatoire, qu’elle fait objet depuis la décennie passée ; étant ainsi, le gâchis ne peut être qu’énorme aussi bien pour le corps auquel il appartient ( La garde nationale) mais aussi pour toute la république.
Qu’a-t-il de différent de ceux qui viennent d’être élevés au grade de général? Rien, que lui tombe sous le poids hideux de la discrimination fondée sur l’origine et la naissance, de telle attitude est source de frustration grandissante au sein d’un corps sensé être organisé, discipliné et socle d’unité nationale, ce que malheureusement beaucoup de voix s’accordent en voyant tout à fait le contraire. Notre tissu social grandement affecté mérite de nous beaucoup de sacrifices et plus de justice.
Sous d’autres cieux notre vaillant officier patriote constituerait une fierté nationale et occuperait un poste de commandement qui lui est sied, mais c’est triste que dans notre pays les pesanteurs sociétales subjectives font de lui un officier d’origine haratine avec toutes les charges péjoratives que celle-ci comporte, loin des critères objectifs qui sont : la probité morale et intellectuelle, le service sous le drapeu et le dévouement patriotique, les connaissances cognitives, le référentiel des diplômes etc etc…Que c ‘est dommage!
Quant est ce que saurions nous que ce qui fait le charme de la vie, n’est rien d’autre que le bon vivre ensemble dans la diversité? Et que ce qui nous apporte ce confort au gaité des coeurs est la participation de tous les individus, toutes les races, toutes les communautés, bref toute notre diversité culturelle enrrechissante.
Aujourd’hui, avec ce climat d’apaisement, l’espoir est permis que notre valeureux officier qui par son livre , La Mauritanie, la racine l’elan de solidarité toutes les communautés confondues est sa appelle, recouvre tous ses droits et que cette injustice qui le frappe soit levée, ceci ne peut que contribuer d’avantage à renforcer cette quiétude et paix sociale déjà amorcées.
Et comme disait l’un des compagnons du Prophète (PSL), on peut bâtir un État sur la mécréance mais guère sur l’injustice. كذا لك يقول للنبي محمد صلى الله عليه وسلم اتقو دعوة المظلوم فإن ليس بينها وبين الله حجاب. صدق رسول الله.
Quand on est fier d’être culturellement un criminel (esclavagiste), il y a de quoi à inquiéter la terre entière. L’esclavage est un crime contre l’humanité comment peut on être fier du crime d’une société inconsciente au point d’en faire une culture carrément ? Où avez vous vue où su dans le monde une société consciente fière de son génocide, de son crime au point d’en faire une fierté culturelle ? La culture, c’est avant tout une bonne éducation de la science du savoir, des connaissances non comme semble croire certains africains qui la placent au niveau des festivités seulement (musique, danse, moquerie, rabaissement d’humains sur des préjugés etc…)
La culture a comme dénominateur premier: du va savoir, ramènes nous de ce que tu sauras là bas que du bien pour apprendre la société à le faire, non va savoir et revient, insère toi et tait toi comme nos lettrés le font actuellement. Dommage pour l’Afrique toute entière !
Certains refusent qu’on dénonce l’esclavage traditionnel dans les sociétés africaines sous prétexte c’est leur culture, celui qui s’attaque à cette culture criminelle est une menace pour l’Afrique et les sociétés négro-mauritaniennes en particulier. Ils sont fiers, se bombent le torse sur une culture criminelle au point que des associations culturelles poussent comme des champignons partout pour défendre un crime déguisé en culture.
Le malheur est que ces associations culturelles reçoivent des subventions et dons des états et autres organismes internationaux pendant que les vrais ONG qui luttent contre ce crime abject sont mises dans un embargo total. Allez comprendre pourquoi l’Afrique n’avance pas ? L’ennemi public des états se sont les défenseurs des droits de l’homme non l’injustice désormais placée au rang d’un phénomène “culturel”.
Que Dieu nous préserve de l’hypocrisie sociétale !
VOA Afrique – Le dernier rapport de la Commission nationale des droits de l’Homme en Mauritanie s’est beaucoup focalisé sur l’esclavage.
C’est pour dire que désormais on évoque le phénomène sans tabou. C’est en tout cas le message de la Commission. Mais des ONG locales restent méfiantes et demandent l’application des textes à la lettre.
« Nous avons parfois des ONGs qui déclarent des cas d’esclavage sans être documentés et malheureusement, ça fait tache d’huile sur la place internationale, alors que nous savons qu’au fond, certains de ces cas ne sont pas documentés. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cas d’esclavage. Nous sommes prêts à les affronter, mais prêts à affronter des cas réels », affirme le président de la CNDH, Maître Ahmed Salem Bouhoubeiny.
Jérusalem Al-Aqsa : Salah ad-Dîn connu Saladin la reprit vers 1187 après 88 ans de domination croisée… Hier comme aujourd’hui tout est rapport de force !
À l’époque, les forces antagonistes se jaugeaient en puissance chevalesque avec épées et boucliers, aujourd’hui nous vivons les conséquences amères des accords Sykes – Picot (courant Mai 1916). Et surtout les forces antagonistes sont dans un déséquilibre abyssal. Il y a d’un côté, de la Nono-science et du nucléaire dans diverses applications Hi Tech, de l’autre côté il y a une vaillante résistance « mains nues » en interne. Après autour, il y a un grand ensemble concerné mais mis au pas. Dans cet ensemble, il y a une élite politico-affairiste vendue dans la géopolitique business, et une autre élite politico-religieuse qui est dans la littérature mélancolique et eschatologique en se lamentant vers les cieux…en attendant le messi éventuellement…! Et nous « Noirs », ça serait mieux qu’on soit témoins justes porteurs de Message de Paix et de Pardon par ce qu’on a enduré historiquement sous le joug idéologique et religieux DÉTOURNÉ des uns et des autres.
L’honorable député Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA et porte-étendard de la lutte anti-esclavagiste en Mauritanie continue à s’attirer les foudres non seulement de certains milieux du pouvoir qui voient d’un mauvais œil son rapprochement avec le président Ghazouani mais aussi et paradoxalement de certains cercles féodaux négro-africains qui assistent impuissants au ralliement massif de certains des leurs à cette icône.
En effet Birame défend exactement les mêmes causes que ses frères négros-mauritaniens et il le fait d’ailleurs beaucoup mieux avec le style efficace qu’on lui connait : Crier haro sur les injustices pour faire bouger les lignes. Et sur ce plan, contrairement à ses prétendus adversaires a toujours posé des actes concrets.
On peut citer entre autres en Mai 2011 l’audacieuse marche de IRA sur INAL pour commémorer l’exécution barbare de 28 militaires négros mauritaniens le 28 novembre 1990.
Des actes similaires ont été régulièrement posés par le président du mouvement IRA ça et là dans la vallée, à Sori Malé, à Wothi…
L’homme s’est toujours dressé contre l’expropriation des terres de la vallée mais aussi pour le passif humanitaire.
A l’Assemblée Nationale il a défendu avec bec et ongles la nécessité de mettre fin au génocide biométrique et d’enrôler les populations de la vallée.
Il y a quelques jours, Birame qui séjourne actuellement à Dakar a rendu visite à la famille de feu Aljouma CISSOKHO décédé le 1er Février dernier à Matam. Cet ex cadre du ministère de la pêche fut le président de l’association des réfugiés mauritaniens au Sénégal et son porte-parole.
Dans la foulée le leader du mouvement abolitionniste a eu droit à un vibrant hommage prononcé au siège de l’ONG Jamra par Mr Makhtar Bamba Guèye, membre du Bureau Exécutif de cette honorable organisation sénégalaise.
Pourquoi alors pourrait-on se demander avec un bilan aussi reluisant en faveur des négro-mauritaniens, ces derniers ou du moins certains d’entre eux lui en veulent et lui font la guerre à travers notamment de violentes campagnes de lynchage médiatique orchestrées sur les réseaux sociaux.
Comment peut-on expliquer ce paradoxe car les Haratines et les Négros mauritaniens mènent le même combat et auraient dû le faire main dans la main. C’est en effet le chemin le plus court vers la délivrance.
L’inimitié entre ces deux communautés remonte aux événements de 1989 lorsque le pouvoir de Moawiya avait joué la carte Haratines contre négro-mauritaniens. Et depuis cette date le torchon brûle et les pouvoirs successifs se sont évertués à jouer cette carte comme on l’a vu récemment avec la crise des terres à Ferrala dans le département de Mbagne.
Tout est savamment mis en œuvre pour éviter toute jonction entre Haratines et Négro-mauritaniens.
Et sur ce plan également c’est Birame Dah Abeid qui a su franchir le Rubicon malgré les conseils en coulisses du pouvoir déchu.
C’est ainsi que le mouvement IRA regroupe en son sein des éléments de toutes les communautés y compris dans sa direction qui a été très souvent noyauté par des taupes à la solde du pouvoir ou de ses acolytes.
Et c’est tout le contraire au sein des partis négro-mauritaniens qui virent tous au monolithisme ethnique.
Ces partis auront tout à gagner en coordonnant leurs actions avec l’étoile montante de la classe politique mauritanienne Birame Dah Abeid classé 2ème lors de la dernière élection présidentielle damant ainsi le pion à des candidats soutenus chacun par d’importantes coalitions de partis et d’initiatives.
Le président du mouvement IRA en voie de légalisation avec le parti RAG devient ainsi un jocker incontournable de la scène politique nationale, une place gagnée haut la main par une lutte pacifique qui a débordé les frontières nationales et fait aujourd’hui de Birame un leader panafricaniste.
Notre coordination, née de la volonté des Organisations Africaines engagées dans la lutte contre l’esclavage et ses séquelles sur l’étendue du continent africain et dans le monde. Nous entendons mener des actions de sensibilisation, d’information sur les conséquences de ces crimes sur le rapport entre les êtres humains et engager des actions judiciaires pour faire condamner , sur la base des instruments juridiques internationaux, les auteurs et les complices de ces crimes contre l’humanité en vertu des articles 2 et 4 de la charte des Organisations Africaines de lutte contre l’esclavage moderne. Notre coordination a décidé de soutenir la tenue de la conférence sur la problématique de l’esclavagisme en milieu soninké qui aura lieu à Bamako le 22 Mai à la maison des ainés tout en demandant aux organisations membres d’y apporter leurs soutiens. Nous demandons à toutes les organisations panafricaines de se joindre à cette activité très importante pour les victimes de l’esclavage. Cette rencontre constitue une opportunité pour demander à l’Etat Malien de voter une loi contre cette pratique inhumaine. Nous rappelons que cette conférence est l’initiative du Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (R.M.F.P) en partenariat avec le Mouvement pour la Sauvegarde des Droits de l’Homme (M.S.D.H). Notre coordination sera représentée par Maitre SAIDLARIFOU (Avocat, membre du Conseil de l’ordre , ancien Bâtonnier par intérim, inscrit au Barreau de Moroni , Comores) Président de l’ONG WARABA et membre fondateur de la coordination.
Fait à Paris le 09/05/2021 Ont signé le Présent Communiqué Pour la Coordination, Me Saïd LARIFOU, Président de l’ONG Waraba Afrique ORGANISATIONS MEMBRES DE LA COORDINATION :
✓WARABA AFRIQUE (Maitre SaidLARIFOU)
✓Kane d’Afrique (Doro Traore)
✓Mouvement pour la sauvegarde des Droits de l’homme (BoubacarNDJIM)
✓Association des Ressortissants Mauritaniens pour l’éradication de la pratique de l’esclavage et ses séquelles- France (GayeTraore)
✓Association des Haratines de Mauritanie en Europe (DikoHanoune)
✓Rassemblement Malien pour la fraternité et le Progrès (SalifLadjiCamara)
✓ASSEP – Sénégal (IssaMamadoSidibe)
✓Ganbana International (MalalyCamara)
✓C.S.P/ A.C.D.E (MahamadiKanoute)
✓ Initiative pour la résurgence du Mouvement abolitionniste (IRA) (Brahim Ali)
Crédit photo illustrative : Tirée de son profil FB
Quelle horreur ! L’on se croirait au moyen âge ! Des Maliens traitent et qualifient d’autres Maliens D’ESCLAVE, singulièrement dans la Région de Kayes. Le drame est qu’il se trouve des « intellectuels » et des « semi-lettrés » pour tenter d’expliquer ou de justifier ces violences par des US ET COUTUMES (LADA). C’est tout simplement SADIQUE de parler de COUTUMES, D’USAGES, lorsque des Maliens BATTENT À MORT d’autres Maliens, et jettent les CORPS dans le MARIGOT. Le seul CRIME des victimes est D’AVOIR REFUSÉ LEUR STATUT D’ESCLAVE. L’on pousse l’outrecuidance jusqu’à SOUTENIR que les VICTIMES refusent LEUR STATUT D’ESCLAVE parcequ’elles sont manipulées, encouragées par les FONDS D’ORGANISATIONS OCCIDENTALES. Quelle insulte à l’intelligence ! Comme si « les esclaves » n’avaient pas le DROIT DE S’ORGANISER, D’ÊTRE AIDÉES à refuser CES ABUS ET VIOLATIONS IGNOBLES. Comme s’il n’était pas de la responsabilité de l’Etat de respecter et protéger les DROITS INALIÉNABLES de ces personnes à la vie, à l’intégrité physique, à la sécurité, à la propriété etc. Comme si, comme le prétendent ces « SAVANTS » d’une autre époque, « LES ESCLAVES » devraient continuer, SANS BRONCHER, SANS PROTESTER, à accepter ce statut indigne et ignoble, sous prétexte qu’avec la RÉSIGNATION à L’ESCLAVAGE, les communautés vivaient en harmonie. Quelle honte ! Quel cynisme ! Que de soutenir une THÈSE si ignominieuse! Sans même invoquer les INSTRUMENTS JURIDIQUES RÉGIONAUX ET INTERNATIONAUX, LA LOI FONDAMENTALE DU MALI dispose clairement que « tous les Maliens naissent libres et égaux en droit et en dignité…Toute forme de discrimination est proscrite ». Face à la recrudescence de ces abus et violations, à leur persistance, les JURIDICTIONS RÉGIONALES ET INTERNATIONALES, y compris la CPI, seront saisies par les ORGANISATIONS DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS, si celles nationales ne veulent ou ne peuvent poursuivre ; « principe de la complémentarité » OBLIGE. Encore une fois, l’ÉTAT a l’obligation de veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux de toute personne résidant sur le territoire Malien. De plus, ces VICTIMES abandonnées ou ayant le sentiment de l’être, constituent des PROIES FACILES à être ENRÔLÉES par les TERRORISTES. Pourquoi assistons- nous toujours, impassibles, au POURRISSEMENT des situations pouvant être circonscrites et maîtrisées avec le MINIMUM D’ANTICIPATION ? Nous n’avons pas fini de gérer les conséquences des crises du nord, celles du centre, s’il faut laisser éclater un FOYER DE TENSION SUPPLÉMENTAIRE À KAYES ! Quel MALI voudrions-nous AVOIR ? Nul n’est à l’abri de la violation de ses droits. La protection des droits de l’Homme est une responsabilité partagée !
Pendant le régime d’Aziz, la Mauritanie avait traversé une situation politique, économique et sociale particulièrement grave. Sous son régime, le pays fut tenu par une main de fer par ce super président dont le record de coup d’états militaires et constitutionnels n’est jamais égalé en Mauritanie.
Mohamed Abdelaziz fut aussi champion dans toutes catégories confondues d’insinuation, aux dépravations et aux mauvaises mœurs au point que la vie était devenue totalement clochardisée.
Il ne cachait pas son mépris contre les opprimés en général et les Haratine en particulier au point qu’il assimilait ces derniers à des lapins qui se développaient dans l’anarchie (discours de Nema). Pire, il niait leur humanité et leur identité (point de presse à la marge de la commémoration de la fête de l’indépendance à Nouadhibou).
Cette haine viscérale de l’homme s’est traduite par un baillônnement inhumain et dégradant des militants des droits de l’homme qui furent durement persécutés et jetés répétivement dans les geôles et même mort d’homme, cas feu Abdallahi Ould Mbarek, un abolitionniste doyen des membres fondateurs du mouvement abolitionniste IRA, souffrant d’insuffisance cardiaque, étouffé de grenades lacrymogènes lors des événements du 13 Décembre 2010 au commissariat de police d’Arafat, laissant ainsi la vie quelques jours après.
A ceci s’ajoutent les autres problèmes de fond qui se sont empirés : le partage équitable des ressources qui ne profitaient systématiquement qu’à un seul groupe au détriment des autres et plus particulièrement à ses parents ou les membres de sa tribu, le règlement du passif humanitaire dont ont souffert des milliers de familles composées aujourd’hui de veuves et d’orphelins à cause des exactions génocidaires et racistes des années de braises de Taya (1989-1991), la question foncière, celle de l’état civil et la question de la cohabitation pacifique entres nos communautés nationales.
✓Constat présent
A la lumière de ce qui est cité ci-dessus, AHME a remarqué qu’avec l’actuel président loin de lui donner entière satisfaction, un climat d’apaisement s’est opéré et une concorde nationale s’est relativement installée.
Estimant que ce climat est bénéfique pour l’opprimé car il y trouvera son compte ne serait ce qu’en posant le vrai débat sur les questions nationales.
Parallèlement à celà, AHME enregistre avec satisfaction la désignation dans la première équipe de l’actuel président des ministres Haratine dont un de souveraineté: le ministère de l’intérieur et la décentralisation. Aujourd’hui, le gouvernement comporte en plus de la primature 4 ministres, une première en Mauritanie. Aussi beaucoup de cadres Haratine frappés par l’embargo de l’injustice et délaissés par le passé sont désormais actifs dans l’administration publique, trois bonnes dizaines selon Biram Dah Abeid président du mouvement abolitionniste IRA.
Dans cette suite logique A.H.M.E invite le président Ghazouani à corriger également l’exclusion systématique de la communauté Wolof dans des hautes fonctions et à coopter des cadres compétents parmi les Castés négro-mauritaniens qui subissent la marginalisation et l’exclusion depuis l’indépendance de la Mauritanie. Ceci est un grand tabou qui empêche le développement et le progrès dans le sud du pays.
Cette ouverture bénéfique aux laissés pour compte, créa de l’amertume au sein de beaucoup de suprémacistes tapis à l’ombre parmi eux certains s’affichant même proches de l’actuel président mais dont les agendas cachés sont destructeurs. La concordance des agissements d’Aziz qui veut faire de son dossier un règlement de compte marabouts- guerriers avec la sortie de l’ex maire d’Awjeft Ould Hmeyne Amar démystifiant l’actuel gouvernement le considérant de poirreux, les appels aux morts d’abolitionnistes par le soit disant journaliste d’investigation Abdelvetah Ould Abeidne, allant jusqu’à demander une janjawidisation (Darfour, Soudan) de sa communauté et bien d’autres, toutes ces manœuvres ont amené AHME à tirer la sonnette d’alarme sur un scénario qui s’apparente à celui du feu président Sidi Ould Cheikh Abdallahi et dont seuls les opprimés ont été les véritables victimes.
✓La position de l’AHME
AHME qui fut pendant 20 ans un rempart contre toutes les formes d’injustice reste et demeure aujourd’hui ferme sur ses principes.
Privilégiant l’objectivité que la surenchère, la raison sur l’émotion AHME soutient les actes forts posés par l’actuel pouvoir. Nous souhaitons également la reconnaissance des partis et associations toujours censurés ainsi que le retour à son poste du journaliste écrivain Elkowry Sneibe.
Et si demain ce pouvoir venait de changer son fusil d’épaule, trouvera AHME devant lui dur comme un rocher, comme elle l’a été toujours contre tous les pouvoirs chauvins depuis 2001.
Aujourd’hui, la Mauritanie excelle dans la corruption, le détournement, la gabegie. Elle prospère dans le désordre. Son gouvernement manque de rigueur dans la gestion de l’état, de volonté avérée pour mettre fin à la discrimination et au racisme, pour garantir des droits égaux, l’accès à l’éducation, à l’eau, à la nourriture, au travail, aux papiers. En somme, notre propre pays peine à éveiller en nous un sentiment de patriotisme. Elle ne donne pas l’envie au citoyen ordinaire de se sentir bien chez lui, de rire, de s’amuser, de s’épanouir, d’avoir l’espoir d’un lendemain meilleur.
Il existe encore des jeunes en Mauritanie qui n’ont jamais travaillé. Pour les peu qui travaillent, ils le sont en général en dehors de tout cadre légal. Nombreux sont ces jeunes qui n’ont jamais connu de salaires ou de bulletins de salaire, de contrats de travail. Nombreux sont encore ceux qui ne connaissent pas la valeur juridique de ces documents.
Aurais-je une bonne raison de rejoindre Ghazouani ?
Le recensement biométrique a commencé en 2011. 10 ans après, des milliers de citoyens restent sans papiers dans leur propre pays. La question de la double nationalité n’est toujours pas réglée. Le débat sur les fameuses questions de l’unité nationale, du passif humanitaire, du conflit foncier, et j’en passe, est toujours d’actualité. Il existe toujours des esclaves en Mauritanie. Dans nos hôpitaux, mal structurés, faut-il encore en avoir partout, des malades meurent par manque de soins, par négligence. Des médicaments retirés des marchés en occidents continuent de circuler et de faire l’objet de prescription en Mauritanie ; ce qui indique l’absence totale de mise à jour des connaissances.
Aurais-je la moindre raison de faire confiance en Ghazouni ?
Qu’en est-il de la classe dirigeante ? De l’élite ? Qui devient encore président ? Qui d’autre n’a pas le droit de le devenir ? Qui dirige encore l’armée? Qui est encore ministre ? Qui est encore gouverneur ou préfet ? Qui est encore commissaire ou inspecteur de police ? Qui possède encore une banque, une chaine de radio ou une chaine de télévision? Qui d’autre n’en a pas encore le droit ? Qui pilote encore les renseignements ? Qui décide qui doit ou ne doit pas devenir Mauritanien ? Qui décide qui doit devenir qui ?
A ce que j’observe, rien ne présage un changement. La volonté politique n’y est pas.
Laissez-moi juste rappeler ceci : il existe des voix qui ne s’expriment jamais ; des voix qui font écho de leur malheur à travers d’autres voix.
Ces voix d’infortune se meurent car celles qui ont porté leur malheur disparaissent de l’arène. Ces sans voix, ces marginaux, ces laissés-pour-compte, pleurent. Les porteurs de voix d’hier basculent dans un sens et dans l’autre. Ils deviennent l’ombre d’eux-mêmes.
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