Nous mettons l’intérêt du peuple au premier rang, dixit Député Biram Dah Abeid



Le député et président du parti RAG, M. Biram Dah Abeid a animé aujourd’hui (mardi 13 avril 2021), une conférence de presse dans les locaux de son siège à Riyadh.


Au cours de cette conférence de presse, il a exhorté les populations à continuer l’application des mesures préventives contre le coronavirus qui sévit encore. Et sur ce point, il a demandé aux équipes médicales mobilisées par le ministère de la santé à vacciner les franges de la population les plus fragiles afin de les prémunir.

Biram a aussi rappelé aux autorités de lutter scrupuleusement contre la prévarication qui est héritée des pouvoirs précédents. De ce fait, il a attiré l’attention des mauritaniens sur l’exemple du président sortant qui est poursuivi par la justice.

« Nous devons tous accompagner le pouvoir en place à éradiquer tous les fléaux et crises (injustice, exclusion, clientélisme, esclavage, …) que le président Aziz a semé dans nos rangs », a-t-il dit. Toutes les libertés dit-il doivent être respectées par les autorités.

A cette occasion, il a exprimé son soutien à El Kory Brahim Sneiba qui a été limogé de son poste de conseiller chargé de la communication du ministre de l’Education nationale après avoir participé à une conférence de presse de l’ONG SOS Exclaves dont il est membre.



Il a appelé les autorités à renforcer les qualités de tous les services et secteurs de l’Etat devant le citoyen surtout en ce qui concerne les pièces d’état-civil, l’emploi des jeunes, l’octroi des terrains à titre d’habitation, les soins, la justice.

Selon Biram, grâce aux démarches qu’il a entreprises et les rencontres avec le président et les différents responsables, plus d’une trentaine de jeunes militants du mouvement IRA et du parti RAG ont été recrutés, nommés et promus dans certains départements. Ces derniers gardent toujours leur position de militant et de sympathisant tout en respectant le règlement du travail.

Devant l’assistance, le député Biram entouré des membres de son parti, a insisté sur l’emploi des jeunes surtout ceux issus des couches vulnérables. « J’ai soumis au président et à plusieurs responsables des dossiers sur les questions de l’emploi, des soins médicaux, d’acquisition de parcelles, de règlement de litiges fonciers parce que je dois voyager à l’étranger », a-t-il signifié.

Au passage, il a noté le cas des habitants de Daffor qui sont victimes d’expropriation des terres qu’ils exploitaient depuis 1905 et celui d’un paysan à N’Diago qui s’est vu son périmètre agricole de plusieurs hectares confisqué par un homme influent.



Nos audiences et concertations avec le président Mohamed Cheikh El Ghazouani nous ont donné l’espoir qu’il est capable de réaliser d’importants projets pour les citoyens. Et nos conseils et points de vue sont pris en considération, raconte le leader du parti RAG.

Et il a souligné qu’il est de l’opposition participative qui œuvre dans l’intérêt des citoyens et le dénouement des problèmes. « J’ai toujours mis l’intérêt des populations en premier lieu parce que je suis un élu du peuple », conclut Biram.

✍️R.Fall

Source : Agence Tawary

« Quelques réflexions : Que m’inspirent les événements regrettables de Kaédi », Par Béchir Fall

J’ai lu des commentaires sur ces faits et leurs conséquences. J’avoue avoir été déçu par les positions de certains intellectuels de la communauté mise en cause que j’ai scrutées avec beaucoup d’attention. Pratiquement, la plupart des amis sur la Toile que j’ai lus se cramponnent chacun à une aile des protagonistes. Et surtout l’aile dite féodale. Je ne suis pas du tout à l’aise de citer les féodaux et leurs inévitables et prétendus esclaves. Un langage encore vivace dans cette communauté. Où les débats que j’ai vus ne semblent pas prendre de distance avec ces idées rétrogrades. Et mon sentiment culmine à une exaspérante gêne à l’idée que la féodalité a de beaux jours dans cette communauté où l’on semble vénérer les chefs auxquels nos amis intellos s’adressent avec beaucoup de déférence. Aucune communauté, y compris surtout celle de mes parents bidhans, ne se comporte selon moi de cette façon.

Je n’ai pas non plus remarqué que les références à l’esclavage soient condamnées et combattues avec toute la véhémence que la persistance de ce fléau requiert sans ambiguïté.

À mon avis et sans vouloir prétendre donner des leçons je considère que l’élite de ce pays, toutes communautés confondues, doit se démarquer des considérations régressives d’un autre âge et s’en désolidariser très clairement au lieu de contribuer à leur infame persistance.

©️ Crédit source : https://news-rim.com/2021/04/11/quelques-reflexions-que-minspirent-les-evenements-regrettables-de-kaedi/

DECLARATION | Coalition Vivre Ensemble sur les évènements de Kaédi et Ouadane


La Coalition Vivre Ensemble a appris avec tristesse les affrontements entre deux groupes de la Zaawiya Mpaly Kaba de Kaédi, le 05 Avril 2021.

La CVE est d’autant plus préoccupée que ces affrontements ont occasionné de sérieux préjudices dont des blessés graves.

Ces évènements malheureux qui ont mis aux prises des personnes de la même communauté, de la même obédience religieuse, reposent la problématique du vivre ensemble chez nous et fait obligation à tout un chacun de jeter un regard critique sur les facteurs de discorde qui sont de nature à accentuer le ressentiment entre mauritaniens.

S’il est vrai que la position des protagonistes diverge sur l’origine du conflit, le danger que fait courir la crispation des positions interpelle sur la nécessité, l’impératif de prendre en compte, de façon sérieuse et objective, les problèmes relationnels entre éléments de même segment communautaire ; lesquels problèmes plongent leurs racines dans un passé où l’égalité, l’équité et l’égale dignité entre les composantes n’étaient (et ne sont toujours) ni réelles, ni prises en compte par la société qui, elle-même, reposait sur des fondements inégalitaires.

Cet héritage (commun à toutes les communautés mauritaniennes), qu’on l’appelle esclavage, séquelles de l’esclavage ou discriminations liées à la caste ou à la classe, qui engendre des frustrations – et on l’a vu des affrontements sanglants – nécessite qu’il fasse l’objet d’un large débat national pour refonder la société et la République sur des bases pérennes ; pour que les problèmes récurrents liés à cette problématique sociale ne viennent plus handicaper la marche du pays.

Autant les évènements de Kaédi, par leur gravité, interpellent, autant celui de Ouadane où une femme haratine (supposée esclave), aurait été donnée ou citée comme dot pour un mariage, ne peut être passé sous silence. Là aussi, les versions restant contradictoires sur le bienfondé ou non de l’affaire dénoncée.

Quoiqu’il en soit, devant des situations de nature à saper l’unité nationale et la cohésion sociale, la Coalition Vivre Ensemble :

– Rappelle l’impérieuse nécessité de mener une enquête indépendante et de portée nationale sur le phénomène de l’esclavage et ses pratiques associées dans notre pays;

– Invite les autorités nationales à faire la lumière, de manière impartiale, sur ces deux évènements ;

– Condamne la violence d’où qu’elle vienne ;

– Demande un large débat national autour de la problématique de l’esclavage, et de ses séquelles de l’esclavage, ainsi que toutes les discriminations liées à la caste ou à la classe sociale.

Nouakchott, le 09 Avril 2021

La Commission Exécutive

Contenu proposé par la CVE

@babacarbayendiaye
Nouakchott – 11/04/2021

©️ Crédit source : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4650377574980730&id=100000256018105

« Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké » Par Souleymane Sidibé

« C’est une erreur de vivre selon le mode d’autrui et de faire une chose uniquement parce que d’autres la font. C’est un inestimable bien de s’appartenir à soi-même. » Sénèque

Les événements tragiques autour de la « Zawiya Mpaly Kaba » de Kaedi sont une suite de crispations sociales autour du statu quo. Nous avons vu un ensemble d’intellectuels user de la parole à un travers un arsenal conceptuel pour justifier la bêtise ou aiguiser leur regard loin de toute objectivité mais proche de la subjectivité. Il ne faut pas avoir la langue de bois. Je ne suis pas un fin connaisseur des lieux de cultes et de vénérations que sont les Zawiya en Mauritanie. Celle qui a attiré l’attention est la Zawiya: Mpaly Kaba de Kaedi où les disciples des fondateurs de la confrérie se requièrent.

A la suite d’un ensemble d’événements, on remarque que les intellectuels Soninko (de la communauté sociolinguistique Soninké) sont dans le déni. Il va falloir combattre ce déni pour aspirer à plus jamais ça. Il faut poser les bases de l’égal accès à l’imamat (fait de pouvoir diriger la prière par rapport à la qualification, les compétences et la dévotion qui ne se vend pas). Écrire des tas de livre avec des personnes qui n’œuvrent pas à casser les « fondements erronés » restent une perte de temps inouïe. Le refus de partager des fonctions symboliques dans un groupe donné en Mauritanie et particulièrement chez les soninko reste la plus grande torture dans l’imaginaire collectif des personnes « castés ». C’est là une forme de contrainte sociale qui rappelle les séquelles de l’esclavage. Dire qu’un individu lamba doté de sciences (en se référant au sens dans un contexte islamique) ne doit pas diriger une prière ou doit demander la permission reste incompréhensible. Rappelons dans ce sens, Camus qui disait: « La bêtise humaine insiste toujours ».
Certains insultent Baliou Mamayary Coulibaly en disant qu’il est l’initiateur de ce « mal ». Je pense simplement que la pesanteur sociale leur épargne beaucoup de maux. Nier l’humanité de l’autre, c’est de cela qu’il s’agit dans notre communauté Soninké. La stratification sociale empêchait certains soi-disant « esclaves » ou personnes d’ascendance servile, griots, tutti quanti, d’étudier. Ils devaient être programmé pour assouvir les désirs et dérives de soi-disant « maîtres » ou « bien nés ».
De nos jours, nous vivons dans des États en Afrique qui s’apparentent à des démocraties. Tout le monde a droit à l’éducation. C’est vers la méritocratie que nous tendons.

Le poids du capitalisme de nos jours est immense. Il y’a ce que beaucoup qualifient de « réalités sociales »; et il y a à côté le choix de comment se définir. Le mépris culturel et l’ordre inique sont d’autant plus considérables dans nos contrées que quand la misère intellectuelle et financière sont là. Il suffit de voyager pour voir que nos « fondements » sociaux sont un leurre. Il faut démocratiser car l’individu qui quitte son territoire pour un pays occidental se marie souvent là-bas sans se focaliser sur les origines ou le « rang social » de son conjoint. Arrêtez cette hypocrisie silencieuse !

Certains ont parlé de consensus. D’autres ont manifesté leur « volonté de puissance ». Il n’y a qu’un seul Salut. C’est le combat pour la dignité humaine. Ce combat ne peut pas se mener qu’ailleurs. Il le faut évidemment chez nous. Il ne faut pas chantonner dans les affaires comme le cas de George Floyd ou autres en faisant abstraction des tares féodales-esclavagistes dans nos pays. Dans la communauté Soninké, également dans toutes les communautés de l’Afrique, il faut arriver à déconstruire et à démystifier les approches socioculturelles qui existent pour l’avènement d’une culture citoyenne avec des politiques représentatives, une démocratie en construction et des leviers culturels sur des principes universels qui répondent à la vraie culture islamique de nos sociétés; pas celle adaptée aux traditions. Il y’a urgence de quitter « les identités étriquées pour de véritables identités citoyennes ».
Selon une source, le gouvernement mauritanien à travers son ministre de l’intérieur a pris des mesures drastiques et appelle au calme. Que ce même gouvernement agisse aussi dans le solde de toutes les entités; pas seulement d’une communauté donnée. Il faut que l’Etat vide le contenu des « pouvoirs traditionnels » pour le compte des maires et autres personnes de l’administration. Le mauritanien doit être participe de l’universel pour parler comme mon homonyme Souleymane Bachir Diagne. « Il faut remette en place le chantier de l’universel ».

Que la paix règne à Kaedi, dans soni kara et dans le reste du monde. Elle ne sera véritablement axée que par l’implantation de la raison, de la logique et la reconstruction autour un nouvel idéal avec plus de justesse.

©️ Crédit source : Reçu de l’auteur – Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=4217327234953597&id=100000290871124

𝗔𝗯𝗱𝗼𝘂𝗹𝗮𝘆𝗲 𝗦𝗮𝗿𝗿: « aux hommes du verbe d’être au service de la fraternité en Mauritanie »

Dans son discours d’ouverture à la deuxième saison de la Fraternité, le secrétaire général, l’Imam Abdoulaye Sarr de l’association Mains de la Fraternité a appelé « les maîtres du verbe à savoir les journalistes, les blogueurs, les poètes et autres influenceurs à aider de porter le message de la Fraternité » . Selon lui, les porteurs de voix doivent être investis pour la consécration de l’esprit de la Fraternité en Mauritanie.

Il a ajouté que sans leur contribution il est difficile d’atteindre des publics larges. Selon Sarr, cette saison sera marquée par ateliers de réflexion sur d’égalité et la citoyenneté.

Il a indiqué que ces deux jours seront marquées par la présentation de la vision de la Fraternité de leur association. Il s’est engagé de proposer aux Mauritaniens « une école ouverte à tous pour l’ancrage réelle du principe de la Fraternité »

La rédaction

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Mauritanie – 09 avril 2021 | Le président Ghazouani a reçu en audience le député BDA.

Ce vendredi 9 avril 2021 à Nouakchott, le président de la République, Monsieur Mohamed Ould Ghazouani a reçu en audience l’honorable député Biram Dah Abeid, leader abolitionniste mauritanien du mouvement IRA (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste). Selon nos sources proches du député, l’entrevue a duré environ 2 bonnes heures durant lesquelles quelques dossiers faisant l’actualité chaude ont été abordés entre autres.

Sur les problématiques liées à l’esclavage, étaient au menu : les cas de Ouadane et de Kaédi, le limogeage expéditif d’un conseiller Com du ministère de l’éducation Mr Elkory (Engagé auprès du mouvement SOS Esclaves) , et le cas judiciaire pendant au Guidimagha d’un militant abolitionniste lettré en sciences islamiques cheikh Issa Cissoko de Diaguily. Également la question liée au dialogue social annoncé depuis quelques semaines, a fait partie des sujets discutés entre les 2 personnalités.

√ Par KS pour le BLOG

« Notre malhonnêteté n’a d’égal que notre égoïsme… » | Par Pr Mahamadou Sy



Nous sommes quand même une société des plus illogiques et inconséquentes. Nous adorons manifester notre colère quand nous recevons de l’extérieur des attaques discriminatoires ou basées sur un type de racisme ou un autre; ce qui est assez compréhensible. Nous célébrons des éléments extérieurs quand ils défendent notre dignité; nous aimons citer des gens comme Abraham Lincoln et autres personnes qui ont bravé les diktats racistes et discriminatoires imposés par leur propre milieu social sur des individus que nous sommes ou auxquels nous nous identifions. Quand il s’agit de dénoncer l’esclavage et autres torts commis par des maures, nous sommes sans réserve; nous voyons tout de suite de quoi il s’agit, rien ne fait écran alors entre nous et la réaction nécessaire de dénoncer voire d’agir pour que cela cesse. Nous n’allons pas scruter les détails langagiers de celui qui fournit le récit, ni ceux de l’évènement particulier servant de prétexte au soulèvement. Non, nous savons juste qu’il y a un esclavage – ou un suprémacisme tout au moins, et que les évènements en cours ont lieu dans ce contexte révoltant, cela suffit pour dénoncer. Après tout que peut-on faire de pire à l’humain que lui ôter sa dignité sociale?
Que peut-on reprocher à l’Homme qui veut reconquérir sa dignité fondamentale niée par la société qui n’est prête à la lui rendre? Autrefois, loin de tout reproche, on lui chanterait des louanges!


Ce qui s’est passé à Kaédi s’inscrit dans un contexte d’un suprémacisme assez expressif dont notre société n’est pas encore déterminée à se défaire. Nous ne vivons en paix que parce que les dominants ont ce qu’ils veulent sur les dominés: le prestige et les privilèges sociaux qui ont des répercussions économiques. À chaque fois que les dominés s’y opposent alors c’est le choc, c’est l’inconfort, le « déséquilibre » dans la force. Nous ne sommes pas prêts à voir, ni même à imaginer, le choc que cela fut pour eux durant des siècles sous domination sociale, l’inconfort de rester au bas de l’échelle sociale, le déséquilibre dont il s’agit quand on leur inculque socialement un état mental consistant à rationaliser et à digérer avant de faire hériter la condition servile.
Dans quelle de nos localités une prière publique dirigée par un individu issu du groupe dominé ne provoquerait pas de réactions virulentes? S’il voulait devenir imam permanent, ce serait alors la guerre. Et ce peu importe son savoir religieux! Cela est un fait. Donc dénoncer l’affaire de Kaédi c’est s’opposer à tout un système qui, s’il n’est pas éteint par tous les moyens, occasionnera encore et encore des violences. Car, que cela soit clair, aucun humain ne consentira à sa propre mise en servitude, même si celle-ci est soutenue par un dogme religieux farfelu.
Si nous voulons être logiques avec nous mêmes, nous devons compatir avec les victimes de toutes injustices et participer avec toute notre force à ce que celles-ci cessent. Combien de ceux qui se plaignent du système de gouvernance qui sévit en Mauritanie sont, par ailleurs, d’accord qu’on continue à interdir aux dits esclaves – ou descendants d’esclaves – de diriger la prière? Combien des dits esclaves sont d’accord que les femmes restent dominées? Combien de femmes dominées appellent la mort sur les homosexuels? Combien d’homosexuels sont de purs racistes? La façon sincère et optimale de lutter contre l’injustice est de transcender ses motifs d’expression et de saisir sa nature fondamentale qui est le fait d’être un tort profond sur la dignité et la vie d’un être humain. Si nous n’arrivons pas à le faire, alors, en réalité, ce n’est pas l’injustice en elle même qui nous répugne mais bien seulement celle dont nous sommes les victimes. S’il y a une injustice que ton appartenance sociale ou ta religion t’empêchent de combattre, ou, pire, te convainquent de commettre, alors sache quand même une chose: la tienne d’injustice n’est aucunement plus acceptable que les autres en raison des justificatifs en lesquels tu crois. Tu es tout simplement assez faible et corruptible pour t’allier avec des croyances criminelles au meilleur des cas, et au pire des cas tu es un criminel qui avait besoin de motivation ou de caution. Dans un cas ou dans un autre, ce sera extrêmement difficile pour toi de trouver une paix logique si jamais tu y étais un tant soit peu sensible.

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Affaire de Kaédi | « C’est une conjonction du féodalisme avec la religion. » Par le mathématicien Sy Mahamadou

L’affaire de Kaédi doit être dénoncée avec toutes nos forces. C’est une conjonction du féodalisme avec la religion. Le féodalisme désigne une catégorie de personnes comme esclave et la loi religieuse finit le travail en prônant l’infériorité religieuse d’une catégorie déclarée de façon inhumaine comme servile. Et le féodalisme et les lois religieuses concernées sont à bannir pour le bien de notre société. Il y a un peu plus d’un an, une conférence d’un marabout de renom au Fuuta avait fait le tour des réseaux sociaux. Conférence dans laquelle ce marabout exposait toute la théorie religieuse prévue par l’islam pour le traitement du dit esclave, allant du rapport entre les dits libres et l’avoir du dit esclave à des restrictions religieuses hautement discriminatoires et humainement rabaissantes. Il faut dire que ce qui s’est passé à Kaédi est une mise en pratique de la même théorie, et il est clair que si la même action de diriger la prière s’était passée dans d’autres localités, on aurait assisté à des réactions similaires. Donc on voit bien le problème. Non à la hiérarchisation des humains, non aux privilèges religieux à caractère discriminatoire. Je réitère mon soutien total à la lutte anti-esclavagiste, en particulier celle qui a lieu au sein de notre société.

©️ Crédit source : Post FB de l’auteur en date 7/4/21 https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=786467285610861&id=100027427912973

Mauritanie | Esclavage chez les négros-mauritaniens. Par Thiam Houssein

Aujourd’hui, même si les pratiques ne sont plus les mêmes, l’esclavage reste dans les esprits de certaines personnes, car ses séquelles peuvent être un vecteur de trouble à l’ordre social, à l’instar de ce qu’il s’est passé à Kaédi ce lundi 5 avril 2021 lors d’une querelle opposant les anciens esclaves aux familles qui, traditionnellement, dirigeaient les prières à la chapelle de Mpali Kaba. Cette querelle s’est tristement soldée par un bilan de dix blessés, dont deux graves.

En Mauritanie, le combat du militant Biram Dah Abeid s’est uniquement articulé autour de l’esclavage chez les maures-haratines, passant sous le silence les pratiques aussi esclavagistes qu’anti-républicaine, qui sévissent dans la société des négros-mauritaniens. Cependant que les attitudes esclavagistes, bien que cachées par le déni et l’indifférence, demeurent une monnaie courante au sein de la communauté négro-mauritanienne, d’aucuns n’hésitent d’évoquer la notion des séquelles de l’esclavage en adoptant la posture des négationnistes dans le milieu maure.
Tout acte esclavagiste est mauvais et à bannir. Par contre, l’esprit esclavagiste dans les négros-mauritaniennes est autant violent qu’avilissant .


En effet, il est observable chez les maures qu’un Hartani qui sait lire le Coran peut présider une prière; ensuite quand un Hartani meurt, il est enterré avec les maures.
Aussi les maures et les hartanis se président-ils la prière, se partagent le même cimetière, contrairement aux négros-mauritaniens.

Un intellectuel issu d’une famille anciennement esclave, n’a même pas le droit de porter un brassard dans une équipe au Fouta, présider une prière ou diriger une association du village.
Si une personne issue d’une famille d’anciens esclaves se marie avec une soi-disant noble, ce n’est pas parce qu’elle soit considérée comme un homme vivant dans une république qui fonctionne selon des lois qui ne font aucune différence entre les citoyens, mais c’est parce que cette personne-là a beaucoup d’argent.
Ces pratiques esclavagistes et féodales sont courantes chez les négros-mauritaniens, mais la conscience collective n’est pas encore prête d’en parler en prenant cette question à bras-le-corps.
Or, les soit-disants militants progressistes négro-mauritaniens, quoiqu’ils n’abordent jamais la question de l’esclavage sévissant dans leur propre société, ils sont promptes à sauter sur les cas de l’esclavage que l’on découvre dans la société maure pour en faire un tapage médiatique. Cette hypocrisie doit cesser.

J’accuse ! Oui, J’ACCUSE l’État mauritanien de profiter de ce différend au sein de la communauté négro-mauritanienne pour s’asseoir son pouvoir. Il est à noter que l’élite négro-mauritanienne au POUVOIR est issue d’une seule caste, celle des soi-disants nobles.
Il faut regarder les ministres négro-mauritaniens, les élus et les ambassadeurs pour s’en rendre compte, alors que nous avons des jeunes si brillants, mais également d’intellectuels issus des castes qui sont reléguées au bas le l’échelle sociale, à savoir les castés et les jeunes issus d’anciens familles serviles.
Dans ces conditions, l’État est complice de ces pratiques esclavagistes, féodales dans ce pays, Ce qui, à coup sûr, va compromettre le développement de notre pays en retardant le processus de mise en place d’un ÉTAT de DROIT.

Un pays ne saurait être si bien posé sur la rampe de l’évolution si une partie de ses enfants jouie des priviléges fondées sur la place que chaque individu occupe dans la stratification sociale.
Cette situation qui ressemble à l’organisation de la société française pendant l’ancien régime doit cesser pour laisser la place à une société fondée sur la rationalité sociale, base essentielle du républicanisme.
Nous réitérons que cela doit cesser pour le grand bonheur de notre communauté, pour le bien de la société, pour le bien de notre cher pays.
Plus jamais un Mauritanien, quelle que soit sa classe sociale, n’acceptera de se faire humilier.
Le conflit de Kaedi n’est qu’un avertissement.
Il est temps encore, de bâtir une société saine, un État fort, solide, loin de ses pratiques moyenâgeux.

“Si l’esclavage n’est pas mauvais, rien n’est mauvais.” dixit Abraham Lincoln. Mettons nos complexes d’à côté, parlons, discutons des choses sérieuses pour le bien de notre cohésion sociale et nationale.

Houssein Thiam alias Grand Thiam
Nouadhibou, Mauritanie

Mauritanie | Les événements du 5 avril 2021 à Kaedi autour de la Zawiya : La communication de Ganbanaaxun Fedde .

Ce lundi 5 Avril 2021, des violents affrontements ont été signalés avec plusieurs blessés à déplorer autour d’une Zawiya dans un quartier de la ville de Kaedi, la capitale du Gorgol (région Sud mauritanien). Selon nos informations recueillies auprès de sources dignes de foi, une affaire pendante déclenchée le vendredi 2 octobre 2020 après un office de prière dirigé par un membre de la communauté en l’absence du titulaire, est à l’origine de ce débordement violent. Ainsi l’imamat de l’occasion assuré par Cheikhna Coulibaly n’avait pas été apprécié par certains éléments de la communauté soufie. Par la suite, les partisans du camp encarté nobiliaire faisaient savoir que sans autorisation, ce lettré Coulibaly appartenant à la couche sociale assignée statutairement esclave , n’avait pas droit à officier comme imam. Le camp de Cheikhna Coulibaly en a conclu une discrimination manifeste avec des penchants féodalo-esclavagistes à son encontre. Au final il y a eu scission de fait dans l’office de prières au sein de l’enceinte de dévotion.
Les rapports devenaient tendus de plus en plus jusqu’à cet éclatement regrettable de violences en début de soirée de ce 5 Avril.

  • Ainsi nous , Ganbanaaxun FeddeArmepes et partenaires, fidèles à nos principes pacifistes, dénonçons toutes les violences quelle qu’en soit l’origine. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.
  • Appelons à l’apaisement et à une concorde retrouvée au sein de cette communauté à la lumière de valeurs d’égalité et de fraternité promues par notre religion.
  • Réitérons notre appel à l’endroit du monde soninké pour une nécessaire réforme intérieure en extirpant certaines coutumes qui humilient humainement et discriminent socialement. Les fuites en avant et le déni des réalités ne servent aucunement l’espoir d’un avenir serein de la communauté dans son ensemble.
  • Demandons l’implication sérieuse de nos autorités étatiques sur les cas litigieux touchant le respect des droits humains notamment les vestiges tenaces de l’esclavage sous toutes ses manifestations. Que la Loi et le Droit s’imposent rigoureusement en recours quand la dignité de certains citoyens est bafouée.
  • Exprimons notre entière solidarité avec les personnes victimes d’un mépris culturel lié à leur ascendance sociale, qui militent pour plus d’équité sociale et d’égalité citoyenne.

Le 7 avril 2021

• Pour la communication GANBANAAXUN FEDDE et Partenaires.