3ème Congrès ordinaire d’IRA – Mauritanie, 27-28 janvier 2018 Dénommé : Mère Houleye Sall ; Thème : « Pour une meilleure décentralisation du combat. »

Mesdames et messieurs les invités, militantes et militants d’IRA – Mauritanie, honorable assistance !

Il y a six années, dès mars 2012, vous me confiez, au cours d’une assemblée pareille, de présider et conduire notre organisation, en vertu du mandat que vous vous êtes tracé. La feuille de route comportait, en première ligne, une lutte sans atermoiement ni concession, par le droit et l’expression non-violente, contre toutes les violations des droits humains en Mauritanie ; les crimes et délits d’esclavage et de racisme coiffaient la liste de vos priorités ; sans avoir besoin de le préciser, vous me chargiez de porter l’indignation et l’espérance du peuplement noir dans notre pays, et les déshérités issus de la communauté dominante, pour accélérer leur marche vers l’émancipation et l’accès aux leviers du pouvoir dont des siècles d’exploitation et de mépris le privaient.

Cette recommandation était doublée d’une autre qui stipule la pratique de la subversion idéologique. Déconstruire la matrice de légitimation morale des inégalités de naissance requerrait, de nous, une attaque frontale et multiforme, contre la religiosité où se bricole le mensonge de l’esclavage comme expression d’une volonté de Dieu. Nous avons mené et réussi l’offensive contre la version travestie du Figh des hommes, qui constitue, à la fois la source et le foyer de reproduction des injustices, de race et de caste, notamment au sein de la société maure.

Ce faisant, grâce à l’audace que porte toute conviction juste, nous réussissions, tous, à enraciner dans le quotidien de nos compatriotes, l’image d’un mouvement de droits civiques et de dissidence intellectuelle ; sa visibilité et la prégnance de son action favorisent la dynamique globale vers la citoyenneté, certes non sans accrocs et sacrifices.

Le troisième axe, troisième et guère des moindres, comportait une patiente œuvre de vulgarisation à l’échelle du monde, par les voies de la diplomatie, de la communication de masse et aux travers de la présence sur les forums internationaux ; hors du pays, nous diffusions, avec succès, l’objection et la réfutation à la parole de l’Etat de Mauritanie qui associe occultation, déformation et mensonge, sur la réalité des pratiques de racisme et d’esclavage et leurs implications quotidienne dans la conduite des politiques publiques. Nous démontrions alors combien le gouvernement et ses relais du bloc ethno-tribal mentent, fraudent et contrefont la réalité, à contresens des instruments du droit international qu’ils s’empressent de signer et/ou ratifier, pour mieux en retarder l’application. C’est sans doute sur cet aspect de divulgation que notre effort produit les résultats les plus décisifs. La reconnaissance et la crédibilité du mouvement s’appuie sur une série de distinctions dont le prix des Nations-Unies pour les droits de l’Homme, en 2013.

Au cours du mandat qui expire, suivant votre orientation, nous avons popularisé les sit-in, marches et grèves de la faim, afin d’accentuer la pression sur le centre de pouvoir et l’isoler dans la posture de la coercition. Nos rassemblements et marches pacifiques ont souvent contraint les autorités judiciaires, de sécurité et de l’administration territoriale, à poursuivre les contrevenants aux lois et conventions qui pénalisent l’esclavage, le racisme et l’usage de la torture. Nos différentes sections sur l’étendue du territoire ont assisté et libéré, directement ou par ricochet, des mineurs et majeurs des deux sexes, la plupart des femmes, filles et fillettes. Indirectement, l’activisme de l’IRA participe de la dynamique nationale d’éveil aux droits humains et de prise de conscience politique parmi les cadets sociaux.

L’essor de la contre-culture, que l’esclave rebelle arbore désormais sur son front fier, atteignait son point d’orgue, en avril 2012, dans l’acte salvateur d’incinération assumée, du code négrier. Oui, cette ignominie écrite, des générations de religieux, artisans ou complices de crime contre l’humanité, l’érigeaient (toujours) en dogme infaillible et se transmettent l’enseignement, comme une relique révérée. L’insurrection par les mots et le geste a raffermi les rangs des abolitionnistes et stimulé leur désir de frapper la domination, au cœur. Il nous appartient de conforter l’offensive, par une campagne d’enrôlement massif à l’état-civil, en témoignage de notre soustraction volontaire à l’anonymat qui aliène et maintient l’échine courbée.

De cette fortune retentissante, il nous arriva aussi de récolter le fruit d’amertume : en plus de la torture de nos militants et de leur emprisonnement répétitif, nous dûmes subir de sporadiques défections dans nos rangs, qu’un flot d’adhésion constant venait combler. Nous avons survécu à un environnement très hostile où la compétition et l’hostilité des segments conservateurs, croisaient, souvent, les ambitions et faiblesses de certains de nos membres. A maintes reprises, les renseignements généraux nous enlevèrent certains de nos membres ou tirèrent profit de notre baisse de vigilance pour nous infiltrer et dresser contre nous, nombre de nos alliés objectifs. Aujourd’hui, nous apprenons de nos erreurs et tirons, de cet aveu autocritique, la force de nous réformer et concentrer sur les objectifs principaux du combat, loin des diversions, de l’orgueil individuel et de l’improvisation. Certains des camarades qui nous ont quittés ou avec lequel le lien organique s’est distendu à la suite d’un malentendu, restent des nôtres, s’ils sont toujours sincères et acquis aux principes de notre lutte. Je vous demande de renouer avec eux le fil de la discussion et de la collaboration sur le terrain, en prélude à leur retour.

Nous rendons ici hommage à toutes les militantes et militants, compagnons de route et sympathisants de l’ombre qui ont commencé ce parcours à nos côtés ou le rejoignent, à ceux décédés avant d’assister à la consécration, ni même voir se réaliser des victoires ponctuelles sur la société et l’Etat, je promets l’abnégation et la patience dans l’épreuve. Qu’il me soit permis, enfin, de rendre l’hommage de la solidarité internationaliste et de l’humanisme engagés, à toutes les sections IRA en Afrique, Europe, Amérique du Nord et Asie, avec un accent de gratitude aux amis étrangers sans qui nous ne serions aujourd’hui si audibles.

Demain, dès la fin de ce congrès que nous dédions à une grande dame, Mère Houleye SALL compatriote exemplaire en son refus de l’impunité, se rappellent, à nous, les objectifs en souffrance ; je citerai l’adhésion de notre pays aux Statuts de Rome créant la Cour pénale internationale (Cpi), l’abolition de la peine de mort notamment pour les délits et crimes d’expression et de conscience. Notre code pénal est saturé de motifs à torturer et tuer ; en ce sens, il encourage les pratiques sociales de l’hypocrisie, du faux et de la dissimulation.

Vive IRA – Mauritanie,
vive l’alternative non violente en Mauritanie.

Sur la foi de l’avenir d’égalité et d’équité auquel nous tendons passionnément, sachons nous souvenir, toujours, qui nous sommes et d’où nous venons !!

Biram Dah ABEID

ARRESTATIONS ARBITRAIRES ,RÉPRESSION ET INTIMIDATIONS À KAÉDI POUR UN PRESTIGE IMAGINAIRE

26/01/2018

Contraint de donner la vraie version des faits par respect à vos nombreux soutiens et à la forte mobilisation des militants des droits de l’homme et de la société civile lors de mon arrestation arbitraire dans ma ville natale à kaédi ce 26 Novembre 2017. Je me permets d’abord de remercier l’ensemble des militants, les amis et camarades du milieu associatif, la société civile ,et les ONG internationales , qui tous en un peu de temps ont secoué le cocotier de l’humanisme pour dénoncer et alerter au plus haut niveau afin de pouvoir échouer les plans diaboliques et les mensonges des autorités locales, sous pression pour une célébration festive d’indépendance dont les stigmates resteront indélébiles pour les populations du Gorgol et de Kaédi en particulier.

Rappel des Faits.

En vacances, comme il est souvent de mes habitudes d’attendre la fin de l’année, moment agréable à kaédi ou le climat est beaucoup plus clément et doux, je me suis rendu ce 26 Novembre 2017 en Mauritanie plus précisément à Kaédi , ma ville natale dans le sud Mauritanien. Curieusement tous les signaux étaient au rouge et la fièvre de la célébration de la journée d’indépendance était une obsession pour les autorités locales, les cadres de la région envoyés tous pour la circonstance mais aussi la population dont certains segments ont été amadoués, floués voire complètement anesthésiés, psychanalysés ou sevrés sur la seule et unique réussite de la cérémonie, mais aussi du faux semblant de popularité du président Mohamed Ould Abdel Aziz dans la région.

Compte tenu de cette situation électrique dans la ville, les autorités locales ivres d’une hypothétique réussite et de l’autre côté, les cadres de la vallée et certains segments de la population du Gorgol soucieux de préserver leurs privilèges ou de rêver à d’autres avantages, quitte à bazarder ou noyauter les intérêts fondamentaux de la région, sa stabilité légendaire et la dignité du Gorgolois. Malheureusement pour certaines catégories de gens ,anxieuses de préserver l’essentiel dans toutes leurs démarches et attitudes obeissaient aveuglement aux recommandations et instructions farfelues mettant ainsi en danger la concorde civile et la stabilitè de la région .C’est donc dans cette atmosphère que les autorités locales avaient initié des réunions extraordinaires avec bon nombre de Kaédiens et Gorgolois pour mettre en place non seulement la préparation de l’accueil du président de la république mais de créer un climat malsain entre les populations à travers l’outil du renseignement profitant de cette circonstance toute particulière de diviser pour mieux régner .Très vite le climat de délation de la dénonciation, des calomnies et des règlements de compte prennent place et des sommes faramineuses ont été mises à profit pour casser le tissu social, désagréger la société et monter les uns contre les autres pour tirer le maximum de dividende et de réussite pour cette fête d’indépendance, Avec de telles pratiques pouvons-nous au niveau individuel parler de notre indépendance , pour celle de l’état sa faillite économique et sa dépendance vis-à-vis de l’étranger est avérée ,très honnêtement personne ne penserait le contraire .L’introduction calamiteuse de la nouvelle monnaie sans pédagogie ,sans information aux populations est un indice révélateur de la faillite économique du pouvoir et de ces méthodes antidémocratiques.

Les autorités locales ayant réussi leur jeu de division et de sape dans la ville, le général Mohamed Ould Abdel Aziz a trouvé nécessaire de les faire assister par le Colonel de la gendarmerie Hassan konè, fin connaisseur de Kaédi, nous avons fait le Lycèe de Kaédi avec cet officier qui connait parfaitement bien les sensibilités, les familles, les coins et recoins de kaédi . Grâce à cette organisation locale à vouloir semer la zizanie à jamais entre les Kaédiens, 274 agents de renseignement ont été recrutés, parmi eux les taximan, les piroguiers, les boulangers, les chômeurs ….etc, et la machine à mentir, à dénoncer à se précipiter sur une nouvelle semblait désormais opportune en compensation à une quelconque rémunération. C’était donc la course aux nouvelles, aux dénonciations, aux règlements de compte et à d’autres attitudes et comportements indignes de Dinbéens, voulant chacun ,coute que coute se faire un nom, une notoriété ou se voir plus utile ou plus apte que l’autre dans leur sale bésogne. Le 26 Novembre 2017 juste à mon arrivée, comme il est de coutume chez nous d’aller présenter immédiatement ses condoléances à la suite du décès d’un proche ,je me suis rendu à ma grande famille à Diagana Nkunda, chez l’Iman de la grande mosquée pour lui présenter mes condoléances suite aux différents décès dans notre cour.Aprés mes cérémonies de condoléances donc à peine arrivé, j’ai traversé la longue rue de la mosquée, naturellement, cette rue ressemble pour nous Gattagois de kaedi à la rue des champs Elysée à Paris ou l’on rencontre beaucoup de monde et les longues salutations fusaient entre moi et beaucoup de Kaédiens, avant d’arriver chez ma vieille maman de 92 ans que je voulais tant voir avec l’ensemble de ma famille. Vers 22 heures débarquent un escadron de policiers, âpres avoir minutieusement encerclé la maison et quatre d’entre eux rentrent à ma recherche , trouve ma mère devant l’entrée du bâtiment avec l’une de mes sœurs et ils demandent Mr Diagana Mamadou Youssouf , surprises et étonnées par leurs attitudes et fougues, la maman répondait que je ne suis pas là ,alors les mauvais souvenirs de mes précédentes arrestations d’Octobre 1987 et celle de Novembre 1990 lui revenaient ,elle avait commencé à paniquer à perdre son sang-froid .C’est en entendant ce brouhaha incompréhensibles ,pendant que je déballais mes bagages que je suis sorti pour voir ce qui se passer dehors et je trouvais quatre policiers dont le commissaire à ma recherche , sans rentrer dans les détails de l’altercation et des premiers échanges houleux, j ai fini par les suivre au commissariat afin de savoir le pourquoi de cette violation du domicile et de la vie privée et surtout sans un mandat quelconque car aucune justification ne permettait sur la base d’un soupçon de gêner la tranquillité d’un citoyen ordinaire comme moi.

La première légitimité d’un état est d’abord la protection de ces citoyens et me voilà chez moi en vacances ou l’on vient violer mon intimité, ma convivialité et ma tranquillité familiale au premier jour de mon arrivée sous le fallacieux prétexte d’une dénonciation d’un crève la faim à la recherche de quelques cacahuètes pour survivre, en inventant ou vendant aux autorités ma venue expresse à kaédi pour troubler, saboter ou perturber les cérémonies des festivités de l’indépendance. Comment dans un état de droit peut-on s’arroger du droit de violer le domicile et la tranquillité mentale et psychologique d’une vielle dame de 92 sous une pseudo dénonciation de la présence d’un opposant au régime ?A quelle juridiction pourrai je me plaindre pour cet abus inexplicable ? J’y réfléchis, je me concerte et m’associerai aux bonnes volontés et aux bons conseillers juridiques pour que ces genres de choses sont révolues en Mauritanie. Et qu’aucun citoyen à tort ne soit arbitrairement arrêté sur la base des ragots .

Quelques questions du commissariat de kaédi ce 26 novemvre 2017 à 22h

1) pourquoi êtes-vous à kaédi dans cette période? 2) Quelle est votre intention? 3) Pourquoi vous êtes opposant au pouvoir et que vous essayez de manipuler la jeunesse?4) Pourquoi vous ne voulez pas profiter comme tout le monde du système et rester tranquille? 5) L’organisation contre les violations des droits humains (OCVIDH) et la CAMME sont des tribunes du monde occidental ne parlant que du mauvais de la Mauritanie et vous êtes bien Mr Diagana à la tête de ces organisations? Beaucoup de vos écrits parlent du passif humanitaire, vous ne pouvez pas oublier ce sujet, pourquoi vous revenez toujours sur ces questions qui semblent trouver un règlement de la part du président Aziz ? etc… beaucoup d’autres questions encore plus marrantes et amusantes ont été posées, croyant pouvoir m’intimider ou me changer d’avis sur mes options et positions de militant des droits de l’homme. Chers compatriotes imaginez bien mes réponses à ces questions insensées, malheureusement, vouloir les étaler ressemblerait à de la vanité alors que le but de cet écrit est de dénoncer toutes ces fausses rumeurs et échanges dans les réseaux sociaux sur cette s arrestation et ces conditions . Il est à noter que je n’ai pas du tout été torturé ni déplacé hors de kaédi contrairement aux talentueux commentateurs. Je ne pourrai répondre que j’assumais, ces positions qui furent mon combat de tous les jours contre les injustices, les arbitraires et l’impunité, celles qui sont à l’origine de mon exil du fait d’avoir été témoin oculaire des exactions et des tueries extrajudiciaire, comment pourrai-je trahir ma conscience et trahir ces amis qui me confiaient leurs derniers mots avant leur dernier souffle dans les bagnes de la terreur . Non cela ne me ressemble pas ni à celui d’entre vous , qui a bercé dans la morale Islamique et du respect de l’humain dans toutes ces dimensions sans distinction de race et de couleur . C’est bien ce refus d’abdiquer qui est à l’origine, de ma séparation avec mon pays, ma ville et ma famille depuis des décennies pour que triomphe la vérité sans haine ni rancune et sans esprit de vengeance. Les voilà vouloir s’amuser avec cette fibre sensible, celle que Ould Taya et ses acolytes ne sont jamais arrivés à casser pendant de longues années de tentatives de corruption et de sape à tous les niveaux. A travers leurs questions insensées qui ne peuvent dissuader un militant de droit de l’homme ou tout simplement tout citoyen lambda convaincu et averti des graves violations des droits humains en Mauritanie, mes réponses ne peuvent qu’être qu’à la dimension et à la hauteur de mon parcours de militant inlassable pour balayer la culture de l’impunité , du racisme et de l’exclusion en Mauritanie. C’est donc dans ma compréhension ces discours et cette logique qui dérangent, pourtant c’est bien la vérité et c’est les raisons fondamentales de cette intimidation rocambolesque.

Comment notre police nationale peut-elle être instrumentalisée puis injustement arrêté de paisibles citoyens en vacances chez eux sous le prétexte d’une sécurisation excessive d’un cirque présidentiel dont le but est de leurrer , camoufler les vraies souffrances et manquements des populations,? Je ne pourrai en vouloir à toute cette police locale , ni même à certains fonctionnaires qui, malgré la pression et les ordres sordides travaillaient avec leurs consciences et ‘intelligence et arrivaient à séparer la paille de la graine, en ne voulant guère tomber dans les pièges de l’excès et des abus des autorités locales en ivresse de réussir à une quelconque promotion. J’encourage ces genres de fonctionnaires au passage de persévérer dans le droit chemin et de ne point céder aux mensonges et aux manipulations du pouvoir dans l’exercice de de leur fonction régalienne. Naturellement je tairai leurs noms mais l’exemplarité payera car ce pouvoir n’est point éternel et l’histoire leur donnera raison à tout point de vue.

Ces questions et réponses ont duré quasiment 3 heures d’horloge au bon vouloir du pouvoir oppresseur de Mohamed Ould Abdel Aziz, me privant de l’affection maternelle et du « Salamou aleykoum » fraternel que devait bénéficier tout hôte à son arrivée dans son terroir. un mensonge grotesque d’un dénonciateur en quête de miette de la part des renseignements généraux est venu perturber ma joie et ma liberté toute nouvelle avec ma famille sans compter la grande inquiétude et tristesse ‘d’ une mère, assez avertie des méthodes de nos renseignements généraux pour avoir souvent écouté les atrocités de nos tortures de 1990 à Jreida et à Mbeika .

Le Constat des ragots des réseaux sociaux

Après avoir constaté que beaucoup de contrevérités ont été dites sur l’ensemble des réseaux sociaux sur cette arrestation, il était de mon devoir d’y revenir mais beaucoup de non-dit resteront car beaucoup attendaient de moi des accusations sur un tel ou sur un tel, c’est méconnaitre mon caractère et mon comportement pour me demander de rajouter au déshonneur un autre déshonneur car tout cela ne pouvant profiter qu’à nos oppresseurs. Ce dénonciateur a déjà mon pardon, je continuerai beaucoup plus à les faire adhérer au bon camp, au camp de la morale de l’intelligence , de la cohésion nationale et de l’amour entre les peuples ,qu’à accentuer les divisions et les animosités gratuites sans lendemain et sans issue. Mais il est de mon devoir de rétablir certaines vérités, il est quasiment faux que Diagana Ibnou était rentré en pleine nuit par pirogue à Kaédi avec tous les ragots rapportés par ci par là dans les réseaux sociaux, en essayant d’alimenter la haine mais surtout la rage du pouvoir autocratique .Mon opposition aux injustices, aux inégalités, à l’exclusion et à l’impunité ne peuvent faire de moi un homme violent ou haineux ,ma lutte prône le pacifisme et je pense avoir compté des années malgré la surdité et la myopie des pouvoirs successifs à nos appels incessants de soif de justice,de proner la patience et l’exemplarité dans la lutte qui est la notre . Je suis donc comme tout autre kaédien ou Mauritanien, attaché à l’hospitalité à la cohésion et à l’harmonie entre tous les citoyens, vouloir me comparer à un extraterrestre serait une erreur d’appréciation que je tiens modestement à préciser à tous ces nouveaux venus du monde de la communication et de la diffamation.

Kaédi ville d’une vieille tradition d’accueil et de rencontre des civilisations.

En temps normal, avec une présidence normale, au lieu du saupoudrage des problèmes que l’on refuse de solutionner depuis plusieurs décennies en refusant d’y donner des réponses adéquates ou solutions définitives. Peut-être que nous n’en serions pas là à contester et à douter de la légitimité ou non de la journée de l’indépendance nationale . C’est quand la parole de l’autorité baigne dans l’arrogance, la provocation, dans le sentiment d’humiliation, de division des citoyens et de frustration des populations qui pleurent à la même date les assassinats par certains de ces autorités militaires en fonction ,que la question du 28 Novembre devient problématique et crée à juste titre des incompréhensions et des heurts dans les consciences car la culture de l’impunité est sciemment encouragée et entretenue par l’état et ses dirigeants qui piétinent nos institutions et les plus fragiles des citoyens continuent d’en souffrir terriblement.

Autrefois, à kaédi à la veille des indépendances, toutes les écoles s’activaient, le drapeau national était dessiné minutieusement par chaque élève ( attention sans les deux bandes rouges) et la concurrence entre les écoles, les maitres et autres catégories de la population était rude mais passionnante .Pourquoi cette même fête d’indépendance devient aujourd’hui problématique et ne retient plus l’attention d’une catégorie de nos composantes nationales? Au lieu de trouver une solution nationale à un problème national, on laisse perdurer dans l’insouciance dans l’espoir de faire oublier hypothétiquement des crimes. Malheureusement cela pourra encore durer des années, mais l’oubli n’aura jamais de place dans pareille circonstance.

Sur le plan religieux et humain kaédi a toujours été un lieu de rencontre culturel, social et religieux grâce à ces universités religieuses traditionnelles à ses mosquées et Zawiya historiques que les historiens ont eu très souvent à citer et à décrire Je ne donnerai qu’une seule illustration de cet accueil et de ce brassage entre les civilisations qui marquent l’histoire de kaédi c’est celle de Cheikh Sidi Mohamed Lakhdal , vers les années 1800 largement passées ,le passage de cet homme de Dieu , Cheikh Sidi Mohamed Lakhdar venant de Tlemcen (Algerie) à la recherche du (Qutb ) en l’occurrence Cheikh Hamahoullah de Nioro du sahel pour lui remettre la succession de la Tariqa 11 grains , aprés 23 ans à sa recherche ,il fut bel bien accueilli à Kaédi chez les Diagana plus précisément à » DALIILU » pendant qu’il voyait la lueur de Cheikh Hamahoullah vers Nioro et les gens de kaédi avaient bien embrassé 8 ans la Tariqa 11 grains avant même que Hamahoullah n’ait le don. par cet envoyé mystique de Cheikh Tahara .Tant d’autres érudits et sages de la sous-région ont bénéficié de l’accueil des kaédiens sans contrepartie,sans compter de nombreux présidents Africains et Arabes accueillis par le Maire de la ville, feu Youssouf Koita, faisant l’honneur et la grandeur des Dinbéens. Alors si l’accueil d’un président de la république fait polémique et des dissensions entre Dinbéens, il était du devoir de ce président de revoir sa copie et de créer enfin les conditions d’une Mauritanie réconciliée, créer les conditions idoines d’une cohabitation saine, d’une égalité parfaite entre les citoyens et l’abandon des pratiques inhumaines qui sont l’esclavage et le racisme. En temps normal, à situation normale, qui pourrait contester ou contrecarrer la présence d’un président à l’intérieur de son pays. Alors revisitons notre histoire notre présent pour que demain soit une vie paisible pour les Mauritaniens qui viendront après nous. Cela dit clairement que nul ne peut mettre en doute l’hospitalité et les qualités d’accueil des kaédiens si ce n’est ce contexte troublant de mépris et de perpétuelle provocation à des desseins inavouées de la part du pouvoir en place

Mobilisation des cadres et populations plus asphyxie de l’économie lors de cette cérémonie

Il a été remarqué que cette cérémonie d’indépendance n’est rien d’autre qu’un gouffre financier pour notre économie nationale et locale, qui tourne déjà au ralenti. On se plait de mobiliser tous les cadres de notre administration en créant une paralysie dans les services de l’état, les envoyant assister tous sans exception à une cérémonie, à une séance d’applaudissement ou de prise de thé pendant que les malades souffrent par exemple dans les hôpitaux pour ne citer que cette institution malade mais qui s’occupe tout de même des malades. Les marchés et les boutiques étaient contraints à la fermeture et les populations des villages reculés sommés d’emprunter tous, des camions affrétès pour venir assister à la fête du chef. A travers cette pratique on assiste à l’asphyxie de notre économie avec toutes les conséquences sur la vie des plus fragiles qui peinent à joindre les deux bouts avec la flambée des prix, escamotée actuellement par le changement de monnaie, soit disant un zéro en moins comme si cela resoudrait le probléme du panier de la menagère.

Alors, quel bilan ai-je tiré de cette cérémonie,? galère, autocratie, confusion entre les institutions est un homme qui est le président de la république, confusion entre les biens publics et les biens privés, prise en otage des populations et mise en veilleuse de leurs activités ,fragilisation du tissu social , désunion etc…

Réalisations trompe l’œil de l’indépendance à kaédi et faille sécuritaire

EH oui l’artère principale entre l’aéroport est très belle, goudronnée, élargie, au gouvernorat de nouveaux bâtiments réalisées, des poteaux électriques pour la lumière dans la ville, 2 feux rouges, mais tout cela à quels coups ? Pour quels buts ? Pour quels impacts économiques ? Quelles étaient les entreprises en charge de leurs réalisations ? La priorité était-elle l’installation de deux feux rouges à kaédi au détriment de nos écoles ou les élèves s’entassent par centaine dans les classes? Ne fallait-il pas donner la priorité aux éleveurs et aux agriculteurs en cette période cruciale de la sècheresse au détriment de 2 feux rouges ou oranges ou les charretiers, taximan et policiers daltoniens ne savent ou ne peuvent faire la différence entre rouge et orange ? L’hôpital de kaédi ne compte que 2 médecins pour une ville qui compte environ 100 000 habitants, il n y ‘avait-il pas suffisamment de raison de ne pas dilapider nos biens avec les factures de la menthe , des tapis, du méchoui et des balivernes à la bagatelle des millions , pendant que les malades chiffrent dans un hôpital désertique. Les enfants exclus de l’éducation à l’âge de 10 ans faute de documents d’état civil volontairement voulu par le pouvoir ne sont-ils pas des priorités ? L’assainissement de la ville source de maladie n’est elle pas une priorité?

Le constat est que le général Mohamed Ould Abdel Aziz endort les villes avec cette mascarade de fête à la tirelire ou les caisses de l’état sont vidées non par pour l’essentiel dont par exemple l’éducation et l’insertion de la jeunesse mais pour sa promotion et celle de permettre à des entreprises alliées de s’enrichir et d’engranger des bénéfices exorbitants sur le dos de nos maitres économies nationales et locales. Le souhait de notre président de rentrer dans l’histoire en touchant aux différents symboles dont l’hymne, le drapeau, la monnaie sans que l’on définisse et observe les intérêts de la nation sont les indices d’une personnification qui rongeraient incontestablement au développement harmonieux de la Mauritanie.

Si l’on devait tirer un bilan ce que nous avons eu deux feux rouges mais sans écoles ni éducation, ni bibliothèque, ni salles de sport, ni centres de formation professionnelles adaptées à l’insertion de la jeunesse. A la place de tout cela on nous fait croire que le boulevard de l’aéroport est beau. Et après, allons-nous manger du goudron comme le disent mes amis Ivoiriens de la diaspora? Chers compatriotes l’exemple kaédien vaut pour tous le pays de Néma à Zouérate, vous ne pouvez pas et devez pas ignorer ou laisser faire ces abus.

Malgré ces sommes faramineuses destinées à la sécurité au démantèlement du tissu social, et la sécurisation systématique du défilé de la cérémonie d’indépendance, les braves veuves et orphelins des victimes des tueries extrajudiciaires ont reçu à démontrer l’incapacité et la nullité du corps sécuritaire ,puisqu’ils sont arrivés malgré le cordon sécuritaire ,les agents de renseignements dans toutes les rues et recoins à dérouler leurs banderoles au passage du cortège présidentiel avec tout ce que cela a comporté comme désagréments , de répression et d’arrestations arbitraires. Comment en démocratie peut-on interdire les voix discordantes et ainsi réprimer aussi sauvagement toute opposition à s’exprimer si les intentions de notre président étaient si sincères?

Chanter que kaédi est devenu, beau et que désormais les chameaux s’arrêtent aux feux rouges ou oranges c’est vraiment passer à côté des priorités des kaédiens, c’est aussi méconnaitre la douleur et la souffrance des victimes .Quand la date du 28 Novembre devient une date de provocation du pouvoir en connaissance des causes du malaise des uns contre les autres sous l’œil d’une justice inféodée et instrumentalisée on est forcément indexé d’être dans la surenchère et dans la provocation. Question à nos lecteurs, Faut-il attendre les cérémonies d’indépendance pour construire ou faire semblant de quelques réalisations rares dans ce pays ?

Alors croire que nous allons nous taire à la suite de ces arrestations arbitraires ,aux répressions et aux intimidations c’est vraiment ne pas comprendre notre soif et détermination pour une Mauritanie, harmonieuse, plurielle ou les discriminations, l’esclavage et le racisme seront définitivement derrière nous Si c’est cela le motif de nos arrestations , d’autres suivront car la vérité est révolutionnaire et appartient à Allah, nous autres, sommes mortels et d’autres reprendront inchallah le flambeau de l’humanisation et du vrai developpement de la Mauritanie. Croire que par ces methodes nous tirerons la Mauritanie vers le haut, c’est rêver profondément , c’est se donner bonne conscience et endormir les ésprits fragiles, je refuserai l’apocalyspse pour mon pays et serai du côté des justes.pour dénoncer les abus. Si j’ai eu à blesser quelqu’un par cet écrit, à savoir que tel n’est point son but, je lui demande pardon. Il me fallait ma version des faits pour laver ma conscience et rétablir la véritè et rien que la vérité.

wa salam à tous

Ibnou Youssouf Dagana

Paris le 26 Janvier 2018

Crédit source: site OCVIDH est le site officiel de l’organisation contre les violations des droits humains en Mauritanie

La commune de Lehraj : quelques données sur ce nouveau chef-lieu d’arrondissement.

Ci-après quelques éléments importants sur cette commune étendue dans le département de Ould Yengé, devenue par décret datant du jeudi 25 janvier 2018 lors du conseil des ministres, un chef-lieu d’arrondissement . Cette nouvelle zone administrative regroupe les communes de DAFORT et de Bouanze.

《1. Présentation de la commune de Lehraj

1.1Contexte géographique

La commune de Lehraj est limitée au Nord par Ould Yenge, à l’Est par la commune de Kankossa, à l’Ouest par la commune de soufa ( Gorgol) et la commune de Bouanze , au Sud par la commune de Leweinat, au Nord par la commune Sany(Assaba). La commune de Lehraj est la plus étendue au Guidimakha avec 1043 km 2.

1. 2 Eléments socio-économiques

La commune de Lehraj est l’une des communes les moins peuplées de la Moughata de Ould-yenge, avec une population estimée à 9000. Les populations sont en majorité Maures de la tribu de Lemjeijta et Zebeiratt et des Peuls, Foulabé et Foulbé Diéry. La commune de Lehraj est une Zone de confluence des troupeaux de la région du Guidimakha, du Gorgol, et de l’Assaba. Les principales activités sont l’agriculture, l’élevage et le commerce.》selon Doc cmap.mr

NB (date non précisée pour les données)

25 – 01 – 2018 : communiqué du conseil des ministres du jeudi 25 janvier 2018


AMI – Le Conseil des Ministres s’est réuni le Jeudi 25 Janvier 2018 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République.

Le Conseil a examiné et adopté les projets de décrets suivants :

– Projet de décret portant création de la Moughataa de Ghabou

Le présent projet de décret a pour objet la création dans la Wilaya de Guidimagha d’une Moughataa dénommée Moughataa de Ghabou dont le chef- lieu est Ghabou et qui regroupe les Communes de Gouraye, Ghabou, Baidiam et Souf.

– Projet de décret portant création de l’Arrondissement de Tachott

Le présent projet de décret a pour objet la création dans la Moughataa de Sélibaby d’un Arrondissement dénommé Arrondissement de Tachott dont le chef- lieu est Tachott et qui regroupe les Communes de Oul Mbonny, Tachott et Hassi Chegar.

– Projet de décret portant création de l’Arrondissement de Lehraj

Le présent projet de décret a pour objet la création dans la Moughataa de Oul Yengé d’un Arrondissement dénommé Arrondissement de Lehraj dont le chef- lieu est Lehraj et qui regroupe les Communes de Lehraj, Bouanz et Dafor

– Projet de décret portant création de la Moughataa de Bennichab

Le présent projet de décret a pour objet la création dans la Wilaya de l’Inchiri d’une Moughataa dénommée Moughataa de Bennichab dont le chef- lieu est Bennichab.

– Projet de décret portant création de l’Arrondissement Mhaijratt

Le présent projet de décret a pour objet la création dans la Moughataa de Bennichab d’un Arrondissement dénommé Arrondissement de Mhaijratt dont le chef- lieu est Meheijatt.

– Projet de décret portant modification de certaines dispositions du décret n°2014-182 du 1er décembre 2014 portant statut particulier des corps des eaux, forêts et chasse.

Le présent projet de décret a pour objectif, d’une part, de définir des insignes de grades spécifiques et sans équivoques aux différents corps des eaux, forêts et chasse et, d’autre part, d’harmoniser les couleurs des insignes nationaux distinctifs de ces corps avec celles du drapeau national.

Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Le Ministre de la Culture et de l’Artisanat a présenté une communication sur les évènements proposés pour jouer l’Hymne National.

Cette communication propose l’élargissement des événements à l’occasion desquels l’Hymne National est joué notamment à la levée quotidienne du drapeau dans les écoles, en plus des événements officiels.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes :

Ministère de la Culture et de l’Artisanat

Cabinet du Ministre

Conseiller chargé des Affaires Juridiques : Aadnane Ould Beirouk, précédemment Directeur de l’Action Culturelle

Inspection Interne

Inspecteur Général : Sidi Abdellah Ould El Boukhary, précédemment Directeur de la Bibliothèque Nationale

Administration Centrale

Direction de l’Action Culturelle

Directeur : Ouleid Nass Ould Hennoun, précédemment Conseiller chargé des Affaires Juridiques au même Ministère

Etablissements Publics

Bibliothèque Nationale

Directrice : Ebneta Mint El Khaless, précédemment Directrice de l’Institut Mauritanien de Recherche et de Formation

Institut Mauritanien de Recherche et de Formation

Directeur: Youba Ould Cheikhna, précédemment Inspecteur Général au même Ministère

Ministère Délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères chargé des Affaires Maghrébines, Africaines et des Mauritaniens de l’Etranger

Cabinet de la Ministre

Chargé de Mission : Mohamed Bamba Sidi Mohamed Bobe, précédemment Conseiller au même Ministère

Conseillère chargée des Mauritaniens de l’Etranger : Toutou Regad, précédemment Directrice du Maghreb Arabe

Administration Centrale

Direction Afrique

Directeur : Mohamed Hanchi Dehah Kettab, précédemment Conseiller à l’Ambassade de Mauritanie à Dakar

Crédit source: cridem.org

IRA-MAURITANIE : COCOMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dans la nuit du 22 janvier 2018, l’espace Rencontre et Fraternité, chez le président d’IRA – Mauritanie Biram Dah Abeid à Riyadh dans la banlieue Sud de Nouakchott, reçoit deux dirigeants de partis d’opposition mauritaniens, membre du G8. Il s’agit de Ahmed ould Daddah, président du RFD, opposant historique aux dictatures militaires en Mauritanie, redoutable challenger de leurs candidats depuis 1992, membre éminent de l’internationale socialiste. Abdessalam ould Horma, militant de première heure de la tendance nationaliste arabe baathiste de Mauritanie, universitaire et président du parti Sawab. Biram Dah Abeid a accueilli les deux présidents et leurs staffs ainsi que Mohamed Ali Yeslem Ethman, , secrétaire général du mouvement des jeunes: Touche pas à ma Constitution, membre du G8.
Abdessalam ould Horma avait ce soir la tâche délicate de répondre aux questions des blogueurs et blogueuses d’IRA-Mauritanie. Pendant deux heures d’horloge, Ould Horma doit apporter des réponses aux questions allant de l’implication présumée de son mouvement dans la tentative d’épuration ethnique en Mauritanie, l’inertie à propos de l’esclavage et la discrimination contre les hratin, passant par les moyens d’unir les différents compartiments de l’opposition au pouvoir du général Mohamed ould Abdelaziz, hétérogène dans ses valeurs et souvent divisée à l’instar de la société mauritanienne de nos jours, et allant jusqu’à l’alternance, quelle alternance pour la Mauritanie, en 2018-2019.
Ould Horma a réitéré son engagement contre l’esclavage sous toutes ses formes, sa position favorable sur le rétablissement dans leurs droits de toutes les victimes de la tentative d’épuration ethnique, des exécutions et déportations et s’est déclaré à œuvrer à partir de l’alerte que le président d’IRA – Mauritanie à fait parvenir à la société civile et aux partis politiques et qui vise à réunir toutes les oppositions dans un seul front pour une alternance pacifique, démocratique et constitutionnelle.
A la fin des échanges, le président du RFD, dont l’allocution a clôturé le débat, a salué la pertinence de l’initiative du président et des militants d’IRA – Mauritanie, qui a engagé, d’une manière nouvelle, les débats et échanges entre les factions de l’opposition, entre les franges de la société mauritanienne; c’est que les suspicions s’estompent, les méfiances se dissolvent et l’intégration de toutes les causes en une et une seule pour le peuple mauritanien. Le président du RFD a salué les réponses du chef du parti Sawab qui a étayé les manœuvres des différents régimes de dictatures, visant à trouver des boucs émissaires pour leurs propres exactions.
Ahmed ould Daddah a mis l’accent sur la nécessité pour la classe dirigeante mauritanienne, de répondre aux questionnements des jeunes, et de fonder son programme d’action à partir de ces questionnements incontournables.

Nouakchott le 23/01/2017 La commission de communication

Crédit source: Réseaux IRA-MAURITANIE.

IRA-MAURITANIE : COMMUNIQUÉ DE PRESSE 

Dans le cadre de recherche continue de consensus face aux défis pendants et prévisibles en Mauritanie, le Président Biram Dah Abeid vient d’entamer, avec ses pairs de l’opposition et de la société civile, une série de concertations. Celles-ci tendent, toutes, à favoriser, avant l’élection du Président de la république en  2019, les bases d’une alternance au sommet de l’Etat, afin de soustraire le pays, de manière structurelle et définitive, à l’hypothèque du gouvernement militaire. 

Ainsi, Biram Dah Abeid a-t-il rencontré :

– le 29 décembre 2017, Messaoud Ould Boulkheir, de l’Alliance Populaire Progressiste (APP). 

– le 30 décembre 2017, Ahmed Ould Daddah, du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD).
– le 2 janvier 2018, Lo Gourmo Abdul et d’autres membres dirigeants de l’Union des Forces du Progrès (UFP).


– le 4 janvier, Hamidou Baba Kane, du Mouvement Pour la Refondation (MPR). 

– le 5 janvier, Mohamed Ould Dahane, de Touche Pas à ma Constitution (Tpmc,).



– le 7 janvier, Samba Thiam Forces Progressistes pour le Changement (FPC) Mr Samba Thiam.



– le 7 janvier, Mohamed Mahmoud Seyidi, du Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (Tawassoul).
– le 8 janvier, Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah, de la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM).



– le 8 janvier, Ibrahima Moctar Sarr, de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD/MR).



– le 9 janvier, Mohamed Ould Maouloud, de l’Union des Forces du Progrès (UFP).



– Le 10 janvier, Samory Beye de Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM).



– Le 11 janvier, Le chef de file de l’opposition démocratique, Mr Hassane Ould Mohamed, le président du Forum des Organisations Nationales des Droits de l’Homme Mr Sarr Mamadou, la Coalition Action contre la Discrimination Raciale et l’Exclusion (CADRE), Mr Fara Oumar Ba, le président du parti WIAM, Mr Boidiel Houmeyd.



– Le 12 janvier, le président de SOS esclaves, Mr Boubacar Messaoud



La dynamique se poursuivra en vue de s’élargir à  l’ensemble des acteurs, bien au-delà des clivages et distinctions observés jusqu’ici entre opposition « radicale », « boycottiste », « dialoguiste » et/ou « participative » ; de même dépassera-t-elle la diversité associative, qu’elle soit porteuse d’alternative socio-économique ou dans le domaine des droits humains. 
Est-il besoin de le rappeler,  il ne s’agit, ici, de la requête d’une personne ou d’une entité spécifique mais d’un processus fécond qui doit s’épanouir pour imposer la faculté du changement démocratique, dans la transparence, le respect de la légalité et le primat du suffrage universel direct sur le chantage des armes et l’influence de l’argent.
L’objectif ne consiste à susciter la révolte, la confrontation ni même la compétition de deux camps ; non, la présente démarche vise à créer et asseoir, par la négociation du cadre préalable, les règles d’un jeu pacifié et juste où le dernier mot reviendrait au verdict des urnes. Grâce à un minimum d’entente sur les conditions formelles du pluralisme et la nécessaire impartialité du gouvernement sortant, la Mauritanie s’économiserait bien des épreuves et une dépense inutile d’énergie, sous peine, sinon, d’endurer l’épuisement fatal, au terme d’une décennie de déconfiture. 

Nouakchott, le 18/01/2018      

La Commission de communication
Crédit source: MILIEUX PROCHES IRA. 


Mauritanie: l’assemblée donne son feu vert pour l’adoption des régions 


Les Mauritanies – L’Assemblée nationale a approuvé, lundi, 8 janvier un projet de loi organique sur l’introduction de la Région comme collectivité territoriale administrée par des organes élus au suffrage universel direct.

Cette réforme territoriale revoit une nouvelle carte de Mauritanie avec des régions. Des conseils régionaux répartis sur l’ensemble du territoire, qui assureraient la promotion de la décentralisation et de la bonne gouvernance.

En effet, le projet de loi fixe des conditions d’éligibilité des présidents du conseil et celles de la gestion des affaires et des compétences propres de la Région transférées par l’État, tout en évitant les risques souvent associés à l’allègement de la décentralisation.

Toutefois, les actes de la Région sont soumis à la tutelle exercée par le ministre chargé de la décentralisation et le ministre chargé des finances avec un budget qui leur est propre servant à alimenter des dotations d’investissements.

La région est administrée par deux organes : un organe délibérant (le conseil régional), élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans et un organe exécutif composé d’un président élu au suffrage universel direct et plusieurs vice- présidents en fonction du nombre des conseillers régionaux élus par leurs pairs.

La dissolution du conseil régional ou la destitution de son président est une mesure que dictent les exigences de la tutelle en cas de contravention à la loi. Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdallah a expliqué dans exposé sur les régions ; que l’agglomération de Nouakchott est érigée en une collectivité territoriale régionale unique, avec la suppression de la Communauté Urbaine de Nouakchott.

Tandis qu’à la circonscription administrative de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, il est créé une collectivité territoriale dénommée Région de Dakhlet Nouadhibou, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, ce projet de loi organique s’inscrive dans le cadre de l’action du gouvernement tendant à mettre en œuvre la réforme constitutionnelle opérée aux termes de la loi constitutionnelle référendaire N° 2017-022 du 15 août 2017.

Crédit source: http://www.cridem.org 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE: RENCONTRE IRA/FPC

Ce 7 janvier 2018 une délégation de l’IRA, conduite par son President Biram Dah Abeid , a été reçue , à sa demande, par Le Président des FPC, Mr samba Thiam, entouré de ses proches collaborateurs, membres du Bureau National et de la Fédération .

La  visite de courtoisie avait pour objet, en plus de renouer le contact entre des partenaires naturels , de passer  ensemble en revue les  problèmes d’intérêt national.
Face aux défis du moment , les deux Pésidents ont évoqué ,dans leur tête-à-tête , la nécéssité d’explorer les voies et moyens de rassembler l’Opposition dans toute sa diversité .

les deux délégations ont convenu, avant de se séparer, de maintenir un contact bilateral  aux fins  de privilégier  concertations et  échanges sur l’évolution politique intérieure du pays . 

 

Noukchott 7 janv 2018.
Le Département de Communication.
Crédit source: Post FB  Kaaw Touré, membre FPC


Communiqué de presse : Rencontre de BDA avec la frange des mauritaniens actifs dans la pêche artisanale.


Le 5 janvier 2018, à l’initiative du président de  l’association des pêcheurs wolof originaires des départements de Keur Macène, Rosso et Rkiz, Yali Ndiaye, le président d’IRA – Mauritanie, Biram Dah Abeid, à rendu visite à un regroupement de membres de ce secteur à Sebkha (Nouakchott). Les pêcheurs ont voulu rencontrer le leader abolitionniste pour lui exprimer leur soutien et pour l’édifier sur les obstacles de plus en plus grands que les autorités mauritaniennes mettent devant les travailleurs affiliés à ce secteur. 

Yali Ndiaye, l’initiateur de la rencontre, à loué l’engagement du président d’IRA auprès des différentes couches de la société luttant pour leurs émancipations; il a rappelé l’esprit de sacrifice et l’espoir qu’insuffle IRA – Mauritanie et son leader aux populations mauritaniennes assoiffées de changement pouvant bannir à jamais le racisme, la discrimination, mais aussi la corruption et l’injustice en tout genre.  Yali Ndiaye a incité l’assemblée à appuyer IRA et son président dans leurs efforts pour une nouvelle Mauritanie.

Ensuite ce fut le tour du vieux Alioune Fall, doyen du groupe, qui appelle au soutien inconditionnel à IRA – Mauritanie et fond en larmes; Alioune Fall salue les sacrifices de Biram Dah Abeid et déplore que lui et ses semblables soient relégués par le système à la loge de citoyens de seconde zone à cause de leur langue et de leur couleur. 

Idrissa Teuw, un sexagénaire, avec beaucoup d’amertume s’apitoie sur le sort des générations présentes et futures parmi les populations noires de Mauritanie. Teuw affirme qu’il a assisté à la sortie de plusieurs vagues de pêcheurs artisanaux composées uniquement de noirs alors que d’autres écoles d’excellence forment uniquement des arabo-berbères. Il affirme qu’avec ce partage de tâche voulu et orchestré par l’État la domination raciale s’officialise et s’enracine. 

Enfin le professeur Cheikh Seye, professant à Ndiago, membre d’IRA – Mauritanie section Keur Macene, a fustigé la politique du régime mauritanien qui agit pour mettre en péril l’éducation des enfants noirs de Mauritanie; il s’appuie sur l’exemple du collège de Ndiago: un collège dont l’effectif normal des professeurs est de neuf (9) professeurs alors que le ministère de l’éducation mauritanien n’a doté ce collège que de trois(3); donc six(6) matières de moins dont les mathématiques. Seye dénonce une politique officielle de sape contre les enfants des populations noires de Mauritanie.

Biram Dah Abeid remercia l’assemblée et félicita Yali Ndiaye de son engagement et de sa persévérance comme membre dirigeant actif d’IRA – Mauritanie; il assura l’assemblée de la détermination d’IRA à prendre en charge tous les problèmes douloureux invoqués; cette prise en charge, dira Biram Dah Abeid en substance, sera dans le cadre de l’action militante, légale et pacifique d’IRA dans le cadre de sa vision pour la Mauritanie, les droits humains, la paix sociale et le bien-être de tous. Biram Dah Abeid dira aussi que les questions qui taraudent le pays auront aussi un cadre de résolution au sein du programme du projet de société que le candidat aux élections présidentielles en 2019, Biram Dah Abeid, va proposer aux MAURITANIENS.

BDA appelle à la persévérance dans le combat pacifique, la patience et la démarche d’unité.

Nouakchott le 07/01/2018                              la commission de communication

Biram Dah Abeid : « Des Noirs mauritaniens sont possédés par des Mauritaniens arabo-berbères » 

Mauritanie

Biram Dah Abeid est  la figure emblématique de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie, une pratique qui subsiste sous plusieurs formes, malgré les efforts entrepris pour y mettre un terme définitif. Mais son combat n’est pas du goût de tout le monde dans un pays où il est poursuivi en justice et qu’il a souvent quitté pour s’établir au Sénégal voisin. Ce militant des droits de l’homme, qui dirige l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie, porte un regard critique sur l’attitude de l’Union africaine face à la vente aux enchères de migrants africains en Libye, laquelle a suscité un concert de condamnations à travers le monde, et ne se montre pas tendre à l’égard des autorités mauritaniennes qu’il accuse d’entretenir l’esclavage, sous une façade de réforme. Issu de la communauté haratine, constituée de Maures noirs descendants d’esclaves, Biram Dah Abeid a répondu aux questions du Point Afrique lors de son récent séjour à Paris.   

Qu’en est-il de lutte contre l’esclavage en Mauritanie ? 

En 2017 et en 2018, qui point, environ 20 % des Noirs mauritaniens sont possédés par des citoyens mauritaniens arabo-berbères, le plus légalement du monde. La version locale de la charia islamique légalise, légitime et sacralise cette pratique. Ce corpus est inscrit dans la Constitution et considéré comme la principale source du droit et la seule interprétation officielle, valide et acceptable des textes sacrés du Coran et de la geste du Prophète. La Constitution actuelle, adoptée en août dernier, dit dans son préambule que la principale source des lois est la charia islamique. Pour l’essentiel, il s’agit de livres de l’école malékite, comme ils l’appellent en Afrique du Nord. Ainsi, la loi fondamentale sacralise-t-elle un code négrier, dont les visées esclavagistes dénient, de facto, l’égalité entre les races noire et blanche et autorise des musulmans à réduire en esclavage d’autres musulmans. Cet enseignement, constitué de normes, de jurisprudence et de principes généraux, codifie l’inégalité de naissance, autorise la vente d’êtres humains, leur châtiment corporel, le viol des femmes serviles et autorise la castration des mâles noirs. L’ensemble de ces prescriptions figure, en des termes explicites et pratiques, dans de tels livres ; dans un élan d’insurrection morale, volontaire et symbolique, j’en ai incinéré quelques uns, le 27 avril 2012. Des personnalités, des partis politiques et une partie de la population réclamèrent ma tête. Je ne suis pas sous le coup d’un mandat d’arrêt mais un dossier se trouve dans les tiroirs de la justice, par lequel le ministère public réclame la peine de mort contre moi au motif que j’aurais brûlé des «références sacrées ». La sentence est pendante, comme un chantage. Malgré tout, le chef de l’État, le Parquet, la majorité  des partis politiques organisés et les soi-disant érudits, pour la plupart des hauts fonctionnaires, réclament encore mon exécution. 

Avez-vous quitté la Mauritanie pour vous établir au Sénégal après avoir dénoncé l’esclavage qui a cours dans votre pays ?  

Je suis basé au Sénégal, à intervalle plus ou moins réguliers, pour des raisons de sécurité et de bien-être de ma famille et de mes enfants. Je reviens de temps en temps en Mauritanie, malgré le risque parce qu’il faut bien poursuivre la lutte. Je passe par l’aéroport ou à la frontière avec Sénégal, mais quand j’arrive dans mon pays, je suis escorté par la police et la gendarmerie jusqu’à la maison. Et l’on m’interdit d’établir une relation physique avec la population. Mes détracteurs prétendent que l’incinération de ce code négrier est un acte d’apostasie passible de la peine de mort.

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz affirme qu’il n’y a plus d’esclavage en Mauritanie, tout en admettant néanmoins qu’il y a encore ce qu’il appelle des séquelles de l’esclavage… 




Je vous renvoie aux documents des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Leurs enquêtes ont été  transmises au Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ils ont écrit sans ambiguïté que l’esclavagisme tue d’une mort lente des milliers de Haratines mauritaniens. Le rapporteur spécial de l’ONU sur l’esclavage est une personne crédible qui n’est pas sous les ordres de Biram Dah Abeid.
Le président Abdel Aziz recourt au déni ; ce faisant, il contredit l’inflation législative qui tente de compenser l’ampleur du scandale par un surcroît de pénalisation formelle mais sans jamais toucher au fond du problème, à savoir l’idéologie raciste. Pourquoi avoir prôné la mise sur pied des juridictions spéciales pour prétendument réprimer l’esclavage si la pratique a disparu ?  Pourquoi a-t-il financé une chambre de juges ad-hoc pour réprimer l’esclavage s’il n’y a plus d’esclaves ? En réalité, ce sont bien les militants anti-esclavagistes qui partent en prison. La persécution qui s’abat sur eux en dit long sur la persistance de l’injustice servile en Mauritanie. 

La nouvelle Constitution, adoptée en août 2017, est-elle considérée comme une avancée majeure sur le terrain des droits humains ?   

La Constitution a été tripatouillée… Sur le plan des libertés, il n’y a pas eu d’avancées, non plus de recul ; disons que la réforme a été inutile. L’hymne national adopté est sectaire car inspiré par l’extrême droite arabo-berbère raciste et conservatrice. C’est un groupe informel qui gravite autour des militaires arabophiles qui sont adeptes d’un racialisme nimbé d’islamisme ; selon la mentalité dominante dans cet univers de paranoïa antioccidentale, la Mauritanie est une citadelle arabe, cernée de Noirs conquérants. Certes, l’écrasante supériorité numérique des noirs est un fait qui s’accentue, en Mauritanie, par la force de la démographie. Or, le risque de dissoudre l’arabité de la Mauritanie relève du fantasme puisque les descendants d’esclaves d’origine subsaharienne ne parlent que la langue de leurs maîtres. Toujours est-il que les Noirs, y compris les Haratines, constituent, au minimum, 80 % de la population ; la tendance est exponentielle. 

La Mauritanie est une société multiculturelle, fruit d’une histoire douloureuse et des particularismes… Qu’implique le fait d’être noir dans ce pays en 2017 ? 

Être noir en Mauritanie ? Je voudrais rappeler tout d’abord que sur un plan strictement historique, les Noirs sont les habitants autochtones de la Mauritanie. Les autres – berbères puis arabes – sont des allogènes, venus, par deux grandes vagues, aux Xème  XVIème siècles. À travers la nouvelle loi sur le recensement que le président Mohamed Ould Abdel Aziz a mise en place, tous les Noirs doivent prouver leur « mauritanité ». Ils sont tenus de remplir un formulaire inquisiteur et répondre ainsi à un questionnaire devant les agents recenseurs. Or, la plupart ne savent ni lire ni écrire et ne disposent de l’état-civil de leurs ascendants directs. Les Maures blancs abordent l’épreuve administrative avec beaucoup moins de contrainte.  C’est pourquoi, beaucoup de Noirs mauritaniens sont tombés dans l’apatridie, parce qu’ils n’ont pas pu remplir les critères d’exclusion définis dans le cadre de l’enrôlement. Nous tentons de les recenser, malgré les difficultés… Je vous signale toutefois, sans risque de me tromper, que cette situation concerne des centaines de milliers de personnes. Beaucoup d’enfants noirs mauritaniens ne peuvent plus aller à l’école parce que leurs parents buttent encore sur l’écueil de l’identité. 

Qui détient le pouvoir économique et politique en Mauritanie ?  

Une minorité ethno-sociale gouverne et jouit, même si en son sein, une majorité subit mais se tait, par esprit de corps. Les Maures blancs ont si peur de l’égalité et de la dilution de leur supériorité dans un Etat de droit, qu’ils préfèrent le déni à la lucidité ; ainsi, reproduisent-ils sans répit un modèle d’autodéfense suicidaire qui consiste à se refiler les privilèges, en vase clos. Pourtant, le chef de l’État et son entourage ont mis au ban toute la concurrence économique, sous la chape d’un monopole d’essence néo-patrimoniale.  Ils ont verrouillé la banque, l’armée, les marchés publics, l’immobilier, l’agriculture, la pêche, le commandement militaire et jusqu’au magistère religieux. Le système se reproduit sur le mode incestueux d’où sa dégénérescence fatale. 

Comment sortir de ces graves discriminations ?   

Seule s’offre à nous l’option de la poursuite d’un combat non-violent, en faveur des idéaux d’universalisme. IRA-Mauritanie et quelques associations alliées ont créé un mouvement de droit civique très mobilisateur, au sein duquel se sont agrégées tous les justes – Peuls, Haratines, Soninkés, Wolofs, Bambaras ou Arabo-Berbères – en rupture avec le statu-quo hérité. Nous avons également jeté les jalons d’une meilleure connexion à la diplomatie internationale. L’ensemble des défenseurs de la dignité humaine, qu’ils soient étrangers ou nationaux ont leur place dans cet effort vertueux. Nous ne croyons pas aux fantasmes du complot international contre le pays, l’Afrique ou le monde arabo-musulman. Nos ennemis sont dans nos pays ; nous ressentons leur proximité quant ils nous emprisonnent, nous empêchent de voter et pillent nos richesses en commun. 
« Les Africains font semblant de découvrir ce qui se passe en Libye, alors que la traite arabo-musulmane n’a jamais cessé depuis des siècles »

Quel regard portez-vous sur l’esclavage en Libye ? 



Je suis amer et désabusé quand les Africains font semblant de découvrir ce qui se passe en Libye en regardant une vidéo, alors que la traite transsaharienne arabo-musulmane, n’a jamais cessé depuis des siècles. Jusqu’ici, elle n’a été que timidement dénoncée par les Africains. Les occidentaux l’occultent et l’on peut les comprendre. Cet odieux et criminel commerce a autant saigné l’Afrique que son pendant triangulaire occidental. Cependant,  pionniers de la lutte contre le colonialisme, les impérialismes, l’apartheid et l’esclavage, qu’ils soient africains ou afro-américains répugnent à aborder la question In Fine, ils l’ont érigé en tabou. J’ai constaté, en ma qualité de membre de la diaspora noire dans le monde arabo-musulman, que le calvaire de dizaines de millions de personnes, de la Mauritanie jusqu’au fin fond de l’Inde et de l’Indonésie, en passant par l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, le Golfe et l’Iran, a été tu, je dirai sacrifié, par le panafricanisme, sur l’autel de la solidarité continentale, tiers-mondiste et confessionnelle. De cette attitude découle le refus de réprouver, voire  d’envisager toute forme d’oppression autre que celle infligée par l’homme blanc. 
 Ce n’est qu’une partie du tableau… 
Oui, certes ; d’ailleurs, pour le dire sans excès de pudeur, l’homme noir dans le monde arabo-musulman est synonyme d’esclave. Dans la majorité des dialectes du Maghreb et du Moyen Orient, l’usage simultané des deux termes tient du pléonasme. 

Comment jugez-vous l’attitude de l’Union africaine face à l’esclavage en Libye ?

L’Union africaine n’a pas apporté de réponse sur le fond ; elle s’est contenté du secours d’urgence sans se prononcer sur le substrat mental et historique qui a rendu possible une vente de personnes à l’encan, en Libye. Elle a vaguement promis de se pencher sur ce dossier. Il semble puéril de penser qu’il suffit d’affréter des avions en vue de rapatrier quelques milliers de malheureux pour que la cause de la tragédie disparaisse. Cette réponse, empreinte d’hypocrite et défaitisme, en dit assez sur l’urgence de réformer l’Organisation continentale, afin de lui accorder, envers les Etats membres, l’autonomie requise l’énormité de la tâche. 

Comment résoudre définitivement cette équation ? 

Les dirigeants africains sont tenus d’enclencher un processus de condamnation mondiale et faire en sorte que les responsables libyens impliqués dans cette forfaiture répondent de leurs actes devant la justice internationale, guère chez eux. Il s’agit de tous les criminels sans distinction : les acteurs non étatiques et l’État lui-même doivent répondre devant la justice. Cette démarche s’accompagnerait d’une action vigoureuse de L’OTAN et de l’Union européenne qui avaient entrepris une action contre le colonel Khadafi, au prétexte, ô combien fondé,  qu’il tue son peuple. L’on oublie souvent de  rappeler qu’en Libye, le racisme et les pogroms anti-noirs ponctuaient l’époque de la Jamahiriya. Une partie de la population libyenne est d’origine subsaharienne et, en cela, endure la marginalisation. Cela a toujours été ainsi, avant, sous et après Khadafi. Il n’y a pas que la Libye… Toute l’Afrique du Nord vit une expérience identique. Seul le degré de médiatisation établit la distinction selon les espaces. 

Les jeunes africains tentent massivement de s’exiler, par manque de perspectives sur place… La réponse à cette crise migratoire ne doit-elle pas comporter un important volet économique ?  




Pourquoi les Européens traitent-ils les effets et non les causes de ce phénomène qui pousse des jeunes à traverser les eaux pour aller en Europe ? Ces vagues de départs sont la conséquence de quelque chose de plus profond. Je citerai la démographie sans planification et ses conséquences, telles la déforestation,  la corruption, l’effondrement de l’école, le chômage et la prédation par des élites que l’Occident entretient, au nom du cynisme mercantile.  La migration vers l’Europe n’en est qu’à ses débuts, forts timides ; les prochaines vaguent vous surprendront par leur ampleur. Elles constituent la monnaie de décennies d’irresponsabilité et de laxisme dans le rapport de l’Occident à l’Afrique. A force de tolérer des dictatures et de détourner le regard de leurs crimes sous couvert de non-ingérence, le ressentiment contre le Monde libre grandit au sud de la Méditerranée et les apprentis jihadistes ne cesseront d’en tirer parti. Aussi, la question de la sécurité globale trouve une partie de sa réponse dans la nécessaire fermeté des démocraties à l’endroit des pouvoirs autoritaires du Continent. Emmanuel Macron demeure, à ce jour, le seul président européen à l’avoir pressenti mais son propos manque encore de vigueur. L’imprudence de continuer à financer, en Afrique, des politiques qui vous valent la haine et le stress permanent de l’immigration relève, à tout le moins, d’une légèreté bien insolite, de la part de dirigeants formés à l’école de la rationalité. Or, si l’Occident vacille, c’est toute l’humanité qui sombre.
Propos recueillis par J.J Arthur Malu-Malu

Source crédit: lePoint.afrique