● Aminata Kane : passion et curiosité récompensées [CFI]

À seulement 33 ans, Aminata Kane, journaliste femme francophone, a réussi à s’imposer pour devenir rédactrice en cheffe à la TVM, la télévision publique n°1 en Mauritanie.
Portrait d’une journaliste sociable réalisé par Emmanuel de Solère Stintzy.

Enfant, elle attirait déjà micros et caméras… Lors de la Quinzaine de la démocratie, très turbulente et curieuse de tout, je posais beaucoup de questions ! À 13 ans, je suis même passée sur France24, se souvient en souriant Aminata Kane. On lui demande alors son avis sur la participation des femmes dans la démocratie en Mauritanie. Sa réponse : Elles doivent s’imposer et s’organiser au sein d’associations pour jouer pleinement leur rôle et ne pas accepter d’être en rade.
Quand elle regarde cette vidéo vingt ans plus tard, Aminata rit jaune : Rien n’a changé ! Je dirais la même chose aujourd’hui… Voilà pourquoi je suis très engagée dans un réseau de journalistes mauritaniens contre les violences faites aux femmes et aux filles. Pas une surprise pour sa grande sœur Fatimata : Chez elle, le journalisme et la communication sont une vocation ! Enfant, Aminata était une petite fille très joyeuse et bavarde. Curieuse, elle aimait beaucoup discuter et prendre la parole en public.

En 2023, dans le cadre du projet Afri’Kibaaru, Aminata Kane retrouve les antennes de France Médias Monde via une immersion d’un mois à RFI à Dakar, toujours aussi curieuse de tout : J’ai appris beaucoup de choses sur les nouveaux outils comme le datajournalisme, la création de contenus dans ma langue maternelle le pulaar, mais aussi la rigueur, le respect pointilleux des règles déontologiques… Désormais, je ne m’auto-censure pas quand je suis en reportage. Même si je suis dans un média public, je fais le maximum pour assurer l’équilibre des informations.

Aiguillon maternel
Depuis 2023, Aminata Kane est rédactrice en cheffe de la TV de Mauritanie (TVM). Mais, en arriver là a été un combat… Notre maman (décédée en 2021, Ndlr) a été cadre au ministère de la Condition féminine et une des premières féministes de notre pays. Elle nous a accompagnées dans nos objectifs, mais nous n’avons jamais senti de pression, souligne Fatimata. Sa petite sœur confirme l’importance de cet aiguillon maternel : Institutrice de formation, maman a lutté pour l’éducation, l’indépendance et l’épanouissement des filles. Aujourd’hui, nous avons davantage de facilités, mais les inégalités restent frappantes et la lutte constante !
Aminata Kane continue donc de ne rien lâcher, persuadée de la complémentarité entre femmes et hommes.

Avant cela, en 2013, elle avait obtenu une licence en gestion des entreprises et de l’administration (ISI-Komunik de Nouakchott) et passé un test à la TVM. Actuel conseiller de la directrice générale de ce média, Yedaly Fall s’en souvient très bien, dix ans après : J’ai rapidement vu en elle quelqu’un qui pouvait réussir. Elle était ambitieuse, dynamique et aimait notre métier. Journaliste à la rédaction francophone, elle comprend vite le reporter arabophone qui a été sur le terrain. Et quand elle présente le journal, elle a cette capacité extraordinaire de se retrouver dans le brouhaha des éléments annoncés qui n’arrivent pas toujours à l’antenne !

Polyvalence et persévérance
Entre la présentation et le terrain, le choix est cependant vite fait pour Aminata : Je voulais m’imposer à la TVM, mais la présentation et son ‘‘Maquille-toi et assieds-toi !’’, ne m’ont jamais enchantée ! En revanche, le reportage, notre signature d’acteurs du changement, m’a toujours plu. Passion, polyvalence, persévérance…
Dix ans après son arrivée, Aminata Kane devient en avril 2023 rédactrice en cheffe de la TVM à seulement 33 ans ! À ses yeux, une consécration après des années de dur labeur. Le tout dans une atmosphère bon enfant, tout le monde sait qui est qui, nous apprenons à nous respecter.
Yedaly Fall apprécie le contact facile d’Aminata, même si, parfois, selon lui, cette sociabilité l’amène à délaisser un peu son média… Sociable comme sa grand-mère décédée dont elle porte le surnom, Mamie semble en tout cas animée par le même état d’esprit qu’à ses 13 ans : J’aime toujours apprendre ! Même à travers des discussions, comme lors des formations d’Afri’Kibaaru, on arrive à mieux comprendre des choses, à faire plus simplement notre métier pour traiter des sujets de société sans offenser personne.

Dans 10 ans…
Journalisme ou communication ? Pour Fatimata Kane, sa petite sœur peut aller dans les deux directions : Dans dix ans, j’aimerais qu’elle fasse du journalisme à l’international pour acquérir des expériences et revenir former des jeunes, en particulier des femmes. Elle pourrait aussi avoir son entreprise de communication.
Conseiller de la directrice générale de la TVM, Yedaly Fall lui prédit lui aussi une carrière de communicante avec des organisations internationales de développement présentes en Mauritanie.

David Solon, son coach lors du projet Afri’Kibaaru, n’est pas de cet avis : Aminata aime le journalisme et y restera ! Je lui souhaite d’avoir d’autres opportunités éditoriales pour déployer ses ailes et mettre à profit tout ce qu’elle sait.
L’actuelle rédactrice en cheffe de la TVM confirme : Beaucoup de gens me conseillent d’aller vers la communication, mais moi je veux plutôt me projeter dans le journalisme de solutions, pour apporter notamment ma modeste contribution au développement et à l’épanouissement des femmes. De cette envie pourrait bien naître un projet avec d’autres consoeurs journalistes, mais, superstitieuse, Mamie n’en dira pas plus pour le moment.
Dans un dernier rire, elle conclut : On en reparlera peut-être dans quelques semaines…

• Lien média https://cfi.fr/fr/aminata-kane-passion-et-curiosite-recompensees?fbclid=IwAR2mFtdLZ9Pq5-RhDj3BqIQPyf8UkaFrn_G2rWAtYZok33Mbbb07IJy8PIk

● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le géoscientifique M. Aleyda TRAORE

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) marque son entrée en 2024 avec une prolifique interview accordée par un natif de la région du Guidimagha mauritanien. En la personne de monsieur Aleyda TRAORE, un Masterien expérimenté en Géosciences et Ressources qui travaille en France depuis quelques années. Nos vifs remerciements à lui pour sa disponibilité qui aboutit à cet entretien d’une belle pointure.

~Bonne Lecture :

● Question 1 : Bonjour monsieur Traoré, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? (+parcours universitaire et professionnel)

Aleyda TRAORE : Bonjour Koundou SOUMARE. Merci à toi de m’avoir donné l’opportunité de pouvoir m’exprimer à travers cet interview sur ton blog.

Je m’appelle Aleyda TRAORE, natif du village de Bouanze, Guidimakha. Né à Bouanze, j’y ai fait mes études primaires pendant mon enfance.  A l’âge de 13 ans, je suis allé au collège de Ould-yengé (Guidimakha) où j’ai fait mes deux premières années de collège avant de rejoindre Nouakchott pour la suite de mes études du collège (Elmina), du lycée (Lycée Arabe et Lycée National).
En 2000 j’ai obtenu mon baccalauréat en série D et j’ai intégré l’université de Nouakchott, à la Faculté des sciences et Techniques en parcours Biologie-Géologie. Après l’obtention de mon DEUG (diplôme d’études universitaires générale), j’ai poursuivi mon parcours de second cycle universitaire en filière de Géologie minière. J’ai obtenu ma maîtrise dans cette filière en 2005.

En septembre 2005, je suis arrivé en France pour poursuivre mes études de Géologie à l’université Henri Poincaré à Nancy où j’ai obtenu mon diplôme de Master en Géosciences et Ressources, parcours Pétrolier.

Après le master je suis rentré dans la vie professionnelle. Mon parcours professionnel a débuté au sein de l’université Henri Poincaré où j’ai occupé un poste d’assistant chercheur avant de m’orienter vers le secteur privé.

Aujourd’hui je suis dans ce secteur privé depuis 15 ans dans le domaine de l’environnement, particulièrement dans la dépollution des sols et eaux en tant que superviseur et référent environnemental des chantiers de dépollution des sols et nappes phréatiques. Je m’occupe précisément du diagnostic, analyse et interprétation des données des composés d’hydrocarbures entre autres dans les sols et dans les eaux.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attiré par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients) et également quelques éléments de votre expérience…

AT : La réponse à cette question est assez vaste, on peut y consacrer un livre entier, car les soninkos sont traditionnellement des grands voyageurs dans le temps et dans l’espace. Je vais donner mon point de vue d’une manière singulière en s’appuyant sur le cas de l’immigration de ceux-ci vers la France.

L’immigration en soi est positive à mon avis, dans les sens où elle contribue positivement à la croissance économique et au développement culturel des immigrés, de leurs familles et pays d’origine d’une part et elle a une forte influence sur l’économie du pays d’accueil d’autre part.
Cependant comme toute activité, l’immigration a aussi son lot d’inconvénients.

Comme je l’ai dit plus haut, l’immigration chez les soninkos est très ancienne (on peut la chercher bien avant la fondation de l’empire du Ghana) et était très répandue dans le continent africain.
Toutefois, les migrations contemporaines sont beaucoup plus orientées vers les pays occidentaux.
Plusieurs facteurs expliquent cette orientation de ce flux migratoire des soninkos. On peut citer les deux guerres,  où les soninkos étaient incorporés dans l’armée française, le besoin des occidentaux en main d’œuvre,  notamment la France ruinée par les guerres pour sa reconstruction…

Pour rester sur la question, l’immigration est une des activités actrice du développement socio-économique en pays soninké. Les gouvernements des pays d’origine des soninkos ne sont pas suffisamment impliqués dans ce développement.
Quand on regarde le Guidimakha de la Mauritanie que je choisis ici comme exemple puisque c’est ma région natale et c’est elle que je connais mieux que les autres régions des soninkos, la grande majorité des services de base de la vie (écoles, centres de santé, accès à l’eau potable…) sont des réalisations des immigrés.
Cependant, il y a énormément de points négatifs liés à  l’immigration et notamment chez les soninkos.
En outre des difficultés linguistiques, culturelles liées à l’intégration on assiste à une vidange des familles et des pays de leur force, de leur matière grise et surtout de l’intellect.
Le milieu soninké est frappé par un phénomène d’appauvrissement humain associé à des pertes des vies liées aux conditions de transit vers les pays d’accueil.
Le durcissement des lois anti migratoires, la baisse de la qualité de vie par manque de logement, d’emploi, de permis de séjour et de travail en sont quelques exemples concrets qui doivent inciter les soninkos à prendre au sérieux cette question.
Malgré cela, les populations n’ont pas forcément conscience du mal et n’en font pas une priorité, car le sujet n’est pas sérieusement abordé par les pouvoirs publics afin de trouver des solutions efficaces.
La question sur l’immigration est un couteau à double tranchant qui nécessite un sérieux investissement et une profonde étude pour établir des nouvelles alternatives assez bénéfiques pour tous.

● Question 3 : En Mauritanie, autour de l’éducation, certains indexent une inquiétante baisse du niveau général des apprenants, quelle est votre analyse sur cette situation ?

AT : Le système éducatif de la Mauritanie a connu plusieurs réformes visant toutes une amélioration de celui-ci mais malheureusement le résultat est négatif, le niveau de l’éducation rétrograde d’année en année. L’analyse que je pourrais faire sur cela est d’ordre politique voire même constitutionnel se rattachant directement à l’histoire du pays et de sa population dans un premier temps et dans un second temps, cette régression pour ne pas dire « échec » du système éducatif n’est que le produit de la mauvaise gestion globale des institutions du pays donc de la politique de gouvernance.

La composition de la population n’est pas homogène. Les maures se réclament arabe et les noirs ont  chaque ethnie (soninké, poular, wolof, haratine et bambara), sa langue et sa culture propre.
La  première catégorie  représentant l’élite du pays souhaite imposer une langue et une culture arabe auxquelles elle se réclame à la seconde catégorie, alors que cette dernière a toujours été favorable à sa propre culture et langue maternelle et au Français qui est la langue du colonisateur. Une introduction des langues (Français puis arabe comme langue officielle et les autres langues comme nationales) dans la constitution et par la suite dans le système éducatif. Ainsi réformes  après réformes au sein du système éducatif sont mises en place pour tenter de coupler les deux inclinations à travers des programmes éducatifs qui manquent systématiquement de solidité et de rigueur.

La deuxième explication essentielle à cette régression scolaire est associée à la mauvaise gouvernance des institutions. Il y a un réel manque de vraie formation des formateurs, un réel manque de compétence des pouvoirs publics à redresser la courbe de l’échec scolaire, un vrai manque de volonté des encadrants et parfois même des parents d’élèves à s’impliquer dans cette éducation, soit principalement par manque de moyens (financiers et matériels) alloués à la tâche, pour les encadrants ou soit par simple négligence et/ou méconnaissance de l’intérêt de l’éducation en ce concerne les parents d’élèves. Et c’est très dommage et surtout très regrettable pour un pays, car l’éducation est la principale responsabilité de tout en chacun et est le soubassement de toute compétence.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire ?

AT : La communauté Soninké est une communauté très conservatrice. Les pratiques esclavagistes et féodales n’ont pas échappé à ce conservatisme soninké. Autrement presque toutes les civilisations du monde entier ont connu la pratique de l’esclavage sous différentes formes, néanmoins sont parvenues à son abolition quelle qu’en soit la forme. L’esclavage et le féodalisme perdurent chez les soninkos car ces derniers  rattachent par méconnaissance la pratique à la religion musulmane alors que l’esclavage existait bien avant l’islam.
D’ailleurs l’islam arrivé a mit en place une infinité de processus de libération des esclaves. Cependant l’aristocratie Soninké de manière générale s’apparente au Ku Klu Klan. Les esclavagistes Soninkés s’opposent vigoureusement à toute démarche de mise en liberté et à toute autonomie des personnes serviles, jusqu’à défier délibérément les lois et dispositions des autorités administratives, avec la complexité de certains hauts fonctionnaires, élus et cadres de l’État.

L’organisation Soninké fortement hiérarchisée basée sur un système de caste est un héritage du passé qui est malheureusement resté dans le conservatoire de la communauté. Toutefois, ces dernières années, plusieurs associations et ONG abolitionnistes issues de la jeunesse Soninké et autres, ont réussi tant bien que mal à réveiller les esprits à travers les réseaux sociaux. On note une nette prise de conscience du drame malgré une farouche opposition des féodaux esclavagistes. Je pense qu’il est temps que les soninkos comprennent que la machine de la sensibilisation est lancée et ne fera plus marche arrière. L’heure est au réveil et d’avancer avec l’Histoire. Le temps de ces pratiques ignobles est dépassé. Il faut évoluer positivement et se débarrasser de tous ces encombrants qui ne font que léser le bon fonctionnement de la société.

Pour éradiquer d’une manière efficace et efficiente ce fléau il faut qu’il trouve sa place dans les engagements sérieux des pouvoirs publics.

● Question 5 : Au cours de cette année 2024 aura lieu l’élection présidentielle en Mauritanie, quelles sont vos observations sur l’arène politique actuelle et votre grille de projection sur l’échéance à venir…?

AT : Récemment d’après certaines sources médiatiques, les chiffres publiés par l’agence nationale des registres de la population et des titres sécurisés indiquent au moins 500 000 personnes ont été enregistrées. Ceci dit qu’au moins 10% de la population Mauritanienne n’avait pas des documents nécessaires pour participer aux élections, s’ils en avaient l’âge d’y participer bien évidemment. A ce titre, je souhaite que l’État fasse tout le nécessaire pour que l’ensemble de la population (de l’intérieur comme de l’extérieur) ait un document qui lui permettra de s’acquitter de son devoir de citoyenneté.

Concernant les élections de 2024, j’ose rêver d’une participation de toutes et tous. Le Mauritanien depuis l’indépendance  du pays rêve d’une vraie démocratie et un réel changement du système. Je pense que ces élections pourraient être une très grande opportunité pour les Mauritaniens de tout bord d’agir pour le changement.
Ensemble, hommes politiques et citoyens, il est temps de mettre de côté nos égos individuels, de s’engager honnêtement et sincèrement pour s’unir et créer un vrai rapport de force.
Merci.

13 janvier 2024

Réalisé par KS pour le BLOG

● En Côte d’Ivoire, l’ancien banquier Tidjane Thiam prend la tête du principal parti d’opposition

France24 – Il était le grand favori du scrutin. L’ancien patron du Crédit Suisse, Tidjane Thiam, a été plébiscité, vendredi 22 décembre, à Yamoussoukro, lors du congrès du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation d’opposition, dont il prend la tête avec la présidentielle de 2025 en ligne de mire.

Tidjane Thiam a recueilli 96,5 % des voix contre 3,2 % pour son adversaire, le maire de la commune abidjanaise de Cocody Jean-Marc Yacé.

Il devient le troisième président élu de l’histoire du PDCI, fondé en 1946, après le père de la nation ivoirienne Félix Houphouët-Boigny et un autre ancien chef de l’État, Henri Konan Bédié, décédé en août.

Après avoir rendu un « hommage appuyé à ses prédécesseurs », Tidjane Thiam a estimé que « le déroulement et l’issue du congrès ont honoré » le parti. « C’est avec beaucoup d’humilité que j’accepte la responsabilité que vous avez décidé de me confier », a-t-il ajouté.

Plus de 6 000 congressistes étaient appelés à voter vendredi dans la capitale Yamoussoukro pour élire un nouveau président pour le PDCI.

Le vote s’est tenu sans incident en fin de journée et les résultats proclamés autour de minuit. La participation a atteint 64 %.

Ovationné à son arrivée à Yamoussoukro, il a multiplié les selfies tout au long de la journée.

Avec l’élection de Tidjane Thiam, 61 ans, un âge considéré comme jeune pour exercer de hautes fonctions politiques en Côte d’Ivoire, le PDCI va rajeunir son image.

« Notre nouveau président devra nous remettre en état de marche. Il devra donner plus de responsabilités aux jeunes du parti », avait déclaré le président par intérim du parti, Philippe Cowppli-Bony, âgé de 91 ans.

« On nous a trop traité de parti de vieux. C’est positif de voir deux candidats jeunes, ça fait plaisir », s’est de son côté réjoui Ohoueu Assi, un congressiste venu de Guiglo, dans l’ouest.

Boycott de la dernière présidentielle

L’ancien dirigeant du PDCI, Henri Konan Bédié, président de la Côte d’Ivoire de 1993 à 1999, est mort en août à 89 ans et n’excluait pas de se présenter à la présidentielle de 2025.

Le parti qui vise le retour au pouvoir dans deux ans, a également proposé vendredi soir de soutenir Tidjane Thiam en vue d’une investiture pour 2025.

« 2025 sera une année électorale cruciale pour notre parti nous nous devons d’être prêts. Nous devons préparer cette échéance dès demain matin », a lancé vendredi soir Tidjane Thiam sous les acclamations de l’audience.

À la tête de la Côte d’Ivoire sans discontinuer de 1960 à 1999, l’ancien parti unique n’a plus accédé à la magistrature suprême depuis 24 ans lorsqu’un coup d’État avait chassé Henri Konan Bédié du pouvoir, un soir de Noël 1999.

« Si c’est Thiam notre candidat, ce que j’espère, on aura les capacités de revenir au pouvoir. Il peut insuffler une nouvelle dynamique », estime Cyprien Koffi, un délégué de San Pedro (sud-ouest).

Un temps allié d’Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, le PDCI a repris sa place dans l’opposition en 2018 et a boycotté la dernière présidentielle.

La tenue de ce congrès a été incertaine tout au long de la semaine, après un report samedi dernier par la justice ivoirienne, saisie par deux militants qui dénonçaient des irrégularités dans la liste des congressistes.

La décision pointait notamment des risques de « troubles à l’ordre public » pour justifier ce report et la police s’était déployée samedi matin pour empêcher d’accéder au lieu du congrès.

Alors que le PDCI avait reprogrammé le congrès à vendredi à Yamoussoukro, les deux mêmes militants avaient à nouveau saisi la justice, avant de finalement retirer leur plainte, jeudi soir.

Avec AFP

● Qui est Ousmane SAO ? Nous n’avons plus à le présenter ! [Rmi-info]

Qui est Ousmane SAO ?

Nous n’avons plus a le présenter !

Un résumé de c’est réalisations et engagements :

Identité et origines :

Il s’appelle Sao Ousmane et de nationalité mauritanienne.

Originaire de la vallée du Fleuve dans la région de Gorgol (Kaédi).

Engagement associatif :

Il est un membre actif de l’association Fedde Hirnangue Bossoya, qui regroupe plusieurs villages autour de Kaédi.

Il est le coordinateur général de l’association des jeunes du village de Jooke en Europe.

Un sympathisant actif de plusieurs autres associations humanitaires nationales et internationales
en France.

Il préside l’association Cadre de Concertation et de Dialogue des Mauritaniens de la Diaspora
(CCDMD), une association basée en Europe qui vise à renforcer les liens entre tous les Mauritaniens
de la Diaspora, avec des membres disséminés sur tous les continents.

Parcours académique :

Ousmane SAO a fait ces années de primaires, secondaires et universitaires à Nouakchott.

Réside en France pour des études doctorales.

Il est depuis quelques années basé en France, titulaire de deux doctorats :

Le premier en Géologie du quaternaire, avec un double focus sur la reconstitution des paléoenvironnements et la protection du patrimoine culturel mauritanien.

Le second en sociologie politique et relations internationales, intitulé Organisation des Unités sociopolitiques, culturelles et juridiques de la population mauritanienne et relations internationales.

C’est un parcours très riche et diversifié, mêlant engagement associatif, recherche académique et promotion de la culture mauritanienne. Bravo pour tout ce que tu as accompli docteur Ousmane SAO.

Oui, je le dis haut et fort Monsieur Sao Ousmane, avec son profil, son expérience et ses diplômes, pourrait potentiellement représenter la Mauritanie à l’UNESCO en tant que cadre.

Doté d’un impressionnant bagage académique, serait un candidat idéal pour occuper le poste de conseiller culturel à l’UNESCO. Ses multiples diplômes et son expertise
lui confèrent les qualifications nécessaires pour contribuer de manière significative à la promotion et à la préservation de la diversité culturelle au sein de cette organisation internationale.

Ousmane SAO fut en 2019 conseiller chargé de communication auprès du directeur national de campagne du président de la campagne de Mohamed ould cheikh Ghazouani en France et en Mauritanie.

N’oublions pas l’appel du président Mohamed ould cheikh Ghazouani qui a déclaré sa flamme à la diaspora dans son programme.

Sa solide formation académique, ses multiples diplômes et son expertise
font de lui un candidat idéal pour contribuer de manière significative à la promotion et à la préservation de la diversité culturelle au sein de cette organisation internationale.

Abdoulaziz DEME

Paris le 14 décembre 2023

● Lien média https://rmi-info.com/qui-est-ousmane-sao-nous-navons-plus-a-le-presenter/?fbclid=IwAR1RpJPjulSP0atibPY_Y5KLHh0U46vMVN0IptqfiTWE8y3He87Ij3nu36w

● France Afro-diaspora | « Tu serais mort ou en prison » : pourquoi mon père m’a envoyé en Mauritanie à 12 ans [StreetPress]

Par Matthieu Bidan , Samuel Alerte

À 12 ans, Boubou a été envoyé en Mauritanie par son père. Le voyage qui ne devait durer que deux semaines s’est transformé en séjour de dix ans. Aujourd’hui CPE en Seine-et-Marne, Boubou raconte ce qu’il a vécu comme un arrachement.

« Récemment, j’ai appris qu’un ancien élève a été envoyé au pays, je l’ai vécu comme un échec. » Boubou, 38 ans, est conseiller principal d’éducation (CPE) dans un établissement de Seine-et-Marne. En plus des absences en cours et du comportement des élèves, il doit gérer d’autres cas, plus inattendus : l’envoi d’élèves dans le pays d’origine de leurs parents.

Au début des années 2000, Boubou croit partir en vacances deux semaines avec son grand frère. « Mais les vacances sont devenues dix ans », rembobine-t-il aujourd’hui devant la caméra de StreetPress. Là-bas, il est pris en charge par un ami de son père, un ancien ministre, qui devient son tuteur. Boubou se rappelle des premiers coups donnés par des instituteurs, de la « gamelle » partagée à plusieurs dans une maison où son tuteur accueille de nombreux candidats à l’émigration en France. Son histoire, c’est aussi celle d’un dialogue impossible avec son père sur les raisons de ce voyage.

« Je reçois encore des parents qui me disent : “S’il ne travaille pas, on va l’envoyer en Afrique. Et j’explique aux élèves mon parcours de vie. Je l’ai vécu, je sais ce que c’est. »

Envoyés au bled est une série de témoignages de StreetPress. De la banlieue parisienne au Mali, à la Côte d’Ivoire et à la Mauritanie, elle raconte le parcours de trois jeunes envoyés dans le pays d’origine de leurs parents au début des années 2000.

● Lien média https://www.streetpress.com/sujet/1703167333-serie-envoyes-bled-cpe-mort-prison-mauritanie-seine-marne

● Jemal Ould Yessa « Boubacar Messaoud, La réhabilitation tardive d’un symbole »

Crédit photo Radio Mauritanie

Le 28 novembre 2023, la cérémonie de remise des décorations par le Président de la République vient clore un long cycle de mépris et de violence à l’endroit des militants de la lutte contre l’impunité et les discriminations en Mauritanie.

Boubacar Ould Messaoud, longtemps persécuté, condamné en 1998 à 16 mois de prison, affamé, marginalisé et désigné à la vindicte publique durant les années de dictature de Ould Taya, est enfin reconnu, distingué, honoré et ce n’est pas trop tôt. Même vieux et malade, Boubacar sort aujourd’hui de l’épreuve, la tête haute, en digne précurseur de l’autre Mauritanie, celle de demain, définitivement émancipée des inégalités de naissance. SOS Esclaves, son associations pionnière mène désormais ses activités, en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’Homme, une évolution que nul n’aurait pressentie, quelques années avant.

Hier accusé de servir l’agenda d’un imaginaire complot des juifs et des chrétiens, le voici savourant, non sans dignité, sa douce et tranquille revanche sur les cuistres et les tartuffes de l’ère Prds. D’autres compatriotes, injustement marginalisés, méritent un traitement similaire, en hommage à leur courage, quand il fallait applaudir et ramper pour manger et grapiller les menues faveurs du tyran.

Tout le mérite revient au Chef de l’Etat, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani. Aucun de ses prédécesseurs ne s’était risqué, jusqu’ici, à admettre l’évidence de la faute ni l’urgence de la devoir corriger. A présent, c’est fait et tant mieux, n’en déplaise aux chauvins !

Jemal Ould Yessa

● Lien média https://www.chezvlane.com/Jemal-Ould-Yessa-Boubacar-Messaoud-La-rehabilitation-tardive-d-un-symbole_a32524.html

● Découvrez les 5 finalistes africains des 175 candidatures, issues d’une vingtaine de pays, du concours Med’Innovant Africa 2023

En choisissant comme thématique phare la lutte contre le changement climatique, la 4e édition de MED’INNOVANT AFRICA a suscité l’intérêt des entrepreneurs et innovateurs africains : entre le 1er juillet et le 31 août 2023, ce sont au total 175 candidatures de startups et PME installées dans une vingtaine de pays africains, qui ont été réceptionnées par les responsables du concours de l’Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM), à Marseille (France).

L’objectif ? Repérer et accompagner les développeurs de solutions innovantes qui rendront, demain, les villes méditerranéennes et africaines plus durables. Cette année, la majorité des projets concerne le développement durable et l’économie sociale et solidaire.

MED’INNOVANT AFRICA,
le concours pour les villes de demain

Particulièrement dynamique, la scène de la tech africaine poursuit son développement et attire de plus en plus l’attention des acteurs internationaux de l’innovation. Parmi les secteurs qui voient naître et croître de nombreuses startups africaines ces dernières années, celui de la ville fait partie des plus dynamiques. Engagé dans une démarche d’innovation et d’ouverture vers le continent africain,∫

Pour cette IVe édition, les projets présentés devaient s’inscrire prioritairement dans l’un des domaines suivants :
● Innover en matière d’énergie face au changement climatique
● Optimiser la gestion de la ressource en eau
● Favoriser le réemploi de matériaux
● Encourager les mobilités douces.
Ainsi, l’aménageur poursuit son sourcing de porteurs de projets capables de développer des solutions adaptées aux territoires africains et méditerranéens.

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Les finalistes auditionnés à l’occasion
d’Emerging Valley, les 27 et 28 novembre 2023

Pour cette IVe édition, 5 talentueuses entreprises africaines ont retenu l’attention du jury, composé de plusieurs partenaires d’Euroméditerranée :

BIOHEAT : cette startup tunisienne transforme les grignons d’olives en un combustible écologique, produisant moins de CO2 que le bois tout en offrant une haute performance calorifique. Dirigeant : Yassine KHELIFI

ECOPLAST INNOV : présente en Côte d’Ivoire, la startup Ecoplast Innov transforme les déchets plastiques et les pneus usagés en matériaux de construction et de revêtements pour l’intérieur et l’extérieur. Les pavés et les plaques décoratives sont 100 % recyclables.
Elle s’occupe également de la sensibilisation, de l’enlèvement, du tri, du recyclage et réalise des services d’accompagnement aux entreprises. Fondatrice : N’da Amenan Edith KOUASSI

HABIDEM : entreprise mauritanienne, Habidem valorise des ressources locales en créant un isolant thermique biosourcé à partir du Typha, une plante nuisible. Dirigeant : Oumar WELE.

SASA PLAST : l’entreprise Sasa Plast, fondée en Mauritanie, transforme les déchets plastiques en pavés de rue, parpaings et bordures pour la construction. En plus de contribuer à la protection de l’environnement, l’entreprise soutient l’indépendance économique des femmes grâce à l’emploi. Fondateur : Cheikhna COULIBALY.

VIABLE WAYS CORP : fondée au Maroc, cette startup a mis au point une solution technologique pour améliorer la gestion des exploitations agricoles. Grâce à une application web et mobile, l’utilisateur peut gérer en temps réel les ressources ainsi que l’irrigation. Elle offre également des prévisions météorologiques et des actions préventives permettant d’optimiser la gestion de la ressource en eau. Fondateur : Yahya LOUGAGHI.

Les 5 finalistes sont invités à pitcher les 27 et 28 novembre 2023, durant le Sommet Emerging Valley à The Camp à Aix-en-Provence, près de Marseille. Ce rendez-vous, qui réunit les leaders de la Tech Afrique-Europe, sera une occasion unique pour ces porteurs de projets de renforcer leur visibilité et tisser des partenariats internationaux.

Le jury désignera ensuite deux lauréats lors de la cérémonie de remise des prix : « Le prix du jury » et « Le prix coup de cœur ». Tous deux bénéficieront d’un soutien financier pouvant aller jusqu’à 7 000 euros, et d’un accompagnement personnalisé de l’écosystème entrepreneurial local, afin de les aider à trouver des investisseurs et partenaires industriels en Europe et en Afrique.

● CHIFFRES CLÉS DE MED’INNOVANT 2023

> 175 dossiers déposés sur la plateforme

> 32 % de candidatures d’entrepreneures féminines

> Une vingtaine de pays africains représentés, avec une nette augmentation des candidatures en provenance d’Afrique de l’Est.

À propos d’Euroméditerranée – Depuis 1995, l’Établissement Public d’Aménagement Euroméditerranée (EPAEM) conçoit, développe et construit la ville méditerranéenne durable au cœur de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Labellisé ÉcoCité » depuis 2009, le périmètre d’intervention d’Euroméditerranée de 480 ha à Marseille constitue un véritable laboratoire d’expérimentation pour tester les solutions, services et dispositifs innovants qui feront partie intégrante de la ville de demain.

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● Lien média https://www.africapresse.paris/Decouvrez-les-5-finalistes-africains-des-175-candidatures-issues-d-une

● Docteur Abdoul YATERA | Son parcours académique extraordinaire [Boully.net]

Docteur Abdou YATERA

École primaire :

J’ai commencé ma scolarité à l’école primaire de Boully où j’ai découvert les bases de l’éducation. Cette période a été cruciale pour mon développement initial, où j’ai appris à lire, à écrire et à résoudre des problèmes mathématiques. C’est à ce moment que j’ai pris goût à l’apprentissage et que j’ai commencé à développer les compétences de base.

Collège :

Après l’école primaire à Boully, j’ai poursuivi ma scolarité au collège de Selibaby. Cette étape a été marquée par l’exploration de matières variées, allant des sciences aux lettres, en passant par les langues étrangères comme l’anglais.

Lycée :

Après le collège, j’ai toujours poursuivi mes études au sein de lycée de Selibaby. À ce niveau, de mon parcours, j’ai choisi de me concentrer plus sur des matières qui m’intéressaient le plus, notamment les matières littéraires. Grâce à une excellente formation dispensée par ce lycée, j’ai obtenu mon baccalauréat en 2007.

Début du parcours universitaire à l’Université de Nouakchott :

Après avoir obtenu mon baccalauréat, j’ai intégré la faculté des sciences juridiques et économiques de l’Université de Nouakchott pour y poursuivre mes études supérieures de 2008 – 2011. En travaillant sérieusement, j’ai réussi à valider toutes mes trois années universitaires avec mention. Arrivée à la maîtrise (master 1), je me suis orienté vers la carrière judiciaire en choisissant de m’inscrire en Droit judiciaire privé. En travaillant très dur, j’ai pu sortir major ma promotion en 2011 et j’ai choisi d’approfondir mes études par la réalisation d’un troisième cycle en France.

Master et doctorat et suites en France :

Fin 2011, je me suis inscrit en master à l’Université Sorbonne Paris Nord. J’y ai obtenu mon master 2 en Droit privé (option Contentieux), en 2013.

Après le Master 2, j’ai décidé de passer un Diplôme universitaire en Droit des affaires et de l’entreprise à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas, en 2014.

Mon parcours académique m’a finalement mené à la réalisation d’un doctorat en droit privé à l’Université Paris 2 Panthéon-Assas sur le procès civil. J’ai soutenu ma thèse en novembre 2021 avec la mention très honorable assortie des félicitations du jury.

Cette phase a été la plus exigeante de mon parcours, mais aussi la plus gratifiante. J’ai effectué des recherches originales sur la notification des actes du procès civil. Aussi, j’ai pu enseigner différentes matières de droit privé au sein des grandes universités telles que l’Université Paris 2 Panthéon-Assas et l’Université Paris Nanterre et j’ai publié des articles scientifiques dans de grandes revues spécialisées. Mon doctorat est le couronnement de mes années d’efforts et de dévouement envers l’apprentissage et la recherche.

École de formation professionnelle des barreaux de la cour d’appel de Paris

Après mon doctorat, j’ai intégré l’école de formation des avocats des barreaux de Paris. À l’issue deux ans de formation, j’ai passé en juillet 2023 avec succès les épreuves de sortie pour avoir le diplôme d’avocat, officiellement appelé : Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA). Diplôme qui m’autorise à exercer le métier d’avocat.

En résumé, mon parcours académique illustre ma passion pour l’éducation, mon engagement envers l’acquisition de connaissances. Je suis reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de ce voyage, parfois très difficile, et je suis enthousiaste à l’idée de continuer à explorer de nouvelles opportunités d’apprentissage et de recherche dans le futur.

****

Enfin, je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de partager mon parcours académique avec vous.

Abdoul YATERA, Docteur en droit privé de l’Université Paris-Panthéon-Assas Titulaire du certificat d’aptitude à la profession d’avocat

Boully.net

• Lien média https://www.boully.net/docteur-abdoul-yatera-son-parcours-academique-extraordinaire/?fbclid=IwAR1RmSaqyJAudatkoWjUR7Hn4mDJt3ffxmhBYt5UkO_C8LexJsnpSJZdA3E

● Dr Mouhamadou Sy, un brillant mathématicien au service du continent

Le Docteur Mouhamadou SY est un passionné des mathématiques, expérimenté et dévoué avec un amour profond pour l’enseignement et la recherche grâce aux fruits d’un parcours académique exceptionnel passé dans les universités les plus prestigieuses du monde. Fort d’une expérience enrichissante en Europe et aux Etats-Unis, il consacre sa carrière à la recherche, à inspirer et à guider la jeune génération dans le monde fascinant des mathématiques. Ce qui lui a valu d’être porté à la tête de la chaire de recherche intitulé « Mathematiques et ses Applications » du prestigieux AIMS « African Institute for Mathematical Sciences » (Institut Africain de Sciences mathématiques). Un parcours d’excellence couronné par une thèse de Doctorat

De nationalité mauritanienne, Dr Mouhamadou Sy est un chercheur en mathématiques. Après son Bac C décroché avec brio en 2009, il va poursuivre ses études supérieures en mathématiques à l’université de Cergy-Pontoise en France où il s’impose tout de suite à la tête du classement des meilleurs étudiants de sa promotion malgré les conditions de vie particulières. Durant toute sa licence, il travaille comme professeur particulier afin de subvenir à ses besoins et financer ses études. Ses brillants résultats de licence ont été récompensés par une bourse d’une année de master octroyée par la RATP.

Une année plus tard, en tant que major de sa promotion, Mouhamadou Sy décroche la bourse d’excellence de l’université de Cergy-Pontoise pour effectuer son master 2. Ses excellents résultats font de lui l’un des étudiants les plus prometteurs de la région Ile-de-France et sont récompensés par un « prix au mérite en Sciences » attribué par l’Académie de Paris en 2014. La même année, il est retenu par le jury de la très prestigieuse bourse DIM pour un financement de trois ans afin de préparer une thèse de doctorat. Il soutiendra cette thèse en 2017 sous la direction de Professeur Nikolay Tzvetkov et de Professeur Armen Shirikyan à l’université de Cergy-Pontoise.

Les résultats de recherche de Docteur Mouhamadou Sy ont très vite attiré l’attention de la communauté mathématique bien avant la soutenance de sa thèse. Il sera très vite invité à les exposer lors des grandes conférences internationales et à des séminaires, y compris en Amérique dans des universités réputées comme Brown et le MIT. En 2018, il signe un contrat d’Associé de Recherche avec l’université Virginia aux Etats-Unis où il reste 3 ans. Il rejoint par la suite l’Angleterre et notamment le très réputé Imperial Collège London où il travaille avec le lauréat de la médaille Fields Martin Hairer. Docteur Sy fera ensuite son retour aux Etats-Unis à Johns Hopkins University, l’une des plus prestigieuses du monde.

Une production d’ouvrages scientifiques

Dr Mouhamadou Sy participe aussi activement à la production intellectuelle avec la publication de ses recherches et ouvrages en mathématiques. Il faut dire que le très jeune chercheur a publié ses recherches dans de très prestigieuses revues internationales.

Les thèmes de recherche de Dr Sy sont parmi les plus actifs de la recherche mathématique. Les équations de la dynamique des fluides et celles de l’optique non linéaire regorgent de puzzles extrêmement difficiles à solutionner et sont listées parmi les plus grands défis mathématiques du millénaire. Puzzles qu’il aborde avec des techniques probabilistes au développement desquelles il a déjà significativement contribué.

À côté de la recherche mathématique, Docteur Sy s’est vite intéressé aux questions de développement scientifique du continent africain dans le sillage du professeur Cheikh Anta Diop. C’est ainsi qu’il a posé et porté la question de la place des langues africaines comme moyens privilégiés d’éducation scientifique de masse. Dans ce volet de son engagement social et scientifique, sa contribution se compte à hauteur de trois (3) ouvrages de mathématiques (élémentaires, moyennes et avancées) écrits en langue Pulaar/ Fulfulde et de nombreux articles de vulgarisation scientifique.

Lors des conférences internationales organisées notamment par l’Unesco, Dr Mouhamadou Sy a défendu la promotion scientifique des langues africaines et leur introduction aux systèmes éducatifs.

Institut Africain de Sciences mathématiques, un nouveau défi

Après une riche expérience internationale dans la recherche et l’enseignement des Mathématiques, Dr Mouhamadou Sy décide de rentrer en Afrique et de rejoindre le prestigieux « Institut africain de Sciences mathématiques » (AIMS : African Institute for Mathematical Sciences) où il officie depuis le mois d’août dernier en tant que titulaire de la chaire de recherche financée par le ministère fédéral allemand de l’éducation et de la recherche à travers la fondation Alexander von Humboldt et le service d’échange académique allemand (DAAD).

Dans cet ambitieux projet qui mobilise plus d’un milliard de FCFA, l’objectif de Docteur Mouhamadou Sy et de ses collaborateurs allemands est avant tout d’offrir une formation de qualité à des jeunes africains en sciences mathématiques et leurs applications. Cette formation comprend les trois niveaux pré-doctoral, doctoral et postdoctoral avec en vue une préparation en techniques poussées de modélisation mathématique, d’analyse des modèles et de leurs applications. Sa toute première activité de formation vient d’avoir lieu : 15 jeunes africains venus de quatre pays différents ont suivi en octobre au centre AIMS une formation accélérée aux thèmes des équations aux dérivées partielles, de l’analyse stochastique et de leurs applications.

Pour Dr Sy : « Deux défis majeurs se posent aux mathématiciens africains : d’une part, il leur incombe de s’imposer à l’échelle globale avec une recherche novatrice et, d’autre part, il faut s’assurer d’une applicabilité de leur expertise à la résolution de problèmes concrets qui se posent au développement économique et social du continent africain. »

Senescoop Media

● Lien média https://www.senescoop.net/dr-mouhamadou-sy-un-brillant-mathematicien-au-service-du-continent/?fbclid=IwAR1nix_iZ9OwHsAMOMkwwQqB3keR8ceDF_9jx_gPebkJtDNFbshLVP39hbU

● Le Grand Entretien du Blog | En exclusivité avec le politiste Yahaya SOUKOUNA

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) reçoit comme invité, monsieur Yahaya SOUKOUNA. Il est diplômé en sciences politiques et originaire du Mali (issu de la communauté soninké). Dans cette interview, il nous sert de pertinentes analyses sur diverses thématiques abordées. Nous lui adressons nos vifs remerciements pour sa disponibilité.

Ci-dessous l’intégralité de l’entretien :

● Question 1 : Bonjour monsieur SOUKOUNA, merci d’avoir accepté notre interview. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Yahaya SOUKOUNA : Bonjour, je suis Yahaya SOUKOUNA, français d’origine malienne, diplômé en Sciences politiques et en Administration publique. Ancien collaborateur parlementaire, je suis actuellement consultant en stratégie internationale. Je conseille des acteurs du secteur public et privé sur divers sujets stratégiques. Je les accompagne vers la prise de décision, sur leur réorganisation structurelle et sur leurs choix stratégiques globaux. Durant mes temps libres, j’officie en tant qu’entraîneur dans un club de football amateur, j’y entame ma neuvième saison. Il m’arrive aussi d’écrire. Il y a deux ans, j’ai sorti un abécédaire autobiographique et je suis actuellement en train de finaliser un nouvel ouvrage portant sur l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.

● Question 2 : Étant issu de la communauté soninké qui est très attirée par l’environnement migratoire à travers le monde notamment en France, quel est votre diagnostic sur la situation actuelle de ce phénomène ? (Avantages et inconvénients)

YS : Avant toute analyse, j’aimerais témoigner ma fierté d’appartenir à la communauté soninké vivant en France. Je pense intimement que l’héritage culturel que nos aînés nous ont légué doit demeurer intact et poursuivre son cheminement générationnel. La solidarité, le partage, l’humilité, la discrétion et le respect de l’aîné sont autant de valeurs qui doivent perdurer. À notre tour, on se doit d’être les futures courroies de transmissions de ce « package » ancestral. Pour me recentrer sur la question, il me paraît important de préciser un aspect singulier à la communauté soninké sur le plan migratoire. Cette dernière immigre considérablement à travers le monde entier. L’Europe, principalement la France et l’Espagne, le continent africain, et l’Amérique du Nord, sont les principales destinations de la communauté native d’Assouan en Égypte. Elle se trouve donc fortement impactée par les tendances contemporaines de ce puissant enjeu géopolitique qu’est la migration.
En effet, la fragilité des marchés financiers et les crises engendrées, à l’image de celle de 2008, ont profondément bouleversé l’ordre mondial. Les économies mondialisées ont toutes été fortement perturbées, entraînant des conséquences en cascade. L’occident, principale terre d’accueil de migrant, a connu une baisse radicale de l’interventionnisme étatique et un élargissement de la paupérisation de sa société. C’est dans ce contexte que s’est diffusé un profond sentiment patriotique nationaliste provoquant l’émergence de mouvements réfractaires à l’accueil des personnes étrangères, les estimant responsables de la baisse de leur niveau de vie. Paradoxalement en Afrique, la multiplication des conflits, l’instabilité politique, l’affaissement du niveau de vie et le difficile accès à l’éducation et à la santé ont renforcé le désir d’exode d’une part importante de la jeunesse en quête d’un avenir meilleur. Malgré les mesures drastiques imposées par les autorités méditerranéennes, les vagues migratoires s’intensifient et s’échouent le long des côtes marocaines, espagnoles et italiennes avec son lot de rescapés et de morts que la mer avale. Nous assistons à la collision de ces deux réalités dynamiques qui ne semble pas promises à la convergence. Pire encore, avec la montée des groupes extrémistes et la détermination de ceux qui désirent l’eldorado, les prochains rendez-vous s’annoncent inquiétants.

● Question 3 : Ces derniers jours, le gouvernement malien a annoncé le report de l’élection présidentielle (initialement prévue en février), pouvez-vous nous éclairer sur les données politiques et sécuritaires dans le pays actuellement ?

YS : Depuis l’an 2020 et la chute du régime du président Ibrahim Boubacar Keita, le Mali est dans une transition. De 2020 à 2021, celle-ci fut civile et militaire, dirigée par l’ancien président Bah N’daw. Pour des raisons difficilement déchiffrables, ce dernier a été renversé en 2021 par le colonel Assimi Goïta qui est depuis devenu le président de la transition. Des élections présidentielles devaient avoir lieu, mais ont été reportées par le régime, entraînant une batterie de sanctions de la part de la communauté internationale et des organisations sous-régionales sous l’impulsion de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Des négociations ont abouti sur l’organisation d’élections présidentielles en février 2024 et ont permis de lever une partie des sanctions économiques qui participaient à la tentative d’asphyxie de l’économie malienne. Ce laps de temps a permis aux autorités de faire voter une nouvelle constitution. Projet que leurs prédécesseurs, démocratiquement élus, ont initié sans parvenir à leur terme. Dans un récent communiqué, le ministère de l’Administration territoriale a annoncé le report des élections présidentielles de février 2024 à une date ultérieure de quoi alimenter les suspicions quant aux désirs des autorités de se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible.
Il faut noter que ce report s’établit dans un contexte sécuritaire des plus tendus que certains observateurs assimilent à celui de 2012. Cette période dans laquelle les combats entre l’armée malienne et les mouvements rebelles associés aux groupes jihadistes ont entraîné la scission du pays en deux et la proclamation de l’Azawad par le mouvement national de Libération de l’Azawad (MLNA).
Aujourd’hui, la situation est confuse. On assiste d’une part à l’intensification par l’armée d’opérations de communication et de reconquête du territoire vers le nord du pays à mesure que la mission onusienne de maintien de la paix (MINUSMA) libère les camps qu’elle occupait.
Concomitamment, des actes terroristes sont perpétrés sur l’ensemble du territoire laissant penser à une fragile restauration de la sécurité dans le pays. Ajoutons à cela, une recrudescence des affrontements entre l’armée malienne et les mouvements jihadistes, mais également, une détérioration des relations entre l’État et une partie des mouvements signataires de l’Accord d’Alger (Le Cadre Stratégique Permanent). Tout cela a pour effet de prolonger l’imbroglio du cas malien. Un rapide retour à l’ordre constitutionnel répondrait bien plus à des injonctions de la communauté internationale qu’a une nécessité immédiate pour la restauration d’un État unitaire et stable.

● Question 4 : La communauté soninké est traversée par une crise sociale latente liée à ce qu’on appelle « l’esclavage par ascendance », quelles seraient selon vous, des précautions efficientes pour recouvrer une certaine sérénité communautaire sans cette tare ?

YS : La problématique de l’esclavage par ascendance est un sujet d’une extrême sensibilité, mais qui requiert un positionnement clair. La mienne est que ces pratiques doivent cesser d’exister. Je crois aussi que pour traiter un phénomène de cette ampleur, il faut avoir l’humilité de l’étudier, non pas pour cautionner, mais pour comprendre le pourquoi de la pérennité de ce procédé ancestral qui nuit au fonctionnement harmonieux de communautés qui très souvent se ressemblent. Il est important de s’intéresser en profondeur aux raisons qui distinguent le droit pour une communauté de jouir de pouvoirs réducteurs et humiliants vis-à-vis d’une autre contre son gré. Même si cette variante de l’esclavage existe au sein de la communauté soninké, ce phénomène que l’on peut penser mineur et bien plus répandu que l’on ne pourrait le croire. Il trouve des germes dans les 5 grands continents et répond à des règles, des coutumes, des rituels qui doivent être déconstruits par le dialogue, la médiation, et si nécessaire, par des réponses pénales.
Même s’il existe des organismes internationaux qui traitent le sujet, la réponse politique globale est bien en deçà de l’ampleur que représente le fléau. Je crois qu’à l’image d’un sujet fédérateur comme l’écologie, la lutte contre l’esclavage par ascendance mérite une place beaucoup plus épaisse dans les principaux engagements des états concernés par ce phénomène. Conscient que dans certaines régions du monde, il participe à calibrer certaines sociétés (et/ou communautés), et que toute tentative d’entrave menacerait certains équilibres de pouvoir. Néanmoins, sa lutte doit être prise à bras le corps. Ce faisant, des mécanismes internationaux devraient contraindre les États à montrer patte blanche en matière de lutte.

● Question 5 : la France connaît diverses frictions diplomatiques avec certains pays du Sahel (ses anciennes colonies), pouvez-vous nous donner quelques éléments de compréhension sur ces relations dans l’actuel environnement géopolitique mondial ?

YS : Depuis quelques années, la France rencontre des difficultés sur le plan diplomatique, peine à maintenir un dialogue serein avec une partie de ses anciennes colonies sahéliennes, et perd de son influence historique sur une partie de plus en plus grande du continent. Les nombreuses et récentes attaques verbales par communiqués interposés entre Paris et les principaux régimes militaires de la bande sahélienne que sont Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina Faso) et Niamey (Niger) témoignent de la fragilité des rapports existants. Nous sommes bien loin de l’an 2013 où le président français Francois Hollande avait reçu un accueil triomphal par une foule en liesse à Bamako lors du lancement de l’opération SERVAL, destinée à repousser l’avancée des jihadistes, qui étaient parvenus jusqu’au centre du pays à Kona. « La journée la plus importante de ma vie politique », avait-il lancé. La nouvelle tendance relationnelle entre la France et ces états sahéliens ne se résume pas qu’aux relations d’ordre politique ou protocolaire, mais s’étend désormais à la société civile. En effet, la longévité de la présence militaire étrangère sur le sol africain et les quelques abus qui en ont découlé ont créé de la frustration chez une partie des populations. De plus, l’absence de résultats des opérations militaires telles que Serval, Barkhane, et la Minusma, et leur incapacité à libérer les zones occupées du nord du Mali notamment, ont également suscité un rejet de celles-ci par les populations concernées. Par ailleurs, avec la montée en puissance de l’accès aux nouvelles technologies, le continent s’informe vite et s’éduque. Au cœur de la jeunesse africaine émerge un vaste désir d’affranchissement avec ses anciennes colonies, particulièrement avec la France. À dominante musulmane par leur composition, leurs us et coutumes, les populations sahéliennes sont particulièrement sensibles au traitement qui est infligé à leur coreligionnaire dans la sphère médiatique française depuis quelques années. L’ensemble de ces facteurs fragilise la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines. Cela offre l’opportunité géopolitique pour une nation comme la Russie de revenir au devant de la scène en réactivant l’importante influence « soviétoafricaine » qui était la sienne lors des successions d’indépendance. Et cela à l’image de celle avec la Guinée de Sékou Touré dès 1958 et du Mali de Modibo Keita dès 1960. Depuis le coup d’État malien de 2020, la relation avec la France bat de l’aile. D’un autre côté, le Mali et la Russie se sont fortement rapprochés aussi bien sur le plan militaire, qu’économique, et diplomatique. De quoi susciter des rivalités sur fond d’influence. Le Mali est au cœur d’enjeux géopolitiques c’est pourquoi nous sommes en droit de nous interroger sur la question suivante : le pays n’est-il pas involontairement devenu l’un des instruments d’une nouvelle Guerre froide qui ne dit pas son nom ?

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