● Qui était le journaliste panafricain Mohamed Maïga ? | Plume engagée et proche de Thomas Sankara.


J’ai eu écho de son cas récemment lors d’un visionnage d’une émission de la chaîne YouTube OuiHustle, consacrée à sa fille, la talentueuse actrice Aïssa Maïga. Lors de cet entretien fleuve et riche, la réalisatrice du film documentaire « Marcher sur l’eau » a abordé son enfance et la fin tragique de son père il y a 40 ans à Ouagadougou (au Burkina Faso) le 1 janvier 1984. En effet, son papa, à l’époque, jeune journaliste et intellectuel de 34 ans fut empoisonné dans la capitale du pays des hommes intègres aux temps du capitaine révolutionnaire et panafricain résolu Thomas Isidore Noël Sankara. Natif d’Ansongo (Mali) en 1950, Mohamed Maïga est issu de l’ensemble communautaire Songhaï. Journaliste à l’esprit vif et militant sur les dynamiques politiques liées à la cause panafricaniste, il avait travaillé au journal « Jeune Afrique » et pour le magazine « Afrique Asie ». Sa fille assure que l’association https://mohamedmaiga.org/mohamed-maiga qu’ils ont créée en janvier dernier, vise à promouvoir l’héritage intellectuel de son père parti si jeune, si tôt. À la fin de l’émission YouTube Oui Hustle, l’actrice française a donné quelques détails pratiques sur l’espace qu’ambitionne d’occuper l’association portant le nom du journaliste engagé.

L’intégralité de l’émission YouTube https://youtu.be/wKfPiIphpbc?si=jQS78M3vzWWBbzgw

22 juillet 2024

🖋KS pour le BLOG L’Écrit Osé

● JO 2024 : Camil Ould Doua veut rendre fière la Mauritanie et apprendre à ses compatriotes à nager

RFI Afrique – Camil Ould Doua, nageur de 22 ans, va représenter la Mauritanie sur le 50 mètres nage libre. Ce natif du nord de la France, qui a grandi à Talence, près de Bordeaux, sera également le porte-drapeau du pays lors de la cérémonie d’ouverture.

C’est l’histoire d’un apprenti nageur de neuf ans qui griffonne un jour sur un post-it son objectif d’aller aux Jeux olympiques. D’une intention naïve d’enfant, Camil Ould Doua a fait un projet, qui a failli aboutir dès Tokyo, avant la désillusion.

« Tout commence à se faire et, coup de théâtre, ça ne peut pas se faire. La Mauritanie n’acceptait pas la double nationalité. Mon club qui ferme et, en plus de ça, le Covid, se rappelle le nageur, je passe de deux entraînements, des rêves plein les yeux, à plus rien, dans ma chambre, comme ça. »

Le moral à zéro, plus d’entraînement pendant un an, avant de refaire surface et de reprendre l’aventure, motivé par le changement de loi en Mauritanie, mais aussi par l’arrivée à ses côtés d’un grand nom de la natation française : Grégory Mallet, double vice-champion olympique en relais. Il s’est déjà occupé de Camil à l’adolescence et l’a repris sous son aile depuis septembre dernier, séduit par l’idéal et le sérieux de son protégé : « C’est quelqu’un qui est très investi, très travailleur », valorise le champion olympique.

Il poursuit : « [Camil] n’a peut-être pas le bagage qu’ont beaucoup de nageurs en termes de kilométrage, mais il a cette envie qui fait qu’à chaque fois qu’il se met dans l’eau, il améliore ses meilleures perfs. Mentalement, ça met en confiance et je trouve que c’est génial de se dire que tu vas arriver à Paris et que, potentiellement, tu vas battre les records de ton pays. »

Être gentil avec l’eau… pour avancer plus vite

L’ex-Tricolore ne ménage pas Camil, et très vite, ce dernier l’a constaté : « Premier entraînement, j’ai vomi, et ça m’a directement mis dans l’ambiance. Greg, c’est quelqu’un qui me dit la vérité et c’était important pour moi d’avoir un coach, mais aussi un exemple et un mentor. Quelqu’un que j’idéalise un peu. » Et qui le fait travailler à raison de cinq séances par semaine.

L’objectif de Camil Ould Doua : 50 mètres, sa seule épreuve aux JO. Pour lui qui a démarré sur le 400 mètres, il n’est pas simple de performer sur l’aller simple. Camil n’a pas le gabarit et la puissance d’un pur sprinter, mais Grégory Mallet lui a décelé des qualités : « C’est quelqu’un qui a énormément d’endurance, explique le coach, il est quand même très explosif et on essaie de mixer tout ça pour que ça fasse un bon 50. Maintenant, la natation, ce n’est pas un sport où il faut s’énerver dans l’eau. Donc, je lui apprends plus à être gentil avec l’eau pour qu’elle lui rende bien et qu’il soit efficace, plutôt que de venir s’énerver dans l’eau. »

Le 50 mètres, le nageur ne l’a tout de même pas choisi par hasard : « Je veux donner une belle image à la Mauritanie, je vais donner du spectacle. Du coup, directement, je me suis dirigé vers le 50. Eh oui, ça a été une adaptation folle parce qu’il a fallu manger et manger. Pour moi, c’est très dur, alors je me gave, je transpire, c’est dur la musculation, je n’ai pas l’habitude de me sentir lourd. »

Camil Ould Doua veut faire honneur au pays de son père, où la natation n’émerge pas. Le Mauritanien espère bientôt le contraire à travers sa démarche : « Grâce à ce projet, on va construire la première piscine en Mauritanie. Il faut savoir qu’on est au bord d’une côte à Nouakchott et il y a beaucoup de noyés, les gens ne savent pas nager.

Donc, ils auront un exemple, des records à battre, une piscine. » Il résume, motivé : « Donc voilà, moi, mon objectif, c’est de donner mon meilleur, porter fièrement le drapeau, leur montrer que la Mauritanie est là et tout donner. » Et se dire que l’histoire que se racontait le gamin de Talence sur un bout de papier n’avait vraiment rien d’un conte de fées.

Par : Christophe Diremszian

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● CAMARA Saloum Mohamed : la modestie dans le costume du ministre | Par Seyré SIDIBE

CAMARA Saloum  Mohamed, ancien ministre de la fonction publique, du travail et de la modernisation de l’administration a tiré sa révérence à 66 ans, ce dimanche 07 juillet 2024, à  Nouakchott.

Docteur en Sciences Politiques (Université Paris I – Panthéon Sorbonne,  France),  ce natif de Selibaby  fait partie d’une liste de cadres de cette ville, qu’on peut compter sur les doigts d’une seule main, qui ont eu le privilège d’occuper le fauteuil ministériel depuis l’indépendance (1960).

Saloum, était modeste, humble et ouvert d’esprit.
Il n’a jamais renié ses amis . Il était fidèle à son « petit monde » en toute circonstances, en temps de vaches maigres comme en temps de prospérité ou de bombonce. 

Ses amis sont unanimes, l’homme était brillant et studieux depuis l’école primaire.  Il était frêle, fragile, même maladif depuis l’enfance. Cependant, il etait robuste de  l’intérieur : toute sa force était dans sa tête.

Très jeune déjà, la lecture était une passion chez lui. Sans doute, une vocation intellectuelle transmise par le bais de son frère aîné, l’ancien ministre de la santé, sous l’ère Ould Taya, Mody Mohamed CAMARA. Un homme de culture exceptionnelle. Professeur de philosophie  et pédagogue émérite dans une autre vie professionnelle,  où il enseignait l’amour de la sagesse aux lycéens.

Le costume ministériel, il l’a enfilé pendant une courte période,  en servant l’Etat avec patriotisme et humilité, jusqu’au jour où, il a été remercié pour des raisons et logiques politiciennes, sans être blâmé.

Sans jamais renier les siens,  tomber comme certains dans la condescendance de la fonction ministérielle, de son parcours académique ou de ses origines sociales, Saloum n’a jamais voulu faire des mus, en se mettant  dans la peau d’une autre personne, d’un autre personnage. Il est resté lui-même et toujours égal à lui-même. 

Une posture difficile, surtout quand on sait que dans notre société mauritaniennes, le paraître d’un jour peut effacer « l’être naissance » pour servir des  desseins opportunistes nourrissant d’une mégalomanie empruntée. 

Jamais, vous ne trouverez son nom mentionné dans une affaire sulfureuse. Jamais, Saloum n’a pris une position incongrue dans un débat de société, politique etc.

Il a vite su faire la part des choses entre le ministre, l’intellectuel et le natif de Selibaby.
Ainsi, il a pu réussir là où beaucoup ont échoué.  Ces derniers, une fois promus, par manque d’humilité, ils ont tourné le dos honteusement et ingratement,  à tous ceux qui  les ont aidés, soutenus et entretenus pendant les moments de galère.

Son passage, si éphémère soit-il au ministère de la fonction publique,  restera marquée, entre autres, par la réforme de l’âge de la retraite  de 60 à  63 ans.

Nos condoléances à la famille éplorée.
Que son âme repose en paix !


Seyré SIDIBE

● Boubacar Ould Messaoud reçoit le prix Aichana Mint Abeid des droits de l’Homme [Élément Cridem]

EN BREF | Cridem – L’emblématique président de SOS Esclaves, Boubacar Ould Messaoud, a reçu, mercredi 19 juin 2024, à Nouakchott, le Prix Aichana Mint Abeid des droits de l’Homme décerné par Abolition Institute. Le prix lui a été remis par Bakari Tandia.

« Mon combat pour la promotion et la défense des droits de l’Homme a commencé depuis l’enfance. SOS Esclaves créée en 1995 par des mauritaniens de toutes les communautés avait pour objectif de combattre toutes les formes d’injustice et de violations des droits humains perpétrés à l’encontre de toute personne sans distinction aucune », a déclaré Ould Boubacar, après avoir reçu la distinction.

« SOS Esclaves n’est pas l’apanage d’aucune communauté. C’est une organisation qui combat l’injustice et promeut le droit et la dignité auxquels tout être a droit. Nous devrions tous faire front contre les préjugés et les anachronismes qui prévalent encore dans notre société afin de les déconstruire et de les extraire définitivement de la tête des maitres et des esclaves », a-t-il ajouté.

Le président de SOS Esclaves a aussi rappelé que les défis sont encore très nombreux pour éradiquer l’esclavage dont souffre encore des citoyens mauritaniens au sein de toutes les communautés nationales.

« La responsabilité de s’en débarrasser complètement incombe à tous », a insisté Boubacar Ould Messaoud.

Plusieurs figures du militantisme et de la politique en Mauritanie ont pris la parole pour témoigner sur la personne du président de SOS Esclaves, à l’image d’Aminétou Mint El Moktar, présidente de l’Association des Femmes Cheffes de Femmes (AFCF), de Samba Thiam, président des Forces Progressistes du Changement (FPC)…

Le gouvernement mauritanien était représenté par Sidi Mohamed Ould Limam, directeur des Droits de l’Homme, au Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile.

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● Mauritanie : une démocratie au service d’une nomenklatura

La démocratie ne se décrète pas. C’est plus qu’une simple une déclaration d’intention. Des discours et des mots, sans convictions et principes. Exactement comme l’unité nationale, qui est régulièrement magnifiée et chantée sans effets dans la pratique.  Elle est malade de notre hypocrisie ! Le refus de reconnaitre l’évidence.

La démocratie, c’est un choix et une option stratégiques, une culture qui impliquent une volonté réelle de changements dans les pratiques, les mentalités et même de paradigmes. Elle a pour baromètre la fonctionnalité et l’effectivité voire l’efficacité des institutions, notamment dans leur capacité à servir le citoyen, à le protéger contre toutes sortes d’abus, en lui garantissant ses droits, ses devoirs :  son plein épanouissement. La démocratie ne peut être source d’asservissement, abrutissement ou d’endormissement du peuple.

Au contraire, elle se fonde sur la participation et l’implication citoyennes dans une démarche de co-construction et de co-production pour donner crédit, pertinence et légitimité aux décisions prises par les gouvernants. Elle n’a point besoin de surhomme ou d’homme providentiel : toute la force, tous les pouvoirs, tout le charme de la démocratie se trouvent dans les institutions elles-mêmes (institutions fortes diront certains). Institutions qui n’ont besoin que d’hommes honnêtes, vertueux.

Voilà ce qui nous fait défaut.

La démocratie, elle ne saurait se mesurer au nombre de partis politiques, au nombre de radios et télévisions privées, au pléthore d’Agences de l’Etat chargées de « je ne sais quoi » ? Une assemblée nationale fortement arrimée jusqu’à la subornation au pouvoir Exécutif.

La démocratie, ce n’est pas non plus une CENI, un Observatoire national de surveillance des élections… autant d’institutions budgétivores et technicistes, dont les rôles, les missions et les prérogatives sont mal définis, voire ambivalents. Cette « polypersonnalité » de nos institutions est source d’interfèrent, un cafouillage qui crée une espèce de brouillage propice aux manœuvres de toutes sortes, contraires à la transparence et à la crédibilité électorales.

Les élections sont souvent une mascarade, les règles du jeu ne sont jamais respectées, elles peuvent même changer en pleine compétition. Elles coûtent trop chères au contribuables sans jamais servir à quelque chose. Une situation qui a fini par créer chez certains citoyens, une espèce de fatalisme, de lassitude : un découragement qu’ils expriment en ces termes : « ça ne sert à rien d’aller voter ».  En effet, les élections sont toujours truquées, et le jeu démocratique toujours biaisé par des pratiques anti-démocratiques.

Finalement, ils sont nombreux les Mauritaniens et les Africains qui ne croient plus à la démocratie en tant que modèle de gouvernance. Ils sont dégoutés et déçus. Ils en viennent jusqu’à se tromper d’ennemis, en s’en prenant à la DEMOCRATIE en tant que système politique. Or, le problème n’est pas la démocratie, même si elle est loin d’être une panacée universelle. Une chose est sûre, c’est que nos dirigeants n’ont jamais voulu de la démocratie dans nos Etats. Parce qu’ils cesseront d’être des roitelets, parce qu’elle fait table rase de certains acquis parmi lesquels : la super citoyenneté et ses privilèges …

C’est dire que souvent, le procès fait à la démocratie en Afrique est à mon sens injuste. Il faut avoir appliqué et pratiqué correctement la démocratie pour pouvoir la juger. Un malade qui n’a jamais respecté son traitement ne peut pas se permettre de donner un avis objectif sur son médicament et encore moins sur son médecin. Malheureusement, sous nos tropiques, nos dirigeants assoiffés de pouvoir et d’autorité ont volontairement vidé « l’enfant Grecques et natif d’Athènes » de sa substance, en foulant aux pieds ses principes sacro-saints, sans jamais accepter véritablement de le tropicaliser. On l’a dénaturé et vidé de sa substance, son être pour assouvir des desseins démoniaques et totalitaires.

La démocratie mauritanienne

La démocratie, chez nous n’est pas le pouvoir du peuple. Elle est le pouvoir d’une oligarchie militaro- politico-féodalo-affairiste et esclavagiste contre le peuple. Un peuple désabusé et dépassé, qui ne comprend plus rien au jeu démocratique, réduit à exécuter tels des automates les mêmes gestes, soit les mêmes erreurs.

Son rôle (le peuple) se limite à la répétition de gestes, de mots et de phrases toutes faites sans réfléchir ; un ensemble de réflexes devenus son trait de caractère, sa principale « compétence » que les différents « chefs d’orchestre » ont bien voulu développer en lui en vue de pérenniser leur mainmise, leur hégémonie, leurs intérêts etc. Dans cette démocratie militaire, l’électeur subit l’élection. Il craint le rendez-vous avec les urnes comme un chat échaudé qui craint l’eau froide.

La présidentielle de 29 juin 2024 ne dérogera pas à cette règle. Sauf coup de force majeure, cette élection présidentielle sera, tout sauf l’expression de la souveraineté du peuple mauritanien. En effet, le peuple n’existe que par la volonté de ces groupes opportunistes et machiavéliques, unis pour défendre des intérêts et des » positions » égoïstes, sectaires et claniques.

Ainsi, le jeu démocratique est faussé d’avance parce que s’appuyant sur des groupes de pression qui marchandent, manipulent, orientent, désorientent selon les situations et les contingences, le peuple. Tout est bon pour le maintenir dans l’ignorance, en lui administrant jour après jour des somnifères afin de retarder son réveil, son éveil.

Si bien que le peuple est désormais hypnotisé et réduit à la subordination, au point où même derrière l’isoloir, le citoyen ne peut retrouver indépendance et lucidité : il vote contre lui-même en s’enfonçant encore et encore un peu plus, pour asseoir davantage la suprématie de « ses maîtres impitoyables « . C’est le syndrome de Stockholm.

Notre système démocratique qui peine à se libérer du joug du pouvoir traditionnel (spirituel et temporel) déconstruit la culture de la citoyenneté.  Un citoyen, c’est celui qui est capable de choisir par lui-même, et qui dispose d’une marge de liberté pour exprimer son droit de vote sans être » écrasé  » par la dictature de l’Autorité sociale, communautaire, politique…

L’État se complaît dans une telle situation où la « conquête  » de l’électorat repose sur des concessions avec la chefferie traditionnelle. Cette dernière détient de nombreux leviers de pression qu’elle exerce sans pitié sur le groupe notamment, les individus qui osent défier l’ordre féodal et traditionnel. Dès lors, on assiste au phénomène bien décrit par certains et appelé très ironiquement : bétail électoral ou l’électorat bestial.

La citoyenneté est ainsi bradée au détriment des pesanteurs socio-culturelles, contraires à la république : les électeurs sont dans de nombreux cas soumis à une consigne de vote mécanique d’un dignitaire ou d’un homme d’affaires. 

Aux électeurs

Ne marchandez surtout pas votre droit de vote, il en va de votre dignité. Prenez vos distances des politiciens courtiers qui pullulent ces derniers temps dans votre région, dans votre quartier et ne ratent aucune prière dans votre mosquée etc.

Ils sont en mission et cherchent à vous séduire, vous endoctriner, vous flatter en usant de leur rhétorique démagogique bien huilée, s’appuyant sur des promesses mirobolantes sans lendemain. Rappelez-vous la Fable de la Fontaine (le Corbeau et le Renard) : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».

Heureusement, une nouvelle ère s’annonce avec l’émergence d’un nouveau type de citoyens qui prend ces distances des « pesanteurs héritées » souvent plus fortes que la loi, en s’assumant et s’affirmant en faveur d’une démocratie véritable. Celle qui permet au fils du paysan, du berger d’accéder aux « cimes de la république », jusque-là réservées aux fils à papa. Cette prise de conscience est consécutive est caractéristique de la maturité d’une partie du peuple, désormais vent debout pour faire respecter la vérité qui sortira des urnes, le 29 juin prochain.

Le Guidimakha, on nous a assez mentis et trompés : ça suffit

Alors que les promesses tenues lors des élections municipales, législatives et régionales de mai 2023 et celles de la présidentielle de 2019 sont restées lettres mortes et classées sans suite, les voilà de retour au terroir pour » s’endetter «, en s’enfonçant encore plus auprès des populations.  Si dans certaines contrées les préoccupations prioritaires sont l’accès aux services sociaux de base, chez nous, nous clamons « JUSTICE et EGALITE des citoyens ».

Nous sommes presque sous occupation, expropriés de nos terres, malmenés, humiliés, utilisés les uns contre les autres pour nous diviser. Chaque jour, l’un des nôtres est arbitrairement arrêté pour des motifs évasifs qui ne peuvent être qualifiés juridiquement, et envoyé en prison.

Ensuite, la machine se met en route. On fait cotiser les émigrés ou on pioche dans les caisses villageoises pour soudoyer. La corruption a atteint des proportions jamais égalée au point que les fonds villageois sont devenus ces six dernières années déficitaires en raison du conflit intercommunautaire Soninké, une mine d’or pour le pouvoir local qui ne fait rien pour appliquer la loi.

Au contraire, il jette de l’huile sur le feu par ses décisions de justice mettant en compétition des Soninké attachés à l’ancien ordre et les progressistes : chacun de ces groupes rivalisent d’ardeur pour  » graisser la patte » de l’administration, en espérant gagner le procès. 

Le procès de la honte, de la haine et de la bêtise. Justice ne sera jamais rendue. Votre unité et cohésion en souffriront.  Vous n’aurez droit qu’à » des demi- vérités » afin que vous continuez à vous détruire. Et l’administration locale continuera de vous traire telles des vaches laitières. Comme dans un jeu de poker, chaque partie continuera à doubler sa mise indéfiniment. Pendant que « le rapace opportuniste » et insatiable se nourrit de votre orgueil, de votre stupidité pour vous saigner à blanc. Voilà la triste réalité au Guidimakha que tous les pouvoirs ont ignorée.

Le meilleur candidat à la présidentielle, pour nous autres, sera celui qui protégera « le Guidimakhé » contre les abus du pouvoir local. Celui qui mettra fin aux injustices que nous subissions depuis des décennies. La soif, de justice nous tenaille plus que le manque d’eau potable, et nous préoccupe plus que le désert des infrastructures qui constitue la caractéristique principale de notre région ô combien déshéritée et abandonnée à elle-même. 

Seyré SIDIBE

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● Le Pr Farba Bouyagui Tamboura : une consécration académique de l’autre côté de la rive

Le Pr Farba Bouyagui Tamboura est depuis, le 12 mars 2024, élu directeur de l’Ecole Doctorale des sciences et Techniques et de Sciences de la Société « EDSTSS » de l’Université Alioune Diop de Bambey (Sénégal).

Cette distinction de notre compatriote hors de nos frontières est révélatrice de la performance des étudiants et enseignants universitaires mauritaniens notamment lorsqu’ils sont à l’étranger et admis dans un environnement sain, qui promeut l’excellence et le mérite.

Cette élévation de notre compatriote est un exemple parmi d’autres où de Mauritaniens inconnus au pays jouissent de notoriété et respectabilité à l’étranger. Ce qui donne raison à l’adage selon lequel  » nul n’est prophète chez soi ».

L’école mauritanienne qui « gagne » à l’étranger, et décadente à l’intérieur doit interpeller nos dirigeants à plusieurs niveaux…

Le problème de notre système éducatif est donc conjoncturel, soit la conséquence de plusieurs
reformes bidouillées pour servir des desseins idéologiques sans fondements académiques et scientifiques.

Le Pr Tamboura est aujourd’hui cinquantenaire.
Son parcours montre jusqu’à quel point, la vitesse grand V de la décadence l’école mauritanienne. Jusqu’ aux années 90, il était encore possible de sauver le système éducatif du marasme et de la léthargie. Mais il fallait des hommes courageux, patriotes, visionnaires et animés de bonnes intentions.

Le Pr Tamboura a fait ses études primaires à l’ecole I de Selibaby, ville dont il est natif notamment dans le village de Bambaradougou.

Après l’obtention de son baccalauréat série D en 1994, il s’inscrit à la Faculté des Sciences et Techniques de Nouakchott.

En 1998, année de la maîtrise, M. Tamboura est major de sa promotion et obtient une bourse d’État pour faire des études de 3 ème cycle au Sénégal dans le domaine de la chimie.
Cette bourse a ouvert la voie du succès et de la gloire à notre compatriote :
Il est titulaire du Diplôme d’Etudes Approfondies « DEA » en 2000 à (UCAD) l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, d’un Doctorat de 3ème cycle en chimie Moléculaire en 2002, d’un Doctorat d’Etat en chimie Moléculaire en 2012 à l’UCAD.

En 2009, le Pr Tamboura entame une carrière professionnelle au terme d’un recrutement très sélectif pour être Enseignant-chercheur à l’Université Alioune Diop de Bambey (Sénégal).

C’est au sein de cet environnement académique où la science est vénérée et considérée comme le seul critère d’ascension, plus que l’origine sociale ou la nationalité que le Pr Tamboura a évolué et s’est fait distinguer par la compétence, la rigueur et le travail bien fait.

Ainsi, il sera tour à tour élevé au grade de Maître Assistant au Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur « CAMES » 2011, grade de Maître de Conférences au CAMES 2013, Grade de professeur titulaire des universités du CAMES 2020.

En 2011 – 2017, M. Tamboura est nommé Chef de département de chimie de l’Unité de Formation et de Recherche « UFR » en Sciences Appliquées et Technologies de l’Information et de la Communication « SATIC ».

Mai 2017 à novembre 2021, il est directeur de la Cellule Interne d’Assurance Qualité (CIAQ) puis, directeur de la recherche à l’Université Alioune Diop de Bambey.

Professeur émérite, Farba Bouyagui Tamboura peut se prévaloir de quelques 47 articles published dans des journaux et revues scientifiques internationaux.

Seyré SIDIBE

Via OndeInfo

● Kodda Sall au-delà des frontières| Par M. Souleymane Kidé

Aujourd’hui,  personne ne peut ignorer dans son fil d’actualité sur les réseaux sociaux de voir les séquences vidéos de ce jeune Tiktokeur pétri de talent.

D’un parfait inconnu jusqu’à la célérité, Kodda Sall est en ce moment le comédien le plus suivi dépassant de loin Adama Niakhaté et Grand P,  l’enfant de Nouakchott est convoité par tout un harem défilant autour espérant décrocher un « live » et échanger avec le jeune artiste sur des sujets à visée humoristiques et comiques.

Depuis sa baraque au fin fond de PK12, l’Afrique et le monde entier découvre une pépite qui étale ses compétences dans la plus grande humilité et loin de tout luxe et du somptueux .

Le premier sur la barre de recherche, Kodda emmène son pays la mauritanie dans des horizons nouveaux faisant connaître notre géographie et son histoire.
Avec une équipe solide et culottée en matière de management, Kodda pourrait d’ici peu de temps toucher le sommet de sa célébrité,  gagner la première place des Awards de jeune « révélation », valser partout dans le monde et profiter de son aura pour l’unité de la jeunesse africaine.

Souleymane Kidé

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Liens réseaux sociaux Kodda Saml :

TikTok : koddasall7

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● Premières dames : Marie Khone et Absa Faye, deux têtes bien faites

C’est assez inédit de se retrouver avec « deux premières dames ». Le palais présidentiel accueille, pour la première fois de son histoire, « deux maîtresses de maison ». Il s’agit des épouses du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, le nouveau locataire du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor.

À propos de ces deux dames dont il est question, Seneweb en sait un peu plus sur leur profession.

Rappelons que Bassirou Diomaye et Marie Khone Faye, tous deux originaires du même village (Diaganiao) ont officialisé leur union, il y a de cela 15 ans. Mère de quatre enfants (trois garçons et une fille) tous issus de ce mariage, Marie Kh. Faye a marqué sa carrière professionnelle dans le domaine de l’assurance.

La seconde, Absa Faye, dont les souvenirs du mariage sont encore frais, est spécialiste en genre et coordonnatrice de projets au Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

D’après nos sources, elle est originaire de Diakhar et a vécu un certain temps en Europe. Absa Faye et Bassirou Diomaye se sont dit oui en février 2023, un mois avant l’arrestation du bras droit d’Ousmane Sonko.

Certaines langues disent même que le mariage n’est pas encore consommé.

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● Le PRIX littéraire LES AFRIQUES 2023 a été attribué à BEYROUK pour son roman SAARA [La CENE littéraire]

Le PRIX LITTERAIRE LES AFRIQUES 2023 :

Le PRIX littéraire LES AFRIQUES 2023 a été attribué à BEYROUK pour son roman SAARA paru en 2022 aux éditions ELYZAD.

Saara est un roman choral dans lequel s’élèvent trois voix.
Trois destins complexes qui s’entremêlent, s’entrelacent au rythme de l’écriture en poésie de l’excellent BEYROUK.

A travers cette polyphonie, on entend la dénonciation des inégalités sociales et raciales, les dangers des intégrismes religieux, les défis du respect de la nature et de la préservation du territoire et enfin les méfaits de la mondialisation.

Pour autant, la splendeur et la justesse des mots de BEYROUK mettent le lecteur en face d’un récit engagé, engageant et méditatif sur les conséquences de la folie des Hommes.

EXTRAITS :

« Là, au fond de moi je sens un vide qui crie, un désir de bras qui serrent, de cœurs qui embrassent, d’étreintes qui durent plus qu’un instant ».

« Mais j’ai saisi, en côtoyant les grands espaces et les esprits simples, ce qu’avaient voulu m’expliquer nos ascètes : que chaque personne possède sa propre réponse et qu’elle ne peut qu’être en elle, et qu’elle ne vient qu’à son heure. ».

LE LAUREAT :

BEYROUK est né à Atar dans le Nord mauritanien. Journaliste pendant de nombreuses années, il a fondé le premier journal indépendant de Mauritanie et présidé la première association de presse indépendante.

Il vit à Nouakchott, en Mauritanie, où il est reconnu comme l’une des voix essentielles de la littérature. Ses nouvelles et ses romans sont lus et traduits à l’étranger, notamment :

– Et le ciel a oublié de pleuvoir (roman, Dapper, 2006) ;
– Nouvelles du désert (nouvelles, Présence Africaine, 2009) ;
– Le griot de l’émir (roman, Elyzad, 2013) ;
– Le Tambour des larmes (roman, Elyzad, 2015) ;
– Je suis seul (roman, Elyzad, 2018) ;
– Parias (roman, Sabine Wespieser, 2021) ;
– Le silence des horizons (roman, Elyzad, 2021) ;
– Saara (roman, Elyzad, 2022).

LE JURY :

Cette année 2023, le jury présidé par le professeur Ambroise KOM était, par ordre alphabétique des prénoms, constitué de :

– Adélaïde FASSINOU (écrivaine) ;
– Alphoncine BOUYA (écrivaine) ;
– Boubacar Boris DIOP (écrivain) ;
– Hortense SIME (médecin) ;
– Josias SEMUJANGA (professeur de littérature) ;
– Philippe BONVIN (écrivain et bibliothécaire) ;
– Sada KANE (journaliste).

LA DOTATION :

Le lauréat reçoit un montant d’Euros 6’000 et une œuvre d’art du peintre Momar Seck, d’une valeur d’Euros 3’000. Par ailleurs, La Maison d’édition Flore ZOA achète les droits de l’œuvre primée pour la zone « Afrique francophone » en cas d’accord avec l’éditeur. La réédition est ensuite imprimée à environ 10 000 exemplaires pour être principalement distribuée gratuitement dans des lycées, collèges, universités et lieux de culture en Afrique.

LES FINALISTES :

Les romans suivants avaient été sélectionnés par le comité de lecture :

– Saara, Beyrouk (Elyzad) ;
– Le feu du milieu, Touhfat Mouhtare (Le bruit du monde) ;
– La ligne de couleur, Igiaba Scego (Dalva) ;
– Si le soleil se dérobe, Nicole Dennis-Benn (L’aube) ;
– La maison en pierre, Novuyo Rose Tshuma (Actes Sud).

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✓ Hommage à mes défunts parents : Papa ton vœux n’aura duré que 45 jours | Par le journaliste Camara Seydi Moussa

Moussa Cheikhou Camara (cœur de lion pour les intimes), mon père n’est plus. Il s’est éteint le 26 novembre 2023 à 21h 15 mn à la Clinique du Cap, Dakar – Sénégal. Il n’a pas survécu à cette maladie qui l’avait terrassé le 29 août 2023. Sur son lit de la chambre S3 de la Clinique du Cap, il avait tout prévu, même la tente devant la maison.

Mon père nous avait instruit à travers plusieurs faits et gestes sur sa mort imminente. Il nous disait toujours « l’heure est venue ou pardonnez-moi, moi je vous pardonne et restez unis, tout celui qui se lèvera contre votre unité je ne le pardonnerai pas et qu’ALLAH (SWT) le prive de la baraka ». Ce sont là quelques paroles de mon père et il les affirma un après-midi à mon petit frère Sadio comme un message qu’il doit faire parvenir à la famille.
Euh oui, avec des sourires nous lui rétorquons « tu es pardonné, il te reste de résister pour qu’on puisse te ramener à la maison sur tes pieds » ; mais il nous fixait sans répondre. Toutefois, il voulait, même malade, retourner au pays. Un matin, après avoir passé quelques jours à son chevet, Camara Aly Gueladio est venu dire aurevoir à son ami et frère. Ce n’était pas un aurevoir. C’était un adieu et mon père le savait.
Les épreuves étaient nombreuses et difficiles mais aussi trop chargées et parfois inexprimables. Durant ces épreuves, nous avons découvert et compris beaucoup des choses. Des choses que nous ne pouvons exprimer à travers une plume. Ces choses nous accompagneront toute notre vie. Face à ces épreuves nous n’étions pas seuls ; c’est le lieu de rendre hommage à ces hommes et femmes qui nous ont accompagnés et soutenus : Notamment Mme Laliya Camara, Dr. Dramane S Camara (Papis), Dr. Habi Boussourou Dramé (l’épouse de Sadio en France), Dr. Souleymane Silly Camara, Mme Tibilé Dramane Camara. Ils étaient là et ont contacté d’éminents professeurs de Dakar, à Paris en passant par Nouakchott. Mais une fin de vie ne peut être soignée.
On a créé une petite famille dans la Clinique. Du gardien aux infirmiers et filles de salles, en passant par des médecins de garde, on mangeait et prenait le thé ensemble ; nous avons tous prié pour le vieux. Beaucoup, nous ont confié qu’après avoir passé plusieurs années de service à la Clinique, ils n’ont jamais vu pareille famille d’accompagnants… Ils ont tous appelé pour les condoléances et certains continuent à entretenir le lien.
Mon père était admis dans cette structure sanitaire le 24/10/2023. Il a reçu la visite de son ami et frère Bakary Dao Camara durant la première semaine du mois de novembre. Accompagné de son fils Mohamed. J’étais avec les médecins à la recherche de réponse à certains questionnements liés à la santé de mon père. Il me fait appeler pour saluer un visiteur qui était spécial pour lui : c’était Bakary Camara. Ils étaient amis et très liés, une histoire de 70 ans. Mon père était content ce jour-là. Il m’a fait venir pour me faire comprendre que la personne qui était là était comme lui, et de le prendre comme tel.
C’est dire qu’il a tenu à me faire savoir que l’homme qui était là, était aussi mon papa ; l’instant était fort mais aussi agréable, empreint d’espoir de se retrouver très bientôt au pays. Son ami Bakary lui dira : « Après ton rétablissement, on ira au village pour changer d’environnement car c’est mieux pour toi ». Les deux étaient toute une histoire. Une amitié que seule la mort pouvait éteindre. Papa Dramane le confirma ainsi que papa Aly. Et Dieu dans sa GRANDEUR a béni cette amitié. Ils ont vécu ensemble et moururent ensemble. Le premier, mon père, le 26/11/2023 et papa Bakary le 10/01/2024 dans la mosquée pendant sa prière d’Ichaa.
C’est ma sœur Mahani qui m’appela avec une voix inhabituelle ; elle pleurait. Avant de lui demander le pourquoi, d’une voix grave : « Ta Selémé, Papa Bakari Dao est parti. L’ami de Papa vient de le rejoindre à l’instant ».
Oh la mort ! terrible épreuve qui ne laissera aucune vie sur terre. J’ai cherché à informer mes frères et sœurs mais ils étaient déjà au courant. Au téléphone, le jeune Moussa Soumaré me confirma la triste nouvelle : « Oui, ton papa est parti. Nous sommes à la clinique Menar. Ton jeune frère Pr Soumaré est là et en train de faire venir une ambulance pour transporter le corps à la morgue de l’Hôpital national ».
C’était dur mais devant un fait d’ALLAH (SWT), l’homme ne peut être que spectateur et se remettre à LUI. J’informai mon jeune frère Youssouph Dramane Camara qui viendra avec Papa pour me chercher pour aller à la morgue.
Ainsi un laps de temps très court (moins de deux mois), je viens de perdre deux êtres chers. Il y a une année, j’ai enterré ma mère, le 26 septembre 2022.
Que la fin de notre existence est cruelle !
Elle qui s’inquiétait pour moi à cause d’une maladie que je trainais ; maladie qui m’a poussé à voyager au Mali et au Sénégal, où je cherche encore une explication scientifique.
Il y a des situations qu’on ne peut et ne doit souhaiter à personne de vivre. Convalescent d’une maladie bizarre dont je recherche encore l’explication scientifique, ma maman m’abandonnant et une année plus tard je m’applique avec ma plume tremblante pour rendre hommage à mon père et son ami, tous deux partis en l’espace de moins de deux mois. Trois êtres spéciaux qui ont réellement rempli leurs missions sur terre, servi leurs communautés, défendu des causes nobles et justes, aimé leur pays mais aussi, qui se rendirent utiles pour plusieurs autres nations. Ils ont écrit une histoire indélébile, une histoire positive.
La première, ma mère Diara Seydi Toumani Camara, pour avoir entretenu la flamme de l’unité des femmes de Dafort pour leur autonomisation et leur capacitation à défendre leurs intérêts et ceux du village pour le bien-être des populations. Son dernier combat était l’eau. La première Dame dans l’histoire récente du village à avoir initié et dirigé une marche des femmes pour l’eau, en invitant le maire à transmettre aux autorités de droits leur douleur car l’eau c’est la vie. Dafort avait soif et pour la corvée de la recherche d’eau, la femme daforonké souffrait. Maman, repose en paix. Pour l’eau, nous nous battrons.
Le second fut mon père, l’un des premiers statisticiens du pays. Il connait toute la Mauritanie. Il était une encyclopédie sociale, politique et économique mais surtout un généalogiste hors-pair. Avec ses enseignements, je me vois des parents partout, de Gajaga au Guidimakha, en passant par Hairé. C’était un savant. Il revendiquait avoir lu plus de 500 livres. Son grand maitre était Mao Tsé-toung, comme beaucoup de sa génération.
Le troisième n’est autre que Papa Bakari Dao Sidi, c’est une autre envergure, celle-là internationale. Il était la manifestation éloquente de l’homme brillantissime, le monde entier est témoin d’un magnifique hommage de RFI à travers son éditorialiste Talla. Pieux, stoïque et humble, Papa Bacari était un Baobab. Il était positif et progressiste. Papa repose aujourd’hui dans les cimetières de son Tachot natal. Il a été accompagné à sa dernière demeure par tout le Guidimakha…
Ainsi, après ma maman, mon père et celui qu’il voulait qu’il soit après sa mort considéré comme lui sont tous partis. Partis dignement. Partis au moment où tout le monde les aimait et avait besoin d’eux. Leur histoire, que nous avons le devoir d’écrire, a été positive.
De véritables soninko dans leurs actes et allures. Ils sont partis à jamais et ont été immensément pleurés. Paix à leurs âmes.
A leurs frères et amis Oumar Aly Kamara, Djimé Diagana, Dr Camara Dramane et famille, Camara Aly Gueladio et famille, Dr Boubou Dramane Camara et famille, le chargé d’Affaires à l’ambassade de la Mauritanie au Sénégal, le conseiller à la présidence Mr. Harouna Traoré, Yakhoub Traoré, Garba, Sidi Baba à tous ces neveux et anonymes, au nom de toute la famille, je vous dis merci et paix aux âmes de tous nos défunts.

Inna Lillaahi We Inna Ileyhi Raaji’oun


Camara Seydi Moussa

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