● Dr Mohamedou SOW ou le portrait d’un chercheur d’une autre dimension

Mohamedou Sow à la Station marine d’Arcachon, 2023              

Mohamedou Sow est ingénieur de Recherche à l’Université de Bordeaux. Après son master en ingénierie mathématique, il soutient sa thèse en Statistiques appliquées à l’analyse des données environnementales en mai 2011.
Depuis l’obtention de sa thèse en cotutelle avec l’Université de Toronto, il travaille au sein de l’unité mixte de recherche 5805 environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux (UMR 5805 -EPOC) à l’Université de Bordeaux.
Sow est actif dans le monde associatif bordelais, particulièrement au sein de l’Association des Étudiants et Ressortissants Mauritaniens en Gironde (AERMG) devenue association des mauritaniens de la Nouvelle Aquitaine (AMNA). Il fut plusieurs fois vice-président de cette association entre 2013 à 2017 ; notamment président de 2015 à 2016.
Le 24 octobre 2023, paraît un article scientifique du Dr Sow dans Marine Pollution Bulletin en collaboration avec l’institut mauritanien de recherches et des pêches océanographiques (IMROP) dont Dr Moulaye Wagne, co-auteur, est membre. Cette étude est intitulée «Distribution du mercure dans les organes de poissons échantillonnés dans la zone exclusive mauritanienne (ZEE) ». Le lien est le suivant : https://authors.elsevier.com/a/1hyX%7E,asi64rr.
A côté de quelques pistes de recherches et travaux dans le domaine, Dr Sow, mauritanien installé en Nouvelle Aquitaine en France, chercheur chevronné, originaire de Mbout dans la région du Gorgol ; innove par une importante approche en abordant également l’aspect sur santé humaine. Le papier a suscité un intérêt majeur auprès de la communauté scientifique.
Ci-dessous les mots de présentation de l’article scientifique, publié par une grande revue scientifique, parvenus à notre média :

Localisation des différents sites d’échantillonnage

« Le mercure (Hg) est généralement considéré comme l’un des métaux le plus toxiques rencontrés dans l’environnement. Il est libéré dans l’atmosphère par des processus naturels tels que le vulcanisme, l’érosion des sols et le dégazage des océans. Néanmoins, la majorité des contaminations associées au Hg proviennent d’activités anthropogéniques, telles que l’extraction de l’or, les activités industrielles et l’élimination des déchets.
Deux formes de contamination mercurielles peuvent affecter la santé des populations locales : inhalation directe des vapeurs de mercure et l’ingestion de poissons présentant de fortes teneurs en méthylmercure (MeHg). Cette contamination peut entraîner des altérations significatives des fonctions du système nerveux.
La présence de Hg dans les poissons résulte de deux processus : la bioaccumulation du métal au cours de la vie du poisson et la bioamplification le long du réseau trophique (Maury-Brachet et al., 2006). Le méthylmercure (MeHg), la forme organique et la plus toxique pour les organismes vivants, tend à se bioaccumuler au sein de la chaîne trophique augmentant ainsi le risque pour l’environnement. Le Hg est transféré le long de la chaîne trophique par des processus de bioamplification jusqu’à ce qu’il atteigne les humains, qui sont au bout de la chaîne.
Le poisson est une excellente source de protéines de haute qualité, d’oméga-3 et de diverses vitamines (Moxness Reksten et al., 2020 ; FAO, 2021). Cependant, il peut également être source de contaminants, tels que les métaux, les polluants organiques et les plastiques.
Malgré l’intensification des activités humaines (l’accroissement du transport maritime ; l’exploitation pétrolière et gazière offshore) le long de la côte mauritanienne, l’augmentation du flux de Hg et la forte menace que cela représente pour la faune, les communautés locales, et la biodiversité, cette contamination est peu documentée.
Dans notre étude, nous avons évalué 1) la concentration totale du mercure dans sept espèces #pélagiques (Auxis rochei, Caranx rhonchus, Sardina pilchardus, Sardinella aurita, Sardinella maderensis, Scomber colias et Trachurus trecae) les plus consommés et commercialisées dans le monde, 2) la relation entre l’organotropisme du Hg et les régimes alimentaires, 3) le risque lié à la consommation des différentes espèces de poissons.
Afin d’évaluer le niveau de contamination de la zone économique exclusive (ZEE) Mauritanienne, nous avons aussi comparé les concentrations mesurées avec les résultats obtenues pour les mêmes espèces dans des études réalisées dans d’autres pays #Senegal, #Maroc et #Portugal.
Notre étude apporte de nouvelles informations sur l’accumulation et la distribution du mercure dans différentes espèces de poissons de la ZEE Mauritanienne et son lien avec les régimes alimentaires.

• Les concentrations dans les différentes espèces sont très faibles et aucune des valeurs ne dépasse le seuil limite pour la consommation humaine.
• L’accumulation et la distribution du mercure chez les espèces de poissons dépendent du régime alimentaire.
• Les concentrations de mercure dans les muscles sont plus élevées chez les poissons carnivores que les poissons omnivores, à l’exception de Scomber colias, suggérant une bioamplification du mercure le long de la chaîne trophique.
• Des différences significatives ont été observées entre les concentrations de mercure dans le muscle et le foie

La présente étude est, à notre connaissance, la première à quantifier la distribution du mercure au sein d’organes (muscle et foie) d’espèces pélagiques le long de la ZEE mauritanienne. D’autres études sont nécessaires afin de comparer les niveaux de contaminations des différents sites étudiés et de voir si les sites à proximité d’activités anthropiques, telles que l’orpaillage et les activités industrielles, sont plus contaminés, et de surveiller leurs impacts sur la santé humaine.
En Afrique, où la malnutrition est l’une des principales causes de mortalité, il est essentiel de garantir la sécurité alimentaire des ressources naturelles du continent.» Dr Mohamedou Sow

Image prise lors la Rencontre des Compétences et Expertises Nationales,
Nouakchott, le 29 et 30 décembre 2013

Seyré SIDIBE

● Source média : https://ondeinfo.com/dr-mohamedou-sow-ou-le-portrait-dun-chercheur-dune-autre-dimension/

● Note de lecture | Éléments biographiques de l’imam Dicko du Mali par l’écrivain Mallé Ib Soukouna.


Lire, c’est découvrir divers cieux et personnages, et ainsi affiner nos opinions sur un tel ou un tel sujet. Cet ouvrage de notre frère Malle Soukouna, consacré à cette personnalité de la vie publique contemporaine du Mali, est très informatif pour les lecteurs intéressés. Ici il s’agit de l’imam Mahmoud Dicko. L’auteur le présente comme l’une des personnalités les influentes en 2020 au Mali. L’homme reconnaissable par son accoutrement familièrement sahélien est une figure marquante dans l’environnement socio politique et religieux malien. Natif de la localité de Tonka en 1954 dans la région de la célèbre et ancestrale ville de Toumbouctou, il a été un agent plus ou moins influent dans la sphère publique de son pays depuis les débuts des années 1990 avec la chute du général Moussa Traoré. Particulièrement, il est une voix très écoutée dans la communauté musulmane du pays de Modibo Keita. Son parcours scolaire et estudiantin l’avait mené en Mauritanie et en Arabie Saoudite. Il est reconnu comme ayant beaucoup de connexions sociales cordiales avec nombre de groupes sociolinguistiques du peuple malien. Comme l’auteur l’a relevé à propos de ses relations avec la communauté soninké.
Ces dernières années, son aura a beaucoup servi dans l’engagement populaire contre le régime de l’ancien président IBK (feu Ibrahim Boubakar Keita), notamment au sein du mouvement M5 RFP. Actuellement, ses soutiens politiques et partenaires de la société civile forment la CMAS (La Coordination des Mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko). Cette plateforme sociale et politico-religieuse serait en froid avec la junte militaire au pouvoir qui a repoussé récemment l’échéance électorale prévue dans le chronogramme de la transition.
Le livre de monsieur Soukouna donne diverses clés de compréhension sur certains mécanismes sociaux, politiques et religieux du Mali d’hier, d’aujourd’hui en phase de « refondation » et de demain pour assoir un ordre étatique correspondant aux réalités très mouvantes.
Encore un écrit concis avec plein d’enseignements pour un lecteur curieux. À recommander !

Mes fraternelles félicitations renouvelées.

KS pour le BLOG https://ecrit-ose.blog/

● La rédaction de Cridem félicite son journaliste Babacar BAYE NDIAYE pour son prix Cultura

EN BREF | Cridem – La rédaction de Cridem félicite son journaliste Babacar BAYE NDIAYE sélectionné, ce mardi 3 octobre, par le commissariat général du Prix Cultura, pour recevoir un Prix d’Honneur pour son exceptionnel engagement dans la promotion de la culture.

« Nous sommes ravis de vous annoncer que vous avez été sélectionné pour recevoir un prix d’Honneur pour votre exceptionnel engagement dans la promotion de la culture. Votre dévouement inlassable à la cause de la culture a eu un impact significatif et inspirant. Votre travail a été reconnu non seulement par notre comité de sélection, mais également par la communauté artistique et culturelle dans son ensemble », indique M. Tanguy Blais, Commissaire Général du Prix Cultura, dans un courrier .

« Ce grand Prix d’Honneur est le reflet de notre plus profonde admiration pour votre contribution inestimable à la promotion de la culture », a ajouté M. Tanguy Blais.

« C’est une victoire pour la Mauritanie dont le travail de l’un de ses fils a été reconnu. J’exprime ma reconnaissance au comité de sélection qui a pensé à ma personne ainsi qu’à Kane Limam dit Monza, fondateur d’Assalamalekoum Festival, pour son travail de lobbying», a réagi Babacar BAYE NDIAYE qui anime la rubrique « Culture » sur Cridem depuis 2010.

Babacar BAYE NDIAYE est également webmaster de Cridem depuis 2014.

La cérémonie de remise des prix Cultura aura lieu le 11 novembre 2023 à l’hôtel Azalaï (Abidjan).

La rédaction de Cridem

©️ Source en lien https://cridem.org/C_Info.php?article=768892

● Portrait « cash » du Blog | Monsieur Seyré SIDIBE, une plume journalistique au service de l’humanisme


En matière de contenu journalistique dans l’arène médiatique francophone en Mauritanie, le Directeur de publication du site Web OndeInfo fait partie de plumes percutantes et portées dans une dynamique généraliste et surtout droit-de-l’hommiste.

Le natif de Selibaby dans la région du Guidimagha (Sud mauritanien), M. SIDIBÉ est une voix humaniste qui éveille et interpelle l’opinion publique à propos de diverses thématiques sociales et politiques.

Habitué intrépide à un langage juste et futé sur les problématiques liées aux injustices sociales dans le pays et en particulier au sein de son groupe sociolinguistique, les soninké, il est un journaliste engagé qui œuvre résolument pour la promotion des valeurs citoyennes, d’égalité et pour un réel changement des mentalités.

Il dénonce inlassablement l’esclavage chez les Soninké que d’aucuns appellent féodalité ou système de caste, somme toute une légitimation de l’injustice et la discrimination dans un pays où en théorie les pratiques esclavagistes sont criminalisées.

Un tel engagement est mal vu et même combattu par les suprematistes et théoriciens de l’inégalité des hommes à la naissance. On est tenté de dire que ses prises de positions lui ont causé de torts professionnellement.

Nous lui consacrons cette modeste contribution retraçant un portrait sommaire de son poids intellectuel conséquent pour l’avènement d’une cohésion nationale et communautaire sur de références de justice et d’égalité.

Nos vifs encouragements à lui pour cet investissement droit-de-l’hommiste très louable. À lire ici jointes quelques-unes de ses publications :

https://ondeinfo.com/racisme-et-feodalite-laddition-est-trop-salee/

https://ondeinfo.com/la-lutte-contre-lesclavage-une-nouvelle-variable-electorale-et-democratique/


https://ondeinfo.com/entretien-avec-gaye-traorepresident-de-ganbanaxu-feddeentretien-avec-gaye-traore/

https://kassataya.com/2022/05/29/lapologie-feinte-de-lesclavage-par-lalibi-culturel-par-seyre-sidibe/


https://ecrit-ose.blog/2023/09/06/%e2%97%8f-le-prochain-dictateur-est-parmi-nous-par-le-journaliste-seyre-sidibe/

https://ecrit-ose.blog/2023/09/20/%e2%97%8f-le-panafricanisme-devoye-par-le-journaliste-seyre-sidibe-ondeinfo/


https://ondeinfo.com/la-primaute-de-la-condition-sociale-sur-la-langue/

https://www.chezvlane.com/De-la-linguistique-pour-expliquer-l-existence-ou-la-persistance-de-l-esclavage-coutumier-chez-les-Soninkes-du-Guidimakha_a24321.html

✍️🏿KS pour le BLOG

● Le Grand Entretien du Blog | Notre invité est Coulibaby Papa Hamady alias Yimbi kumma

La rubrique Grand Entretien du Blog (Le GEB) de votre Blog vous propose une interview spéciale avec l’artiste mauritanien originaire de la ville de Selibaby (Guidimagha). Il s’agit de monsieur Coulibaby Papa Hamady connu sous le surnom Rappeur Yimbi kumma . Très investi dans l’environnement musical, il nous livre gentiment son portrait d’acteur multidimensionnel. Nos remerciements à lui pour sa disponibilité pour cet entretien.

Vous pouvez découvrir et suivre ses activités à travers son site internet https://www.yimbikumma.com .

Ci-dessous ses réponses à nos 6 questions de l’entretien :



● Question 1 : Bonjour monsieur Coulibaby Papa Hamady, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Papa Hamady Coulibaby : je m’identifie comme un homme aux multiples casquettes. Sur le plan professionnel, je suis un artiste, producteur, manager et consultant en musique business et marketing numérique. Mon parcours m’a permis d’explorer divers aspects de l’industrie musicale, que ce soit en créant de la musique, en la produisant, ou en aidant d’autres artistes à naviguer dans ce domaine en constante évolution.

Ma passion pour la musique s’est toujours accompagnée d’un engagement profond envers les droits de l’homme et les questions sociales. En tant qu’activiste, je m’efforce de promouvoir l’égalité, la justice et le respect des droits fondamentaux pour tous les individus. Je crois fermement que la musique peut être un moyen puissant pour sensibiliser et inspirer le changement social.

Mon parcours professionnel et mon engagement personnel se rejoignent dans mon travail en tant que consultant, où j’aide les artistes et les professionnels de l’industrie musicale à développer leurs carrières et à utiliser les outils numériques pour atteindre un public plus large.


● Question 2 : Vous êtes connu dans le paysage Rap mauritanien sous le surnom Yimbi kumma, originellement quel fut l’élément inspirateur qui vous a mené à ce mouvement musical ?

PHC : En effet, je suis connu sous le surnom de Yimbi Kumma, ce qui signifie en français « feu et flamme. » Cette appellation a une signification profonde pour moi, et elle est étroitement liée à l’élément qui m’a inspiré à m’engager dans le mouvement musical rap en Mauritanie.

Mon inspiration est née de l’obscurantisme qui caractérise parfois notre communauté. J’ai observé que nous vivons dans un environnement où de nombreuses réalités sont occultées, où les problèmes et les injustices restent souvent invisibles. Je me suis dit que nous vivions dans un endroit « noir » au sens figuré, où les gens ne parvenaient pas à voir devant eux, à percevoir les problèmes qui les entourent.

Le nom « Yimbi Kumma » est né de cette idée. Mon objectif était d’apporter de la lumière, de la clarté, et de faire en sorte que les gens puissent enfin « voir » la réalité de leur situation. Je voulais qu’ils prennent conscience des erreurs et des inégalités qui existent dans notre communauté, et je croyais fermement en la puissance de la musique, en particulier du rap, pour transmettre ce message de manière forte et percutante.

En somme, mon nom artistique, Yimbi Kumma, symbolise mon désir de briser l’obscurité, de révéler la vérité, et d’inspirer le changement au sein de notre société mauritanienne en éclairant les esprits grâce à ma musique.

● Question 3 : si vous deviez faire un bilan de votre carrière, quels sont les moments forts et les thématiques clés abordées que vous citerez en priorité ?

PHC : Si je devais faire un bilan de ma carrière, il y a eu de nombreux moments forts, chacun avec sa signification particulière. Cependant, je vais mettre en avant trois moments clés qui ont marqué ma trajectoire artistique.

Le premier moment fort qui me vient à l’esprit est l’arrivée de la radio jeunesse, où la communauté soninké a eu l’occasion de me découvrir. C’était une période cruciale où ma musique a commencé à toucher un public plus large, et cela a été une expérience très gratifiante.

Le deuxième moment fort a été lorsque j’ai réussi à me faire une place au niveau national. À l’époque, c’était un défi de taille, car je venais de la région de Guidimakha, et les rappeurs des régions n’étaient pas toujours reconnus à Nouakchott. Cela a exigé beaucoup de courage et de détermination pour m’imposer dans le paysage musical mauritanien. Je tiens à exprimer ma gratitude à mon ami Monza, qui m’a toujours soutenu et tendu la main quand j’en avais besoin. Son soutien a été essentiel.

Le troisième moment fort que je souhaite mettre en avant a été la rencontre avec mon public lors de la tournée des vacances de 2009. Cette tournée a été inoubliable pour moi, car elle m’a permis de connecter directement avec mes fans et de ressentir leur enthousiasme et leur soutien de manière tangible.

Ces moments forts ont contribué à façonner ma carrière et à renforcer ma détermination à poursuivre ma passion pour la musique. Chacun d’entre eux représente une étape importante de mon parcours, et je suis reconnaissant envers tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure musicale. »

● Question 4 : le Rap rime souvent avec éveil de consciences sur des problématiques sociales ou politiques, en Mauritanie et dans la communauté soninké, ce rôle est-il suffisamment porté ?

PHC : Le Rap a toujours été associé à un rôle d’éveil des consciences, que ce soit sur des problématiques sociales ou politiques. Cependant, il est indéniable que l’évolution du Rap au fil des années a conduit à des changements dans la manière dont ces messages sont véhiculés.

Aujourd’hui, il est difficile de prétendre que le Rap rime fréquemment avec un éveil des consciences sur des problématiques sociales ou politiques, tant au niveau mondial que dans nos propres communautés. De nombreux rappeurs qui connaissent un succès commercial se concentrent davantage sur l’aspect divertissant de la musique, répondant ainsi à la demande d’un public qui recherche principalement de l’ambiance et de l’entertainment. Cette tendance peut parfois reléguer les messages sociaux et politiques au second plan.

Cependant, il est important de noter que certains artistes, y compris moi-même, demeurent attachés à la tradition du Rap conscient, porteur de messages forts. Nous croyons en la capacité du Rap à influencer positivement la société en abordant des questions importantes et en éveillant les consciences. Bien que cela puisse parfois signifier nager à contre-courant de la tendance générale, nous restons fidèles à notre engagement envers un Rap révolutionnaire et porteur de sens.

Il est essentiel de maintenir un équilibre entre l’art et le divertissement dans la musique Rap, et de reconnaître la diversité des voix et des approches au sein de cette communauté. Mon espoir est que le Rap continue d’évoluer en tant que moyen puissant d’expression et d’éveil des consciences, même dans un paysage musical en constante évolution. »

● Question 5 : Quel retour pouvez-vous faire sur votre engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année ?

PHC : Mon engagement politique lors des élections générales en Mauritanie cette année a été plutôt inattendu et motivé par des circonstances particulières. En réalité, je n’ai pas envisagé une carrière politique à proprement parler. Pour être honnête, j’ai simplement choisi de mettre un pied dans l’arène politique pour mieux comprendre ce monde et sentir l’odeur de la politique, comme on dit.

Ma participation s’est concrétisée lorsque j’ai apporté mon soutien à mon grand frère, l’honorable député Balla Touré. Cependant, lorsque le moment est venu de désigner un candidat pour représenter la coalition Espoir Mauritanie dans la diaspora, la situation s’est complexifiée. Conformément à la législation électorale, il était convenu que si le candidat était de la communauté peulh, son suppléant devait être de la communauté soninké ou wolof, voire hassania, de préférence une femme. Par conséquent, la décision a été prise en faveur d’un candidat soninké.

Face à l’absence de femmes soninkés pour occuper cette position, et devant la difficulté de trouver un homme soninké disponible, l’équipe a finalement porté son attention sur moi. C’était une situation à laquelle nous étions confrontés, et il n’y avait pas d’autre alternative que d’accepter cette responsabilité.

Mon engagement politique, bien que survenu par défaut, m’a permis de voir de plus près les enjeux et les défis du processus électoral en Mauritanie. Cela a été une expérience instructive, et je reste ouvert à de nouvelles opportunités pour contribuer positivement à la vie politique et sociale de mon pays à l’avenir.

● Question 6 : dans la communauté soninké, une certaine jeunesse est très attirée par le champ du Rap, étant expérimenté du milieu, quels conseils et alertes pouvez-vous émettre à propos ?

PHC : Il est vrai que le Rap peut être une source d’attraction puissante pour la jeunesse, y compris au sein de la communauté soninké. Ayant moi-même une expérience dans ce domaine, j’aimerais partager quelques conseils et mises en garde à l’attention des jeunes qui souhaitent se lancer dans le Rap.

Tout d’abord, il est important de comprendre que le Rap a des racines historiques qui peuvent être associées à des contextes urbains difficiles et à la culture « gangster ». Cependant, le Rap est avant tout un moyen d’expression artistique, et il ne faut pas confondre le style musical avec des comportements délictueux. Le succès dans le Rap repose souvent sur la discipline, la créativité et le travail acharné.

✍️🏿Entretien réalisé par KS pour le BLOG

● Décès de Djime Mamadou Coulibaly – Préfet de Bababé – Natif de Boully [Boully.net]

Les administrateurs du site internet de Boully ont appris avec tristesse le rappel à Dieu, du jeune Hakem de la Moughataa de Bababé dans la région du Brakna, Monsieur Djime Mamadou Coulibaly, natif de Boully.

Ce décès survenu ce matin à Tunis n’a pas manqué de plonger tout Boully dans une profonde affliction.

Au-delà du chagrin provoqué par sa disparition physique, c’est le fait de voir le destin de ce jeune préfet promis à une carrière exceptionnelle, crashé en plein vol comme une fleur qui se fane, qui est le plus difficile à surmonter.

En effet Djimé Mamadou Coulibaly est né dans le village de Boully en 1982 où il a fait ses études élémentaires, avant de poursuivre sa scolarité au collège puis au lycée de Selibaby.

Après l’obtention du Baccalauréat, il entreprend des études supérieures de droit à la faculté de droit de Nouakchott où il décroche un diplôme de maîtrise en droit.

Persévérant et ambitieux il intègre l’ENA de Nouakchott par voie de concours où il en sort administrateur.

Dès lors sa carrière dans l’administration territoriale est toute tracée.

C’est ainsi que son parcours professionnel dans l’administration publique Mauritanienne commence en sa qualité de sous-préfet de Tichitt dans la région du Tagant d’abord, puis de Mederdra et Boutilimit dans la région du Trarza.

Suite a une promotion intervenue en octobre 2022, il est nommé Hakem de la moughataa de Bababe dans la région du Brakna.

Il y officiait jusqu’à ce que la grande et immanquable faucheuse ne vienne l’arracher à notre affection ce matin, rendant tout Boully inconsolable dans sa douleur.

Ce grand commis de l’Etat nous laisse à jamais ses empreintes derrière lui, car toute sa carrière durant il est resté disponible et au service des populations Mauritaniennes.

Tout cela manquera à jamais à la Mauritanie et la jeunesse promotteuse de Boully qui perd un compagnon de valeur en sera éternellement marquée.

Face à cette disparition qui restera un drame inoubliable pour tout Boully, les administrateurs du site de Boully formulent leur douleur et leur compassion à la famille de l’illustre disparu.

Aussi adressent-ils leurs condoléances les plus attristées à son épouse, ses enfants et proches tout en priant le tout puissant de l’accueillir dans son saint paradis.

Que son âme repose en paix. Amine.

Boully.net

©️ Source en lien https://www.boully.net/deces-de-djime-mamadou-coulibaly-prefet-de-bababe-natif-de-boully/?fbclid=IwAR1kysecxQqyiL125UdkGocXCBvnz6Qe-YvMjgfFceRtPiNW4qpClMPHgbo

● Fousseynou Coulibaly au Conseil du prix Chinguitt : le choix de la pertinence et de l’excellence [OndeInfo]

Fousseynou Coulibaly, natif de Wompou (Guidimakha), Ingénieur en Électronique de l’Université de Nantes (Septembre 2010), Master en Business et Administration (septembre 2011) de l’Institut d’Administration et d’Économie (IAE) de Nantes, septembre 2011, vient d’être nommé membre du Conseil du prix Chinguitt, avec huit (8) autres membres par décret présidentiel le mercredi 6 septembre 2023.

Agé d’à peine 36 ans, ce nouveau membre du Conseil du prix Chinguitt est salarié depuis 2014 chez le Britannique Rolls-Royce, spécialisé dans la conception et la fabrication de turboréacteurs pour avions civils et militaires, de turbines pour hélicoptères et de réacteurs pour sous-marins nucléaires.

Membre de l’Association d’Ingénieurs (IET – Institution of Engineering and Technology) en Angleterre, le jeune ingénieur avait fait honneur à la Mauritanie et à son village natal Wompou, le 02 novembre 2022, journée nationale des Ingénieurs au Royaume-Uni, créée par la Royal Academy of Engineering.

A 4500 km de la Mauritanie, notre compatriote avait présenté devant des écoliers et étudiants, venus des quatre coins de l’Angleterre, l’Embraer ERJ-175 immatriculé 5T-CLO, baptisé Wompou de la compagnie Mauritania Airlines International. Le choix d’une telle présentation est suffisamment éloquent quant à l’attachement de notre compatriote à la mère patrie.

Sa nomination comme membre du Conseil du prix Chinguitt est à saluer, en effet suscitant de l’espoir au sein de l’élite de la diaspora Mauritanienne, dont le rêve est de rentrer un jour pour servir le pays. L’ingénieur nous a déjà convaincus, en créant TABATOO, une startup Mauritanienne de technologie spécialisée dans le développement de solutions complètes de suivi GPS, diagnostic électronique à distance, télémétrie et de gestion de flotte en Mauritanie.

Une solution technologique qui a non seulement un impact social, en plus d’être adaptée aux réalités nationales dans un pays de plus d’un million de km² avec de vastes étendues non peuplées. Elle permet notamment, la transmission de données opérationnelles sur les véhicules qui peuvent tout améliorer, de la sécurité à la productivité. Cette technologie innovante, qui combine télécommunications et informatique, révolutionne la façon dont les gestionnaires de flotte surveillent et gèrent leurs véhicules, conduisant à une efficacité, une sécurité et des économies accrues.

En l’air, il s’agit d’une invention qui contribue par la traçabilité à la lutte contre la piraterie et le vol dans un Sahel en proie au terrorisme et à une insécurité devenue quasi endémique.

Il faut noter que les prix Chinguitt ont été créés en 1999, en reconnaissance à des institutions, de Mauritaniens ou étrangers ayant contribué de manière significative ou exceptionnelle au rayonnement, littéraire, artistique, scientifique et culturel de la Mauritanie. Le conseil du Prix Chinguitt, la plus haute distinction culturelle et scientifique en Mauritanie, récompense les travaux dans les domaines des sciences et techniques, de la littérature et des Arts et des études islamiques.

Seyré SIDIBE

©️ Source en lien https://ondeinfo.com/fousseynou-coulibaly-au-conseil-du-prix-chinguitt-le-choix-de-la-pertinence-et-de-lexcellence/

● Le Grand Entretien du Blog | Avec l’honorable député Khally Mamadou Diallo

La rubrique Le Grand Entretien du Blog (Le GEB) vous propose une interview exclusive avec un jeune mauritanien très connu dans dans l’écosystème médiatico-humanitaro-politique dans son pays. Élu à l’assemblée nationale sous les couleurs de la Coalition Espoir Mauritanie lors des élections générales passées (Mai 2023), l’honorable député Khally Mamadou Diallo répond à nos questions soumises dans cet entretien. Le « lanceur d’alertes » dispose d’une voix de réseautage quasiment viral en prenant partie publiquement pour dénoncer, révéler et interpeller les pouvoirs publics sur différents manquements et dysfonctionnements constatés dans tels ou tels domaines.



Question 1 : Bonjour l’honorable député monsieur Diallo, nos remerciements pour votre disponibilité, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Khally Mamadou Diallo : Merci à vous et votre organe de m’avoir choisi pour cet entretien. Je suis khally Mamadou Diallo, le député que le peuple mauritanien a porté à l’assemblée nationale pour défendre son intérêt.

Question 2 : vous étiez une figure connue à travers le champ humanitaire notamment au sein de La Marmite du Partage, qu’est-elle devenue cette institution à ce jour ?

KMD : Cette institution est devenue beaucoup plus efficace car réorientée dans le développement. Nous venons de clôturer un projet de 35 robinets pour 35 familles à dar El beyda dans le quartier « sans fiche ».
Cependant nous avons aussi changé de stratégie, moins de bruit et plus d’actions sur le terrain. L’humanitaire c’est mon ADN.

Question 3 : Lors de la présidentielle de 2019, vous avez soutenu la candidature de l’ancien premier Ould Boubacar (classé 3ème), aux élections générales de cette année (Mai 2023) vous devenez député sous les couleurs Espoir Mauritanie avec le parti Frud , que pouvez-vous nous dire sur cette expérience politique jusqu’alors?

KMD : Sidi Mohamed Ould Boubacar a été mon candidat aux élections de 2019, il était là en tant que candidat indépendant, aujourd’hui qu’il n’a plus continué le projet politique qu’il nous avait proposé. Ainsi j’ai décidé de continuer mon chemin afin de gagner davantage d’expérience politique, et c’est fascinant.

Question 4 : régulièrement vous relevez et portez devant l’opinion publique certains cas de violations des droits humains et divers dysfonctionnements, quel bilan faites-vous sommairement des différents traitements apportés par les services étatiques (administratifs, judiciaires et autres) en la matière ? Et des manquements également ?

KMD : Effectivement, car je suis quelqu’un qui est dans le camp de l’opposition au système d’exclusion mis en place. Et je reste quelqu’un de sincère dans ce combat, je pense qu’il est important de relever et poser des problèmes afin de trouver des solutions, car en réalité le peuple nous a portés à l’hémicycle pour cela.
Certains problèmes posés ont trouvé des solutions et d’autres sont sans suite.
L’essentiel est que tous les problèmes que nous avons posés sont irréfutables et sont surtout pour l’intérêt général.

Question 5 : ces derniers temps, différents indices avancent qu’il y aurait un projet d’accord politique entre les partis Rfd et Ufp (issus de l’opposition) et le principal parti du pouvoir Insaf, quelle analyse faites-vous de cette éventualité ?

KMD : J’ai appris cela comme ça dans les réseaux sociaux mais j’ai aucune information claire à propos et de toutes les façons cela ne m’engage en rien puisque je suis de la Coalition Espoir Mauritanie. Ainsi dire seuls les membres du Rfd et Ufp pourront clarifier l’opinion sur cette affaire.

Question 6 : sur les problématiques liées à l’esclavage et au féodalisme en Mauritanie, selon vous quelles seraient les stratégies nécessaires pour éradiquer efficacement ces phénomènes présents diversement dans toutes nos communautés ?

KMD : Le féodalisme et l’esclavage sont des phénomènes à combattre et la seule stratégie c’est l’application des lois, hélas nous sommes un pays spécial et fort dans la conception des lois mais jamais nous ne les appliquons et c’est regrettable.
Il faut aussi combattre ces phénomènes sans verser dans la haine et la rancune mais plutôt mettre en place une approche où toutes nos communautés participeront à l’éveil des consciences. C’est très difficile mais c’est possible d’y arriver.

Question 7 : à l’international notamment dans notre sous-région ouest-africaine, différents théâtres de crises multidimensionnelles (politiques, coups d’État, sécuritaires, migrations…) existent, quels commentaires pourriez-vous en nous faire ?

KMD : Tout cela n’est que le résultat des dictatures africaines. Le manque de considération de la jeunesse, l’absence des libertés d’expression, l’absence de perspectives concrètes, sont autant de facteurs qui font que l’Afrique bouge dans des sens interdits.
De principe je suis contre toute forme de coups d’État, nos pays ont besoin de stabilité et cela ne peut être obtenu que dans la paix et la démocratie.

Question 8 : un grand nombre de la jeunesse mauritanienne quitte ou ambitionne à quitter le pays vers les États-Unis, quelle analyse faites-vous sur ce phénomène migratoire ?

KMD : C’est une preuve de l’échec de notre gouvernement.
Notre jeunesse fuit notre pays car elle est marginalisée, malmenée et sans considération. Par conséquent cela crée des frustrations et donc pousse la jeunesse à quitter, ce qui est déplorable.

Question 9 : l’élection présidentielle est prévue l’année prochaine en Mauritanie, quelles perspectives en termes de possibilités d’alternance ? Quelle formule serait idéale pour le camp de l’opposition face au pouvoir en place ?

KMD : Pour la présidentielle de 2024, je soutiens l’honorable député Maître Elid Mohameden Mbareck. Je vous remercie.

• Réalisé par KS pour le BLOG

● Fousseynou N’DIAYE : une vie bien remplie au service de la culture Soninké | Par Seyré SIDIBE [OndeInfo]

Fousseynou N’DIAYE est originaire de Artoumou dans le Guidimakha Mauritanien. Il est né en 1956 et est diplômé (1984) de la vénérable université Cheikh Anta DIOP de Dakar d’où il sortira avec le diplôme d’ingénieur technologue, spécialisé en Génie mécanique : Conception et Fabrication.

De retour au pays, Fousseynou a enseigné comme professeur dans plusieurs disciplines
au Centre Supérieur de l’Enseignement Technique de Nouakchott où il a vu passer plusieurs générations d’élèves.

A côté de ce portrait d’universitaire et de fonctionnaire, Fousseynou était un défenseur de la première heure de la culture Soninké : toute sa vie durant, il s’est engagé en faveur de la promotion de la langue et la culture Soninké.

Foussenou a participé à la création de la troupe artistique YILLENKARE ( 1975) porte étendard de la culture Soninké au niveau national et hors des frontières Mauritaniennes dans les années 80.

Quelques années plus tard, trouvera un cadre idéal et propice pour apporter sa pierre à l’oeuvre de revitalisation de la culture Soninké.
Et pour ce faire, il ne pouvait trouver meilleur cadre que l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, dont il sera membre actif, depuis sa création le 03 Mars 1978.
Au sein de cette structure, il occupa le prestigieux poste de trésorier, poste qu’il occupa pendant 20 ans.

Par ailleurs, Fousseynou a été de tous les rendez-vous de Soninkara : il a eu le privilège d’être présent lors de la mise en place du premier bureau de l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la langue et de la culture Soninké, une séance présidée par l’illustre et grand rassembleur, Elhadj waly SOUMARE.

Et plus récemment, Fousseynou avait participé activement aux préparatifs des différents festivals organisés ou parrainés par Wagadou Sané

Fousseynou était également présent dans le champ des droits humains: il a milité au sein de plusieurs associations et ONGs de lutte contre les discriminations sociales, y compris la lutte contre les séquelles de l’esclavage en milieu Soninké du Guidimakha.

L’autre image de Fousseynou N’DIAYE, c’est sans conteste celle d’un homme de dieu. Il était pieux et pêchait la parole d’Allah en toute circonstance avec mesure et humilité.
Cette dimension spirituelle de l’homme a fini par s’imposer au point d’être l’élément constitutif et caractéristique principal dans la définition de son portrait: il dégageait l’image d’un guide spirituel.
Une spiritualité qui l’a emmené à accomplir le cinquième pilier de l’islam ( le haj) en 1995.

Sa disparition en Tunisie, le samedi 05 août 2023 est une grande perte pour la communauté SONINKÉ et particulièrement l’Association Wagadou Sané.

L’annonce de son décès a tout de suite été relayée par les réseaux sociaux ( Facebook et groupes watshpp ). Pendant plusieurs jours, des témoignages ont fusé de toute part sur fond de prières, implorant Allah le tout-puissant de lui accorder une place à Firdaws.

Dans la nuit du mardi 08 au mercredi 09 août 2023, sa famille, ses amis, ses collègues, des militants et sympathisants des associations des droits de l’homme, en plus du président de Wagadou Sané, Aly Boubou Gandéga accompagné d’une importante délégation étaient à l’Aéroport International Oumtounsi de Nouakchott pour accueillir la dépouille mortelle.

A la mosquée IBN Abass pour la prière mortuaire le Mercredi 09/08/2023, il y avait du monde.
Une foule immense représentative de toutes les communautés nationales et de ce qu’aura été l’homme : calme, discret, serviable et pieux jusque dans la voix était venue l’accompagner et lui exprimer sa reconnaissance.

Parmi l’assistance, il y avait ses amis, ses connaissances, sa famille, ses collègues, ses voisins, des anonymes et les Soninké de Nouakchott et d’ailleurs étaient venus lui rendre un dernier hommage et témoigner de ses qualités d’homme exceptionnel.

Qu’Allah l’enveloppe de sa miséricorde et l’accueille en son saint paradis !

Seyré SIDIBE

©️ Source en lien https://ondeinfo.com/fousseynou-ndiaye-une-vie-bien-remplie-au-service-de-la-culture-soninke/

● Rencontre littéraire avec l’éminent poète, Ethmane Sall. | Par Salihina Moussa KONATE

Ce samedi, 15 juillet 2023, s’est tenue une rencontre littéraire avec l’éminent poète et essayiste mauritanien, Ethmane Sall alias KaÏlcédrat Sall, à la maison Assalam aleykum sise à cité plage. Celle-ci a été organisée par l’inlassable barde et enseignant, Kiiɗe Suleymaani qui ne ménage aucun effort pour faire entrer les mots de ses frères de plume en résonance avec l’esprit et l’intellect de ses élèves. Nous lui devons amitié et reconnaissance !

L’objectif de ce rendez-vous avec Monsieur Ethmane Sall était la présentation de son essai critique intitulé « La transatlanticité francophone » et comme sous-titre : Résilience, solidarité et déterritorialisation chez E. Glissant, M. Condé, D. Laferrière et A. Mabanckou publié chez Harmattan France en avril 2023.

Dans la quatrième de couverture, Ethmane Sall nous rappelle que « si l’espace atlantique est le lieu des souvenirs de la violence de l’esclavage et du bouillonnement du colonialisme, il est aussi un objet d’élaboration théorique et conceptuelle qui met en valeur des cultures politiques transnationales et extracontinentales. »
Pour sa part, la transatlanticité se définit comme l’expression d’une identité résiliente…
Malgré les exactions de l’époque du commerce triangulaire, les abus dans les sordides cales négrières qui étaient alors des geôles à ciel ouvert, malgré toutes ces blessures qu’évoque l’Atlantique, il argumente le fait qu’il y a eu tout de même des résistances culturelles. Ces pratiques spirituelles, congréganistes et autres relatives à la culture des deportés ont survécu au temps et aux douleurs.
Ce sont celles-là qu’il met en évidence en créant ce néologisme “transatlanticité” afin de la conceptualiser, selon ses dires, et la valoriser dans le cadre universitaire.
« La transatlanticité m’a permis d’exprimer à quel point les apports de Senghor, de Césaire et de Damas ont été déterminants sur les questions liées à l’Atlantique », a-t-il déclaré.

Après la présentation brillantissime de chaque point essentiel de l’essai, la discussion portait sur l’œuvre d’E. Glissant.
Sous la croûte épaisse des propos de l’auteur de « Les promesses de folie »nous pouvons en déduire des idées fulgurantes exhortant l’établissement, du point de vue de la Mauritanie, un récit, je dirais même un miroir dans lequel toutes les entités pourront s’y reconnaître ; ainsi nous engage-t-il à œuvrer pour la mise en œuvre d’une « philosophie de la relation », pour reprendre un des titres de Glissant ; et une volonté pure qui sera accompagnée voire propulsée par un pragmatisme qui nous permettra de joindre la parole à l’acte.

Il a démonté par la force de son verbe, ô combien la lecture d’E. Glissant est plus qu’essentielle pour une agglomération aussi plurielle telle que la nôtre dont les politiques s’escriment inutilement à métamorphoser la diversité culturelle en une culture monolithique ; et se battent les flancs pour la démolition de sa forteresse culturelle ! Or Glissant nous met en garde contre ce procédé visant à phagocyter toute différence et en invitant les “ minorités ” à s’intégrer, à se fondre comme glace au soleil dans l’humus d’une quelconque culture qui n’est point la leur ou tout simplement de se dissoudre dans celle du dominant.
Il nous avertit également du danger de l’enfermement identitaire auquel il oppose la créolité, le métissage ; et attire notre attention sur la menace de la “la racine unique”. En ce sens, l’auteur du « Tout-monde », affirme que « la racine unique tue tout ce qu’il y a autour d’elle… et encourage à “remplacer l’idée de racine unique par l’idée de l’identité-relation ou rhizome. ” Nous pouvons en déduire par là à quel point l’arabisation de notre système éducatif et de nos institutions constitue une perdition incommensurable pour notre Patrie. Celle-ci ne peut survivre que grâce à la « politique de la relation », c’est dans cette perspective que le modérateur, le professeur Ndiaye Kane Sarr, grand admirateur d’Edouard, avançait que la cohabitation ne peut pas s’opérer sans « Relation ».

Parler du vivre-ensemble tout en méprisant la culture de l’autre suppose une ignorance absolue. Sans ouverture, aucune cohésion sociale n’est possible. Voilà pourquoi, dans la page 56 de La transatlanticité francophone, Ethmane Sall écrit ce qui suit à propos de la quête d’une nouvelle individuation : « […] il ne s’agira plus de s’enfermer dans les frontières de l’identité substantielle mais de se constituer une identité relationnelle qui s’accomplira dans l’ouverture au monde et dans la relation à l’autre ». Ce sont toutes les sociétés multiculturelles qui en ont besoin pour la maintenance d’un climat fraternel et convivial.

Le poète et essayiste, Ethmane Sall alias Kaïlcedrat Sall, appelle aussi la société mauritanienne à la mise en évidence de la créolisation au sens glissantien du mot.
Si nous prenons en compte la définition du théoricien de ce concept selon lequel « […] la creolisation est le métissage des cultures qui produit de l’inattendu… » compte tenu de notre contexte cela constituerait un rehaut de l’âme de cette patrie qui courbe l’échine sous le faix des morgues identitaires. Oui, triste est de constater que l’écrasante majorité des mauritaniens vivotent dans leur propre patrie tels d’éternels exilés.

Pour finir, je tiens à vous dire sincèrement que la lecture de La transatlanticité francophone est plus qu’absolue pour ceux qui aspirent à un monde sérieux surtout pour les Kumbien.e.s afin de faire renaître Kumbi de ses cendres.
Je vous remercie !

©️ Crédit source – https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=6224821927637793&id=100003301423838