15/02/2016] Biram Dah Abeid & Brahim Ramdane: Appel conjoint à l’adresse des forces militantes

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Nous, Biram DAH ABEID et Brahim BILAL RAMDHAN – président et vice président d’IRA – Mauritanie, depuis notre prison de Nouakchott, appelons solennellement les militants et sympathisants de notre organisation mais aussi toutes les mauritaniennes et tous les mauritaniens épris de paix et de justice à continuer la mobilisation dans le combat contre l’esclavage, le racisme et l’exclusion.
Les peines de prison, la torture et les privations n’entameront en rien notre conviction et notre ferme engagement à lutter contre le système de domination en vigueur en Mauritanie. A cet effet, nous rappelons, ici, notre serment, celui d’IRA – Mauritanie :
? Poursuivre sans relâche la lutte contre le fiqh esclavagiste mais aussi contre ses tenants – promoteurs du Code négrier en vigueur en Mauritanie,
? Rassurer Haby, Mbarka, Said, Yarg, la mère de feue Souadou mais aussi toutes les victimes de l’esclavage en Mauritanie que l’organisation IRA – Mauritanie que nous présidons n’épargnera aucun sacrifice dans notre lutte pour que justice leur soit rendue et que leurs bourreaux répondent de leurs actes ignobles,
? Poursuivre la lutte contre l’esclavage foncier jusqu’à ce que les esclaves et anciens esclavages accèdent à la propriété foncière sur des terres que leurs ancêtres ont défrichées et labourées, des générations durant,
? Rassurer les populations des adwabas, celles de Dar El Barka, de Thiambène mais aussi de tous les villages victimes d’expropriation foncière que nous serons toujours à leurs côtés et qu’ensemble notre résistance pacifique et ferme viendra à bout des agissements du système raciste et esclavagiste qui règne en Mauritanie,
? Et rassurer mère Houleye SALL, Maimouna Alpha SY ainsi que toutes les victimes de la tentative de génocide contre les négro-mauritaniens que notre combat commun se poursuivra jusqu’à ce que les bourreaux des leurs répondent de leurs crimes devant la justice.

IRA – Mauritanie, par nos voix, lance un appel à ses militants et sympathisants ainsi qu’à toutes les forces progressistes de la Nation à plus de vigilance et de résistance contre les groupuscules néfastes qui tirent la Mauritanie vers le bas.
Fait à Nouakchott, le 11 février 2016

Biram DAH ABEID
Président
Brahim BILA RAMDHAN
Vice Président

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FISO 2016 : Un Cri Osé aux Fiso’valiers de Bamako.

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La grande messe de l’international Soninkara se profile à l’horizon. Prévue fin février 2016 dans la capitale malienne, cette rencontre dite culturelle regroupera le monde soninké de par le monde. Comme à Nouakchott en 2014, les festivités seront marquées par diverses manifestations de ce qui semble être l’identité de l’élément soninké. En effet, les descendants des maîtres de l’empire du Ghana connu sous le nom de Wagadou, par eux mêmes, se sont lancés depuis un certain temps, dans divers préparatifs au sein notamment de la diaspora soninké de France. Et nous, notre contribution s’est voulue sous la forme d’une lettre ouverte à l’international Soninkara, se préparant à moult divertissements plus ou moins folkloriques.
Des rappels nostalgiques à un passé révolu, certaines activités liées à la promotion de la langue soninké et un éveil communautariste de l’élément politique dans différents pays.
Ce festival plus politisé que l’on pourrait le croire, dans lequel l’exercice et l’esprit de l’ordre féodal est fêté et même soigné en amont, met en lumière  des cérémonials qui sont censés revivifier l’âme de la cité soninké.
La stratification sociale est le marqueur génétique de la communauté dont une certaine « élite »  issue des milieux dominants, admet que la vraie soninkaxxu doit sa survie au respect strict des balises inébranlables du puzzle sociétal. D’un regard extérieur, on pourrait croire que cette communauté telle qu’elle est définie, est sensiblement moins introduite dans l’arène politique, sauf qu’en réalité elle en fait beaucoup mais AUTREMENT.
Si la politique peut se définir comme la gestion d’une cité, on dirait que toute entité soninké est régie par un régime princier ayant toutes les strates  d’un régime féodal. Chaque individu comme « élément politique » du puzzle coutumier, obéit à un déterminisme lui attribuant son « appartenance politicienne » dès la naissance. En effet, le premier grand ensemble qui s’apparente à un courant politique inné,  est le Clan Féodal qui est d’ailleurs transnational et pouvant s’allier à d’autres clans féodaux à une autre échelle en fonction des convenances tacites dans le temps et dans l’espace . Ce Clan féodal est tenu par une caste dirigeante dite noble et ses alliés qui sont bien lotis  (castes de marabouts, de griots, de forgerons, et d’autres intermédiaires). L’autre caste dite « inférieure » composée de descendants d’anciens esclaves, qui malgré tout peut avoir un poids numérique très conséquent, reste à leur égard insignifiant qualitativement.

Le fonctionnement de l’ordre féodal fait de ces derniers des subalternes dévoués aux fonctions peu enviables mais surtout un faire-valoir pour le Prestige et la Mémoire du clan féodal. Cette manœuvre légitimée dans le milieu soninké, au nom d’un impératif dit organisationnel, imprègne toute cérémonie  régie selon des pratiques tacites où ressortent systématiquement cet ordre quasi-vénéré. L’argument de l’Impératif organisationnel devient caduc, voire inopérant, et les masques tombent lorsque l’on constate que ces même féodaux voient leurs visages s’illuminer devant la proclamation de leurs statuts par les « dits » esclaves. A contrario, les visages s’assombrissent lorsqu’ils constatent la moindre velléité des castés esclaves qui menacent directement la pérennité de cet ordre coutumier préétabli.

Cet ordre politique qui s’exerce en interne avec rigidité régule le conditionnement déterministe et psychologique des uns comme des autres. Et les plus lésés sont de loin, les castés esclaves qui s’auto-disqualifient sur le champ de la DIGNITÉ et de l’HONNEUR .
Certes, l’esclavage de fait ne se pratique plus en milieu soninké. Néanmoins, on y trouve des « gens » qui se déclarent esclaves et aspirent à se faire traiter comme tels pour le plus grand bonheur du Système qui a une prégnance plus importante sur l’individu que l’ordre étatique moderne n’en a sur ces propres concitoyens.
Nous espérons que les voix portantes parmi les Fiso’valiers de Bamako oseront aborder ce conditionnement psychologique d’un complexe d’infériorité et de supériorité des uns par rapport aux autres. Si seulement le but d’une telle messe communautaire était d’éveiller et de régénérer un « dit » honorable particularisme soninké d’antan, il est plus que nécessaire qu’on y aborde les sujets qui fâchent.

Au 21ème siècle dans un monde devenu un  «gros» village, on ne construira rien de consistant si lappel à l’idéal de la Vraie Justice, de la Vraie Fraternité, de la Vraie Égalité, de la Vraie Liberté et de la Vraie Dignité, est taxé comme subversif et nuisible à la grandeur jalousement tenue et proclamée du Fait Soninké. Il faut une alerte fraternelle aux consciences sélectives parmi nous, qui peuvent être outrées et choquées par la xénophobie et le racisme venant de certains milieux  dans nos pays d’accueil  (la France en particulier). C’est-à-dire, ce qu’on dénonce bruyamment chez les autres, se pratique entre nous mêmes et avec des relents plus sournois et mesquins.
Notre FISO (Festival International Soninké) qui semble revenir tous les 2 ans, ne peut pas que se soucier du culturel et de certains « dits » principes et valeurs soninkés, tout en ayant moins d’allant sur les Droits Humains.

Peut-on au nom du « culturel », dans notre cas basé sur des références ancestrales et  primitives, accepter qu’un Homme de « 2016 » se  proclame fièrement esclave en  y trouvant  une audience complice ?  Il est lieu de se poser des questions sur le cadre sociétal et social qui le permet.
Festival rime avec festivités et divertissements , et celui de l’édition 2014 à Nouakchott en Mauritanie, nous avait gâtés sur ce plan avec tous genres de défilés et d’expositions folkloriques. Très souvent, le succès de ces événements à caractère « culturel » se mesure par les prestations artistiques, les déclamations des hommes de la PAROLE, l’exotisme soninké transnational, et une représentativité des pays soninké par clans féodaux. Ainsi l’ordre politique en vigueur dans chaque contrée féodale apparaît en fond d’écran dans une conclave princière qui ne dit pas son nom. N’est-il pas temps de s’interroger sur le bien-fondé de ce régime féodal   qui a l’exclusivisme sur le matériel et l’immatériel dans nos contrées plus ou moins lointaines..??
Pensons-nous que la légendaire soumission psychologique des milieux dominés dans ce système de castes  au sein duquel les Hommes ne se valent pas, tiendra pour toujours à travers le temps et l’espace..??

Ne devrons nous pas être alarmés du quasi niveau  d’illettrisme d’une majorité de la jeunesse soninké candidate à l’immigration..?? Nous constatons aisément à l’international et en particulier en France, terreau de la diaspora soninké, que le niveau de qualification est à déplorer. Mais l’essentiel de nos préoccupations est fixé sur 《la dite》 noblesse de sang au détriment de la noblesse de la compétence et du comportement. L’écueil de la caste est un frein bien connu au vrai développement de tout ce qui s’entreprend de progressiste dans la communauté. Car le déterminisme issu d’une fierté mal placée des uns n’accorde aux autres qu’un statut d’éternels suiveurs au « sang impur » avec qui l’union matrimoniale serait une déchéance par l’indignité.

En plus du mal du pays que certains exilés ressentent, nous sommes contraints de nous relayer en majorité aux tâches les plus pénibles et les plus ingrates (ouvriers non qualifiés dans la restauration, le nettoyage et le bâtiment).

Après l’identification de l’ordre politique qui régit toute cité soninké, il est intéressant d’analyser comment un individu soninké obéissant à la suprématie féodale, s’exerce à la vie politique moderne de son pays.
Généralement, la prégnance de l’ordre féodal prédispose l’homme politicien soninké à un prisme communautariste de l’élément politique à l’échelle nationale. En effet, la vie politique moderne qui porte l’idéal d’un régime des droits et des devoirs égaux pour tous les citoyens sur le matériel et l’immatériel, prend un coup dur face aux réalités internes de la société stratifiée.
Notre choix illustratif porte sur la Mauritanie, pays hôte du dernier FISO. Ce pays symbolise par essence la transposition d’un certain ordre tribalo-communautaro-féodal sur les affaires politiques nationales. Ainsi, le clientélisme politicard est un tronc commun à tous les mouvements politiques qui soignent diversement les caprices de chaque communauté au détriment du CITOYEN.
Le pouvoir mauritanien s’était précipité de soigner sa clientèle politique soninké, par le  parrainage d’un événement folklorique de quelques jours alors qu’au même moment sur le plan national une politique d’épuration biométrique visait la composante negro-mauritanienne. Quand tous les chefs coutumiers et leurs subalternes mettaient le cap vers Nouakchott, plusieurs milliers de Soninkés immergés en France vivaient un enfer administratif pour se faire recenser. De même,  durant cette période, d’autres mauritaniens binationaux seront traqués et ceux qui avaient le malheur d’être sans papiers d’un point de vue purement matériel perdent toutes opportunités de régularisation faute d’avoir  un passeport.

Comme à l’accoutumée, nos dirigeants tribalistes savent que le festif pèse dans nos priorités, et ils l’instrumentalisent à bon escient pour faire oublier L’ESSENTIEL. Ainsi le FISO 2014 de Nouakchott a été pour le monde soninké du pays, ce que l’artiste peulh sénégalais Baba Maal était pour la communauté Halpulaar. Ce chanteur nommé ambassadeur de la culture peulh a été parrainé à la hauteur d’un million d’Ouguiya par le général président mauritanien, pour fêter le trentième anniversaire de son groupe au stade olympique de Nouakchott. Nos dirigeants savent que la fibre de l’émotivité peut inhiber l’essentiel en Nous, et comptent fidéliser leur clientèle électorale à l’échelle communautaire par ce biais.
On ne peut éviter de rappeler la zizanie créée au sein de la communauté politique soninké, presque un an après ce fameux FISO 2014.
En effet, après la sortie médiatique d’un mouvement progressiste transpartisan, le CRSM (Conseil Représentif de Soninkés de Mauritanie), pour commenter et dénoncer le verdict du procès des leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes dont Biram Dah Abeid (prix onusien 2013) pour son combat anti-esclavagiste. Ce communiqué du CRSM avait été très mal pris par le Raïs mauritanien et ses soutiens communautaristes Soninkés. Ces derniers s’étaient mis dans un activisme de légitimation en nommant leur conclave comme la « Grande Famille soninké » proclamant leur fidélité au pouvoir en place.
Ainsi, un chef coutumier coopté dans des circonstances obscures, s’était rendu au palais ocre pour réitérer leurs positions de fidélité au président mauritanien. La dite grande famille soninké ne semble pas se soucier de l’épineuse question de l’esclavage et ses différentes manifestations dans la société mauritanienne dans son ensemble. En octobre 2014, le président d’IRA-Mauritanie, Biram Dah Abeid emprisonné depuis le 11 Novembre 2014, avait dénoncé les pratiques féodales de certains milieux dominants dans toutes les communautés noires lors d’une réunion publique, et il avait subi les tirs croisés  du monde bien pensant allergique aux critiques sur ce qui se fait dans nos contrées. Et des Soninkés issus du milieu féodal aux mentalités rétrogrades en premier, qui n’avaient pas digéré qu’un jeune mouvement anti-esclavagiste (UVDS) ait pu oser s’allier à IRA-MAURITANIE. L’Union des Volontaires pour le Développement de Soninkara (UVDS) composée majoritairement des jeunes Soninkés de la caste esclave  (Komo), se défait du légendaire complexe psychologique pour contester ouvertement l’ordre féodal en vigueur dans nos contrées sur le matériel et l’immatériel.  Ils ont décidés de revendiquer leurs Droits Humains qui doivent primer sur tout autre statut social ou coutumier obsolète et exclusiviste. L’initiative de ces engagés Soninkés provoqua l’ire des milieux dominants du régime féodal. Par l’acharnement constaté parmi certains de ces derniers, il semblerait que le statut de soninké (soninkaxxu) ait été contesté pour les castés esclaves (Komo) dans le milieu soninké.
Les réalités rigides de la féodalité en milieu soninké, vehiculent une idéologie foncièrement stigmatisante basée sur une hiérarchisation sociale qui s’oppose de fait à une citoyenneté pleine et entière. À l’occasion de ce FISO 2016, nous espérons que les milieux intellectuels très soucieux du FAIT SONINKÉ notamment de la langue soninké, feraient une communication sur ce qu’est un Soninké  au 21ème siècle. Cela devrait s’entendre par certaines notions; L’HUMANITÉ,  LA POLITIQUE, LA DÉMOCRATIE, L’ÉGALITÉ, L’UNITÉ et surtout LA FRATERNITÉ MUSULMANE en interne comme en externe.

Signée par Assa Konate, Juriste et Kundu Sumare, blogueur et militant abolitionniste .

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Où mettra notre renommé ministre de la justice Me Brahim Ould Daddah, ces vices de procédures et abus de pouvoir ?

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Incroyable, en Mauritanie se sont les procureurs, les juges, personnels chargés l’application des lois et le respect des procédures qui sont les premiers à les bafouer. Comment peut-on parler d’un état de droit à fortiori d’une possible démocratisation dans ces conditions? La démocratie ne peut fonctionner sans le respect des règles juridiques, c’est la moindre des choses n’est ce pas ? L’indépendance de la justice demande au moins le respect des procédures et règles !

Déjà on savait que le transfert des détenus « otages » militants abolitionnistes de la ville de Rosso vers la ville d’Aleg était illégal, puis-là, on apprend que le pire s’est produit, vous imaginez depuis le 20 Aout 2015, le procureur d’Aleg n’a pas transmis la décision du juge d’Aleg du dossier concernant Biram Dah Abeid, Brahim Ould Bilal et Djiby Sow à sa hiérarchie, surtout à la cour de cassation alors qu’il devrait le faire dans un délai n’excédant pas un mois (1mois).

Comment qualifier un pays qui ne respecte aucune règle juridique ni loi sans parler des procédures? Depuis Août 2015, la cour de cassation de Nouakchott et les avocats des détenus courent derrière un dossier qui devrait être transféré depuis la nuit du 20 aout 2015. Juste des papiers qu’on glisse dans une enveloppe hop direction Nouakchott, l’acte prend six mois (6 mois) de délais, a-t-on besoin de faire un commentaire ? Qu’attend le ministre de la justice pour faire son ménage interne s’il est là pour reformer? Combien de détenus sont en prison depuis des années sans aucun jugement ? C’est extrêmement cruel et barbare !

Le vice-de procédure et les incompétences ne sont plus à démontrer, les interminables vas-et-viens Nouakchott-Aleg des avocats ont fini par payés, le procureur acculé sur du flagrant délit de mensonge a fini par remettre le dossier aux avocats ce jeudi 11 février 2016 qu’ils ont ramené à Nouakchott eux-mêmes. Que va décider maintenant la cour de cassation ? Le vice de procédure n’est plus à démontrer dans ce dossier dans les tous cas en sachant qu’ils sont accusés sur du faux et usage de faux.

« La cour d’appel de la ville d’Aleg, dans le sud-ouest de la Mauritanie, a confirmé jeudi 20 août la condamnation à deux ans de prison ferme de trois militants anti-esclavagistes : Biram Ould Dah Abeid, président de l’ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), son adjoint Brahim Bilal, ainsi que Djiby Sow, un militant pour les droits culturels. Un verdict qui choque au moment où la Mauritanie dit vouloir en finir avec cette pratique officiellement abolie depuis 1981, criminalisée depuis 2007, mais encore répandue dans le pays. »

Définition Vice de procédure
« Le vice de procédure est une expression employée pour désigner le non-respect d’une règle de procédure prévue par la loi (le Code de procédure pénale par exemple) susceptible de remettre en cause la validité d’une mesure prise ou envisagée à l’encontre d’une personne (poursuites, mise en détention provisoire, sanction, garde à vue, suspension etc… »

Diko Hanoune

Source crédit : haratine.blogpost.fr

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Manifestation du 13 Février 2016 à Paris : Bref Photo-reportage…!!!

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Ce samedi 13 février 2016, la manifestation organisée par le comité de soutien aux détenus d’ALEG en France , a eu lieu sous une pluie continue. Plusieurs mauritaniens et amis de la Mauritanie ont battu le pavé sous un temps loin d’être idéal, pour dénoncer les arrestations et l’incarcération injustes des leaders abolitionnistes et anti-esclavagistes, Biram Dah Abeid président d’IRA et son vice-président Brahim Bilal Ramdhane. À noter la présence honorable de Leila, l’épouse du leader d’IRA, en tournée ces derniers jours en Europe. Le cortège a suivi le chemin habituel, allant du parvis de droits de l’Homme à TROCADERO jusqu’à l’entrée de la Rue Montevidéo donnant sur la représentation diplomatique de la Mauritanie en France dans le chic 16 ème arrondissement de Paris. Des slogans ont été scandés contre les injustices en Mauritanie et surtout l’acharnement des autorités du pays contre ces défenseurs des droits humains qui croupissent injustement en prison depuis le 11 Novembre 2014. Il est plus que jamais demandé au Raïs mauritanien de prendre au sérieux les problématiques liées non respect des Droits humains en Mauritanie, surtout le fléau de l’esclavage et ses différentes manifestations. La logique du déni de l’existence de l’esclavage, qui est la stratégie du pouvoir exécutif et ses différents soutiens, est devenue une FARCE innommable à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Vive une Mauritanie Juste pour Tous.

K.S

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LEÏLA, l’épouse du leader abolitionniste Birame a rencontré le comité de soutien aux détenus d’ALEG en France.

Ce jeudi 11 février 2016 à Paris , Madame LEILA, militante très engagée et épouse du président d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, a rencontré certains membres du comité de soutien aux détenus d’ALEG. L’échange a été très chaleureux au cours duquel elle a exposé brièvement la situation de détenus d’opinion depuis le 11 Novembre 2014. Elle a remercié vivement tous ceux qui s’activent courageusement contre ces arrestations injustes. La militante abolitionniste a précisé que les détenus ont été privés de droit de visite depuis le 31 décembre 2015, par les autorités qui profitaient de l’évasion d’un prisonnier jihadiste pour serrer l’étau indifféremment sur tous les incarcérés, mais ces derniers jours elle a appris que les visites vont reprendre. Elle a évoqué l’état de santé des leaders abolitionnistes, notamment Biram qui a accès relativement aux soins pour ses douleurs persistantes, et le vice-président Brahim Bilal Ramdhane a eu des maux aux dents depuis un certain temps. Elle a encouragé tous les militants pour le respect des droits humains en Mauritanie, d’agir dans l’unité et contre toutes les formes d’injustices.
Les membres du comité de soutien en France ont réaffirmé leur détermination à poursuivre l’engagement pour la libération des détenus.

À PARTIR DE 14 HEURES Le Comité de Soutien aux Détenus d’Aleg en France, appelle tous les compatriotes et amis de la Mauritanie à se joindre à la manifestation qu’il organise :

le samedi 13 FEVRIER 016 À LA
PLACE TROCADERO – metro ligne 6, 9
A PARTIR DE : 14H
D’abord pour dire non aux détentions arbitraires des défenseurs des Droits de l’Homme Biram Dah Abeid, Président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA), Lauréat du prix des droits de l’Homme des Nations unies 2013, et Brahim Bilal vice-président du même mouvement, puis pour dénoncer l’esclavage, le racisme d’état et les expropriations foncières en Mauritanie.
En l’état actuel des choses, s’il existe une voie légitime pour:

~atteindre notre salut

~honorer notre image de « justes parmi les justes »

~faire connaitre notre lutte

C’est bien par la force de l’expression. Il incombe à chacun (Soninké, Pular, Wolof, Bambara, Haratines, Maures) de s’y atteler. Bien des hommes sont morts et bien d’autres continuent de sacrifier leur vie pour assurer notre liberté. Nul engagement ne doit rester vain.
La marche du 13 Février 2016 ne sera certes pas la dernière mais elle pourrait compter. À noter la présence de Madame LEILA, l’épouse de Biram Dah Abeid, président d’IRA-Mauritanie .

La clef de la réussite de l’événement dépendra de la sortie en masse des Mauritaniens (hommes, femmes, enfants).
Le droit ne s’octroie pas, il s’arrache !

Le Comité de soutien aux détenus d’ALEG

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08-02-2016 12:33 – En Mauritanie, des apatrides dans leur propre patrie !

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DuneVoices – Dans les textes, tous les Mauritaniens sont égaux en droits et en devoirs. Dans les faits, c’est hélas encore loin d’être le cas. Entre les mains des « blancs » (maures, Ndlr), l’administration refuse encore dans certaines localités d’enrôler les populations de race noire.

En somme, celle-ci n’ont pas le droit d’avoir des papiers d’identité biométriques. Cette pratique d’un autre âge à conduit, à la longue, à construire une société à deux vitesses. Une société dans laquelle certains jouissent de tous les droits alors que d’autres sont relégués au rang de citoyens de seconde zone juste bon à d’obéissants serviteurs.

C’est une ségrégation raciale qui ne dit pas son nom. Même les enfants sont victimes de ce racisme inique. «Le directeur de l’école primaire du quartier a refusé d’inscrire notre fils de 7 ans. Pourquoi? Tout bonnement parce que le petit n’avait pas de papiers d’enrôlement», témoigne Hawa Mamadou.

Assise sous un hangar près de son époux et de ses trois enfants, la vielle femme ne comprend pas comment un directeur d’école peut interdire à un gamin de s’instruire, de surcroit lorsque ce gamin est aussi mauritanien que lui.

El Hadj Mamadou Thiam, né en 1976 à Kiffa, possède un acte de naissance portant le N°030011580570. Il est Mauritanien mais ne parvient toutefois pas à se faire enrôler dans le fichier biométrique. Sa sœur, Aîssata Mamadou, et son demi frère, Sileymani Sow, cherchent aussi à se faire enrôler depuis 4 ans mais en vain.

Pourtant, les actes d’état civil de El Hadj Mamadou Thiam, de ses frères et de ses sœurs ont été signés par l’actuel ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Ahmedou O Abdallah qui avait servi comme préfet à Kiffa. C’est à ne rien comprendre.

Ce traitement à deux vitesses touche également les plus fidèles serviteurs de l’Etat comme c’est le cas de Bâ Amadou Samba, un ancien militaire. A 59 ans, l’ex-sergent qui a combattu dans l’armée Mauritanienne contre le Sahara occidental durant 4 longues années ne comprend pas le traitement qui lui est réservé après tous les sacrifices qu’il a consentis pour défendre la partie. Ses enfants : Marième, Samba et leur grande sœur aînée Souadou âgée de 21 ans, mariée et mère d’un garçon, n’arrivent également pas à se faire enrôler.

Les cas de Mauritaniens que l’administration mauritanienne refuse de reconnaitre comme citoyens, car c’est de cela dont il s’agit, sont très nombreux. Et souvent ces refus provoquent des drames et brisent des carrières ou des vies.

Halima Alassane N’Gaîdé, ancienne élève du Lycée de Boghé s’est elle aussi vue interdire de passer son examen du baccalauréat en juin 2013 par la Direction des examens et des concours relevant du ministère de l’Education nationale.

La raison ? Elle n’avait pas été enrôlée. Et pourtant, elle était l’une des plus brillantes de son lycée. Son acte de naissance a été établit en 1994 au centre d’état civil de Téyarett à Nouakchott. «C’est avec le même document que je me suis présentée au concours d’entrée au collège en 2006 et à l’examen du Brevet d’Etudes en 2010.

Et j’ai été admise», déclare Halima avant de renchérir la mort dans l’âme : «Je ne comprends pas qu’on m’interdise de me présenter au Bac avec le même document d’état civil. C’est scandaleux et injuste !». Convaincue que l’administration ne veut pas de gens comme elle à l’université, Halima a décidé de ranger ses cahiers et de…se marier.

S.L. est une jeune femme originaire de la localité de Bababé. Désemparée, elle a tenu à conserver l’anonymat. Elle peine à enrôler son enfant né d’une relation hors mariage à l’état civil bien qu’elle ait une existence tout ce qu’il y a de «légale». «Mon fils est né suite à une relation hors mariage.

Il s’appelle Ali et a 10 ans. Il a été enregistré à l’état civil de la mairie à sa naissance en 2005. Lorsque j’ai voulu l’enrôler, on m’a exigé le certificat de mariage avec son père. J’ai dit que je n’en avais pas. On m’a dit d’aller l’établir au tribunal du Cadi. Hélas, comment peut-on établir un document pour un mariage qui n’a jamais existé», se lamente-t-elle.

Aîchetou, Oumnasri et Toutou sont trois sœurs. Elles sont aussi arrivées dans une impasse. Une impasse appelée administration. Elles habitent le quartier de Talha, derrière le lycée Technique de Boghé. Aucune d’elles ne dispose d’un extrait du registre national des populations.

L’aînée, Aîchettou, est âgée de 23 ans. Son acte de naissance porte le numéro 130202219921745. Elle est aujourd’hui mère de trois enfants : Mohamedou, Khadjettou et Wouratou. Mohamed, leur père, n’est toujours pas enregistré dans le fichier biométrique, ce qui risque de compromettre la scolarité de Oumnasri qui est au collège et de Toutou qui prépare son CEPE.

Que pense l’administration de ce que la population qualifie d’«injustice» ? Le sous-préfet du département de Boghé tient d’abord à minimiser le problème. Pour lui, le nombre de personnes n’ayant pas été enrôlées n’est pas élevé. «La grande majorité des Mauritaniens a été enrôlée.

Ceux qui ne le sont pas ne réunissent pas les conditions requises », tranche-t-il sans toutefois dire ce qu’il adviendra des gens qui n’ont pas pu se faire inscrire dans le fichier biométrique. «Ce n’est pas par manque de considération qu’ils ont été laissés en rade mais cela relève de la responsabilité des intéressés et pas de l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS) et encore moins des pouvoirs publics», prévient-il.

L’attitude de l’administration révolte Samba Fall, expert-consultant en développement, président du Réseau de la Promotion de la Citoyenneté et de la Bonne Gouvernance (RPCB) et responsable de l’ONG New Vision.

Il soutient que l’inscription sur les registres de l’état civil est un «droit fondamental » et un «principe universel des droits de l’homme». «Les mesures imposées aux citoyens doivent être simplifiées. Tous reconnaissent qu’il y’a dans cette opération d’enrôlement des citoyens deux poids et deux mesures.

Il s’agit d’une discrimination qui se fait au grand jour. Il est inconcevable dans un pays de voir certains citoyens disposer de leur état civil et d’autres pas du fait des procédures d’enrôlement illégales», s’insurge-t-il. M. Fall prévient que «l’injustice engendre la révolte qui est source de répression qui à son tour génère la guerre et la destruction».

Crédit source : http://www.cridem.org

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Regardez « Echanges sur la féodalité negro-mauritanienne » sur YouTube

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Courrier remis à main propre à Maitre Aissata Tall Sall lors son meeting à Lyon-Villeurbanne.

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Lyon le 06 Février 2016

Excellence Maitre Aissata TALL Sall Députée Maire du Podor ;

Madame la députée Maire du Podor, je saisis cette belle occasion de votre passage à Lyon pour attirer votre attention sur les prises d’otages illégales, les arrestations arbitraires, séquestrations sans aucun motif suivi de tortures physiques par châtiments corporels  et morales  de nos camarades militants abolitionnistes et militants des droits humains par le régime Mauritanien. Tout cela se passe à vol d’oiseau de la république sénégalaise, depuis l’indépendance à nos jours au vu et su de tous les pays voisins : Sénégal, Mali, Maroc et Algérie ; l’esclavage se pratique encore à une très grande échelle sans que cela ne soulève le tollé des pays africains en général.

L’unique crime de nos camarades est d’avoir osé dénoncer publiquement les pratiques de l’esclavage antique, le racisme, la féodalité, les expropriations de terres des paysans pauvres noirs sur le long de la vallée du fleuve Sénégal dans le sud Mauritanien en faveur de l’agrobusiness arabe  saoudien venant des pays  du Golf.

Depuis le 11 novembre 2014, M. Biram Dah Ould Abeid qui a été distingué prix des droits de l’homme des nations unies en 2013, président de l’ONG IRA-Mauritanie, Brahim Rhamdane Ould Bilal, son vice-président   sont séquestrés, privés même des soins dans un bagne à Nouakchott capitale  Mauritanienne pour 2 ans de prison ferme lors d’un simulacre faux procès théâtral inventé de toute pièce sur la base du faux et usage de faux.

Les autorités Mauritaniennes les reprochent d’avoir mené une caravane dénonçant l’esclavage foncier, agricole dans le sud de la Mauritanie, contre les expropriations des terres de pauvres paysans locaux en faveur des pays arabes du Golf, des chefs de tribus maures et la féodalité noire mauritanienne pour affamer ces populations noires qui n’ont que la terre comme ressources pour survivre; cela ne devrait laisser nos voisins immédiats comme le Sénégal indifférents. Mme la députée, l’incendie qui ravage la case du voisin ne devrait guère nous faire rire, la moindre des choses est de l’aider à éteindre le feu.

Nous vous chargeons cette noble mission Mme la députée maire du Podor  d’interpeller le président Macky Sall et ces collègues Africains, de lancer l’alerte envers les institutions africaines  au sujet de l’esclavage, le racisme d’état et la féodalité qui perdurent en Mauritanie, le harcèlement constant suivi par des arrestations arbitraires de personnes qui osent mettre le doigt sur ces faits graves d’atteinte à la dignité humaine. L’Afrique est redevable avant la communauté internationale sur ce qui se passe en Mauritanie actuellement. Si les chefs d’états africains ne mettent pas la pression sur leur homologue Mauritanien pour mettre fin à la souffrance des Mauritaniens, ce qu’ils acceptent, autorisent  l’ingérence occidentale dans les affaires africaines. 

Les autorités Mauritaniennes ont envoyé le prix des droits de l’homme 2013 des nations unies en prison sans aménagement avec un dossier faux sur usage de faux, tout un symbole n’est ce pas montrant leur mépris total sans crainte des lois, traités et conventions internationaux ?

En vous remerciant d’avance Mme la députée Maire du Podor Aissata TALL Sall, nous comptons sur vous pour revigorer l’espoir des Mauritaniens en faisant le nécessaire à votre niveau.

Diko Hanoune
Secrétaire général de l’association des haratine de Mauritanie en Europe (A.H.M.E)

Crédit source : Post Facebook de l’activiste Diko Hanoune.

33 ans après, la France ne reconnait plus la nationalité de ce Normand né au Sénégal.

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Sikhou Camara est né au Sénégal alors que le pays était une colonie française. En 1966 il avait obtenu du tribunal de Rouen un certificat de nationalité française.

Entre 1966 et 1996 ce certificat de nationalité a toujours été renouvelé. Mais depuis la justice reproche à Sikhou Camara d’avoir demandé sa nationalité française alors qu’il avait que 20 ans, or à l’époque la majorité était de 21 ans. Et pour le tribunal de Rouen cela annule cette nationalité pourtant accordée pendant des décennies. Aujourd’hui la préfecture de Seine-Maritime le somme de restituer tous ses papiers, dans le cas contraire il sera inscrit dans le fichier des personnes recherchées.

Pendant plus de 40 ans, Sikhou Camara a travaillé dans l’agglomération rouennaise comme soudeur, a payé des impôts, a voté.

Les explications de François Pesquet et Stéphane L’hôte

http://france3-regions.francetvinfo.fr/haute-normandie/2014/02/02/33-ans-apres-la-france-ne-reconnait-plus-la-nationalite-de-ce-normand-ne-au-senegal-407521.html

Crédit source : boolumbal

04-02-2016 16:33 – Boubacar Ould Messoud : « L’esclavage existe encore en Mauritanie »

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Le Calame – Le président de SOS Esclaves, Boubacar Ould Messoud était l’invité mardi soir sur Al Wataniya de l’émission « Kelam Vissiyassa», une émission animée par le confrère Mohamed Ould Ameu.

Dès le départ, l’emblématique militant des droits de l’homme a tenu à préciser qu’il n’est pas sur le plateau pour parler de politique, mais des droits de l’homme. « Je ne suis pas, a déclaré Boubacar Messoud, un président de parti politique, mais un militant des droits de l’homme. »

Toujours égal à lui-même, Boubacar Ould Messoud a abordé avec sa franchise habituelle toutes les questions liées à l’esclavage. Le président de SOS Esclaves reconnaît que quelque chose a été fait, surtout en termes de loi criminalisant le phénomène. Même si, regrette Boubacar Ould Messoud, ces dispositifs et instruments juridiques ne sont pas appliqués par les juges qui arguent souvent d’arguments fallacieux pour entretenir l’impunité des esclavagistes.

Et Boubacar Ould Messoud de citer en vrac quelques noms de personnes liées à des pratiques esclavagistes avérées, mais qui n’ont jamais été inquiétées. Evoquant, le cas de la quinzaine de victimes que SOS Esclaves vient d’extraire de l’esclavage des confins de Nbeiket Lahwach, Boubacar Ould Messoud a tenu à rappeler que ce sont bien des victimes mauritaniennes dont les maîtres sont des mauritaniens déposés en prison par le procureur de Néma.

Le président Boubacar Ould Messoud a déclaré être prêt à être poursuivi pour des affirmations infondées sur les cas que son organisation présente régulièrement devant les tribunaux. Le président de SOS Esclaves regrette que les autorités mauritaniennes continuent dans le déni systématique de l’esclavage qui touche encore des centaines de milliers de personnes.

Les derniers propos du Premier Ministre sur la nationalité des quinze dernières victimes de Nbeiket Lahwach viennent s’ajouter aux régulières dénégations répétitives du président Mohamed Ould Abdel Aziz. Selon lui, la radicalisation d’une certaine jeunesse Harratine doit constituer une raison pour toute la communauté nationale de prendre à bras le corps la question de l’esclavage.

Pour le président de SOS Esclaves, si ce problème est réglé, il permettra d’unir le peuple mauritanien, mais s’il n’est pas réglé, il continuera à le diviser et à menacer la cohésion sociale. La radicalisation est la résultante du désespoir et du manque de recours, selon lui. Si les esclaves n’ont pas d’alternative face aux injustices, la force et l’extrémisme constitueront leur seul rempart.

Or, les injustices existent dans le système que Boubacar Ould Messoud définit comme l’ensemble de tous les segments qui ont l’autorité en Mauritanie, de la majorité soient-ils ou de l’opposition.

Comme exemple d’injustice, Boubacar Ould Messoud cite l’arrestation de Birame Ould Dah Ould Abeid et de son adjoint Brahim Ould Bilal de l’organisation d’IRA. Deux militants des droits de l’homme, arrêtés et jugés pour avoir assisté à une marche. Ils écopent de deux ans de prison ferme.

Alors qu’Ahmed Hassine, le maître de Yarg et Said reconnu auteur de pratiques esclavagistes n’a écopé que de deux ans, alors que la loi prévoit au moins cinq ans. Mieux, Ould Hassine ne passera que quatre mois en prison avant de bénéficier de la liberté provisoire. Sur une question relative au Manifeste pour les droits sociaux, économiques et politiques des Harratines, Boubacar Ould Messoud n’en veut pas trop parler.

Cependant, selon lui, une commission a été mise sur pied au cours de la dernière réunion du comité permanent du Manifeste pour préparer un congrès qui permettra de renouveler ses instances.

Crédit source : http://www.cridem.org