Maeava Palace de Bamako a servi de cadre, le jeudi 3 mars 2022, à la tenue de la cérémonie de lancement du centre d’appel juridique et de l’application mobile d’accès à la justice.
L’inauguration de ces infrastructures est le fruit de la collaboration entre le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme et son Partenaire «Mali Justice Project» (USAID/MJP). 80 00 22 46, c’est le numéro vert mis à la disposition des usagers pour la prise en charge de leurs préoccupations.
Cette cérémonie de lancement était présidée par le ministre de la justice et des droits de l’Homme, MamoudouKassogué, en présence des autres membres du gouvernement comme Amadou Keïta, Mme Fatoumata SékouDicko, des partenaires techniques et financiers comme Me Jean Lavoie de MJP, du président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Aguibou Bouaré et d’autres personnalités. Dans ses mots de bienvenue, le directeur de ADKontact, Sinaly Diarra, a remercié le Projet MJP pour la confiance portée en leur structure. «Nous accueillons dans nos locaux, une équipe dynamique d’agents juridiques qui bénéficient de tous les moyens techniques (matériel et logiciel) pour prendre en charge efficacement tous les contacts téléphoniques entrant et sortant des personnes ayant besoin d’informations juridiques ou faisant face à une situation nécessitant un conseil ou une assistance. Le centre d’appel Hakew Kounafoni sera joignable du lundi au dimanche de 8h à 20h pour assurer une couverture de service optimale. Adkontact mettra tout en oeuvre pour la bonne conduite quotidienne de ce projet que nous portons désormais tous », a-t-il dit. A sa suite, la directrice d’HERA CONSEILS, Me Tall Nadia Biouele, a indiqué que la société civile professionnelle d’Avocats HERA CONSEILS, a été sélectionnée pour recruter et former des juristes téléconseillers qui seront mis à la disposition du centre d’appel AdKontact pour fournir à travers un plateau technique, opérationnel depuis le 11 février 2022, des informations juridiques, judicaires et des renseignements administratifs aux usagers. Selon elle, ce projet comblera sans aucun doute le besoin de diffusion du droit et d’accès à l’information juridique, judiciaire et administrative. A l’en croire, le projet du centre d’appel juridique est une solution adaptée pour pallier le déficit d’accès à l’information juridique et judiciaire, gage d’une meilleure distribution de la justice. « A travers un numéro vert gratuit pour les usagers, 20 jeunes juristes installés au centre d’appel HAKEW KUNAFONI logé dans les locaux de ADKontact, fourniront instantanément, en langues officielles et locales, les informations nécessaires à la compréhension de la demande posée par l’usager. Qu’il s’agisse des actes d’état civil, des modes de saisine de la justice, des demandes formulées à l’administration en matière foncière, de la dénonciation d’un abus de droit, de la réclamation des droits et indemnités de travail, ou encore de la dénonciation d’une violence basée sur le genre », a conclu Me Tall Nadia Biouélé.
Quant au directeur du Mali Justice Project de l’USAID, Me Jean Lavoie, il a souligné que ce centre d’appel permettra a des milliers d’individus de bénéficier des précieux conseils, références et orientations pratiques d’opérateurs bien formés et ultimement informés des modalités d’accès a l’aide juridique, dans les cas ou les justiciables concernés sont des femmes, enfants et personnes indigentes. « Nous sommes également fiers que cette initiative soit créatrice d’emplois pour le personnel du centre qui acquerront à la fois expérience et expertise, ainsi qu’un revenu, dans un contexte économique souvent précaire pour les jeunes », a conclu Me Jean Lavoie.
Pour sa part, le ministre de la justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a fait savoir que ce dispositif contribuera à résoudre certains des problèmes récurrents auxquels sont confrontés les justiciables maliens parmi lesquels l’éloignement géographique, le coût d’accès à la justice et la langue dans laquelle la justice est rendue.
« Un centre d’appel juridique dédié à l’accès à la justice et au droit vient compléter les efforts de l’Etat, non seulement dans le sens d’une bonne distribution de la justice à travers l’assistance juridique et judiciaire, mais aussi, dans la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie. A travers les conseils et l’orientation des usagers, le centre « Hakew Kunafoni » offrira désormais aux populations les informations juridiques et administratives dont elles ont besoin pour valoir leurs droits. Ce projet ayant démarré avec une phase expérimentale de 12 mois, il revient à l’Etat d’assurer la pérennité du centre à travers le financement de ses activités », a conclu le ministre.
Au cours de cette cérémonie, une projection vidéo sur le fonctionnement du centre d’appel juridique a été faite aussi que le sketch sur l’accès à la justice à travers le centre d’appel.
L’annulation du concert du groupe mythique Diam Min Tekky était prévisible. Le samedi 5 mars 2022 devrait connaître la rencontre à Nouakchott des jeunes, adultes, toutes les personnes amoureuses du rap rim qu’ils ont initié.
Ce n’est pas facile de parler d’un groupe dont on récite après 10 ans les paroles encore. Depuis l’école primaire. Et c’est le moment de se demander avec cette interdiction : « So tawi leydi di ko kilbitii Wola lamo djuniti ». Un extrait d’une chanson qui restera dans les annales.
Les soldats sans gain sont de retour. L’accueil a été de taille, la joie de AliaGaye dit DJ Féroce est partagée. Diam Min Tekky, c’est le symbole de l’engagement en Mauritanie. Ils ont conscientisé des jeunes en perte de valeur, lutté par la voix de la rue, la philosophie du hip hop ; ils sont des légions.
Merci à eux pour cette flamme qu’ils nous ont transmise. Ne jamais s’affaisser face à l’injustice, les bêtises républicaines en Mauritanie. On vous aime les avocats du peuple. L’exil n’est pas une fin en soi, c’est un début. C’est parfois la pire des tortures silencieuses.
Chaque sortie médiatique du leader de gauche et militant des droits de l’Homme, Jemal Ould Yessa, provoque un vif débat au sein de l’opinion publique.
En cause, ses avis et positions politiques qui sortent de l’ordinaire et de la pensée communément partagée en Mauritanie.
Positions que certains qualifient de radicales voire extrêmes, tandis que d’autres estiment que ce sont des idées ambitieuses et progressistes de la part d’une personnalité dont le dernier souci serait de plaire à tout le monde et de chercher le consensus.
Ould Yessaa, fils de la classe aristocratique et de l’ « Émirat » traditionnel, qui s’est révolté contre le système social et politique du pays, dirigeant pendant longtemps le mouvement » Conscience et résistance » , mouvement connu pour son opposition radicale au système d’Ould Taya.
Ould Yessa soutient toujours les mêmes positions “révolutionnaires”
concernant le racisme, l’héritage passif) humanitaire, la lutte ou l’ inégalités des classes, de l’arabisation et autres questions soulevées, lors de son interview pour ce deuxiéme numéro du journal Mejabat.
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• Majabat : En tant qu’observateur vigilant des affaires nationales, avez-vous identifié le principal obstacle à un changement, en rupture d’avec les époques de répression, de corruption et de prise du pouvoir par la force ?
– Oui, bien entendu, des progrès partiels retiennent l’attention. Depuis la chute de la dictature de Ould Taya, les niveaux de coercition politique ont nettement diminué et la corruption, à l’époque banalisée dans le cadre du clientélisme PRDS, est redevenue une faveur ; elle se restreint désormais à un groupe de prédateurs, quasiment tous de l’ethnie arabo-berbère. Pour se convaincre de la mainmise ethnique sur l’économie, il convient de consulter la liste des chefs de fédérations du patronat. Le quasi-monopole s’étend, d’ailleurs, à deux domaines où la masse laborieuse est issue de la majorité noire du pays. Je cite la pêche artisanale et l’agriculture, deux secteurs d’activité auxquels le maure d’extraction nomade répugne, en général, en vertu de la dévalorisation de l’effort physique.
Vous connaissez la genèse du capital privé national, à partir des accointances et des réseaux de relations tribales, entre les juntes au pouvoir depuis 1978 et leurs relais parmi les chefferies et les commerçants bidhane. Des milliards de prêts bancaires complaisants ont été dépensés et l’ardoise effacée, en vue d’asseoir le fondation matérielle de la domination. A cause de la prédation directe sur les ressources de l’Etat, du bénéfice de privilèges indus, en passant par les conflits d’intérêt, les faux diplômes, l’immunité fiscale et la spoliation des terres de culture au sud, une minorité de hassanophones s’est emparée du pays, au point de lier l’avenir collectif, à sa propre conservation. C’est dans cette prise d’otage que se débat la Mauritanie, depuis bientôt 40 ans…L’expression « République islamique des maures » (Rim) ne me semble pas si excessive quand il s’agit de qualifier la géographie et la démographie réelles des privilèges de naissance et de statut social dont il sera question durant les journées consultatives nationales, autrement appelées « dialogue »…enfin, si le rendez-vous est respecté. Concernant la dévolution et la régulation violente du pouvoir d’Etat et les ruptures de légitimité, nous ne sommes pas encore immunisés d’une énième « putscherie », même si, à l’instant, la probabilité me paraît, plutôt, minime. Je puis me tromper.
Comment sortir du cycle de la faute et de l’échec ? Le principal obstacle, de nature à retarder le discernement et les bonnes pratiques en matière de cohésion et de restauration de la confiance, entre les populations et l’autorité centrale, demeure le déficit de concertation et d’audace. Au niveau de l’évaluation comparée des performances en démocratie et droits humains, la Mauritanie devance, et de loin, la majorité de l’aire arabo-islamique mais je ne vois pas, là, un exploit, tant cet univers abrite, entretient et exporte les pires atteintes à la dignité de l’individu.
• Majabat : Nous sommes aux portes d’un dialogue qui « n’exclut personne ni question ». Doit-on s’attendre à une exception dans ce genre d’exercice, contournant les préoccupations habituelles de la classe politique, pour insister davantage sur les thèmes plus larges, corrélés à l’amélioration de la gouvernance et à la résolution des attentes chez les exclus ?
– Le dialogue serait couronné de succès, si toutes les parties y vont avec sincérité et conscience de devoir sacrifier des concessions, aux fins d’obtenir un consensus, une formule de dépassement des contradictions structurelles : il importe de souligner, ici, le sexisme ambiant, les entraves à la citoyenneté en termes d’égalité d’accès aux droits, la résorption de l’impunité des crimes de masse à visée raciste, l’occultation de l’esclavage et l’usurpation du foncier rural, notamment aux dépens des autochtones travailleurs des champs. Le problème concerne, non seulement les natifs de la Vallée du fleuve Sénégal mais, également, les descendants d’esclaves au centre et à l’Est de la Mauritanie. Beaucoup continuent à entretenir des parcelles arables dont les anciens maîtres détiennent les titres. Malgré l’ordonnance nº 83-127 portant réorganisation foncière et domaniale et en dépit de ses clauses de préemption au profit de ceux qui « font vivre » le sol, le texte, de facto, n’est pas appliqué à tous.
Sur la majorité de l’espace hassanophone, la tenure traditionnelle est en vigueur. Les Hratine restent des ouvriers agricoles sans acte de propriété ; les conflits subséquents ne cessent de croître ; il subsiste, là, un risque de clivage belligène et le présage d’un effondrement de la communauté de destin, déjà en lambeaux, depuis 1978. Il faudrait aussi régler – disons vider – le potentiel des contentieux liés à l’exploitation de la terra mortuis, ces espaces laissés à l’abandon que ne délimite aucune marque de colonisation ou de mise en valeur. Aujourd’hui, il est ardu d’aller s’installer sur un périmètre vacant et vierge de labour, sans obtenir l’autorisation préalable de la tribu qui en revendique la possession. Certaines vendent le visa d’installation, d’autres l’accordent par générosité ou nécessités de prestige. Néanmoins, à la moindre querelle avec les nouveaux venus, les voici sommés de quitter les lieux…
Est-il normal de tolérer une telle concurrence au droit, un tel mépris envers l’autorité publique ? Voici un autre défi que le dialogue devrait désamorcer, sous peine de provoquer le regain de l’anarchie précoloniale, la fameuse Seyba ou raison du plus fort…Cependant, gage de réussite oblige, les participants au dialogue, dans leur diversité, influenceraient le rapport des forces en participant au débat, sans poser de condition ni s’en faire dicter. Le principe – réitéré par le Président de la République – de ne pas censurer ni évincer – me semble le signe de prémices prometteuses. Le moment est venu de s’asseoir, tout déballer, discuter, s’écouter et de ne s’interdire nul compromis dès lors que le règlement proposé se réfère à la triple exigence : liberté-égalité-fraternité. Certes, la devise appartient à une autre nation mais elle résume bien, par sa prétention à l’universalité, le besoin d’équité et d’épanouissement qui habite l’espèce humaine, peu importent les frontières et le legs de la mémoire.
• Majabat : Quels sont les conditions et les résultats les plus importants qui, s’ils étaient atteints, vous permettraient de constater le succès du dialogue ?
– Si le succès du dialogue devait requérir une attestation, celle-ci résiderait, par exemple, dans l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 et de l’article 306 du code pénal. Les deux infamies représentent un motif de honte pour la Mauritanie et reproduisent la violation la plus spectaculaire de ses engagements auprès du reste du monde, dûment signés, ratifiés et intégrés au préambule de la Constitution. Il ne faut pas oublier, non plus, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que notre gouvernance viole si souvent, après son adhésion en novembre 2004. Le texte et bien d’autres de facture similaire impliquent l’interdiction, aux civils de détenir des armes d’assaut ; nous pouvons comprendre qu’une communauté garde, dans son folklore, un rapport sentimental aux symboles – en l’occurrence les festivités – mais l’expression du patrimoine mémoriel exclut la détention de fusils à rafales ; en réalité, l’on assiste, ici, à une forme de discrimination dangereuse parce qu’elle consacre l’attribution d’un moyen de contrainte aux seuls maures ; l’autorisation implicite de milices à vocation militaire compromet les assises du pacte à l’origine de la création de la Mauritanie, pendant le congrès d’Aleg, en mai 1958.
• Majabat : Le problème de la marginalisation et des exclus devient une préoccupation des pouvoirs publics. Quelle est votre lecture de la nature et de l’ampleur de ce problème et de ses relations avec l’histoire et les politiques de développement en Mauritanie?
-Je dois juste vous rappeler qu’à force de s’obstiner à négliger les enjeux de coexistence pacifique, ils vous reviennent à la figure ; vous avez beau dépenser de l’argent et des discours lénifiants dans l’espoir d’acheter le silence des victimes, vous ne parviendriez jamais à étancher leur soif de réparation. Dieu merci, il existe un minimum de justice internationale sur quoi nos gouvernants n’ont pas de prise ; le procès de Ely Ould Dah au sud de la France en 2005 et le renvoi récent de l’un de nos généraux, à peine nommé par les Nations unies au titre d’une mission de maintien de la paix, soulignent les limites du déni. Pourvu que le désaveu diplomatique serve à ouvrir les yeux, de nos dirigeants, quant à l’urgence de l’introspection et de l’autocritique. Apprendre de ses erreurs relève de la salubrité mentale. Déjà, publier la vérité à propos de la tentative d’épuration, exécutée de 1986 à 1991, constituerait, à la fois, une thérapie et une prophylaxie, pour se prémunir du ressentiment et de la récidive. Nombre de hassanophones le croient encore, en 1989, Israël, le Maroc et le Sénégal se seraient ligués contre la Mauritanie, laquelle n’aurait dû sa survie qu’au soutien de Saddam Hussein (le bourreau des kurdes et des chiites). Cette légende tarde à s’éteindre car aucune autre version ne la concurrence.
• Majabat : Parfois, surgit une polémique sur la marginalisation culturelle de composantes de la nation. Le sujet comporte-t-il une réflexion sur la coexistence entre ces composantes ? Quelle est sa relation avec la réticence à résoudre les choix linguistiques ?
– Surgir n’est pas l’adjectif approprié, il s’agit davantage d’une latence d’abus cumulés, sédimentés. L’arabisation idéologique -certains diraient « au rabais » -des années 1980, a été conçue pour écarter de la fonction publique et des forces armées et de sécurité, les groupes non-hassanophones (pulaar, soninké, wolof, bambara) afin de « faire de la place » ; à qui, donc ? Le calcul initial consistait à privilégier l’entrisme, dans l’appareil d’Etat, de générations émergentes d’étudiants et de cadres maures, formés à la hâte, aux confins du monde arabe ou allaités à la source d’un imaginaire hanté et saturé par les mythes du moyen Orient. Le plan ayant tardé à produire un effet radical en matière de remplacement – ou de substitution – des élites, les incidents frontaliers de 1989 avec le Sénégal, offraient l’opportunité d’accélérer la réalisation intégrale du dessein. J’insiste, ici, sur le lien causal entre l’arabisation bas de gamme, la violence suprématiste, le règne de la corruption et de la fraude et l’avènement de l’extrémisme religieux dont la Mauritanie incarne, aujourd’hui, le principal vecteur d’expansion en Afrique de l’Ouest et plus loin.
Je ne puis vous dire exactement combien d’apprentis-terroristes, y compris d’Afrique et d’Europe, viennent s’abreuver aux sources du fanatisme dans les nouvelles Mahadhras où l’enseignement de la poésie, de la généalogie et de la musique s’efface, désormais, derrière les cours de fiqh aljihad, l’étude des lois de la guerre sainte. Ces établissements, irrigués de pétrodollars depuis 4 décennies, participent à la radicalisation et maintiennent un racisme tacite envers les noirs d’ascendance subsaharienne. Pire, les autorités ne disposent d’une base de données fiable sur le nombre de pensionnaires étrangers, leurs provenance et durée de leur séjour en Mauritanie. Les élèves, venus des 4 coins du monde, y apprennent, toujours, comment jouir de ses esclaves, se les partager en temps de travail selon la répartition de l’héritage ou soumettre les servantes au droit de cuissage. Oui, la Mauritanie actuelle n’est pas la destination rêvée pour un noir et le constat dépasse bien les questions de langue ou de culture.
Vous savez, si l’affaire de l’arabisation n’avait pas été instrumentalisée pour récompenser la médiocrité, diffamer le mérite et ralentir la dynamique de modernisation du pays, elle serait bien moins contestée aujourd’hui ; un entretien de presse ne saurait satisfaire à l’étude d’un enjeu aussi vaste. Nous en reparlerions, à l’occasion d’un ouvrage documentaire. Les témoins du déclin national sont légion, Dieu merci et la plupart gardent le souvenir de la descente aux enfers, enclenchée dès l’avènement du régime militaire. Je forme le souhait qu’ils écrivent, nombreux et se prêtent aux moyens de l’audiovisuel ; ainsi, ils nous épargneraient la perte de mémoire si propice aux braqueurs et contrefacteurs de l’histoire. Cette bataille du sens est en passe d’être gagnée par les révisionnistes ; s’ils remportent la partie, c’en serait fini du projet Mauritanie et de notre avenir commun. Si ces questions passionnelles ne sont pas résolues, notre ambition de développement ne dépasserait le stade de l’intention et nous perdrions du temps et de l’énergie en discordes, à l’infini.
Dans un contexte de diversité raciale et de polarisation identitaire, la tentation du monolinguisme mauritanien représente un piège. Plus vous y tendez, moins vous préservez la cohésion sociale de long terme. S’agissant de l’hystérie anti-Français, je souhaite bon vent à ses initiateurs. Qu’ils commencent à arabiser les contrats des mines et de l’énergie, les écoles de médecine et de pharmacie, le libellé des opérations bancaires, les documents de transit et les offres d’emploi dans le secteur privé…
• Majabat : Le conflit social est perçu, maintenant comme ayant atteint un niveau de tension sans précédent. Considérez-vous, avec confiance, sa gestion par les autorités actuelles ? Avez-vous des espoirs ou des craintes à propos des possibilités de son développement conflictuel, dans le futur ?
– Le pouvoir du moment, sans le savoir ou s’en rendre compte, ploie sous le fardeau d’une psychologie spécifique que singularisent la superstition (baraka, tazabout, fétiches et amulettes, intercession, propitiation, culpabilité, rétribution post-mortem). La décision politique est, tributaire de considérations relevant tantôt de l’administration de l’invisible, tantôt de l’indulgence due aux notabilités, quelle qu’en soit l’ethnie. A titre d’exemple, l’on a vu, par deux fois, à la commune de Dafort, dans le Guidimakha, des agents de la municipalité en train d’humilier et d’entraver de présumés fauteurs de dissidence, à la manière d’un bœuf promis à l’égorgement. L’Etat n’a engagé aucune poursuite contre les auteurs, pourtant filmés et audibles. Les critères de rationalité et de lucidité ne président pas toujours à la gouvernance actuelle en Mauritanie. Les nominations en conseil des ministres témoignent de la dérive. Seulement voilà, partout sur terre, une loi immuable cristallise le rapport des humains à la paix : la paix est une plante qui réclame sa rançon ; sa rançon est l’équité, c’est ainsi qu’elle s’arrose, jour et nuit ; sans équité, pas de stabilité.
Vous ne pouvez exiger, longtemps, de quelqu’un qu’il renonce à la révolte légitime et endure sa propre aliénation, en attendant le moment où vous lui consentiriez un peu de justice. Votre patience ne peut compenser sa frustration ; pire, elle l’exacerbe. Pour revenir à votre question, je crains, hélas, que les autorités en place n’aient pas assez compris le sens de la politique moderne : gouverner, à l’heure des théories complotistes et de la démocratisation des gadgets de la communication, réclame de la compétence, beaucoup de technicité, le sens de l’innovation, la réactivité et un sens élevé de la morale au service de tous, sans distinction ni préférence d’ordre privé. Un pouvoir qui ignore ce genre d’hypothèque, le minimise, mise sur la lassitude des gens ou escompte leur adaptation à l’injustice, finit piétiné sous les bottes de la soldatesque ou victime de lynchage par la populace. Le pire, dans le domaine du contrat social n’est pas d’en résilier les termes d’un commun accord. Le danger procède, surtout, de la faculté de susciter une surcharge d’espoir et de la décevoir, en vulgarisant des actes de triche, de dol et de mauvaise foi.
Personne ne se réjouit de se faire tromper et les Mauritaniens n’échappent à la règle, d’où que le ressentiment multidimensionnel plane, maintenant, sur la totalité du pays : il draine de l’amertume et le sentiment anxiogène d’avoir été floué et de subir le tâtonnement des dilettantes. Des révolutions engendrent la revanche sanglante et élèvent, au sommet de l’autorité, des populistes et des illuminés qui excellent à aggraver et canaliser l’aigreur et la hargne des multitudes, avant d’ériger une autre tyrannie. Un dirigeant instruit de ce genre de péril est appelé à l’éviter, pour sa propre sécurité d’abord, ensuite au nom de l’intérêt général.
A titre d’intuition, non de preuve empirique, j’accorde le bénéfice du doute au Chef de l’Etat et à quelques-uns de ses ministres. En revanche, je mets en cause la disponibilité d’une fraction de son entourage, à favoriser une refondation ambitieuse de la Mauritanie, sur des bases de distinction par le rendement, l’intégrité et la « redevabilité », au sens anglo-saxon du mot. Certes, la cour d’un prince, fût-il élu, évolue et se renouvelle et c’est dans cette perspective que je place le vœu d’un sursaut de scrupules, à l’abri de la pression de la rue et des menaces de sédition. Les femmes et hommes de qualité ne manquent pas, à l’intérieur du pays. Gouverner, n’est-ce pas prévoir ? Or, prévenir suppose la conscience des afflictions à quoi votre mode de gouvernement vous expose, vous et le peuple dont vous avez recueilli les suffrages et nourri la crédulité. Si vous parvenez à affiner le sens de l’observation sociale et le goût de la vérité, au sein de vos collaborateurs, alors, vous êtes sauvés et l’imminence du salut mobiliserait vos compatriotes, avec l’intensité d’un élan collectif, d’un souffle de volontarisme qui annonce des lendemains enchanteurs. Je veux y croire. Contrairement aux apparences, le renouveau s’avère à portée des Mauritaniens, s’ils acceptent d’en payer le prix ; il n’est pas trop tard.
• Majabat : Le Président de la République a récemment fait part de son mécontentement face au retard pris dans la mise en œuvre de son programme des nouvelles mesures de lutte contre la corruption. Comment voyez-vous ce « réveil tardif » ?
-Le Président exprime son mécontentement et nous devrions plutôt lui reconnaître le mérite de la sincérité mais l’intention, même charitable, ne change rien à la réalité du postulat : l’appareil d’Etat est tenu par les résidus recyclés du Prds. Tant qu’ils sont là, la plus ambitieuse des réformes tournerait toujours à la farce, entre leurs mains. Vous savez, à la longue, les meilleures fantaisies peuvent lasser.
• Majabat : La Mauritanie compte une grande diaspora dans les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), et d’énormes intérêts économiques au sein de cet espace ; pourtant ses relations avec cette organisation restent volatiles et en deçà du niveau requis ; Comment la situation affecte-t-elle les Mauritaniens, là-bas ?
-Vous oubliez de souligner que la Cedeao n’a pas chassé la Mauritanie. Nous en sommes sortis au motif de mieux nous arrimer à un l’Union du Maghreb arabe (Uma), un ensemble encore mythique. A présent, nos ressortissants en Afrique subsaharienne, principalement dans le Golfe de Guinée, endurent les conséquences du retrait : impossibilité d’ouvrir un compte bancaire, d’obtenir un permis de conduire, de se plaindre du racket, importations taxées, carte de séjour à 300 000 francs, à quoi s’ajoute une amende d’établissement illégal de 60 000 francs. Certains accords bilatéraux avec des pays membres nous assuraient les mêmes avantages que les nationaux ; hélas, la plupart de ces clauses n’ont pas été renouvelées. Le droit communautaire a pris le dessus. Nos compatriotes lésés se plaignent auprès de leurs ambassades et consulats. Or, ceux-ci tardent à recevoir les consignes appropriées et naviguent à vue. Le moment est plus que venu de se montrer enfin adulte, pour revenir au point de départ, en somme une adhésion pleine et entière, à la Cedeao. Le fameux accord d’association ne semble pas produire une incidence réparatrice sur le sort de dizaines de milliers de mauritaniens expatriés. Persévérer dans l’erreur n’est pas signe d’intelligence….
source @majabatmedia · Société de médias/d’actualités
En conférence de presse ce lundi 28 février, le président de IRA Mauritanie Biram Dah Abeïd a réfuté en bloc les accusations de l’autre pôle de l’opposition et de certains milieux le rendant responsable du blocage sur la tenue d’un dialogue. L’ancien candidat à la présidentielle a dénoncé ceux qui incitent le pouvoir de Ould Ghazouani à prendre des décisions hostiles à l’encontre de son mouvement et la campagne de diabolisation tendant à vouloir le discréditer.’’Des pans entiers de l’opposition et du pouvoir font tout pour que le parti Radical Pour une Action Globale (RAG) ne soit pas reconnu. Ils l’ont déjà fait pour IRA Mauritanie. Nous avons du mal à comprendre cette hostilité. Ils ne veulent pas de nous parce qu’ils savent que nous leur damons les pions. Qu’ils veuillent ou non, je suis le chef de l’opposition’’. A la tête d’un pôle de l’opposition, Biram a rappelé les ‘’tactiques malsaines’’ sans succès utilisées par l’autre pôle de l’opposition pour tenter d’exclure son mouvement des pourparlers engagés avec le pouvoir.
Biram a réitéré l’engagement militant de son organisation bottant en touche les dénigrements de prétendus défenseurs de droits de l’homme plus présents sur les réseaux sociaux que sur le terrain. IRA n’a pas abdiqué et poursuit son engagement au coté des victimes d’expropriations foncières, de discriminations, d’injustices.’’Les victimes issus de toutes les composantes sociales viennent nous voir en masse étant convaincus que nous allons les défendre. Ils ne vont pas ailleurs’’, a indiqué Biram. Etayant son propos, Il a fait référence aux acquis obtenus sur le terrain grâce à son organisation notamment la loi sur le régime déclaratif au sein des associations, la loi sur la nationalité, la fin des harcèlements et des poursuites, l’interdiction de se réunir…’’Ce sont des paramètres importants de la lutte que nous menons au côté des victimes’’, dit-il. Le leader a fait état du cas des populations de Niakhar (Tékane) déguerpis en 1989. A leur retour en 1997, ils étaient contraints de se partager 23 ha sur les 43 qu’ils détenaient alors qu’un des occupants de leurs terres s’est taillé la part de lion (20 ha).Les populations demandent que cet individu dispose d’une part égale à celle des autres. Présents lors de la conférence de presse, les travailleurs du projet insertion de la mendicité qui réclament 52 mois d’arriérés de salaires ont reçu le soutien de Biram. Tout comme la mère de la jeune fille violée ces derniers jours. L’auteur de cet acte ignoble n’a pas été mis sous mandat de dépôt poussant Biram à évoquer le cancer qui ronge la justice à deux vitesses.’’La grande injustice est assez répandue. Les tribunaux sont la chasse gardée des fauteurs’’, affirme Biram.
Enfin, le leader abolitionniste a appelé le gouvernement au règlement des dossiers des victimes d’injustice.
Il fallait le dire un jour, ce témoignage rapporté autour d’un cas gravissime présumé d’une bébé qui n’a pas survécu à cette « affaire ». Mai – juin 2013 dans une localité du Guidimagha, il faisait très chaud. Tout le quartier était secoué par les pleurs sans fin de cette petite de quelques semaines (ou un mois quelques jours). Ce que tout le monde sait sans jamais en parler ouvertement, commence à s’ébruiter parmi les voisins. La fille naissante d’une telle a été excisée apparemment, et elle en souffre beaucoup. On dit crûment « on l’a mal fait ou pas bien traité après l’affaire ». La petite ange a subi la très sinistre violence coutumière et religieuse à l’endroit de la gent féminine dans nos zones . Et tristement elle en serait morte très probablement. Ce qui est affreusement scandaleux dans le cas de l’excision et ses conséquences douloureuses, est lié au grand tabou contenu dans les familles et à la couverture complice dans l’environnement social par de non-dits et de mentalités figées et apeurées. Les lésions graves corporelles et psychiques liées à cette « affaire », sont aussi cachées ou ignorées comme l’est l’acte lui-même. Ainsi pas des soins sérieux possibles ouvertement au sein de centres médicaux disponibles. En coulisses dans l’entre-soi, on laisse le temps faire une douloureuse cicatrisation. Cette dernière une fois faite va laisser d’affreuses séquelles quasiment irréversibles sur l’organe génital. Ce bref schéma descriptif reflète cette réalité sourde qui tire une légitimation d’ordre coutumo-religieux dans nos communautés. Certaines sources attribuent ses origines datant de la période pharaonique; lire https://www.excisionparlonsen.org/comprendre-lexcision/quest-ce-que-lexcision/dou-vient-lexcision/#:~:text=Les%20origines%20de%20la%20pratique,l’Egypte%20et%20au%20Soudan . Aujourd’hui une autre légitimation liée à une certaine pratique religieuse, notamment musulmane, fait partie des motivations sociales et culturelles dans le narratif apologétique « sorcier » qui entoure cette pratique.
Une dynamique militante qui ne doit pas laisser l’opinion publique indifférente. Reconnaissons-le, nos silences conscients et inconscients sont complices pitoyablement de la perpétuation de certaines tares graves qui saignent les corps et les esprits parmi et autour de nous. Ainsi il faut en parler et porter un discours décomplexé et courageux pour démystifier ces atteintes violentes qui devraient être criminalisées à terme comme dans d’autres pays. L’exemple de la France est un cas édifiant à s’y intéresser, là où selon la loi « Les mutilations sexuelles féminines notamment l’excision et l’infibulation sont un crime puni par la loi. En France, la loi protège tous les enfants qui vivent sur son territoire, quelle que soit leur nationalité. La loi française s’applique à l’acte commis à l’étranger si la victime est française ou si elle est étrangère et réside habituellement en France. » . En France l’élément coutumo-religieux qui motive est mis à pas, les communautés concernées se sont rangées par la force de la Loi. Ainsi de la donne imposée par la Loi, un argumentaire de contre-légitimation a même émergé dans les contenus discursifs culturels et cultuels. Grâce à la rigueur de la Loi nos certitudes coutumières enrobées dans un musulmanisme sorcier sont reléguées comme une honte enfouie à s’en débarrasser urgemment. Dans nos pays également, un même mécanisme est nécessaire pour déraciner d’une manière décisive les mentalités qui constituent l’affreux soubassement de ces pratiques terribles et attentatoires à l’intégrité physique et psychologique de nos concitoyennes. Il n’y a pas de « violences douces », donc toute atteinte irréversible touchant la personne humaine mérite d’être criminalisée pour l’enrayer avec efficacité.
Le Tribunal de Grande Instance de Kayes s’engage dans la lutte contre le phénomène de l’esclavagisme par ascendance conformément à la lettre circulaire du Ministre de la justice et des droits de l’homme, garde des Sceaux, Mamoudou Kassogue. Ainsi suite à l’affrontement entre le clan dit des « nobles » affilié à l’association Lambe et le clan dit « des esclaves » affilié à l’association CPS_ anti_exclavage, intervenu dans le village de Kenieba commune rurale de Konteba cercle de Bafoulabe, occasionnant ainsi des cas de blessures graves, de tortures, séquestration, vol qualifié dont les victimes sont le clan considéré comme » esclaves » d’où la Brigade territoriale du cercle de Bafoulabe a été saisi et une enquête préliminaire a été diligentée et plusieurs personnes ont été appréhendées. A l’issue de laquelle le dossier a été transféré devant le parquet d’instance du tribunal de Kayes Instance de KAYES, qui ouvrait une information judiciaire. Ainsi le Juge d’instruction du 3eme Cabinet du Tribunal de grande instance de Kayes, M. Mohamed TEMBINE a inculpé le lundi 14 Février 2022 et placé sous mandat de dépôt 30 personnes dont le chef de village de Kenieba pour des faits de Discrimination, Coups et blessures volontaires, Séquestration, tortures, détention illégale d’armes à feu, Vol qualifié, troubles graves à l’ordre public etc…. Depuis quelques temps la lutte contre l’esclavage prend forme dans la région de Kayes conformément à la lettre circulaire du Ministre de la justice et des droits de l’homme, garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué qui avait émis son intention claire à l’endroit des procureurs Généraux près les cours de Kayes, Bamako et Mopti et les procureurs de la République près les tribunaux de grande instance, de prendre toutes les dispositions utiles pour lutter efficacement contre ce phénomène qui commence à prendre des proportions inquiétantes.
Future Afrique – La présidente de l’Association des femmes de cheffes de famille (AFCF) Madame Aminetou ElyMoctar, a été victime d’une tentative de meurtre, ce lundi 14 février 2022, dans les locaux du commissariat de police Arafat 2 (Nouakchott-Sud) de la part de Mohamed Ould Mahjoub qui est détenu dans ledit commissariat. La scène s’est déroulée en présence des responsables de police du commissariat au moment, où, Me Aminetou Mint ElyOuld Moctar signait le procès-verbal sur une enquête relative à une plainte déposée contre elle par Ould Mahjoub dans « l’affaire de la fille Somma et ses frères ».
Ce dernier qui se promenait dans les couloirs du commissariat a voulu fracasser sa tête avec une pierre taillée utilisée pour la prière en la jetant vers elle. Et c’est par coïncidence, qu’elle s’est levée que la pierre est venue tomber sur sa cuisse et y laissa une tache.
Pour rappel, ce fait révoltant, a eu lieu, alors qu’il est placé en détention dans le commissariat de police pour la période de confinement.
A cette occasion, l’Association des femmes cheffes de famille dénonce cet acte ignoble qu’elle juge une violation flagrante de la loi et non respect et considération des institutions de l’Etat et des forces de sécurité.
Face à ce comportement, l’AFCF compte aller jusqu’au bout dans cette affaire tout en réclamant justice d’une part et d’autre part, elle exhorte les autorités de l’Etat à créer une loi pour protéger les défenseurs et activistes des droits humains, et surtout les femmes qui luttent pour la défense des droits des filles et des femmes qui sont le plus exposées à toute sorte d’agressions physiques et verbales.
La Présidente de l’AFCF Madame Aminetou Mint Ely Ould Moctar
Le député Birame Dah Abeid, président du mouvement IRA a bouclé hier son périple à travers la Chemama, en occurrence au niveau de certaines localités du département de Tékane et de l’arrondissement de Lexeiba II dans le Trarza.
A l’occasion de cette visite de proximité le député s’est enquis de la situation de ces populations indigentes qui font face à « l’esclavage foncier », à la pauvreté et à l’exclusion.
A Elbezoul 2, à Mbagnik, à Amara, à Nkhaila et à Oum El Ghoura les populations ont posé les mêmes problèmes liés à l’absence des services sociaux de base et aux terres cultivables. Sur ce dernier point les litiges sont pendants et l’ordre féodal est toujours de mise.
De ce fait, aux dires des populations, la plupart des terres arables sont détenus par 3 familles. L’une d’elle détiendrait 1000 ha dans la localité de Mbarwadji. Parallèlement les populations des 3 villages (Ganki, Médina, et Samac) avec un total de 200 familles ne détiendraient qu’une vingtaine d’ha. Face à cette OPA, à cette « discrimination foncière », les paysans locaux qui exploitent la terre depuis des générations ne contrôlent réellement qu’une portion congrue des terroirs.
Ainsi selon les représentants locaux du mouvement IRA et du parti RAG à El Bezoul 2 (Lexeiba), cette main basse sur les terres agricoles est préjudiciable et constitue un frein pour le développement. Des projets comme celui de Tweserda sont bloqués et leurs initiateurs poursuivis.
Ces tracasseries sont vécus par les agriculteurs comme tel est le cas des 71 villages situés sur la bande bordant la ligne Dar El Barka (Brakna)/Assayvat.
Les représentants des populations qui ont salué au passage la droiture du Wali actuel du Trarza considèrent cependant que cette situation marquée par l’expropriation des terres en faveur des « féodalités tribales et administratives » est cautonnée par l’Etat qui octroie des actes de propriété juridiques, des titres fonciers et favorise la spéculation foncière.
Pour eux la réponse de l’Etat se manifeste par la répression et l’emprisonnement.
Nécessité de «la résistance pacifique»
Répondant aux doléances des populations, le président du mouvement IRA les a incités à la résistance pacifique ainsi qu’au refus de se laisser intimider par la prison. Il faut dit-il refuser le procédé imposé par les juges et les procureurs et qui consiste à forcer les paysans arrêtés à signer un engagement de quitter leurs terres en contrepartie de la liberté. « Refusez et restez en prison. Soyez solidaires et refusez de quitter vos terres. »
Birame a ajouté que « le président Ghazouani a enclenché une démarche d’ouverture et de pacification. Il a dénoncé les inégalités et les injustices mais son appel n’est pas écouté par ceux qui sont chargés d’appliquer sa politique. »
De ce fait le député « la solution à tous ces problèmes sera d’adhérer à notre projet de société ; adhérer à notre programme pour les élections législatives de 2023 et la présidentielle de 2024. Nous allons abolir toutes ces injustices liés aux terres en révoquant les actes juridiques et en indemnisant les détenteurs conformément aux lois de la République. Et les paysans seront les premiers bénéficiaires des terres et auront accès au crédit agricole. »
Au cours de ses différentes escales, le président du mouvement IRA a répété le même discours à l’adresse du paysannat.
La face cachée de l’affaire de Ngawlé
La visite du député dans cette zone lui a permis d’un autre côté de démêler l’écheveau dans l’affaire hyper médiatisé des dernières condamnations des jeunes de Ngawlé qui contrairement à la version mise en avant jusque là aussi bien par la presse, les Réseaux Sociaux et les ONG des droits humains, n’a rien à voir avec le problème des terres comme tel état le cas il y a quelques mois. Il s’agit en réalité d’une affaire d’agression. Ainsi, les jeunes condamnés récemment à des peines de prison et à de lourdes amendes sont en réalité les agresseurs d’un groupe de personnes originaires du village de Amara (village voisin de Ngawlé) qui ont porté plainte.
L’un des hommes avait été battu à mort. Le représentant de Amara, Lemine Ould Cheikh a remercié le président du mouvement IRA pour sa proposition de médiation entre les deux villages voisins. A noter que Birame a aussi fait un crochet à Ngawlé et une rencontre de réconciliation est prévue pour le début du mois prochain.
Sur un tout autre registre, les habitants de Nkheylet Oulad Ayed du regroupement de Twila (devenu Koundi 3) dans le département de Tékane, ont exprimé le besoin de la réouverture de leur école fermée depuis 3 ans. Cette fermeture prive 250 enfants d’aller à l’école.
Le problème de l’éducation a aussi état au menu durant l’escale de Oum El Ghoura où les populations ont exprimé plusieurs autres doléances telles que : l’accès à l’électricité (qui passe à 100 m du village), à la santé (ouverture du centre de santé équipé et fermé depuis son inauguration), de l’appui à l’agriculture en disponblsant l’eau à Raghane et ailleurs), la réhabilitation du projet Beguemoune, régler les problèmes … Autre problème posé avec insistance : le vol de bétail en direction du Sénégal (plus de 300 têtes d’ovins volatilisés ces 3 dernières années et le pillage se poursuit.
Des problèmes similaires ont été posés par le représentant de la communauté villageoise de Nasra qui a insisté sur la nécessité d’ouvrir un centre de santé au profit des 2500 familles.
Le président du mouvement IRA a conclu sa visite par une longue série d’audiences individuelles et collectives qui a permis aux uns et aux autres d’affiner leurs doléances.
Nous avons appris selon certaines sources bien fondées qu’hier, dans la matinée du 10 février 2022 ,quelques puits d’orpaillage se fraie effondrés dans la zone aurifère de Chami, plus précisément à Sbeibiratt (Waad Chebkeu ) à 90 km de Chami. Cette catastrophe aurait enseveli une dizaine d’ orpailleurs sous les gravas et les recherches n’auraient pas encore pu accéder aux victimes.
En ces douloureuses circonstances , nous appelons les autorités nationales , locales à plus de vigilance en prenant les mesures nécessaires afin d’éviter de telles situations dramatiques pouvant occasionner des pertes de vies humaines. Dans ce sens, nous invitons toutes les autorités concernées de près ou de loin à mettre en place les mesures de sécurité nécessaires parmi lesquelles, l’équipement de secours approprié dans ces zones aurifères à forte concentration humaine, comme nous demandons aux orpailleurs de faire preuve de beaucoup d’attention dans ces zones à haut risque et insistons pour accélérer les recherches d’éventuels survivants.
Avec les familles et parents des victimes nous partageons les mêmes peines conjuguées aux condoléances les plus attristées et exprimons le souhait afin que les éventuels disparus soient accueillis dans le vaste paradis d’Allah.
Par une note du ministère de la justice et des droits de l’homme, une évaluation est demandée auprès du Procureur général près la cour d’appel de Kayes sur les dernières mesures du gouvernement malien contre le phénomène de l’esclavage par ascendance. Cette injonction ministérielle signée le 4 février, a été publiée ce 11 février 2022 sur la Page FB officielle du ministère de la justice voir https://www.facebook.com/855449061193709/posts/7036223733116180/ .
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