✓Mauritanie : lancement par le ministère de l’intérieur d’une plateforme numérique pour les associations

~ Le lien d’accès à la plateforme : http://www.feddam.com/index.php?lang=fr

Saharamedias – Le ministère mauritanien de l’intérieur et de la décentralisation a annoncé vendredi le lancement d’une plateforme numérique pour l’enregistrement de déclarations d’associations, de réseaux et organismes, conformément aux dispositions d’une loi approuvée par le Parlement en février dernier.

Dans un communiqué de presse qu’il a publié sur sa page Facebook, le ministère a dit que cette plateforme vient en application des promesses faites par le président de la république Mohamed O. Cheikh Ghazouani pour la consécration de l’état de droit et des institutions et la mise en place de réformes structurelles au service d’un régime démocratique et le processus du développement du pays.

Le ministère a ajouté que cette plateforme numérique feddam.com intervient conformément à un arrêté qui détermine la nature des communiqués spécifiques à l’enregistrement des déclarations pour la constitution d’associations, d’institutions et de réseaux.

Le ministère a encore dit que l’objectif visé par la création de cette plateforme numérique est de consacrer une vision nouvelle conforme à la constitution, en termes de liberté, d’association ou des organisations, dans le but de créer un mouvement associatif efficace et partenaire du développement national.

Selon le ministère cette nouvelle plateforme sera un outil pour la gestion des associations en application de l’article 12 de la nouvelle loi qui constitue un plus sur la voie de la consécration de l’état de droit et de la justice.

Le ministère a enfin réaffirmé que la loi relative aux associations, institutions et aux réseaux, promulguée en février dernier a constitué une évolution radicale de notre système juridique, en posant les bases d’une approche participative destinée à garantir la présence effective de la société civile et son implication.

L’un des points les plus importants dans la nouvelle loi est le passage du système de récépissé préalable à celui de la déclaration.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=752813

✓Flash Info : le mouvement IRA-Mauritanie reconnu officiellement enfin en RIM.

Le point de départ fut en octobre 2008, et aujourd’hui 31 décembre 2021 , le célèbre mouvement anti-esclavagiste lancé par Biram Dah Abeid et ses camarades il y a 13 ans, obtient sa reconnaissance officielle par les autorités de Nouakchott. IRA Mauritanie a été à l’origine d’une dynamique abolitionniste durant la décennie écoulée en Mauritanie.

Ses dirigeants et ses militants ont consenti beaucoup de sacrifices tout au long d’un cheminement courageux qui a marqué profondément le militantisme droit-de-lhommiste inédit en Mauritanie d’une manière globale. Jusqu’alors le mouvement IRA-Mauritanie était reconnu dans différents pays à travers le monde via ses ailes très actives sur le plan diplomatique et par un réseautage entreprenant auprès des instances spécialisées dans la défense des droits humains.

l’ONG abolitionniste est incarnée par la figure de son président, le député Biram Dah Abeid. Ce dernier a connu la prison à de nombreuses reprises en Mauritanie pour ses activités militantes au temps de l’ancien président Ould Abdelaziz. Sur le plan international, monsieur Dah Abeid a été primé plusieurs fois dont le Prix Onusien 2013 pour la défense des droits humains (sur les pas d’un certain Nelson Mandela).

Avec l’arrivée au pouvoir en 2019 de l’actuel Raïs Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani, l’ancien candidat aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé deuxième à chaque fois) a accepté la main tendue des autorités étatiques pour une phase d’apaisement dans les relations sociales et politiques dans le pays. Ainsi la conflictualité s’est atténuée relativement entre les milieux droit-de-lhommistes et les autorités. En Mai 2017, le régime précédent chassait et empêchait une simple visite de terrain pour le leader d’IRA-Mauritanie. Le cas du Guidimagha, d’où BDA avait été conduit manu militari de Gouraye jusqu’à la sortie de la région pour l’empêcher de rencontrer ses militants et sympathisants.

Aujourd’hui après d’innombrables épreuves, IRA-Mauritanie est reconnue officiellement avec le système déclaratif en vigueur depuis une modification de la loi concernant les associations et autres entités similaires.

Un grand BRAVO aux militants et sympathisants IRAOUIS en Mauritanie et à travers le monde.

J’exprime ma fierté et ma reconnaissance à toutes et à tous ces braves gens !

~KS pour le BLOG

✓Pout Dagne – L’enterrement refusé à une personne, à cause de ses origines : La Société civile dénonce un acte illégal | Sénégal

L’info révulse tout le monde. Elle révolte la Raddho, la Lsdh, Afrika jom center et Amnesty international Sénégal, qui dénoncent le refus du chef de village de Pout Dagné, situé dans la commune de Notto Diobass, d’autoriser l’inhumation de Khady Faye dans le cimetière du village, décédée le 25 décembre 2021. Le motif invoqué pour lui refuser une sépulture ? Elle appartiendrait à la caste des griots. «Ce même village avait défrayé la chronique en 2019, avec un fait similaire, resté sans conséquences de la part des autorités étatiques», rappellent les quatre organisations, qui ont signé un communiqué conjoint pour condamner «fermement cet acte illégal du chef de village de Pout Dagné». Elles «appellent les autorités étatiques compétentes à trouver, sans délais, une solution définitive à la situation qui prévaut dans ce village». «Nos organisations rappellent que la Constitution du Sénégal et les traités internationaux de droits humains dont l’Etat du Sénégal est partie, posent le principe de l’égalité des cito­yens en dignité et en droits, et interdisent la discrimination sous toutes ses formes», poursuivent Alioune Tine et Cie, qui «exhortent les autorités religieuses du pays, musulmanes et chrétiennes, à continuer la sensibilisation en vue de l’éradication de la discrimination basée sur les castes et l’ascendance, qui est contraire aux préceptes prônés par ces religions et les lois de la Répu­blique»

©️ Crédit source : https://lequotidien.sn/pout-dagne-lenterrement-refuse-a-une-personne-a-cause-de-ses-origines-la-societe-civile-denonce-un-acte-illegal/

✓Le mouvement IRA bientôt officiellement reconnu | L’annonce du leader abolitionniste BDA (28/12/2021) à Nouakchott

Le mouvement abolitionniste Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) dirigé par le député Birame Dah Abeid sera officiellement reconnu dans les tout prochains jours, en principe avant la fin de l’année en cours.

C’est ce qu’a déclaré le président du mouvement au cours d’une conférence de presse tenue ce matin à Nouakchott.

« Ce sera le plus grand événement d l’année 2021. Il y aura une remise solennelle du récépissé de IRA par le gouvernement mauritanien. » a déclaré Birame qui a ajouté que cette reconnaissance a été rendu possible par la loi sur les associations avec son régime déclaratif. Une loi qu’il a vivement salué au passage affirmant qu’il s’agit d’une loi révolutionnaire. « C’est la plus grande réalisation depuis 1978 » a-t-il souligné.

Le député a rappellé le parcourt agité du mouvement IRA, ses heurts et ses malheurs au cours de la décennie écoulé, ses luttes, son approche pacifique, ses victoires et sa reconnaissance sur le plan international qui s’est traduite par l’octroi de prix, l’édition de livres sur le mouvement et son chef et l’intervention de ce dernier devant tous les parlements du « monde libre ».

Et Birame d’ajouter que : « Le mouvement IRA a pu donner un modèle au monde entier. »

L’heure est donc à la reconnaissance sur le plan national grâce à cette loi promulgué par le régime du président Ghazouani. « Et, grâce à cette loi, IRA avec ses dizaines de milliers de militants convaincus s’est réconcilié avec tous les mauritaniens. A cette occasion je lance un appel à tous les militants et à tous les mauritaniens afin de fêter cet événement. C’est un grand pas franchi par la Mauritanie qui met fin à la situation de confrontation », se félicite Birame qui salue au passage les efforts fournis dans ce cadre par le ministre de l’intérieur et le Commissaire aux Droits de l’Homme.

Autre point abordé par le président du mouvement IRA, le discours de Ouadane où le président de la République a vivement condamné les maux et autres anachronismes de la société mauritanienne à savoir le tribalisme, l’esclavage, le système des castes, le sectarisme, le suprématisme…

« Nous nous félicitons de ce paragraphe du discours qui a toujours été le nôtre. Mais nous étions diabolisés et voués aux gémonies et taxés de tous les maux. Aujourd’hui quand le président a parlé des mêmes maux tout le monde a applaudi. » Et Birame d’inviter le président de la République à allier la parole avec les actes.

Le 3ème point soulevé au cours de cette conférence de presse concerne la hausse des prix et du coût de la vie.

Là, le député a pointé du doigt le recul des services techniques de l’Etat qui ne répondent plus depuis 1978 aux attentes des citoyens.

Il a parlé des problèmes de gouvernance, de conscience professionnelle et patriotique, du recul sur le plan moral. Donc une situation délicate note le député que Ghazouani ne saurait régler d’un coup de baguette magique même au cas où lui et tous ses collaborateurs avaient toute la volonté, ce qui n’est pas le cas.

Malgré tout, selon Birame, Ghazouani a fait bouger les lignes. Il a apporté du neuf et « même si beaucoup le négligent nous, nous l’apprécions. »

Le président du mouvement IRA a souligné la nécessité d’accorder des circonstances atténuantes au président Ghazouani et de l’épauler durant son mandat qui ne dure que 5 ans dit-il.

Il a balayé d’un revers de la main les accusations selon lesquelles il serait de mèche avec le pouvoir. « Nous avons été les premiers à accepter la main tendue et le dialogue avec le pouvoir. Pour cela nous avions été sévérement attaqués par les autres qui finalement nous ont tous suivis sur cette voie, un à un. Et ils sont même allés plus loin que nous. Pour beaucoup, opposition rime avec confrontation. Nous avons une compréhension différente. »

Ainsi, pour Birame ce n’est pas logique de chercher la confrontation avec un régime aussi fréquentable.



Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-mouvement-ira-bientot-officiellement-reconnu/

✓Mauritanie | Quand les idéaux Ganbanaaxun Fedde se retrouvent dans le sermon « national » du vendredi 17 décembre 2021.

Ainsi j’introduis mon propos par : «Toute vérité passe par trois étapes, d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence.» .
Cette assertion qui est douteusement attribuée au philosophe allemand du pessimisme Arthur Schopenhauer, résume relativement le parcours du dynamique éveil abolitionniste et anti-esclavagiste en cours en pays soninké, sous le vocable GAMBANAXUN FEDDE. GAMBANAXU , concept porteur d’une profonde philosophie sociale et humaniste s’articule autour de l’Egalité et la Dignité en droits et en devoirs. En gros l’idéal d’une norme civilisationnelle où l’Humanité Première de l’Homme devient sacrée et inviolable face aux égos toxiques émergés et entretenus culturellement et socialement par les violences. Les humains s’organisent souvent par l’intelligence de la violence contre la NATURE et rarement par l’intelligence de la MORALE pour le SENS.

Oui l’éveil Gambana secoue amèrement les consciences et les certitudes des adeptes du fatalisme religieux et coutumier dans la communauté soninké. Ceux qui considèrent que tout est déjà acté et fini dans le schéma sociétal où les subalternes s’acceptent et les privilégiés veillent résolument. Ainsi en fin 2016, justement il y a 5 ans, au cœur du Guidimagha mais pas seulement, l’ordre féodal soninké se mettait en rangs serrés par tous les moyens pour que l’appel pacifique Gambanaaxu soit sali, saboté, diffamé et détourné.

L’esclavage par ascendance faisant partie du système hiérarchique de la société, est démasqué à vif par l’élan militant antiesclavagiste par un discours efficace arrimé aux textes fondamentaux de nos États. C’est-à-dire le Citoyen s’est exprimé ouvertement et son vernissage coutumier du casté ou du relégué social , a fondu irréversiblement. Menaces, diffamations, harcèlements administratifs et judiciaires, emprisonnements, expropriations, agressions, embargo social…la liste est longue, ont été mis en branle farouchement contre les militants et les familles qui ont osé s’extirper du régime de Ladalenmaxu. Ce Lada soninké qui fait office de constitution sociale intracommunautaire, défie à la fois La Loi du pays et la profonde philosophie humaniste prônée par La Religion. Certains milieux réactionnaires foncièrement esclavagistes qui vouent une haine viscérale à l’endroit de l’éveil Gambana, vont tomber dans la rengaine apologétique de l’esclavage avec un grand zèle. En Mauritanie, la Loi 2015 – 031 portant sur la criminalisation de l’esclavage et ses séquelles, est même defiée ouvertement parce que les apologistes comptent bénéficier des largesses administratives et judiciaires venant de leurs soutiens silencieux dans les rouages étatiques. Finalement la justice a commencé à sévir mollement, et l’atmosphère de l’apologie prend un coup de semonce psychologiquement significatif parmi les cas extrémistes. Et ces derniers jours le discours présidentiel de Ouadane est sans équivoque. Les préjugés sociaux dont il a fait référence, sont également ces coutumes ségrégationnistes et discriminatoires véhiculées socialement par le Ladalenmaxu soninké. Un mécanisme complexe d’apparence inoffensif alors qu’il constitue le nœud de tous les symboles discursifs et comportementaux de l’esclavage par ascendance et du système des castes.

Après Ouadane, l’injonction ministérielle pour un sermon unifié du vendredi 17 décembre 2021 sur le plan national, avec la thématique principale censée être abordée, la problématique liée aux mépris sociaux et culturels de l’ascendance. Des références coraniques et des données rapportées de la Tradition Prophétique, sont convoquées dans les prêches pour indexer la toxicité de la vantardise par ascendance et le mépris héréditaire attribué parmi les Hommes, et de surcroît appartenant à une même communauté de fidèles. Une séquence en terme de portée symbolique qui abonde clairement dans le sens de l’argumentaire du militantisme Gambanaaxu. Concernant la lutte contre l’esclavage et ses diverses manifestations sociales en Mauritanie, au cours de cette décennie après le big-bang du 27 avril 2012 (autodafé des livres fiqhis esclavagistes) du leader d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, il est important de retenir les mots du président El Ghazouani à Ouadane et le Khotba unifié de ce vendredi dernier.

Ainsi, ce sont la Mauritanie et la Dignité humaine qui engrangent des points valeureux.



– KS

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec la sociologue et militante Dieynaba NDIOM

À la fin de cette année 2021, la rubrique Le Grand Entretien du Blog (le GEB) reçoit l’interview d’une dynamique militante mauritanienne, Madame Dieynaba NDIOM. Engagée féministe et membre active du parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de Samba Thiam, la sociologue a répondu favorablement à notre sollicitation d’entretien. Nos vifs remerciements à son endroit. Retrouvez ci-dessous le contenu de cet entretien.

✓Question 1 : Bonjour Madame Dieynaba N’diom, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dieynaba NDIOM : Je m’appelle Dieynaba NDIOM, Féministe, Femme politique et Sociologue de formation.


✓Question 2 : Quels sont vos engagements militants (associatifs et politiques) en Mauritanie ?

• DN : Je suis engagée dans deux associations mauritaniennes :
Voix des Femmes, qui est un collectif de jeunes féministes mauritaniennes
Initiative pour la Santé de le Reproduction, qui est une association qui travaille sur toutes les questions liées à la santé de la reproduction, comme son nom l’indique.
Sur le plan politique, je suis engagée au sein du parti FPC (Forces Progressistes du Changement), dont je dirige la fédération de Nouakchott.

✓Question 3 : En étant une femme engagée publiquement, rencontrez-vous des écueils sociaux et discriminants liés au genre? Et également quelle analyse faites-vous autour de la condition féminine en Mauritanie aujourd’hui en 2021 ?

DN : Pas spécialement dans les organisations où j’évolue, cependant les organisations associatives comme politiques sont à l’image de notre société, toutes les pesanteurs socioculturelles y sont palpables. Les conditions des femmes en Mauritanie sont de plus en plus difficiles sur quasiment tous les plans : Niveau juridique, toujours pas de loi sur les violences que subissent les femmes, dans le milieu familial, professionnel, dans l’espace public etc. Niveau politique, avec l’actuel régime ; c’est plutôt la régression sur le nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Niveau social, nous sommes restés cette société très conservatrice avec un système social très hiérarchisant et discriminatoire, d’où les relations de pouvoirs sont omniprésentes.

✓Question 4 : Ce 28 novembre 2021, jour du 61ème anniversaire de l’indépendance nationale, une manifestation a été réprimée dans la ville de Bababé, pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ces événements en tant que militante politique ?


• DN : Comme chaque 28 novembre, depuis 30 ans actuellement, une partie de la Mauritanie demande justice sur les crimes commis, c’est également l’occasion de revenir sur tous les épisodes sombres de la Mauritanie à l’égard de sa composante noire, qui continue d’ailleurs de plus belle sous d’autres formes. Ainsi, différents événements (sit-in ; marche ; conférence de presse…) se font chaque 28 novembre à Nouakchott et/ou à l’intérieur du pays. Cette année à Bababé s’est tenue une manifestation, comme les années précédentes, mais violemment réprimée. Plusieurs jeunes blessés, ce qui a valu leur évacuation sur Dakar pour des soins. La lecture que j’en fais, connaissant bien ces jeunes, le pouvoir n’a fait que renforcer leur détermination. La répression atteint rarement les esprits déjà éclairés.

✓Question 5 : En Mauritanie, les problématiques liées à l’esclavage font partie de l’actualité d’une manière sporadique, selon vous pourquoi arrive-t-on pas à éradiquer ce phénomène pour de bon ?

DN : Comme je disais plus haut, notre société est conservatrice et surtout très discriminatoire. Nous avons beaucoup de tares, beaucoup de soi-disant valeurs qui ne sied plus à notre époque. L’esclavage est l’une des pires pratiques qui existe dans notre société. Nous devons faire face à cette réalité et la combattre avec toutes nos forces, même si nous savons que des murs se dresseront, car entre les privilégiés de cette pratique et notre Etat si frêle, le chemin est encore très long.

✓Question 6 : Autour de ce même phénomène (l’esclavage ou ses conséquences sociétales) , historiquement un certain tabou couve en milieux negro-mauritaniens (hors haratines), réellement qu’en est-il dans la société Peul? Le construit culturel qui tient à une certaine hiérarchisation sociale ne constitue-t-il pas un écueil pour l’émergence d’une mobilisation militante d’envergure cohérente et transversale dans le champ revendicatif à l’échelle nationale?

DN : La société peul, comme les autres communautés est définie par une hiérarchisation sociale, qui même si jadis répondait à des métiers socio-professionnels, aujourd’hui n’a plus sa raison d’être et elle constitue un frein à ce que nous pouvons construire ensemble. L’intersectionnalité entre nos différents combats est notre seule issue vers une Mauritanie juste et fière de sa diversité.

Fin

~ 18 décembre 2021

Entretien réalisé par KS pour le BLOG

✓Le jour où des propos « castés » vaudront de la prison ferme nous aurons changé. | Par la journaliste Mariem Derwich.

Obliger les imams à rappeler ( que ne l’ont ils fait avant?) que les inégalités de classes n’ont aucune base religieuse… Il était temps. Nonobstant tout ce que peut dire Ould Ghoulam…
De même, s’élever ( sans citer une fois réellement) contre les préjugés à l’encontre des forgerons, contre les castes et tout l’imaginaire défavorable qui entoure notre mode de nous penser dans le monde, c’est bien. Cependant il n’y a pas que les forgerons qui sont victimes de discriminations. Il y a aussi tous les autres : les griots, les haratines etc etc…
Le jour où un griot pourra épouser une « noble », le jour où un hartani pourra épouser une « noble », le jour où un forgeron pourra épouser une « noble », le jour où un esclave ou un descendant d’esclave pourra épouser une « noble », sans que cela provoque l’ire des groupes dits « nobles », alors nous serons enfin au monde…
Le jour où sera rayé l’ignominie du « on est esclave par la mère » quelque chose aura vraiment changé (un esclave l’est par décision sociale et collective, non pas par la mère. Nier ceci revient à absoudre les classes dominantes et l’appareil religieux qui a légitimé pendant des siècles cette aberration qu’est l’esclavage.)
Le jour où des propos « castés » vaudront de la prison ferme nous aurons changé.
Le jour où un imam refusera tous ces fichus mariages entre soi, au sein d’une même famille, entre cousins ( ne nous leurrons pas, ceux ci existent pour la préservation du groupe en ceci que ce dernier se pense comme « pur » et donc, que cette présupposée pureté « noble » doit être préservée) nous aurons avancé.
Et dans ce combat, ne pas oublier que parfois les victimes de nos sociétés castées, perpétuent aussi les chaînes qui les entravent, comme dans le cas des griots.
Le jour où les griots arrêteront de changer les louanges des « forts » et des « nobles », perpétuant ainsi une vision extrêmement castée de nos rapports humains, nous aurons gagné en humanité.
En attendant les déclarations d’intention resteront creuses…
Car c’est tout notre système de positionnement dans l’espace qui est à revoir… Tout.
Dans notre pays la première injustice, la première inégalité la première aberration, celle dont nous héritons à la naissance, celle qui nous colle à la peau et permet toutes les discriminations, c’est celle de la naissance dans une société qui nous rappelle tous les jours qui nous sommes et qui nous devons être : d’abord un nom puis un arrimage contraint à une position sociale dont on ne sort jamais. Chez nous c’est bien le regard de l’autre ( la société) qui définit qui nous serons et ce que nous pourrons ou non faire, en particulier lors des stratégies matrimoniales.

Et ces systèmes bien rodés ont cours dans toutes nos ethnies, toutes..

©️ Crédit source : Post FB https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=5375248542491535&id=100000193281905

🟢 Activités Gambanaaxu 15/12/2021 | Visite de courtoisie auprès du doyen, l’anthropologue Yaya SY en région parisienne.

Au nom de toute la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste soninké GANBANAAXU , une équipe s’est rendue pour une visite de courtoisie auprès notre oncle, l’universitaire Historien Pr Yaya SY séjournant à Paris ces jours-ci. Une figure intellectuelle reconnue pour ses travaux académiques sur la société soninké et sur les données historiques du phénomène de l’esclavage à travers l’Histoire d’une manière générale. Ses contributions intellectuelles et différents apports, ont été d’une grande utilité aux idéaux portés par notre engagement.

Pr Yaya SY autour Hademou Coulibaly, Koundou Soumaré et Abdoulaye Traoré



• Lire 👇🏿 sa dernière contribution médiatique à l’occasion du sinistre anniversaire de la tuerie de 4 membres militants anti-esclavagistes #soninkés à Djandjoumé le 1 septembre 2020 – https://soninkideesjose.wordpress.com/2021/09/01/nous-ne-vousoublierons-jamais-par-yaya-sy-les-crimes-de-lesclavage-par-ascendance-chez-les-soninkes/

~ À Lire également : https://soninkideesjose.wordpress.com/2020/06/10/lapproche-globale-sur-les-problematiques-liees-a-lesclavage-la-reaction-de-lanthropologue-pr-yaya-sy/

–Élément média par KS pour le BLOG

✓France/Justice | Diko Hanoune est relaxé par le tribunal de grande instance de Paris aujourd’hui 14 décembre 2021.

👇🏿 médias Vidéo :

Diko Hanoune est relaxé par le tribunal de grande instance de Paris aujourd’hui 14 décembre 2021, voila tout un symbole d’une justice indépendante. Les féodaux ont cru que tout est possible avec l’argent des caisses de villages, mais, ils ce sont violemment heurtés à l’indépendance de cette justice française et risquent fort de se moindre les doigts dans l’avenir.
 
Les abolitionnistes et leurs avocats remportent une victoire éclatante contre les esclavagistes Soninko en France et ailleurs. La tombée du verdict du procès en diffamation annonce la relaxe du grand militant Diko Hanoune selon Maitre Akesson son avocat.
 
Maitre Saïdou Larifou, président de l’ONG Waraba d’Afrique dira que « c’est la victoire du courage, la victoire du droit, la victoire citoyenne, c’est celle de Diko, c’est celle de tous ceux et celles qui sont ici et surtout aux pays qui luttent difficilement pour la dignité humaine….. Maitre Saïd Larifou annonce des poursuites ici en France contre ceux propagent la haine dans nos pays depuis la France…. »
 
Pour rappel, le nommé Boubacar Camara avait déposé plainte contre M. Diko Hanoune depuis en octobre 2018 devant la justice Française au nom d’un Moustapha Camara, qui se présente comme le président de Tounka Lémou Koffo, démocratia islamique et leurs interminables sites qui propagent la haine contre les abolitionnistes Ganbaaaxu Feddé dans les réseaux sociaux. Les féodaux Soninké ont voulu faire taire le porte-parole des sans voix, mais, c’est loupé.
 

©️ Crédit source : Le blogueur et militant droit-de-lhommiste DIKO Hanoune

✓COMMUNIQUE N°030-MSDH/12/2021 relatif au 72e Anniversaire de la Journée Internationale des Droits de l’Homme | Par le Coordinateur national du MSDH Mali


Le Mali à l’instar de la communauté internationale célèbre la Journée des droits de l’homme chaque année, le 10 décembre en souvenir du jour où en 1948, l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies a adopté la Déclaration Universelle des droits de l’Homme.
C’est l’occasion pour nous de rappeler les droits des citoyens qui sont oubliés dans la société comme le détenu qui est mal vu car de nos jours la prison est perçue comme une honte.
La célébration du 72e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme placé sous le thème « L’EGALITÉ : tous humains, tous égaux-pour un monde meilleur, plus juste, plus vert » intervient dans un contexte très préoccupant. L’espace accordé aux libertés et à la société civile se rétrécit de façon considérable, vu les nombreuses arrestations arbitraires de civiles et militaires au titre de cette année au Mali et dans la sous-région. Dans l’enceinte même des Nations Unies, certains Etats en viennent à questionner la primauté et l’universalité des droits de l’homme.
Nous déplorons la détérioration de la situation sécuritaire du pays qui a véritablement diminué la libre circulation des personnes dans l’intérieur du pays et la création fulgurante des groupes d’auto-défense dont les missions restent floues et qui n’ont pas tendance à apaiser la situation sociale entre les ethnies d’une même communauté.
Nos condoléances les plus attristées pour les pertes en vies humaines liées à cette crise sécuritaire et multidimensionnelle.
Nous avons aussi assisté à la recrudescence de la violence en relation avec le phénomène de l’esclavage par ascendance dans la région de Kayes ou on constate avec amertume des personnes réduites en esclave qui a occasionné des déplacements massifs de ces prétendus descendants d’esclave ce qui constitue aujourd’hui l’une des graves violations des droits humains au Mali et considéré comme un crime contre l’humanité dans la déclaration universelle des droits de l’homme et dans toutes les constitutions des pays du monde entier.
A ce titre nous exigeons des vraies poursuites contre les auteurs des crimes et infractions en lien avec l’esclavage par ascendance ainsi qu’une criminalisation de ces pratiques.
C’est l’occasion de rappeler que la violation des droits de l’homme ne sont pas des valeurs qu’il faudrait adapter aux cultures et aux identités locales.
La violence à l’égard des femmes et des filles est l’une des violations des droits fondamentaux les plus fréquentes au Mali. À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence.
Bien que la violence basée sur le genre mette en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie de ses victimes, elle reste entourée d’une culture du silence. Elle a parfois des conséquences graves sur la santé sexuelle et reproductive des victimes.
Toutefois la persistance de ces violences nous exige de mobiliser tous les acteurs à tous les niveaux pour une réponse préventive et des actions répressives plus efficaces.
Le MSDH tout en restant sur sa position d’organisation de défense des droits humains qui a pour mission de réduire la violation des droits de l’homme au Mali exhorte l’Etat à procéder dans les plus brefs délais au processus de désengorgement de nos prisons en fin de mieux gérer la condition carcérale et de permettre à un bon nombre de détenu de bénéficier de la liberté.
Nous avons pris acte des poursuites contre des auteurs de crimes économiques qui entre dans la lutte incapable contre la corruption et par ailleurs nous invitons l’Etat à garantir l’indépendance de la justice tout en lui en fournissant les moyens adéquats pour vaincre l’impunité et l’injustice sociale.
Nous saluons aussi la décision des autorités de la transition d’organiser des assises nationales de la refondation pour mieux diagnostiquer les faiblesses de notre pays tout en les encourageant de continuer à bien œuvrer pour l’apaisement du climat socio-politique et par la suite organiser des élections crédibles et transparentes pour le bonheur de la population.
Respecter les droits de l’homme ne relève pas du choix politique mais d’une obligation juridique et morale. Ce sont des engagements à vocation universelle, des principes de droits garantis par des déclarations solennelles ou des traités juridiquement contraignant.

Fait à Bamako, le 10 Décembre 2021
Le Coordinateur National du MSDH

N’Djim Boubacar

©️ Crédit source : réseaux MSDH Mali