✓L’affranchi conditionné à l’arrière garde sociale et ses maîtres face à la personnalité rebelle abolitionniste !

Harriet Tubman (1820… – 1913) disait : « J’ai libéré un millier d’esclaves, j’aurais pu en libérer 1000 fois plus si seulement ils avaient su qu’ils étaient esclaves« 

Cette citation est attribuée à la grande militante téméraire de l’abolition de l’esclavage aux États-Unis courant fin du 19 ème. À la décoder on en sent de l’amertume contenue. Elle risquait sa vie pour susciter des vocations de libération auprès de ses semblables toujours damnés dans le joug esclavagiste. Elle devint le cauchemar des esclavagistes haineux qui mettaient même un prix sur sa tête. On la voulait morte parce que son activisme donnait des coups à leur système d’exploitation injuste et abject.

J’y vois la méthode de la révolte libératrice de loin très honorable et conséquente que l’affranchissement trompeur qui conditionne socialement et psychologiquement les « bénéficiaires » à une seconde phase de servitude.

J’ose mettre en exergue à juste titre la citation de Thomas Sankara qui disait également : «L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère

Ainsi l’affranchissement de fait ou sous couverture sournoise, est une arnaque sociale et symbolique dont sont victimes les personnes esclavagisées et statutairement assignées à y végéter par « hérédité ». Un affranchi par une condescendance prétentieuse des tenants du système féodalo-esclavagiste , n’est autre qu’un néo-mameluk social logé à l’arrière garde sur tous les plans dans la communauté. Il tient le rôle d’un élément faire-valoir socialement et d’homme-outil au service de la nomenklatura féodale. Il a été affranchi pour servir autrement où l’esclavagisme va évoluer vers un parasitisme sociétal. Donc un affranchi ne s’affranchit ni se libère et reste un « esclave muté ». Un conditionnement l’a dépourvu des ressorts sociaux et intellectuels pour questionner et comprendre la magouille qui l’accable tant d’une manière héréditaire. L’affranchi reste coincé et dupé entre divers complexes refoulés et tentatives ridicules et mesquines à vouloir plaire l’ordre du maître à qui il croit devoir sa relative et trompeuse promotion existentielle.

Et l’abolition, la valeureuse et vaillante lutte abolitionniste se mène par une personnalité rebelle et intrépide. Celle qui croit et décide de s’extirper d’une inhumanité du joug de la servitude et ses lésions sociales, qui l’a affectée depuis de nombreuses années. Au contraire d’un affranchi qui peut être obtus socialement, la personnalité rebelle abolitionniste est dotée d’un élan subversif et d’une profondeur analytique qui confondent et perturbent les références pionnières du système inique construit contre elle. Aujourd’hui dans le cas soninké en Afrique de l’ouest, la dynamique abolitionniste est portée par des vaillants militants citoyens qui ne quémandent pas une quelconque sollicitation d’affranchissement auprès de qui que ce soit. Ils s’expriment en citoyens consciencieux qui se servent du Droit positif pour se faire respecter et protéger leurs personnes et leurs biens.
Ainsi cet engagement du genre déstabilise aujourd’hui tout système dit structuré quoique millénaire ou pas, autour des criantes discriminations héritées du monstrueux régime esclavagiste d’antan. La digne personnalité abolitionniste réclame des réformes pour corriger et restaurer l’égale DIGNITÉ Humaine . Elle établit ses repères sur une autre échelle de valeurs à l’aune du temps présent et expose les sinistres contradictions de l’ancien ordre et ses tenants. D’où l’engrenage haineux et violent qui peut surgir immanquablement sur sa voie. Quasiment une loi universelle et l’épreuve Divine des épreuves pour défaire les injustices il faut s’attendre à la furie et aux sacrifices multiples. Au final c’est toujours LA VÉRITÉ qui sera le camp victorieux tôt ou tard.

KS pour le BLOG

✓Portrait – Témoignage | Dr Ousmane SY, un exemple de constance et de force tranquille humaniste !

Dans une note de présentation que je lui ai sollicitée, il a écrit avec une humilité respectueuse que ses mots au ton d’un serment en s’engageant auprès du leader abolitionniste Biram Dah Abeid en 2010 étaient « la mise en place d’un mouvement populaire et non élitiste » . Né en 1982 à Ndikine Aly Kane aux environs de Tekane , Docteur Ousmane SY est le fils d’un ingénieur agronome du nom de Aly Kane SY un ancien de la SONADER qui décida de revenir travailler la terre chez lui à l’approche des années quatre-vingt. Bachelier à Rosso en 2001, le jeune étudiant débarque à L’UCAD de Dakar au Sénégal et y sort brillamment avec 2 doctorats (Pharmacie et Biologie). En 2008 il réussit le concours d’internat des hôpitaux de Dakar (2 ème mauritanien à réaliser cette performance), et il est titré depuis 2013 Ancien interne des hôpitaux de Dakar. Également titulaire d’un DES BC (Diplôme d’Etude Spécialisé en Science Biologique), actuellement en plus de ses fonctions de responsable de Laboratoire hospitalier des spécialités à Nouakchott, il encadre des étudiants pour leur Mémoire de Master de recherche en biologie à l’Université et enseigne les élèves techniciens supérieurs à l’École Nationale de Santé Publique. Il dispose de la qualité d’évaluateur national des laboratoires (par OMS) et participe depuis courant 2021 à un programme américain spécialisé autour de son domaine de compétences.

~Avec le couple Dah Abeid en 2013



Il reconnaît avoir eu très jeune un certain attrait pour les activités politiques et au Sénégal il a eu l’honneur de diriger l’amicale des étudiants mauritaniens à l’époque. En 2010, il préside IRA-Mauritanie section Sénégal et membre du bureau exécutif IRA-Mauritanie depuis 2012. Ainsi je le définis comme l’un des timoniers du célèbre mouvement abolitionniste de cette décennie écoulée en Mauritanie. Le frère et camarade Ousmane a été de ces acteurs de l’engagement pour la défense des droits humains qui ont saisi très tôt l’importance des échanges virtuels et de l’information via internet (forum cridem, pleinrim…) . C’est à travers cette arène 2.0 que nous avons fait connaissance il y a 11 ans et j’ai pu bénéficier de lui d’un tutoriel à distance pour mes premiers pas de mise en ligne d’articles médias notamment sur le site Pleinrim avant la création de mon BLOG en 2014.

~Nouakchott Février 2021



Humaniste dans l’âme, il témoigne qu’aux environs de sa localité d’origine, de situations frappant certains milieux haratines, le révoltaient déjà particulièrement. Jovial, pondéré et doté d’une grande disposition naturelle à l’empathie, Dr SY incarne une constance légendaire et une force tranquille humaniste qui forcent le RESPECT. IRA Mauritanie (Initiative pour la Résurgence Abolitionniste) fondée en octobre 2008 mais dotée d’une reconnaissance officielle en Mauritanie seulement à partir du 31 décembre dernier, peut compter sur de cadres visionnaires à la trempe de monsieur Ousmane SY très conscient des enjeux globaux et transversaux pour l’émergence d’un environnement social et politique propice à la construction d’un véritable État de droit.

Ainsi un bref portrait très partiel sur cette personnalité que j’ai eu l’honneur de la rencontrer physiquement il y a presque une année (février 2021) dans les locaux de son service au sein d’un grand centre hospitalier à Nouakchott.



Je conclus par cette assertion par laquelle il définit succinctement son approche de l’engagement militant : « Quel que soit l’engagement tant qu’on n’arrive pas à définir toutes les injustices par la même définition, on ne combattra pas de manière juste contre l’injustice » .

KS pour le BLOG

✓ Islam et l’égalité | le monde musulman ou du moins afro-musulman a besoin d’un Desmond Tutu !



En Afrique du Sud de l’apartheid l’archevêque anglican feu Desmond Tutu (décédé le 26 décembre 2021) mena le combat pour l’égalité face à d’autres chapelles de l’église hollandaise qui prêchaient la théologie de l’élection (avec un peuple élu et d’autres peuples inférieurs). Ces voix dites religieuses valaient une caution morale et spirituelle au régime politique d’apartheid qui racialisait TOUT , et considéraient les Noirs sur leurs terres ancestrales comme un peuple damné à la relégation civilisationnelle par Dieu lui même d’abord. Ainsi dans nos milieux dits musulmans, un discours religieux et spirituel similaire bien huilé de l’élection circule tranquillement de différentes facettes (Arabes/non-arabes, Blancs/Noirs, castes supérieures/castes inférieures, et nobles/esclaves…). L’affaire à Pout dagne au Sénégal autour d’un enterrement d’une personne de caste de forgerons, et toutes les frictions liées aux positions d’honneur et de responsabilités (imamat, droit d’aînesse…) dans les milieux Soninkés avec l’esclavage par ascendance, peuvent être ramenés à cette vision suprémaciste distillée religieusement d’une couche sociale élue par dieu qui devrait dominer dans le temps et dans l’espace d’autres couches qui seraient damnées à la servitude sociale par hérédité. On dit facilement par la rengaine fataliste et apologétique, que mon hégémonie sociale et raciale est une faveur divine à ton détriment donc si tu te rebelles, ce serait comme récuser les décrets divins et tu en serais puni même dans l’Au-delà. Le ridicule apparaît quand les Noirs qui s’accrochent à cet ordre discriminatoire et hégémonique aux relents fascistes à un point A (leur giron communautaire) et en deviennent victimes amèrement au point B (extra muros en zone blanche ou arabe).

KS pour le BLOG

🟢 Activités Ganbanaaxu – Paris | Visite de courtoisie au grand militant antiesclavagiste Moussa Bilal Biram [Vidéo]



Ce Jour 4/1/2022 Paris |

Visite de courtoisie validée en compagnie de membres ARDJE Diogou_Gambana à un cador respectable du militantisme aguerri IRAOUI du Terrain Vif . Il s’appelle monsieur Moussa Bilal Biram , un brave homme très sympathique en séjour en France depuis quelques temps. L’homme avait subi de graves sevisses lors de son arrestation en 2016 et leur détention dans une zone inhospitalière au nord lointain de la Mauritanie . Un grand salut au frère et camarade Brahim Ali , un haut cadre d’IRA-France pour son accueil attentionné. La délégation ARDJE est conduite par son président Dambou Keita.

À l’occasion je lui ai transmis les chaleureuses salutations et les fraternels encouragements de notre association Armepes_France et de tte la mouvance Ganbanaaxu Fedde.

Une rencontre qui inspire et force le Respect. Bon retour champion !

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Références médias sur ce militant très courageux :

https://soninkideesjose.wordpress.com/2018/07/18/fin-de-la-sequestration-de-moussa-bilal-biram-et-abdellahi-maatalla-saleck-2/

https://soninkideesjose.wordpress.com/2020/11/09/guidimagha-la-question-de-lesclavage-coutumier-une-mobilisation-des-militants-a-selibaby-contre-les-methodes-de-ladministration-judiciaire/

• Éléments médias par KS et Aly Traoré dit Aly international

KS pour le BLOG

✓Mauritanie : lancement par le ministère de l’intérieur d’une plateforme numérique pour les associations

~ Le lien d’accès à la plateforme : http://www.feddam.com/index.php?lang=fr

Saharamedias – Le ministère mauritanien de l’intérieur et de la décentralisation a annoncé vendredi le lancement d’une plateforme numérique pour l’enregistrement de déclarations d’associations, de réseaux et organismes, conformément aux dispositions d’une loi approuvée par le Parlement en février dernier.

Dans un communiqué de presse qu’il a publié sur sa page Facebook, le ministère a dit que cette plateforme vient en application des promesses faites par le président de la république Mohamed O. Cheikh Ghazouani pour la consécration de l’état de droit et des institutions et la mise en place de réformes structurelles au service d’un régime démocratique et le processus du développement du pays.

Le ministère a ajouté que cette plateforme numérique feddam.com intervient conformément à un arrêté qui détermine la nature des communiqués spécifiques à l’enregistrement des déclarations pour la constitution d’associations, d’institutions et de réseaux.

Le ministère a encore dit que l’objectif visé par la création de cette plateforme numérique est de consacrer une vision nouvelle conforme à la constitution, en termes de liberté, d’association ou des organisations, dans le but de créer un mouvement associatif efficace et partenaire du développement national.

Selon le ministère cette nouvelle plateforme sera un outil pour la gestion des associations en application de l’article 12 de la nouvelle loi qui constitue un plus sur la voie de la consécration de l’état de droit et de la justice.

Le ministère a enfin réaffirmé que la loi relative aux associations, institutions et aux réseaux, promulguée en février dernier a constitué une évolution radicale de notre système juridique, en posant les bases d’une approche participative destinée à garantir la présence effective de la société civile et son implication.

L’un des points les plus importants dans la nouvelle loi est le passage du système de récépissé préalable à celui de la déclaration.

©️ Crédit source : https://cridem.org/C_Info.php?article=752813

✓Flash Info : le mouvement IRA-Mauritanie reconnu officiellement enfin en RIM.

Le point de départ fut en octobre 2008, et aujourd’hui 31 décembre 2021 , le célèbre mouvement anti-esclavagiste lancé par Biram Dah Abeid et ses camarades il y a 13 ans, obtient sa reconnaissance officielle par les autorités de Nouakchott. IRA Mauritanie a été à l’origine d’une dynamique abolitionniste durant la décennie écoulée en Mauritanie.

Ses dirigeants et ses militants ont consenti beaucoup de sacrifices tout au long d’un cheminement courageux qui a marqué profondément le militantisme droit-de-lhommiste inédit en Mauritanie d’une manière globale. Jusqu’alors le mouvement IRA-Mauritanie était reconnu dans différents pays à travers le monde via ses ailes très actives sur le plan diplomatique et par un réseautage entreprenant auprès des instances spécialisées dans la défense des droits humains.

l’ONG abolitionniste est incarnée par la figure de son président, le député Biram Dah Abeid. Ce dernier a connu la prison à de nombreuses reprises en Mauritanie pour ses activités militantes au temps de l’ancien président Ould Abdelaziz. Sur le plan international, monsieur Dah Abeid a été primé plusieurs fois dont le Prix Onusien 2013 pour la défense des droits humains (sur les pas d’un certain Nelson Mandela).

Avec l’arrivée au pouvoir en 2019 de l’actuel Raïs Mohamed ould Cheikh El-Ghazouani, l’ancien candidat aux présidentielles de 2014 et 2019 (arrivé deuxième à chaque fois) a accepté la main tendue des autorités étatiques pour une phase d’apaisement dans les relations sociales et politiques dans le pays. Ainsi la conflictualité s’est atténuée relativement entre les milieux droit-de-lhommistes et les autorités. En Mai 2017, le régime précédent chassait et empêchait une simple visite de terrain pour le leader d’IRA-Mauritanie. Le cas du Guidimagha, d’où BDA avait été conduit manu militari de Gouraye jusqu’à la sortie de la région pour l’empêcher de rencontrer ses militants et sympathisants.

Aujourd’hui après d’innombrables épreuves, IRA-Mauritanie est reconnue officiellement avec le système déclaratif en vigueur depuis une modification de la loi concernant les associations et autres entités similaires.

Un grand BRAVO aux militants et sympathisants IRAOUIS en Mauritanie et à travers le monde.

J’exprime ma fierté et ma reconnaissance à toutes et à tous ces braves gens !

~KS pour le BLOG

✓Pout Dagne – L’enterrement refusé à une personne, à cause de ses origines : La Société civile dénonce un acte illégal | Sénégal

L’info révulse tout le monde. Elle révolte la Raddho, la Lsdh, Afrika jom center et Amnesty international Sénégal, qui dénoncent le refus du chef de village de Pout Dagné, situé dans la commune de Notto Diobass, d’autoriser l’inhumation de Khady Faye dans le cimetière du village, décédée le 25 décembre 2021. Le motif invoqué pour lui refuser une sépulture ? Elle appartiendrait à la caste des griots. «Ce même village avait défrayé la chronique en 2019, avec un fait similaire, resté sans conséquences de la part des autorités étatiques», rappellent les quatre organisations, qui ont signé un communiqué conjoint pour condamner «fermement cet acte illégal du chef de village de Pout Dagné». Elles «appellent les autorités étatiques compétentes à trouver, sans délais, une solution définitive à la situation qui prévaut dans ce village». «Nos organisations rappellent que la Constitution du Sénégal et les traités internationaux de droits humains dont l’Etat du Sénégal est partie, posent le principe de l’égalité des cito­yens en dignité et en droits, et interdisent la discrimination sous toutes ses formes», poursuivent Alioune Tine et Cie, qui «exhortent les autorités religieuses du pays, musulmanes et chrétiennes, à continuer la sensibilisation en vue de l’éradication de la discrimination basée sur les castes et l’ascendance, qui est contraire aux préceptes prônés par ces religions et les lois de la Répu­blique»

©️ Crédit source : https://lequotidien.sn/pout-dagne-lenterrement-refuse-a-une-personne-a-cause-de-ses-origines-la-societe-civile-denonce-un-acte-illegal/

✓Le mouvement IRA bientôt officiellement reconnu | L’annonce du leader abolitionniste BDA (28/12/2021) à Nouakchott

Le mouvement abolitionniste Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA) dirigé par le député Birame Dah Abeid sera officiellement reconnu dans les tout prochains jours, en principe avant la fin de l’année en cours.

C’est ce qu’a déclaré le président du mouvement au cours d’une conférence de presse tenue ce matin à Nouakchott.

« Ce sera le plus grand événement d l’année 2021. Il y aura une remise solennelle du récépissé de IRA par le gouvernement mauritanien. » a déclaré Birame qui a ajouté que cette reconnaissance a été rendu possible par la loi sur les associations avec son régime déclaratif. Une loi qu’il a vivement salué au passage affirmant qu’il s’agit d’une loi révolutionnaire. « C’est la plus grande réalisation depuis 1978 » a-t-il souligné.

Le député a rappellé le parcourt agité du mouvement IRA, ses heurts et ses malheurs au cours de la décennie écoulé, ses luttes, son approche pacifique, ses victoires et sa reconnaissance sur le plan international qui s’est traduite par l’octroi de prix, l’édition de livres sur le mouvement et son chef et l’intervention de ce dernier devant tous les parlements du « monde libre ».

Et Birame d’ajouter que : « Le mouvement IRA a pu donner un modèle au monde entier. »

L’heure est donc à la reconnaissance sur le plan national grâce à cette loi promulgué par le régime du président Ghazouani. « Et, grâce à cette loi, IRA avec ses dizaines de milliers de militants convaincus s’est réconcilié avec tous les mauritaniens. A cette occasion je lance un appel à tous les militants et à tous les mauritaniens afin de fêter cet événement. C’est un grand pas franchi par la Mauritanie qui met fin à la situation de confrontation », se félicite Birame qui salue au passage les efforts fournis dans ce cadre par le ministre de l’intérieur et le Commissaire aux Droits de l’Homme.

Autre point abordé par le président du mouvement IRA, le discours de Ouadane où le président de la République a vivement condamné les maux et autres anachronismes de la société mauritanienne à savoir le tribalisme, l’esclavage, le système des castes, le sectarisme, le suprématisme…

« Nous nous félicitons de ce paragraphe du discours qui a toujours été le nôtre. Mais nous étions diabolisés et voués aux gémonies et taxés de tous les maux. Aujourd’hui quand le président a parlé des mêmes maux tout le monde a applaudi. » Et Birame d’inviter le président de la République à allier la parole avec les actes.

Le 3ème point soulevé au cours de cette conférence de presse concerne la hausse des prix et du coût de la vie.

Là, le député a pointé du doigt le recul des services techniques de l’Etat qui ne répondent plus depuis 1978 aux attentes des citoyens.

Il a parlé des problèmes de gouvernance, de conscience professionnelle et patriotique, du recul sur le plan moral. Donc une situation délicate note le député que Ghazouani ne saurait régler d’un coup de baguette magique même au cas où lui et tous ses collaborateurs avaient toute la volonté, ce qui n’est pas le cas.

Malgré tout, selon Birame, Ghazouani a fait bouger les lignes. Il a apporté du neuf et « même si beaucoup le négligent nous, nous l’apprécions. »

Le président du mouvement IRA a souligné la nécessité d’accorder des circonstances atténuantes au président Ghazouani et de l’épauler durant son mandat qui ne dure que 5 ans dit-il.

Il a balayé d’un revers de la main les accusations selon lesquelles il serait de mèche avec le pouvoir. « Nous avons été les premiers à accepter la main tendue et le dialogue avec le pouvoir. Pour cela nous avions été sévérement attaqués par les autres qui finalement nous ont tous suivis sur cette voie, un à un. Et ils sont même allés plus loin que nous. Pour beaucoup, opposition rime avec confrontation. Nous avons une compréhension différente. »

Ainsi, pour Birame ce n’est pas logique de chercher la confrontation avec un régime aussi fréquentable.



Bakari Guèye

©️ Crédit source : https://initiativesnews.com/le-mouvement-ira-bientot-officiellement-reconnu/

✓Mauritanie | Quand les idéaux Ganbanaaxun Fedde se retrouvent dans le sermon « national » du vendredi 17 décembre 2021.

Ainsi j’introduis mon propos par : «Toute vérité passe par trois étapes, d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence.» .
Cette assertion qui est douteusement attribuée au philosophe allemand du pessimisme Arthur Schopenhauer, résume relativement le parcours du dynamique éveil abolitionniste et anti-esclavagiste en cours en pays soninké, sous le vocable GAMBANAXUN FEDDE. GAMBANAXU , concept porteur d’une profonde philosophie sociale et humaniste s’articule autour de l’Egalité et la Dignité en droits et en devoirs. En gros l’idéal d’une norme civilisationnelle où l’Humanité Première de l’Homme devient sacrée et inviolable face aux égos toxiques émergés et entretenus culturellement et socialement par les violences. Les humains s’organisent souvent par l’intelligence de la violence contre la NATURE et rarement par l’intelligence de la MORALE pour le SENS.

Oui l’éveil Gambana secoue amèrement les consciences et les certitudes des adeptes du fatalisme religieux et coutumier dans la communauté soninké. Ceux qui considèrent que tout est déjà acté et fini dans le schéma sociétal où les subalternes s’acceptent et les privilégiés veillent résolument. Ainsi en fin 2016, justement il y a 5 ans, au cœur du Guidimagha mais pas seulement, l’ordre féodal soninké se mettait en rangs serrés par tous les moyens pour que l’appel pacifique Gambanaaxu soit sali, saboté, diffamé et détourné.

L’esclavage par ascendance faisant partie du système hiérarchique de la société, est démasqué à vif par l’élan militant antiesclavagiste par un discours efficace arrimé aux textes fondamentaux de nos États. C’est-à-dire le Citoyen s’est exprimé ouvertement et son vernissage coutumier du casté ou du relégué social , a fondu irréversiblement. Menaces, diffamations, harcèlements administratifs et judiciaires, emprisonnements, expropriations, agressions, embargo social…la liste est longue, ont été mis en branle farouchement contre les militants et les familles qui ont osé s’extirper du régime de Ladalenmaxu. Ce Lada soninké qui fait office de constitution sociale intracommunautaire, défie à la fois La Loi du pays et la profonde philosophie humaniste prônée par La Religion. Certains milieux réactionnaires foncièrement esclavagistes qui vouent une haine viscérale à l’endroit de l’éveil Gambana, vont tomber dans la rengaine apologétique de l’esclavage avec un grand zèle. En Mauritanie, la Loi 2015 – 031 portant sur la criminalisation de l’esclavage et ses séquelles, est même defiée ouvertement parce que les apologistes comptent bénéficier des largesses administratives et judiciaires venant de leurs soutiens silencieux dans les rouages étatiques. Finalement la justice a commencé à sévir mollement, et l’atmosphère de l’apologie prend un coup de semonce psychologiquement significatif parmi les cas extrémistes. Et ces derniers jours le discours présidentiel de Ouadane est sans équivoque. Les préjugés sociaux dont il a fait référence, sont également ces coutumes ségrégationnistes et discriminatoires véhiculées socialement par le Ladalenmaxu soninké. Un mécanisme complexe d’apparence inoffensif alors qu’il constitue le nœud de tous les symboles discursifs et comportementaux de l’esclavage par ascendance et du système des castes.

Après Ouadane, l’injonction ministérielle pour un sermon unifié du vendredi 17 décembre 2021 sur le plan national, avec la thématique principale censée être abordée, la problématique liée aux mépris sociaux et culturels de l’ascendance. Des références coraniques et des données rapportées de la Tradition Prophétique, sont convoquées dans les prêches pour indexer la toxicité de la vantardise par ascendance et le mépris héréditaire attribué parmi les Hommes, et de surcroît appartenant à une même communauté de fidèles. Une séquence en terme de portée symbolique qui abonde clairement dans le sens de l’argumentaire du militantisme Gambanaaxu. Concernant la lutte contre l’esclavage et ses diverses manifestations sociales en Mauritanie, au cours de cette décennie après le big-bang du 27 avril 2012 (autodafé des livres fiqhis esclavagistes) du leader d’IRA-Mauritanie Biram Dah Abeid, il est important de retenir les mots du président El Ghazouani à Ouadane et le Khotba unifié de ce vendredi dernier.

Ainsi, ce sont la Mauritanie et la Dignité humaine qui engrangent des points valeureux.



– KS

✓Le Grand Entretien du BLOG | Avec la sociologue et militante Dieynaba NDIOM

À la fin de cette année 2021, la rubrique Le Grand Entretien du Blog (le GEB) reçoit l’interview d’une dynamique militante mauritanienne, Madame Dieynaba NDIOM. Engagée féministe et membre active du parti FPC (Forces Progressistes du Changement) de Samba Thiam, la sociologue a répondu favorablement à notre sollicitation d’entretien. Nos vifs remerciements à son endroit. Retrouvez ci-dessous le contenu de cet entretien.

✓Question 1 : Bonjour Madame Dieynaba N’diom, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dieynaba NDIOM : Je m’appelle Dieynaba NDIOM, Féministe, Femme politique et Sociologue de formation.


✓Question 2 : Quels sont vos engagements militants (associatifs et politiques) en Mauritanie ?

• DN : Je suis engagée dans deux associations mauritaniennes :
Voix des Femmes, qui est un collectif de jeunes féministes mauritaniennes
Initiative pour la Santé de le Reproduction, qui est une association qui travaille sur toutes les questions liées à la santé de la reproduction, comme son nom l’indique.
Sur le plan politique, je suis engagée au sein du parti FPC (Forces Progressistes du Changement), dont je dirige la fédération de Nouakchott.

✓Question 3 : En étant une femme engagée publiquement, rencontrez-vous des écueils sociaux et discriminants liés au genre? Et également quelle analyse faites-vous autour de la condition féminine en Mauritanie aujourd’hui en 2021 ?

DN : Pas spécialement dans les organisations où j’évolue, cependant les organisations associatives comme politiques sont à l’image de notre société, toutes les pesanteurs socioculturelles y sont palpables. Les conditions des femmes en Mauritanie sont de plus en plus difficiles sur quasiment tous les plans : Niveau juridique, toujours pas de loi sur les violences que subissent les femmes, dans le milieu familial, professionnel, dans l’espace public etc. Niveau politique, avec l’actuel régime ; c’est plutôt la régression sur le nombre de femmes dans les postes de responsabilité. Niveau social, nous sommes restés cette société très conservatrice avec un système social très hiérarchisant et discriminatoire, d’où les relations de pouvoirs sont omniprésentes.

✓Question 4 : Ce 28 novembre 2021, jour du 61ème anniversaire de l’indépendance nationale, une manifestation a été réprimée dans la ville de Bababé, pouvez-vous nous donner quelques éclaircissements sur ces événements en tant que militante politique ?


• DN : Comme chaque 28 novembre, depuis 30 ans actuellement, une partie de la Mauritanie demande justice sur les crimes commis, c’est également l’occasion de revenir sur tous les épisodes sombres de la Mauritanie à l’égard de sa composante noire, qui continue d’ailleurs de plus belle sous d’autres formes. Ainsi, différents événements (sit-in ; marche ; conférence de presse…) se font chaque 28 novembre à Nouakchott et/ou à l’intérieur du pays. Cette année à Bababé s’est tenue une manifestation, comme les années précédentes, mais violemment réprimée. Plusieurs jeunes blessés, ce qui a valu leur évacuation sur Dakar pour des soins. La lecture que j’en fais, connaissant bien ces jeunes, le pouvoir n’a fait que renforcer leur détermination. La répression atteint rarement les esprits déjà éclairés.

✓Question 5 : En Mauritanie, les problématiques liées à l’esclavage font partie de l’actualité d’une manière sporadique, selon vous pourquoi arrive-t-on pas à éradiquer ce phénomène pour de bon ?

DN : Comme je disais plus haut, notre société est conservatrice et surtout très discriminatoire. Nous avons beaucoup de tares, beaucoup de soi-disant valeurs qui ne sied plus à notre époque. L’esclavage est l’une des pires pratiques qui existe dans notre société. Nous devons faire face à cette réalité et la combattre avec toutes nos forces, même si nous savons que des murs se dresseront, car entre les privilégiés de cette pratique et notre Etat si frêle, le chemin est encore très long.

✓Question 6 : Autour de ce même phénomène (l’esclavage ou ses conséquences sociétales) , historiquement un certain tabou couve en milieux negro-mauritaniens (hors haratines), réellement qu’en est-il dans la société Peul? Le construit culturel qui tient à une certaine hiérarchisation sociale ne constitue-t-il pas un écueil pour l’émergence d’une mobilisation militante d’envergure cohérente et transversale dans le champ revendicatif à l’échelle nationale?

DN : La société peul, comme les autres communautés est définie par une hiérarchisation sociale, qui même si jadis répondait à des métiers socio-professionnels, aujourd’hui n’a plus sa raison d’être et elle constitue un frein à ce que nous pouvons construire ensemble. L’intersectionnalité entre nos différents combats est notre seule issue vers une Mauritanie juste et fière de sa diversité.

Fin

~ 18 décembre 2021

Entretien réalisé par KS pour le BLOG