​Le ministre de la défense présente aux députés le nouveau drapeau



Saharamédias – Le ministre de la défense nationale, Diallo Mamadou Batia a présenté mercredi, devant les députés, le drapeau proposé dans le cadre des amendements constitutionnels actuellement discuté par le parlement.


Le ministre a dit que les deux traits rouges est un hommage rendu à la résistance et revête par ailleurs une autre signification : la Mauritanie est un trait rouge.


C’est la première fois que le drapeau proposé est présenté officiellement dans une institution constitutionnelle comme le parlement.


Le ministre a longuement défendu les amendements proposés, qui, selon lui, consolideront davantage la démocratie dans le pays, avant d’appeler les députés à les approuver.


Les députés devront voter, secrètement, les amendements ce soir, dès la fin de l’intervention du ministre qui se poursuivait encore à cet instant.



Source crédit : Page Mauritanie via FB

Communiqué : la déclaration du parti Tawassoul



​Communiqué 


Au sein du  Rassemblement National pour la Réforme et le Développement « TAWASSOUL », nous avons suivi la répression et les harcèlements qui ont frappé les militants du Mouvement « IRA » .

Ils  manifestaient pacifiquement pour accueillir leur Président qui revient de l’étranger. 


Au Rassemblement National pour la Réforme et le Développement nous réaffirmons ce qui suit:

–  Notre rejet de toutes les formes de restriction des libertés publiques, en particulier la liberté d’expression, de réunion et de manifestation.

–  Notre condamnation de la répression, des harcèlements et du ciblage subis par les activistes et le Président du Mouvement « IRA ».

–  Notre  accueil du discours conciliant et pacifique adressé par le Président de l’ »IRA » à son retour et le considérons comme un pas important sur la voie de la solidarité communautaire.

– Rappelons  que l’interaction  positive et inclusive avec toutes les forces de la société est la meilleure façon de préserver la sécurité, l’unité et la cohésion de la société et que les méthodes de violence, d’interdiction et d’exclusion ne génèrent que l’extrémisme et la contre.



Le Secrétariat National à l’Information et à la Culture

Nouakchott, le 19 janvier 2017



Crédit source : réseaux sociaux FB

​Communiqué de presse : Message de remerciements et de mobilisation du Président Biram Dah Abeid


 

Dakar, le 13 janvier 2017                                                                


Très chers amis, partenaires et compatriotes,


Au moment où je boucle une longue et fructueuse tournée internationale qui a duré de juin à décembre et qui m’a conduit aux États-Unis, Europe et en Afrique, je ne peux que me réjouir et vous remercier de votre accueil, de votre hospitalité et de votre engagement auprès de nous et avec le peuple mauritanien. Cette tournée n’aurait jamais abouti au succès éclatant que nous avons connu sans votre appui qui ne nous a jamais fait défaut.


Partout où je suis passé, j’ai été accueilli à bras ouverts par nos amis, nos partenaires et nos compatriotes. Tout au long de mon séjour, et partout, ces femmes et ces hommes, m’ont accompagné et m’ont ouvert leurs coeurs, pour laisser jaillir leur joie, leur sympathie et leur détermination à nous accompagner dans cette lutte d’IRA, une lutte qui est aussi la leur. J’aimerais donc, au nom d’IRA-Mauritanie, son leadership, et en mon nom personnel, vous remercier du fond du coeur. 


Je compte rentrer à Nouakchott par Rosso et par voie terrestre ce 15 janvier 2017. Fort de votre soutien, je réaffirme ma détermination á poursuivre notre mission commune.  Je vous prie de rester vigilants et de continuer à soutenir cette noble mission qui est la nôtre, à recruiter d’autres individus à vous rejoindre dans vos structures et dans vos efforts, et à être les voix des opprimés et surtout les voix de nos 3 amis encore détenus en Mauritanie. Merci et a bientôt!




Biram Dah Abeid,

Président, IRA-Mauritanie



Source crédit : Réseau IRA FB

12-01-2017 14:57 – IRA interdit !


L’Authentique
– Selon des sources confidentielles, le communiqué final du Conseil des ministres de ce jeudi 12 janvier 2017 comporte une décision individuelle.

C’est l’interdiction de toute manifestation et de toute activité du mouvement IRA sur l’ensemble du territoire national à compter de cette date.

Cette décision est prise alors que le président du mouvement, Birame Dah Abeid et sa vice-présidente, Mme Coumba Dado Kane s’apprêtent à rejoindre la Mauritanie le 15 janvier prochain après une absence de plusieurs mois.

Source crédit : http://www.cridem.org

Interview exclusive de Biram Dah Abeid, président de l’IRA : 《 Mon rôle se joue en Mauritanie, pas ailleurs, que je sois en liberté ou en prison》

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«Certains segments du pouvoir cherchent à m’éliminer physiquement. Mon rôle côtoie le risque. Je vis avec le risque. Pour mon combat, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice. »

Après une absence de près de huit mois et une campagne internationale en Afrique, aux Etats-Unis et en Europe pour dénoncer ce qu’il considère être «la situation catastrophique des droits de l’homme en Mauritanie, notamment l’esclavage, la discrimination et le racisme », Birame Dah Abeid, président du mouvement Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) s’apprête à rentrer en Mauritanie. Ce sera le 15 janvier 2017 par le bac de Rosso. Une date et un lieu symbolique, car c’est à Rosso, le 15 janvier 2015, qu’il a été condamné à 2 ans de prison fermes par le tribunal régional, en compagnie de son vice-président Brahim Bilal Ramadan et Djiby Sow, président de Kawtal, après une Caravane contre l’esclavage agricole. Il nous a accordé cette interview exclusive, à quelques jours d’un retour à haut risque que l’opinion nationale et internationale va suivre avec la plus grande attention.



En dehors d’un certain symbolisme, pourquoi avez-vous décidé de revenir en Mauritanie maintenant à cette date précise, au moment où beaucoup pense que vous risquez d’être arrêté dès votre arrivée ?


Je vous remercie pour cette interview qui arrive à point nommé. Je n’ai jamais dit que j’ai quitté la Mauritanie pour ne jamais y revenir. J’ai quitté la Mauritanie au lendemain de ma libération de prison pour recevoir le Prix Heroes pour la lutte contre l’esclavage et la traite des personnes que le Département d’Etat américain, par le biais de John Kerry, devait me remettre à moi et à mon vice-président Brahim Bilal Ramadan qui m’accompagnait. C’est en ce moment que nous avions appris l’arrestation de 13 membres du bureau exécutif de l’IRA, suite à une manifestation manigancée par le pouvoir et ses tentatives forcenées de décapiter notre mouvement. Cela, en utilisant tous les moyens, la torture, l’instrumentalisation de la justice et des médias publics et privés. Suite à la mise en place d’un comité de crise que nous avons créé d’urgence pour faire face à cette énième agression,  des discussions se sont engagées entre les membres. J’avais opté pour un retour immédiat au pays, mais j’ai été mis en minorité par la majorité qui a opté pour une contre-offensive et une stratégie de riposte à partir de l’extérieur. Riposte à travers tous les leviers de la communauté internationale, ONGs, missions diplomatiques, organismes internationaux, Etats démocratiques, mais aussi médias internationaux du monde libre et différentes organisations des droits de l’homme en Afrique, en Europe, en Amérique, en Asie, mais aussi en Australie.
Sur un autre front non moins important, il fallait mobiliser la logistique, d’abord au profit des détenus (nourriture, bien-être) mais aussi au profit de leurs familles et aux militants du mouvement, sauvagement torturés et blessés par les forces de l’ordre. Nous avons dû subvenir à leurs soins et à la prise en charge des familles des prisonniers, mais aussi des prisonniers eux-mêmes. Tout cela, nous l’avons mobilisé à partir de l’extérieur.
J’avais dit à mes amis que le jour où l’enquête sur l’affaire «Edebaye Bouamatou » sera clôturée par le pouvoir judiciaire inféodé au pouvoir politique mauritanien, et que je serais cité comme accusé, je débarquerais à Nouakchott. C’était la décision sur laquelle le Comité de crise a trouvé le consensus. J’ai initié et dirigé l’offensive à partir de l’extérieur, avec la présidente Coumba Kane, Bakary Tandian, Sikam Sy et Abidine Merzough. Nous avons commencé à mettre en place notre dispositif d’attaque pour déconstruire les mensonges du gouvernement mauritanien sur une prétendue orchestration de la violence par IRA à «Edebaye Bouamatou ». Moi-même j’ai présidé aux contacts et à la coordination avec la société civile et politique mauritanienne, avec le barreau. Ce qui a abouti à la constitution d’un front large et compact au niveau national contre les mensonges du gouvernement à propos de cette affaire. Cette action a été renforcée par la grande mobilisation que nous avons pu drainer sur le plan international, englobant les grands Etats démocratiques du monde, les organisations internationales, les Nations Unies, les Etats Unis, l’Union européenne, la Commission africaine des droits de l’Homme, mais également les ONG internationales des droits de l’homme, ainsi que les médias internationaux.
J’ai continué sur une tournée internationale très réussie, et très médiatisée y compris sur le plan national. C’était une bataille rangée entre nous et le gouvernement mauritanien, une bataille diplomatique dans laquelle le pouvoir a subi des défaites retentissantes et cuisantes. Les revers qu’il a subis en Afrique, que nous sillonnions pour la première fois, pour prêcher la cause des victimes d’esclavage, de racisme et du manque de démocratie en Mauritanie.
Nous avons aussi réussi à obtenir de la Commission africaine des droits de l’homme, durant sa session d’octobre 2016 à Banjul, une condamnation de la Mauritanie, pour la première fois, sur les pratiques de l’esclavage et la connivence du pouvoir mauritanien avec les criminels de l’esclavage.
Nous avons également réussi à obtenir la condamnation inédite et lourde de conséquences pour la Mauritanie, quand les sept rapporteurs des Nations Unies, dans une position commune, ont condamné la Mauritanie et lui ont demandé des comptes à propos des pratiques des pouvoirs judiciaires et policiers contre les détenus d’IRA et contre le mouvement. Nous avons aussi obtenu la même condamnation de tous les gouvernements du monde, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe. Il s’agit de victoires sans précédent de l’IRA, victoires que j’ai personnellement dirigé et coordonné avec mes amis ainsi que les partenaires du mouvement.
A la fin de cette mission hautement réussie, j’ai décidé le 17 décembre passé, lors d’une conférence de presse de clôture à Paris, de rentrer au pays. Cette rentrée est symbolique bien sûr, car il y a beaucoup de menaces qui fusent de la Mauritanie à mon égard, promesses qui, s’ils ne proviennent pas du pouvoir, viennent de milieux qui lui sont très proches. Des menaces sensées faire peur à Birame de ne pas rentrer au pays. Mais mon rôle et ma place sont en Mauritanie, que je sois libre ou en prison. Mon rôle, je le joue en Mauritanie, pas ailleurs, je l’ai toujours dit. J’ai terminé ma mission, j’ai clôturé ma tournée et rempli le mandat qui m’a été délégué par le Comité de crise de IRA au lendemain de l’emprisonnement de nos camarades. Maintenant, je rentre au pays.
Avant de venir, ceux qui veulent préparer pour Birame ce qu’ils prétendent préparer, eh bien, je suis sur le chemin de retour. Le 15 janvier 2017 le matin, je quitterais Rosso Sénégal pour rejoindre par le Bac, Rosso Mauritanie, le plus naturellement du monde.
Je saisis cette occasion pour dire à tous les militants, de rester vigilants, de ne pas céder à la provocation, de rester attaché à l’action pacifique, légale et reconnue par la Constitution mauritanienne. Je les adjoins d’être attentifs à l’infiltration de la part de personnes de mauvaise foi, pour pousser des militants non avertis à la violence. N’acceptez pas les infiltrations et le détournement de notre action pacifique. J’invite aussi tous les observateurs, toutes les ONG et tous les partis politiques mauritaniens, à observer ce processus de retour, pour pouvoir témoigner.

Ne craignez-vous pas pour votre vie ? L’assassinat politique est en vogue de nos jours. Un suicide maquillé ou un meurtre commandité, n’est pas à exclure. Vous n’avez pas peur ?



 

Des rumeurs me sont déjà parvenues, qu’il y a une faction du pouvoir dominant, fraction politique et sécuritaire, qui milite pour une élimination physique, maquillée, comme vous l’avez nommé. J’en ai déjà fait part à certaines personnes représentatives d’institutions internes et externes à la Mauritanie. Ceci est une grosse aventure, une aventure diabolique vers laquelle tire le segment le plus dangereux des groupes au pouvoir. Néanmoins, je pense qu’il y a un minimum de responsabilité qu’on peut escompter de la part des autres segments de ce même pouvoir. Je pense aussi que les uns et les autres ne manqueront pas de réaliser les conséquences extrêmement graves pour l’avenir, l’existence et l’unité de ce pays en cas de pareille action. Quant à moi, je suis dans mon rôle et ce dernier n’a jamais été exempt de risques. Mon rôle côtoie le risque. Mon devoir est de jouer ce rôle jusqu’au bout, avec le maximum de précaution pour la vie et la sécurité des citoyens mauritaniens, pour la paix entre les citoyens mauritaniens, et par de-là la Mauritanie, pour la paix dans le monde. Pour cet engagement, ma vie n’est qu’un modeste sacrifice.

Au cas où vous ne serez pas inquiété et que vous rejoindrez Nouakchott en toute quiétude, comment comptez-vous vous y prendre pour remobiliser des troupes longtemps démobilisées par votre longue absence ?


Je ne pense pas que nos troupes aient été à un quelconque moment démobilisées. Je crois que les troupes sont toujours mobilisées et ont toujours démontré leurs capacités à persévérer dans leurs contestations populaires, légales et pacifiques face à l’arbitraire en Mauritanie. Durant l’incarcération de nos camarades à nos jours, il y a eu des manifestations pacifiques, de nombreuses personnes, femmes et jeunes, dont les pieds et les bras ont été brisés par les forces de l’ordre ; il y a les photos qui circulent sur les réseaux sociaux, sur les interfaces des sites d’information, sur ceux des organisations nationales et internationales des droits de l’homme. Les images montrent la poursuite des manifestations par les militants d’IRA et les répressions féroces auxquelles ils font face.
Il y a cette violence indicible qui se déchaîne chaque fois que nos militants manifestent pacifiquement. La plus récente il y a deux jours devant le ministère de la justice. Il y a eu passage à tabac et agressions injustifiés de militants, certains ont été conduits dans des cachots et torturés par la police mauritanienne. Cette option est une vieille option qui ne nous poussera pas à la violence.
Moi je vais retourner au pays et ce sera les retrouvailles avec les militants. Nos actions se poursuivront avec les yeux rivés vers le bagne de Bir-Moghreïn où sont encore incarcérés nos militants, Moussa Birame, Abdallahi Diop et Abdallahi Maatala Saleck.
D’autre part, quand je rentrerai au pays, j’ai une plateforme de propositions pour le sursaut national, un plan de sauvetage du pays que je vais proposer à des membres de la société civile et politique mauritanienne représentative de ceux qui sont au pouvoir, mais aussi de ceux qui sont dans l’opposition. Le contenu de cette plateforme est le fruit de beaucoup de réflexion et d’échanges avec plusieurs personnes attachées à l’unité et à la paix dans ce pays, mais aussi à l’alternance pacifique et paisible du pouvoir en Mauritanie. Ce contenu sera divulgué aux médias quand les conditions le permettront et selon la réaction et l’intérêt qu’il suscitera auprès des parties concernées.

Le pouvoir n’est-il pas parvenu à vous détourner de votre combat contre l’esclavage en vous mobilisant d’une façon quasi-permanente autour de manifestations pour la libération de dirigeants ou de militants emprisonnés ?



Je pense que le ciblage de plus en plus grossier, à la fois systématique, récurrent et continue de l’IRA, est une preuve suffisante de l’impact très certain et fort du mouvement aussi bien au niveau national qu’international. Il est le résultat du très fort déploiement diplomatique de l’IRA sur le plan international. Ce qui lui a permis de remporter les différents duels contre le pouvoir. L’impact de l’IRA est aussi celui d’avoir remporté tous ses procès contre le pouvoir. Il n’y a pas un seul procès, parmi les nombreux procès intentés contre le mouvement depuis sa naissance, où le pouvoir mauritanien est sorti victorieux, malgré l’inféodation du pouvoir judiciaire et son instrumentalisation. Ce qui a permis à IRA de démontrer sa supériorité morale sur le pouvoir, sa capacité de résistance et celle de ses militants. Il est très rare que des membres du mouvement sortent de prison, en faisant allégeance au pouvoir ou en se soumettant à lui. Ils en sortent souvent encore plus engagés et plus déterminés dans leur combat, avec le moral intact et toujours debout, malgré les sévices et les brimades. Cette ténacité est rare dans notre paysage politique. Ténacité face à la peur et à la corruption.
Ces batailles judiciaires pour la décapitation ou la démobilisation du mouvement IRA, que le pouvoir nous assigne à longueur d’année, c’est le pouvoir qui y perd sa légitimité, sa crédibilité et tout simplement sa face. Ces emprisonnements de militants et dirigeants d’IRA sont pour nous de grandes tribunes de plaidoyer pour dénoncer les grands maux dont souffre la Mauritanie et qui ont pour noms, l’esclavage, le racisme, l’exclusion, la discrimination, la gabegie, etc.

Que pensez-vous de la reconnaissance par le pouvoir du parti de Daoud Ould Ahmed Aîcha et celui de Saad Ould Louleïd ?



Cette reconnaissance est un non évènement. Elle va dans le sens de l’agitation qu’orchestre le pouvoir pour désinformer l’opinion. Le régime insinue que l’avènement de l’IRA Mauritanie, qu’il considère comme une organisation extrémiste et sectaire, a suscité d’autres extrémismes. Mais l’extrémisme et le racisme sont les instruments de domination du pouvoir. Nous, nous luttons justement contre ce racisme institutionnalisé et mortel, qui traverse et gangrène toutes les institutions civiles, militaires et sécuritaires du pays, y compris les institutions financières, religieuses et même éducatives. C’est le racisme d’Etat mauritanien qui a été aiguisé par l’extrême droite arabo-berbère que représente le Chef de l’Etat, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ils ne peuvent pas détourner le regard de la communauté nationale et internationale qui observe et dénonce l’arbitraire et le sectarisme du pouvoir. Cette manœuvre qui consiste à chercher à détourner le regard de l’enracinement du racisme au sein des institutions et du pouvoir mauritanien vers d’autres personnes, dont les propos et les actes n’ont aucun impact sur la vie des populations, cette manœuvre ne peut pas nous tromper. Nous continuerons quant à nous à lutter contre le racisme institutionnalisé et le sectarisme perpétré par des personnes et des institutions qui symbolisent l’Etat mauritanien, à savoir le Chef de l’Etat, le gouvernement, le parlement, les tribunaux, les institutions judiciaires, les institutions sécuritaires. C’est ça le racisme qui menace la paix civile et les droits des Mauritaniens dans leur intégrité physique et morale.
Ce monsieur, Daoud Ould Ahmed Aïcha, je ne le connais pas, je ne l’ai jamais vu. S’il est raciste, son racisme est individuel et n’a aucune incidence sur la chose publique. Un seul juge ou un seul policier peut s’en occuper, il va se calmer. Le premier jugement et la première garde-à-vue suffiront à le remettre à sa place. Je pense et j’ai des preuves, c’est quelqu’un qui a eu un mandat de la part des services de renseignement pour jouer au trouble-fête, pour permettre au pouvoir de l’utiliser comme expiatoire, pour détourner les regards du véritable racisme d’Etat qui sévit de manière multiforme contre les populations. Mais ça ne marchera pas avec IRA.

Que pensez-vous du rôle que joue Saad Ould Louleïd, accusé par certains de vouloir déstabiliser le mouvement IRA ? Quel regard portez-vous sur le personnage ?


Je ne suis pas très porté à faire des jugements sur des personnes. Je pense que lorsque Saad était avec nous, il était engagé à nos côtés. Comme il nous a quittés, moi je n’ai pas l’habitude de commenter les actes et les paroles des gens qui ont quitté IRA.

Quel regard portez-vous sur la situation politique en Mauritanie ?


Je pense que la scène politique mauritanienne, comme la société civile et le cercle des droits de l’homme, est malheureusement minée. Il y règne un climat très malsain parce que le pouvoir en place a agi de la sorte en essayant de dresser les Mauritaniens les uns contre les autres, dans une démarche non conventionnelle ni politique, dans un dressage ethnique, sectaire et religieux. Le pouvoir manipule les sentiments religieux des Mauritaniens pour leur dire, «Je suis avec Dieu et l’opposition est avec le Diable », pour leur dire aussi «Je suis avec l’Islam et les défenseurs des droits de l’Homme sont contre l’Islam». Je pense que nous sommes en train de filer tout droit vers le mur, si cette bombe n’est pas désamorcée. Il y a la fanatisation grandissante d’une partie des Mauritaniens contre d’autres, la fanatisation d’un certain segment religieux, social, politique et ethnique contre d’autres. Le pouvoir à mon avis a agi avec beaucoup d’irresponsabilité ces dernières années, en instrumentalisant le sentiment religieux à chaque occasion et en menant des propagandes qui peuvent conduire à des surenchères de non-retour. Il est temps que les segments responsables au sein du pouvoir en Mauritanie se ressaisissent et que le Chef de l’Etat revienne à la raison, qu’ils sachent tous qu’on ne peut pas prospérer sur ce genre de manipulation extrêmement dangereux et sensible. Le pouvoir doit reconnaître que l’Islam est la religion de tous les Mauritaniens et que toute la population est musulmane. S’il y a des différences et des oppositions, ce n’est pas entre pro-Islam et anti-Islam. C’est un faux débat. C’est un dangereux débat. Un débat irresponsable. Je pense que l’élite politique a déserté le terrain pour laisser la place à une élite ethniciste qui défend l’idée erronée selon laquelle un prétendu danger menacerait l’Islam en Mauritanie. Cette théorie du complot nous éloigne de l’objectivité et de la raison tout court. Je peux illustrer ces propos à travers la position adoptée par le vice-président du parti Tawassoul et député à l’Assemblée nationale, Mohamed Ghoulam Ould El Hadj Cheikh. Un homme qui n’a jamais caché son antipathie pour le combat d’IRA, mais qui, convaincu de la torture subie par les militants du mouvement en prison, s’est levé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale pour interpeller le ministre de la Justice et dénoncer des pratiques qui selon lui «n’existent même pas dans les geôles d’Israël » réputés pour leur férocité. La grande partie des réactions, exprimées par des personnes sensées comme lui défendre l’intégrité physique et morale de citoyens mauritaniens, abstraction faite de leur appartenance idéologique, prouve que l’amalgame est déjà très grand. Beaucoup ont reproché à Mohamed Ghoulam d’avoir dénoncé la torture, tout simplement parce que les personnes concernées appartiennent au mouvement IRA. Ce qui est extrêmement grave. Je salue au passage et je rends hommage à l’objectivité de ce député, bien que nous ne défendions pas les mêmes convictions politiques. Il suffit que nous partagions ensemble les mêmes valeurs, comme l’intégrité physique et morale des personnes et que nous condamnions toute forme de torture.

Quels sont vos projets à quelques encablures d’une transition politique très attendue en 2019 ?



Mes projets, et celui du mouvement IRA, est de participer dans les premières lignes à ce que les Mauritaniens puissent réaliser une transition démocratique et une alternance politique apaisée. Pour cela, nous allons continuer à nous adosser au droit national et au droit international. Nous continuerons à jouer le rôle de soldat vigilant de la société, à veiller au respect des lois individuelles et collectives, au respect des procédures juridiques et démocratiques constitutionnelles, basées sur l’état de droit. Nous continuerons à donner le sacrifice nécessaire pour que la Mauritanie sorte sans dégâts du marasme et des crises multiformes qui la taraudent.
Nous lançons dans ce cadre un appel à l’opposition dans ses différents compartiments, associations civiles et politiques, afin qu’elle s’unisse dans un climat démocratique et dans un sursaut national, afin de prémunir le front de l’opposition des dissensions et des phagocytages qui la menacent à la veille de ce processus de transition encore incertain et périlleux. Nous lançons un appel à l’opposition politique traditionnelle et l’invitons à faire les concessions nécessaires à l’opposition sociale, celle des droits de l’homme, afin de répondre à l’espoir et à l’adhésion des larges pans de la population mauritanienne victimes d’esclavage, de racisme, de paupérisation, et d’exclusion sociale et économique. Nous lançons le même appel à l’opposition sociale, dont IRA est la plus représentative. Le ticket gagnant est la jonction entre ces différentes oppositions. Nous à IRA nous allons consentir à toutes les concessions qui ne touchent pas à nos principes et à nos engagements. En deuxième point, nous lançons un appel au pouvoir et à ses segment qui ont usé de tous les simagrées pour s’offrir des privilèges indus, en les invitant à se ressaisir et à s’inscrire dans le repentir et le rachat de conscience face à leur peuple. Je lance un appel à tous les ponts civils et militaires qui sont capables de revenir à la raison et d’agir en toute responsabilité, car le recyclage est encore possible, à travers des discours ou des actions solennelles. Tout cela ne  fera que consolider la paix et la concorde. Le Chef de l’Etat lui-même, Mohamed Ould Abdel Aziz, peut être utile en cette période, s’il accepte sans rancœur, sans regret et en toute humilité, de se comporter en ancien Chef d’Etat responsable de son peuple et de la situation qu’il va lui léguer, en garantissant une transition démocratique et paisible susceptible de conduire à une alternance politique réussie.

Propos recueillis par
Cheikh Aïdara

 

Source crédit : aidara.mondoblog.org 

​MAURITANIE: DES SEMPITERNELS POURQUOI.

Un certain nombre d’événements, plus ou moins récents, ont eu un tel retentissement dans notre pays, qu’ils laissent bien des Mauritaniens perplexes.

 

Les réactions internes que ces événements ont entraîné et entraînent encore, la passion qu’ils déclenchent suscitent bien des questions, qu’on ne peut s’empêcher de poser. On ne peut également ne pas faire remarquer que s’il est légitime en effet de compatir aux souffrances du peuple syrien, palestinien car à notre sens, la compassion est normale vis-à-vis de tous ceux qui souffrent. On ne peut ne pas s’interroger sur le caractère discriminatoire et sélectif des actes posés.

 
– Pourquoi, en effet, la classe politique arabo-berbère dans sa majorité (pas toute bien sûr) exprime-t-elle, aussi visiblement, aussi passionnément sa solidarité avec le peuple syrien, palestinien, irakien depuis toujours, pour rester muette devant le martyr du peuple noir victime de l’apartheid et de l´esclavage en Mauritanie ?

 
– Pourquoi organise-t-on, ici et là, des quêtes en faveur des enfants Syriens, Palestiniens et reste-t-on indifférent devant le malheur des enfants des camps de déportés Noirs Mauritaniens au Sénégal et au Mali à quelques pas de la frontière ?

 
– Pourquoi jamais marche ni manifestation ne furent envisagées pour se démarquer (à défaut de les dénoncer) des actes génocidaires du régime raciste entre 1986 et 1990 ?

 
L’acte d’humanité ou les questions de principes peuvent-ils revêtir un caractère sélectif?

 
– Pourquoi enfin les événements extérieurs ont-ils plus de retentissements chez nous, que nos propres problèmes internes ?

 

– Pourquoi, surtout, la question de l’unité nationale-question centrale et grave- ne mobilise-t-elle pas autant d’énergie ?

 

Qu’est-ce qui nous importe au fait ?

 

C’est là autant de questions qui montrent que nos grilles de valeurs, notre sensibilité, notre philosophie même de la vie en dépit de toutes les dénégations sont différentes.

 

Il faut oser le reconnaître, oser l’accepter et le prendre en compte dans tout schéma de mise en place d’un cadre de coexistence. 

La lutte continue!
Post FB     Kaaw TOURÉ

Regardez « Réponse à Maitre Maroufa Diabira, un fervent militant des droits humains » sur YouTube

IRA : ​Communiqué de presse


Le président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Biram Dah Abeid, vient de clôturer, ce samedi 17 décembre à Paris, une série de trois tournées au cours desquelles il a sillonné trois continents à savoir, dans l’ordre chronologique, l’Amérique, l’Afrique et l’Europe. A  chaque station de ce long périple, le leader abolitionniste, malgré les contremesures prises par l’Etat et la diplomatie mauritaniens, a été l’objet d’attentions et d’égards particuliers de la part de chefs d’Etats, de présidents, de responsables de partis mais aussi de dirigeants des organisations de la société civile et des faiseurs d’opinions des pays visités.

L’événement a pris la forme d’une conférence de presse, organisée par IRA-France dans une salle parisienne qui refusa du monde, tellement l’affluence fut importante. Lors de cette conférence, le Président Dah Abeid, accompagnés du Dr Ahmed Amou Ould Moustapha et du Pr Mohamed Baba, tous deux membres du Bureau Exécutif d’IRA, et devant des centaines de coordinateurs, d’adhérents et de sympathisants de toutes les sections d’IRA en Europe, a présenté les principaux résultats de cette tournée internationale, précisé le positionnement d’IRA sur la scène politique mauritanienne et tracé les perspectives du combat qui attend les Mauritaniens et les militants abolitionnistes dans les semaines et mois à venir.

Pour le bilan, la tournée a permis de réaffirmer le rôle de lanceur d’alertes que la communauté internationale, à travers les multiples distinctions et marques de reconnaissance qu’elle lui a décernées, a décidé de confier à IRA-Mauritanie dans le domaine de la défense des droits humains. Ce sont là, précise le Président, autant de coups de boutoir  assénés au régime de Ould Abdel Aziz. Une quatrième tournée, cette fois au sein du monde arabo-musulman, sera organisée après le retour du Président au Pays, retour programmé dans les prochains jours.

Pour le positionnement d’IRA, il est sans équivoque possible et de façon résolue, aux avant-gardes de l’opposition au régime de Ould Abdel Aziz. Ce système dont la justification première est le parrainage et la protection des esclavagistes et des racistes les plus endurcis doit être abattu et ses fondements déconstruits jusqu’à la dernière pierre d’angle. IRA appelle ses partenaires dans l’Opposition à adopter la lutte pour la dignité humaine et notamment l’abolition effective de l’esclavage, qui sévit dans toutes les communautés nationales, et la lutte contre le racisme d’Etat, dont les Négro-africains sont les principales victimes,  comme causes structurantes du combat politique en Mauritanie. Elle appelle à la libération immédiate de tous les détenus d’opinion à savoir les trois abolitionnistes qui sont à Zouerate et le militant du Mouvement du 25 février, injustement détenu à Nouakchott.

Le Président a précisé que le combat contre l’esclavage et les injustices sociales mené par l’IRA est un combat universel et n’est pas l’apanage de Mauritaniens à plus forte raison d’une communauté  plus qu’une autre. Le seul adversaire de l’IRA, a précisé Dah Abeid, est le système féodal esclavagiste et les forces rétrogrades qui tentent de le couvrir et de le perpétuer, quelle que soit la communauté.

Pour mener à  bien ce combat, IRA s’adresse à tous les Mauritaniens et tend la main à tous les acteurs politiques qui partagent sa vision d’une Mauritanie juste égalitaire et réconciliée.

Prenant la parole Mrs Mohamed Baba et Ahmed Amou Ould Moustapha ont abondé dans le même sens et ont appelé tous les Mauritaniens à ne pas se tromper d’adversaire, à s’unir et à éviter de tomber dans le piège des manœuvres de diversion du Système qui s’efforce de retarder l’avènement d’une Mauritanie pour tous, pour se maintenir.

Les semaines et mois à venir seront décisifs pour la Mauritanie. Déboussolé par les échecs de ses tentatives successives et pathétiques d’entrainer les partis de l’Opposition dans la voie de sa légitimation, Ould Abdel Aziz commence à désespérer une frange importante de sa majorité. IRA appelle à l’empêcher, par tous les moyens légaux et pacifiques, de procéder au moindre tripatouillage de la Constitution quel qu’en soit le motif.

Nouakchott  le 18  décembre 2016

 La Commission de communication

Regardez « Biram Dah Abeid en conférence à Paris » sur YouTube

L’intervention en vidéo du président d’IRA-MAURITANIE lors de la conférence du 17 décembre 2016 à Paris. 

Paris, 17 décembre 2016: Notre photo-reportage sur la conférence du président d’IRA-MAURITANIE, BIRAM DAH ABEID à Paris.

La conférence publique attendue du président Biram Dah ABEID d’IRA-MAURITANIE a eu lieu ce samedi 17 décembre 2016 dans le 11ème arrondissement de Paris. Vers 15H30, sous la houlette du modérateur du jour Moussa SOUMARÉ cadre du mouvement abolitionniste, le président d’IRA-France Jean-Marc PELENC a ouvert la conférence par un bref  historique sur le mouvement, ses activités et ses perspectives. Il a exprimé une pensée pour les 3 militants d’IRA encore incarcérés.

Vers 16H, le leader abolitionniste est arrivé et accueilli chaleureusement par le public d’une tonnerre d’applaudissements. Monsieur Biram Dah ABEID a pris la parole vers 16H05. Après les remerciements d’usage, il a exposé le fond du bilan de sa tournée internationale  (Amérique, Afrique et Europe) . Le leader abolitionniste a remercié la diaspora et particulièrement le comité de soutien aux détenus d’Aleg. 

 Le lauréat Onusien de 2013 pour la défense des droits de l’Homme , a rappelé qu’un travail intense à l’extérieur a été accompli ces derniers mois, et que son mouvement IRA n’est pas seulement les coups d’éclats qui ont jalonné et marqué sa jeune histoire  (le pèlerinage d’INAL en 2011 ,  l’autodafé des livres « religieux » du code esclavagiste en 2012 et la caravane foncière en 2014). Il a indexé le gouvernement mauritanien qui s’est attaqué injustement à la direction du mouvement antiesclavagiste en vu de le décapiter en vain. Le président Biram a expliqué que les dissidences survenues ces derniers temps n’affectent en rien le mouvement abolitionniste et d’ailleurs d’autres dissidences peuvent survenir encore. Pour lui, tout cela vient des manipulations du système mis en place depuis 1978 et qui structure et se sert des divisions multiples du peuple mauritanien pour se perpétuer. 

Monsieur Biram Dah ABEID a annoncé par ailleurs qu’il va rentrer à présent au pays après son long périple de sensibilisation. Il a déclaré que son mouvement est ouvert à une large convergence de tous les partis et mouvements progressistes et les ONG pour porter une voix forte et décisive  face au système en place et réaliser une GRANDE OEUVRE . Il s’est dit disposé pour une stratégie permettant de donner d’autres alternatives à ceux qui se trouvent piégés de soutenir ce système qui ne tiendra pas pour toujours. 

Après cet exposé du président, deux membres du bureau exécutif du mouvement, le professeur Mohamed Baba SAID et le docteur Ahmed Ammou MOUSTAPHA ont pris la parole pour abonder dans le sens des propos tenus précédemment. Ainsi la plainte introduite par le président Biram à Paris le 14 Novembre 2016 pour tortures sur certains de ses camarades emprisonnés , est une démarche très importante qui va peser dans les consciences de certains éléments du système. 

À noter la présence d’un stand d’adhésion pour le public désireux d’intégrer le mouvement abolitionniste. 

Vers la fin, la séance de questions-réponses avec un public très important par rapport aux locaux un peu exigus de la conférence, a été très enrichissante. Ce moment a permis au président BIRAM d’interpeller et d’être interpellé également sur diverses questions  (tensions autour d’INAL, l’esclavage sous diverses formes dans toutes les communautés en Mauritanie, le calendrier politique dans l’avenir, ses visions politiques et économiques etc…) . Il a mis en garde contre les manoeuvres de diversion orchestrées par le système en se servant des marionnettes notamment le cas de l’extrémiste Daoud Ahmed AICHA avec son parti légalisé récemment. 

Reportage assuré et signé par  Kundu SUMARE pour SONINKIDEES-JOSE.