15-04-2015 07:45 – Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritanie : Nous refusons de comparaître à Aleg !

image

IRA-Mauritanie – Le 15 janvier 2015, le Prix 2013 de l’ONU pour les Droits de l’Homme, président d’IRA, Biram DAH ABEID, son adjoint Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW, président de l’ONG Kawtal ngam Yellitaare ont été condamnés à deux (2) années de prison ferme sur la base de l’Article 193, aliénât 2 : « rébellion non-armée et manquement au respect dû à l’autorité ».

L’article du Code pénal ne comporte qu’un seul alinéa et ne traite que de la rébellion non-armée. Le juge a fait preuve d’amateurisme léger et de manque de rigueur technique dans sa prise de décision, en ce sens que son avis ne reflète les débats mais relève de l’exécution d’une instruction reçue.

Il a tenu, vaille que vaille, à se conformer à la volonté du Chef de l’Etat, celle du Premier Ministre et du Ministre de la justice, tendant à faire condamner les militants abolitionnistes – position maintes fois exprimée, à travers des médias, par ces derniers, à rebours du sacro-saint principe de séparation des pouvoirs.

Les prisonniers, par la voix de leur défense, ont fait appel du jugement dès l’annonce du verdict. Le dossier, relevant de la cour d’appel de Nouakchott, leur transfèrement en catimini au bagne d’Aleg (250 Km de Nouakchott), constitue, donc, une entorse à la lettre même du droit.

En effet, par le biais du Bâtonnier de l’Ordre National des Avocats (ONA), le Procureur général a fait parvenir à Biram DAH ABEID, Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW un message selon lequel leur procès en appel se tiendra, à Aleg et ce en dépit de la Constitution et du Code de procédure pénale.

Cette série de transgressions, appliquées aux détenus d’IRA – Mauritanie dénote une volonté manifeste, par les autorités, de nuire aux prisonniers d’opinion, sans aucun égard pour l’ensemble des textes en vigueur, les conventions, accords et traités pertinents auxquels la Mauritanie a adhéré.

Le pouvoir judiciaire, dans sa crainte de désobéir aux ordres du Chef de l’Etat et du gouvernement, directives exprimées par le Ministre de la justice, ne peut qu’obtempérer aux instances de l’Exécutif, afin de ne pas subir le sort du juge Mohamed Lemine Ould El Moctar, radié après son refus de céder à de telles injonctions. Toute volonté d’indépendance est sanctionnée, avec rigueur. L’on se le rappelle, durant les six (6) dernières années, le Chef de l’Etat Mohamed OULD ABDEL AZIZ, au mépris de l’indépendance de la justice, limogeait, à trois (3) reprises, des magistrats qui ont refusé d’obéir aux ordres. Et l’on comprendrait aisément la tendance fâcheuse de ces praticiens, désarmés, à aliéner leurs autonomie et conscience et « monnayer » leur docilité.

IRA – Mauritanie, en vertu de son engagement pour la dignité, contre l’esclavage et le racisme et malgré toutes les formes de persécution et de répression dont sont victimes ses militants :

– Prend l’opinion à témoin de cette dérive, attestée en sa récurrence, quand elle implique la violation de la législation interne et des engagements internationaux auxquels la Mauritanie est partie ;

– Annonce, de ce chef, à l’opinion nationale et internationale, le refus, par les prisonniers Biram DAH ABEID, Brahim BILAL RAMDHAN et Djiby SOW, d’assister à toute audience organisée à Aleg ou dans un tout autre endroit ne relevant pas de la cour d’appel de Nouakchott, seul lieu de compétence à ce stade de la procédure.

– Dénonce l’instrumentalisation et le détournement du droit, par l’Exécutif et appelle les mauritaniens à se dresser contre la dérive ; en effet, aucun citoyen ni ressortissant étranger n’est désormais à l’abri de l’arbitraire, dès lors qu’il se confronte à l’appareil judiciaire de la Mauritanie.

– Appelle la communauté internationale et singulièrement les partenaires au développement, à exiger, des autorités, le respect des normes internes et des engagements internationaux protecteurs de la dignité de la personne et de l’habeas corpus;

– Déclare, enfin, que les peines de prison, la persécution et la torture de ses militants n’affectera en rien sa marche pacifique mais irrésistible vers l’avènement d’une Mauritanie de l’égalité où la majorité jusqu’ici résignée, imposera l’abolition définitive du privilège de la naissance et du racisme.

Nouakchott, le 14 avril 2015

La Commission de communication

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

14-04-2015 15:10 – Mauritanie-Arabie Saoudite : Spoliations des terres et pièges de l’Investissement

Le Calame – L’axe Nouakchott-Riyadh revigoré. Le président Ould Abdel Aziz vient d’achever une visite de trois jours à Riyadh, du 7 au 9 avril, sur invitation du roi Selmane ben Abdel Aziz Al Saoud dont le royaume dirige la coalition arabe qui pilonne les sites d’El Houthiyine, au Yémen, et s’apprête à une intervention des troupes au sol, rapporte une source émiratie, si Abid Rabou Mansour Hadi, réfugié en Arabie saoudite, en fait la demande.

Trois jours durant, l’hôte du gardien des Lieux Saints s’est entretenu avec les ministres saoudiens de la Défense, des Mines et de l’Agriculture… en l’absence de leurs homologues mauritaniens ! Est-ce en sa qualité de Chef suprême…. des armées qu’il a paraphé un protocole d’accord militaire avec le royaume wahhabite en quête d’une légitimité internationale, dans sa guerre au Yémen ?

En tant que membre de la Ligue Arabe qui a donné, pour la première fois de son histoire, le feu vert à une intervention militaire dans un pays-membre, pour en « restaurer la légalité », la Mauritanie va-t-elle contribuer au besoin, de plus en plus pressant, d’une force multinationale dans cette péninsule ? Pourtant, plusieurs régimes arabes élus démocratiquement ont été déposés et leurs institutions bafouées, sans que cette même Ligue Arabe ne pipe mot !

Dans cet ordre de bataille, le pays du million de poètes a envoyé des contingents, sous l’égide des Nations Unies, non pas au Mali voisin mais en Côte d’Ivoire et en République Centrafricaine. Allez savoir pourquoi…

Pendant qu’Ould Abdel Aziz est à Riyadh, le docteur Khalid Souleymane El Mellah, directeur du Bureau exécutif du Groupe Errajihi, est à Nouakchott… pour relancer le très controversé projet d’investissement saoudien en Mauritanie ; particulièrement dans l’agro-alimentaire. Un projet qui a soulevé des vagues, après que les populations de la vallée se sont révoltées contre une nouvelle forme de spoliation de leurs terres, au profit, non plus de nationaux, mais de ce conglomérat de pétrodollars saoudiens.

Une affaire que le pouvoir de Nouakchott a tenté, en vain, de régler à l’amiable, en envoyant, à l’époque, des émissaires – Dia Adama, ex-chef d’état-major particulier du Président ; Thiom Diombar, ancien ministre des Finances et plusieurs autres cadres négro-mauritaniens – pour convaincre les populations de « l’opportunité » d’abandonner leurs terres agro-pastorales au profit du Groupe Errajihi.

Durant la même première dizaine de ce mois d’Avril, le conseil des gouverneurs des banques centrales et autres institutions financières arabes a nommé, au cours de sa 40° session tenue au Koweït, le ministre mauritanien des Affaires économiques et du développement, Sidi ould Tah, au poste de DG de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), détenue, à majorité, par les Saoudiens qui possèdent, donc, les clés de ce poste.

Ce partenariat gagnant-gagnant – ou gagnant-perdant, c’est selon – remet, au goût amer du jour, la problématique du foncier et la volonté du pouvoir de Nouakchott d’exproprier des nationaux de leurs terres agricoles et pastorales, pour les rétrocéder ou vendre à des Saoudiens, sous prétexte d’exploitation « plus rationnelle ».

Piège de l’investissement dont on n’est loin, d’ailleurs, d’avoir perçu tous les tenants et aboutissants. N’entend-on pas murmurer, en effet, que, sous les Saoudiens, se cacheraient un projet d’envergure planétaire, visant à imposer, au Monde, la culture des transgéniques, si controversée en des régions où la démocratie n’est pas totalement un vain mot ?

Moustapha Ould Béchir

Source crédit : cridem.org

SoninkIdees-J’ose