12-04-2015 17:35 – L’état de santé de Sow Djibi se dégrade

image

A en croire une source digne de foi, l’état de santé de Sow Djibi, président de Kaawtal, détenu à la prison centrale de Nouakchott, continue à se dégrader. Le transfert du prisonnier – qui souffre de troubles gastriques – d’Aleg vers Nouakchott n’aura pas servi à grand-chose.

«Sow ne bénéficie pas d’un traitement médical régulier, partant son état de santé ne s’améliore guère », confie notre source. Djibi Sow a été arrêté à la suite de l’organisation d’une mobilisation dite « Caravane contre les expropriations de terres de la vallée et l’esclavage foncier».

Sa condamnation – en janvier dernier- à deux ans d’emprisonnement ferme reste un cas unique à cette date. Cela d’autant plus que le président de Kaawtal était sorti libre du tribunal de Rosso où s’est déroulé son procès, avant d’être interpellé quelques heures plus tard et déposé en prison.

SC 

Copyright © 2015 Cridem

Source crédit: cridem.org

SoninkIdees-J’ose

Conférence politique : Dialogue national : les préalables à l’assainissement du jeu démocratique et politique mauritanien.

image

Le Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAP) vous convie à la conférence qu’il organise le 18 avril 2015.Elle portera sur le dialogue national voulu par les acteurs politiques mauritaniens, mais aussi sur des questions cruciales telles l’esclavage et l’unité nationale, constamment reléguées au second plan par le pouvoir et les partis d’opposition traditionnels. Ce débat sera suivi de la projection du film Mémoire Noire. Le MAP recevra à cette occasion plusieurs invités dont : Ousmane Diagana, cinéaste-militant,

Issa Diawara de l’UPR,

Haimout Bâ, représentant du FNDU,

Boubacar Diagana modérateur de la conférence,

Sidi N’Diaye du pôle politique du MAP,

et des personnalités de la société civile mauritanienne.

 
LIEU : Cité Universitaire Internationale – Résidence Lucien PAYE (45 B, boulevard JOURDAN 75014 Paris)

HEURE : 14h à 18h

ITINERAIRE : RER B, Tram 3 Montsouris

Contact : contact@map-rim.org

Annexe Communiqué du MAP : Pour un dialogue inclusif

Nous tenons à attirer l’attention du peuple mauritanien, la classe politique et la société civile,  sur le caractère insuffisant des contours du dialogue qui se dessine entre le pouvoir et une partie des acteurs politiques. Il convient en effet de dénoncer l’entame de ce dialogue qui, très nettement, ne satisfait pas l’intérêt commun des Mauritaniens et de la Mauritanie. Il n’est pas concevable d’envisager un dialogue entre pouvoir et opposition alors même que de nombreux acteurs politiques et de la société civile sont arrêtés et emprisonnés en violation des droits et libertés fondamentaux. En dépit des injustices que subissent les défenseurs des droits humains (KAWTAL et IRA entre autres), les principaux acteurs du dialogue poursuivent leur démarche. Leur principal souci semble être les élections.

Il convient de rappeler aux nouveaux dialoguistes que le problème de la Mauritanie n’est pas d’ordre électoral, il est beaucoup plus profond. Un dialogue digne de ce nom doit mobiliser tous les acteurs de la vie politique et les principaux acteurs de la société civile, et prendre en considération les revendications susceptibles de participer de l’assainissement du jeu démocratique et politique mauritanien. Cette mobilisation collective permettra de poser et penser nombre de questions constamment reléguées au second plan, celle de l’esclavage et de l’unité nationale entre autres. Aussi, les acteurs du dialogue, en vue de leur participation aux « pourparlers » se doivent d’imposer un certain nombre de conditions préalables, et parmi celles-ci, la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, le respect et la tenue de toutes les échéances électorales, conformément à la constitution mauritanienne, le refus catégorique de l’amendement du mandat présidentiel. Pour rappel le non renouvellement partiel du tiers des sénateurs n’honore pas la démocratie mauritanienne et les institutions de la république. Des représentants illégitimes du peuple siègent encore.

A ces difficultés s’ajoutent ces questions qui ont conduit certains acteurs au boycotte : l’établissement du fichier électoral, l’exclusion de nombreux Mauritaniens du processus d’enrôlement et l’impossibilité pour ceux-ci d’authentifier leur état civil. Pour corriger ce désordre nous lançons un appel pour la tenue des élections législatives et municipales dans un délai de 12 mois.  Les conditions préalables à ces élections sont :

-L’enrôlement de tous les Mauritaniens  majeurs dans un délai de 6 mois sur la base d’un texte clair et ayant force contraignante. Ce qui constitue un gage de transparence pour la mise en place d’un nouveau fichier électoral ;

-Un nouveau découpage électoral qui respecte les propriétés démographiques de la Mauritanie, en réduisant par exemple le nombre de députés à l’Assemblée nationale. Une répartition plus équitable sur le plan démographique qui ne remet pas en cause la dose de « proportionnelle »;

-Revenir sur les lois de décentralisation en instituant  des élections régionales avec des autorités locales en lieu et place des gouverneurs de willaya ;

-Le règlement de la question foncière sous la responsabilité des acteurs politiques et la société civile.

Le Mouvement Autonome pour le Progrès (MAP), Paris, le 10 Mars 2015

SoninkIdees-J’ose

10-04-2015 18:00 – Nouvelle loi contre l’esclavage : 20 ans maximum de réclusion

image

Le projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie, adopté en conseil des ministres jeudi 02 avril, prévoit un maximum de 20 ans de réclusion. 

Mais la nouvelle loi, tout en reconnaissant la possibilité aux organisations de lutte contre l’esclavage de se constituer partie civile, limite fortement cette opportunité.

Premier paragraphe de l’exposé des motifs du Projet de loi abrogeant et remplaçant la loi n° 2007– 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes en Mauritanie: 

« Conformément aux modifications de la Constitution qui ont érigé l’esclavage en crime contre l’humanité et à la feuille de route sur l’éradication des formes contemporaines de l’esclavage, adoptée par le Conseil des Ministres le 6 mars 2014, le présent projet de loi concrétise les nouvelles orientations du Gouvernement à la relecture de la loi n° 2007 – 048 du 3 septembre 2007 portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action de lutte contre les formes contemporaines de l’esclavage.» 

Islam comme base de la lutte contre l’esclavage

L’article premier de ce texte pose l’Islam comme fondement de la lutte contre l’esclavage en ces termes : « Fort des valeurs de l’islam et de leurs objectifs destinés à libérer l’homme et lui garantir sa dignité, et conformément aux principes constitutionnels et aux conventions internationales y afférentes et, en vue d’incarner la liberté de l’homme de sa naissance à sa mort, la présente loi a pour objet de définir, incriminer et réprimer les pratiques esclavagistes.»

Pour être en phase avec les amendements constitutionnels de 2012, il est écrit a l’article 2 «L’esclavage constitue un crime contre l’humanité. Il est imprescriptible.» 

Le maximum prévu par la loi de 2007 était 10 ans d’emprisonnement. La nouvelle loi prévoit 20 ans. Article 7 : « Quiconque réduit autrui en esclavage ou incite à aliéner sa liberté ou sa dignité ou celle d’une personne à sa charge ou sous sa tutelle, pour être réduite en esclave, est puni d’une peine de réclusion de dix (10) à vingt (20) ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250.000) ouguiyas à cinq millions(5.000.000) d’ouguiyas. »

Définition de l’esclavage

Pour plus de clarté et pour faciliter l’application de ses dispositions, la nouvelle loi définit l’esclavage. Article 3 : « au sens de la présente loi on entend par :

Esclavage : état ou condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux. L’esclavage comprend :

– tout acte de capture, d’acquisition ou de cession d’un individu en vue de le réduire en esclavage, de le vendre ou de l’échanger ;

– toute forme de servage ou de servitude pour des dettes, 

– toute forme de travail forcé.

– tout acte de commerce ou de transport d’esclaves. »

Au niveau du même article, il y a plus de détails avec les définitions du « placement, du sevrage et de la servitude pour dette. »

Servage : « condition de quiconque qui est tenu par la loi, la coutume ou un accord, de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette dernière, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition. »

Servitude pour dettes : « état ou condition résultant du fait qu’un débiteur s’est engagé à fournir, en garantie d’une dette, ses services personnels ou ceux de quelqu’un sur lequel il a autorité, si la valeur équitable de ces services n’est pas affectée à la liquidation de la dette ou si la durée de ces services n’est pas limitée ni leur caractère défini. » Le placement, le sevrage, la servitude pour dette sont punis d’un maximum de sept ans de prison.

Le dernier alinéa de cet article définit ainsi l’esclave : « l’individu sur lequel s’exerce le statut d’esclavage. »

Wali, hakem, contraints de donner suite…

Les dépositaires de l’autorité de l’Etat, doivent montrer l’exemple. Article 6 : « La qualité de fonctionnaire ou officier public, de dépositaire ou agent de l’autorité ou de la force publique de l’auteur d’infractions, prévues par la présente loi, constitue une circonstance aggravante. »

« Les autorité administratives ne donnent pas suite aux plaintes » dénoncent souvent les défenseurs des droits de l’Homme. Ces autorité administrative ne pourront plus impunément faire l’impasse sur les cas de pratiques présumées d’esclavage : « Tout wali, hakem, chef d’arrondissement, officier ou agent de police judiciaire qui ne donne pas suite aux dénonciations de pratiques esclavagistes qui sont portées à sa connaissance est puni d’un emprisonnement de deux à cinq ans et d’une amende de cinq cent milles(500.000) à un million (1.000.000) d’ouguiyas » dispose l’article 18.

Avec la nouvelle loi, gare a ceux qui ne peuvent ravaler leur sentiment de « supériorité » : « Quiconque profère en public des propos injurieux envers une personne considérant qu’elle est esclave est puni d’un emprisonnement de deux (2) à six (6) mois et d’une amende de dix milles (10.000) à deux cent milles(200.000) ouguiyas» dispose l’article 19.

Scolarisation

La nouvelle loi va aussi dans le sens de la scolarisation des enfants descendants d’esclaves. Ainsi l’Article 13 dispose: « Toute personne qui prive un enfant en considérant qu’il est esclave de l’accès à l’éducation est punie d’une réclusion de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à sept millions (7.000.000) d’ouguiyas. »

Les organisations de lutte contre l’esclavage dénonce souvent les captations d’héritages dont sont victimes certains descendants d’esclave. Cette pratique est sévèrement punie par la nouvelle dans son Article 14: « Quiconque prive frauduleusement d’héritage toute personne en considérant qu’elle est esclave est punie d’une réclusion de cinq (5) à sept (7) ans et d’une amende de deux cent cinquante milles (250.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas. « 

Les femmes…

La nouvelle loi apporte aussi protection aux femmes : Article 15: Quiconque épouse, fait marier ou empêche de se marier, une femme considérant qu’elle est esclave contre son gré est puni d’une réclusion de cinq (5) à huit (8) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas. 

Si le mariage est consommé, l’épouse a droit à la dot sans préjudice des dommages et intérêts. La filiation des enfants est établie à l’égard du mari et elle peut demander la dissolution du mariage. Les dispositions de l’article 309 du Code Pénal sont applicables à toute personne qui viole une femme en considérant qu’elle est esclave.

Article 16 : Est puni d’une réclusion de cinq (5) à dix (10) ans et d’une amende de cinq cent milles (500.000) à cinq millions (5.000.000) d’ouguiyas quiconque agresse sexuellement une femme en considérant qu’elle est esclave.

Procédure….

Le deuxième chapitre de la nouvelle loi traite de la procédure. Et comme attendu « Il est institué des juridictions de formation collégiale pour connaître des infractions relatives à l’esclavage et aux pratiques esclavagistes dont les sièges et ressort territorial seront fixés par décret. »

Les défenseurs de droits de l’homme se plaignent aussi du peu de diligence des magistrats dans les cas de pratique esclavagiste. Cette préoccupation est prise en compte par la nouvelle loi. L’Article 21 dispose « : Sous peine de prise à partie, tout magistrat compétent, informé de faits relatifs à une ou plusieurs des infractions prévues par la présente loi prend, sous le sceau de l’urgence, toutes les mesures conservatoires appropriées à l’encontre des auteurs présumés et garantissant le droit des victimes. »

Constitution de partie civile

Grosse revendication des militants antiesclavagistes : se constituer partie civile pour déclencher les plaintes et assister les victimes au niveau des juridictions. Par rapport à cette question, l’Article 22 de la nouvelle loi dispose : « Toute association des droits de l’homme reconnue est habilitée à dénoncer les infractions à la présente loi et à en assister les victimes. » Mais la disposition suivante apporte une grosse réserve : 

Article 23 : « Tout établissement d’utilité publique et toute association de défense des droits de l’homme et de lutte contre l’esclavage et les pratiques esclavagistes, jouissant de la personnalité juridique depuis au moins cinq ans à la date des faits, peuvent ester en justice et se constituer partie civile dans tous les litiges auxquels l’application de la présente loi donnerait lieu, sans que cette qualité ne leur confère un avantage patrimonial.» Cette disposition sera peut-être amendée quand le projet de loi passera au parlement.

Les victimes de pratique esclavagistes sont généralement pauvres. La nouvelle loi tient compte de cette vulnérabilité : Article 24 : Les victimes des infractions prévues par la présente loi bénéficient de l’assistance judiciaire et sont exemptées de tous frais de justice et dépens dont l’avance est faite sur les frais de justice criminelle à charge d’être imputés à la partie qui succombe.

Article 25: « Le juge, saisi d’une infraction relative à l’esclavage et aux pratiques esclavagiste, est tenu de préserver les droits à réparation des victimes.

Les décisions judiciaires octroyant des dommages et intérêts aux victimes de l’esclavage et des pratiques esclavagistes sont exécutoires nonobstant opposition et appel. »

Khalilou Diagana
Cridem

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

10-04-2015 09:12 – Arrestation d’officiers mauritaniens sur fond de distribution de tracts racistes à l’Etat-major général des armées

Mushahide – Des officiers mauritaniens, suspectés de distribution de tracts racistes à l’intérieur des locaux de l’Etat-major général des armées, auraient été arrêtés la semaine dernière.

L’interpellation des officiers suspectés intervient après 15 jours d’enquête, à la suite de tracts signés par des militaires revendiquant l’arrêt des pratiques discriminatoires faites à l’endroit des haratines au sein de la Grande muette.

Les tracts portaient également des mentions de solidarité avec les défenseurs antiesclavagistes détenus, mettant en garde contre la prise de mesures décisives, si les doléances des signatures ne bénéficient pas d’une réponse positive de la part des autorités habilitées.

Des tracts retrouvés en mars dernier dans les casernes militaires et dans les États-majors des forces armées, indexaient l’institution militaire de passivité devant le devoir d’équité des grades entre les officiers et les soldats.

Les prospectus accusaient également les États-majors de l’institution militaire de gabegie et d’attribution des distinctions en son sein, au moment où les droits des officiers et des sous-officiers ainsi que des simples soldats ne bénéficient d’aucune attention.

Traduit de l’Arabe par Cridem 

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

09-04-2015 07:45 – Accaparement des terres : Une situation préoccupante

Le Calame – Dans un pays où la souveraineté, voire la sécurité alimentaire, reste encore une chimère, on peut parler d’un gâchis par rapport à la situation des terres agricoles. 

Sur un potentiel estimé à 450 000 hectares, près de 200 000 hectares ne sont pas mises en valeur. En dépit de la règlementation des attributions foncières que gère l’Etat, elles ne font l’objet, en général, que de spéculations. 

Dans les faits, le foncier, en Mauritanie, demeure au centre d’enjeux multiples depuis les années 1980. «Y convergent tous les impératifs nationaux de respect et de consécration des droits humains, de consolidation de l’unité nationale, de renforcement de la cohésion sociale, de promotion de la femme, de gouvernance et de libération des énergies, dans un secteur agricole qui fait vivre plus des deux tiers de la population», constate Sarr Mamadou Moctar, secrétaire exécutif du Forum des Organisations des droits humains (Fonadh), principal initiateur des concertations entre le monde rural et les autorités.

Cette situation se traduit par un désarroi pour «des centaines de milliers dʼhommes, de femmes et de jeunes, issus de groupes agro-pastoraux, (qui) voient leur subsistance de plus en plus menacée», se désole M. Sarr, pour qui «la gouvernance foncière n’est pas plus soucieuse de sécuriser les terres indispensables aux petits cultivateurs que les espaces pastoraux pour leurs homologues pastoraux». Secrétaire général de l’Ong Kawtaal n’gam Yellitaaré, en pointe dans le combat contre la spoliation des terres, Ba Amadou Alpha, y voit même une flagrante injustice sociale qui risque de mener à une situation explosive.

Pour lui, la gestion foncière actuelle « ne respecte ni les lois existantes ni l’intérêt national, encore moins l’expérience des tenures traditionnelles, voire surtout, les intérêts des paysans, principaux acteurs économiques en ce domaine. Notre potentiel agricole ne profite qu’à l’agro-business étranger, via de faux acteurs économiques qui ne travaillent pas la terre, juste objet de spéculations financières pour eux. La facilitation récente de la régularisation des titres fonciers n’est qu’un leurre. Elle ne vise qu’à accentuer la légitimation des propriétés usurpées aux profits de délinquants en col blanc», déplore M. Ba.

La problématique de l’accaparement n’est pas uniquement économique. Elle est sociétale. Les ex-propriations foncières ne visent que les terres contrôlées, depuis des siècles voire des millénaires, par les Noirs du pays, négro-africains et haratines, toujours au profit de la couche arabe beydane (maures blancs) du pays.«Une question fondamentale qui risque devenir le principal motif de remise en cause de la construction, toujours en difficulté de gestation, d’un Etat unitaire», prévient M. Ba.

Extension du monopole

Les terres constituent donc un enjeu majeur. Sarr Mamadou ne pense pas qu’à court terme cette situation de monopole puisse connaître une rupture. Selon lui, elle devrait, au contraire, s’amplifier, compte tenu du contexte actuel. «Depuis 2010, l’attribution des terres agricoles (terres de cultures sous pluie et de décrue) s’est accélérée. Cette année-là, le gouvernement mauritanien avait envisagé d’attribuer 50 500 hectares à une société saoudienne, Tabouk Eziraiya Errajihii, couvrant diverses parties des communes de Boghé, Dar el Avia, Ould Birome et Dar el Barka. 

Cette décision fut suspendue, grâce à la mobilisation des populations des communes concernées, soutenues par des organisations de la société civile mauritanienne. Mais, en 2013, 50 000 hectares, au Trarza, et 31 000, au Brakna, dans les communes de Dar el Avia, Ould Birome et Dar el Barka, furent alloués au profit d’une autre société saoudienne, Al-Rajihi, sous forme de bail emphytéotique. Des études topographiques réalisées par les autorités laissent entrevoir de possibles attributions de terres dans d’autres départements ».

M. Ba juge que «la logique domaniale actuelle et le monopole étatique sont le fait exclusivement d’un pouvoir despotique. Il faut que les Mauritaniens, dans toute leur diversité ethnique et sociale, comprennent que seule la lutte en commun contre les discriminations, pour la transparence, la justice et la démocratie peuvent sauver ce pays du chaos vers lequel il se dirige inéluctablement, si rien de contraire ne s’y oppose ».

Il pense que les mentalités évoluent, lentement mais sûrement, vers la nécessité du renversement de l’ordre établi. Il reste à évaluer les conséquences désastreuses de l’accaparement des terres. Tant sur les relations entre l’Etat et les populations rurales que sur l’environnement.

En Mauritanie, signale Ba, « les terres cultivables ne couvrent pas 0,5% du territoire ».
L’essentiel des activités agricoles se situe dans la Vallée du fleuve Sénégal où sont concentrées les populations noires. Des communautés villageoises étouffent dans leur espace, au point de ne plus trouver où enterrer leurs morts. D’autres sont privées, par des exploitations de type latifundiaire, des couloirs de transhumance et des pâturages sur les terres qu’elles réservaient à cette fin, selon une répartition experte et fonctionnelle des zones rurales.

D’après Ba, l’Etat n’a même pas la bonne âme de respecter un espace vital, si petit soit-il. Dans plusieurs localités, il exproprie jusqu’aux pâturages des animaux, au mépris du droit le plus élémentaire. C’est par exemple le cas dans les environs de Dar El Barka où le bétail, privé de pâture, pénètrera, forcément, dans les zones protégées. Encore faudrait-il que ces dernières existent encore. Tout comme les cimetières, elles sont le plus souvent également attribuées aux spéculateurs. Une mise sous coupe réglée qui empêche tout développement de l’agriculture et l’élevage vivriers, sources exclusives de revenus dans ces zones.

Diatar, les populations ne disposent plus, autour de leur village, que d’une bande de quarante mètres d’espace vital. A Donnaye, on part enterrer les morts au Sénégal. Dans la plaine de Boghé, on a bloqué, à dessein, l’irrigation naturelle des terres cultivables qu’on a vendues à des Marocains. En réalité, on se moque de la nature et même de la nature humaine.

«C’est une politique, non seulement, de spoliation inacceptable, mais aussi sauvage de gestion insensée de l’espace qui ne tient aucun compte des besoins élémentaires de la nature et de l’homme», fulmine encore M. Ba.

Pour avoir dénoncé cette situation, en novembre 2014, lors d’une caravane menée dans le sud mauritanien, destinée à sensibiliser les populations sur les questions foncières et la législation rurale en rapport avec l’esclavage, Biram Dah Abeïd, président d’Ira-Mauritanie, son vice-président Brahim Bilal Ramdhane et Djiby Sow, président de Kawtal N’gam Yellitaaré, ont été condamnés, le 15 janvier, à deux ans de prison ferme, au seul motif de «désobéissance à l’autorité». Celle-ci ne pouvait pas mieux avouer son implication dans l’exploitation éhontée du terroir et des populations en Mauritanie…

THIAM Mamadou 

Source crédit: cridem.org

SoninkIdees-J’ose

CAN2017 : Groupe M ; l’exploit à portée de main pour les Mourabitounes !

 M. CAMARA LASSANA 

 8 AVR 2015 ACTU INTERNATIONALEACTUALITÉSNON CLASSÉ

image

Le groupe M mettra également aux prises deux équipes qui étaient présentes en Guinée Equatoriale : Le Cameroun et l’Afrique du Sud feront face à la Gambie et à la Mauritanie. C’est une chance historique pour le football mauritanien de pouvoir se confronter aux grosses cylindrées du football mauritanien et les Mourabitounes peuvent créer l’exploit. Les hommes de Corentin Martins qui n’ont plus la pression du favori sur le dos, peuvent soulever les montages.

Jamais qualifiée pour édition de la CAN, la Mauritanie va défendre ardemment ses chances. L’ancien joueur de l’AJ Auxerre , capitaine du bateau mauritanien qui connait les exigences du haut  niveau par cœur aura la lourde tache  de transcender son groupe.

GROUPE M

Cameroun, Afrique du Sud, Gambie, Mauritanie
12, 13 ou 14 juin : Cameroun – Mauritanie & Afrique du Sud – Gambie
4, 5 ou 6 septembre 2015 : Gambie – Cameroun & Mauritanie– Afrique du Sud
23, 24, 25 ou 26 mars 2016 : Mauritanie – Gambie & Cameroun – Afrique du Sud
26, 27 28 et mars 2016 : Gambie – Mauritanie & Afrique du Sud – Cameroun
3, 4 et 5 juin 2016 : Mauritanie – Cameroun & Gambie – Afrique du Sud
2, 3, 4 septembre 2016 : Cameroun – Gambie & Afrique du Sud – Mauritanie

Source crédit: mauritaniefootball.com

SoninkIdees-J’ose

09-04-2015 00:45 – Arts martiaux/Diafara Soumaré : Mauritanien et champion d’Afrique [PhotoReportage]

image

Le Mauritanien Diafara Soumaré a été sacré champion d’Afrique dans la catégorie des lourds à l’issue du 3e championnat d’Afrique de Vovinam Viêt Vo Dao, un art martial vietnamien né d’une synthèse des différentes techniques de combat d’arts martiaux mais aussi de lutte et de boxe.

Le 3e championnat d’Afrique de Vovinam Viêt Vo Dao qui s’est déroulé au Marocdu 4 au 5 avril a permis à un autre Mauritanien en l’occurrence Bouboucar Cissé(photo) de décrocher la médaille de bronze dans la catégorie de 65/75 kg. 

Diafara Soumaré est l’élève d’un maître mauritanien du nom de Samba Camara 3e dan en Vovinam Viêt Vo Dao.

SC 

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

PhotoReportage du sit-in du 08 Avril 2015 organisé par le comité de soutien aux détenus d’Aleg, et la déclaration.

image

image

image

image

image

image

image

image

image

La lutte contre le racisme et l’esclavage en Mauritanie : un délit.

Le 11 novembre 2014, trois défenseurs des Droits humains, Biram Dah Abeïd, président de l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste en Mauritaanie, Brahim Bilal  vice-président du même mouvement, et Djiby Sow, président de Kawtal, ont été mis aux arrêts. D’autres militants des Droits humains sont aussi détenus à la prison civile de Nouakchott, la capitale. Leur crime ? Avoir initié une caravane contre les expropriations foncières et l’esclavage foncier dans plusieurs localités du  Sud mauritanien.
Le 15 janvier 2015 à Rosso, à la suite d’un procès  que d’aucuns jugent politique et expéditif Biram Dah Abeïd ; le récipiendaire du prix 2013 des Nations-Unies pour les Droits humains,  Ibrahim Bilal et Djiby Sow ont été condamnés 2 ans de prison, puis envoyés dans une autre juridiction et incarcérés, faisant ainsi fi de l’appel introduit par la défense de ces porte-voix des sans voix.
Conscients de l’impérieuse nécessité de porter assistance à ces militants infatigables des Droits humains, ( nous Mauritaniens, associations, organisations, partis politiques mauritaniens de la diaspora en France  constitués en  comité de soutien aux  « détenus politiques et d’opinion » :

– appelons tous les épris de justice de tous horizons pour soutenir la cause des Droits Humains en Mauritanie, 

– dénonçons les arrestations et les détentions arbitraires des défenseurs de la cause anti- esclavagiste et anti raciste en Mauritanie,

– refusons avec vigueur l’instrumentalisation de la justice à des fins bassement politiciennes,
– dénonçons les manœuvres obscures d’une ligue des Ulémas mauritaniens émettant une étrange Fatwa rendant illicite l’esclavage à partir du 26 Mars 2015, tout en ignorant le sort des militants abolitionnistes emprisonnés,

– et exigeons la libération immédiate et sans conditions des défenseurs des Droits humains en Mauritanie.

Le comité  de soutien         Fait à Paris 08  Avril 2015

SoninkIdees-J’ose

08-04-2015 07:00 – Des fonctionnaires de l’Ambassade mauritanienne à Paris demandent l’asile politique en France

image

Taqadoumy – Trois éléments de la police mauritanienne, employés de notre Ambassade accréditée auprès de Paris, en l’occurrence El Hacen, Cheikh et Camara, ont abandonné leur poste de gardiens au sein de la Chancellerie et introduit des demandes d’asile politique en France.

Une mesure prise par le trio au lendemain de la fin de sa période d’embauche au sein de l’Ambassade et après avoir appris l’intention de cette dernière de les envoyer lundi prochain vers Nouakchott.

Selon des sources au sein de notre Ambassade à Paris, cette mission est arrivée en France en décembre dernier pour remplacer le groupe composé du policier Mohamed Lemine Ould Horma, de Yené Diop et de Bah.

Ces derniers avaient également refusé de rentrer au pays et de rendre leur carte de résidence établie en leur nom par le ministère français des affaires étrangères en vertu de leur recrutement par l’Ambassade mauritanienne.

Traduit de l’Arabe par Cridem 

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

Un cri osé… !!!

image

Une certitude d’une courte expérience d’observateur :

Ceux qui croient en droit de considérer leurs privilèges matériels et immatériels comme la source principale de Tout Bien Divin à l’endroit du groupe, admettent facilement celui qui ose quémander une miette auprès de leur condescendance obsessionnelle. Par contre, ils salissent et répugnent ceux qui veulent exercer leur Droit Inaliénable d’Homme Libre de naissance. Leur credo ; il est de loin préférable l’homme pleurant sur son sort admis injustement par le groupe, qu’un autre agissant librement en Être doté d’honneur et de dignité même considérés comme indignes de sa case sociale et déterministe.
Ce qui peut se résumer, admettre l’autre mais autrement et sur d’autres référentiels qui ne bousculent pas l’ordre social établi. La surdité face à la Vérité est l’un des descriptifs d’une société des non-droits et non-dits.

SoninkIdees-J’ose