Sociétés, institutions et nation, Tentative d’analyse par Sao Ousmane

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Boolumbal Boolumbal

« Toute société qui prétend assurer aux hommes la liberté, doit commencer par leur garantir l’existence. «Léon Blum – 1872-1950 – Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann

I : Introduction

Selon le Dictionnaire « Une société est un groupe organisé d’êtres humains ou d’animaux, ayant établi des relations durables, qui vivent sous des lois communes, qui ont une forme de vie commune, qui sont soumis à un règlement commun ». En ethnologie « la société désigne un groupe humain organisé et partageant une même culture, les mêmes normes, mœurs, coutumes, valeurs »….En sociologie, « la société est l’ensemble des personnes qui vivent dans un pays ou qui appartiennent à une civilisation donnée ». Alors qu’en est-il de la nation ?
Ne dit-on pas qu’une nation, c’est une communauté de destin, formée souvent autour d’une histoire commune et qu’Etymologiquement le mot nation évoque la naissance et souveraineté d’un peuple, il évoque aussi la légitimité d’un peuple à se surpasser dans les moments difficiles. Ce mot nation a donc une dimension d’identité et une dimension politique. On voit bien que cette exigence devrait s’appliquer au labyrinthe de notre vie locale. Les communes et les communautés, les départements, les régions, le tout gouvernés par des personnalités éminentes toujours, mais généralement inconnues tant elles sont nombreuses et assez souvent désignées au lieu d’être élues, tout cela ne permet pas de prendre en compte l’intérêt du citoyen et son droit absolu à comprendre, restaurer la simplicité de nos institutions et la simplicité des échanges, c’est une démarche civique. Pour cela une analyse des institutions s’impose surtout quand il s’agit de chercher le rôle des institutions politiques sur la société africaine (1).

II – Les institutions politiques en Afrique

L’analyse des institutions politiques ayant cours en Afrique est inséparable de celle plus générale de l’Etat, lieu de définition et cadre de la pratique institutionnelle. C’est par rapport à lui qu’on peut situer la place des institutions et envisager leur rapport avec la société. Nous savons tous que toutes les sociétés aussi anciennes qu’elles soient ont connu une organisation politique et par la force des choses, une réflexion sur la nature existante ou bien la nature souhaitée du pouvoir politique. Car disent-ils la politique c’est une constante dans toutes les formes de société et nous savons surtout que le phénomène politique est permanant et général et qu’il ne peut pas être confondu avec que celui que pose l’Etat qui n’est qu’une des formes possible du pouvoir politique. Ill existe toujours une préoccupation et une action politique dans les sociétés qui ne connaissent pas l’Etat (2).
Des lors que l’Etat est pris comme « site et comme enjeu de la lutte pour le pouvoir, le pouvoir au sens global et pas seulement le pouvoir politique, et ceci inclut la lutte pour les ressources rares, y compris la richesse », on se doit d’analyser les diverses modalités de l’interaction entre l’Etat et la société à travers les puissances institutionnelles des acteurs, les usages qu’ils en font dans leur relation avec l’Etat et avec la société, les représentations et les diverses significations qu’ils prêtent à leur place dans le jeu institutionnel. Ce qui conduit d’une part à relativiser une lecture des institutions à partir de la trajectoire historique de la succession, inspirant une vision de l’Etat post colonial africains comme une technologie d’importation, un Etat par procuration, dont les usages seraient la décalque de l’ordre politique occidental, au profit de la prise en compte de l’ambivalence de la pratique constitutionnelle, produit de logiques inédites d’hybridation et de « malentendus opératoires » entre sa formalisation juridico-politique, d’inspiration occidentale et son vécu autochtone. Ce qui ne revient pas à opposer de fait le langage institutionnel et la réalité des pratiques auxquelles son appropriation par les acteurs donne lieu, mais à surmonter la contradiction à laquelle on aboutit en soulignant qu’il existe à la fois une interaction, qui suppose une différentiation préalable, et une interpénétration de l’Etat et de la société, susceptible de faire confondre l’un et l’autre. D’autre part, l’analyse des institutions dans une telle perspective vise à dépasser la définition des structures fondamentales des régimes politiques africains en rendant compte uniquement de la manière particulière dont sont organisés leurs pouvoirs publics, c’est-à-dire leur mode de désignation spécifique, leur compétences respectives et les règles juridiques et politiques qui gouvernent leurs rapports. [3]

Cette vision dérivant du droit procède de la perspective « institutionnaliste » en science politique. Cette-ci aborde les objets de l’analyse politique par la détermination de leur fondement structurel et de leur model organisationnel plutôt que par la prise en compte de leur rapport avec la société. Les institutions, actions et pratiques organisées de façon stable, ne se limitent pas à des structures physiques et à un corpus de règles de droit. C’est aussi un ensemble de pratiques et de dispositifs qui participent à la mise en forme de l’activité sociale. En tant que réalité et construction permanente de la réalité, produit fini et produit en construction, les institutions ne se comprennent pas sans les croyances sociales qui se greffent sur elle, le système de sens qui informe le jeu des acteurs, stabilise dans le temps les institutions et facilite aussi leur transformation (4). Un tel parti pris méthodologique en faveur d’une lecture interactionniste des institutions conduit à s’intéresser aux situations socialement construites. Ce qui signifie que seraient analysés en même temps les enjeux qui structurent les logiques de comportements des acteurs définissent leurs intérêts et leurs aspirations, les règles formelles ou informelles qui gouvernent les relations entre les acteurs de la pratique institutionnelle et les ressources mobilisables dans le temps et dans l’espace par les parties prenantes à l’interaction institutionnelle (5-6).
Parler de la fonction présidentielle entre les contraintes institutionnelles et les contraintes sociales, c’est d’une part établir qu’elle est prééminente au sein de l’état et au sein de la société. C’est dire, en d’autres termes que vis-à-vis d’autres institutions politiques, elle s’affirme, simultanément, comme seule position autorisant certaines pratiques, et comme une position susceptible de légitimer les autres positions (7). D’autres parts il s’agit de s’intéresser aux attentes et aux représentations formulées à l’égard de l’institution présidentielle par la société, attentes et représentations professionnelles à la position privilégiée qu’elle occupe. Sans cependant négliger l’importance de la règle qui définit le cadre de la pratique institutionnelle, nous nous intéressons à la position sociale de l’institution présidentielle en montrant comment le chef de l’Etat, face à la société et face à l’Etat accommode ou subit les scenarios de tiraillement des contraintes sociales qu’imposent la pratique institutionnelle et les représentations à l’égard de l’Etat ; dans quelle mesure le chef de l’Etat est conditionné par les normes formelles et informelles pour s’autonomiser de leur contrainte en se faisant transformer l’institution présidentielle (8-9).
Comme le dit l’adage, « le développement se passe d’abord dans la tête ». Il s’agit, en effet, rien moins que de procéder à une « combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à accroître cumulativement et durablement son produit réel global » (François Perroux).
Références
1) – Boni Tanella, « Des jeunes en quête d’avenir » in 50 ans après, Quelle indépendance pour l’Afrique, Paris, Ed. Philippe Rey, 2010, p. 53
2)- Charles Taylor, Multiculturalisme, différence et Démocratie, Paris, Ed. Aubier, 1994
3) – Diminutif de la ville de Barcelone
4)-Rioux, Jean-François dir, La sécurité humaine : une nouvelle conception des relations internationales, Paris, l’Harmattan, 2001
5) – Skaperdas Stergios, 2001, An Economic Approach to analyzing civil wars. Presentation at the workshop on civil and post-conflict transitions sponsored by the world bank and Center for global and conflict studies. University of California. Irvine.
6) B. Badié, l’Etat importé. L’occidentalisation de l’ordre politique Paris, Fayard 1992
7) J F Bayard, L’Etat en Afrique, La politique du ventre, Paris, Fayard 1989
8) J.F Medard « L’État patrimonialisé », politique africaine, 39, septembre
9) François Bastien. « Le président pontife constitutionnel », Bernard Lacroix et Jacques Lagnoye (dir), Le président de la République. Usages et genèses d’une institution, Paris Presses de la fondation nationale de sciences politiques 1992 p 305

source: Dr Ousmane SAO

Via Boolumbal

SoninkIdees-J’ose

Appel au sit-in du 21/05/2015 à Paris.

LE COMITÉ DE SOUTIEN AUX DÉTENUS D’ALEG en France informe la diaspora et tous les amis de la Mauritanie juste et égalitaire, qu’il organise un sit-in le:

JEUDI 21 MAI 2015
DE 13H A 17H
EN FACE DE L’AMBASSADE DE MAURITANIE A PARIS

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Voilà plusieurs mois que les camarades Djiby Sow, Biram Dah Abeid, Prix onusien 2013 pour les droits de l’Homme et Brahim Bilal sont incarcérés à la prison d’Aleg. D’autres militants des droits humains sont aussi détenus à la prison de Nouakchott. Leur crime: avoir initié une caravane contre les expropriations et l’esclavage fonciers alors que les motifs de ces arrestations et incarcérations restent infondés.

Transférés en-dehors de leur circonscription judiciaire d’origine, le parquet, en violation flagrante des textes en vigueur, a décidé d’engager dans les plus brefs délais le procès en appel dans la juridiction incompétente d’Aleg dont les magistrats sont connus pour leurs soumissions aveugles au diktat de l’exécutif.

En outre, Djiby SOW souffre de maladies diverses depuis la grève de la faim entamée le 23 février 2015 et les autorités entravent tout traitement médical conforme aux recommandations du médecin traitant.

 
Il est donc urgent de proclamer notre soutien franc et massif aux défenseurs de la justice et de la paix emprisonnés par le régime autoritaire d’Ould Abdel Aziz. Nous réaffirmons notre engagement ferme à les soutenir par tous les moyens légaux.

Le comité de soutien aux détenus d’Aleg France.

SoninkIdees-J’ose

L’esclavage ou séquelles esclavagistes en Mauritanie: la corruption des appartenances identitaires…!!!

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Le mauritanien semble croire que l’esclavagiste type est un ultra-conservateur qui s’accroche maladivement à un certain ordre social. Et on croit l’imaginer celui qui refuse toutes les tendances réformistes et progressistes, et agit isolement dans une nébuleuse esclavagiste faisant l’objet du combat anti-esclavagiste de la mouvance abolitionniste dans le pays.

Pourtant, notre esclavagiste dit introuvable, n’est rien d’autre que ce qui fait profondément le socle d’identification de nos différentes tribus et ethnies. Nos différentes communautés s’organisent en forme et au fond, sur des références culturelles et traditionnelles conditionnant et structurant nos rapports respectifs. En effet, notre esclavagiste de fait et par sa mentalité n’est qu’une des multiples émanations logiques de notre ordre tribalo-ethnique. Ce dernier fonctionne et s’entretient sur des bases hiérarchiques qui régulent une certaine graduation de l’appartenance à la tribu ou à l’ethnie, selon les castes sociales.

En réalité, au sommet de cette stratification sociale pouvant être tribale ou ethnique, la plénitude de l’identité d’appartenance revient à la caste dominante dite noble autour de laquelle les autres composantes sociales (alliés ou subalternes) vivent une vraie-fausse appartenance de forme en fonction des circonstances.

En guise d’illustration, intéressons nous à la nature d’appartenance des anciens esclaves à l’identité de nos tribus (arabo-berbères) et clans féodaux (sooninko, peulh et d’autres). Pour les tribalistes comme les féodaux, l’identité de la tribu ou du clan ne peut pas être incarnée par un subalterne ou descendant d’un subalterne. En effet, le haratine, le komé ou le mathioudo, en tout l’esclave ou l’affranchi, ne peut posséder de tribu ou de clan féodal mais il est plutôt possédé par la tribu ou le clan féodal. Cette possession fait que l’appartenance identitaire de l’esclave ou l’ancien esclave à la tribu ou au clan féodal, reste dans une relativité qui ne passe plus inaperçue de nos jours.
Cette évidente et pernicieuse corruption de l’identité qui affecte les esclaves et les anciens esclaves, constitue le noeud principal à défaire par la mouvance abolitionniste et anti-esclavagiste. Les victimes et assimilés se doivent d’oser redéfinir leur identité nouvelle en-dehors de toutes les vielles cases originelles qui perpétuent leur statut d’éternels subalternes aux groupes dominants.

La farce historique faisant d’un descendant d’anciens esclaves, un représentant de la tribu ou du clan féodal n’est qu’un énième moyen de contrôle que les tenants du système esclavagiste endorment les non-avertis. Il est évident que l’imaginaire collectif de la caste dominante de cet ordre foncièrement discriminant, véhicule cette ségrégation inavouée à l’externe aujourd’hui, mais bien entretenue en interne par des rites sociétaux et tribaux bien figés.
Si les éveillés anti-esclavagistes issus des anciens esclaves pouvaient avoir un slogan, cela serait: Mieux vaut être sans tribu qu’être faussement encarté dans une tribu ou un clan féodal portant l’essence de l’esclavagisme culturel.

On entend fréquemment que  la sensibilisation ferait le travail de l’éradication des pratiques esclavagistes et féodales dans le pays, mais aucune mise en cause de certains fondements de nos sociétés primitives qui influencent les mentalités. Certaines voix autorisées se réclamant progressistes, disent sensibiliser mais évitent sournoisement les racines de ces tares sociales qui sont entre autres ; la stratification sociale, les discriminations sur le Bien en commun matériel et immatériel, et les réflexes d’intouchabilité.

Un arabe ou arabo-berbère tribaliste assumé et un féodal clanique savent très bien que les personnes d’origine servile, ne peuvent en aucun cas incarner la plénitude de l’identité tribale ou féodale. En 1915 hier, en 2015 aujourd’hui comme en 2215 demain , toute personne d’ascendance subalterne, qui se réclame d’une telle tribu ou tel clan féodal, ne peut éviter d’être victime du joug déterministe de l’imaginaire collectif qui la classe.
À travers cet imaginaire collectif, la perpétuation de la stratification sociale s’effectue en douceur dans le temps et l’espace. Par conséquent l’agencement pyramidal des honneurs, fait que la condition servile est au bas de l’échelle sociale qui a ses « propres valeurs » de noblesse liées plutôt à la naissance qu’aux valeurs de dignité humaine et de piété religieuse.
La tribu et le clan féodal fonctionnent sur un ordre primitif et particulier qui fige « sa noblesse » sur d’autres références qui excluent, rejettent, stigmatisent et conditionnent au nom d’un ordre de naissance divinisé.

Nous pouvons conclure qu’on s’attarde en chamailleries pour suspecter tel ou tel d’esclavagiste ou féodal, alors qu’on fait semblant d’ignorer que ce sont nos tribus, ethnies, clans et communautés qui régulent TOUT sous le prisme suivant: Ta famille de naissance fait de toi le « noble » ou le subalterne dans la société.
Dans un nouveau cadre comme un État des citoyens, les anciens esclaves et assimilés ont une meilleure voie de réhabilitation de leur dignité humaine décousue continuellement par l’élément tribal et clanique. Par un pacifisme franc et digne, cet engagement pour l’émergence d’un Nouveau NOUS ou un Autre Nous, doit être ouvert et expliqué à tous les épris de justice désintéressés et sincères.

Un Haratine ou un Komé doit d’abord se définir en musulman et en citoyen mauritanien, et surtout se défaire de l’élément d’identification tribalo-féodale qui est l’essence socio-idéologique de la trame esclavagiste. S’il est connu que le coeur fonctionnel de nos tribus et ethnies, est allergique à toute réforme de fond basée sur d’autres normes (égalité, fraternité, honneur, dignité et vérité pour Tous sur le matériel et l’immatériel), les dits nés stigmatisés et lésés doivent revoir leur rôle déterministe dicté par la tribu et l’ethnie. Dans cette optique un activisme soutenu et digne de veille et d’éveil s’impose sur Tout ce qui touche au symbolique véhiculant la matière des mentalités rétrogrades à l’endroit d’un tel homme ou une telle femme dont le rang de naissance inhibirait Sa Qualité de Citoyen.
Aussi l’habituelle approche de voir la donne politique à l’échelle nationale, nécessite un nouveau regard dépoussiéré du clientélisme, l’arme favorite des milieux dominants trans-partisans.
En effet, l’amusement politico-politicien par les double discours tenus diversement par certains hommes politiques se disant républicains à Nouakchott dans leurs partis mais par ailleurs tribalistes ou féodaux dans leurs girons communautaires, doit être démasqué et confondu publiquement.

Le mot d’ordre salutaire pour déraciner les pratiques esclavagistes, féodales et les diverses séquelles serait : on ne peut pas forcer le changement de mentalités rétrogrades mais on se doit de les rendre caduques dans le Réel en se définissant hors du cadre tribalo-féodal foncièrement déterministe et discriminatoire.

Un Arabe ou un Arabo-berbère tribaliste sait dans son for intérieur que  le Haratine de sa tribu, n’est défini comme Arabe que par l’aliénation culturelle d’hier et par stratégie politique d’aujourd’hui. Notre cousin Haratine peut être considéré comme Arabe selon certaines visées troublantes en Mauritanie mais serait moins Arabe pour les honneurs dans le monde des vrais Arabes à l’échelle mondiale. Par analogie, les anciens esclaves ou assimilés dans les communautés noires ( sooninko, peulh et d’autres), sont aussi frappés par la même conditionnalité d’une appartenance clanico-féodale selon la stratification sociale en vigueur. Par exemple, si un Komé se réclame d’un tel clan féodal au Guidimagha nord, on saura explicitement sous d’autres cieux, par son nom de famille qu’il ne l’est qu’en étant esclave culturel du dit clan.

Seule la vérité est révolutionnaire… !!!

K.S

SoninkIdees-J’ose

Un cri osé… Garde présidentielle fait Milice personnelle… !!!

#Burundi,  il semblerait que c’est l’équivalent du BASEP du raïs mauritanien qui résiste au coup d’état en gestation depuis hier contre le président s’entêtant pour un troisième mandat anticonstitutionnel. Il est connu que tous nos dictateurs sont connus pour avoir une force d’élite surarmée et indépendante de l’armée nationale classique.
Ces éléments armés dits garde présidentielle, ne sont qu’une milice anti-republicaine qui sécurise un seul homme même s’il faut tuer tout un peuple.

On comprend pourquoi notre locataire du palais ocre à Nouakchott tient à son BASEP azizien parmi les doléances préalables au dialogue avec l’opposition.

À entendre ces dirigeants, se dire compter sur le peuple pour diriger et réformer, on ne peut s’empêcher de lire sur leurs tronches une manipulation évidente. Leurs mandats reposent sur l’entretien de leur milice personnelle plus outillée que l’armée nationale censée défendre le territoire national.

SoninkIdees-J’ose

Nous refusons de comparaître à Aleg, devant un juge autre que le nôtre !

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Déclaration:

Le 12 mai 2015, notre surprise a été grande de voir venir dans nos cellules de la Prison d’Aleg, le Commissaire de Police de cette ville pour nous signifier – à l’insu du collectif d’avocats qui assure notre défense-, la décision prise la veille par la Cour suprême dessaisissant la Cour d’appel de Nouakchott de notre dossier au profit de celle d’Aleg encore en voie de construction
Cet acte est une tentative vaine de régularisation, après coup, de notre incarcération arbitraire depuis le 15 janvier 2015 à la prison d’Aleg, loin de notre juge naturel qui seul peut connaitre de notre dossier et qui n’est autre que la Cour d’Appel dont relève le tribunal de Rosso au regard de l’organisation judiciaire telle que fixée par la loi.
Ce bannissement traduit la volonté du pouvoir d’organiser en catimini une parodie de procès en dehors de Nouakchott sans la présence de milliers de nos soutiens, militants des droits de l’homme et des causes justes, comme la nôtre.
Aussi, nous, Biram DAH ABEID – Prix 2013 de l’ONU pour les Droits de l’Homme et président d’IRA, Djiby SOW – président de l’ONG Kawtal ngam Yellitaare et Brahim BILAL RAMDHAN – vice président d’IRA, ayant une foi totale en notre innocence par rapport aux chefs d’accusation pour lesquels nous avons été arbitrairement condamnés :
• Déclarons juste et salutaire le combat pacifique d’IRA – Mauritanie et de Kawtal ngam Yellitaare contre l’esclavage, le racisme d’Etat, l’exclusion ainsi que toute forme de violation des Droits humains en Mauritanie,
• Considérons hautement politique le procès qui nous est fait et qui a été émaillé tout au long de l’instance de violations graves à la loi et aux règles et principes, notamment ceux garantissant à chaque justiciable le droit à un procès équitable et juste,
• Dénonçons l’instrumentalisation de la justice et la soumission servile des juges au Pouvoir politique qui ont irrémédiablement ôté tout crédit à la décision rendue par le tribunal de Rosso à notre encontre et que la Cour d’Appel d’Aleg, agissant à la solde du pouvoir, confirmera sans murmure ou hésitation.
• Déclarons en conséquence que la parodie de la cour d’appel d’Aleg se fera sans notre présence et demandons au collectif d’avocats qui a bien voulu se constituer pour assurer notre défense de s’abstenir d’entreprendre tout acte de procédure devant cette Cour dans le cadre de notre dossier.
• Appelons nos camarades, amis et soutiens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Mauritanie à joindre leurs voix à la nôtre pour dénoncer l’instrumentalisation et le détournement du droit, par le Pouvoir ;
• Exhortons les mauritaniens à se dresser comme un seul homme contre la dérive autoritaire, l’insignifiance politique et l’incurie des gouvernants qui menacent désormais l’existence même de notre pays.
Nouakchott, le 13 mai 2015

Signataires :
• Biram DAH ABEID
• Djiby SOW
• Brahim BILAL RAMDHAN

Source: iramauritanie.org

SoninkIdees-J’ose

Déclaration finale du congrès des jeunes Haratins de Dakar Tenu du 01 au 02.03 Mai 2015 à Dakar.

Lundi 11 mai 2015

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Au nom d’Allah le Miséricordieux,

Chers militants et militantes, Honorables invités, Paix et la miséricorde d’Allah soient sur vous ; tout d’abord laissez-nous au nom des conférenciers vous remerciez de votre présence à Dakar pour assister au premier congrès des Jeunes Haratins de Dakar. Nous remercions et exprimons aussi notre profonde gratitude au peuple sénégalais et son gouvernement qui reconnaissent la communauté Haratine comme une composante du peuple sénégalais jouissant de leurs droits entant que des citoyens à part entier. Ainsi, les sénégalais prouvent une fois de plus qu’ils sont pionniers en matière de démocratie et de liberté. Nous remercions également la communauté mauritanienne au Sénégal, les étudiants, les concierges, les bouchers et les commerçants pour leurs soutiens et participation au congrès ; sans oublier les honorables conférenciers.

Ce congrès révolutionnaire a connu la participation d’un nombre important de groupes de jeunes Haratins de tous les horizons mais aussi une participation responsable des jeunes Bidhanes, des jeunes Hal Pulars, Wolofs et soninkés ; il faut aussi noter la participation des Maalmines. Ce congrès révolutionnaire de la jeunesse Haratine est organisé dans des circonstances historiques déterminées par la souffrance d’une grande partie du peuple Mauritanien, les Haratines, de toutes sortes d’injustices, de mépris, de racismes et de marginalisations. Dans ce cadre, nous pouvons cités les formes d’injustices suivantes: – La marginalisation et l’appauvrissement systématique envers la communauté Haratine ; un système ancré dans le pays et renforcé par la force dominante Bidhane en omettant de fournir une éducation de qualité dans les zones où vivent les Haratines tels les bidonvilles, les villages habitaient par les Haratines et les Adawabas.

– L’exclusion délibérée de possibilités d’emploi et de travail décent pour les jeunes diplômés Haratins en faveur des jeunes Bidhanes sans expériences ni diplômes qui dominent le pouvoir et l’économie du pays sans partage. – La marginalisation dans les institutions de l’Etat (comme au sein de la fonction publique, l’armée et le système judiciaire ……) où l’état se contente des formalités de représentativité en retirant tous les pouvoirs réels aux titulaires aux postes issus de la composante Haratine. Les institutions économiques et commerciales et au sein des corps diplomatiques sont des lignes rouges les nominations sont réservées exclusivement aux fils de la communauté Bidhanes. – La dénationalisation d’une grande frange de la communauté Haratine d’obtenir des papiers d’état civil au profit des Berbères, des Azawadiens et des Sahraouis dans le but de leurrer l’opinion nationale et internationale sur le fait que les Bidhanes sont majoritaires en Mauritanie.

Les conférenciers de Dakar dans ce cas exigent :

– L’égalité entre les composantes du peuple mauritanien dans la répartition des richesses et des revenus du pays, et l’élimination de l’esclavage et de ses séquelles ;

– L’adoption d’un mécanisme de discrimination positive en faveur des personnes marginalisées et plus particulièrement la composante Haratine qui a souffert de l’injustice, de la marginalisation et de la privation des besoins les plus élémentaires d’une vie décente ; Compte tenu de l’importance de l’événement et des recommandations très importantes, et en raison de la large participation des différents acteurs Haratins ; Nous conférenciers, nous maintenons les recommandations essentielles de la Conférence jusqu’à l’horizon de la prochaine conférence.

Le comité de rédaction de la déclaration finale de la Conférence de Dakar des jeunes Haratins.

SoninkIdees-J’ose

De retour de visite à Biram, Brahim et Djibi

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J’ai rendu visite à deux reprises (Mercredis  15 et 29 avril 2015) aux prisonniers d’IRA incarcérés dans la prison d’Aleg, 250 Km au sud ouest de Nouakchott. Le 15 j’étais accompagné d’un groupe de militants d’IRA et le 29 de mon ami Ahmed Amou, arrivé de France 3 jours auparavant.

Les jours de visite sont les mercredis, samedis et lundis. Les formalités sont réduites: on doit attendre à 500 mètres avant d’arriver à la prison, sous un petit arbuste (voir photo), puis les gardes font entrer les visiteurs par groupe de 3 après avoir relevé les identités, procédé à une fouille avec palpation et confisqué téléphones, billets de banque … Ceux qui déclarent ne pas avoir de pièces d’identité communiquent leur nom et prénom et sont crus sur parole. Par contre, il vaut mieux déclarer ne pas avoir de pièces d’identité plutôt que d’avouer porter un passeport étranger, car dans ce cas on vous demandera de retourner à Nouakchott pour rapporter une autorisation spéciale. 

Le hall d’entrée de la prison est à 5 mètres du portail. Il donne accès à plusieurs ailes. A l’annonce du nom de Biram, le chef de poste me désigne un garde pour m’accompagner. Un long premier couloir distribue de lourdes portes de cellules vides… COO1, COO2…; visiblement les prisonniers d’IRA occupent, à eux deux, tout une aile. Un deuxième couloir puis on arrive devant une porte fermée par un cadenas accessible de l’extérieur. Le garde le manœuvre puis tire sur la porte qui s’ouvre dans une vacarme de grincement métallique. Le couloir est encombré de petites nattes, de chaises et de rangers…c’est l’entrée de la cellule de Biram et Brahim veillée par 5 à 6 gardes. 

Enjambant les effets des gardiens,  je me précipite dans les bras de Brahim et Biram et échange avec eux de chaudes accolades avant de répondre aux salutations des autres militants et militantes dont la courageuse Leyla Mint Ahmed, épouse du président d’IRA. On était au total une bonne petite dizaine. La salle est relativement grande avec un plafond particulièrement haut. Juste en dessous du plafond quelques lucarnes diffusent la lumière du jour. Au sol, 3 ou 4 petits matelas en mousse recouverts de tissu composent le mobilier avec une natte en plastique tressé et quelques oreillers  éventrés. Dans l’angle de la pièce, une lourde porte laisse entrevoir une chaise turque qu’un robinet humidifie continument d’un goutte-à-goutte sonore. Un petit ventilateur portatif s’époumone à brasser l’air chaud de la pièce, sans grand succès. Tout à l’heure, dans la voiture, le thermomètre affichait 44°C.

Depuis leur arrivée, le 15 janvier 2015, les deux dirigeants d’IRA n’ont jamais vu le soleil. Jamais non plus ils n’ont pu faire du sport. Interrogée à ce propos, l’administration pénitentiaire argue du fait que de telles revendications ont aussi été formulées par d’autres pensionnaires de la maison d’arrêt et que les satisfaire pour le groupe d’IRA instaurerait un précédent qui pourrait difficilement être contrôlé. Pourtant, ces deux points figuraient textuellement dans le protocole d’accord obtenu par les prisonniers d’IRA à la suite de la grève de la faim qu’ils avaient organisée au début de leur arrivée à Aleg.

L’intendance (repas, linge, eau, produits de toilette) est assurée par Leyla avec les militants d’IRA qui ont loué une maison dans la ville d’Aleg.

De façon générale, j’ai trouvé le moral des prisonniers, des militants et des familles, très bon.

Biram: je l’ai trouvé amaigri mais très combatif. En permanence, il essaye de tout mettre en perspective inscrivant chaque action dans le cadre, plus général, du combat antiesclavagiste.  Très informé de la situation à l’intérieur du pays grâce au poste de télévision auquel ils ont accès, Biram ne rate pas une occasion de s’informer sur les avancées de la cause à l’extérieur de la Mauritanie. Les actions d’IRA, hors de la Mauritanie, lui ont particulièrement fait chaud au cœur (Sud de la France, Paris, Bruxelles, Rome, Genève, Berlin, Washington, Chicago, New York…). Le simulacre de tribunal organisé par IRA-France, sa photo au marché de Fréjus, l’action conjointe des ONG françaises (ACAT, Amnesty, Agir ensemble…) lui ont bien fait plaisir. Biram est très soutenu, moralement, par Leyla, son épouse qui est une militante de la première heure d’IRA. C’est elle qui structure la résistance à Aleg. Les enfants sont restés à Maata Moulana (200 km en direction de Nouakchott) avec leur grand-mère. Leyla entame son huitième mois de grossesse et doit rentrer à Nouakchott pour accoucher. Elle a organisé son remplacement en faisant venir certaines de ses soeurs et des cousines de Biram pour l’occasion.

Brahim: Très combatif, ne tarissant pas sur les acquis déjà engrangés par le courant antiesclavagiste grâce à leur arrestation et à la politique de lutte pacifique qu’ils ont initiée, il est sûr de la justesse de la cause d’IRA. Très sensibles aux marques de solidarité que la classe politique et les ONG de la société civile ont manifesté envers IRA, Brahim est persuadé qu’il y aura un avant et un après Aleg.

La situation de Brahim est un peu plus compliquée que celle de Biram. C’est la première fois qu’il est incarcéré si longtemps. Son salaire de professeur de lycée a été suspendu, privant sa famille, restée à Nouakchott, de toute source de subsistance. Etant très présent et impliqué dans la gestion au quotidien de sa famille (trajets quotidiens, éducation…), son incarcération prolongée a désorganisé sa famille de 4 enfants dont une adolescente. Son épouse, Mariam, essaye de faire face avec l’aide de militant de la cause. 

Sow Djiby: j’ai rendu visite à Djiby le vendredi 24 avril 2014 à la prison centrale de Nouakchott. Sow fut transféré à Nouakchott après la grève de la faim organisée en janvier par lui, Biram et Brahim à Aleg. Il souffre de complication au niveau des reins et de problème cutané. A la prison de Nouakchott, la cellule qu’il occupe est plus petite mais fait partie d’une aile qu’il partage avec de gros bonnets de la finance en délicatesse avec la loi, tel le célèbre banquier Ould Mogueye. Je l’ai trouvé en compagnie de trois visiteurs. Très combatif, il inscrit sa lutte dans le cadre de la dénonciation du passif humanitaire en Mauritanie dont furent victimes les Noirs de notre pays. Aux dernières nouvelles, Sow attend toujours de pouvoir passer un scanner pour commencer son traitement médical.

Sur le procès en appel, il y a peu d’informations fiables. Les avocats ont introduit une demande de mise en liberté provisoire. Aucune réponse pour le moment. L’Opposition a placé la libération des prisonniers d’IRA en tête des conditions pour entamer un dialogue avec le pouvoir.

Aux dernières nouvelles, le procès en appel pourrait se tenir le 22 mai à Aleg.

Des pressions politiques et diplomatiques sont exercées par de nombreux pays, institutions et organisation internationales. Des fatwa ont été édictées pour condamner l’esclavage et un vif débat est en train de se mettre en place autour de cette question. IRA est, plus que jamais, au centre des préoccupations des Mauritaniens.

                                                                        Mohamed Baba

Source: IRA Mauritanie

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11-05-2015 07:00 – Préalables au Dialogue : Le camp du pouvoir rejette la libération des détenus d’opinion

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Nous apprenons des sources sûres que le camp du pouvoir a rejeté la libération des prisonniers d’opinion réclamée comme préalable à un dialogue inclusif par le Forum national pour l’unité et la démocratie (FNDU).

La délégation mandatée par le pouvoir a laissé entendre que le cas des détenus dont parle le FNDU est un cas qui relève de la compétence de la Justice.

Les détenus d’opinion dont le cas avait été soulevé dans la plateforme que le FNDU avait adressé au pouvoir le 18 avril passé sont Biram Dah Abeid ; Brahim Bilal Ramdhane ; Sow Djibi et le rappeur Hamada.

Selon des sources concordantes Sow Djibi actuellement incarcéré à la prison centrale de Nouakchott est gravement malade et laissé sans soins par ses geôliers.

SC

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Source crédit: cridem.org

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La réunion préparatoire de la mise en place d’une entité représentative des mauritaniens de France: PhotoReportage.

Un adage soninké dit qu’on ne peut pas raser la tête d’une personne en son absence, et la rencontre précédente du 7 février dernier pouvait paraître à une tentative de « rasage de tête » à distance.
En effet la tournure de cette assemblée générale du 9 Mai 2015, nous édifie sur le manque de clarté de l’Initiative, notamment sa genèse, l’identité des initiateurs et leurs rapports avec l’ambassade qui ne semble pas assumer son implication.
Dans une salle de cet hôtel Holiday Inn à Clichy-lagarenne, l’ambiance était électrique et teintée d’une méfiance palpable entre le bloc des initiateurs et les autres qui n’ont pas digéré le manque de clarté sur la genèse de l’Initiative.
Doter la diaspora mauritanienne en France d’une figure officielle demande beaucoup de travail et de temps, donc toute tentative de passage en force ne peut qu’échouer à coup sûr.
Par un vote à main levée, un président de séance a été élu par l’assemblée générale, en la personne de Samba Diawara, président d’un groupement d’une quarantaine d’associations mauritaniennes en France.

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Diawara Samba, président de séance.

Par la suite l’ordre du jour initial a été rejeté par vote de l’assemblée après des échanges houleux et confus entre les initiateurs et certaines personnes de l’assemblée. 

La séance d’interventions, critiques et propositions s’était ouverte dans un certain désordre regrettable avec de temps de parole trop court. 
Pourtant presque tous les intervenants ont souligné le caractère louable de l’Initiative en soi, mais indexé les manœuvres pas claires de sa genèse et une précipitation suspicieuse.

Décisions prises au final :

-Une commission de pilotage de la mise en place de la structure a été créée, 

– Appel aux associations et personnes désirant intégrer cette commission, 

– Plusieurs représentants d’associations et personnes hors associations se sont inscrits, les contacts de concertation seront pris pour une large sensibilisation. 

L’affiche-indication qui trouble…!!!

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L’affichage sur la salle dans laquelle la réunion préparatoire s’est tenue, indique l’ambassade de Mauritanie, alors que les initiateurs ont clamé haut et fort que la location aurait été faite par les cotisations d’une douzaine de volontaires. Notre blog a contacté directement un agent hôte de l’hôtel qui a confirmé que la location est au nom de l’ambassade de Mauritanie d’où la présence de l’affiche.
Il a été rappelé à plusieurs reprises que personne n’est contre l’implication de l’ambassade dans un tel projet mais beaucoup ne semblent pas comprendre pourquoi monsieur l’ambassadeur n’assume pas clairement en appelant officiellement toute la diaspora mauritanienne en France, au lieu d’une forme de sous-traitance qui ne passe pas auprès des gens avertis.

À partir de ce 9 Mai 2015, c’est un nouveau départ pour la diaspora qui doit se donner le temps nécessaire, instaurer la confiance mutuelle et la clarté imposante afin que cette entité représentative tant désirée puisse voir le jour.
Sa faisabilité doit suivre une large sensibilisation sur toute l’étendue de l’hexagone et un processus démocratique clair. L’ambassade de Mauritanie en France doit assumer et nous assister en étant pour tous les citoyens mauritaniens en France, en dehors de tous les particularismes politiciens. L’ambassadeur se doit se tenir en homme d’État d’abord, et non d’être la voix singulière des officines du parti au pouvoir.

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08-05-2015 15:10 – La France doit aider un militant anti-esclavage détenu (Signez la pétition)

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AcatFrance – Biram Dah Abeid est président d’une ONG de lutte contre l’esclavage en Mauritanie. En 2013, il a été successivement lauréat du Prix des Nations unies pour la cause des droits de l’homme et du Prix Front Line Defenders pour les défenseurs des droits de l’homme en danger.

Biram Dah Abeid, homme politique et militant antiesclavagiste de renommée internationale, est en prison à Aleg alors qu’il devrait être en liberté. Le 15 janvier 2015, le tribunal de Rosso l’a condamné à deux ans de prison pour « rassemblement illégal » et « refus de se soumettre aux ordres des autorités administratives ».

Il avait été arrêté le 11 novembre 2014 alors qu’il venait de rejoindre, dans les environs de Rosso, ses militants qui menaient une campagne pacifique de sensibilisation au sujet du droit à la terre pour les descendants d’esclaves.

Biram Dah Abeid a été arrêté arbitrairement et condamné injustement pour avoir exercé ses droits de rassemblement pacifique et d’association. Ses avocats ont fait appel.

Depuis 2013, les autorités mauritaniennes malmènent constamment l’IRA et ses membres. Cette association n’est toujours pas reconnue. Ses manifestations publiques sont régulièrement interdites ou réprimées. Ses membres font fréquemment l’objet de violences physiques, d’arrestations et de détentions arbitraires et de sanctions judiciaires iniques. L’IRA et son président charismatique gênent. Les actions de lutte contre l’esclavage qu’ils entreprennent pacifiquement sur le terrain rappellent que l’esclavage est un problème grave non encore résolu en Mauritanie. Les autorités mauritaniennes considèrent a contrario que l’esclavage n’existe quasiment plus dans le pays. Embastiller son président et ses membres, c’est donc s’assurer de l’arrêt des activités de l’IRA et du silence de ces derniers.

Une mobilisation internationale à laquelle la France doit se joindre

Le 10 mars, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies a indiqué qu’il était profondément préoccupé par la sévérité de la peine prononcée contre Biram Dah Abeid et qu’il appelait à sa libération. Trois mois auparavant, le 18 décembre 2014, le Parlement européen avait condamné, dans une résolution, son « arrestation et maintien en détention » et demandé « sa mise en liberté immédiate ».

Le 19 décembre 2014, la France indiquait suivre avec attention la situation de Biram Dah Abeid et rappelait succinctement son attachement à la liberté d’expression, d’association et de manifestation pacifique, ainsi qu’au respect des droits de la défense et au droit à un procès équitable. Jusqu’à ce jour, les autorités françaises ne se sont pas encore prononcées publiquement sur la condamnation de Biram Dah Abeid. Elles n’ont pas non plus appelé publiquement à sa libération. L’ACAT s’est rendue en Mauritanie en décembre dernier. Elle a notamment rencontré l’épouse de Biram Dah Abeid pour lui exprimer son soutien.

La condamnation de Biram Dah Abeid à deux ans de prison n’est pas acceptable. Il est impératif que la France fasse entendre sa voix afin de demander la libération de Biram Dah Abeid. Nous devons nous mobiliser en ce sens auprès de François Hollande.

Source crédit: cridem.org

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