MORT DE LY JIBRIL HAMET : LES AUTORITÉS SANITAIRES CANADIENNES SUR LE QUI-VIVE !

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Kassataya – (Paris) – Depuis deux jours, la Mauritanie pleure M. Ly Jibril Hamet, un grand homme de culture disparu lors d’une courte visite au Canada. Mais cette disparition ne mobilise pas que les Mauritaniens. Selon des témoignages de première main et des documents exclusifs dont dispose KASSATAYA, les médecins qui ont pris en charge feu Jibril Hamet Ly s’interrogent sur l’origine des complications qui ont eu raison de l’homme de culture alors qu’il ne s’agissait que d’une intervention chirurgicale banale.

Un témoin a confié à KASSATAYA que les médecins explorent des pistes pouvant remonter jusqu’en Mauritanie, pays d’origine du défunt.

M. Ly Jibril Hamet n’est arrivé au Canada que le lundi 12 octobre 2015 pour une manifestation culturelle. Après avoir fait sa prière du crépuscule, il avait commencé à sentir des douleurs abdominales. Ses voisins (dont un écrivain Malien) l’auraient alors conduit aux urgences de l’hôpital Hôtel Dieu de Québec City. Une intervention avait alors été réalisée pour une crise d’appendicite. Mais les médecins constatèrent une série d’hémorragies mystérieuses.

Les interrogations des médecins de l’hôpital Hôtel Dieu de Québec City sont d’autant plus épaisses que depuis plusieurs mois sévissent en Mauritanie des épidémies mystérieuses sur lesquelles les autorités mauritaniennes ont maintenu le plus grand secret. Des appellations barbares comme Fièvre de la vallée du Rift, fièvre de Tayarett ou de Toujounine font leur apparition. Elles cacheraient en réalité des maladies graves à déclaration obligatoire selon les protocoles de l’OMS auxquels la Mauritanie est partie : Dengue, Crimée Congo…

De jeunes manifestants ont dénoncé cette semaine l’omerta qui règne sur ces épidémies mystérieuses. Après avoir grimé la voiture du ministre de la santé, quelques manifestants ont été arrêtés. Ils seront présentés devant le juge demain lundi.

Kassataya reviendra plus longuement sur les circonstances de la mort de M. Ly Jibril Hamet.

KASSATAYA

Crédit source: http://www.kassataya.com

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Jomo Kenyatta, l’éveil kikuyu et père du Kenya.

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Le Kenya, pays important situé en Afrique australe fut une colonie anglaise à partir de la fin des années 1880. En effet, les premiers occupants européens seraient venus en 1887, et après les comptoirs commerciaux sur le littoral, ils s’étaient installés sur les vastes plateaux face au mont Kenya. Profitant de la fertilité des terres propice à la vie fermière, l’administration coloniale permit l’aliénation des terres des autochtones (tribus kikuyu en majorité) au profit des fermiers blancs qui, même étant très minoritaires occupèrent l’écrasante majorité des terres utiles. Le rapport suivant illustre cet ordre foncièrement injuste entre les colons blancs et les autochtones ; 3000 fermiers blancs détenaient 40000 km2 alors que plus d’un million de kikuyus étaient parqués dans une réserve de 10000 km2. En effet, pour le peuple kikuyu ayant une relation mystique avec leurs terres ancestrales, cette donne inégalitaire instaurée par l’administration coloniale, s’apparentait à une grave violation de leur dignité. Par conséquent, la prise de conscience et la rébellion ne sont qu’attendues à moyen ou long terme.
Il est bon de rappeler que l’administration coloniale distinguait trois groupes d’habitants au Kenya, les blancs, les indiens et les africains qui sont au bas de l’échelle.

La phrase qui défait l’esprit malsain de la domination coloniale: « lorsque les blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés: lorsque nous les avons ouverts, les blancs avaient les terres et nous la bible.»  Jomo Kenyatta né en 1891 ou 1894 selon différentes sources.

Jomo Kenyatta, de son vrai nom Kamau Wa Ngengi, était un jeune kikuyu ayant fréquenté l’école occidentale auprès des missionnaires écossais, et avait développé une conscience politique très tôt à Nairobi aux contacts de milieux revendicatifs kikuyus. Il s’était surnommé Jomo Kenyatta voulant dire en langue kikuyu « Le Javelot Flamboyant du Kenya », et militait au sein du KCA (kikuyu central association). C’est au nom de cette association qui défend les droits des kikuyus, qu’il fut envoyé à Londres en 1929 pour plaider la cause kikuyu. Pendant son séjour londonien, il avait écrit plusieurs articles sur les conditions vécues par les autochtones au pays sous l’ordre colonial. Par ailleurs, Il avait côtoyé plusieurs panafricanistes à Londres.
En 1946, il était devenu secrétaire général de la KANU ( Kenyan African National Union) qui militait ouvertement pour l’indépendance du pays.
Fin des années 40 et courant 50, celui qui est surnommé par l’administration coloniale et les fermiers blancs, comme le « guide vers les ténèbres et la mort », tenait de plus en plus un discours anticolonial en appelant à la conscientisation des africains. Parmi ces derniers, beaucoup des mobilisés pendant la seconde guerre mondiale commencèrent à s’interroger sur leur condition dans cet ordre colonial faisant d’eux des habitants de seconde zone, c’est-à-dire des indigènes ayant des devoirs peu enviables mais peu de droits.

Ainsi surgit l’épreuve inévitable de la lutte armée contre ces humiliations multiformes incarnées par les fermiers blancs qui détiennent TOUT et certains collaborateurs locaux corrompus par les privilèges exclusifs au détriment de l’écrasante majorité des noirs. À partir de 1952, une association d’action pour la liberté s’était créée en parallèle de l’activisme politique, pour mener la lutte armée contre les chefs de tribus loyaux à l’administration coloniale et les fermiers blancs. Ce mouvement armé dénommé Mau-Mau par les autorités coloniales qui voulaient le discréditer en le taxant de « secte démoniaque », s’était constitué autour d’un rituel d’initiation acté par une prestation de serment quasi-mystique. Selon le témoignage d’anciens membres du groupe, le but était de s’encourager mutuellement pour tenir vaillamment face à la répression des forces coloniales soutenues par les supplétifs recrutés parmi les africains.
Jomo Kenyatta, toujours en verve avec son discours ultra-nationaliste contre l’ordre colonial, fut suspecté d’être la tête pensante du mouvement Mau-Mau, arrêté et jugé. Il fut réduit à un simple numéro de prisonnier comme d’autres.

N’arrivant pas à mater définitivement l’insurrection Mau-Mau qui hantait les colons blancs et leurs complices locaux, les autorités coloniales décidèrent la voie douce en libérant Kenyatta en 1961. L’ancien apprenti charpentier et journaliste qui haranguait les foules par sa formule magique en langue Swahili « Haraambee » signifiant Agir ensemble, était devenu l’interlocuteur incontournable et crédible de la puissance coloniale pour négocier l’indépendance. Ainsi, il était nommé premier ministre en 1963, et devenu premier président du Kenya en 1964 jusqu’à sa mort le 22 Août 1978. Son règne fut marqué par une réforme agraire en douceur pour rassurer les fermiers blancs, acteurs importants de l’économie du pays tout en mettant plus d’équité pour les autochtones.

Il est à noter que son règne avait été marqué par quelques zones d’ombres :

– La mutinerie d’éléments militaires issus du mouvement Mau-Mau, qui ne supportaient pas la présence d’officiers anglais au sein de la nouvelle armée kenyanne. Ces mutins furent durement réprimés avec l’aide de l’armée britannique.

– La mise en place d’un pouvoir central autour de sa personne en refusant un vrai pluralisme politique. Cette tendance personnifiée de son régime avait fini par réveiller les démons des affrontements inter-tribaux. En effet, les kikuyus desquels il est issu, dominaient la « chose publique » au détriment des autres ethnies.

– Avec son âge avancé frôlant la sénilité , certains de ses proches auraient largement abusé de son influence sur certaines décisions importantes.

Quelques enseignements pour les activistes mauritaniens engagés pour l’éradication des tares sociales, politiques et sociétales qui sapent l’émergence d’un État-Nation:

– Ne pas laisser son « cerveau » naïvement à la guise des tenants dominants du système sous couvert de la religion ou du religieux pour asservir.

– Être diabolisé par un ordre social, sociétal ou étatique inique et injuste, doit être un signe d’encouragement motivant pour plus de persévérance.

– Rester unis sur l’Essence pour bousculer le joug à toutes les échelles, se méfier des Essentiels partisans pouvant masquer l’Essence du TOUT.

– Être convaincu que l’effet minoritaire est une Grandeur, quand on s’engage pour le Bien et le Juste.

– les accusations d’extrémisme venant de la part des milieux dominants, sont un passage obligé, donc il faut garder le cap car l’édifice des injustices est certes fragile.

– Au final, les zélés de l’ordre injuste seront face à leurs consciences et feront plus confiance aux courageux qui auront osé lutter dignement, que les complices double-face et autres agents de service.

– Être vigilant à l’après défaite d’un ordre injuste afin d’éviter d’agir comme lui à l’envers.

Source des éléments biographiques tirés de l’emblématique émission d’Alain FOKA sur RFI, Archives d’Afrique.

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L’effet Noir, l’ethnie ou la tribu avant la Nation… !!!

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La présidentielle guinéenne du jour, après la campagne tendue entre les partisans de deux principaux candidats, le sortant Condé, le malinké affilié aux soussous en partie et Diallo, le peul confiant de ses accords politiciens plus ou moins inhabituels, il y’a beaucoup à craindre.
À suivre de près dans le pays de Sekou Touré, l’homme qui avait dit Non à De Gaulle.
#Guinée15

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08-10-2015 23:15 – Intervention de Abidine Merzough lors de la pré-session de l’Examen périodique universel sur la Mauritanie, au nom de l’UNPO et IRA-Mauritanie

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IRA-Mauritanie – Introduction: Je suis Mauritanien, un Hartani, descendant d’anciens esclaves. Je représente l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste, (IRA-Mauritanie) qui lutte contre l’esclavage dans le siège mondial de l’esclavage, en l’occurrence la Mauritanie

Etant moi-même témoin, de première heure, des terribles pratiques esclavagistes que subit la communauté ethnique des Haratin, j’ai été impliqué durant toute ma vie dans les campagnes anti-esclavagistes. J’ai grandi dans un village Haratin appelé Chogar Gadel ; quand les membres de cette communauté, dont beaucoup ont été soumis á l’esclavage, se soulevèrent contre leurs maîtres en 1976, j’avais joué un rôle important dans la rédaction des correspondances avec les autorités, parce que, malgré mon jeune âge, j’étais la seule personne alphabétisée dans la communauté.

Cet épisode démontre l’ampleur des problèmes que rencontrent les Haratines aujourd’hui même, 40 ans plus tard, tels l’esclavage, le non accès à l’éducation, et le manque de représentation politique. Mon discours portera sur trois points principaux: Qui sont les Haratines? Quelle est leur situation actuelle? Que pouvons-nous faire pour l’améliorer?

A-Qui sont les Haratines

Malgré le défaut international de notoriété autour de leur condition, les Haratines constituent, en fait, le plus grand groupe ethnique en Mauritanie. Ils représentent plus de la moitié de la population du pays. Ils sont originaires d’Afrique noire, et sont plus connus sous le nom de « Maures noirs », en opposition aux Beydhanes ou «Maures blancs», descendant des ethnies Arabo-berbères. Historiquement, les Haratines ont souffert des siècles d’esclavage pratiqué, sur eux, par les «Maures blancs», qui ne dépasseraient le quart de démographie.

B- Quelle est leur situation actuelle

1. Les Haratines sont majoritairement touchés par la pratique de l’esclavage, qui prend souvent la forme de caste ou de discrimination fondée sur l’ascendance.

-Le statut d’esclave est considéré héréditaire en ce sens qu’il se transmet de la mère aux enfants; de nombreuses familles Haratines héritent ainsi de l’esclavage, de génération à la suivante.

-En effet, dans son rapport en Août 2010, l’ancien Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines d’esclavage, Mme Gulnara Shahinian, avait souligné que, « les Haratines…ont été identifiés comme le groupe ethnique qui subit le plus le risque de l’esclavage et les multiples formes de discrimination résultant de la pratique esclavagiste ».

2. Les Haratines sont profondément défavorisés dans la société, une situation qui rend beaucoup plus difficile la faculté, pour eux, d’échapper à l’état d’esclaves et aux autres formes d’exploitation de travail. – Il y a un accès limité á l’éducation: La plupart des Haratines fréquentent l’école seulement 2 á 5 ans, voire pas du tout. Le taux d’analphabétisme est encore très élevé, en particulier dans les zones rurales et éloignées habitées majoritairement par la communauté haratine.

Aussi, leur condition comporte-t-elle deux conséquences durables:

a) L’absence de moyens de survie oblige, beaucoup, aux travaux forcés, comme seul moyen disponible pour soutenir leurs familles.

b) L’ignorance empêche et limite, chez la plupart, la connaissance et l’apprentissage des principes d’égalité, les droits juridiques et humains, ou la législation existante en Mauritanie, qui interdit l’esclavage.

– Les Haratines sont également sous-représentés dans les missions diplomatiques de la Mauritanie, les postes clefs de l’administration, le haut commandement des forces de sécurité: l’armée, la police, la garde nationale et la gendarmerie. Ils sont ultra-minoritaires dans les universités et sont rarement bénéficiaires de bourses d’étude. Ils sont sous-représentés dans les médias, notamment la télévision, la radio et la presse écrite, ainsi que dans le domaine des affaires.

-Les Haratines sont très peu représentés dans la politique:

a) Malgré leur important poids démographique de 40-50% de la population, seulement 10% des parlementaires sont Haratines. En revanche, les «Maures blancs» qui ne représentent qu’environ le quart de la population, occupent pourtant plus de 75% des sièges au parlement.

En 2012, à peu près 78% des nominations aux postes de haut niveau dans l’administration bénéficiaient aux «Maures blancs», contre 8% seulement aux cadres Haratines. Il en résulte, donc, une différence entretenue de pouvoir et de représentation.

b) Un recensement de la population a été introduit en mai 2011, afin de créer un nouveau registre civil sécurisé pour la confection et le renouvellement des cartes d’identité. Mais seulement quatre groupes ethniques y sont reconnus: les Maures, les Soninké, les Peuls et les Wolof. Quant aux Haratines, le groupe majoritaire, ils ne sont pas mentionnés en tant que groupe ethnique mauritanien à part entière, entrainant de fait l’apparition d’un sentiment grandissant sein de la communauté de peur de se voir retirer la nationalité mauritanienne.

3. Les maîtres utilisent plusieurs méthodes supplémentaires pour maintenir le contrôle sur les esclaves:

a) L’utilisation de la religion: Beaucoup de maîtres exploitent abusivement l’Islam, pour menacer les esclaves d’être privé du Paradis s’il n’obéit pas.

b) Les membres de familles réduites à l’esclavage sont souvent séparés, laissant ainsi les individus sans soutien.

Ces méthodes, en combinaison avec un manque d’éducation et de sources autonomes de revenus, ont souvent abouti à un enracinement de l’état de l’esclavage qui, devenu héréditaire, débouche souvent sur une impasse sociale.

4. Le gouvernement mauritanien s’acharne activement contre les mouvements anti-esclavagistes, ce qui affecte de manière disproportionnée la communauté haratine.

a) Le maintien apathique de la loi: une seule personne a été poursuivie, pour pratique esclavagiste, depuis la promulgation en 2007 de la législation criminalisant l’esclavage, malgré le fait qu’environ 4% de la population sont touchés par la pratique originelle de l’esclavage. Le procès, qui a eu lieu en 2011, a condamné l’esclavagiste, qui gardait deux jeunes garçons en esclaves, à seulement 4 mois de prison.

b) Les pouvoirs qui se succèdent ont toujours nié que l’esclavage existe encore comme un phénomène répandu en Mauritanie.

c) Le gouvernement a continuellement persécuté les militants anti-esclavagistes Haratines et refusé la reconnaissance de leurs organisations. L’exemple le plus notable est ma propre organisation, IRA-Mauritanie, dont le président et le vice-président, Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdane, sont actuellement emprisonnés afin de purger leur peine de deux ans de réclusion prononcée par la Cour d’Aleg pour avoir manifesté contre l’esclavage.

Recommandations: Comment aider efficacement les Haratines?

1. L’émancipation est impossible sans des mesures concrètes pour appliquer les lois anti-esclavagistes et fournir les moyens, aux anciens esclaves, pour accéder à l’indépendance économique.

– Des programmes communautaires pour améliorer la connaissance du fléau de l’esclavage et de la législation existante en Mauritanie luttant contre ce crime afin de mieux protéger les victimes.

– L’accès á l’éducation et á la formation professionnelle pour doter les victimes des moyens de subsistance alternatifs.

Ces programmes sont essentiels pour permettre aux Haratines de se libérer, en particulier ceux vivant dans les zones reculées.

2. Améliorer l’efficacité de la législation anti-esclavagiste:

– Après les élections de mars 2007, une nouvelle loi criminalisant l’esclavage en Mauritanie a été rapidement adoptée par le parlement. Cependant, ce ne fut pas une mesure efficace parce que le régime n’a pas voulu l’appliquer, et continue à nier la pratique de l’esclavage en Mauritanie. Le gouvernement doit prendre au sérieux l’application de la législation anti-esclavagiste.

– D’autres mesures juridiques telles que la réforme agraire et la possibilité de poursuivre en justice les anciens maîtres sont essentielles à l’émancipation des esclaves et doivent être introduites rapidement.

– Le blocage et la manipulation à l’œuvre dans les tribunaux présentent également l’un des plus grands obstacles à l’obtention d’une décision finale et à l’indemnisation des victimes.

3. La loi interdisant l’enregistrement légal de IRA-Mauritanie devrait être révisée, de sorte que cette organisation, qui n’a jamais envisagé l’usage de la violence, puisse poursuivre son important travail sans crainte de persécution de la part des autorités.

4. Le gouvernement devrait permettre une mission impartiale, de préférence étrangère, dont la mission est de quantifier précisément deux choses:

a) Le nombre d’esclaves en Mauritanie.

b) Le poids et la démographie de la communauté haratine, y compris leur représentation dans les institutions d’Etat, l’administration, le commandement militaire et d’autres positions d’influence, notamment le secteur privé.

Le pouvoir actuel nie l’existence de l’esclavage et ne reconnaît pas les Haratines comme un groupe ethnique distinct, malgré les estimations de leurs poids démographique respectifs. L’existence de données précises à ce sujet, même juste pour des régions spécifiques, serait très utile dans les efforts de plaidoyer contre le fléau. Nous serions ainsi en mesure de prouver que la surreprésentation des esclaves est d’ascendance haratine.

5. Des mesures urgentes doivent être prises afin de promouvoir une plus forte représentation de l’ethnie haratine marginalisés, y compris les femmes, dans le gouvernement, le Parlement, la justice et d’autres institutions publiques.

6. Les pays étrangers, ainsi que l’UE et les Nations Unies, devraient condamner conjointement, unies et concertées, l’inertie du pouvoir mauritanien en ce qui concerne l’esclavage, en particulier:

– L’apathie dont le gouvernement fait preuve à l’égard des propriétaires d’esclaves en dépit de mécanismes juridiques contraignants en apparence: à l’heure d’aujourd’hui un esclavagiste seulement a été jugé dans le pays.

– La persécution de ceux de la communauté haratine qui luttent pacifiquement contre l’esclavage, notamment Biram Dah Abeid, Brahim Ramdane Bilal, et d’autres militants de l’IRA-Mauritanie, régulièrement persécutés, du fait de leur engagement pour l’égalité de des droits civiques.

Je vous remercie

Crédit source: IRA-Mauritanie

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NOS CASTES ÉTOUFFÉES.. PARLONS-EN /EL WELY SIDI HAIBA

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Écrit par El Wely Sidi Haiba

Il est affligeant qu’au 21e siècle et après 56 années d’indépendance l’on continue à observer, dans ce pays, obstinément et maladivement des modes désuets et ignominieux de rapports entre ses citoyens que tout devrait normalement unir face aux menaces internes de toutes natures et externes en tous temps et circonstances;

Rapports tenant à une stratification injuste et injurieuse érigée depuis les pires périodes de son histoire en système de castes règlementant son organisation sociale à l’instar de beaucoup de sociétés médiévales aujourd’hui disparues elles à la faveur des grands éveils qui ont chassé les ténèbres.

Le mot caste est utilisé, dans la meilleure de ses définitions, pour désigner, avec un sens péjoratif, une classe fermée de la société qui, par cette fermeture, notamment par son mode d’accès, cherche à préserver ses privilèges et ses caractères.

Parler en Mauritanie de prétentions de caste, d’esprit de caste, de préjugés de caste ne relève pas de l’extraordinaire. Le tout tient sur son sol et dans ses structures sociales et n’étonne pas. La société mauritanienne toutes composantes ethniques confondues est structurée en castes pyramidales graduées. Celles qui se trouvent par la force des armes ou du savoir au sommet de la pyramide se partagent, depuis la lointaine période de leur formation, les deux pouvoirs exécutif et juridique. Elles ont par ce positionnement au sommet réussi assujettir et avilir les plus faibles, les répartissant en castes sans âmes ni grandeur et les vouant à les servir en maîtres, et cela à travers des occupations qui deviendraient par après des cachets et marques indélébiles, esclaves, bergers, forgerons, griots, pour certains, cordonniers, pêcheurs, tisserands, etc… pour d’autres.

Et malgré l’instauration de l’école occidentale et les valeurs de la République qu’elle a véhiculé combattant les stratifications, ne plaise à certains, les prétentions, l’esprit, et les préjugés de caste n’ont pas bougé d’un iota entretenant un climat délétère d’injustice sociale destructeur et porteur du germe de la dislocation si rien ne change.

Après les abolitionnistes et les antis esclavagistes qui ont haussé le ton et pu se faire entendre, on constate la montée en force d’autres couches longtemps stigmatisées, victimes de leurs positions au bas de la pyramide de la honteuse stratification sociale de leurs groupes ethniques. La plus en vogue est à l’heure de ces revendications d’égalité et de recouvrement de la dignité humaine, la couche ou caste des forgerons longtemps porteuse d’attributs dégradants et victimes d’une ségrégation méprisable qui lui ôte en plus de sa dignité ses droits sociaux, matériels et intellectuels. Et il ne serait pas donc étonnant de voir toutes autres castes, qui pour des raisons multiples baissent encore l’échine, sortir de leur torpeur et revendiquer justice et dignité.

Or ce n’est que lorsque la dignité humaine aura été unique dans ce pays et confortée dans son entendement que la Mauritanie entreprendrait sereinement la voie de la réconciliation. Mais c’est aussi en ce moment précis que ces richesses incommensurables cesseraient d’être la propriété privée ou la chasse gardée des nantis et des privilégiés au détriment d’un peuple tout entier et d’un pays qui ne réclame qu’en être un, indépendant, juste et prospère.

El Wely Sidi Haiba

Crédit source: kassataya.com

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COMMUNIQUE D’ALERTE SUR LES CONDITIONS DE SANTE PRECAIRE DE BIRAM OULD DAH OULD ABEID A ALEG

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1)Rappel historique des faits

Les militants de droit de l’homme Biram Ould Dah Ould Abeid , Brahim Ould Bilal Ramdhane et Djiby Sow avaient été arrêtés arbitrairement sous un fallacieux prétexte de règlement de compte politique pendant qu’ils avaient initié à compter du 07 Novembre 2014 une caravane contre les expropriations des terres de la vallée et l’esclavage foncier dont souffrent les populations de la vallée.
La caravane avait été arrêtée le 11 novembre 2014 à l’entrée de la ville de Rosso avec une répression sans précèdent et les leaders , pourtant les derniers à se joindre à la caravane ont été bizarrement cueillis par la police politique et le siège de l’ONG, initiative pour la résurgence abolitionniste(IRA) a été fermée le 12 novembre2014 à Nouakchott ,après un passage à sac des locaux et de la destruction de tout ce qui pouvait utilement servir à l’ONG dans sa lutte contre l’esclavage et le racisme en Mauritanie.

Depuis la date du 24 Décembre 2014, la justice Mauritanienne inféodée au pouvoir militaire du Général Mohamed Ould Abdel Aziz à travers le parquet de Rosso avait requis 5 ans de prison ferme à de simples manifestants pacifistes à mains nues dont le président de L’IRA, Biram Ould Dah Ould Abeid et le Président de Kawtal ngam yellitaare Djiby Sow ,cette condamnation a été confirmée par la comédie juridique du 15 janvier 2015 à Rosso à l’appui des chefs d’accusation falsifiés, par une peine d’emprisonnement de 2ans contre les 03 leaders de la dite caravane. Ainsi sans aucun respect de la défense et des textes qui régissent cette justice inféodée au pouvoir, les militants ont été transférés à Aleg en dehors de leur lieu de condamnation pour valider la forfaiture de l’instrumentalisation et les réduire à un isolement et à une punition expéditive. Le dessaisissement de la cour d’Appel de Nouakchott par le pouvoir au profit de celle d’Aleg, une volonté manifeste de confirmer cette peine imaginaire avait conduit au boycott du procès en appel du 20 Aout 2015 à Aleg pendant que la pression nationale et internationale s’accentuait pour demander la libération immédiate et sans condition des détenus d’opinion mais le régime du général reste toujours sourd et muet à ces nombreux appels.

2) Détériorations de la santé fragile des détenus.

Après la grande mobilisation, suite à l ‘aggravation et la détérioration de la santé du Président de Kawtal ngam yellitaare Mr Djiby Sow ,admis en réanimation à l’hôpital de Nouakchott à plusieurs reprises entre le 08 juin et 22 juin 2015 sans avoir eu la possibilité d’être soigné Mr Sow Djiby a été libéré provisoirement le 26 juin 2015 et il ne doit sa libération qu’à une grande solidarité nationale et internationale .

Depuis ce 05 Octobre 2015 à Aleg, le président de L’IRA souffre des douleurs abdominales, de nerfs sciatiques ,d’hypertension artérielle plus d’autres complications et le médecin ordonne son évacuation à la capitale, Nouakchott mais les autorités pénitentiaires et judiciaires sous les ordres de l’état refusent catégoriquement tout transfert du leader charismatique Biram Ould Dah Ould Abeid vers la capitale pour les soins appropriées et adaptées à sa maladie, ce qui relève d’un non sens et d’un manquement grave de la Mauritanie à ses obligations nationales et internationales.

Devant cette situation de drame préparée par le pouvoir l’organisation contre les violations des droits de l’homme en Mauritanie (OCVIDH) appelle à une mobilisation nationale et internationale pour sauver la vie d’un homme qui n’est victime que de ses idées et de son combat pour la survie des plus démunis dans son pays.

Notre ONG met en garde l’état Mauritanien sur le principe élémentaire de non-assistance à une personne en danger et attire l’attention bienveillante de toutes les chancelleries à Nouakchott, les partis politiques, la société civile, l’ensemble des associations et syndicats sur la gravité de la dégradation de l’état de santé de Biram Ould Dah Ould Abeid et des conséquences futures. Maintenant nous le savons c’est grave…

Nous appelons à l’ensemble de la classe politique mauritanienne, à plus d’humanisme, de cohérence, de solidarité, de tolérance et de rejet des injustices quel que soit les antagonismes politiques et les intérêts mesquins ou égoïstes contraires à toute éthique et à notre religion L’Islam. L’OCVIDH, appelle à l’harmonisation des voix dans l’ensemble de l’opposition mauritanienne de l’intérieur comme à l’extérieur, à la conjugaison des efforts, à la mobilisation des moyens humains et financiers pour décrier partout, ces arbitraires d’une autre époque et ses agissements sélectifs dans la gestion de l’état , qui sapent l’unité et la cohésion nationale

Demain, nous ne pouvons pas dire que nous ne le savions pas, créons dans les situations si particulières et graves les conditions durables de nous lever contre les abus et les injustices dans notre pays ,sans que les considérations d’ordre politique, idéologique ou épidermique n’entravent notre humanisme et notre respect pour tout homme quel que soit son origine social. Nos différences culturelles et linguistiques sont une chance et une richesse et non un handicap ou une entrave au développement de ce pays.

Qu’Allah protège la Mauritanie de la mauvaise gouvernance et de l’autocratie.

Le Bureau exécutif de l’Organisation contre les violations des Droits Humains en Mauritanie (OCVIDH)

Site http://www.ocvidh.org

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05-10-2015 19:30 – Des mines d’or juteuses pour les proches du président mauritanien Aziz

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Mondafrique – Les autorités américaines ont lancé une enquête pour faire la lumière sur les pots de vins versés à des proches du président mauritanien par le géant minier Kinross Gold Corporation.

C’est « Le Monde* qui a révélé cette grave affaire de corruption éclaboussant le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, ainsi que son clan. Elle concerne les agissements du géant minier canadien Kinross Gold Corporation en Mauritanie. En 2010, celui-ci a acheté la mine d’or de Tasiat, située à 300 kilomètres au nord de Nouakchott.

C’est cette acquisition et l’exploitation du gisement qui valent aujourd’hui au cinquième producteur mondial d’or de faire l’objet d’une enquête de la SEC, le gendarme de la Bourse américain, et du Département US de la Justice. Et le moins que l’on puisse dire est que les Américains n’y vont pas de main morte.

Selon Le Monde, la SEC a exigé de Kinross Gold Corporation « une liste de documents internes tels que l’intégralité des courriers et échanges électroniques, mais aussi les contrats et les virements passés avec une longue liste de personnalités mauritaniennes, le plus souvent des proches du président. Les paiements de taxe sur les carburants, les relations avec les inspecteurs du travail, et les rapports environnementaux ont également été demandés ». Si la Kinross Gold Corporation se trouve à ce point dans le collimateur anti-corruption des Etats-Unis, c’est qu’elle est lourdement suspectée d’avoir bien arrosé l’entourage du président Ould Abdel Aziz.
Bakchichs à gogo
Le Monde publie en effet une liste de corps de métiers et de personnalités mauritaniennes qui ont profité des largesses de cette société. Sont pêle-mêle cités des agents des douanes, des gendarmes, des militaires, des inspecteurs du travail, des hauts fonctionnaires et des conseillers du président. C’est notamment le cas d’un « entrepreneur logistique », Ismaël Hassana, qui a « fait fonction de directeur des relations extérieures de la filiale mauritanienne de la Kinross Gold Corporation. » Mais aussi de l’homme d’affaires Melaïnine Ould Tomy, « toujours chic et coutumier des palaces parisiens », ancien vice-président de la mine de Tasiat. A son sujet, Le Monde relève ironiquement que c’est « sans doute un hasard qu’il ait été directeur du protocole de la présidence et que son cousin se nomme Mohamed Ould Abdel Aziz »…

Parmi les autres personnalités sur lesquelles les autorités américaines enquêtent, figure Mohamed Abdellali Ould Yaha, « ancien délégué à l’investissement privé du gouvernement et sous-traitant du géant minier » ; ou encore « le patron de la gendarmerie nationale, le général N’Daga Dieng, (qui) loue plusieurs de ses villas à Nouakchott aux éployés de Kinross Gold Corporation, qui a d’ailleurs embauché sa fille. »

Bien connue des lecteurs de Mondafrique, cette corruption du clan présidentiel mauritanien ne peut qu’alerter la communauté internationale. Laquelle n’a que trop soutenu Ould Abdel Aziz et les siens en fermant les yeux sur la corruption du régime.

* Mauritanie : le géant minier Kinross dans le viseur des autorités américaines, par Joan Tilouine et Xavier Monnier, paru sur http://www.lemonde.fr le 4 octobre 2015

ENCADRE LA REPONSE DE KINROSS

En réponse aux demandes de renseignements des médias, Kinross Gold Corporation (TSX: K, NYSE: KGC) souhaite faire connaître les circonstances relatives à un examen réglementaire en cours concernant ses opérations minières en Afrique de l’Ouest.

En août 2013, Kinross a reçu des informations sur des allégations de paiements irréguliers effectués à des fonctionnaires de gouvernements ainsi que sur certaines déficiences de contrôle interne au niveau de ses opérations minières en Afrique de l’Ouest.

Kinross prend ces allégations très au sérieux et a immédiatement engagé des mesures en accord avec sa politique en matière de dénonciation. Un cabinet de conseil juridique externe a été immédiatement retenu pour mener une enquête interne objective sur ces allégations.

En mars et décembre 2014, ainsi qu’en juillet 2015, Kinross a reçu des assignations de la part de la Securities and Exchange Commission des États-Unis (la «SEC» – organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers) en quête d’informations et de documents sur sensiblement les mêmes sujets qui avaient été déjà soulevés à titre anonyme. En décembre 2014, Kinross a reçu des demandes d’informations similaires de la part du Département de la Justice des États-Unis (le «DOJ»).

Kinross coopère pleinement avec la SEC et le DOJ et continue à mener avec rigueur sa propre enquête interne qui, au cours des 25 derniers mois, n’a pas identifié de problèmes que Kinross croit susceptibles d’avoir un effet négatif sur sa position financière ou sur ses opérations. Notre enquête interne se poursuit et dans ce cadre des éléments ou faits nouveaux pourraient être connus. Il est important de noter que les assignations de la SEC indiquent expressément que: « cette enquête est confidentielle et non publique et ne doit pas être interprétée comme une indication par la Commission ou son personnel de toute violation commise, ni comme une appréciation sur une personne, entité ou sécurité ».

Kinross s’engage à mener ses opérations selon les standards éthiques les plus élevés et à conduire ses affaires d’une manière honnête et transparente en conformité avec la loi. Kinross a mis en œuvre, de longue date, une solide culture d’éthique et de responsabilité conformément à son code de déontologie et d’éthique et aux programmes de conformité anti-corruption qui y sont liés. Du fait qu’il s’agit d’une affaire légale en cours, Kinross ne fera pas davantage de commentaire pour le moment.

Crédit source:  reprise via cridem.org

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06-10-2015 05:39 – IRA/Communiqué : Les autorités judiciaires passent outre l’avis des médecins et laissent se dégrader la santé de Biram

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IRA-Mauritanie – Le 25 août 2015, le récipiendaire du Prix 2013 de l’ONU pour les droits de l’Homme, Biram Dah Abeid président de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), maintenu en prison depuis un an avec son adjoint, Brahim Bilal Ramdhan, était évacué vers l’hôpital régional d’Aleg (Sud de la Mauritanie). Le militant abolitionniste souffrait de douleurs atroces au dos.

Soupçonnant une méchante hernie discale, le Médecin chef, Directeur de l’hôpital Mohamed Lemine qui ausculta le prisonnier, fit un rapport circonstancié et recommanda à l’administration pénitentiaire de soumettre le patient à des examens complémentaires dont, notamment, des scanners pour fixer le diagnostic et permettre la prescription d’un traitement adapté.

Jusqu’à aujourd’hui 05 octobre 2015, plus d’un mois après cette évacuation sanitaire et la recommandation du médecin, Biram Dah Abeid continue à souffrir de son dos sans le moindre traitement ni examens complémentaires.

L’administration judiciaire mauritanienne a passé outre l’avis du médecin et laisse l’état de santé du prisonnier d’opinion se dégrader à vue d’œil. Pire, pendant cette période, cette même administration a organisé une agression physique commise sur la personne de Biram de la part de l’un de ses supplétifs déguisé en visiteur de prisons 15 septembre 2015.

Devant cette volonté manifeste de laisser souffrir les prisonniers dont elle a la charge et face à cette cruauté caractérisée qui vient s’ajouter à la détention arbitraire, l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) :

1- tient les Autorités judiciaires mauritaniennes pour responsables de ce qui pourrait découler de ces agissements en termes de dégradation dans l’état de santé de ses dirigeants ;

2- lance un appel pressant aux organisations de la société civile, aux syndicats, aux partis politiques et aux institutions internationales pour qu’ils dénoncent cette non-assistance à personne en danger et violation manifeste des droits de l’Homme.

Nouakchott Le 05 octobre 2015
La Commission de Communication

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02-10-2015 09:54 – Les Harratines, ces oubliés de la République (Suite et fin) Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibecar

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Le Calame – Le manifeste des harratines proclamé en grande pompe à Nouakchott le 29 avril 2013, solennellement avec la présence remarquée des leaders harratines opportunistes et de leurs soutiens, contrairement au manifeste diabolisé du négro-mauritanien opprimé, élaboré lui dans la clandestinité en avril 1986, donne l’impression qu’il a été conçu avec la bénédiction du pouvoir féodal, pour amuser la galerie et gagner ainsi du temps, ce qui n’augure pas de lendemains meilleurs.

L’absence à ce forum des chefs des adwabas et des notables harratines de l’intérieur, grands électeurs, qui subissent au quotidien les injustices, les mépris et les frustrations de toutes sortes, démontre si besoin est que le pouvoir féodal continue de jouer sa mauvaise comédie, qui ne s’intéresse qu’à l’élite harratine dont la majorité est manipulable à volonté.

Ce tintamarre aboutira sans doute, avant d’être oublié, à la nomination de quelques opportunistes harratines et leurs proches à des postes importants et à la distribution bien ciblée de quelques charités sur la base du leitmotiv chanté par ces abolitionnistes : la discrimination positive.

Action visant à favoriser les groupes sous-représentés afin de corriger autant que faire se peut les inégalités. Alors que cette discrimination positive bien contrôlée par le pouvoir féodal est contreproductive.

Les centaines de femmes recrutées à la fonction publique sur la base de ce fameux principe sont majoritairement triées parmi les proches du pouvoir tribal et des partis de la majorité. Les cinquante imams harratines n’échappent pas à la règle et sont recrutés majoritairement parmi les anciens esclaves fiers d’être soumis au pouvoir féodal.

Cadres opportunistes

Toutes mesures de discrimination positive susceptibles de réduire les inégalités de chances, les inégalités sociales, les inégalités de promotion dont souffrent encore et toujours les anciens esclaves, doivent commencer par la base.

C’est-à-dire dans les adwabas et dans les banlieues des grandes villes où vivent ces populations discriminées. En donnant la priorité aux infrastructures scolaires, médicales et routières et non pas se contenter de donner des promotions à certains cadres opportunistes qui tirent profit de ce fléau social.

L’accès à la fonction publique doit se faire sur concours conformément à la loi, une commission consensuelle assermentée doit être choisie parmi les meilleurs cadres pour veiller à la transparence et à la bonne exécution des examens et concours.

Aujourd’hui les opportunistes du mouvement Elhor anciens ministres, anciens ambassadeurs ou hauts fonctionnaires et leurs soutiens sont majoritairement devenus au fil du temps, partie intégrante du système féodal, certains apparaissent même plus royalistes que le roi, et doivent être combattus.

Quant aux idéalistes les plus actifs notamment ceux de l’IRA, ils ont été infiltrés et manipulés ouvertement par les services de renseignement du pouvoir féodal, leur prodiguant un discours extrémiste belliqueux au besoin, qui a abouti à leur emprisonnement suite à la profanation des livres du Fikh malékite, action qui ressemble à une véritable mise en scène orchestrée par le pouvoir pour les diaboliser.

Cependant, IRA est discréditée par son caractère violent, insolent et provocateur ainsi que par son comportement fanatique et sectaire qui prend parfois des allures racistes incompatibles avec sa mission.

En effet, ils ont dénoncé avec arrogance, à plusieurs reprises, le travail des domestiques mineurs harratines rémunérés chez des familles beidanes modestes, comme formes d’esclavage modernes, alors qu’ils n’ont jamais dénoncé la même catégorie de domestiques qui travaillent dans les mêmes conditions chez certains cadres et notables harratines, ainsi que les mathoudos et les comés travaillant dans les mêmes conditions chez les toucouleurs et les soninkés camouflés tous par la couleur de leur peau.

Quand le pouvoir tribaliste a voulu utiliser IRA pour les besoins de la mascarade électorale dont les résultats sont connus à l’avance, il a mis leur chef en liberté provisoire, lui a fourni un casier judiciaire vierge en violation de la loi, et fait entériner sa candidature à la présidence de la république par le conseil constitutionnel tribal, présidé pour la circonstance par un hartani du pouvoir féodal. En légitimant cette imposture IRA a renforcé le pouvoir qu’elle était censée combattre.

Plus tard quand le chef de l’IRA, revigoré par son prix et par son score aux élections de juillet 2014 a voulu apaiser son discours pour être fréquentable, il a été mis en prison parce que le pouvoir ne peut accepter cette organisation qu’avec son discours violent et méchant destiné à terroriser la communauté Beidane afin de l’obliger à rester solidaire du système féodal.

On ne peut oublier le rôle combien positif des nombreuses associations abolitionnistes de la société civile et particulièrement de SOS ESCLAVES qui lutte inlassablement depuis plusieurs années avec élégance et pédagogie, en toute indépendance et avec des moyens modestes, dans le respect des règles du droit et de la Charia pour la liberté et le bien être des anciens esclaves.

Les harratines sont une chance pour la Mauritanie. Les tribus arabo- berbères et négro- mauritaniennes doivent nécessairement les adopter. Il est grand temps que nos communautés acceptent le principe fondateur de la République : L’égalité citoyenne.

Enjeu vital

Pour renforcer cette égalité, l’un des principes fondateurs de notre sainte religion, on doit nécessairement encourager le métissage entre nos communautés et nos castes. On ne doit pas être plus royaliste que le roi.

Le prophète Mohamed PSL avait donné en mariage sa cousine Zaïnab bint Jahch à son ancien esclave Zayd Ibn Haritha. Il lui avait donné le commandement de l’Armée musulmane lors de la bataille de Mu’tah où il avait sous son commandement beaucoup de compagnons du Prophète.

Plus tard le Prophète désigna Oussama le fils de Zayd et de Zaïnab pour diriger une autre armée qui comprenait Omar Ibn Elkhattab, le futur Calife. Ce dernier, sur son lit de mort, avait dit devant d’illustres compagnons du Prophète dont notamment Othmane, Ali, Saad, Zoubeir, Talha et Abderrahmane ibn Awf : « Si Salim l’affranchi de Abou Houdheyfa était encore parmi nous, je l’aurai nommé pour me succéder ».

Tout cela prouve, si besoin est, que dans l’Islam seuls les critères objectifs de piété, de probité morale, de compétence et d’aptitude sont à prendre en considération. L’épanouissement des harratines en harmonie avec les autres composantes, aura un effet salutaire pour notre peuple et augure des lendemains meilleurs. Le pouvoir et la classe politique doivent tenir compte de cet enjeu vital pour la concorde nationale.

La population mauritanienne estimée à 3 500 000 habitants est approximativement répartie ainsi qu’il suit : 35 à 40 % de Beidanes, 35 à 40 % de Harratines et entre 25 à 30% de Négro-mauritaniens.

Selon certaines estimations, l’élément harratine est majoritaire au sein de la communauté arabo-berbère, d’autres estiment le contraire. En l’absence de statistiques fiables et consensuelles, il est quasiment impossible de trouver des estimations qui ne soient pas contestées par l’une ou l’autre des composantes.

Incontestablement, certains facteurs démographiques réels privilégient la majorité de la composante noire, notamment un taux de fécondité beaucoup plus élevé chez les Négro-mauritaniens (Haratine, Soninké, Haalpulaar, Wolof) doublé du mariage précoce, la polygamie pratiquée presque exclusivement en milieu noir et l’instabilité des foyers arabo-berbères caractérisée par un taux très important de divorces doublée d’un taux très élevé de mariages tardifs et de célibat.

Sur le plan démographique, le rapport de force dans un proche avenir sera très favorable aux harratines. Ceux-ci doivent nécessairement protéger leur pays contre les appétits du pouvoir féodal destructeur, responsable de l’esclavage et du racisme en adoptant une attitude pacifique et en évitant coûte que coûte toute confrontation avec ce pouvoir tribaliste, sans foi ni loi, qui n’a pas respecté le caractère sacré du Ramadan de 1989 et qui met en péril l’existence même de la Mauritanie.

L’avenir de la Mauritanie sera donc ce qu’en feront les harratines. Ils pourront même changer le nom du pays en le nommant par exemple la République Islamique HARTANIA. Ainsi tous les féodaux, descendants du Prophète, fils d’Emirs et de chefs de tribus ou de cantons , nobles arabo-berbères et négro-mauritaniens, irréductibles féodaux, seront obligés chacun en ce qui le concerne de décliner sa nationalité en disant : « Je suis hartani » « Je suis hartania ». Ce jour-là tous les complexes disparaîtront.

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Reportage : Deux heures avec les détenus d’Aleg

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1 October, 2015 – 22:09

Cela fait déjà quelques mois que les deux premiers responsables de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA), Birame ould Dah ould Abeid et Brahim ould Bilal, sont incarcérés à la prison d’Aleg. Les deux hommes ont écopé de deux ans d’emprisonnement fermes, dans un procès organisé à Rosso où ils ont été arrêtés. Un verdict confirmé par la Cour d’appel, il y a un peu plus d’un mois, au cours d’une session à laquelle Birame et son adjoint ont refusé d’assister. Naturellement, le collectif des avocats qui défendent les deux militants des droits de l’homme ont fait appel devant la Cour suprême, pour un ultime recours. Normalement, il ne devrait plus rester longtemps, avant que cette chambre ne se prononce, sur le premier dossier de ce type qui atteint ce degré de juridiction.

Voir Birame et…
Il m’a fallu faire intervenir une personne qui a quelques relations. Non pas que ce soit impossible de voir Birame, selon un calendrier précis, mais c’est qu’en bon mauritanien, il faut user de chemins tordus pour atteindre l’objectif. Après quelque dix à quinze minutes de route, me voilà maintenant avec une dizaine de personnes attendant, à quelques mètres de la grande porte de la prison, que mon ami veille me faire rentrer. Il fait chaud, sous l’arbre rabougri que les militants d’IRA ont baptisé « l’arbre de Birame » dont le nom est écrit au moins cinq fois sur le tronc. Parmi les visiteurs, une femme et un homme viennent de Teichtayatt, des environs de R’kiz, au Trarza. Une plus jeune femme, à peine trente ans, vient directement de Nouakchott. C’est une militante endurcie qui a marché, en 2013, de Boutilimit à Nouakchott, pour protester contre un cas d’esclavage. Le coordinateur régional d’IRA et les autres viennent du Brakna. De loin, les gardes régentent les choses, en faisant signe, de temps en temps, à un groupe de personnes de s’avancer, pour le soumettre aux formalités d’usage (vérification de la carte nationale d’identité, saisie des téléphones et autres objets puis test de sécurité). L’attente est longue. Alors que je m’apprête au découragement, un garde vient me chercher, pour enfin m’introduire, pour la troisième fois, dans une des plus grandes prisons de la Mauritanie.

Bon moral
Birame et Brahim ne sont plus à la même place. Selon le garde qui me conduit, de nouvelles instructions du ministère de la Justice ont permis de séparer les détenus suivant les peines et les délits. Les deux hommes m’accueillent à la porte, ils sont visiblement en bonne forme. Birame en grande culotte et tee-shirt ; Brahim dans un ample boubou qui ne devrait pas être un choix vestimentaire délibéré mais un impératif qu’impose la canicule qui sévit depuis quelques jours à Aleg. L’espace est agréablement meublé de quatre matelas et coussins, impeccablement rangés sur un tapis. Un homme, un autre détenu, semble-t-il, fait le thé. Nous formons, nous visiteurs, un bon groupe dont quatre femmes. Au coin de la salle, trois gardes suivent nos moindres mouvements. Toujours bien entiers dans leur présence, Birame et Brahim discourent sur le pouvoir et toutes les questions nationales. La présence des gardes ne semble pas les gêner. Ils parlent de tout, en toute liberté. L’épaule droite de Birame est couverte d’une impressionnante plaie, fruit, explique-t-il, de la piqûre d’un coléoptère. Les deux détenus sont au courant de tout. Birame rit, sous cape, des dernières concertations nationales, non sans admirer la position de la CUPAD. Entre deux verres de thé particulièrement bien dosés et un bon zrig de lait de vache, les discussions vont bon train. Sans réserves. De temps à autre, Brahim, un peu occupé par la visite de son fils ainé et d’un proche parent de Boutilimit, intervient. Les chargés de mission de France, d’Espagne, du Canada, des Etats-Unis, d’Allemagne et autres diplomates de l’Union Européenne sont venus exprimer leur soutien aux détenus. Des personnalités nationales politiques, indépendantes, syndicalistes et des droits de l’homme leur ont aussi rendu visite. « Nous sommes là depuis dix mois et dix-sept jours », déclare Birame en souriant, « et nous sommes prêts à rester jusqu’à la fin de notre peine. Les messagers d’Aziz continuent à venir. Avec eux, nous n’avons jamais accepté de discuter de notre libération. Nous demandons quatre choses au pouvoir : ne pas persévérer dans le déni de l’esclavage. Appliquer les lois contre les esclavagistes. Reconnaître notre organisation IRA et notre parti, le RAG ».

Une justice aux pas
En bon juriste, Birame nous explique les erreurs qui ont émaillé la procédure, de Rosso au jugement en appel d’Aleg. Selon lui, si les juges qui avaient en main le dossier avaient été officiellement dessaisis, tout ce qui pouvait se faire après, comme leur transfert à Aleg pouvait se comprendre. « Ensuite », s’étonne Birame, « comment peut-on juger quelqu’un, sans sa présence, alors qu’il est là, en prison ? C’est quelle justice, ça, ce sont quels juges ? » Il poursuit : « L’ultime recours maintenant, c’est la Cour suprême. Elle est obligée de prononcer, au bout d’un certain délai, une décision. Ce verdict-là rendra notre dossier recevable devant les juridictions internationales. D’ailleurs, un noyau d’avocats renommés de France, des Etats-Unis et du Canada a commencé à se constituer dans cette perspective. Les Nations Unies ont formé un groupe de travail sur le dossier des détenus d’IRA. Le président Maouiya ould Sid’Ahmed Taya, qui était entouré de très bons juristes, n’avait jamais accepté qu’une affaire de droits de l’homme atteigne le recours ultime, c’est-à-dire la Cour suprême, pour justement ne pas ouvrir la voie à la saisine des instances internationales ». Ancien greffier en chef, Birame connaît très bien les rouages de la justice Il sait pertinemment qu’en Mauritanie, les juges n’ont pas la prérogative de dire le droit en leur âme et conscience. « La preuve », narre le président d’IRA, « au cours de notre procès en appel, un important homme d’affaires aurait pris la peine de voir le Président, pour tenter de le convaincre de mettre fin à cette histoire, dans l’intérêt du pays. Lorsque l’homme d’affaires entre dans le bureau du Président, il le trouve en conversation téléphonique avec un responsable d’Aleg à qui il demande de confirmer notre peine, estimant notre refus de nous présenter à l’audience comme une provocation. Du coup, l’homme d’affaires s’est senti obligé de changer le sujet de sa visite et de discuter d’autre chose ». Dans le couloir où nous nous tenons assis passe un agréable courant d’air. Par deux fois, un jeune lieutenant se montre, à l’autre bout. Les deux détenus semblent entretenir d’excellents rapports avec tout le monde : responsables sécuritaires, prisonniers et personnel. Les sourires qu’ils échangent avec certains, les petites tapes sur les épaules des gardes et la bonne humeur générale en attestent. Au bout de deux heures, « je demandé la route » comme disent les parents Halpulaar. Très gentiment, Brahim me salue et Birame me raccompagne jusqu’à la porte, non sans me charger de transmettre ses amicales salutations à toute l’équipe du Calame.

Sneïba El Kory, depuis la prison d’Aleg

Source crédit: lecalame.info

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