Un cri osé… !!!

Une entente d’apparence sans Vérité n’est qu’un évident péché de mensonge:

L’engagement pour la justice et la vérité en Tout, ne doit jamais avoir comme critères de mesure, les envies et les humeurs de milieux dominants ou se croyant comme tels dans la société. Le seul marqueur qui doit valoir dans ce sens, est lié uniquement aux prescriptions divines qui sont souvent incompatibles avec les intérêts stricto partisans des milieux dominants. Seuls les naïfs croient à la mendicité de la respectabilité et aux amitiés inhibitrices pour restaurer leur Humanité déstructurée à travers leur extraction sociale qui n’a jamais été le fait d’un fatalisme déterministe mais bien forgée par ceux qui croient ignorer Tout mais sensibles à Tout en même temps.
Chez « le mauritanien », les efforts pour faire des bonnes études ou gagner beaucoup d’argent de par le monde, sont loués, mais les mêmes efforts consentis par certains pour restaurer leur dignité en dénonçant les conséquences directes d’une Histoire magouilleuse, sont considérés comme violents et agressifs par d’autres.

SoninkIdees-J’ose

Le Passeport accusateur de notre administration est enfin arrivé à Paris après d’énormes dégâts.

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Ce 08 Juillet 2015 à 10 heures est enfin arrivé le passeport accusateur de la défaillance et de l’incohérence de notre administration chargée soit disant de l’état civil dont est responsable Mr Mouraby à Nouakchott .Dans un article paru le 25 avril 2015 dont voici le lien http://www.ocvidh.org/article.php?sid=8774, nous avions avec clarté parler du calvaire de notre compatriote victime de son faciès asiatique face à une administration qui peine de faire un discernement entre des questions essentielles , vitales et le superflu qui caractérise sa méthodologie caduque complètement aux antipodes des jeunes états de droit ; de justice et du respect de l’être humain. Madame Coulibaly Souéloum est née de l’adjudant-chef Abdoulaye Yéro Coulibaly ,lui-même né en 1916 à Djèol à 18 kilomètres de Kaédi dans le Gorgol, recruté dans l’armée Française pendant que la Mauritanie était une colonie Française,il a servi pendant quinze années en Indochine ou est née sa fille Souéloum Coulibaly en 1949 .L’adjudant-Chef en revenant dans son pays d’origine la Mauritanie amena sa fille Souéloum Coulibaly qui a fait ses études primaires et secondaires jusqu’en 1970 avant de faire le concours des infirmières et celles des infirmières d’état après une bonne dizaine d’année pour enfin servir au Ministère de la santé dans la prévention des vaccinations jusqu’en 2003 soit alors trente et un ans de loyaux services rendus à sa nation pour soigner éduquer et prévenir les maladies dans une jeune nation au moment où elle avait besoin de son envolée socio-économique et de son rayonnement après son indépendance en 1960. Comment alors comprendre la lâcheté et l’irresponsabilité notoire de notre administration face à la demande persistante de Madame Coulibaly pour obtenir un Passeport depuis 2013 en France ou elle se soigne , victime d’un accident au col du fémur que notre état n’a pas trouvé adéquat de la prendre en charge, ni la soigner et la mettre dans des conditions les plus humaines possibles, elle, qui avait pourtant donné toute sa jeunesse pour ce pays tout entier , y compris la capitale où elle ne passait pas inaperçue ?Sérieusement Chers compatriotes il y a de quoi s’inquiéter sur la crédibilité du staff de cet enrôlement en l’occurrence Mr Mouraby et sa fameuse commission occulte qui décideraient de l’oxygène que doivent désormais respirer les Mauritaniens donc de leur vie .La crédibilité et la solvabilité de cette administration de l’état civil sont écornées très gravement, à entendre ces partenaires associatifs bénévoles, il s’agit de la Cimade, de l’Emmaus, du SAMU social et de la sécurité sociale Française, qui s’attendaient à la rapidité et à l’exemplarité de notre état civil pour venir en aide à notre compatriote handicapée à 80% ,cela a été un véritable fiasco et leur jugement est malheureusement sans appel sur les services de Mr Mouraby gangrénée par une maladie cancérigène qui risquerait de rendre notre pays amorphe et sans lendemain meilleur si cela doit encore perdurer et que « l’Homme soit ainsi livré aux chiens » . Au passage remercions de vives voix ses associations humanitaires Françaises qui ont voulu héberger et soigner gratuitement sans contrepartie ni tracasserie administrative notre compatriote.

Après moult relances pour l’acquisition du passeport de Madame Coulibaly, c’est seulement le 25 juin 2015 qu’elle a été de nouveau dans l’enceinte notre ambassade contrainte de tout recommencer ne sachant le pourquoi du rejet de la première demande et sans même trouver d’explication ni orale ni écrite à cette bévue administrative qui fait de cette compatriote une victime de cet enrôlement discriminatoire qui donne raison aux associations de Droits de l’homme et au mouvement Touche pas ma nationalité qui ont fait de cette lutte leur cheval de bataille ,chose que nous constatons avec tous les observateurs honnêtes et vigilants comme une réponse à la politique d’exclusion voulue et entretenue par le pouvoir du Général Abdel Aziz. Il est à rappeler que notre état a failli à son devoir de protection et de suivi et Souéloum en est l’illustration parfaite, privée de son état civil, privée de prise en charge de l’état et de tous ses droits, s’est rajouté à tout cela le faux semblant d’ignorer son appartenance à la nation avec toutes les conséquences que cela comporte en occident ou les papiers c’est la vie, c’est l’ouverture et l’accès à tous les droits y compris sanitaires. Par ce cas précis, nous tirons une belle conclusion que la mobilisation autour de l’enrôlement des Mauritaniens, toutes les couches confondues est l’affaire de tous, les partis politiques, les parlementaires, les associations des droits de l’homme et la société civile dans son ensemble. Il est inconcevable et irrespectueux de réduire les Mauritaniens de l’extérieur à la mendicité et à l’exil forcé, fautes de pièces d’état civil avec un excès de zèle remarquable des services de Mr Mouraby et de sa commission occulte qui décident à qui donner les papiers et qui laisser au bord du carreau car personne n’a choisi pour l’autre le pays de sa naissance et personne d’autre ne peut donc se substituer à Allah le tout puissant à l’origine de notre peuplement et de notre lieu naturel qui est la Mauritanie .Pendant que notre compatriote souffrait ,le chargé de notre état civil, Mr Mouraby ,sans lequel rien ne bouge était en tournée dans toutes les régions du pays et il aurait fallu attendre son retour pour débloquer la situation. Malgré les appels incessants de notre ambassade à Paris, seule valait la promenade de santé du chef de ce service peu soucieux des drames humanitaires que cela pourrait engendrer. Dans quel pays sommes-nous ? Sans risque de me tromper l’oxygène de notre nature en Mauritanie risquerait d’être privatisé par les services de Mr Mouraby, mais comment ? Allahou yaalam. » L’éternelle course sur le toit d’une maison ne peut durer longtemps» nous dit un proverbe et à vrai dire des problèmes sérieux existent dans ce pays et il ne sert à rien de vouloir les occulter et il n’est pas trop tard pour mieux faire. En attendant des excuses officielles, qui devraient normalement parvenir à cette compatriote vilipendée et humiliée si ce n’est son faciès à l’origine de ses déboires ; pourquoi alors ces attitudes malsaines et non musulmanes qui n’honorent guère notre pays et à son image à l’étranger.

Ibnou Youssouf Diagana

Pour le site de http://www.ocvidh.org

mail:ocvidh001@wanadoo.fr

SoninkIdees-J’ose

08-07-2015 08:29 – Vote loi 048/2007 sur l’esclavage à l’Assemblée Nationale : IRA renoue avec la rue [PhotoReportage]

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Ils ont remis au goût du jour leurs revendications légitimes. Le mouvement citoyen abolitionniste, IRA, vient de porter à l’Assemblée Nationale la revendication de la loi 048/2007.

Ce mardi 7 juillet, il y avait foule devant la chambre basse, et des députés invités à être plus regardant, car il ne sert à rien de représenter un peuple, si on ne le défend pas. Il est attendu d’un parlementaire qui se réclame de la légitimé populaire, qu’il soit plus citoyen que politique. Mais est-ce le cas chez nous ?

Devant la chambre basse, la mobilisation était au top, les nombreux véhicules cédaient le passage à la marée humaine qui scandait les noms de ses deux chefs détenus à Aleg, Birama Dah Ould Abeid et Brahim Oud Bilal, icônes du refus.

Le dragon noir de la police ne tarda pas à être sur les lieux sans pour autant attirer l’attention, il fut plutôt royalement ignoré dans son allure de bras de fer et noyé dans la foule. « Nous avons un message à faire passer, pas des muscles à vendre » lance aux policiers, un abolitionniste.

Un message que Touré, un membre du bureau de l’IRA a délivré à la presse , « nous sommes ici dans une marche pacifique, devant les locaux de l’Assemblée Nationale en prévision de passage de la loi 048/2007, criminalisant l’esclavage, nous voulons que les concepts dans ce projet de loi soient précis, car jusqu’à la définition de l’esclavage en Mauritanie, il a problème » dit-il avant de poursuivre que, « la définition qui se trouve dans ce document est contraire à celle admise par les Nations-Unies. Il y a des interprétations contraires à celles définies par les Nations-Unies sur l’esclavage, il y aussi d’autres imperfections, d’autres écarts qui peuvent permettre la libération d’esclavagistes. Il y a des députés qui ont participé avec des organisations des droits l’homme à l’élaboration de ces projets de lois, criminalisant l’esclavage qui ne sont pas suivis d’effet ».

Il a donné l’exemple de la libération de ce maitre d’esclave à Rkiz et dont la culpabilité à été établie par la brigade de gendarmerie, « libéré il y a deux jours ». Pour M. Touré, « il ne sert à rien de voter des lois si on ne les applique pas ».
En Mauritanie, plusieurs courants s’accordent que nos élus des deux chambres ne sont pas pour l’application des lois et règlements en vigueur, surtout celles relatives à la défense des droits de l’homme. Il y a des tabous que le mauritanien ne va jamais transgresser. C’est ainsi que nos élus ne livrent aucun combat pour le bon fonctionnement de l’autorité publique qu’ils incarnent.

Co-responsables de la situation désastreuse du pays, ils fréquentent les couloirs du pouvoir. Mieux ou pire, c’est selon, ils dînent sous les ors des palais de la république et continuent de vaquer à leurs occupations « après avoir commis le crime de voter des lois scélérates ».

La marche de l’IRA, toujours avec la même détermination s’est terminée devant le Ministère de la Justice symbole vivant du monde oligarchique mauritanien.

ADN

Crédit source: cridem.org

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07-07-2015 11:54 – IRA-Mauritanie/Communiqué de presse: Le procureur de Rosso libère un maître esclavagiste

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IRA-Mauritanie – Nous annoncions par un communiqué de presse du 5 juillet l’arrestation par la Brigade de gendarmerie de R’kiz d’un maitre esclavagiste du nom de Abdallahi ould Tghana riche notable de la tribu des Rhahle pour des faits de pratiques esclavagistes sur une dame nommée Tislim mint Moulid qui était affectée dans des conditions inhumaines à la garde du cheptel du maître.

A deux jours du début des débats à l’Assemblée Nationale sur le nouveau projet de loi criminalisant les pratiques esclavagistes, quelle ne fût la surprise des militants abolitionnistes de R’kiz quand le Chef de Brigade de la gendarmerie leur appris avoir reçu des ordres du parquet de Rosso lui sommant de libérer immédiatement le maitre esclavagiste Abdallahi Ould Tghana malgré l’établissement formel des faits d’esclavage. Après enquête, il a été découvert que le Procureur de Rosso a agit sur instructions venues de Nouakchott.

Ainsi, l’on se demanderait à quoi servent les lois criminalisant l’esclavage quand les autorités en font régulièrement le déni et s’immiscent dans les affaires en cours de traitement par la justice pour les arrêter dans le seul but d’assurer l’impunité aux esclavagistes « pris la main dans le sac ».

Face à cette situation inacceptable, IRA – Mauritanie :

– Réaffirme son engagement ferme à continuer à démasquer et dénoncer les pratiques esclavagistes en Mauritanie et à exiger des poursuites contre les esclavagistes et des réparations adéquates pour les victimes,

– Appelle le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU de se saisir de ce cas flagrant pour démasquer la politique mensongère des autorités mauritaniennes dans leur pseudo lutte contre l’esclavage,

– Appelle toutes les mauritaniennes et tous les mauritaniens épris de justice et d’égalité à dénoncer la solidarité des autorités mauritaniennes avec les personnes et groupes reconnus de pratiques esclavagistes et à œuvrer pour l’avènement d’une Mauritanie égalitaire et véritable démocratique qui ne pourrait en aucun cas être un sanctuaire pour les tenants de pratiques médiévales et inhumaines.

Nouakchott, le 07 juillet 2015

La commission de communication

Crédit source: cridem.org

SoninkIdees-J’ose

UNE JOURNÉE AVEC BIRAME DAH ABEID ET BRAHIM BILAL RAMADHAN

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Samedi 4 juillet 2015, 17ème jour du mois de Ramadan de l’An 1436 de l’Hégire. Il est 10 heures et la ville d’Aleg, 250 kilomètres à l’Est de Nouakchott sur la route de l’Espoir, est chauffée à blanc par une forte canicule. La forteresse prison d’Aleg apparaît dans toute sa hideuse structure. Un grand rectangle ocre aux formes peu gracieuses, surplombé par quatre miradors. Située dans un no man’s land au Sud de la ville, la prison achevée en 2011, borde le plus grand squat d’Aleg, une succession de hangars dépenaillés. Au loin, des sentinelles sont aux aguets, par delà l’énorme terrain dégagé que meubles quelques arbustes de Zelem aux ombres chiches. Quelques éléments de la garde nationale scrutent les nouveaux arrivants, le premier contingent de visiteurs fouetté par l’harmattan. La distance règlementaire à ne pas franchir, est à cinquante mètres environ de l’énorme portail d’entrée.

Dix minutes d’attente et aucun uniforme pour venir aux nouvelles. Dr.Khattri, légèrement énervé s’avança de quelques pas. «Ohé, quelqu’un peut-il venir nous faire rentrer ? Où est votre chef ? Il fait chaud là et on cuit sous le fourneau !» Aucune réponse. Il maugréa «ça alors, ils ne daignent même pas nous offrir une gentille petite réponse». Plus déterminé, il cria de nouveau «Quelqu’un peut-il nous faire rentrer, nous jeûnons, il fait chaud et cela fait vingt minutes que nous poirotons ici !» La sentinelle daigna enfin répondre «attendez, quelqu’un viendra vous prendre ! » Un garde enturbanné surgit et toisa la sentinelle, lui intima l’ordre de ne plus répondre. Devant le portail, quelques hommes en tenue s’affairent à ranger des ustensiles.

Probablement, des restes du Souhour de la veille. Je me tenais un peu à l’écart, en compagnie d’Ahmed Hamdi et de Mehdi. Le soleil tapait fort sur les crânes et le vent chaud entamait les peaux. Dr Khattri se calma un peu, puis revint à la charge «Ohé, vous l’enturbanné, vous pouvez quand même nous parler et nous dire ce qui se passe, vous savez que c’est un jour de visite et nous disposons d’autorisations signés par le juge ! » Silence radio de l’autre côté.

Les minutes s’égrènent. «Ils sont entrain de bouffer nos heures de visite. Ils devraient compenser dans pareil cas, mais en général à seize heures, ils mettent tout le monde dehors» commente Ahmed Hamdi de sa voix posée. Dr.Khattri tente une énième diversion, non sans murmurer «le brigadier chef essaye sur nous son autorité, c’est la nature humaine, chacun veut exercer sa portion de pouvoir». Puis, plus haut «Oh mon général, tu peux quand même avertir ton chef que nous sommes là !» La chaleur faisait ses ravages et aucune ombre derrière laquelle se réfugier. L’habitacle du véhicule, pas question ! Il avait pris l’allure d’un four crématoire. Pas question d’y trouver un salut.

Las de parler à des murs, Dr.Khattri, Ahmed et Mehdi s’adonnèrent à un jeu de boules. Ils ramassèrent quelques pierres rougeâtres et choisirent une plus petite à la couleur blanchâtre comme bouchon. L’image de ces grands gaillards s’amuser à jouer aux jeux de pétanques avec de vulgaires pierres ramassées à 45° à l’ombre et devant le portail de la prison d’Aleg, était loufoque et hallucinante. Je me contentais pour ma part de jouer aux arbitres. Plusieurs tours de jeux plus tard, le lieutenant de garde daigna enfin poindre du nez. Un jeunot blondin, une mèche rebelle battue par l’harmattan. Il dépassa Dr.Khattri, et se dirigea tout droit vers Ahmed qu’il connaissait. «Ahmed, si tu as passé la nuit à Aleg, tu dois savoir qu’il y a eu vent de sable et nous somme en train de nettoyer les allées ! Et dites à votre ami que ce n’est pas avec l’arrogance qu’on règle certains problèmes» Ahmed rétorqua, toujours avec son ton calme et conciliant «d’accord, mais vous auriez dû au moins envoyer quelqu’un pour nous expliquer ou nous faire entrer au moins dans la salle d’attente, vous savez qu’ici nous sommes exposés aux rayons ardents du soleil et vous savez aussi que les visites c’est à partir de 10 heures et il est 11 heures passés !» Le jeune lieutenant bredouilla de vagues excuses.

Dr.Khattri pas du tout content de cette méprise l’apostropha «comme ça vous m’ignorer pour venir vous plaindre à Ahmed… » S’en suivit quelques échanges peu affables entre les deux hommes, puis Ahmed coupa la joute : «dites-nous tout simplement à quelle heure nous pouvons revenir, car nous n’allons pas passer la journée ici». Le lieutenant l’interrompit «non c’est fini, vous allez entrer tout de suite ». Il se dirigea vers le portail. Deux minutes plus tard, un brigadier chef nous interpella de loin. Nous nous avançâmes avec nos autorisations de visite. Contrôle d’identité puis fouille au détecteur de métaux. Pas de téléphones, ni appareils photo, ni clés.

Enfin, on nous dirigea vers l’aile où sont détenus Birame et Brahim. «On les a transférés dans cette aile droite, elle est plus spacieuse, plus aérée et plus confortable » commente Ahmed. En franchissant le grand portail d’entrée de la prison d’Aleg, on traverse une vaste cour qui prend toute la longueur du terrain, puis se dresse un large bâtiment, scindé en deux de part et d’autre de l’administration pénitentiaire. Une autre porte s’ouvre, puis un petit couloir à l’air libre et enfin, le grand couloir sur lequel s’ouvre des dizaines de cellules. A droite, deux portes ouvertes, un large couloir transformé en vestibule et sur lequel s’ouvre la cellule où logent Birame et Bilal. La chambre est spacieuse et pourrait contenir au moins une centaine de personne en tout confort. «Toute la partie de ce bâtiment nous est réservée ! C’est notre Hôtel 5 étoiles» plaisante Brahim Bilal Ramadan, vêtu d’une légère Jallaba. Il a pris énormément de poids. Souriant, tout comme Birame, habillé lui d’un ensemble bleu, pantalon et chemise traditionnelle Pullar. Ils sont en belle forme et tout heureux de nous recevoir. Chaudes accolades, puis on s’installe dans la chambre où trône un téléviseur, seule fenêtre sur le monde extérieur. «Mettons-nous dans le couloir, c’est mieux !» lance Birame. Tapis, matelas et oreillers. Au moins, cinq gardes sont là, discrètement éparpillés dans le couloir. Le lieutenant, qui s’était excusé auprès du Dr.Khattri qu’il avait dépassé, prit un Coran, s’allongea un instant sur un matelas un peu plus loin. Puis, quelques minutes plus tard, il quitta le couloir, nous laissant en présence de quelques uns de ses éléments. La conversation roula sur les dernières infos. Brahim et Bilal voulaient tout savoir sur l’actualité fraîche.

Sur le dossier de leur Appel, Birame reste catégorique. «Nous ne comparaîtrons pas devant la cour d’Appel d’Aleg ! D’ailleurs, c’est ce que veut Aziz ! Il ne veut pas d’un second procès qui sera marqué par la présence d’avocats nationaux et étrangers, et super médiatisé. C’est pour l’éviter, qu’il a ordonné à la Cour Suprême de transférer notre dossier à Aleg, sachant que nous boycotterons. Et tant pis pour nous, comme ça, il pourra nous garder ici deux ans, en nous privant d’un droit d’Appel» Pour Birame, la cour Suprême n’a rien à voir dans le dossier à ce stade de la procédure et que tout ceci constitue une violation grave de la Constitution qui stipule que nul prévenu ne peut être soustrait à ses juges naturels. Or, selon lui, leur affaire relève de la Cour d’Appel de Nouakchott et que l’Etat peut les rejuger dans n’importe laquelle des trois Wilayas de Nouakchott, sinon dans les six Moughataas du Trarza ou à Akjoujt «Pourquoi Aleg ? » s’interroge-t-il de nouveau. Pour Brahim, «que l’affaire soit rejugée ici à Aleg signifie simplement que Mohamed Abdel Aziz veut confirmer les peines déjà prononcées et ne veut pas nous éloigner de la prison d’Aleg où il semble vouloir encore nous garder encore plus ». A la question de savoir si la décision de la cour Suprême peut être modifiée, Birame répond «pourquoi pas ? Ce n’est pas la cour Suprême qui a pris une telle décision mais c’est Aziz ! Alors, tout comme il a ordonné à cette cour de transférer notre dossier à Aleg, il pourra toujours lui demander de nous rejuger ailleurs ! La décision est politique et non juridique !»

Brahim confirme. Pour lui, la décision de les libérer ou de les garder relève de la seule humeur de Aziz. «Pour notre part, nous n’avons rien à perdre. On dort, on mange et on commence déjà à s’acclimater en prison. Si Aziz pense qu’il peut briser notre volonté et nous pousser à abdiquer, il se trompe. S’il pense nous faire souffrir en nous mettant en détention, lui aussi il n’est pas tranquille, car il vit sous la pression internationale ; alors, qu’il essaye de minimiser en tenant le coup, il faudra quand même un terme à tout ce cirque » commente Birame. Lui et Brahim disent qu’ils ne demanderont ni grâce ni liberté provisoire et qu’ils sont dans un bras-de-fer avec un tyran qui torpille les lois dans sa lutte contre ses adversaires politiques «Et puis, il faut mettre fin à cette tendance de caporaliser la justice en dispatchant les prévenus au gré de ses humeurs loin de leurs juridictions naturelles » entonna-t-il.

La conversation a roulé également sur le cas Djiby Sow, mais aussi sur le plan jugé diabolique concocté par les Renseignements généraux et qui consiste à créer ce qu’ils appellent «IRA Maure » dirigé par Ould Ahmed Aîcha. «Ils reconnaissent que l’organisation menée par Ould Ahmed Aïcha est raciste et extrémiste et ils pensent en faire un pendant à IRA. Ils oublient que notre organisation n’est ni extrémiste ni raciste ni violente aux yeux du droit international et qu’elle lutte pour une cause noble, l’éradication de l’esclavage et l’instauration d’un Etat égalitaire où tous les citoyens jouissent des mêmes droits et des mêmes privilèges; les médailles glanées par IRA sur le plan international l’attestent. Ils perdent leur temps et feraient mieux de chercher autre chose » s’insurgea Birame.

C’est tard dans la nuit que nous étions arrivés la veille à Aleg. Une longue traversée de la cité à demi endormie, puis la villa que loue Leïla Mint Ahmed, épouse du président de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) Birame Dah Abeid. Là où un savoureux couscous agrémenté d’une belle tête d’agneau nous attendait. Le reste de la nuit se perdra entre causeries et souvenirs de combats remportés sur le terrain de l’action antiesclavagiste. Khattry, Abidine, Cheikh Ould Vall, avaient meublé la causerie jusqu’à l’aube, alors que la maîtresse de maison faisait de son mieux pour installer tout son monde comme elle pouvait. Obligée de revenir chez les siens à Nouakchott le temps de mettre au monde une superbe fille baptisée NIDAL ou «Le Combat» par certains partisans, Leïla était vite revenue auprès de son mari. Tous les repas de Birame et de Bilal sont préparés à partir de ce promontoire de la résistance, là où Leïla veille, à côté de ses activités quotidiennes d’épouse fidèle, à accueillir les nombreux visiteurs qui débarquent trois fois par semaine pour rencontrer son mari, et son compagnon, Brahim Bilal Ramadan. Les deux hommes entament leur sixième mois à la prison d’Aleg, après en avoir passé deux autres, entre novembre 2014 et janvier 2015 à la prison de Rosso.

Cheikh Aidara

SoninkIdees-J’ose

Un cri osé… !!!

La dignité de l’Homme passe avant le sur Moi égocentrique :

Vouloir s’ériger en modèle idéalisé dans son environnement social et relationnel, tout en étant allergique à toute ouverture sincère et courageuse sur ce qu’on peut hériter de matériel et d’immatériel, conduit à un dévoilement évident à terme. La grande différence entre les prophètes et leurs détracteurs de leurs époques, se situe en partie parmi leurs milieux, sur un clivage essentiellement de taille. Quand Ils parlent de la Justice pour Tous, leurs détracteurs brandissent l’héritage de leurs ancêtres, qui serait leur Justice même au détriment de la grande majorité. L’humilité nous impose d’accepter que toute histoire enchantée sur le Moi ici, va déchanter ailleurs.

SoninkIdees-J’ose

06-07-2015 07:45 – Communiqué de presse : La justice protège les esclavagistes

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SOS Esclaves – En date du 01/07 2015 la cour criminelle prés le tribunal de la wilaya du Hodh chargui a rendu son verdict dans le dossier 35/2015 dans lequel est poursuivi monsieur Enna Nour Eddine pour les faits d’esclavage et pratiques esclavagistes sur la victime Issa Hemmodi (âgé de 13 ans) conformément aux dispositions des articles 2 et 4 de la loi 048/2015.

Dans sont jugement la cour criminelle a disqualifié les faits d’esclavage en « obtention de service, non rétribué, d’un enfant » et prononcé une peine d’un an dont trois mois seulement fermes, une peine que l’accusé a déjà purgée en détention préventive.

Nous relevons que la cour a statué en l’absence de la victime et de son assistant le représentant de SOS Esclaves à Bassiknou et l’avocat, ce qui viole le principe de la procédure contradictoire garanti pourtant par le code de procédure pénale, qui stipule que la procédure pénale doit être équitable et contradictoire et préserver l’équilibre des droits des parties …

Ainsi donc, la cour criminelle a encore une fois de plus donné l’occasion à un esclavagiste d’échapper aux peines prévues par la loi portant incrimination de l’esclavage, qui peuvent aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement ferme.

Il n’est donc pas étonnant que suite à des procédures aussi injustes, menant à des peines aussi légères, les victimes et les militants anti-esclavagistes perdent tout espoir en la justice étatique qui continue sous des prétextes multiples de jouer le rôle du protecteur en faveur des esclavagistes.

On ne peut en effet en finir avec la longue tradition d’impunité du crime d’esclavage tant que ne seront pas garantis le droit de savoir, le droit à la justice et le droit à la réparation pour les victimes. Force est donc de noter que la justice a une nouvelle fois été instrumentalisée pour masquer les crimes esclavagistes et les disqualifier en infractions mineures et en fin de compte continuer à protéger les maitres et à nier les droits légitimes des victimes.

Face à une telle situation, SOS-Esclaves rappelle son exigence d’une véritable réforme de la justice afin qu’elle puisse effectivement dire le droit en toute impartialité, protéger les victimes et mettre fin à une impunité séculaire. Pour cela il faut à la fois une réelle volonté politique et surtout la mobilisation continue des victimes, des organisations de défense des droits de l’homme et de l’ensemble des citoyens épris de justice et de liberté.

Crédit source: cridem.org

SoninkIdees-J’ose

30-06-2015 15:10 – Communiqué de presse : IRA-Mauritanie

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IRA-Mauritanie – IRA- Mauritanie relève avec fierté la solidarité agissante que reçoivent ses présidents et vice président actuellement en détention arbitraire à la prison d’Aleg où ils ont été soustraits à leur juge naturel. Leur dossier avait été confié à une cour nouvellement mise en place n’ayant guère vocation à connaitre des chefs l’accusation, on ne peut plus dérisoire, portés contre eux.

IRA – Mauritanie salue en particulier :

1. La déclaration du Parlement Canadien recommandant la libération immédiate des militants anti -esclavagistes Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdhan,

2. La déclaration faite par le Parlement Européen dans le même sens,

3. L’action commune urgente de la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme) et de l’OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture) lancées aux mêmes fins, revendiquant une enquête sur les conditions et motifs de leur transfert et réclamant le dessaisissement de la cour d’appel d’Aleg au profit de celle de Nouakchott, juge naturel des deux détenus,

4. L’interpellation par le Haut Commissariat des Nations Unies du gouvernement mauritanien pour mener une enquête sur les conditions de transfert des détenus dans le cadre de ce dossier ainsi que les sévices de torture et les privations de visite qui leur ont été infligés,

5. La déclaration d’Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme par laquelle, elle demande la libération sans condition des détenus.

Tout en saluant cet élan de solidarité internationale agissant que reçoit sa cause et sa large couverture par les médias nationaux et étrangers, IRA – Mauritanie :

• Réitère son attachement aux droits de ses dirigeants à un procès juste et équitable qui ne peut être, au regard de la loi, organisé que dans le ressort de la Cour d’Appel de Nouakchott.

• Rejette toute participation de ses dirigeants à la parodie de justice que tente vainement d’organiser le pouvoir, en catimini à Aleg pour priver les détenus d’IRA de la présence des observateurs nationaux et internationaux et des bienfaits du large soutien dont ils bénéficient.

• Salue l’action de son collectif d’avocats et les engage à initier tout acte de procédure permettant de ramener les détenus à leur juge naturel qui n’est autre que la Cour d’Appel de Nouakchott.

Nouakchott le 30 juin 2015
La Commission Communication

Source crédit :cridem.org

SoninkIdees-J’ose

29-06-2015 00:18 – Libre Expression. La langue arabe est la langue du paradis musulman : mythe ou réalité? Par Dr. Siikam Sy

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Herkouf – Vous vous souvenez sans doute du fameux acte du député mauritanien du parti UPR, El Khalil Ould Tiyib. L’homme avait déchiré en Mars 2014 un rapport élaboré par la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale mauritanienne pour, nous dit-on, protester le fait que le rapport ne soit écrit que dans la langue de Molière.

Peu importe la langue de rédaction de ce rapport, il faut reconnaître et admettre que ce geste est d’une monstruosité énorme. En effet, en tant qu’élu du peuple, la logique aurait dicté une attitude à la hauteur de ce privilège de représentant du peuple. Il aurait pu simplement utiliser l’hémicycle pour convaincre ses pairs à voter une loi qui exige que tous les documents de l’Assemblée Nationale mauritanienne soient écrits en Français et en Arabe ; et le problème est résolu.

Les bénéfices d’une telle approche sont multiples: elle aurait montré de la grandeur, de la capacité de collaboration et de résolution de conflits. En des termes simples, cela aurait montré que le député profite de sa présence dans l’hémicycle pour identifier des problèmes, réels ou supposés, mesurer leur impact sur son ego, sur les électeurs et sur la marche du pays, et pour proposer des solutions concrètes.

Si le peu de députés Négro-Africains mauritaniens avait décidé de déchirer tout document écrit en Arabe ou en Français, notre Assemblée Nationale serait simplement le « Mbeubess du désert ». On ne déchire pas un document parce qu’il est écrit dans une langue qu’on ne comprend pas ou qu’on « n’aime pas » ; on demande sa traduction pour saisir le sens de son contenu.

Mais en déchirant le document devant ses pairs, le député a réussi, par ce seul geste, à insulter ses pairs, à humilier les auteurs du rapport, à bafouer l’institution à laquelle il appartient, à narguer le peuple mauritanien dans sa totalité, et à montrer ses limites cognitives. Mais le geste ne doit point surprendre puisque le député Ould Tiyib est, nous dit-on, l’un des plus farouches défenseurs de l’arabisation à outrance de l’administration mauritanienne.

Voilà pourquoi pour nous, ce geste mérite une lecture différente de celle des médias car le geste n’est pas anodin. De ce fait il ne doit pas être minimisé. Nous pensons que ce geste est une éruption temporaire, incontrôlée et soudaine d’un volcan idéologique en dormance. Et parce que la langue de rédaction de ce rapport a servi ici de prétexte pour déclencher l’ire du député, nous avons choisi de revisiter l’origine et le rôle des langues pour, nous l’espérons, apaiser la peur linguistique de l’honorable élu du peuple et de tous ceux qui puisent de la même fontaine idéologique et arborent la même peur.

Il faudra oser dire qu’en déchirant le document en Français, le député a voulu affirmer et afficher la « suprématie » de la langue arabe sur toutes les autres. Les tenants de cette thèse suprématiste linguistique se tournent souvent vers l’histoire originelle de l’Islam pour s’inventer des arguments religieux à leur idéologie de domination. C’est cette même idéologie qui poussait un de nos enseignants du primaire à nous faire réciter en Arabe cette formule: « J’aime la langue arabe parce que le prophète est arabe, l’Islam est arabe et la langue du paradis est l’arabe ».

Cette idéologie de stratification ou de « pyramidisation » des langues humaines dès le primaire visait simplement à créer chez le jeune nègre mauritanien un complexe d’infériorité linguistique, de rejet de sa langue maternelle et de toute autre langue. Le rejet de toute autre langue permettrait ainsi à la langue arabe de s’imposer dans un contexte linguistique libre et libéré de toute concurrence linguistique réelle ou imaginaire. Cet argument avait même fini par convaincre nos vieillards ; vous avez sûrement entendu un d’eux vous dire avec une conviction troublante: « Le Français mène à l’enfer alors que l’étude de la langue arabe vous ouvre les portes du paradis ». Ceci a poussé beaucoup de parents à choisir la dernière option de cette dualité existentielle.

Pire encore, on faisait croire au jeune nègre que la ligne de questionnement des anges de la mort est en arabe et de ce fait, quiconque ne maîtrise pas cette langue butera sur ces questions et finira par être consumé par les flammes de la géhenne. Le jeune nègre mauritanien devait ainsi faire un choix simple : embrasser l’arabe et passer « l’obstacle de la tombe » ou choisir le Français et buter sur cet obstacle décisif du « parcours du combattant musulman » dans l’Au-delà. Imaginer la peur de ce jeune nègre de 7 ans confronté à ce dilemme linguistique post mortem. Et à force d’écouter ces déclarations, le jeune nègre finit par croire à ces fadaises concoctées uniquement pour réprimer tout désir d’apprendre toute autre langue. C’est le début du processus de l’arabisation à outrance dont l’objectif ultime était l’effacement culturel.

C’est cette phagocytose linguistique et culturelle qui justifie aujourd’hui la présence des Haratines au sein de l’univers linguistique et culturelle maure. La formule citée supra s’inscrit dans cette logique de recrutement culturel car pour recruter quelqu’un culturellement, il faudra d’abord lui faire accepter que sa culture soit inférieure ; c’est une logique humaine et historique.

Le geste de notre député s’inscrit, malheureusement, dans cette logique linguistique suprématiste et monopoliste. Il montre par son geste qu’il est le produit fini de ce moule éducatif dont le nombre de victimes ne cesse d’augmenter. Mais avant de disséquer cette assertion et montrer ses faiblesses et ses implications, demandons-nous d’abord pourquoi s’inventer une langue?

Le postulat de départ serait de reconnaître que toutes les sociétés humaines, quel que soit leur degré d’organisation ou de sophistication, ont au moins accouché d’une culture et au moins de trois institutions primaires: une langue, une religion et le mariage. La langue est le socle sur lequel s’édifieront les deux autres.

De même, historiquement, l’humanité fut recours d’abord à l’oralité avant de sentir le besoin de codification du message oral et partant, le besoin d’inventer l’écriture. L’écriture est une étape sociale, technique et intellectuelle très importante dans la marche des sociétés humaines puisqu’elle a permis la sauvegarde, la diffusion et la transmission des connaissances d’une génération à une autre, d’une société à une autre, et d’une aire géographique à une autre. L’écriture marque alors un bond qualitatif majeur dans le développement du cerveau humain.

L’humanité historique a connu des milliers de religions. Chacune de ces religions est un chaînon essentiel de la chaîne religieuse de l’humanité. Ces religions ont presque toutes posé les notions d’unicité originelle, de dualité originelle, d’androgynie, et de gémelliparité. Et contrairement à une croyance répandue, les religions originelles étaient presque toutes monothéistes. En effet, la prolifération des divinités dans ces panthéons n’est pas suffisante pour parler de polythéisme ; il faudra aller plus loin et voir le rapport entre ces divinités et la Divinité Suprême pour comprendre et voir qu’en fait, il n’y avait pas de chevauchement de compétences mais plutôt une délégation de pouvoirs. Et de ce fait, ces religions ne pouvaient pas être qualifiées de religions polythéistes. Les divinités secondaires étaient simplement des attributs de la Divinité Suprême du panthéon. Et toutes ces religions originelles rappellent l’émergence du premier couple humain.

Et si on en croit les religions modernes ou révélées, l’humanité est sortie du couple humain originel. Bien sûr ce couple originel avait plusieurs besoins. Mais il faudra accepter que le plus pressant fût de communiquer ; c’est ce besoin de communication qui est à l’origine de la langue originelle. Quelle était cette langue du couple originel des religions modernes? Aucun historien, sauf s’il veut jouer au « kamikaze-isme intellectuel », ne s’aventurerait à apporter une réponse sérieuse à cette interrogation. Et aucune source historique fiable ne nous édifie sur ce point. Une certitude demeure cependant ; les 3000 langues d’aujourd’hui ne sont pas toutes apparues au début de l’humanité. Et ne me dites surtout pas qu’Adam et Eve parlaient toutes ces langues.

La logique historique, et le bon sens africain et cartésien, suggèrent que le couple originel parlait une seule langue car il n’avait pas besoin d’une pléthore de langues pour communiquer. Donc la diversification des langues est à mettre à l’actif de plusieurs facteurs. Nous citerons ici quelques-uns: la démographie, la géographie, la migration, la stratification sociale, et la guerre. Mais acceptons dès à présent qu’aucune langue humaine n’est supérieure à une autre.

Durant cette longue phase historique, des milliers de langues ont disparu ou sont devenues mortes parce que simplement le peuple locuteur de cette langue a disparu ou l’usage de cette langue ne se faisait plus sentir. De même, si certaines langues ont gagné du terrain au cours des siècles grâce au développement économique de ses locuteurs, à la technologie, à la mobilité humaine, et grâce à sa capacité de régénérescence et de recrutement, d’autres seront appelées à disparaître ; il s’agit là d’une logique linguistique et historique. Et cette peur de voir sa langue disparaître a créé un engouement justifié et justifiable autour de nos langues pour les protéger mais aussi cette peur a mené parfois à une surprotection qui elle, a accouché d’un extrémisme linguistique réel et dangereux.

Retenons simplement que la première langue est née du besoin de communication. Et voilà comment on pourrait expliquer ce besoin. En effet, si vous prenez un individu et vous le placez seul sur une île où il n’a besoin de personne pour survivre et subvenir à ses besoins, cet individu n’aura pas besoin d’une langue; le besoin de communication disparaît et avec lui le besoin de se faire comprendre.

Si vous introduisez un autre individu sur cette même île mais si loin du premier individu que le besoin d’interaction est inexistant, le besoin de communiquer ne se fera pas sentir. Mais dès que ces deux individus sont en contact, la nécessité de se procurer un outil de communication se fait sentir, surtout si ces deux individus doivent se livrer à une compétition pour accéder aux mêmes ressources. Mais la langue n’a d’importance que si l’autre peut comprendre et déchiffrer le contenu du message émis. Suivant cette logique, quel est l’intérêt d’un Peul qui parle le Soninke et qui, lors d’une visite dans un village Soninke refuse de parler le Soninke? Quelle est la logique d’un député Maure, Soninke, Wolof ou Bambara qui parle le Français et pourtant refuse d’user de cette langue pour s’adresser à ses pairs à l’Assemblée Nationale ou pour lire leurs rapports?

De même, quelle est la logique de donner à un people un livre en arabe si le people ne peut lire et déchiffrer son contenu? Quelle est la logique d’envoyer un prophète à un people qui ne le comprend pas? Quelle est la logique de poser une série de questions à une personne alors qu’elle ne comprend pas ces questions?

Voilà qui nous ramène à cette fameuse formule citée supra. En effet, si vous prenez 10 personnes qui parlent 10 différentes langues et vous les placez sur cette île de départ, vous aurez une pléthore de langues et pourtant pas de communication. Dans une communication, l’émetteur est aussi important que le receveur. C’est seulement lorsque le discours émis est compris qu’il y’a communication, et cette communication est nécessaire dans l’harmonie des sociétés humaines. Voilà pourquoi dans toutes les sociétés humaines, la langue a précédé la religion. De ce fait, il n’existe pas de « langue religieuse ». Chaque société humaine a utilisé sa langue pour mettre sur place sa pensée et charpente religieuse, pour codifier le message à travers l’écriture et pour définir les lois de fonctionnement de sa pyramide religieuse. Et il faudra aller encore plus loin pour dire que sans la langue il n’y aurait pas de religion.

Voilà aussi pourquoi lorsqu’un prophète est choisi parmi un peuple, c’est d’abord pour s’adresser à ce peuple à travers sa langue. De ce fait, la langue de ce prophète doit forcément être la langue de rédaction de son message. Historiquement et chronologiquement, la langue arabe a précédé l’Islam. Et puisque le prophète de l’Islam (PSL) est un Arabe, la logique voudrait que son message soit en arabe ; l’écriture originelle de cette religion aussi. Cela ne voudrait nullement signifier que l’arabe en tant que langue ou groupe humain soit supérieur au Wolof, au Chinois ou au Suédois. En fait, dans l’histoire de l’humanité, le prophète de l’Islam (PSL) est le seul à utiliser l’arabe pour véhiculer son message ; les autres avant lui ont utilisé d’autres langues pour véhiculer le message divin et s’adresser à leurs peuples.

Donc le message des autres prophètes de l’humanité a obéi à cette même règle et à ces mêmes normes. Il ne pouvait en être autrement. En effet, comment voulez-vous envoyer un prophète hébreu chez des Peul pour s’adresser à eux en hébreux et espérer l’adhésion en masse des Peul? Donc pour ce qui est de l’Islam, le choix de l’arabe comme véhicule de communication répond simplement à cette logique historique. Tous les prophètes de l’humanité ont reçu leur message dans leurs langues maternelles pour s’adresser d’abord à leur peuple. Mais lorsque le message divin atteint l’universalité souhaitée, la langue du message originel devient moins importante car ce qui compte désormais c’est le contenu du message. Pour être simple, disons qu’une khutba en arabe n’est pas supérieure à une khutba en Français, en Anglais ou en Pashto.

Aujourd’hui la majorité du monde musulman ne parle pas l’arabe. En effet, une étude du Pew Research Center montre que près de 62% des Musulmans du monde vivent en Asie et ne parlent pas l’arabe (plus d’un milliard) ; 18% vivent en Afrique et dans le reste du monde et ces gens non plus ne parlent pas l’arabe. Et seuls 20% des Musulmans vivent dans le monde arabe et une bonne portion de ces derniers ne parlent pas l’arabe. De ce fait, si près 90% des musulmans d’aujourd’hui ne parlent pas l’arabe, l’arabe ne peut être la langue de l’Islam.

Et de ce fait, dire qu’une créature humaine atterrira en enfer si elle ne parle pas l’arabe relève simplement d’une paralysie cérébrale et surtout si on accepte que cette autre langue soit aussi une création divine. N’en déplaise à notre député, le Dieu de l’Islam n’utilise pas le prisme de nos stratifications sociales ou linguistiques pour primer, réprimer ou supprimer. Et Il n’opère point de stratification linguistique sélective.

La langue arabe est-elle la langue du paradis musulman? Il faudra répondre par la négative. Elle serait certainement une des langues mais les langues du paradis musulman—et nous avons bien dit langues avec un « S » à la fin—seront déterminées par les élus du paradis, et ses élus seront sélectionnés sur la base de leurs actes ante mortem. Mais précisons tout de suite que le nombre de rapports en Français déchirés à l’Assemblée Nationale de la Mauritanie ne ferait pas partie de cette liste d’actes ante mortem à primer.

Mamadou I. Sy « Siikam », Ph.D.
Egyptologue/Chercheur
Maryland-USA

Source crédit: cridem.org

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Kawtal ngam Ƴellitaare (Convergence pour le Progrès)

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Nouakchott, le 27 juin 2015

Déclaration

Les autorités judiciaires mauritaniennes ont ordonné, vendredi, le 26 juin 2015, l’élargissement, sous le régime de la liberté provisoire, de M. Djibi Sow, président de l’association Kawtal ngam yellitaare. L’intéressé était détenu depuis janvier dernier dans le cadre du dossier de la caravane de novembre 2014 contre les expropriations foncières et l’esclavage foncier dans la rive mauritanienne de la Vallée du fleuve Sénégal, soumise à un vil régime de ségrégation raciale caractérisé, entre autres, par une spoliation systématique des terres et un état d’exception étouffant couvant l’esclavage, la discrimination raciale et la rapine.

Cette libération, faisant suite à une requête de la défense, serait justifiée par l’état de santé grave du détenu élargi. Néanmoins, Kawtal ngam yellitaare, réitère son adhésion et sa souscription pleine et entière à la ligne de défense initialement adoptée conjointement avec les autres  amis et frères combattants de la liberté et des droits de l’homme, le président Biram Ould Dah Ould Abeid et son adjoint, Brahim Ould Bilal, toujours arbitrairement séquestrés à Aleg et dont Kawtal exige la libération immédiate et sans condition.

Kawtal ngam yellitaare remercie le collectif des avocats qui s’est mobilisé pour la cause des détenus, et singulièrement maitre Fatimata Mbaye Présidente de l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme qui a mit toutes ses compétences et ses moyens au service de la libération de Djiby SOW, remercie l’ensemble des organisations nationales et internationales, les institutions et représentations diplomatiques occidentales, notamment le bureau du Haut commissariat des droits de l’homme des Nations Unies et l’ambassade des Etats Unis d’Amérique, ainsi que la presse indépendante nationale, pour l’élan de solidarité et le soutien inestimables. Kawtal tient aussi à rendre hommage aux militants, sympathisants et amis de l’association, aussi bien à l’intérieur qu’au sein de la diaspora mauritanienne à l’étranger. N’eût été la mobilisation de tous, le président Djibi Sow n’aurait pu recouvrir cette liberté tronquée, mais liberté quand même !

Enfin Kawtal réitère son appel aux autorités mauritaniennes à lever le blocus et le système de colonies que vivent les populations noires de la Vallée, à mettre en place les mécanismes nécessaires pour une  saine gestion des affaires locales sur la base du respect des spécificités culturelles, ethniques et politiques de la zone ; ce qui passe par le déploiement correct d’une administration civile, sécuritaire et militaire républicaines, reflétant la diversité du peuple mauritanien. Tout comme elle exige l’application stricte des lois, dans toute leur neutralité et leur impartialité, de manière égale et sans discrimination entre citoyens et communautés.

Kawtal réaffirme son attachement et sa détermination à poursuivre son combat pacifique jusqu’à la réalisation de ces objectifs, seuls viables et garants d’une Mauritanie unitaire stable et démocratique.

L a Commission communication

Source crédit: Bâ Amadou Alpha

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